SOCIALISME - SOLIDARITE
Socialisme et solidarité, deux mots-clés essentiels! Dans le contexte actuel de société capitaliste, l'information est primordiale dans la lutte contre la domination des peuples par leurs exploiteurs. La régression sociale est voulue par une minorité de richissimes, cette poignée de spéculateurs qui se croient tout permis. Soyons donc tous solidaires, en faveur d'un renouveau socialiste. Pour une société juste, équitable, sans haine. Combattons l'ultra-libéralisme. Combattons l'extrême-droite.
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07-02-2010 Société
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... Etats-Unis : la prise de contrôle de la démocratie par les corporations (Noam Chomsky)

7 février 2010
Etats-Unis : la prise de contrôle de la démocratie par les Corporations (In These Times)

Noam CHOMSKY (Article traduit et paru sur le site "LEGRAND SOIR.INFO")


noam_chomsky_human_rightsDésormais les dirigeants des corporations (*) pourront acheter directement les élections sans passer par des intermédiaires. La Cour Suprême des Etats-Unis vient d’augmenter considérablement le pouvoir d’une petite minorité de la population qui contrôle l’économie.

Le 21 janvier 2010 entrera dans l’histoire comme une journée noire pour la démocratie aux Etats-Unis et le début de son déclin.

Ce jour-là, la Cour Suprême des Etats-Unis a rendu un jugement qui précise que le gouvernement n’a pas le droit d’empêcher les corporations d’investir directement dans les élections – une décision qui affectera profondément la politique du gouvernement, aussi bien intérieure qu’extérieure.

Cette décision annonce un renforcement de la mainmise des Corporations sur le système politique des Etats-Unis.

Selon les éditorialistes du New York Times, la décision « frappe au coeur même de la démocratie » en « ouvrant la voie aux Corporations qui pourront consacrer leurs vastes trésoreries à noyer les campagnes électorales et intimider les élus à défendre leurs intérêts. »

Désormais les dirigeants des Corporations pourront acheter les élections directement, sans passer par des moyens indirects plus compliqués. On sait que les contributions des Corporations, parfois présentées sous des emballages complexes, peuvent faire basculer une élection et décider de la politique. La Cour vient d’augmenter considérablement le pouvoir d’une petite minorité de la population qui contrôle l’économie.

La « théorie d’investissement en politique » de l’économiste politique Thomas Ferguson est un très bon outil de prédiction de la politique à long terme du gouvernement. Cette théorie considère que les élections sont des occasions offertes au secteur privé pour nouer des alliances et investir dans la prise de contrôle de l’état.

La décision du 21 janvier ne fait que renforcer les moyens consacrés au sabotage de la démocratie.

Le contexte est très révélateur. Dans son exposé, le juge John Paul Stevens a admis que « depuis longtemps nous avons reconnu que les Corporations étaient protégées par le Premier Amendement » - l’article de la Constitution qui garantit la liberté d’expression, ce qui inclut le soutien de candidats aux élections.

Au début du 20eme siècle, les théoriciens et les tribunaux ont appliqué la décision de 1886 qui considère que les Corporations – ces « entités légales collectivistes » - ont les mêmes droits que les personnes physiques.

Cette attaque contre le libéralisme classique a été sévèrement condamnée par une espèce de conservatisme en voie de disparition. Christopher G. Tiedeman a décrit ce principe comme « une menace pour les libertés individuelles et pour la stabilité des états américains en tant que gouvernements populaires ».

Morton Horwitz écrit dans son histoire de la justice que le concept de personnification des Corporations a évolué lorsque le pouvoir s’est déplacé des actionnaires vers les dirigeants, pour finalement aboutir à la doctrine selon laquelle « les pouvoirs du conseil d’administration sont identiques à ceux de la corporation ». Quelques années plus tard, les droits des Corporations ont été étendus bien au-delà de ceux des personnes physiques, notamment par les mal nommés « accords de libre échange ». Selon ces accords, par exemple, si General Motors monte une usine au Mexique, elle peut exiger d’y être traitée comme n’importe quelle entreprise mexicaine (« traitement national ») – contrairement à un Mexicain fait de chair et de sang qui chercherait un « traitement national » à New York, ou même un minimum de respect pour les droits de l’homme.

Il y a un siècle, Woodrow Wilson, à l’époque un universitaire, a décrit une Amérique dans laquelle « un petit groupe d’hommes, » des dirigeants d’entreprises, « détiendraient un tel pouvoir de contrôle sur la santé et l’économie de leur pays » qu’ils en deviendraient « les concurrents directs du gouvernement ».

En réalité, ces « petits groupes » sont devenus de plus en plus des maîtres de gouvernements. Le dernier jugement rendu par la Cour Suprême leur offre encore plus de perspectives.

La décision du 21 janvier est tombée trois jours après une autre victoire des riches et puissants : l’élection d’un candidat Républicain Scott Brown en remplacement du feu sénateur Edward M. Kennedy, le « lion libéral » du Massachusetts. L’élection de Brown a été décrit comme un « soulèvement populiste » contre les élites libérales qui dirigent le gouvernement.

L’examen du vote raconte une toute autre histoire.

Le taux de participation a été élevé dans les beaux quartiers et faible dans les quartiers à majorité Démocrate. « 55% des électeurs républicains se sont déclarés « très intéressés » par l’élection, » a révélé un sondage du Wall Street Journal/NBC, « contre 38 % des Démocrates. »

Les résultats constituent donc bien un soulèvement, mais un soulèvement contre la politique du Président Obama : selon les riches, il n’en faisait pas assez pour les enrichir encore plus tandis que selon les pauvres, il en faisait justement trop dans ce sens.

La colère populaire est compréhensible, si on considère que les banques prospèrent, grâce aux sauvetage, alors que le taux de chômage a grimpé à 10%

Dans l’industrie, un travailleur sur six est sans emploi – le même niveau de chômage que pendant la Grande Dépression. Avec une financiarisation croissante de l’économie et un décroissement de l’industrie productive, les perspectives de retrouver les emplois perdus sont faibles.

Brown s’est présenté comme le 41eme vote contre l’assurance santé – c’est-à-dire la voix qui pouvait renverser la majorité du Sénat.

Il est vrai que le programme d’assurance santé d’Obama a été un facteur important dans l’élection du Massachusetts. Les titres des journaux sont corrects lorsqu’ils annoncent une désaffection du public pour ce programme.

Les sondages expliquent pourquoi : la loi ne va pas assez loin. Le sondage Wall Street Journal/NBC a trouvé qu’une majorité d’électeurs désapprouvaient la gestion de la santé à la fois par les Républicains que par Obama.

Ces chiffres confirment ceux de sondages nationaux récents. Respectivement 56% et 64% des sondés se sont déclarés en faveur de deux mesures importantes du projet d’assurance santé, mesures qui ont pourtant été abandonnées (« public option » et « Medicare buy-in at 55 » - NdT).

85% pensent que le gouvernement devrait avoir le droit de négocier le prix des médicaments, comme cela se pratique dans d’autres pays ; Obama a rassuré la Grande Industrie Pharmaceutique qu’il abandonnerait cette mesure.

Des larges majorités se sont déclarées en faveur des réductions de coûts, ce qui est logique : la santé coûte par habitant aux Etats-Unis environ le double que dans les autres pays industrialisés alors que sa qualité se situe tout en bas de l’échelle.

Mais une réduction des coûts ne peut pas être sérieusement envisagée lorsque les compagnies pharmaceutiques bénéficient de telles largesses, et que l’assurance santé se trouve virtuellement entre les mains d’un secteur privé déréglementé – un système coûteux particulier aux Etats-Unis.

La décision du 21 janvier pose de nouveaux obstacles sur le chemin d’une véritable assurance santé, ou d’une véritable politique de l’environnement ou de l’énergie. Le fossé entre l’opinion publique et le monde politique ne fait que se creuser. Et l’ampleur du coup qui vient d’être porté à la démocratie américaine est difficile à imaginer.

Noam Chomsky


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07-02-2010, 08:59:09 Socialisme-Solidarité
capitalisme   Chomsky   corporatisme   exploitation   impérialisme   libéralisme   USA  
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05-02-2010 Economie
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... L'argent dette

La dette des gouvernements, des entreprises et des ménages a atteint des proportions astronomiques et enfle de plus en plus démesurément de jour en jour.

D'ou vient tout cet argent ?
Comment peut-il y avoir TANT d'argent à prêter ?

 


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05-02-2010, 17:45:10 Socialisme-Solidarité
argent   capitalisme   économie   exploitation   histoire   socialisme  
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02-02-2010 Economie
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... Banques qui pillent, banques qui pleurent



9782805900419Enquêtes sur les profits et crises de BNP-Fortis et des banques
Marco VAN HEES

La débâcle bancaire en a surpris plus d'un. Pas Marco Van Hees, l'auteur de Didier Reynders, l'homme qui parle à l'oreille des riches, pour qui la "crise" est même la conséquence inévitable et prévisible d'une idéologie à l'œuvre, et qu'il détaille ici de manière limpide.
La première partie du livre ("Banques qui pillent") enquête sur les procédés qui ont permis aux banques de réaliser, ces dernières années, des profits gigantesques, bien loin de la bonne gouvernance de façade. Appuyé sur de nombreuses sources, dont des témoignages de première main, Marco Van Hees montre comment cet enrichissement s'est opéré, de façon légale mais aussi, parfois, de façon ourtageusement illégale, au détriment des clients des banques, du personnel des banques et de l'État.
La seconde partie ("Banques qui pleurent") détaille les motifs de ces faillites annoncées. Pourquoi les directions des banques, qui pendant des années ont crié "au moins d'État", ont-elles exigé son intervention providentielle ? Mais aussi : comment cette intervention de la puissance publique s'est-elle faite - et cela doit nous préoccuper - avec un même irrespect des règles de droit et de bonne gestion, qui fait que la perfusion offerte aux vampires bancaires porte en elle les prochaines crises. L'ouvrage dévoile à ce propos les liaisons dangereuses tissées entre le monde politique et le monde bancaire.
Enfiligrane, ce livre est un plaidoyer pour instaurer ce que la réalité impose : une banque publique au service des gens et non au service du fric.
Marco Van Hees est inspecteur à l'impôt des sociétés et l'auteur de plusieurs livres remarqués.

Accéder au site ADEN.


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02-02-2010, 17:00:20 Socialisme-Solidarité
arnaques   banques   capitalisme   économie   exploitation   finance  
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31-01-2010 Vie sociale
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... Le capitalisme détruit l'individu social - Manifestation pour l'emploi à Bruxelles du vendredi 29 janvier 2010.

