21/11/2010

Rompons le blocus de l’information !

Rompons le blocus de l’information !

Posted 14 novembre 2010 by cubanismo

Dr. med. Martin Herrmann*

 

medicoscubanos1.jpgDe profonds changements économiques sont en cours à Cuba, y compris dans le secteur de la santé. Le gouvernement a appelé à une utilisation parcimonieuse des ressources dans les hôpitaux.

 

Immédiatement, de nombreux médias occidentaux ont prétendu que l'éducation et la santé allaient connaitre un processus de privatisation. Ils reproduisaient un article publié par le quotidien argentin de droite «Clarín », déformant une déclaration de la ministre cubaine des affaires sociales.

 

Pour Cuba, l'éducation et la santé restent prioritaires et publiques, le gouvernement est convaincu de leur importance et maintient ces acquis de la révolution par tous les moyens. C’est un exemple de la guerre de désinformation que livrent les États-Unis à Cuba, en complément à l'agression économique qu'ils pratiquent sans succès depuis plus de 50 ans.

 

Les médias européens n’évoquent pas les effets sournois et concrets du blocus. C'est particulièrement le cas pour les mesures les plus absurdes: un internaute cubain ne peut accéder à de nombreux sites. Non pas, parce que le gouvernement cubain l'interdirait, comme le prétendait il y a quelques jours Tomás Bilbao, ancien haut fonctionnaire du régime de G.W. Bush, à propos de Twitter. Mais bien parce que, comme l'a du admettre ce réseau (1), ces sites interdisent l'accès à des requêtes provenant d'une adresse à Cuba.

 

La littérature médicale, dont une grande partie est éditée aux États-Unis ou par des éditeurs y ayant de gros intérêts commerciaux, est quasiment inaccessible. Quant aux sites internet correspondants, beaucoup refusent la connexion depuis Cuba. A croire que la lecture d'articles médicaux par des médecins cubains affecterait les intérêts et la sécurité des États-Unis... La désinformation est systématique et traverse également les médias européens comme un rouleau compresseur. C'est aussi cela, la guerre des États-Unis contre son petit voisin.

 

Un exemple illustratif concerne Haïti: au moment du tremblement de terre, plus de 400 médecins cubains étaient sur place et ont pu apporter une aide immédiate. A ce jour, plus de 1500 cubains ont soigné plus de 227 000 victimes. Pour comparaison: les EU ont dépêché 10 000 militaires et 500 professionnels médicaux qui se sont occupé d'environ 800 blessés! Pourtant, l’aide de Cuba n’est pas mentionnée dans la presse!

 

Les échanges scientifiques représentent un besoin essentiel pour les médecins de toute spécialité. Nous sommes très engagés dans ce domaine: des spécialistes cubains sont invités pour des formations complémentaires en Europe. En octobre, deux pédiatres se sont rendus à Cuba pour partager leur expérience avec les pédiatres de La Havane. Divers chirurgiens se rendent régulièrement en province : leur objectif est d’enseigner des techniques d’intervention plus efficientes et moins invasives; il s'agit d'un moyen d'optimiser les ressources hospitalières. Et de rompre, en même temps, le siège médiatique. Nous poursuivrons notre soutien au système de santé cubain, plus que jamais!

 

* l’ auteur est co-président de MediCuba-Suisse - www.medicuba.ch

 

(1) http://www.rebelion.org/noticia.php?id=114489

31/10/2010

Stratégie de Lisbonne : attention, chute d’emplois !

(Extrait du site de Mochel Collon "INVESTIG'ACTION")
Henri Houben
28 octobre 2010

carhaixjpg-ccca0-9726a.jpgAprès Europe 2010, il y aura l’Europe 2020. C’est la preuve que la Commission sait compter. En revanche, tirer un bilan objectif lui semble une tâche autrement plus ardue. En effet, l’Europe 2020 a pour caractéristique de remplacer la stratégie ou le processus de Lisbonne qui affecte toute la politique socio-économique dans l’Union, à l’insu du grand public. Cette dernière a fixé les cibles d’un taux d’emploi de 70% et d’une part de R&D de 3% du PIB pour 2010. Sans y parvenir. Et que propose Europe 2020 ? La même chose. On ne change pas une politique qui échoue, telle est la devise de la Commission.

 

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14/10/2010

The Belgian Touch

Do you want to know more about Belgium? (subtitled NL/FR) from Jerome de Gerlache on Vimeo.

17:11 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgium, wallonnie, flandres, embrouille, cafouillage |  Facebook |

18/09/2010

A ne pas manquer! "MANIFIESTA"

Dorénavant, la solidarité a sa fête en Belgique, il s'agit de "MANIFIESTA".

En ces temps de séparatisme, de régionalisme, d'individualisme, il est bon de montrer que la solidarité a encore une place prépondérante dans notre société. Elle est même indispensable à la vie sociale de toutes et tous.

Téléchargez le tract PDF en cliquant sur l'image ci-dessous, et visitez le site prévu à cette occasion, pour tout renseignement et billets en prévente sur:


http://manifiesta.be/fr

 

Tract Manifiesta001.JPG

12:48 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Actualité, Société, Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fête, solidarité, bredenne, manifiesta |  Facebook |

05/09/2010

L’heure des faucons

L’heure des faucons
Selim K. (Extrait de "INVESTIG'ACTION")

iran_guerrej726d-60398.jpgLe parallèle est trop évident pour ne pas sauter aux yeux. La reprise économique américaine donne des signes inquiétants d’essoufflement. Dans le même temps, l’amiral Mc Mullen, chef des armées des Etats-Unis, informe benoîtement que ses stratèges ont conçu des plans de bataille contre l’Iran. Les Etats-Unis annoncent également qu’un réseau intégré de défense antimissile en Europe, en Israël et dans le Golfe, destiné à protéger ces régions de représailles iraniennes, est en voie d’achèvement.

L’activation d’un tel bouclier antimissile et d’un système de radars entourant l’Iran signifie clairement l’accélération des préparatifs d’une frappe contre le pays des ayatollahs. Le pari est immensément risqué, car nul ne peut prédire la magnitude des répliques iraniennes ni les répercussions de l’explosion d’un conflit dans une région très fragile.

L’agressivité américaine, nullement refroidie par les récents revers en Irak et en Afghanistan, est bien en quête d’un nouvel exutoire. Apparemment, les partisans d’une approche prudente cèdent le pas devant l’offensive des néoconservateurs pour qui l’Iran est une menace vitale pour Israël et les Etats-Unis. Les sous-impérialismes européens, qui n’acceptent pas la modification en cours des rapports internationaux, sont entraînés dans l’escalade belliciste. Autant que la perte de leur hégémonie conjointe, c’est la défense de la « démocratie » coloniale israélienne qui est au premier plan des préoccupations des architectes de la guerre. Pour ces milieux, un conflit de nature « civilisationnelle » pourrait escamoter des politiques publiques de plus en plus injustes et des difficultés économiques auxquelles ils ne peuvent faire face par des moyens conventionnels. La mort et la destruction sont donc tranquillement présentées par des individus très rationnels comme le moyen d’exporter la démocratie et d’asseoir la paix du monde.

Quelle différence avec des extrémistes fanatisés ? A lire les déclarations des partisans de la guerre, seule l’ampleur de leurs moyens les différencie des terroristes qu’ils prétendent combattre. Ces derniers, isolés au sein même de leurs sociétés, ne disposent pas en effet des instruments de propagande ni des capacités militaires et de manipulation de l’opinion de Washington. Les dirigeants américains, fidèles à leur tradition, n’ont jamais renié la politique de la canonnière - aujourd’hui remplacée par le porte-avions - des premiers temps de l’expansion impériale. Avec un argumentaire à peine actualisé. Mais la situation politique globale qui prévalait au dix-neuvième siècle a bel et bien changé, même si la puissance de destruction américaine a considérablement augmenté.

Le cours des événements actuels montre que la nature des orientations américaines n’évolue pas, quelle que soit la couleur politique du président et la tonalité du discours officiel. Le système politique américain, strictement verrouillé, est fondamentalement soumis à des intérêts très minoritaires. Les espoirs placés dans l’élection de Barack Obama ont rapidement laissé place au désenchantement. Le credo du changement invoqué sur tous les registres n’est au final que pur artifice. Le président, comme ses prédécesseurs, est aux ordres de ceux qui l’ont installé à la Maison-Blanche et qui encadrent strictement ses politiques.

Osera-t-il s’opposer aux faucons de mauvais augure qui l’entourent ? Il est permis d’en douter.

28/08/2010

Le capital et la dislocation. Le réformisme de la crise à la mondialisation

Le capital et la dislocation. Le réformisme de la crise à la mondialisation (Source: "Econosphères.be")

Publié à l’origine dans l’ouvrage « Les socialistes et le pouvoir » en 1998, cet article porte sur le rôle économique dévolu à l’État dans la mondialisation et le poids grandissant du paradigme néolibéral dans l’élaboration des politiques économiques.

Gabriel Maissin
Article mis en ligne le 18 août 2010

 Réformisme et politique économique face à la mondialisation

Il fut un temps où l’on trouvait au sein de la gauche, y compris la plus réformiste, une critique du capitalisme dans son fondement économique. Ses structures et son fonctionnement devaient être mis au pas, pour permettre l’émergence d’une organisation sociale alternative. Non seulement plus juste socialement, mais économiquement plus favorable au développement. Du “planisme” d’un De Man, à “l’Alternative progressiste” (1977) de la FGTB en passant par la célèbre brochure du syndicaliste wallon André Renard, “Le socialisme par l’action” (1958) [1], on retrouve sans peine cette tradition au sein du mouvement ouvrier belge. Le programme de l’Union de la gauche française, à la veille de la victoire de Mitterrand, fournit sans doute le dernier prototype de ce réformisme anticapitaliste. Un anticapitalisme qui ne remet pas en cause l’existence même d’un secteur d’économie privée, mais dont le programme de “réformes de structures” constitue tout au moins un axe de contestation de son hégémonie. Nationalisations ou socialisations de secteurs stratégiques, planification de l’économie, contrôle ouvrier, ... avaient droit de cité.

Aujourd’hui, la simple évocation de telles interventions sur les structures économiques apparaît d’une incongruité totale. La tendance dominante au sein du réformisme n’est plus à la transformation économique, même si l’on veut éviter la “sauvagerie” du marché, dénoncer la “folie” du règne de l’économie financière ou encore prévenir les dangers de la compétitivité “poussée à outrance”. Face à ce qu’il est convenu d’appeler depuis peu “les contraintes économiques”, le réformisme semble évanescent. En matière économique, le réformisme a t-il encore quelque chose à dire ?

Certes, la politique du gouvernement Jospin, n’est pas celle de Thatcher. Mais, celle de Tony Blair pourrait bien en être un prolongement, intelligent et moderne. Et existe-t-il une différence de nature entre les privatisations de Belgacom, de British Telecom, de France Telecom, ou de Telecom Italia ?

Au-delà de toutes les distinctions possibles, tout se passe comme si après avoir tenté de modifier le régime économique, puis de l’amender substantiellement, puis encore de le contrôler, le réformisme en est venu à l’accepter dans son essence même, à le faire sien. La voie des réformes graduelles s’est enlisée, pire, elle n’a pas résisté à ce qu’il est convenu d’appeler la crise de l’État-providence, et elle s’est éteinte. L’écroulement des “économies de commandement” [2] des pays de l’Est a accentué cette évolution en accréditant l’idée d’un seul modèle possible : l’économie de marché.

Mais ne nous laissons pas subjuguer. Cette vision du capitalisme triomphant doit être prise pour ce qu’elle est : le discours des vainqueurs. Il présente l’état actuel comme inéluctablement inscrit dans le cours de l’histoire. Il néglige l’essentiel ; l’histoire est en dernière instance le produit de l’action et des choix des groupes sociaux. Que ces choix se réalisent dans un environnement social portant les traces, les conditionnements et les contraintes du passé, c’est évident ! Mais, cela n’infirme en rien l’existence de ces choix.

C’est ce que prétendait, à sa manière, un certain réformisme anticapitaliste en défendant la possibilité d’un changement, fût-ce d’une manière graduelle. Toute conquête, même la plus partielle, faisait partie de ce chemin vers le progrès social. [3] Aujourd’hui, cette notion de progrès social a fait place à celle d’adaptation de nos sociétés aux “bouleversements” en cours, au tout premier rang desquels ceux de l’économie. La prise en compte, puis l’adaptation à “la contrainte économique” semblent être, non seulement une preuve de réalisme, mais aussi la base même de tout programme réformiste.

Or, l’économique, pas plus qu’une autre instance, ne constitue une espèce de champ clos, au sein duquel nous serions obligés de nous débattre sans pouvoir en sortir. Il est lui-même un produit de stratégies, de coalitions d’acteurs, d’offensives et de renoncements. C’est ce qu’essaie de montrer ce texte en examinant successivement :
• comment les politiques d’austérité, réponses au déclenchement de la crise des années 1974-75, ont mis en cause non seulement les compromis économiques et sociaux de l’État-providence [4], mais aussi ont ouvert la voie à de nouvelles politiques économiques néolibérales avec pour leitmotiv “moins d’État”.
• comment, sur base de cette nouvelle régulation néolibérale, se dessine une nouvelle conjonction des politiques économiques nationales avec le capitalisme en voie de mondialisation.

 Le rôle économique de l’État à l’épreuve du néolibéralisme

En 1981, lorsque Pierre Ronsavollon commence son célèbre essai [5] par ces mots : “L’État-providence est malade de la crise”, il sanctionne en fait la fin d’une période et l’installation définitive dans l’ère néolibérale. Car l’Etat-providence ne se remettra pas de cette maladie. L’abandon des anciens paradigmes de l’interventionnisme étatique et de l’économie mixte ne s’est pas réalisé, brusquement avec l’arrivée de Reagan ou de Thatcher. Le tournant a été étalé sur plusieurs années, laissant croire à certains que l’on pourrait encore sauver le patient.

Le tournant a été pragmatique, plutôt que le résultat d’une nouvelle vision théorique émergeant soudain à la moitié des années 70 et reprise systématiquement par les gouvernements et leurs conseillers. En Europe, il faudra une petite dizaine d’années (1975 -1985) pour voir l’option néolibérale prédominer dans les politiques économiques. Cette prédominance, faut-il le souligner, n’est pas directement reliée à la coloration politique des gouvernements en place.

Les modalités politiques diverses d’un même paradigme économique

Parfois, ces politiques sont qualifiées de néolibérales comme dans les cas emblématiques de la Grande-Bretagne de Thatcher ou des USA de Reagan. Pourtant de manière générale, si on reconnaît que des modifications substantielles sont intervenues dans les politiques économiques, rarement l’unanimité se fait pour leur donner le qualificatif de néolibérales. D’autres termes fleurissent pour tenter de les qualifier : modernisation de l’économie, adaptation aux conditions d’une économie mondialisée, dérégulation, flexibilisation, réhabilitation du marché, rigueur de la gestion, etc. ... Or, malgré toutes les précautions oratoires, il paraît justifié de parler d’un « tournant néolibéral » de la politique économique, y compris pour la Belgique.

Certes, l’approche de ce tournant est rendue plus opaque par la diversité des modalités de sa mise en œuvre. En nous limitant à quelques exemples, on peut dire que « le choix entre la réforme globale et l’encerclement progressif dépend de la position des promoteurs de ces nouveaux programmes dans le système politique » [6]. Il faut y ajouter les rapports de force sociaux qui structurent ce système politique et la situation économico-sociale au moment où ces choix doivent être posés.

Dans le cas de la Grande-Bretagne, l’impulsion novatrice résidait dans l’équipe dirigeante du gouvernement qui, ayant puisé son expertise dans les institutions privées (les fameux « think tanks » néoconservateurs) a pu l’imposer à des partenaires institutionnalisés et à une bureaucratie fort réticente. C’est un schéma de « réforme globale » : une argumentation forte de la doctrine économique accompagne le discours politique et l’action du gouvernement.

Pourtant, même une offensive aussi globale, comporte des contraintes très particulières et des contradictions internes. La mise à mal du Welfare State n’a pas été aussi loin qu’on pourrait l’imaginer. Les protections en matière de santé et de vieillesse ont beaucoup moins été touchées que celles en matière de chômage. Le système de privatisation destiné à développer un « actionnariat populaire » a surtout débouché sur la constitution de monopoles privés, tant décriés par les néolibéraux. [7]

Ailleurs, l’impulsion la plus significative vers le néolibéralisme est venue plutôt des experts qui alimentent en solutions et en recettes nouvelles les réseaux de la politique monétaire et économique. Son impact ne se mesure pas par la capacité à faire vivre un grand dessein politique face à l’ensemble des acteurs, mais plutôt dans l’imposition d’un ensemble de contraintes qui modifient les termes de la décision politique et ses modalités de mise en œuvre. C’est un processus d’encerclement par un néolibéralisme gestionnaire plutôt que doctrinal.

Dans le cas de la France, cet encerclement ne visait pas seulement la gauche au pouvoir au temps de la rigueur. Il a concerné tout autant les élites administratives et économiques formées dans le cadre de la planification à la française et convaincues de la “grandeur de l’action de l’État républicain” y compris en économie. La Belgique se situe plutôt dans le second scénario : celui de l’encerclement par la contrainte, malgré une plus grande faiblesse, comparée à la France, de nos élites publiques. On ne pouvait en demander moins au pays de la vertu pragmatique.

Enfin, il ne faut pas perdre de vue que les compromis, noués durant les « trente glorieuses”, sont des compromis fortement institutionnalisés. Plusieurs acteurs peuvent en réclamer simultanément la paternité, mais tout abandon brutal peut comporter un coût social (et électoral) élevé. C’est ce qui explique une progression néolibérale comme un ensemble de savoir-faire pragmatiques, se refusant à prendre de force certaines citadelles, mais les vidant peu à peu de toute influence en impulsant une autre logique aux politiques économiques mises en œuvre. Dans une telle démarche pragmatique, bien connue des gouvernements belges, il n’est donc pas nécessaire de changer brusquement de référentiel. On peut rester »le pays avec la meilleure sécurité sociale du monde", ce qui n’est, après tout, qu’un jugement relatif, pas absolu.

Cette distinction brève entre deux types de mise en œuvre de l’offensive néolibérale, permet de comprendre les variations possibles dans les formes politiques, tout en constatant une homogénéisation progressive, ses quinze dernières années, autour d’un même paradigme économique. [8] La distinction faite par Michel Albert, entre capitalisme rhénan et capitalisme anglo-saxon, va progressivement perdre de sa pertinence, au moins sur un point central : le rôle économique dévolu à l’État.

La crise que personne ne voulait voir

L’élément déclenchant de ces nouvelles politiques économiques est la crise économique de 1974-75. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, l’ensemble des grandes économies capitalistes furent frappées par une récession généralisée et profonde. [9] Ce n’est pas tellement l’ampleur de la crise qui nous intéresse ici, que la faiblesse des perceptions de cette crise. [10] Non seulement, le retournement n’a été prévu que par peu d’économistes mais même une fois la crise installée l’explication de ses causes et mécanismes a été fort disparate [11]. Que l’on songe à la place démesurée prise par l’explication par “le choc pétrolier”. Il y aura incontestablement un certain désarroi - théorique et stratégique - et un temps de réaction très variable de la part des différents gouvernements.

Pour mesurer l’ampleur du retournement sur cette question, il est sans doute utile de se rappeler les opinions majoritaires et la doctrine officielle des années septante. On sait que l’arsenal économique standard de la période 1950-70 faisait largement référence aux capacités de l’État de maîtriser le cycle économique et les fluctuations monétaires.

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08/08/2010

Marx et le travail : sa réception dans l’univers syndical et la question écologique.

Marx et le travail : sa réception dans l’univers syndical et la question écologique.

Christian DELARUE

La question écologique se rapporte ici à "notre capacité à satisfaire nos besoins présents sans compromettre ceux des générations futures" et donc à contrôler au travail mais aussi hors du travail, comme citoyen, notre production au lieu de la laisser dériver de façon productiviste (1), soit produire pour produire, produire pour le marché et le profit.

L’univers syndical lecteur de Marx ne se résume pas à la CGT ou à la FSU ou à SUD-Solidaires ou à la CFDT d’avant son aggiornamento. Cette lecture peut aussi se combiner avec d’autres auteurs et se faire légère, peu perceptible, d’autant que les textes syndicaux ne citent que rarement les auteurs, sauf dans les stages de formation. On ne peut que reconnaitre bien souvent les concepts ou les problèmatiques. Reste que Marx a eu de l’audience chez les syndicalistes et par ricochet dans les syndicats, notamment sur la question du travail, de l’exploitation de la force de travail.

Le travail chez Marx ne donne pas lieu à exposé facile. La question est épineuse. Heureusement il ne s’agit pas ici d’être exhaustif . Lançons-nous néanmoins avec une note de François Vatin intitulée "Marx et le travail : acte créateur et instrument d’aliénation".

L’auteur aboutit à dire que "même dans les sociétés dominées par le travail salarié, le travail n’est pas réductible au salariat, c’est à dire à son aliénation marchande". Disant cela il ne vise non pas seulement le travail des indépendants ou le travail informel mais aussi le fait "que le travail suppose toujours un investissement du travailleur dans sa propre projection de l’œuvre à accomplir". C’est cet aspect-là qui va être discuté ici dans un premier temps avant de passer à un autre aspect vu positivement : tout travail est productif. Un bref point terminera sur les perspectives.

I - Qui dit le sens du travail ?

A propos du thème de l’investissement dans le travail fut-il le travail salarié, donc subordonné, contraint, exploité, on trouve deux pratiques sociales opposées. On trouve d’une part le management qui instrumentalise cette racine dite "anthropologique" ou dite "saine" ou estimée telle du travail à des fins exogènes au travailleur mais endogènes à l’entreprise. On trouve aussi le syndicalisme qui s’appuie sur le sens du travail bien fait pour repousser les exigences quantitativiste du management au profit du volet qualitatif.

C’est là que la vie réelle des conflits du travail montre que d’appuyer trop sur ce fil positif du travail peut aboutir à une récupération de ce savoir-faire par les cadres et managers. En effet, il est désormais courant chez l’encadrement d’exiger de la qualité sans nécessairement faire pression sur la quantité. En fait ils n’ont pas toujours besoin de s’appesantir sur le quantitatif tellement le jeu concurrentiel joue en quelque sorte naturellement. La "guerre économique" est là. De plus on ne croit pas un chef chargé de donner des primes aux travailleurs du rang que celui qui en fait plus ne sera pas mieux payé. Bref, les travailleurs sont pris dans la fameuse "double contrainte" mais seule l’exigence qualitative est explicite.

Et là le syndicalisme du qualitatif (ou du sens) se trouve parfois en de mauvaises compagnies. Le facteur contraint et subordonné du travail pèse énormément. Le travail salarié n’est pas une activité libre. C’est à chaque salarié d’expliquer dans un cadre protégé (protégé des jugements de l’encadrement et des jugements des collectifs de travail qui ne sont pas moins sévères) ce qui nuit à un travail de qualité car tous les travailleurs ne se ressemblent pas. Un tel fera sans souci telle tâche, un autre aura beaucoup de peine à le faire.

Le management a beaucoup de peine à comprendre cela. Trop rivé sur les indicateurs de performances et sur les tableaux et plannings de gestion. Même un management de proximité d’orientation humaniste est nécessairement limité tôt ou tard par les pressions du sommet des organisations. C’est bien au syndicat d’assumer cette fonction d’accouchement de ce qui va mal au travail et qui est caché. Il est évident que pour ce faire il doit d’abord pratiquer l’écoute active même et surtout s’il a quelques connaissances sur la question.

II - A propos d’une ambivalence : Le travail est productif .

Si le travail salarié n’est pas que l’exploitation de la force de travail ainsi que le retient le plus souvent et à raison ce que l’on pourrait appeler le "marxisme syndical de base" il y a donc lieu de se méfier de son volet positif. Ce dernier est pourtant réel. C’est assez simple de retenir que le travail est un acte créateur et producteur. C’est là un aspect positif a souligner (pour exiger reconnaissance par exemple) mais aussi à interroger .

A) Producteur versus questionnement critique.

Producteurs "mais de quoi et comment ?". Les écologistes ont eu le mérite de poser la question. Mais les syndicalistes ne sont pas étrangers à ce questionnement. S’agit-il d’une production nuisible aux humains directement (armes, drogue, etc...) ou indirectement via la destruction de l’environnement ? La production de biens marchands nuisibles renforce à l’évidence l’aliénation du travailleur qui se voit obligé d’ignorer ce qu’il sait pourtant .