P1010316Ils étaient plus de trente mille sous une pluie glaciale. Ils étaient trempés jusqu'aux os. Mais pour rien au monde ils n'auraient manqué cette occasion de montrer leur colère.

Ils étaient plus de trente mille, là, sur place, tous n'ont pas pu venir, mais ils étaient tout de même des centaines de milliers, solidaires, à se soutenir dans ce combat pour leur emploi. Cet emploi, qu'ils conservent dans la crainte du lendemain, cet emploi qu'ils viennent de perdre, cet emploi qu'ils désirent plus que tout.

La manifestation fut un succès. Reste l'inconnue, savoir l'effet qu'elle aura eu sur le politique, quelle suite en donneront-ils?

Pourtant il y en avait, des politiques, dans la rue. Si si. Elio Di Rupo s'y trouvait, paraît-il. Hypocrisie d'un lamentable escroc politique, qui se dit socialiste, et qui n'hésite pas à privatiser la grande moitié des services publics. Non, Elio, ta place n'était pas parmi ces travailleurs, toi qui soutiens l'économie de marché, le capitalisme. Non, Elio, toi qui soutiens les intérêts notionnels, avantages accordés aux patrons qui profitent des travailleurs pour mieux s'enrichir, non Elio, ta place n'est surtout pas là, dans la rue, avec eux. 

Ils étaient plus de trente mille, et sur leur visage on pouvait voir les stigmates de cette socP1010291iété pourrissant leur existence, cette société capitaliste qui n'en finit pas de les exploiter et de leur ôter le fruit de toute une vie de labeur et d'acharnement. Une vie de travailleur, que l'on jette comme des kleenex dans la fosse boueuse de la précarité sociale, de l'incertitude du lendemain, de la pauvreté naissante.

Le capitalisme détruit l'individu social. Le capitalisme détruit les emplois. Soutenir le capitalisme est anti-socialiste. Mais la perversité n'a aucune limite, et quand il s'agit de profiter de ce système, la supercherie demeure à la mesure de cette fange gluante des profiteurs. L'homme qui exploite l'homme, par tous les moyens possibles.

Alex


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31-01-2010, 17:18:14 Socialisme-Solidarité
capitalisme   chômeurs   exploitation   licenciements   précarité   société   travailleurs  
Société
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... Les Haïtiens ne veulent plus être un "peuple objet"

(Article extrait du site de Michel Collon, "Investig'action")

Berthony Dupont   

Haiti vient de compter 206 années d’indépendance et le pays continue à souffrir de tous les maux de l’esclavage et du colonialisme, suite à la domination brutale et insidieuse des pays impérialistes. Tout cette situation découle du rôle pernicieux de la United States Agency for International Development (USAID) au sein des masses populaires haïtiennes et de sa participation à toutes leurs sphères d’activités, qu’elles soient sociales, sportives, culturelles, éducationnelles ou même politiques. L’expression de sa domination jusque là idéologique, est maintenant d’ordre technologique, ce dans le cadre d’une aliénation pour nous empêcher de relever la tête, pour ne point être en mesure de combattre nos ennemis.


Il est clair que la présence de la Minustah depuis le coup d’Etat de 2004 est là pour rassurer les capitalistes notamment les Etats-Unis d’Amérique, bastion et principale force du colonialisme contemporain, et pour garantir une certaine stabilité afin qu’ils puissent atteindre sans aucune contrainte leur objectif. Parallèlement, le président Préval s’est engagé dans cette intense activité de propagande aliénante, sorte d’oxygène à leur fameuse quoiqu’infâme formule de stabilité pour nous imposer leur civilisation, leur pratique, leur idéologie, leur façon d’agir et de vivre.


Certes l’impérialisme est puissant mais, malgré ses finances il n’a pu jusqu’ici acheter la conscience de tout un
peuple pour réhabiliter ce qui ne saurait être réhabilité à savoir la colonisation. Aussi, il est important de nous organiser, de faire front ensemble contre ce cruel Samson.

Il nous faut engager consciemment et résolument une entreprise historique qui soit une urgence du quotidien et une exigence même pour changer l’avenir du pays. Si depuis l’occupation de 2004, il n’y a eu aucun front commun pour combattre les forces étrangères, ce n’est pas parce que nous ne sommes plus ce peuple au sang Dessalinien et Péraltien par surcroît, encore moins que nous soyons un « peuple objet » qui n’arrive pas à penser, à s’organiser, voire à diriger son destin national.


Nous devons nous ressaisir pour mettre fin à ce jeu de vilains. Nous qui, par nos actes passés, avons montré que nous ne voulons plus rester esclaves des nouveaux colons, nous devrons nous rallier autour des forces progressistes révolutionnaires du pays, même quand elles sont embryonnaires. Nous pouvons prendre quelques exemples d’actions concrètes à encourager et qui refl ètent bien l’état d’esprit qui règne au sein des masses.

Les manifestations du 28 juillet 2009 dernier contre l’occupation du pays, celle du 1er janvier 2010 et l’organisation d’une assemblée populaire le 10 janvier 2010, par l’organisation populaire PLONBAVIL, une coalition de différentes organisations d’employés victimes du plan néolibéral, sont des preuves que le peuple haïtien n’est pas un « peuple objet ». Il prend des initiatives, il sait ce qu’il veut, il veut qu’il soit à la fois
objet et sujet de sa libération et de son développement.


Une telle perspective est plus que jamais à l’ordre du jour depuis la terrible tragédie qui vient de frapper le pays
ce 12 janvier 2010. L’horreur et l’étendue de la destruction sismique est insupportable, révoltante même. Le peuple haïtien qui a tant souffert, ces six dernières années, de l’inconscience et de la cupidité de ces dirigeants ne mérite pas un tel cataclysme. A l’impossibilité, jusqu’ici, de pouvoir offrir un front solide et uni à l’injustice, il va falloir éventuellement reconstruire, physiquement, toute une capitale, si ce n’est une bonne partie du pays.

 Il nous faudra alors énormément de courage et de volonté pour surmonter cette cruelle adversité d’autant que les pays capitalistes exploiteuses des richesses du sous-sol haïtien vont venir hypocritement à notre « secours ». Non pas que nous rejetions d’un revers de main leur aide, non, mais nous la voulons fraternelle, désintéressée. Nous souhaitons qu’elle ne soit pas l’occasion rêvée de nous assujettir irrémédiablement à leur totale domination, car nous n’avons que nos mains nues et notre dignité de peuple pour reconstruire un pays physiquement détruit.


C’est au secteur populaire qu’il revient de prendre son courage à deux bras pour renaître du cataclysme naturel
et forger l’avenir du pays, car la marche ascensionnelle de l’histoire est irréversible. Et la Communauté Internationale même quand elle veut bien nous offrir son concours doit bien se mettre en tête que seules « les mains magiciennes du peuple » pourront sortir le pays du désastre moral, social et économique auquel l’ont conduit ceux qui prétendent se faire passer pour les «amis» d’Haïti.


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31-01-2010, 11:30:17 Socialisme-Solidarité
capitalisme   exploitation   Haïti   horreur   indépendance   occupation   tragédie  
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28-01-2010 Société
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... L’autodestruction du Capitalisme

(Article provenant de "legrandsoir.info")
Michael PARENTI
illustration : "Capitalism:final" par Davio

Capitalisme finAprès le renversement des gouvernements communistes de l’Europe de l’est, le capitalisme a été brandi comme l’invincible système qui apporte prospérité et démocratie, le système qui allait s’imposer jusqu’à la fin des temps.

Cependant, la crise économique actuelle a fini par convaincre même quelques éminents partisans du libre marché qu’il y a quelque chose qui cloche sérieusement. En vérité, le capitalisme n’a pas encore réglé ses comptes avec plusieurs forces historiques qui le gênent en permanence : la démocratie, la prospérité, et le capitalisme lui-même, cette entité que les dirigeants capitalistes prétendent promouvoir.

Ploutocratie contre Démocratie

Commençons par la Démocratie. Aux Etats-Unis on nous dit que capitalisme et démocratie sont étroitement liés, d’où le terme « démocraties capitalistes ». En fait, tout au long de notre histoire les rapports entre démocratie et capitalisme ont été largement antagonistes. Il y a environ 80 ans, le juge de la Cour Suprême Louis Brandeis faisait le commentaire suivant : « Dans ce pays, nous pouvons avoir soit la démocratie, soit une grande concentration de richesse entre les mains d’une minorité, mais pas les deux. » Les intérêts d’argent ont été des adversaires et non des partisans de la démocratie.

La Constitution elle-même a été rédigée par des hommes de bonne famille influents qui se sont réunis à Philadelphie en 1787 pour répéter leurs mises en garde contre les effets néfastes et égalitaires de la démocratie. Le document qu’ils ont rédigé était lui-même loin d’être démocratique, rempli de contrôles, vetos et exigences requis auprès de majorités supérieures artificielles, un système destiné à étouffer la volonté populaire.

Au début de la République, les riches et l’élite ont imposé la condition d’être propriétaire pour avoir le droit de vote ou d’être élu. Ils s’opposaient à l’élection directe des candidats (notez que leur systède Collège Electoral est encore en place - (Rappel : le président US des US est élu par un suffrage indirect - NdT). Et pendant des décennies, ils ont résisté à l’extension de ces droits aux groupes moins favorisés tels que les travailleurs sans propriété, les immigrés, les minorités raciales et les femmes.

Les forces conservatrices d’aujourd’hui continuent de rejeter des modes de scrutin plus équitables tels que le proportionnel, le mode de scrutin préférentiel ainsi que le financement public des campagnes électorales. Ils continuent de dresser des barrières au vote, soit par des procédures d’inscription sur les listes électorales qui sont exagérément sévères, par les radiations d’électeurs des listes, par des bureaux de vote inadaptés et des machines à voter électroniques qui n’arrêtent pas de se « tromper » en faveur des candidats les plus conservateurs.

Il arrive que les classes dirigeantes censurent les publications radicales et répriment les manifestations populaires, en recourant aux descentes de police, aux arrestations, aux emprisonnements – sévèrement appliqués récemment contres les manifestants à St Paul, Minnisota, lors de la Convention Nationale Républicaine.

La ploutocratie conservatrice tente aussi de saper les avantages sociaux de la démocratie, tels l’éducation nationale, les logements aux loyers modérés, le système de santé, les conventions collectives, les salaires décents, la sécurité au travail, un environnement sain ; le droit à la vie privée, la séparation de l’église et de l’état, le droit à l’avortement, et le droit de se marier avec tout adulte consentant de son choix.