S’agit-il d’une production utile ? Mais utile à qui ? Passe-t-elle plus par la production de valeur d’usage que par une production de valeur d’échange ? Telle infirmière d’une clinique privée s’interrogera sur la qualité des soins quand la logique infernale de rentabilité viendra réduire le temps de prise en charge des malades . Bien d’autres aspects interviennent qui montrent que le mal vivre au travail a pour racine un service trop réduit à autrui. La même question se pose aussi pour les services publics producteurs de valeurs d’usage. Il ne s’agit plus de clients (solvables) mais d’usagers mais le problème subsiste tant les logiques privatistes et marchandes sont "impérialistes" au temps du néolibéralisme. "Le travail fiscal que je fais sert-il une juste redistribution fiscale ou une mauvaise ?" me dit un collègue critique de la TVA. Qui ne voit que cela a une importance sur la motivation au travail même s’il est encore relativement rare que le sujet soit ainsi abordé. Désormais il semble devenu plus courant pour le syndicalisme critique de relier l’examen des conditions de travail - du plus concret (ergonomie) au dispositifs plus abstraits (intensification, contrôle constant, allongement du temps de travail non rémunéré, etc...) au contenu lui-même du travail.

B) Producteur(s) versus construction de la société.

Ici c’est l’autre facette positive qui est soulignée : "la production collective de l’existence sociale, c’est nous tous !" Si le travail est productif c’est que les travailleurs - salariés et indépendants - participent à la production de l’existence sociale. Ils y participent certes le plus souvent dans un cadre salarié qui peut être marchand ou non marchand (services publics) mais ils y participent néanmoins. Cet aspect-là est positif, constructeur et intégrateur. En ce sens on dit que nul, sauf les jeunes et les retraités n’est exempt de cette participation. Le réel en est loin.

III - Éléments d’une politique de transformation et d’émancipation.

Pour que cette participation soit réelle et valorisable humainement, il importe de partager le travail et donc d’un côté lutter contre le chômage et la précarité et de l’autre lutter contre le travaillisme (la doxa travailliste) qui est le refus de la RTT, l’intensification du travail et des salaires réduits. Là on fait *coup double* : on enfonce un clou pour l’emploi et un autre pour le travail. Avec ce coup double on avance à la fois vers la transformation du travail et vers l’émancipation des travailleurs. Cela suppose sans doute de passer au socialisme tant le mode de production dominant - le capitalisme - semble incapable de satisfaire ces tendances émancipatrices.

Christian Delarue

ATTAC et CGT Finances publiques 35

1) Capitalisme productiviste : le travail et la consommation, l’émancipation et le socialisme. http://amitie-entre-les-peuples.org...

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Marx-et-le-travail-sa-recepti...

Président des Etats-Unis, faites-le !

Président des Etats-Unis, faites-le !

Fidel CASTRO

Un article qui contenait vraiment beaucoup de choses en rapport avec la marée noire survenue voilà maintenant cent cinq jours a été publié voilà quelques jours.

C’est le président Obama qui a autorisé ce forage, parce qu’il faisait confiance en la capacité de la technologie moderne en matière de production de pétrole, ce produit vital pour la civilisation actuelle mais dont la consommation excessive suscite les protestations énergiques des écologistes, et dont il souhaite, lui, disposer en abondance pour libérer les États-Unis de leur dépendance d’envers les livraisons extérieures.

George W. Bush en personne n’avait même pas osé franchir ce pas, compte tenu des expériences amères ayant découlé en Alaska d’un pétrolier qui transportait du pétrole tiré de là.

L’accident est survenu lors de la recherche du pétrole qu’exige désespérément la société de consommation, une société que les générations actuelles ont héritée des précédents, sauf que tout marche maintenant à une vitesse inimaginable.

Des scientifiques et des environnementalistes ont exposé des théories relatives aux catastrophes qui sont arrivées durant des centaines de millions d’années quand d’énormes bulles de méthane provoquèrent de gigantesques tsunamis qui, accompagnés de vents et de vagues atteignant le double de la vitesse du son et de vagues de jusqu’à mille cent mètres de haut, balayèrent une grande partie de la planète et liquidèrent 96 p. 100 des espèces vivantes.

Ils redoutent que le golfe du Mexique qui, pour une cause cosmique donnée, est la région où la roche karstique nous sépare de l’énorme couche de méthane, soit percé à cause de cette recherche désespérée de pétrole menée à partir des équipements à technologie de pointe dont on dispose aujourd’hui.

À propos de la marée noire causée par British Petroleum, les agences de presse informent ce qui suit :

« …le gouvernement étasunien a averti que les gens devaient s’éloigner de l’épicentre des opérations, menaçant de leur imposer un amende de 40 000 dollars pour chaque infraction et de les arrêter pour des délits plus importants.

« L’Agence de contrôle environnemental des USA a signalé officiellement que la plate-forme nº 1 dégageait du méthane, du benzène, du sulfure d’hydrogène et d’autres gaz toxiques. Les travailleurs sur le terrain utilisent maintenant des moyens de protection de pointe, dont des masques à gaz de dernière génération fournis par les militaires. Des faits capitaux se produisent avec une fréquence inhabituelle.

Le premier et le plus immédiat est le risque d’une guerre nucléaire après que le Cheonan, un navire de guerre dernier cri, a été coulé, selon le gouvernement sud-coréen, par la torpille d’un sous-marin soviétique – datant tous les deux de plus de cinquante ans – tandis que d’autres sources donnent la seule cause possible, mais non détectable : une mine posée sur la coque du Cheonan par les services de renseignement étasuniens. Le gouvernement de la République populaire et démocratique de Corée en a aussitôt été accusé.

Cet étrange événement fut suivi, quelques jours plus tard, du vote, au Conseil de sécurité des Nations Unies, de la résolution 1929 ordonnant l’inspection des cargos iraniens d’ici à quatre-vingt-dix jours.

Le second risque, qui produit déjà des effets dévastateurs, est la progression des changements climatiques, dont les effets sont pires, comme le dénonce le documentaire Home, réalisé par Yann Arthus-Bertrand avec la participation des écologistes les plus prestigieux du monde. Et maintenant, ce déversement de pétrole dans le golfe du Mexique, à quelques kilomètres de notre patrie, qui engendre toute sorte de préoccupations.

Le 20 juillet, une dépêche de l’agence de presse EFE rapportait les déclarations du maintenant fameux amiral Thad Allen, coordonnateur et responsable de la lutte contre la marée noire dans le golfe du Mexique, qui « a autorisé British Petroleum, propriétaire du puits et coupable du déversement, à poursuivre pendant vingt-quatre heures de plus les tests qu’elle faisait pour déterminer la solidité de la structure "Macondo" après l’installation, dix jours plus tôt, d’une nouvelle cloche d’endiguement. »

« Selon des chiffres officiels, il existe près de 27 000 puits abandonnés dans le lit marin du golfe… »

« Quatre-vingt-douze jours après l’accident de la plateforme de la BP, la principale inquiétude de l’administration étasunienne est que la structure souterraine du puits ne soit endommagée et que le pétrole ne filtre à travers les roches et ne finisse par couler à différents endroits du lit marin. »

C’était la première fois qu’une déclaration officielle faisait état de la crainte de voir le pétrole commencer à couler de puits qui ne sont plus productifs.

Les lecteurs intéressés par la question s’arrangent pour tirer les données scientifiques d’un fatras de nouvelles sensationnalistes. Il est pour moi des faits dont l’explication n’est pas satisfaisante. Pourquoi l’amiral Allen a-t-il donc dit que « la principale inquiétude de l’administration étasunienne est que la structure souterraine du puits ne soit endommagée et que le pétrole ne filtre à travers les roches et ne finisse par couler à différents endroits du lit marin » ? Pourquoi la British Petroleum a-t-elle déclaré qu’on ne saurait l’accuser pour le pétrole brut qui a jailli à quinze kilomètres du puits accidenté ? Il faudrait attendre quinze jours de plus, nécessaires pour forer le puits auxiliaire dont la trajectoire est quasiment parallèle à celle du puits qui a causé la catastrophe, tous deux séparés par moins de cinq mètres, selon l’avis du groupe cubain qui analyse le problème. Entretemps, nous devons attendre, sages comme des images…

Si on dépose une telle confiance dans le puits parallèle, pourquoi n’a-t-on pas pris cette mesure avant ? Que ferons-nous si elle échoue, comme tous les autres ont échoué ? Un échange récent avec quelqu’un d’extrêmement bien informé des détails de l’accident, du fait des intérêts de son pays, m’a permis d’apprendre qu’il n’existait pas de risque d’émanation de méthane en raison des caractéristiques du puits et de son environnement.

Le 23 juillet, aucune nouvelle ne parlait de ce problème.

Le 24 juillet, l’agence DPA écrivait : « Un scientifique étasunien éminent a accusé la société pétrolière britannique BP, devant la chaîne de télévision BBC, de soudoyer des experts qui analysent la marée noire dans le golfe du Mexique pour qu’ils retardent la publication des données », sans relier toutefois cette immoralité avec la moindre dommage à la structure du fonds marins et avec les émanations de pétrole et les niveaux de méthane inhabituels.

Le 26 juillet, les principaux médias londoniens – BBC, Sunday Times, Sunday Telegraph et d’autres – informaient que le « conseil de direction » de la BP « devait décider ce jour-ci du départ du président exécutif (Tony Hayward) pour sa mauvaise gestion du déversement de pétrole dans le golfe du Mexique ».

De leur côté, Notimex et El Universal, de Mexico, informaient qu’à la BP, « aucune décision n’avait été adoptée quant au changement de cadres et qu’un conseil de direction était prévu dans l’après-midi ».

Le 27 juillet, les agences de presse faisaient savoir que le président exécutif de BP avait été licencié.

28 juillet. Douze dépêches de presse informaient que quatorze pays, dont les USA et plusieurs de leurs plus importants alliés, avaient formulé des déclarations embarrassées après la divulgation par l’organisation WikiLeaks de documents secrets sur la guerre en Afghanistan. Tout en se disant « inquiet » devant ces fuites, Obama signalait que les informations « dataient et ne contenaient rien de nouveau ».

Une déclaration cynique.

“Le fondateur de WikiLeaks, Julián Assange, a affirmé que les documents prouvaient les crimes de guerre commis par les forces étasuniennes. »

Ce fut si évident que ces révélations ont ébranlé jusque dans leurs fondations la volonté de secret étasunienne. Les documents parlent de « morts de civils jamais mentionées publiquement ». Ces révélations ont causés des frictions entre les parties impliquées dans ces atrocités.

Sur les risques de gaz méthane émanant des puits qui ne sont pas en production, silence absolu.

29 juillet. Une dépêche de l’AFP révélait l’inimaginable : Osama Bin Laden était quelqu’un des services de renseignement étasuniens. « Osama bin Laden apparaît dans les rapports secrets publiés par Wikileaks comme un agent actif, agissant et adulé par ses hommes dans la région afghano-pakistanaise ».

L’on savait qu’Osama avait coopéré avec les USA dans la lutte des Afghans contre l’occupation soviétique, mais l’on supposait qu’il avait accepté l’appui des USA et de l’OTAN dans sa lutte contre l’invasion étrangère comme une mal nécessaire et qu’une fois le pays libéré, il avait repoussé l’ingérence étrangère et créé l’organisation Al Qaeda pour combattre les USA.

De nombreux pays, dont Cuba, condamnent ses méthodes terroristes qui causent la mort d’innombrables innocents.

Quelle ne sera pas la surprise de l’opinion publique mondiale en apprenant qu’Al Qaeda est une création du gouvernement étasunien !

Liquider les talibans a été une justification de la guerre en Afghanistan, puis l’un des motifs de l’invasion et de l’occupation de l’Iraq par les troupes étasuniennes. Deux pays où sont morts des milliers de jeunes Étasuniens et où beaucoup ont été mutilés. Où plus de 150 000 soldats étasuniens sont engagés pour une durée indéfinie et, à leurs côtés, les membres des troupes de cette organisation belliciste qu’est l’OTAN et d’autres alliés comme l’Australie et la Corée du Sud.

29 juillet. La presse publiait la photo d’un Etasunien de vingt-deux ans, Bradley Manning, analyste du renseignement, celui qui a fait passer au site web Wikileaks 240 000 documents secrets. Pas de déclaration sur son culpabilité ou son innocence. On ne pourra pas toutefois l’effleurer, parce que les membres de Wikileaks ont juré de faire connaître la vérité au monde.

30 juillet. Le théologien brésilien Frei Betto publiait un article intitulé : « Cri de la terre, clameur des peuple », dont deux paragraphes résument la quintessence :

« Les anciens Grecs l’avaient déjà constaté. Gaia, la Terre, est un organisme vivant. Et nous sommes ses fruits, engendrés en 13,7 milliards d’années d’évolution. Or, ces deux cents dernières années, nous n’avons pas su veiller sur elle, nous l’avons transformée en une marchandise dont nous espérons tirer les plus gros profits. »

« Toutes les formes de vie sur la planète sont désormais menacées, dont l’espèce humaine (les deux tiers de la population mondiale survit au-dessous du seuil de pauvreté) et la Terre même. Éviter que l’Apocalypse ne se précipite exige la remise la cause des mythes de la modernité – marché, développement, État uninational – tous basés sur la raison instrumentale. »

Ce même jour, l’AFP informait : « La République populaire de Chine "désapprouve les sanctions unilatérales" adoptées par l’Union européenne contre l’Iran, a déclaré aujourd’hui le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu ».

La Russie protestait énergiquement à son tour contre la mise en place de ces sanctions de la part de cette région étroitement alliée aux USA.

Le 30 juillet, selon une dépêche de l’AFP, le ministre de la Défense israélien déclarait : « Les sanctions imposées à l’Iran par l’ONU… ne lui feront pas interrompre ses activités d’enrichissement d’uranium afin de fabriquer une bombe atomique ».

Le 1er août, selon une dépêche de l’AFP :

« Un haut chef militaire des Gardiens de la révolution a mis en garde les USA contre une éventuelle attaque sur l’Iran ».

« Israël n’a pas renoncé à une action militaire contre l’Iran pour arrêter son programme nucléaire.

« La communauté internationale, conduite par Washington, a récemment intensifié ses pressions sur l’Iran, l’accusant de chercher à se doter de l’arme nucléaire sous prétexte d’un programme nucléaire civil.

« Les affirmations de Javani ont précédé une déclaration du chef de l’État-major interarmes étasunien, Michael Mullen, qui a assuré dimanche que les USA avaient prévu un plan d’attaque contre l’Iran pour l’empêcher de se doter de l’arme nucléaire. »

Le 2 août, l’AFP faisait savoir, en même temps que les autres agences de presse :

« "Je dois me rendre en septembre à New York pour participer à l’Assemblée générale des Nations Unies. Je suis prêt à m’asseoir face à face avec Obama, d’homme à homme, pour parler librement des affaires du monde devant les médias, afin de trouver la meilleure solution", a affirmé Ahmadinejad dans un discours diffusé par la télévision publique.

« Mais le président Ahmadinejad a averti que le dialogue devait se baser sur le respect mutuel.

« "S’ils croient pouvoir agiter un bâton et nous dire que nous devons accepter tout ce qu’ils disent, ils se trompent", a-t-il ajouté. Les puissances occidentales "ne comprennent pas que les choses ont changé dans le monde", a-t-il précisé.

« "Vous appuyez un pays qui possède des centaines de bombes atomiques, mais vous dîtes vouloir arrêter l’Iran qui pourrait éventuellement en avoir une un jour"… »

Les Iraniens ont déclaré qu’ils lanceraient cent missiles contre chacun des bateaux étasuniens et israéliens qui bloquent l’Iran dès qu’un seul cargo iranien serait arraisonné.

Ainsi donc, dès qu’Obama ordonnera d’accomplir la résolution du Conseil de sécurité, il décrétera la perte de tous les bâtiments de guerre étasuniens patrouillant dans cette zone.

Il n’est échu une décision aussi dramatique à aucun autre président des USA. Il aurait dû le prévoir.

Je m’adresse en l’occurrence pour la première fois de ma vie au président des USA, Barack Obama :

Vous devez savoir que vous avez les moyens d’offrir à l’humanité la seule possibilité réelle de paix. Vous ne pourrez utiliser qu’une seule fois votre prérogative de donner l’ordre de tirer.

Il se peut qu’après cette expérience traumatique, on trouve des solutions qui ne nous conduisent pas une fois de plus à une situation si apocalyptique. Tout le monde dans votre pays, même vos pires adversaires de gauche ou de droite, vous en saura assurément gré, ainsi que le peuple étasunien qui n’est absolument pas coupable de la situation qui s’est créée.

Je vous demande de daigner écouter cet appel que je vous lance au nom du peuple cubain.

Je comprends qu’on ne saurait attendre une réponse rapide, ce que vous ne feriez jamais, d’ailleurs. Pensez-y bien, consultez vos spécialistes, demandez leur avis sur ce point à vos plus puissants alliés et adversaires internationaux.

Les honneurs ni les gloires ne m’intéressent. Faites-le !

Le monde pourra se libérer vraiment des armes atomiques et des armes classiques. La pire des variantes serait la guerre nucléaire, qui est d’ores et déjà virtuellement inévitable.

ÉVITEZ-LA !

Fidel Castro Ruz
Le 3 août 2010

Traduction J-F Bonaldi, La Havane

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/President-des-Etats-Unis-fait...

21:18 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Actualité, Politique, Société, Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cuba, guerre, obama, fidel, castro |  Facebook |

06/08/2010

Les sans-abris en France, ...les martyrs de l'exclusion sarkoziste!

Des pratiques que l'on peut carrément qualifier de "barbares".

 

Dans un pays où les "droits de l'homme" sont censés être des plus respectés.

 

Des brutalités d'un autre âge, d'un autre temps ?

 

Digne du fascisme le plus élémentaire.

 

Si Sarkozy avait une frange et portait une petite moustache, il pourrait aisément se faire appeler ADOLF H..... !

 

Vidéo à voir, à méditer, et réagir !

 

01/08/2010

Congo-Kinshasa: Allégement de la dette - plus de confusion sur les chiffres


29 Juillet 2010 (Extrait de "AllAfrica.com")


Impacts-du-programme-dassainissement-urbain-de-kinshasa-pauk-sur-lenvironnement-cas-de-la-c8.pngKinshasa — Plus de confusion sur le montant réellement annulé le 1er juillet 2010 à l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE. Il n'y aura donc plus de controverse sur le sujet, pense le Premier ministre, Adolphe Muzito, qui a dépêché hier mercredi devant la presse son directeur de cabinet adjoint en charge de suivi des programmes avec les institutions de Bretton Woods pour lever toute équivoque sur le sujet.

Depuis l'atteinte le 1er juillet 2010 du point d'achèvement de l'initiative de réduction de la dette en faveur des pays pauvres très endettés (I-PPTE), plusieurs chiffres ont circulé sur le montant de la dette annulée à l'issue des Conseils d'administration du FMI et de la Banque mondiale.

S'il est vrai que le montant annulé dépassait les 10 milliards Usd, de profondes divergences sont apparues sur la hauteur exacte de ce montant. Aussi, pour éviter toute forme de confusion à ce sujet, le Premier ministre, Adolphe Muzito, a dépêché hier mercredi 28 juillet son directeur de cabinet adjoint en charge de suivi de programmes avec les IBW, Jean-Claude Nachega pour lever toute forme de voile sur le sujet.

Après sa prestation devant la presse, l'on en sait un peu plus sur la portée des chiffres repris dans le communiqué conjoint publié le 1er juillet 2010 par le FMI et la Banque mondiale. Tout comme, plus de doute possible sur le montant exact consenti en terme d'allégement de la dette par ces deux institutions.

Ces précisions du gouvernement ont donc l'avantage de mettre fin à la distraction qui couvait dans une bonne partie de la population congolaise, concernant les avantages financiers réels obtenus au point d'achèvement de l'I-PPTE.

Le gouvernement se devait donc de clarifier le débat pour éviter que la confusion ne se généralise dans l'opinion publique. Le chiffre exact de la dette annulée étant désormais connue, il n'y a donc de raison de s'attarder sur un débat vidé de sa substance.

L'essentiel aujourd'hui est de tourner les regards vers le futur en ayant pour seule priorité la poursuite de grands travaux de reconstruction.

Jean-Claude Nachega pense que le moment ne prête pas à une quelconque forme de distraction, la RDC ayant obtenu un avantage en termes de réduction que nul autre pays inscrit à l'I-PPTE n'a obtenu avant. « Il s'agit, note-t-il, du plus grand allègement de dette dont n'ait jamais bénéficié un pays dans le cadre de ces deux initiatives (IPPTE et IADM) ».

Voici en intégralité le contenu de la conférence de presse animée par Jean-Claude Nachega.

Point de presse du Dircaba, J.C. Nachega, sur le point d'achèvement (les chiffres)

« Comment l'atteinte du point d'achèvement a-t-elle affecté le niveau et la structure à la fois du stock et du service de la dette de la RD Congo?

La RD Congo a bénéficié d'allègements significatifs à la fois du stock et du service de sa dette publique extérieure.

Le stock de la dette extérieure, estimé à 13,704.9 milliards de dollars américains, représentant 125 pourcent du PIB, à fin décembre 2009, a diminué pour s'établir à 2,931 milliards de dollars américains, représentant 24 pourcent du PIB, à la fin de cette année 2010.

L'allègement du stock de la dette est donc d'environ 80 pourcent, soit 10,774 milliards de dollars américains, dont : 491 millions de dollars américains de la part du FMI ; 1,832 milliard de dollars américains de la Banque Mondiale (AID) ; environ 7,4 milliards de dollars américains de la part des pays bilatéraux membres du Club de Paris Etats-Unis, France, Belgique, ...) ; et le reste provenant de créanciers bilatéraux non membres du Club de Paris (Serbie et Monténégro, Koweït, Taiwan-province de la Chine, Arabie Saoudite ...) et des commerciaux (dont Club de Londres).

L'allègement total (au fil des ans) du service nominal de la dette (principal plus intérêts) est de 12,3 milliards de dollars américains dont : 11,1 milliards de dollars américains au titre de l'initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) ; et 1,2 milliards de dollars EU au titre de l'initiative d'allègement de la dette multilatérale (IADM). N.B: Il s'agit du plus grand allègement de dette dont n'ait jamais bénéficié un pays dans le cadre de ces deux initiatives (IPPTE et IADM) ».

Commémoration du 65ème anniversaire de la tragédie de Hiroshima et de Nagasaki

(Extrait de "Comité de surveillance OTAN")

 

Samedi 7 août 2010

Commémoration du 65ème anniversaire de la Tragédie de Hiroshima et de Nagasaki

LE MONDE SANS ARMES NUCLEAIRES…
CE N’EST PAS POUR DEMAIN !


Journée de commémoration, informations, réflexions, débats et propositions d’action

A l’Université de Mons
Parc Hibakusha - Plaine de Nimy - Chaussée de Bruxelles – Mons

La matinée sera consacrée à un HOMMAGE AU PROFESSEUR PIERRE PIERART
fondateur du Parc Hibakusha qui vient de décéder ce 20 juillet

11 h 00 :     Accueil des participants au mémorial Hibakusha
Hommage à Pierre Piérart par Henri Firket et par les différentes associations participantes

11 h 45 :     Dépôt de fleurs : 1 minute de silence avec lecture de poèmes d’enfants d’Hiroshima

12 h 00 :     Collation sur place

14 h 00 :     Conférence-débat

Après la Conférence de révision du TNP et face au Nouveau Concept Stratégique de l’Otan

avec la participation de :

  • Philippe Mahoux, Sénateur
  • Luc Mampaey, Attaché de recherche, directeur-adjoint du GRIP
  • Hans Lammerant, VREDESACTIE et BOMSPOTTING

En partenariat avec l’AMPGN, l’AEPGN, Abolition 2000, CNAPD, COLUPA, CSO, ETOPIA, EUROPEFORPEACE, INTAL, MAYORS FOR PEACE, MCP, MIR-IRG, UMONS, VREDE, VREDESACTIE

Avec le soutien de la Communauté française

Renseignements : 02 / 533.30.95 – WWW.CNAPD.BE julie.fontaine@cnapd.be

08:49 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Général, Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La crise économique internationale et la position de la Grèce – Les thèses du KKE

Par Eleni Mpellou, membre du Bureau politique du CC du KKE (Extrait de "LA REVUE COMMUNISTE INTERNATIONALE")



logo_fr-fr.pngL’économie capitaliste internationale traverse une crise profonde caractérisée principalement par sa synchronisation extensive. Elle a commencé à se manifester en 2007 aux États-Unis, dans le secteur de la construction, avec la dépréciation du capital des sociétés financières en raison d’une circulation excessive de dérivés d’investissements dans la titrisation de prêts précaires au logement.