Il y a environ cent ans, le dirigeant syndical Eugène Victor Debs avait été jeté en prison pendant une grève. Depuis sa cellule il n’a pas pu s’empêcher d’arriver à la conclusion que dans les conflits entre deux secteurs privés, le capital et le travail, l’état n’était pas un arbitre neutre.

La force de l’état – avec sa police, ses milices, ses tribunaux et ses lois – était sans équivoque du côté des patrons. A partir de là, Debs a conclu que le capitalisme n’était pas seulement un système économique mais tout un ordre social qui faussait le jeu de la démocratie pour favoriser les riches.

Les dirigeants capitalistes se posent en promoteurs de la démocratie même lorsqu’ils la subvertissent, non seulement ici mais à travers l’Amérique latine, l’Afrique, l’Asie et le Moyen Orient. Toute nation qui ne propose pas un « cadre favorable aux investissements », qui tente de consacrer ses terres, sa main d’œuvre, son capital, ses ressources naturelles et ses marchés à son propre développement, en dehors de la domination des multinationales, court le risque de se voir diabolisée et ciblée comme « une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis ».

La Démocratie devient un problème pour l’Amérique des multinationales non pas quand elle échoue mais quand elle fonctionne trop bien, permettant à la population d’avancer vers un ordre social plus juste et supportable, en réduisant le fossé, même modestement, entre les super riches et le reste de la population. Alors la démocratie doit être détournée et subvertie, entachée de désinformation, d’hyper médiatisations, (media puffery), par des sommes exorbitantes dépensées lors des campagnes électorales ; par des résultats de scrutins truqués, un public plus ou moins impuissant et par de pseudo victoires électorales attribuées à des candidats plus ou moins politiquement acceptables.

Capitalisme contre Prospérité

Les grands capitalistes n’encouragent pas la prospérité pas plus que la démocratie. La majorité de la planète est capitaliste, et la majorité de la planète n’est ni prospère ni particulièrement démocratique. Il suffit de penser au capitaliste Nigeria, capitaliste Indonésie, capitaliste Thaïlande, capitaliste Haïti, capitaliste Colombie, capitaliste Pakistan, capitaliste Afrique du Sud, capitaliste Latvia, et divers membres du Monde Libre ou, plus être plus précis, du Marché libre.

Une population qui serait prospère, politiquement éduquée et très exigeante quant à son niveau de vie, qui défendrait ses droits et pousserait à l’amélioration des conditions sociales n’est pas exactement l’idée que les multinationales se font d’une main d’œuvre idéale et corvéable. Les investisseurs capitalistes préfèrent les populations pauvres. Plus elles sont pauvres, plus elles travailleront dur pour gagner moins. Plus elles sont pauvres, moins elles sont capables de se défendre contre les abus.

Dans le monde du « libre commerce » des multinationales, le nombre de milliardaires augmente à une vitesse jamais connue jusqu’à présent tandis que le nombre de personnes dans la misère augmente plus vite que la population mondiale. La misère se répand lorsque la richesse s’accumule.

Prenons les Etats-Unis. Au cours huit dernières années seulement, tandis que des vastes fortunes ont surgi à une vitesse record, six millions d’Américains supplémentaires sont tombés en dessous du seuil de pauvreté ; le revenu moyen par foyer a baissé de plus de 2.000 dollars ; l’endettement des ménages a plus que doublé ; plus de sept millions d’Américains ont perdu leur assurance santé, et plus de quatre millions ont perdu leur retraite ; pendant ce temps, le nombre de SDF a augmenté et les saisies de maisons pour défaut de paiement se sont généralisées.

Il n’y a que dans les pays où le capitalisme a été quelque peu bridé par une social-démocratie que la population a pu se garantir une certaine prospérité ; les pays du nord de l’Europe comme la Suède, la Norvège, la Finlande, le Danemark viennent à l’esprit. Mais même dans ces social-démocraties, les avancées sociales courent le risque d’une remise en cause.

Attribuer au capitalisme le génie de la prospérité économique constitue une ironie, alors que la plupart des tentatives d’améliorer le bien-être matériel ont été combattues avec acharnement par la classe capitaliste, et parfois avec violence. L’histoire des luttes sociales nous fournit d’innombrables exemples.

Si la vie est encore supportable sous l’actuel ordre économique US, c’est parce que des millions de gens ont mené d’âpres luttes de classe pour améliorer les conditions de vie et obtenir leurs droits en tant que citoyens, distillant ainsi une certaine dose d’humanité dans un ordre politico-économique par ailleurs insensible.

Un monstre qui s’autodétruit.

L’état capitaliste remplit deux fonctions reconnues depuis longtemps par les politologues. Premièrement, comme tout état, il doit fournir des services qui ne peuvent être fournis de manière fiable par le secteur privé. Deuxièmement, l’état capitaliste protège les possédants contre les démunis, garantissant la poursuite du processus d’accumulation de capital au profit des intérêts financiers tout en étouffant les exigences de la population, ainsi que Debs l’avait observé dans sa cellule.

Il y a une troisième fonction dévolue à l’état capitaliste qui est rarement évoquée. Elle consiste à empêcher le système capitaliste de s’autodétruire. Karl Marx avait souligné cette contradiction fondamentale : la tendance à la surproduction et aux crises des marchés. Une économie qui va de plus en plus vite, qui réduit de plus en plus les salaires, qui fait travailler plus pour gagner encore moins (tiens, tiens… Ndt), va droit dans un mur. Afin de maximiser les profits, les salaires doivent être compressés. Mais il faut bien que quelqu’un achète les biens et les services produits. Et pour cela, il faudrait maintenir le niveau des salaires. Il existe une tendance chronique – comme aujourd’hui – à la surproduction des biens fabriqués par le secteur privé et une sous-consommation des biens de nécessité par la population salariée.

De plus, ce qu’on ignore souvent, l’autodestruction du système est l’oeuvre des capitalistes eux-mêmes. Laissé sans surveillance, le secteur le plus actif du système financier s’empresse de dévorer les secteurs moins organisés.

Au lieu de tenter de gagner de l’argent par un travail de production et de commercialisation de biens et services, les maraudeurs se branchent directement sur les flux monétaires de l’économie elle-même. Pendant les années 90, nous avons assisté à l’effondrement total d’une économie en Argentine lorsque des capitaliste sans entraves ont dépouillé les entreprises, empoché de vastes sommes d’argent, et quitté le pays en laissant derrière eux une industrie en lambeaux. L’état argentin, gavé d’idéologie libérale, a failli à son devoir de protéger le capitalisme des capitalistes.

Quelques années plus tard, aux Etats-Unis, on a assisté à un pillage multimilliardaire perpétré par les conspirateurs de chez Enron, WorldCom, Harkin, Adelphia et des dizaines d’autres compagnies géantes. Des joueurs comme Ken Lay ont réussi à ruiner des entreprises jadis florissantes et rayer les emplois et les économies de milliers d’employés afin d’empocher quelques milliards supplémentaires.

Ces escrocs ont été jugés et condamnés. Ne serait-ce pas la démonstration que le capitalisme est capable de s’autoréguler ? Pas vraiment. Ces procès – qui sont arrivés trop tard de toute façon – sont à mettre au compte de la démocratie et non du capitalisme. Par essence, le marché libre est un système amoral, sans foi ni loi à part celle de « caveat emptor » (expression latine signifiant « que l’acheteur soit vigilant »- NdT).

Lors de la crise de 2008-2009, le surplus financier a crée un problème pour la classe fortunée : il n’y avait plus assez d’opportunités pour investir. Les grands investisseurs avaient de l’argent à ne plus savoir qu’en faire. Ils ont alors versé d’immenses sommes sur des marchés immobiliers fictifs et autres aventures hasardeuses, dans les rusés hedge funds, dans des produits dérivés, dans du leveraging, que sais-je encore.

Parmi leurs victimes, on comptait d’autres capitalistes, de petits investisseurs et les nombreux travailleurs qui ont perdu des milliards de dollars d’économies et de retraites. Le prince des voleurs était probablement Bernard Madoff. Décrit comme « un des plus brillants depuis longtemps dans le domaine de la finance », Madoff avait monté un fonds d’investissement frauduleux qui a prélevé 50 milliards de dollars chez de riches investisseurs, qu’il payait avec de «  l’argent qui n’existait pas », selon ses propres termes. La ploutocratie dévore ses propres enfants.

Au sein de la crise, lors d’une audition devant le Congrès (US) en octobre 2008, l’ancien président de la Réserve Fédérale et adepte du libéralisme Alan Greenspan a avoué qu’il s’était trompé en pensant que le système – soumis aux énormes tensions d’un immense capital accumulé qui ne cherchait qu’à être investi – finirait par s’autodiscipliner.

La théorie classique du laisser-faire est encore plus ridicule que ne le laisserait entendre les propos de Greenspan. En fait, cette théorie dit que tout le monde devrait agir selon ses propres intérêts et sans entraves. Cette compétition débridée est censée générer un maximum de profits pour tous parce que le marché libre est gouverné par une douce et magique « main invisible » qui optimiserait le résultat collectif. (« La cupidité est une chose positive »)

La crise de 2008-2009 a-t-elle été provoquée par la tendance à la surproduction et l’hyper accumulation financière, comme aurait dit Marx ? Ou est-elle le résultat de la cupidité de certains individus tels que Bernard Madoff ? En d’autres termes, s’agit-il d’un problème de système ou d’individus ? En réalité, les deux à la fois. Le capitalisme génère ses prédateurs et récompense ceux qui ont le moins de scrupules. Les crimes et les crises ne sont pas les dérapages absurdes d’un système qui serait rationnel, mais l’inverse : ce sont les conséquences logiques d’un système fondamentalement absurde et amoral.

Pire encore, les sauvetages en cours de plusieurs milliards de dollars versés par le gouvernement sont en train d’être à leur tour transformés en opportunités pour un nouveau pillage. Non seulement l’état échoue dans son rôle de régulateur, mais il devient lui-même la source du pillage en extirpant de vastes sommes des caisses de l’état, en saignant au maximum les contribuables.

Ceux qui critiquent « l’état providence » sont les premiers bénéficiaires de la providence de l’état. Les grandes sociétés américaines ont toujours bénéficié d’aides, de prêts avantageux et autres subventions d’état et fédéraux en tous genres. Mais l’opération de « secours » de 2008-2009 a constitué un pillage de l’argent public comme on n’en avait jamais connu. Plus de 350 milliards de dollars ont été distribués par un Ministre des finances de droite en fin de mandat aux plus grandes banques et sociétés financières et sans aucun contrôle – sans parler des 4 mille milliards sortis de la Réserve Fédérale. La plupart des banques, dont LPMorgan Chase et Bank of New York Mellon, ont déclaré qu’elles n’avaient aucune intention de divulguer la destination des sommes perçues.