Le danger d’effondrement des géants financiers américains – qui occupent des positions puissantes sur le marché international du capital argent – a provoqué une baisse des prix importante, progressive et généralisée, dans les Bourses les plus importantes de la planète. La « partie visible de l’iceberg » a été la manifestation d’une crise généralisée de surproduction, de suraccumulation de capital.

Une version optimiste des données et évaluations actuelles des organisations économiques internationales épingle 2010 comme l’année du point le plus bas de la récession. Une augmentation du nombre de chômeurs de 25 millions a déjà été enregistrée et l'on estime qu’ils seront encore 40 millions de plus à la fin de l’année.

En 2009, la Banque mondiale s’attend à ce que le Produit mondial brut baisse de 1,7 % ; la baisse sera de 2,75 %, estime l’OCDE. Celle-ci estime également que le commerce international connaîtra une baisse de 13,2 % en cette même année 2009.

Le Fonds monétaire international évalue la dépréciation du capital argent à 4 100 milliards de dollars depuis la manifestation de la crise.


Le déclenchement de la crise économique en Grèce

Dans l’économie grecque, la crise s’est manifestée avec un léger retard par rapport au reste de l’eurozone. Le pays est entré dans une phrase de récession en 2009, alors qu’en 2008, l’expansion du PIB s’était ralentie. L’élément le plus significatif, s’il faut en croire les statistiques bourgeoises, c’est que le secteur industriel (le secteur minier et carrier, le secteur manufacturier, l’électricité, la distribution d’eau), entré dans une phase de récession en 2005, a chuté de 4 % en 2007-2008.

En 2008, toutes les branches de l’industrie manufacturière ont été en récession, sauf celle de l’industrie alimentaire (1,2 % d’augmentation).

La crise du secteur manufacturier se reflète dans l’importante diminution des produits industriels (environ 7 %).

Le secteur de la construction a subi un important déclin (- 9,4 %).

Durant la période de 2002 à 2008, la tendance a été une baisse importante de la production de la plupart des produits agricoles de base – à l’exception du blé doux, du maïs et des pêches.

Selon les données fournies par Eurostat, le revenu agricole réel a baissé de 7,1 % en 2008, en raison d’une stagnation des prix de vente des producteurs et d’une importante augmentation importante des prix des produits industriels.

Selon Eurostat, le revenu agricole net en tant que corrélation de la valeur nette ajoutée par rapport aux coûts a été réduit en 2008 à 80,1 %, comparé à 2000 (= 100) (1).

En 2008, il y a eu une importante chute des prix à la Bourse d’Athènes. Sa valeur boursière totale (en pourcentage du PIB) était estimée, fin 2008, à environ un tiers de sa valeur fin 2007 (décembre 2008 : 28 % ; décembre 2007 : 86 %) (2). Une part importante de cette chute était imputable au retrait massif des investisseurs étrangers en octobre 2008.

Indépendamment de la phase du cycle de la crise, une caractéristique de l’économie grecque est sa situation fiscale défectueuse et qui s’est aggravée à long terme. Le ralentissement de la croissance du PIB – qui s’est accru au cours du second semestre de 2008 – a considérablement durci les conditions des emprunts d’État.

Les dernières estimations prévoient un déclin du PIB de 1 % en 2009. L’étendue de la récession dans l’économie grecque dépendra certainement du cours de la crise :

a. Dans les pays des Balkans, où d’importants investissements ont été réalisés par des sociétés installées en Grèce. Ceci concerne des économies à taux de croissance capitaliste élevé, comme la Roumanie, avec une croissance de 7,7 % en 2008 et une régression de 1,8 % prévue en 2009, ou la Bulgarie, avec une croissance de 4,4 % et une régression de 1 % prévue en 2009 (3).

b. Dans le commerce international, dont une part importante se fait par transport maritime, ce qui constitue une importante source de rentrées.

c. Dans d’importants pays européens, telles l’Allemagne et la Grande-Bretagne. À ces pays appartient une part importante des touristes qui visitent la Grèce, non seulement en chiffres absolus, mais aussi en nuitées et en dépenses personnelles.

Les effets des importantes rentrées de l’Union européenne comparées à la nette régression de l’industrie et de l’agriculture sont contradictoires.

Les faits mentionnés ci-dessus prouvent que l’effet de la crise sur l’économie grecque va être profond. Certaines prédictions la voient durer deux ans. Elle va exacerber les contradictions sociales existant via la hausse du chômage, des emplois à temps partiel et via l’extension de relations de travail flexibles. Selon les calculs bourgeois, la pauvreté a déjà augmenté, avec une concentration particulière chez les enfants (environ un quart) de moins de 15 ans, de même que chez les jeunes de 18 à 24 ans.

Bien sûr, les indices de pauvreté ne reflètent qu’une partie des contradictions, ils ne reflètent pas le fait que les salaires et les traitements sont loin de correspondre à la croissance indiciaire du PIB et à la croissance de la productivité dans une phase de reproduction élargie en Grèce.

 

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29/07/2010

Médiamensonges : Lorsque CNN fait dire le contraire...

Silvio Rodriguez aux États-Unis
Pascual SERRANO (Extrait de "LE GRAND SOIR")

arton11113-19394.jpgEn juin dernier, le chanteur, auteur, compositeur cubain, Silvio Rodríguez, a fait une tournée à travers les États-Unis. Au cours d’une interview avec la presse, alors qu’on l’interrogeait à propos des prisonniers cubains, tant ceux qui sont actuellement incarcérés à Cuba, accusés d’avoir conspiré au service d’une puissance étrangère, que ces cinq Cubains, prisonniers aux USA, accusés d’espionnage, il a textuellement répondu ceci :

« Nos héros, parce que pour nous, ces cinq Cubains qui se trouvent ici, aux États-Unis, sont des héros, ils devraient être libres ; ça fait plus de dix ans qu’ils sont en prison suite à des condamnations absurdes ; ces cinq Cubains sont venus ici pour espionner les terroristes qui nous envoyaient des bombes et qui conspiraient pour causer des souffrances physiques à Cuba. Moi, je ne peux pas les comparer avec des gens qui ont conspiré au service du gouvernement (des États-Unis) ou d’une partie de ce gouvernement qui, de tous les gouvernements, est celui qui veut nous nuire le plus. Pour moi, ce sont deux choses très différentes. Je pense que ceux qu’on appelle les prisonniers politiques cubains ont violé les lois cubaines et c’est pour cette raison qu’ils ont été sanctionnés ; je pense que les sanctions ont été trop dures et je pense qu’ils devraient être libres, peut-être pas tous, mais une bonne partie d’entre eux et, bien entendu, ceux d’entre eux qui ont des problèmes de santé ».

La journaliste de CNN mélange tout et présente ainsi les déclarations de Silvio Rodríguez :

« Et quant aux dissidents, quant aux prisonniers politiques cubains, il a dit qu’il respectait leur cause ; il parle aussi des espions cubains prisonniers aux États-Unis, accusés d’espionnage, et il dit que comme ils ont violé les lois, ils est juste qu’ils soient en prison, mais que leurs condamnations sont trop sévères ».

Exactement tout le contraire.

Les vidéos des deux déclarations peuvent être vues (en espagnol) :


25/07/2010

L'origine des guerres (reflexion de Fidel Castro)

La Havane. 12 Juillet  2010

(Article extrait de "GRANMA.CU")

L’origine des guerres

Fidel Alejandro Castro Ruz (2).jpgJ’AI affirmé le 4 juillet que les Etats-Unis ne céderaient pas, et l’Iran non plus: «…les uns, par arrogance de puissants; l’autre, par la résistance au joug et par la capacité de combattre, comme cela est arrivé si souvent dans l’histoire de l’homme.»

Dans presque toutes les guerres, une des parties souhaite l’éviter, et parfois les deux. En l’occurrence, celle-ci éclaterait, même si l’une de parties ne le désire pas, comme cela arriva lors des guerres mondiales de 14-18 et de 39-45, séparées par vingt-cinq ans à peine.

La boucherie fut effroyable. Ces guerres n’auraient pas éclaté sans des erreurs de calculs préalables des deux parties qui défendaient des intérêts impérialistes et croyaient pouvoir atteindre leurs objectifs sans de si terribles coûts.

Dans le cas présent, l’une des parties défend des intérêts nationaux absolument justes; l’autre poursuit des visées illégitimes et des intérêts bassement matériels.

Quand on analyse toutes les guerres qui se sont déroulées dans les annales de l’Histoire, on constate que l’une des parties a toujours visé ces objectifs-ci.

L’illusion qu’il soit possible de les atteindre en l’occurrence sans la plus terrible de toutes les guerres est absolument vaine.

Dans l’un des meilleurs articles publiés sur le site web Global Research, le 11 avril 2010,  Rick Rozoff apporte de nombreux critères incontestables sur les visées des USA. Toute personne qui se veut bien informée doit les connaître.

Selon cet auteur, les USA pensent qu’«une guerre peut être gagnée sans même avoir été lancée. Il est possible de remporter la victoire si l’adversaire sait qu’il est vulnérable à une attaque instantanée et non détectable, écrasante et dévastatrice, sans qu’il puisse se défendre ou exercer des représailles».

C’est «un pays qui aspire à rester le seul Etat dans l’histoire à exercer une domination militaire complète sur terre, dans les airs, sur les mers et dans l’espace.»

«Qui maintient et étend des bases militaires et des troupes, des groupes de bataille formés de porte-avions et de bombardiers stratégiques sous presque toutes les latitudes et longitudes. Qui possède pour ce faire un budget de guerre record depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale: 708 milliards de dollars pour le prochain exercice fiscal»

«…le premier pays à avoir mis au point et utilisé des armes atomiques.»

«…les USA conservent 1 550 ogives nucléaires déjà déployées et 2 200 (ou 3 500 selon certains calculs) de plus entreposées, et une triade de vecteurs de lancement terrestres, aériens et sous-marins».

«Leur arsenal non nucléaire utilisé pour neutraliser et détruire les défenses aériennes et stratégiques, potentiellement toutes les forces militaires importantes d’autres nations, sera constitué de missiles balistiques intercontinentaux, de missiles balistiques adaptés pour être lancés à partir de sous-marins, de missiles de croisière et de bombardiers hypersoniques, et de bombardiers stratégiques "super-furtifs" non détectables par les radars et donc capables de déjouer les défenses terrestres et aériennes.»

Rozoff énumère les nombreuses conférences de presse, réunions et déclarations de ces derniers mois en provenance des chefs de l’état-major interarmes et de hauts fonctionnaires de l’administration étasunienne.

Il explique les engagements des USA envers l’OTAN et leur coopération renforcée avec leurs alliés du Proche-Orient, autrement dit, en premier lieu, Israël. Il écrit:

«Les USA intensifient aussi leurs programmes de guerre spatiale et cybernétique afin d’être en mesure de paralyser les systèmes de surveillance et de commandement militaires, de contrôle, de communications, d’informatique et de renseignement d’autres nations, les laissant absolument sans défense sauf au niveau tactique le plus élémentaire.»

Il rappelle que la Russie et les USA ont signé à Prague, le 8 avril dernier, le nouveau Traité START qui «ne contient aucune contrainte sur la capacité actuelle ou planifiée des USA en matière d’attaque conventionnelle globale rapide.»

Il rapporte de nombreuses nouvelles à ce sujet et donne un exemple éloquent sur les visées des USA:

« Le département de la Défense explore actuellement toute la gamme de technologies et de systèmes concernant la capacité d’attaque conventionnelle globale rapide qui pourrait offrir au président des choix plus crédibles et techniquement viables pour faire face à de nouvelles menaces en évolution.»

Je suis d’avis qu’aucun président, voire le chef militaire le plus expert, n’aurait un instant pour savoir quoi faire si cela n’était pas déjà programmé dans les ordinateurs.

Rozoff, imperturbable, rappelle l’analyse faite par Elaine Grossman sur Global Security Network dans un article intitulé  «Les essais concernant le missile d’attaque globale pourraient coûter 500 millions de dollars»:

«L’administration Obama a demandé 239,9 millions de dollars au profit des services militaires à des fins de recherche-développement sur une attaque globale instantanée pour l’exercice fiscal 2011…. Si le financement se maintient au niveau prévu dans les années à venir, le Pentagone aura dépensé quelque 2 milliards de dollars pour cette capacité d’attaque globale instantanée d’ici la fin de l’exercice fiscal 2015, selon les documents budgétaires soumis au Capitole ce dernier mois.»