Ce que l’on sait, c’est que les grandes banques ont utilisé une partie des sommes pour racheter de plus petites banques et créer des banques à l’étranger. Les PDG et hauts cadres sont en train de dépenser l’argent dans de fabuleuses primes et des séjours luxueux de thalasso. Pendant ce temps, les gros bénéficiaires des aides comme Citigroup et Bank of America ont licencié des dizaines de milliers d’employés, ce qui nous fait poser la question suivante : pourquoi leur a-t-on versé ces sommes ?

Tandis que ces centaines de milliards sont en train d’être distribués aux auteurs de la catastrophe, le marché de l’immobilier continue de s’effriter, le crédit de se paralyser, le chômage d’augmenter et la consommation des ménages de plonger vers de nouvelles profondeurs.

En résumé, le capitalisme libéral est par nature synonyme de désastre à venir. Il est dans sa nature profonde que de transformer la nature vivante en un tas de biens de consommation et les biens de consommation à leur tour en un tas de capital inerte. Sans contrôle, le capitalisme déverse ses surplus et ses déchets sur le public et l’environnement – et tôt ou tard commence à s’autodétruire.

Dans une société capitaliste, les immenses inégalités en termes de pouvoir économique se répercutent en immenses inégalités en termes de pouvoir politique, ce qui rend la mise en place de régulations de plus en plus difficile.

Si les preux chevaliers du Capitalisme veulent vraiment savoir ce qui menace « notre mode vie », c’est leur mode de vie à eux, leur braconnage de leur propre système, leur destruction des fondations sur lesquelles ils reposent, c’est-à-dire la communauté sur le dos de qui ils se gavent.

Michael Parenti
www.michaelparenti.org

ARTICLE ORIGINAL
http://civillibertarian.blogspot.co...

Traduction Le Grand Soir

Michael Parenti’s recent books include : Contrary Notions : The Michael Parenti Reader (City Lights) ; Democracy for the Few, 8th ed. (Wadsworth) ; The Assassination of Julius Caesar (New Press), Superpatriotism (City Lights), The Culture Struggle (Seven Stories Press), and God and His Demons (forthcoming). For further information, visit his website :


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28-01-2010, 11:15:07 Socialisme-Solidarité
argent   bénéfices   capitalisme   communauté   consommation   destruction   économie   exploitation   impérialisme   politique   spéculation   travail  
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Médiamensonges
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... La Navy a installé une de ses prisons secrètes au large d’Haïti

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(Article extrait de "Voltairenet.org")

Alors que le déploiement de plus de 10 000 soldats états-uniens en Haïti a été qualifié par de nombreux leaders latino-américains d’invasion et d’occupation sous couvert d’aide humanitaire, on ne peut que s’interroger sur l’arrivée de l’USS Bataan.

Ce bâtiment de la Navy a été transformé au cours des dernières années en prison secrète flottante. Ses cales à fond plat, conçues pour abriter des troupes en vue d’un débarquement, ont été aménagées avec des cages. Les détenus y sont soumis aux mêmes expériences qu’à Guantanamo [1].

Après avoir longtemps nié cette réalité, le Pentagone a admis que l’USS Bataan avait effectivement été utilisé comme prison en décembre 2001, mais qu’il avait été rendu à son usage normal dès janvier 2002, ce que contestent de nombreux spécialistes selon lesquels il a conservé sa mission de prison off shore.

Il paraît impossible que les prisonniers aient été transférés ailleurs depuis le tremblement de terre haïtien et que le navire ait été réaménagé pour le transport de troupes.


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28-01-2010, 10:31:21 Socialisme-Solidarité
capitalisme   Haïti   impérialisme   invasion   mensonges   prisons   USA  
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25-01-2010 Médiamensonges
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... L’humanitaire au service du capital, le cas de Haïti.

L’humanitaire au service du capital, le cas de Haïti.
Mohamed BELAALI

(Article extrait de "legrandsoir.info")

clinton haitiUne fois encore le cas de Haïti vient de démontrer d’une manière éclatante combien l’humanitaire est au service du capital. Tous les pays impérialistes, grands et petits, se sont précipités comme des vautours, au nom de l’humanitaire, sur la tragédie de ce petit pays. Que voit-on sous nos yeux ? D’un côté l’armée américaine, avec ses boys surarmés, qui se déploie dans les rues de Port-au-Prince, qui contrôle l’aéroport de la capitale haïtienne et tous les axes stratégiques. De l’autre, des survivants, hommes, femmes et enfants hagards, affamés et assoiffés qui errent à la recherche d’un introuvable point d’eau, d’une introuvable nourriture. Les uns cherchent à occuper le pays, les autres tentent, vaille que vaille, à survivre au milieu des cris des blessés et des cadavres jonchés à même le sol ou enfouis sous des bâtiments effondrés. Si les troupes américaines sont arrivées dès les premières heures du séisme, la population, elle, attend toujours dans des conditions inhumaines cette fameuse « aide humanitaire ». Huit jours après le séisme, des centaines de milliers de sans-abris vivent dans des campements improvisés ou comme le dit l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) « dans des abris de fortune, sans accès à des réseaux d’eau ». La rapidité des vols des avions et la rotation des hélicoptères militaires contraste avec la lenteur des secours. Dans les petites villes avoisinantes de la capitale haïtienne, « l’aide humanitaire » est totalement absente.

Et c’est la population elle- même, à mains nues puisqu’elle manque de tout, qui a procédé aux secours d’urgence loin des caméras et du battage médiatique hypocrite. C’est cette même population c’est à dire des rescapés, dans le dénuement total, qui luttent contre la mort, qui sont traités par les grands médias occidentaux de pillards, de bandits, d’émeutiers etc. Ce sont peut-être ces « émeutiers » des quartiers populaires que les américains et leurs caniches européens craignent le plus. Car l’émeute peut se transformer en révolte et celle-ci en résistance à l’occupant.

Barack Obama en compagnie de Bill Clinton et même de Bush promet au peuple haïtien de rester à ses côtés « aujourd’hui, demain et à l’avenir ». Les GI ne sont donc pas prêts à quitter le sol de ce pays qu’ils occupent au nom de l’humanitaire mais en toute illégalité.

ONG, entreprises multinationales, artistes, sportifs de haut niveau, hommes et femmes politiques sont ainsi enrôlés dans cette sinistre opération coordonnée par un commandement militaire. « La coopération s’opère à tous les niveaux sous la conduite du Pentagone, seul capable d’assurer le rôle de leader (...) le contrôle est laissé au militaire, subordonnant l’acteur civil et humanitaire » disait Stéphane Sisco membre du Conseil d’administration de Médecins du Monde (1). Aujourd’hui à Haïti rien n’échappe à l’œil vigilent du Pentagone. C’est lui qui contrôle, coordonne, dirige et refoule ; il est le maître de la situation. 10 000 soldats, des navires de guerre dont un porte-avion nucléaire, des hélicoptères en tout genre une base militaire permanente au nord de Port-au Prince etc. sont à la disposition du général Ken Keen qui n’est que l’exécutant des ordres du pentagone.

L’aide humanitaire est évidemment la mission officielle de cette armada : « Notre mission est de fournir une assistance humanitaire », déclarait à l’AFP le colonel Pat Haynes. C’est d’ailleurs le président de l’USAID, agence gouvernementale américaine d’aide au développement, qui a accompagné samedi 16 janvier 2010 Hillary Clinton dans son voyage à Haïti pour accomplir cette noble mission humanitaire. « Nous travaillons de concert avec la constellation d’organisation non gouvernementales qui s’efforcent depuis des années d’améliorer la vie du peuple haïtien. (...) L’argent afflue à la Croix-Rouge et dans d’autres organisations humanitaires » soulignait de son côté Barack Obama président des États-Unis dans un texte publié par Newsweek et Le Monde du 20 janvier 2010.

Les multinationales dont la brutalité exercée sur leurs propres salariés est quotidienne(exploitation, conditions de travail insupportables etc) se métamorphosent en entreprises philanthropiques et envoient, dans un élan de générosité, des millions d’euros ou de dollars aux pauvres haïtiens. Ainsi des banques comme la Société Générale ou le Crédit Agricole, après avoir distribué à leurs dirigeants et « collaborateurs » de substantiels bonus et autres stock options, se sont engagées à envoyer 1 million d’euros aux sinistrés du tremblement de terre. France Telecom, dont la direction des relations humaines a poussé au suicide nombre de ses salariés, a lancé par le biais de sa filiale Orange et en collaboration avec les autres opérateurs Mobile une campagne de récolte de dons par SMS. EADS, célèbre groupe aéronautique pour ses scandales financiers, prête à l’association Action contre la faim un gros porteur A 340 pour porter secours aux haïtiens.

Pour ces entreprises et pour bien d’autres qui participent à cette grande messe humanitaire, le drame haïtien est utilisé, avec beaucoup de cynisme, comme opération de relations publiques. L’humanitaire constitue, pour elles, une aubaine qui leur permet, à peu de frais, d’améliorer leur image de marque bien ternie par des scandales multiples et par leur attitude inhumaine vis à vis de leurs propres salariés.

Quant aux grands médias, notamment la télévision, la tragédie haïtienne est un show rentable qui permet d’augmenter l’audimat et d’engranger des recettes publicitaires en exploitant, eux-aussi, la compassion et la générosité des téléspectateurs. Elle leur permet, par ailleurs, de ne pas parler ou de ne pas montrer les luttes sociales qui éclatent ici ou là.

L’humanitaire sert de paravent aux visées hégémoniques impérialistes. Il exploite cyniquement les sentiments altruistes et de solidarité des citoyens pour servir, en dernière analyse, les intérêts d’une classe sociale minoritaire, mais qui possède tous les pouvoirs.

Mohamed Belaali


(1) Mohamed Belaali « L’humanitaire au service du capital »
http://www.legrandsoir.info/L-humanitaire-au-service-du-capital.html


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25-01-2010, 11:30:47 Socialisme-Solidarité
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24-01-2010 Vie sociale
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... Je n'ai pas été à Gaza mais j'ai vu un drapeau ...

Jean-Pierre Griez

Je n’ai pas été à Gaza mais j’ai vu un drapeau palestinien sur la grande pyramide et j’ai vu le V de la victoire brandi par un Egyptien à la fenêtre du 7ième étage d’un building abritant l’ambassade israélienne au 19ième et j’ai vu ce même homme saluer les manifestants les internationalistes, nous moi criant leur solidarité avec le peuple de Gaza et j’ai vu parmi tous ces gens un juif antisioniste se faire photographier avec un jeune français arabe ou arabe français et j’ai entendu les chants en yddish de juifs pour Gaza et le syndicaliste sud-africain lancer un appel au boycott d’Israël, l’apartheid new look et j’ai vu ces policiers nous entourer et la peur et l’étonnement et parfois la sympathie dans leur regard, j’ai vu leur peau foncée à ces gamins de 20 ans venus tout droit de la campagne pour brûler trois ans de leur jeunesse à opprimer les leurs, j’ai senti notre force, la peur était chez eux autant que chez nous, chez nous c’était la colère et la détermination et la solidarité toujours la solidarité, j’étais fier de réussir à tenir deux heures face au drapeau israélien hissé au sommet d’une forteresse réputée imprenable, un peu gêné aussi, ces photos tous ces autoportraits comme autant de trophées d’actes héroïques et la manif s’est arrêtée et j’ai marché sur le pont du Nil et j’ai vu des policiers nous barrer le passage et j’ai couru, on a couru entre les voitures, Le Caire cet enfer de milliers de voitures se serrant se doublant se frôlant s’insultant s’asphyxiant, ces voitures serrées pour nous protéger d’une pitoyable police, ces voitures assassines pourchassant les piétons et cette collision, de la tôle froissée rien que de la tôle et une police semée désarçonnée et la force de militants aguerris, ces autres, venus de je ne sais où que j’ai suivis ce jour-là et toujours ce sentiment immodeste et pourtant bien là d’être dans l’Histoire avec un grand H, hache qui tue à Gaza au Congo en Afghanistan en Irak à Bruxelles National et j’ai vu aussi des Egyptiens sous la hache, cet enfant qui mendie dans une rue de terre et ce touriste, moi qui regarde droit devant pour ne pas le voir et cette jeune fille voilée qui veut photographier les militants to Gaza sur une place bondée du vieux Caire, une autre action un autre soir et la police qui l’écarte et l’intimide et la fille qui résiste trois secondes, pas plus de trois secondes qui donnent chaud au cœur et cette action-là, nous tous avec une bougie à la main surgis par surprise des terrasses de café et ce silence qui parle dans nos bougies, juste une bougie et nos Free Gaza et nos keffieh et un début d’applaudissement parmi les passants comme un murmure, insupportable pour le cordon de flics et des flics désemparés qui nous isolent avec les barrières touristiques de la place et un autre flic, le- chef- qui- a- toujours- raison qui fait enlever ces barrières-là et un vieux qui passe dans l’espace interdit, un vieux qui résiste qui crie des insanités à la police, un vieux qui fait chaud au cœur et puis la dislocation calme et belle et le retour vers le métro à 5 ou à 10 dans une rue commerçante, les odeurs les gens qui crient les tapis les klaxons les slaloms fous entre les voitures les enseignes surchargées les maïs grillés les lampes néon éblouissante les appels à la prière les gens et les gens et les gens, filles voilées filles tchador, les trottoirs cabossés les immondices, et les policiers à nos trousse where are you going ? et le métro enfin le métro et les billets qu’on avait pris d’avance et nos fins limiers bloqués par la foule au guichet, toujours la foule, la foule qui nous protège qui nous rassure et les gens : To Gaza ? et les sourires complices et les clins d’œil et la fierté, il faudrait nous ériger une statue nous les internationaux et la tristesse aussi, des juristes égyptiens ont été arrêtés et aussi des journalistes, ce n’est pas une rumeur, ces gens nous ont aidés, ils ont mené leurs propres actions aussi, ils prennent des risques quoi ? Moi à Mons et eux en prison ? Qu’est-ce qu’on va faire pour eux ? ces gens nous ont aidés pour avoir des bus, les bus pour aller à Gaza, le gouvernement a interdit d’aller à Gaza il a interdit de louer des bus il a interdit de se rassembler à plus de 6 personnes il a interdit de se rassembler à l’université ou n’importe où ailleurs, il a interdit l’action sur le Nil et celle sur le pont, alors les juristes qui n’aiment pas les interdits ont appelé leurs amis patrons de société de bus qui n’aiment pas les interdits et deux bus sont venus à l’hôtel que l’on a l’appelé bordel palace mais ce n’était qu’une rumeur, peut-être à cause de la danseuse du ventre et à cause des taximan, j’ai vu l’hôtel il y a un portail détecteur de choses interdites et trois policiers en uniforme à l’entrée et parfois cinq et puis les autres sans uniforme on n’arrive pas à les compter et puis le personnel soupçonné d’être des indics et parfois vers la fin du séjour un disque dur d’un militant qui disparaît et qui réapparaît comme par enchantement, après avoir été copié ?

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24-01-2010, 06:30:08 Socialisme-Solidarité
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23-01-2010 Médiamensonges
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Haïti : au-delà des effets d’annonce

par Eric Toussaint*, Sophie Perchellet*

(Article extrait de "Voltairenet.org")

Alors que les Etats-Unis profitent du chaos consécutif au tremblement de terre pour envahir et occuper Haïti, comme ils le firent de 1915 à 1934, la presse internationale présente la misère qui frappe ses habitants comme une fatalité comparable au séisme. Sophie Perchellet et Eric Toussaint rappellent qu’il n’en est rien. Depuis le XIXe siècle, lorsque les esclaves durent indemniser leurs maîtres, jusqu’aux oukazes du FMI, la pauvreté est le fruit de l’exploitation.

Haïti a besoin de notre aide.


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L’une des plus grandes opérations d’aide de l’histoire risque fort de ressembler à celle de l’après tsunami de 2004 sauf si un modèle de reconstruction radicalement différent est adopté. Haïti a été partiellement détruit suite à un violent séisme de magnitude 7. Chacun y va de sa larme et les médias, en nous abreuvant d’images apocalyptiques, relayent les annonces d’aides financières que les généreux Etats vont apporter. On entend qu’il faut reconstruire Haïti, ce pays où la pauvreté et « la malédiction » s’abattent. Aujourd’hui donc, on s’intéresse à Haïti. Les commentaires ne vont pas au-delà du terrible tremblement de terre. On nous rappelle précipitamment que c’est l’un des pays les plus pauvres de la planète mais sans nous en expliquer les causes. On nous laisse croire que la pauvreté est venue comme ça, que c’est un fait irrémédiable : « c’est la malédiction qui frappe ».

Il est indiscutable que cette nouvelle catastrophe naturelle entraîne des dégâts matériels et humains tout autant considérables qu’imprévus. Une aide d’urgence est donc nécessaire et tout le monde est d’accord sur ce point. Pourtant, la pauvreté et la misère ne trouvent pas leurs sources dans ce tremblement de terre. Il faut reconstruire le pays parce que celui-ci a été dépossédé des moyens de se construire. Haïti n’est pas un pays libre ni même souverain. Au cours des dernières années, ses choix de politique intérieure ont été réalisés par un gouvernement qui est constamment sous la pression d’ordres venus de l’extérieur du pays et des manœuvres des élites locales.

Haïti est traditionnellement dénigré et souvent dépeint comme un pays violent, pauvre et répressif dans le meilleur des cas. Peu de commentaires rappellent l’indépendance acquise de haute lutte en 1804 contre les armées françaises de Napoléon. Plutôt que de souligner la démarche humaine et le combat pour les Droits de l’Homme, la sauvagerie et la violence seront les caractéristiques assimilées aux Haïtiens. Edouardo Galeano parle de la « malédiction blanche » : « A la frontière où finit la République dominicaine et commence Haïti, une grande affiche donne un avertissement : El mal paso - Le mauvais passage. De l’autre côté, c’est l’enfer noir. Sang et faim, misère, pestes. » [1]

Il est indispensable de revenir sur la lutte d’émancipation menée par le peuple haïtien, car en représailles à cette double révolution, à la fois anti-esclavagiste et anti-coloniale, le pays a hérité de « la rançon française de l’Indépendance » correspondant à 150 millions de francs or (soit le budget annuel de la France de l’époque). En 1825, la France décide que « Les habitants actuels de la partie française de Saint-Domingue verseront à la caisse fédérale des dépôts et consignations de France, en cinq termes égaux, d’année en année, le premier échéant au 31 décembre 1825, la somme de cent cinquante millions de francs, destinée à dédommager les anciens colons qui réclameront une indemnité. » [2]
Cela équivaut à environ 21 milliards de dollars d’aujourd’hui. Dès le départ, Haïti doit payer le prix fort, la dette sera l’instrument néo-colonial pour entretenir l’accès aux multiples ressources naturelles de ce pays.

Le paiement de cette rançon est donc l’élément fondateur de l’Etat haïtien et a débouché sur la constitution d’une dette odieuse. En termes juridiques, cela signifie qu’elle a été contractée par un régime despotique et utilisée contre les intérêts des populations. La France puis les Etats-Unis, dont la zone d’influence s’élargit à Haïti, occupée par les marines états-uniens dès 1915, en sont pleinement responsables. Alors qu’il aurait été possible de faire face aux douloureuses responsabilités du passé en 2004, le rapport de la Commission Régis Debray préfère écarter l’idée d’une restitution de cette somme en prétextant qu’elle n’est pas « fondée juridiquement » et que cela ouvrirait la « boîte de Pandore » [3]. Les requêtes du gouvernement haïtien en place sont rejetées par la France : pas de réparations qui tiennent. La France ne reconnaît pas non plus son rôle dans l’ignoble cadeau qu’elle fît au dictateur « Baby Doc » Duvalier en exil en lui offrant le statut de réfugié politique et donc l’immunité.

Le règne des Duvalier commence avec l’aide des Etats-Unis en 1957 : il durera jusqu’en 1986, date à laquelle le fils « Baby Doc » est chassé du pouvoir par une rébellion populaire. La violente dictature largement soutenue par les pays occidentaux a sévi près de 30 ans. Elle est marquée par une croissance exponentielle de sa dette. Entre 1957 et 1986, la dette extérieure a été multipliée par 17,5. Au moment de la fuite de Duvalier, cela représentait 750 millions de dollars. Ensuite elle monte, avec le jeu des intérêts et des pénalités, à plus de 1 884 millions de dollars [4]. Cet endettement, loin de servir à la population qui s’est appauvrie, était destiné à enrichir le régime mis en place : il constitue donc également une dette odieuse. Une enquête récente a démontré que la fortune personnelle de la famille Duvalier (bien à l’abri sur les comptes des banques occidentales) représentait 900 millions de dollars, soit une somme plus élevée que la dette totale du pays au moment de la fuite de « Baby Doc ». Un procès est en cours devant la justice suisse pour la restitution à l’Etat haïtien des avoirs et des biens mal acquis de la dictature Duvalier. Ces avoirs sont pour l’instant gelés par la banque suisse UBS qui avance des conditions intolérables quant à la restitution de ces fonds [5]. Jean-Bertrand Aristide, élu dans l’enthousiasme populaire puis accusé de corruption avant d’être rétabli au pouvoir comme marionnette de Washington et finalement d’en être chassé par l’armée états-unienne, n’est malheureusement pas innocent en ce qui concerne l’endettement et les détournements de fonds. Par ailleurs, selon la Banque mondiale, entre 1995 et 2001, le service de la dette, à savoir le capital et les intérêts remboursés, a atteint la somme considérable de 321 millions de dollars.