«Un scénario tout aussi horrifiant au sujet des effets d’une attaque conventionnelle globale rapide, cette fois en version maritime, est apparu voilà trois ans dans la revue Popular Mechanics:

«Un sous-marin atomique classe Ohio émerge dans le Pacifique, attendant l’ordre de tir du président. Quand celui-ci arrive, le sous-marin tire un missile balistique Trident-II de 65 tonnes qui atteint en deux minutes plus de 22 000 km/heure. Il accélère au-dessus des océans et dans l’espace extra-atmosphérique sur des milliers de kilomètres.

«Au sommet de la parabole, en suspension dans l’espace, les quatre ogives du Trident se séparent et commencent à redescendre vers la planète.

«Les ogives, qui voyagent à près de 21 000 km/h, sont remplies de tringles de tungstène, un métal deux fois plus résistant que l’acier.

«Les ogives explosent juste au-dessus de l’objectif, répandant sur la zone des milliers de tringles, dont chacune est douze fois plus destructrice qu’une balle calibre 50. Tout ce qui se trouve dans un rayon de 280 m2 autour de ce tourbillon métallique est anéanti»

Rozoff explique ensuite la colonne écrite le 7 avril, sous le titre: «La surprise nucléaire d’Obama», par l’ancien chef de l’Etat-major interarmes russe, le général Leonid Ivachov, qui, après avoir fait référence au discours prononcé par le président étasunien à Prague, un an avant – «l’existence de milliers d’armes nucléaires est l’héritage le plus dangereux de la Guerre froide» – et à sa signature de START II dans cette même ville, le 8 avril dernier, affirme:

«L’histoire des USA durant le siècle dernier n’offre aucun exemple que les élites étasuniennes aient fait le moindre sacrifice pour l’humanité ou pour les peuples d’autres pays. Serait-il dès lors réaliste d’attendre que l’arrivée à la Maison-Blanche d’un président afro-étasunien change la philosophie politique de ce pays traditionnellement axée sur la domination mondiale? Ceux qui croient à quelque chose de pareil devraient alors se demander pourquoi les USA – le pays dont le budget militaire dépasse déjà celui de tous les autres pays du monde réunis – continuent de dépenser des sommes d’argent énormes pour se préparer à la guerre.»

Le général russe affirme:

«Le concept d’Attaque globale immédiate implique une frappe concentrée par des milliers d’armes conventionnelles de précision durant deux à quatre heures, qui détruirait complètement les infrastructures vitales du pays cible et le forcerait donc à capituler.»

«Le concept d’Attaque globale immédiate vise à maintenir le monopole des USA dans le domaine militaire et à creuser l’écart entre eux et le reste du monde. De pair avec le déploiement de missiles de défense censés blinder les USA face à des frappes de représailles russes et chinoises, l’initiative d’Attaque globale immédiate est en train de faire de Washington le dictateur mondial de l’ère moderne.»

«Par essence, la nouvelle doctrine nucléaire est un élément de la nouvelle stratégie de sécurité étasunienne qu’on pourrait mieux décrire comme stratégie de l’impunité totale. Les USA dopent leur budget militaire, lâchent les rênes de l’OTAN comme gendarme mondial et planifient des manœuvres réelles en Iran pour tester dans la pratique cette initiative d’Attaque globale immédiate. Entre-temps, Washington parle d’un monde absolument exempt d’armes nucléaires.»

Au fond, Obama prétend leurrer le monde en parlant d’une humanité exempte d’armes nucléaires, lesquelles seraient remplacées par d’autres extrêmement destructrices, mais mieux adaptées à la volonté de terroriser les dirigeants des Etats et de garantir cette nouvelle stratégie d’impunité totale.

Les Yankees croient que la reddition de l’Iran est proche. Dans ce sens, on s’attend à ce que l’Union européenne fasse connaître son propre train de sanctions le 26 juillet.

Les 5+1 se sont réunis la dernière fois le 2 juillet, après que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé que «son pays reprendrait les négociations fin août avec la participation du Brésil et de la Turquie».

Un haut fonctionnaire de l’UE «a averti que ni le Brésil ni la Turquie ne seront invités à ces conversations, du moins pas à ce niveau».

«Le ministre des Affaires étrangères iranien, Manouchehr Mottaki, s’est déclaré partisan de défier les sanctions internationales et de continuer d’enrichir l’uranium.»

Depuis le mardi 5 juillet où l’Union européenne a réitéré qu’elle prendrait de nouvelles mesures, l’Iran a répondu qu’il ne négociera pas avant septembre.

Les possibilités de surmonter cet obstacle insurmontable diminuent de jour en jour.

Ce qui va se passer est si évident qu’on peut le prévoir d’une façon quasi exacte.

Je dois de mon côté faire mon autocritique: j’ai commis l’erreur d’affirmer dans mes Réflexions du 27 juin que le conflit éclaterait le jeudi, le vendredi ou, au plus tard, le samedi. On savait alors que des bâtiments de guerre israéliens naviguaient vers l’Iran aux côtés des forces navales yankees, et que l’ordre d’arraisonner les cargos iraniens avait déjà été donné.

J’avais toutefois négligé une étape préalable: que l’Iran refuse concrètement l’inspection de ses cargos. Analysant le langage tortueux de la résolution du Conseil de sécurité imposant des sanctions à ce pays, je n’ai pas fait attention à ce détail sans lequel le mandat de perquisition ne pouvait être pleinement valable. C’était tout ce qu’il manquait.

Le délai de soixante jours fixé par le Conseil de sécurité le 9 juin pour recevoir des informations sur la mise en œuvre de sa Résolution prendra fin le 8 août.

Mais il s’est passé en fait quelque chose de plus lamentable. J’ai travaillé à partir du dernier document élaboré sur ce thème épineux par notre ministère des Relations extérieures, lequel ne contenait pas deux paragraphes cruciaux, les derniers de cette Résolution, que voici:

«36.  Demande au Directeur général de l’AIEA de présenter dans les 90 jours au Conseil des gouverneurs de l’AIEA et parallèlement, pour examen, au Conseil de sécurité un rapport concernant la suspension complète et durable par l’Iran de toutes les activités mentionnées dans la résolution 1737 (2006) et l’application par ce pays de toutes les mesures prescrites par le Conseil des gouverneurs et des décisions énoncées dans les résolutions 1737 (2006), 1747 (2007) et 1803 (2008) et dans la présente résolution;

«37.  Affirme qu’il examinera les mesures prises par l’Iran au vu du rapport demandé au paragraphe 36 ci-dessus, qui doit être présenté dans un délai de 90 jours, et: a) qu’il suspendra l’application des mesures susmentionnées si l’Iran suspend, et aussi longtemps qu’il suspendra, toutes les activités liées à l’enrichissement et au retraitement, y compris la recherche-développement, sous vérification de l’AIEA, pour ouvrir la voie à des négociations de bonne foi permettant de parvenir rapidement à un résultat mutuellement acceptable; b) qu’il mettra fin aux mesures visées aux paragraphes 3, 4, 5, 6, 7 et 12 de la résolution 1737 (2006), aux paragraphes 2, 4, 5, 6 et 7 de la résolution 1747 (2007), aux paragraphes 3, 5, 7, 8, 9, 10 et 11 de la résolution 1803 (2008) et aux paragraphes 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 21, 22, 23 et 24 ci-dessus dès qu’il aura constaté, après réception du rapport visé au paragraphe précédent, que l’Iran respecte pleinement les obligations que lui imposent ses résolutions pertinentes et se conforme aux exigences du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, et que celui-ci l’aura confirmé; c) que, au cas où  il ressortirait du rapport demandé au paragraphe 36 ci-dessus que l’Iran n’a pas appliqué les dispositions des résolutions 1737 (2006), 1747 (2007) et 1803 (2008) et de la présente résolution, il adoptera, en vertu de l’Article 41 du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, toutes autres mesures qui pourraient être requises pour  persuader l’Iran de se conformer à ces résolutions et aux exigences de l’AIEA, et  souligne que de nouvelles décisions devront être prises si de telles mesures additionnelles s’avéraient nécessaires…»

Un compagnon du ministère, sans doute épuisé par le travail de nombreuses heures consistant à faire des copies de tous les documents, s’est endormi. Si j’ai pu découvrir cet oubli, c’est parce que je désirais avoir toute l’information possible et échanger des vues sur ces questions délicates.

A mon avis, les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN ont dit leur dernier mot. Deux puissants Etats dotés d’autorité et de prestige n’ont pas exercé leur droit de veto pour bloquer cette résolution perfide de l’ONU. C’était pourtant là la seule possibilité de gagner du temps à la recherche d’une formule pour sauver la paix, un objectif qui leur aurait procuré plus d’autorité pour continuer de se battre en sa faveur.

Aujourd’hui, tout est suspendu à un mince fil.

J’ai cherché avant tout à mettre en garde l’opinion publique internationale sur le cours des événements.

J’y suis arrivé en partie en observant ce qu’il se passait, en ma qualité de dirigeant politique qui a affronté pendant de longues années l’Empire, ses blocus et ses crimes inqualifiables. Mais je ne le fais pas par esprit de vengeance.

Je n’hésite pas à courir le risque de compromettre ma modeste autorité morale.

Je continuerai d’écrire plusieurs autres Réflexions sur ce point en juillet et en août pour aller plus loin, sauf incident qui déclenche les armes meurtrières braquées les unes sur les autres.

J’ai beaucoup apprécié les derniers matchs de la Coupe du monde de football et les matchs de volley-ball de la Ligue mondiale où notre courageuse équipe s’est qualifiée à la tête de son groupe.

Fidel Castro Ruz

Le 11 juillet 2010

20 h 14

(Traduction ESTI)

21/07/2010

A NE PAS RATER! : MANIFIESTA, le 25 septembre 2010 à bredenne (B).

Peut-être connaissez-vous, ou avez-vous entendu parler de "la fête de l'HUMA" qui se tient régulièrement en France.

La Belgique ne veut pas être en reste, elle a décidé d'organiser sa fête, rassemblant des milliers de socialistes de tous pays, de gens engagés, gens désireux d'une société plus humaine, plus sociale, plus conviviale. Tous les courants de gauche y seront rassemblés et bienvenus.

Téléchargez le tract PDF en cliquant sur l'image ci-dessous, et visitez le site prévu à cette occasion, pour tout renseignement et billets en prévente sur:


http://manifiesta.be/fr

 

Tract Manifiesta001.JPG

08:56 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/07/2010

Petit manuel de contre-propagande économique (Erik Rydberg)

Petit manuel de contre-propagande économique

Erik Rydberg (Ed. "COULEURLIVRES")


petit-manuel-cover1L’économie est sans doute le domaine qui admet le moins de discussions et de débats publics. Domaine réservé, affaire d’experts.

La raison tient en quatre lettres. TINA, l’abréviation proclamant l’impossibilité de toute réflexion critique en matière de projet de société : There Is No Alternative, il n’y a pas d’alternative. TINA, c’est fondamental. Car l’absence d’alternative, l’interdiction de penser auxquelles ce mot d’ordre renvoie portent très précisément sur notre système économique. Pas négociable.
Tabou absolu. Afin que personne ne remette en cause l’ordre – le désordre – établi, le chômage, la déshumanisation des conditions de travail, les inégalités, la course morbide à la compétitivité,
il faut que ces “évolutions” soient perçues comme “inéluctables” et “naturelles”, le résultat
de “lois économiques éternelles” qu’on présentera comme “scientifiques”. Réinstaurer
la contradiction, après plus d’un quart de siècle de domination unilatérale du néolibéralisme, suppose un travail patient d’éducation populaire.

Ce petit manuel entend y contribuer en passant en revue quelques “superstitions” marquantes répandues de l’obscurantisme contemporain, par exemple, la productivité (es-tu rentable ?), le taux d’emploi (as-tu un bon job MacDo ?) ou le libre-échange (es-tu un citoyen mondialisé ?)...

Journaliste, Erik Rydberg travaille au Groupe de recherches pour une Stratégie économique alternative (Gresea, www.gresea.be). Il est également membre fondateur d’Econosphères,
un réseau d’économistes entré en dissidence contre la pensée unique dans les sciences économiques (www.econospheres.be).

12:15 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, economie, manuel |  Facebook |

07/07/2010

Bientôt 10 ans d'austérité de plus?

1982-1992 : dix ans d’austérité, qui en préparent dix de plus ?

(Article "ECONOSPHERE")

Cet article, publié pour la première fois en 1992, fait le bilan des politiques d’austérité menées par les gouvernements belges à partir de 1982. L’austérité ou la rigueur budgétaire, c’est selon, refont surface aujourd’hui pour freiner la dérive des finances publiques. A-t-on cependant tiré tous les enseignements de l’histoire économique récente ?

par Gabriel Maissin
6 juillet 2010

« Dénoncez toutes les vraies injustices de cette société pour que le citoyen voit la réalité en face » Philippe Busquin, Le Soir du 26.4.92.

« Habillement présentées comme des »lois économiques« , comme des choses »allant de soi« , comme »ce qui est normal", les thèses néo-libérales pénètrent aussi dans les milieux socialistes... Ces thèses libérales du capitalisme social, nos militants doivent les dénoncer comme non socialistes. Ils doivent pouvoir les reconnaître. Ils doivent savoir ce qu’elles ont de faux." André Renard, Le socialisme par l’action, septembre 1958.

La dévaluation du franc, en 1982, a ouvert un cycle de dix années de « redressement » dont on peut faire aujourd’hui un bilan. La mise en place de la politique budgétaire et sociale du gouvernement Dehaene indique-t-elle une rupture ou une continuité avec « la décennie Martens » ?

Les premières mesures d’économies budgétaires se chiffrent à un montant de 141 milliards. Avec en prime, l’annonce par Madame Officiers, Ministre du Budget, de mesures structurelles lors du conclave budgétaire de l’été [1]. Mais la véritable indication pour l’orientation de la politique future se situe ailleurs. Une « nouvelle machine à la belge » se met en place que certains ont voulu baptiser avant les élections : « pacte fiscal-social » [2].

Après dix ans de coupes sombres dans tous les budgets et après avoir reporté sur d’autres niveaux de pouvoirs (Communautés et Régions) la gestion de nombreuses matières (enseignement, tutelles des communes, politique économique...) une donnée devient incontournable, les recettes de l’État doivent progresser [3]. Le couplement du budget de l’État à celui de la sécurité sociale, un nouveau volet fiscal et une privatisation rampante viendront compléter le dispositif.

Cette nouvelle politique n’est pas le cheval de bataille de la droite conservatrice, ni des libéraux. Ceux-là sont davantage partisans d’un assainissement budgétaire « jusqu’à l’os » et d’une politique de privatisation radicale [4]. Par contre, dans les milieux sociaux-démocrates ou démocrates-chrétiens, l’idée qu’une hausse des recettes (donc de la fiscalité) a fait son chemin [5]. Les arguments ne manquent pas pour plaider un « effort fiscal des plus favorisés » pour redonner des moyens à l’État, aux services publics.

Simultanément à ce débat budgétaire, il y va aussi de la nécessité de retrouver une certaine image, une certaine crédibilité pour l’action publique.
Mais, ce n’est pas dans cette voie que s’engage la nouvelle politique budgétaire et sociale. Pour mesurer les enjeux des décisions qui risquent d’être prises sous couvert de ce fameux pacte fiscal-social, il est utile de dresser un état des lieux.
L’impôt des sociétés

Les comptes nationaux montrent que si en 1981, le rapport entre le total des bénéfices déclarés et l’impôt des sociétés effectivement payé était de 67 %, celui-ci est devenu en 1989 de 28 % [6]. Autrement dit, plus la somme des bénéfices augmente, moins l’État touche d’impôt sur ces bénéfices. Cette situation est le résultat du soutien accordé par l’État à l’amélioration des marges bénéficiaires. La part que les entreprises peuvent déduire de leurs bénéfices avant impôt n’a cessé d’augmenter : entre 1982 et 1989, les déductions fiscales sont passées de 106 milliards à 319 milliards. Le transfert de bénéfices vers les réserves immunisées (sans tenir compte des banques et des assurances) est passé de 9,3 milliards à 28,6 milliards. En 1982 (sous Martens-Gol) le taux d’imposition effectif pour les sociétés était de 37,5%. En 1987 (début de Martens-Moureaux) il était encore de 31,2% et il est passé à 25 % en 1989 !

 

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06/07/2010

Profil d'entreprise: Nestlé - La multinationale aux 1000 visages

(Article de Lise Blanmailland, extrait de "GRESEA")

netsle-poisonOmniprésentes, les multinationales font partie de notre quotidien. Parmi elles, Nestlé. Rare est le caddy qui, dans un supermarché classique, ne compte aucun produit d'une marque appartenant à la compagnie. Pour donner une idée, citons entre des centaines d'autres, Nesquik, Chocapic, Vittel, Perrier, Friskies, Kit Kat, Häagen-Dazs, Maggi, Smarties, Buitoni, Herta,…

C'est en 1866 qu'est fondée l'entreprise par un pharmacien suisse d'origine allemande Henri Nestlé, inventeur du lait en poudre destiné à nourrir les nouveau-nés que les mères ne peuvent allaiter. Au fil du temps sont venus s'ajouter les produits laitiers, le chocolat, les eaux, les boissons instantanées, les aliments pour animaux, les produits pharmaceutiques, etc.

Devenu la plus grande société agroalimentaire au monde, son chiffre d'affaires annuel dépasse aujourd'hui la cinquantaine de milliards d'euros. Près de 500 usines fournissent pour Nestlé des millions de consommateurs dans le monde.

Mais encore? Tout comme les personnes physiques, les entreprises, qui sont des personnes morales, ont leurs comportements, leur personnalité en quelque sorte. Dressons-en les principales caractéristiques.

Côté pile, antisyndical

Contourner les obligations en matière de droit du travail est pratique courante dans la politique des multinationales. Nestlé ne fait pas exception en la matière. Le groupe de défense des droits du travail ILRF a notamment, au nom de trois enfants maliens, introduit une action en justice pour  avoir importé, contrairement à leurs engagements, du cacao de plantations exploitant le travail des enfants en Afrique de l'Ouest. Les enfants auraient été victimes, au terme de sévices corporels et de mesures de coercition, d'un trafic visant à fournir des plantations de Côte d'Ivoire1 .

Autre cas de figure, la Colombie. Nestlé y est présente depuis les années quarante, et a étendu son empire jusqu’à développer une situation de quasi-monopole. C’est dans ce contexte que MultiWatch, une association suisse regroupant ONG et syndicats organise en 2005 une commission d'enquête extraparlementaire. Ce dispositif mettra notamment en évidence l'assassinat de dix travailleurs colombiens (pour la plupart, des leaders syndicaux) dans des circonstances troubles. Si l’entreprise ne sera pas directement tenue pour responsable de ces meurtres, il est indéniable qu'elle a de tout temps pratiqué une politique clairement antisyndicale. Au cours de l’année 2002, neuf représentants syndicaux ont été licenciés à l’usine de CICOLAC pour avoir milité contre le démantèlement par la multinationale des acquis sociaux relatifs aux salaires et aux services médicaux. 175 ouvriers ont également perdu leur emploi à l'automne 2003 et ont été remplacés par des travailleurs intérimaires, payés à la moitié du tarif normal.2

En France, le climat syndical étant jugé trop inflexible et remuant, l'entreprise est allée jusqu'à menacer de délocaliser, par exemple en République tchèque, la production de Perrier qu'elle avait achetée pour 2 milliards d'euros en 1992. Appuyés par l'administration locale, les travailleurs français ont trouvé la parade. Ils ont rebaptisé leur or bleu en "Source Perrier-Les Bouillons", du nom exact de la localité, une sorte d'appellation contrôlée qui empêchera quiconque de vendre une eau Perrier extraite d'un autre endroit. Nestlé a tenté d'attaquer ce coup bas en justice, sans succès jusqu'ici, les tribunaux ayant par deux fois donné raison à l'irréductible "petite tribu de Gaulois" du village de Vergèze (3.643 habitants), au sud de la France…3

Côté face, anti-mamans

"Nestlé tue les bébés". Le slogan est encore tout frais dans nos mémoires. C'était il y a près de quarante ans. C'est une brochure publiée par des militants en Grande-Bretagne, puis en Suisse, qui portait ce titre et qui a constitué le point de départ d'une grande campagne de boycott lancée par l’International Nestlé boycott committee, composé alors d'une trentaine d'ONG et d'églises. Deux ans plus tard se créait l'International Baby Food Action Network (IBFAN) qui depuis ne cesse de dénoncer la promotion de substituts au lait maternel dans les pays du Tiers-monde.

Et pour cause.

Selon Unicef, un million et demi de nouveaux nés meurent chaque année des effets directs ou indirects de l'allaitement artificiel. Dans le Tiers-monde, seuls 44% des femmes allaitent aujourd'hui au sein leurs enfants. Il n'est pourtant plus à démontrer que le lait maternel contient non seulement des anti-corps destinés à protéger l'enfant de quantité d'infections, mais également l'intégralité des éléments nutritifs dont l'enfant a besoin. Le lait en poudre, par contre, requiert par définition de l'eau, rarement pure dans les pays du Sud. De plus, le prix des boîtes de lait pousse les plus démunis à diluer la poudre plus que nécessaire, engendrant ainsi des maladies liées à la malnutrition. Pour convaincre les mères de la supériorité de l'allaitement artificiel, Nestlé fait le siège des hôpitaux et maternités du Tiers-monde et habille d'une blouse blanche des représentants de commerce. Pourtant l'entreprise a signé en 1984 le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel introduit trois ans plus tôt par l'Organisation mondiale de la santé et qui interdit toute forme de publicité incitant à la substitution du lait en poudre au lait maternel. Mais Nestlé, qui contrôle 40% du marché des aliments pour bébé (marché estimé à 17 milliards de dollars), n'en a cure et poursuit d'année en année son marketing lucratif.4  

Côté marketing, le potentiel "tiers-mondiste"

Nestlé a des soucis. La dénatalité dans nos pays causerait selon la multinationale un fâcheux ralentissement de la progression des ventes pour le géant suisse (environ 1,5% par an). Or, Nestlé table sur une croissance oscillant entre 5 et 6%. Pour combler l'écart, il faut donc trouver de nouveaux clients. C'est vers les populations pauvres des Etats du Sud, qui représenteraient selon son département recherche "un marché potentiel de près de 10 milliards de dollars", que Nestlé lorgne désormais.

Le Brésil, 2ème marché mondial de la compagnie, est un exemple révélateur. Dans le Nordeste du pays, taille comparable à la France, la croissance de Nestlé est supérieure de 20% à la moyenne nationale. Il a fallu, pour cela, étudier les habitudes alimentaires des "moins-de-dix-dollars", recruter 3.800 vendeuses pour du porte-à-porte dans les quartiers pauvres, produire des aliments "enrichis", pallier l'absence d'infrastructure par des chariots à bras, etc. Et tout cela, naturellement, on n'est pas là pour faire de la charité, "en conservant les mêmes marges [bénéficiaires] grâce à un contrôle rigoureux des coûts".5 Elles sont payées combien, les "ambassadrices" du porte-à-porte Nestlé? Mystère.

Pourtant, selon Peter Brabeck, président de Nestlé, "Dans une compagnie multinationale, il existe des tensions entre les fondamentalistes de la finance, qui n'envisagent que les profits à court terme, et les fondamentalistes de l'éthique, qui pensent que nous ne devrions pas faire de profit du tout"6 . Venant de lui, c'est rassurant. Nous ignorions l'existence de philanthropes intégristes de l'éthique sur le payroll de la multinationale suisse.

Côté nature, l'eau marchandisée

On boit, mondialement, quelque 180 milliards de litres en bouteille, contre 78 milliards il y a dix ans. C'est tout profit pour Nestlé, numéro un dans le domaine par l'intermédiaire de sa société Perrier-Vittel.

Dans le sud-est du Brésil, à São Lorenço, qui se trouve dans la région considérée comme la plus riche zone d'eaux minérales au monde, Nestlé a foré illégalement un puits de plus 150 mètres duquel elle puise plus de 30.000 litres d'eau par jour pour la vendre sous le nom de "Pure Life". La compagnie en puisera un deuxième quelques années plus tard pour pouvoir pomper le double.

En 1999, une enquête est lancée après que des habitants se soient plaints du changement de goût de l'eau et du risque de tarissement d'une de leurs sources due à la surexploitation de la compagnie. En résultera que Nestlé traite chimiquement l'eau du parc en la déminéralisant, alors que la loi brésilienne l'interdit.7

Notons par ailleurs qu'embouteiller de l'eau dans des contenants en plastique (dérivé du pétrole), les transporter sur route et, ensuite, grossir la montagne des déchets (2 millions de tonnes de bouteilles non recyclées en 2005), ce n'est pas très écologique. En plus, ce n'est même pas une garantie de qualité. En 1990, Perrier a détruit 160 millions de bouteilles contenant du benzène, solvant inflammable et toxique classé cancérogène par l'Union européenne. Une certaine prise de conscience vient compliquer les choses. Aux Etats-Unis, la municipalité de San Francisco a banni l'eau en bouteille, idem à Liverpool, et des groupes de pression tels que Food and Water Watch et Corporate Accountability International en appellent à "penser hors de la bouteille", à en revenir au robinet.8 Si cette prise de conscience venait à s'étendre, vendre du vent, même lorsque ce n'est que de l'eau, deviendrait plus compliqué.