Toute l’aide financière annoncée actuellement suite au tremblement de terre est déjà perdue dans le remboursement de la dette !

Selon les dernières estimations, plus de 80 % de la dette extérieure d’Haïti est détenue par la Banque Mondiale et la Banque interaméricaine de développement (BID) à hauteur de 40 % chacune. Sous leur houlette, le gouvernement applique les « plans d’ajustement structurel » remaquillés en « Documents Stratégiques pour la Réduction de la Pauvreté » (DSRP). En échange de la reprise des prêts, on concède à Haïti quelques annulations ou allégements de dette insignifiants mais qui donnent une image bienveillante des créanciers. L’initiative Pays Pauvres Très Endettés (PTTE) dans laquelle Haïti a été admise est une manœuvre typique de blanchiment de dette odieuse comme cela été le cas avec la République démocratique du Congo. On remplace la dette odieuse par de nouveaux prêts soi-disant légitimes. Le CADTM considère ces nouveaux prêts comme partie prenante de la dette odieuse puisqu’ils servent à payer cette antique dette. Il y a continuité du délit.

En 2006, quand le FMI, la Banque mondiale et le Club de Paris acceptèrent que l’initiative PPTE s’élargisse à Haïti, le stock de la dette publique extérieure totale était de 1.337 millions de dollars. Au point d’achèvement de l’initiative (en juin 2009), la dette était de 1.884 millions. Une annulation de dette d’un montant de 1.200 millions de dollars est décidée afin de « rendre la dette soutenable ». Entre temps, les plans d’ajustement structurel ont fait des ravages, notamment dans le secteur agricole dont les effets ont culminé lors de la crise alimentaire de 2008. L’agriculture paysanne haïtienne subit le dumping des produits agricoles étasuniens. « Les politiques macro-économiques soutenues par Washington, l’ONU, le FMI et la Banque mondiale ne se soucient nullement de la nécessité du développement et de la protection du marché national. La seule préoccupation de ces politiques est de produire à bas coût pour l’exportation vers le marché mondial [6] ». C’est donc scandaleux d’entendre le FMI dire qu’il « se tient prêt à jouer son rôle avec le soutien approprié dans ses domaines de compétence ». [7]

Comme le dit le récent appel international « Haïti nous appelle à la solidarité et au respect de la souveraineté populaire » : « Au cours des dernières années et aux côtés de nombreuses organisations haïtiennes, nous avons dénoncé l’occupation du pays par les troupes de l’ONU et les impacts de la domination imposée par les mécanismes de la dette, du libre-échange, du pillage des ressources naturelles et de l’invasion par des intérêts transnationaux. La vulnérabilité du pays aux catastrophes naturelles – due en grande partie aux ravages causés à la nature, à l’inexistence d’infrastructures de base, et à l’affaiblissement de la capacité d’action de l’Etat – ne devrait pas être considérée comme étant sans lien avec ces politiques qui ont historiquement sapé la souveraineté du peuple. »

Il est maintenant temps que les gouvernements qui font partie de la MINUSTAH [Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), site officiel.]], des Nations unies et en particulier la France et les Etats-Unis, les gouvernements latino-américains, revoient ces politiques qui s’opposent aux besoins élémentaires de la population haïtienne. Nous exigeons de ces gouvernements et organisations internationales qu’ils substituent à l’occupation militaire une véritable mission de solidarité, et qu’ils agissent pour l’annulation immédiate de la dette qu’Haïti continue de leur rembourser. » [8]

Indépendamment de la question de la dette, il est à craindre que l’aide prenne la même forme que celle qui a accompagné le tsunami qui a frappé, fin décembre 2004, plusieurs pays d’Asie (Sri Lanka, Indonésie, Inde, Bangladesh) [9] ou encore l’après-cyclone Jeanne en Haïti en 2004. Les promesses n’ont pas été tenues et une grande partie des fonds ont servi à enrichir des compagnies étrangères ou les élites locales. Ces « généreux dons » proviennent pour la majorité des créanciers du pays. Plutôt que de faire des dons, il serait préférable qu’ils annulent les dettes d’Haïti à leur égard : totalement, sans conditions et immédiatement. Peut-on vraiment parler de don quand on sait que cet argent servira en majeure partie soit au remboursement de la dette extérieure soit à l’application de « projets de développement nationaux » décidés selon les intérêts de ces mêmes créanciers et des élites locales ? Il est évident que, sans ces dons dans l’immédiat, il ne serait pas possible de faire rembourser cette dette dont la moitié au moins correspond à une dette odieuse. Les grandes conférences internationales d’un quelconque G8 ou G20 élargi aux IFI ne feront pas avancer d’un iota le développement d’Haïti mais reconstruiront les instruments qui leur servent à asseoir le contrôle néo-colonial du pays. Il s’agira d’assurer la continuité dans le remboursement, base de la soumission, tout comme lors des récentes initiatives d’allégement de la dette.

Au contraire, pour qu’Haïti puisse se construire dignement, la souveraineté nationale est l’enjeu fondamental. Une annulation totale et inconditionnelle de la dette réclamée à Haïti doit donc être le premier pas vers une démarche plus générale. Un nouveau modèle de développement alternatif aux politiques des IFI et aux accords de partenariat économique (APE signé en décembre 2009, Accord Hope II …), est nécessaire et urgent. Les pays les plus industrialisés qui ont systématiquement exploité Haïti, à commencer par la France et les Etats-Unis, doivent verser des réparations dans un fonds de financement de la reconstruction contrôlé par les organisations populaires haïtiennes.
    Eric Toussaint

Président du CADTM Belgique (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde). Dernier livre publié : Banque du Sud et nouvelle crise internationale, CADTM/Syllepse, 2008.


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23-01-2010, 17:45:25 Socialisme-Solidarité
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21-01-2010 Morale
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21-01-2010, 19:45:09 Socialisme-Solidarité
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19-01-2010 manipulation
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19-01-2010, 17:30:14 Socialisme-Solidarité
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17-01-2010 Economie-politique
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(Article issu du site de G. Dutron, via le blog "syndicats")

L’ancien économiste en chef du Fonds Monétaire International annonce une énorme catastrophe

C’est sûrement ce qu’il voulait, c’est réussi ! Nous ne disons pas autre chose sur ce blog depuis 18 mois !

Mais là, c’est une « autorité reconnue ! Le 7 janvier, Simon Johnson donnait  son analyse de la crise économique et financière à la chaîne CNBC : voir la vidéo… http://www.youtube.com/watch?v=RLKuXwisOrc&feature=player_embedded

Que dit l’ancien chef économiste du FMI ?

-      Que nous ne sommes qu’au début de la crise,

-      Que nous allons connaître « une énorme catastrophe,

-      Que le système financier américain repose totalement sur la croyance que l’Etat le sauvera indéfiniment,

-      Que les grosses banques (“too big to fail”) se sentant à l’abri d’une faillite,

-      Qu’elles se remettent à prendre des risques insensés,

-      Que, tôt ou tard, ces risques conduiront à une nouvelle crise financière.

Laissons parler Simon Johnson :

-      Notre système financier est entièrement basé sur la dénégation de la morale. Des choses folles peuvent désormais arriver“. ..

-      Nous sommes en train de créer les conditions d’une énorme catastrophe [...] La crise en est à son tout début“. ..

- La sagesse financière traditionnelle dit que deux crises financières majeures ne peuvent se succéder. Je pense que nous allons voir le contraire se produire, nous verrons bien jusqu’à quel point cette supposition est vraie…

-

Conclusion de Johnson, les banques n’ont tiré aucune leçon de la crise.

Au contraire, “le total des actifs des six plus grosses banques des Etats-Unis dépasse maintenant les 60% du PIB. Elles ont encore grossi pendant la crise. Tous les gros sont là, à prendre des risques, comme vous ou moi le ferions si nous nous sentions intouchables, comme si nous avions un pass d’immunité totale“.

En fait, avec la crise systémique globale, le monde est sorti du cadre de référence de ces soixante dernières années…. vraisemblablement définitivement.

Ce dont nous prévient Simon Johnson, c’est qu’une nouvelle crise intervenant en 2010, 11 ou 12 alors que la crise actuelle n’est pas réglée peut se heurter à une insolvabilité ou une incapacité des États à intervenir.


Les vingt institutions financières mondiales les plus importantes par capitalisation boursière en 1999 (en Milliards USD et par institution) – Source : Financial Times, 05/2009


Les vingt institutions financières mondiales les plus importantes par capitalisation boursière en 2009 (en Milliards USD et par pays d’origine) – Source : Financial Times, 05/2009

LA BRI CONFIRME :

à fleurets mouchetés certes mais que dit-elle

La BRI c’est la Banque des Règlements Internationaux…la Banque des Banques centrales en somme.

-      1/ que les positions bancaires actuelles sont extrêmement risquées.

-      2/ que l’économie mondiale reste sous perfusion publique et risque un écroulement global.

-      3/ Que les besoins de refinancement des institutions financières et des entreprises sont “impressionnants” et devront être soldés dans les trois prochaines années.

-      4/ Que l’endettement  des Etats conduira sans aucun doute à une augmentation du risque souverain sur le marché.

QUELQUES SIGNES QUI NE TROMPENT PAS :

-       En 2009, le taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre a atteint son plus bas niveau depuis sa création à 0,5%,  le plus bas depuis 1694 soit 316 ans.

-      En 2008, la Caisse des Dépôts et Consignations, bras financier de l’état français depuis 1816 sous la Monarchie, l’Empire, la République, a connu sa première perte annuelle en 193 ans. http://www.france24.com/fr/20090416-cdc-caisse-depots-enregistre-premiere-perte-200-ans-histoire-milliard-euro

-      En Avril 2009, la Chine est devenue le premier partenaire commercial du Brésil. Or, depuis des siècles le Brésil devance régulièrement les grandes ruptures de la domination mondiale. Il y a deux cents ans, le Royaume-Uni avait stoppé  trois siècles d’hégémonie portugaise.  Les Etats-Unis, ont écarté le Royaume-Uni au début des années 1930 comme premier partenaire du Brésil.

Ce constat illustre assez bien l’évolution des rapports de domination au sein de la domination mondiale globale

Seul l’avenir dira si nous nous trompons ou pas et si Johnson se trompe mais beaucoup d’indicateurs nous orientent dans le même sens.

Guy Dutron


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17-01-2010, 20:15:44 Socialisme-Solidarité
capitalisme   catastrophe   économie   exploitation   FMI  
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15-01-2010 Philo Marxiste-léniniste
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... Les péchés d'Hugo Chavez

hugochomskyEn Amérique latine, presqu’une personne sur deux vit sous le seuil de pauvreté. Au Venezuela, un homme affirme qu’on peut y mettre fin. Certains l’accusent de tous les péchés : ‘populiste’, ‘dictateur’… Michel Collon vient de publier Les 7 péchés d’Hugo Chavez et il montre pourquoi cette expérience nous concerne.

Interview: Petya Micheroux

(Article extrait du site "investig'action")

Le président vénézuélien Hugo Chavez est-il populiste ?
 Michel Collon.
La grande tarte à la crème ! Dès que quelqu'un dérange, les médias lui collent une étiquette. Qui a pour fonction d'empêcher les gens de réfléchir aux problèmes, aux conflits entre des intérêts qui s'affrontent. C’est quoi, un « populiste » ? Quelqu'un qui flatte le peuple, en lui faisant des promesses qu'il ne peut tenir. Selon moi, cette définition vaut pour Sarkozy et les autres dirigeants européens : ils font des promesses en sachant qu’ils ne les tiendront pas.

Et Chavez aurait tenu ses promesses ?
    Michel Collon.
Lorsqu’il arrive au pouvoir en 1999, deux Vénézuéliens sur trois n'avaient jamais vu un médecin de leur vie. Depuis, « Chavez le populiste » a mis en place avec l'aide de médecins cubains des maisons médicales, non seulement dans les quartiers pauvres de Caracas, mais aussi dans les campagnes et les régions les plus reculées des Andes ou de l’Amazonie. Il a aussi alphabétisé, en moins de deux ans, un million et demi de personnes. Le budget de l’éducation est passé de 3% à 9%. On a réussi à remettre aux études des gens qui avaient dû les interrompre à cause de la pauvreté. Aucun de ses prédécesseurs n'avait fait ça. A mon avis, beaucoup de peuples dans le monde aimeraient avoir de tels dirigeants populistes.
    Avant, l’argent du pétrole servait à enrichir les multinationales. Aujourd’hui, il sert à éliminer la pauvreté. Pour les riches, Chavez est donc le diable, couvert de péchés. Pour les pauvres, il incarne l’espoir.

Mais certains lui reprochent d'être trop lent, trop conciliant, de ne pas s'attaquer à la propriété capitaliste...
    Michel Collon.
Méfions-nous des « Y a qu'à ». Pour eux, tout est facile. Y a qu'à faire ceci, y a qu'à faire cela. Chavez n'a qu'à exproprier tous les capitalistes et créer un État ouvrier, exporter la révolution dans toute l’Amérique latine, et bla bla bla. Mais le Venezuela ne compte presque pas d'ouvriers, sur quelle base reposerait un « État ouvrier » ?
Non, le problème clé, celui qui bloque le développement de pays comme le Venezuela, c'est la dépendance envers les multinationales. Celles-ci déversent leurs produits subventionnés, contrôlent les politiciens et l’armée, pillent les matières premières et toutes les richesses, maintiennent les salaires au plancher et tout ça bloque le développement du tiers monde. Or, beaucoup de classes et couches sociales du tiers monde ont intérêt à ce que leur pays se libère de l’emprise des multinationales US ou européennes, et pas seulement, les classes travailleuses. Il y a donc intérêt à s’allier avec elles ou à les ménager.
Réussir cette première étape n'est pas évident. Contrairement à ces « révolutionnaires en chambre », Chavez a la responsabilité de remplir les assiettes des gens. Eliminer une forme d'économie - où il y a effectivement une exploitation capitaliste, c’est vrai - quand on n'a encore rien pour la remplacer, c’est laisser les gens crever de faim et évidemment se détourner de la révolution. Une révolution ne peut avancer ni trop vite, ni trop lentement. Il faut, au stade actuel, cibler les multinationales et ménager les autres. On ne fait pas une révolution en partant des souhaits des révolutionnaires mais en tenant compte de la situation objective, du rapport des forces et des possibilités des gens.

Votre livre aborde en fait tout le rapport Nord-Sud à l'échelle du continent américain. Vous parlez du Nord comme de « l'aspirateur des richesses ». Que voulez-vous dire ?
    Michel Collon.
Nous, gens du Nord (Europe et Etats-Unis), devons absolument prendre conscience du mécanisme qui explique cet écart entre le Nord riche et le Sud pauvre (même si, tout le monde n'est pas riche au Nord où les écarts s'aggravent aussi). La question est : sur le dos de qui les riches du Nord ont-ils construit leurs fortunes ? Je le rappelle dans le livre, sur base de quelques études historiques : l'Europe est devenue riche en pillant l’or et l’argent de l’Amérique latine, en massacrant les Indiens et en arrachant à l’Afrique dix millions de Noirs, transformés en esclaves et en chair à profits.



arton1139Mais le colonialisme a pris fin, non ?
    Michel Collon.
En réalité, non. Aujourd'hui, les mêmes mécanismes d'aspiration des richesses restent à l'œuvre, mais de manière beaucoup plus subtile et voilée, comme je l’explique dans le chapitre intitulé « les sept fléaux de l'Amérique latine ».
Premièrement, le pillage des matières premières. Pétrole et gaz bien sûr, mais aussi eau et biodiversité, enjeux stratégiques du 21ème siècle. Deuxièmement, le pillage de la main d'œuvre dans des usines de sous-traitance. Véritables bagnes où les syndicats sont interdits. Troisièmement, l’assassinat de l’agriculture. Les multinationales d’agrobusiness du Nord déversent leurs produits subventionnés en Amérique latine et en Afrique, ruinent les paysans locaux, les obligeant à quitter la terre et à s'amasser autour des villes.
Le quatrième fléau, c’est l’élite dirigeante des pays du Sud. Une bourgeoisie locale vendue aux intérêts étrangers et travaillant pour le compte des multinationales. Cinquième fléau : la dette. Les banques du Nord et la Banque Mondiale contrôlée par les pays riches maintiennent le chantage d’une dette déjà largement remboursée en fait. Sixième fléau : en vingt ans, les États-Unis et l'Europe ont obligé à privatiser un millier d'entreprises publiques en Amérique latine, transférant ainsi la richesse et le pouvoir économique vers le Nord. Septième fléau : le vol des cerveaux. Scientifiques, techniciens qualifiés et médecins. Le Sud dépense pour les former, mais le Nord les détourne. Voilà, l’ensemble de ces sept fléaux montre que le colonialisme et le pillage n’ont pas disparu.

Chavez réalise des choses impressionnantes. D’autres ne le font pas. Pourquoi ?
    Michel Collon.
80 années de richesse pétrolière du Venezuela ont produit un écart énorme entre riches et pauvres. Ce que Chavez a fait, c’est changer la règle du jeu. Il a récupéré l’argent du pétrole en faisant payer – enfin - les multinationales et en reprenant le contrôle de la société publique qui gérait le pétrole. Les bénéfices sont enfin versés dans le budget de l’État, permettant de s'attaquer sérieusement au problème de la pauvreté. Quand on voit la misère qui règne en Afrique et au Moyen-Orient, à côté de fortunes colossales, on se dit qu’il faudrait y exporter Chavez. Ou plutôt s’en inspirer.

D’où la colère des États-Unis ?
    Michel Collon.
Comme disait Chomsky, « peu importe où le pétrole est situé dans le monde, les États-Unis considèrent que la géographie se trompe et qu'il est situé aux États-Unis ». Chavez a refusé cette logique.

Quelles menaces font peser les Etats-Unis sur le Venezuela ?
    Michel Collon.
Trois. 1. Le financement par la CIA, à coups de centaines de millions de dollars, d’une opposition putschiste, doublée de campagnes de désinformation qu’on retrouve dans nos médias. 2. La construction de sept nouvelles bases militaires US en territoire colombien. Comme par hasard, les bases US sont toujours juste à côté des ressources naturelles stratégiques, et pour encercler les pays rebelles : Venezuela, Bolivie, Équateur, voire Brésil. 3. Washington a réactivé la 4ème flotte qui « surveille » l’Amérique latine. Utilisée contre l’Allemagne en 40-45, supprimée lorsque le continent a été jugé « sous contrôle », et aujourd’hui réactivée en plaçant à sa tête un amiral qui a fait sa carrière dans les « Forces Spéciales » (spécialisées dans les débarquements et coups d’Etat).

Votre livre analyse aussi les erreurs et les faiblesses de Chavez. Quelles sont-elles ?
    Michel Collon. Le Venezuela n'est ni l'enfer décrit par nos médias, ni le paradis. Les problèmes restent énormes. Surtout la bureaucratie. Celle héritée de l'ancien régime et qui sabote à qui mieux mieux. Mais aussi les nouveaux arrivistes. Et une corruption, qui n'est évidemment pas propre au Venezuela, mais si Chavez ne parvient pas à résoudre ce problème, la révolution perdra la confiance des gens et échouera, c'est clair. Un proche de Chavez m'a confié que 60 % des réformes décidées par lui ne sont pas appliquées. Ca donne la mesure du drame de la bureaucratie et de la corruption.

Le Venezuela, c’est loin. En quoi votre livre peut-il intéresser le lecteur belge ?
    Michel Collon.
En Europe, les victoires sont rares ces temps-ci. On rencontre beaucoup de pessimisme, de fatalisme. Par contre, l’Amérique latine nous apporte un message d'espoir. Chavez, Evo Morales et tous ces Latinos affrontent en fait les mêmes problèmes que nous : pauvreté, néolibéralisme, destruction des acquis sociaux et des services publics, pillage du travail et des ressources... Et ils arrivent à renverser la vapeur ! Non seulement ils résistent, mais ils obtiennent même des victoires, des avancées sociales pour la population.

Le Venezuela nous montre qu'un autre monde est possible ?
    Michel Collon.
On dira évidemment que la Belgique ou la France n'ont pas de pétrole, mais l'essentiel n'est pas là. Au fond, il y a plus important que le pétrole. Le « péché » le plus important de Chavez, c’est d'avoir rendu sa place au peuple. De lui avoir donné conscience qu'il est possible de prendre son destin en main. Et ça nous concerne aussi, car nous aussi on a cet écart riches-pauvres, ce pillage des fruits du travail.
Chavez et les Vénézuéliens nous montrent que d'un côté, il y a l’argent, et de l'autre côté, il y a les gens. Le plus important, ce sont les gens : ils sont l'immense majorité, ayant au fond les mêmes intérêts. Incompatibles avec ceux des multinationales.

Commander le livre sur le site de Michel Collon.


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15-01-2010, 07:45:06 Socialisme-Solidarité
capitalisme   Chavez   impérialisme   livre   pétrole   socialisme   société   USA   Vénézuela  
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13-01-2010 Médiamensonges
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Fabriquer le consentement

(Extrait partiel d'un article posté sur "voltairenet.org")

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Les gens éprouvent une forte répugnance à accepter l’idée que les événements politiques, aujourd’hui, sont délibérément manipulés. Cette répugnance est elle-même un produit de l’idéologie de l’ère de l’information qui flatte la vanité des gens et les incite à croire qu’ils ont accès à une somme considérable d’informations. En fait, l’apparente diversité de l’information médiatique moderne cache une extrême pauvreté de sources originales, de même qu’une rue entière de restaurants sur un rivage grec peut cacher la réalité d’une seule cuisine à l’arrière. Les informations sur les événements importants proviennent souvent d’une source unique, souvent une agence de presse et même des diffuseurs d’informations comme la BBC se contentent de recycler les informations reçues de ces agences tout en les présentant comme étant les leurs. Les correspondants de la BBC sont souvent dans leurs chambres d’hôtel lorsqu’ils envoient leurs dépêches, lisant souvent pour le studio de Londres l’information que leur ont transmise leur collègues en Angleterre, qui les ont à leur tour reçues des agences de presse. Un second facteur expliquant la répugnance à croire à la manipulation des médias est lié au sentiment d’omniscience que notre époque de mass média aime flatter : critiquer les informations de la presse, c’est dire aux gens qu’ils sont crédules et ce message n’est pas agréable à recevoir.

La manipulation médiatique a plusieurs aspects. L’un des plus importants est l’iconographie politique. C’est un instrument très important utilisé pour défendre la légitimité des régimes qui ont pris le pouvoir par la révolution. Il suffit de penser à des événements emblématiques comme la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, l’assaut du Palais d’Hiver pendant la révolution d’octobre 1917 ou la marche de Mussolini sur Rome en 1922 pour se rendre compte que certains événements peuvent être élevés au rang de sources presque éternelles de légitimité.

Cependant, l’importance de l’imagerie politique va bien au-delà de l’invention d’un emblème pour chaque révolution. Elle implique un contrôle beaucoup plus rigoureux des médias et généralement ce contrôle doit être exercé sur une longue période, pas seulement au moment du changement de régime. Il est vraiment essentiel que la ligne du parti soit répétée ad nauseam. Un aspect de la culture médiatique d’aujourd’hui que de nombreux dissidents dénoncent à la légère est que les opinions dissidentes peuvent être exprimées et publiées, mais c’est précisément parce que, n’étant que des gouttes d’eau dans l’océan, elles ne représentent jamais une menace pour la marée propagandiste.

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13-01-2010, 16:30:58 Socialisme-Solidarité
manipulation   médiamensonges   médias   orientation   presse  
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12-01-2010 Société
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Les outils de l’impérialisme

COMAGUER (Extrait de "Legrandsoir.info")

Qu’importe le chômage, la malnutrition, la dégradation des infrastructures publiques (routes, ponts, chemins de fer) à l’abandon sur le sol des Etats-Unis eux-mêmes, l’armée impériale continue à s’équiper pour agresser, envahir, mater les révolutions et les vraies indépendances (pas celle des pantins impérialistes à Kaboul, Bagdad, Manille, Pristina, Tegucigalpa, Bogota, Panama… (liste non exhaustive)

Le nouvel outil est un navire de guerre permettant de forts coups de poing locaux. Il s’agit du LCS, en anglais « landing combat ship ».

Ce navire navigue à plus de 40 nœuds, est porteur d’hélicoptères, de drones, d’engins de débarquement et de commandos. Il est la plus exacte représentation contemporaine du BIG STICK (gros bâton) de la doctrine Monroe. Il est conçu pour intervenir dans les guerres dites asymétriques, c’est à dire dans tous les conflits contemporains où une menace anonyme, mal identifiée (terrorisme, piraterie..) ou faussement identifiée (« false flag operations ») contre les intérêts des Etats-Unis et de leurs multinationales est détectée

L’US NAVY qui a déjà acquis 4 LCS pendant l’ère BUSH, doit choisir entre deux modèles : le premier serait construit par General Dynamics (images1 et 1 bis)

Lire la suite...

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LCS_2-3212d


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12-01-2010, 13:00:28 Socialisme-Solidarité
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10-01-2010 Economie-politique
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Les 7 péchés d’Hugo Chavez (Introduction)

(Extait du site "Investig'action")

7-peche-capitauxPourquoi les Etats-Unis s’opposent-ils à Chavez ? Pour le pétrole, on s’en doute. C’est tout ?

Les guerres du pétrole, ils sont habitués à les gagner. Mais au Venezuela, on leur tient tête. Ici, on dit qu’il est possible d’employer l’argent du pétrole de façon intelligente et utile. Pas comme à Dubaï où on construit des hôtels à vingt mille euros la nuit au milieu d’un monde arabe sous-développé. Pas comme au Nigeria où la faim tue alors que ce pays est un des plus gros exportateurs mondiaux.

Au Venezuela, un homme affirme qu’il est possible de résister aux multinationales et de vaincre la pauvreté. On l’accuse de tous les péchés : ‘populiste’, ‘dictateur’, ‘antisémite’... Mais que se passe-t-il sur le terrain ? Quels sont ses véritables péchés ?

 Le pétrole est un enjeu majeur du monde actuel et nous lèverons le voile sur les agissements secrets d’Exxon, Shell ou Total. Mais la question va plus loin que le pétrole… Quel type d’économie peut vaincre la pauvreté ? Une véritable démocratie est-elle possible ? Ces enjeux concernent toute l’Amérique latine, mais aussi le Moyen-Orient, l’Afrique et même l’Europe…

Que vaut notre info ? L’Amérique latine dans les médias, c’est très simple. Il y a le carnaval à Rio, le tango à Buenos-Aires et la drogue en Colombie. Ah oui, il y a aussi ‘Chavez le populiste’. Au lieu de cette image stéréotypée, ne pourrait-on nous montrer la vraie vie des Latinos ? Presqu’un sur deux vit sous le seuil de pauvreté. Pourquoi ? Par contre, sept ou huit sont devenus multimilliardaires en quelques années. Comment ?

44% de pauvres en Amérique latine. Cessez de voir ça comme une statistique. Pourrez-vous ce soir donner quelque chose à manger à votre enfant ? Pourrez-vous lui payer l’école ? Et, s’il tombe malade, verra-t-il un médecin ? Lorsque vous vivez avec un ou deux dollars par jour, vous êtes forcé de choisir entre ces besoins vitaux. Cette angoisse est le quotidien d’une personne sur deux dans ce grand continent. Au Moyen-Orient, c’est pareil. En Afrique, c’est pire.

L’expérience du Venezuela représente-t-elle une alternative valable ? Si oui, ça nous concerne tous. Il est important de s’en informer et d’en juger de façon indépendante. Les médiamensonges ne concernent peut-être pas que l’Irak.

Face au fossé riches-pauvres, le droit à l’alternative existe-t-il ? Depuis vingt ans, je mène des investigations sur les stratégies de guerre et de domination des USA. Depuis vingt ans, j’écoute leurs victimes. Je ne peux oublier ce que m’ont dit Nasra l’Irakienne, Tomislav le Yougoslave, Mohamed le Palestinien et tant d’autres. Au fond, leurs souffrances et leurs colères sont pareilles, c’est toujours la même guerre.

Je ne peux oublier non plus leur espoir qu’il existe une issue vers un monde meilleur. C’est en pensant à eux tous que je suis allé au Venezuela : l’alternative est-elle possible ? Ecouter Chavez, écouter les gens d’en bas, écouter l’opposition de droite. Et témoigner.

Les 7 péchés d’Hugo Chavez (Table des matières)

Premier péché : il leur apprend à lire

Chapitre 1. Ce merveilleux sourire sur la figure de Carmen…

Deuxième péché : chacun a droit à la santé

Chapitre 2. Avant Chavez, deux Vénézuéliens sur trois n’avaient jamais vu un médecin

Troisième péché : chacun peut manger à sa faim

Chapitre 3. La pauvreté n’est pas une fatalité

Comprendre l’Amérique latine

Chapitre 4. Comment sont-ils devenus si pauvres ?

Chapitre 5. L’aspirateur des richesses

Chapitre 6. Un pays dévalisé en une nuit, est-ce possible ?

Chapitre 7. Les 7 fléaux de l’Amérique Latine

La bataille pour l’or noir

Chapitre 8. L’Histoire sanglante du pétrole

Chapitre 9. La bataille du pétrole au Venezuela

Chapitre 10. Les multinationales pétrolières sont-elles compatibles avec l’avenir de l’humanité ?

Quatrième péché : il change les règles entre les riches et les pauvres

Chapitre 11. Le Venezuela pourra-t-il créer une nouvelle économie ?

Chapitre 12. La Solution Chavez fonctionne-t-elle ?

Chapitre 13. Chavez trop lent et trop conciliant ?

Cinquième péché : la démocratie, c’est plus qu’un bulletin de vote

Chapitre 14. Bureaucratie et corruption : la démocratie participative est-elle la solution ?

Chapitre 15. Chavez est-il un populiste ? Les faiblesses du chavisme.

Chapitre 16. Une armée qui fait la révolution ?

Sixième péché : il ne se soumet pas au pouvoir des médias

Chapitre 17. D’où provient et que vaut notre info sur Chavez ?

Chapitre 18. Le Monde est petit

Chapitre 19. Est-il possible de réaliser une révolution sociale sans et contre les médias ?

Septième péché : l’homme qui tient tête aux Etats-Unis

Chapitre 20. Unir l’Amérique Latine et les résistances internationales

Conclusion : Chavez et nous, le droit à l’alternative


Pour commander cet ouvrage, cliquez ici.


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10-01-2010, 16:15:17 Socialisme-Solidarité
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