Côté santé, un  business

De nombreuses études ayant démontré le rôle néfaste du surpoids sur l'espérance de vie, certaines firmes du secteur agroalimentaires sont pointées du doigt. En réaction, avec "Ensemble, mieux manger, mieux vivre" pour mot d'ordre, Nestlé s'est convertie en spécialiste du bien-être et de la nutrition.

C'est ainsi qu'en 2006, elle rachète pour 2,5 milliards de dollars la division Nutrition Médicale de Novartis (2.000 salariés dans 40 pays et un chiffre d'affaires annuel de 950 millions de dollars) et devient le numéro deux, derrière Abbott, de ce secteur décrit comme "très lucratif et riche en potentiel de croissance"9 .

Outre les produits destinés aux hôpitaux, la transnationale a également acheté la même année la marque d'aliments de régime Jenny Craig et les barres de céréales Uncle Toby's.10

Nestlé s'est également associée avec Coca-cola pour lancer une boisson "anti-obésité" sous le nom d’Enviga. Ce breuvage à base de thé vert et de caféine, déjà commercialisé aux Etats-Unis, entraînerait une hausse de l’activité métabolique et permettrait donc de brûler plus de calories... sans lever un doigt: trois canettes du breuvage permettraient d’éliminer 80 calories en moyenne.11

Et quel que soit le côté, c'est éthique

Beaucoup de scandale pour une entreprise qui se veut l'incarnation du nid familial accueillant la maman qui nourrit ses oisillons. Qu'à cela ne tienne, Nestlé se donnera corps et âme à ce nouveau concept qu'est la "responsabilité sociale des entreprises" seule à même d'améliorer l'image de la multinationale. Nestlé se vante ainsi sur son site officiel de se dédier à la création de valeurs communes pour la compagnie et la société dans son ensemble. Leurs domaines de prédilection sont, disent-ils, les relations avec le consommateur, la santé et le bien-être, mais aussi l'accès à l'eau et la protection de l'environnement, ou encore le développement rural, et les conditions de travail de ses employés12 .
Plus c'est gros, mieux ça passe.

En 2005, la multinationale s'est portée candidate pour recevoir le label Fairtrade pour une nouvelle gamme de café qui, commercialisée en Grande-Bretagne sous le nom de Partner's Blend, sera promue sous le sceau du commerce équitable, une filière qui connaît un essor commercial impressionnant, son chiffre d'affaires étant passé Outre-manche de 30 à 250 millions de dollars en quelques années. L'initiative n'a pas manqué de susciter la controverse dans les milieux du commerce dit équitable. Si certains, comme Oxfam, jugent qu'elle va dans la bonne direction, d'autres, comme la Baby Milk Action ou ActionAid, estiment qu'il s'agit d'une initiative totalement cynique qui risque de semer la confusion dans l'esprit des consommateurs éthiques et de dévaloriser le label Fairtrade13 .

A la mi-janvier 2010, c'est au tour de Kit Kat de s'"équitabiliser" au Royaume-uni et en Irlande. Quelques mois plus tard, l'ONG Greenpeace lancera une campagne contre Nestlé, leur demandant d’arrêter de se fournir en huile de palme, composant essentiel dans la fabrication de barres chocolatées, issue de la destruction des forêts tropicales et des tourbières indonésiennes.14

Même "équitable" la barre de chocolat reste difficile à avaler…

Cette analyse ainsi que la plupart des références en note de bas de page sont essentiellement tirées de la quinzaine de dépêches réunies sous la rubrique Nestlé sur l'Observatoire des entreprises du Gresea.

05/07/2010

L’Otan avec Israël et contre l’Iran : Un pas de plus vers la guerre

http://www.csotan.org/


otan iran israelUn nouveau pas vient d'être franchi dans la direction de la guerre, avec la résolution 1929 du Conseil de Sécurité de l’ONU décidant d'une 4e vague de sanctions pour tenter d'asphyxier l'Iran.


Elle vient tout juste après l'attaque par Israël en eaux internationales d'une flottille civile, acte de guerre qui, lui, n'a eu droit qu'à une déclaration embarrassée du Conseil de Sécurité, - et quelques semaines après que la conférence du Traité de Non Prolifération ait appelé au démantèlement de l'arsenal nucléaire israélien, estimé à près de 200 têtes nucléaires. Mais ce sont les activités nucléaires civiles - jusqu'à preuve du contraire - de l'Iran que le Conseil de Sécurité sous pression occidentale sanctionne. On a une nouvelle démonstration de l'arrogance avec laquelle la "Communauté Internationale" autoproclamée réaffirme son droit à l'arbitraire – le droit du plus fort.


Et le président bosniaque expliquait sans ambages que son vote au Conseil de Sécurité en faveur des sanctions, était fonction de l'objectif de son pays de devenir au plus vite membre à part entière de l'Otan et de l'Union Européenne !
Contrairement à ce qui a pu être entendu, ces sanctions ne sont pas du tout "symboliques" ; elles visent en particulier à empêcher l'Iran d'acquérir les moyens d'assurer sa propre défense, alors que ce pays est sous la menace explicite d'une attaque de grande ampleur, comme l'avaient été l'Irak et l'Afghanistan avant lui. La possibilité offerte par cette résolution d’arraisonner les navires iraniens en pleine mer est un palier qualitatif très important, ouvrant la porte à toute provocation.


Ces sanctions viennent d'être complétées par l'Union Européenne, qui a voté ce 17 juin, des sanctions unilatérales qui bloquent tout investissement et transfert d'équipement dans les secteurs du pétrole et du gaz. Rien à voir avec les activités nucléaires de l'Iran, mais bien avec la préparation d'une agression, où il est important d'avoir un ennemi le plus faible et désarmé possible. On suit apparemment la stratégie adoptée avec l'Irak, qui, sanction après sanction, avait abouti à l'agression finale de ce pays rendu impuissant, après une décennie d'embargo.


L’Otan est directement partie prenante de cette agression annoncée. L'épouvantail de la menace iranienne est agité à chaque occasion par son secrétaire général, ses porte-paroles et ses "experts". ce n'est pas uniquement dans le but de vendre son projet de 'bouclier anti-missile'. Dans le document préparatoire au « nouveau concept stratégique » devant être adopté au prochain sommet de l'Otan, à Lisbonne, l'Iran figure dans le peloton de tête des "menaces" auxquelles doit se préparer l'Otan : « Les efforts que déploie l’Iran pour enrichir du combustible nucléaire, concevoir des armes nucléaires et constituer des stocks de missiles balistiques à longue portée pourraient faire naître, pour l’Alliance, une menace majeure de type article 5 dans les dix ans qui viennent. », y lit-on notamment.


Dans ce contexte, les velléités que manifeste depuis quelques temps la Turquie, membre essentiel de l'Alliance, à jouer un rôle politique indépendant, et à s'opposer à la marche vers la guerre, doivent représenter une préoccupation particulière pour l'Otan, qui a même été contrainte à un communiqué ambigu mais d'un ton inusuel, envers son allié israélien si privilégié. Il n’est pas impossible que la Turquie ait invoqué à son tour « l’Article 5 » lorsque les bateaux civils turcs ont été attaqués par l’armée israélienne, et qu’elle n’ait pas été entendue.


Pendant ce temps, nos ministres de la Défense et autres en Belgique, multiplient les déclarations de loyauté et de soumission absolue envers l’Otan : il n’est pas question de retirer nos troupes et bombardiers F-16 de la guerre d’Afghanistan ; la participation belge à la formation de l’armée irakienne mise en place par l’occupant n’est même pas un sujet de discussion ; on ne touche pas aux bombes atomiques entreposées sur notre territoire sans les instructions de l’Otan…


N’attendons pas le fait accompli d’une nouvelle guerre et mettons en œuvre une politique belge indépendante et de rupture avec l’Otan-machine de guerre.

21:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guerre, usa, iran, nucleaire, otan, israel |  Facebook |

03/07/2010

Crise financière, les six étapes d’un désastre

(Extrait de "LEMONDEDIPLOMATIQUE")

Des subprimes à l’effondrement des dominos européens
Crise financière, les six étapes d’un désastre


L’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé, mardi 27 avril, la dette souveraine grecque au rang d’obligation douteuse, et abaissé celle du Portugal. Le lendemain, l’Espagne entrait dans le collimateur – à qui le tour ?

Dans les trois cas, l’agence dit fonder son appréciation sur les perspectives macroéconomique des pays concernés : une croissance faible ne leur permettrait pas d’acquitter leurs engagements. Mais quels facteurs assombrissent ainsi leur horizon économique ? On peut facilement identifier l’un d’entre eux : les coupes budgétaires mises en œuvre sous la pression… des investisseurs et des agences de notation.

La boucle est ainsi bouclée. Avec le recul, les pièces éparses des krachs économiques à répétition survenus ces trois dernières années composent peu à peu le thème d’un puzzle bien connu. Son cadre : la vague de déréglementation financière des années 1980. Son nom : à crise de marché, remèdes de marché.

Première étape : en 2007 les ménages américains, dont les revenus stagnent, notamment sous l’effet de la concurrence internationale, se trouvent dans l’incapacité de rembourser des prêts immobiliers attribués sans souci de garantie par les banques saisies d’ivresse. Depuis l’éclatement de la « bulle Internet » en 2000, la Réserve fédérale américaine maintient en effet des taux d’intérêts très bas, favorisant l’aventurisme des investisseurs.

Deuxième étape : en septembre 2008, la crise des subprime dégénère en crise bancaire, les bilans des établissements financiers se révélant farcis de crédits immobiliers insolvables ventilés aux quatre coins de la planète dans des produits financiers sophistiqués. Lehman Brothers chute ; la panique gagne ; les banques cessent d’accorder du crédit : l’économie est au bord de l’asphyxie.

Troisième étape : plutôt que de placer l’intégralité d’un secteur financier failli sous contrôle public, les gouvernements acceptent de le renflouer en l’état. Les Etats s’endettent hors de proportion pour sauver les banques et relancer l’économie. Mais, après vingt ans de baisse continue de la fiscalité, les recettes ne suivent pas. Entre la fin de l’année 2008 et le milieu de l’année 2009, la crise de la finance privée se convertit en gonflement de la dette publique et en crise sociale. Dans les pays occidentaux, le chômage grimpe en flèche.

Quatrième étape. Requinqués par l’afflux d’argent public et la remontée des Bourses, stimulés par des taux d’intérêts quasi-nuls, banques et fonds d’investissements reprennent leurs affaires ordinaires. Pendant la tourmente boursière, beaucoup ont reporté leurs avoirs du marché actions (perçu comme incertain) vers celui des dettes publiques (réputé sûr). Mais celles-ci enflent dangereusement et ne servent qu’un faible taux d’intérêt. Le faire monter : telle est la conséquence de « l’attaque » spéculative sur la dette souveraine des pays « périphériques » de l’Europe entamée après la révélation du maquillage des déficits grecs – carambouille effectuée avec l’aide de la banque d’affaires Goldman Sachs.

Cinquième étape. Dès lors que les puissances publiques se refusent à stopper la spéculation par la loi et par une aide immédiate à la Grèce, un cercle vicieux s’enclenche : il faut emprunter pour payer la dette ; réduire ses déficits pour emprunter ; tailler dans les dépenses publiques pour réduire les déficits ; abaisser les salaires, les prestations sociales et « réformer » les retraites pour réduire les dépenses publiques. Autant de mesures qui appauvrissent les ménages, obscurcissent les perspectives économiques et incitent les agences de notation à dégrader les titres de la dette souveraine…

D’abord présentée aux Etats, la facture adressée par les banques pour le prix de leur propre impéritie échoit alors à son destinataire final : les salariés.

Sixième étape. L’effondrement des dominos européens. Nous y sommes. Miroir de la désunion européenne, le plan d’aide à la Grèce entériné le 11 avril tente tardivement de concilier tous les antagonismes : l’intervention du Fonds monétaire international (FMI) avec le sauvetage des apparences communautaires ; la mise sous tutelle d’Athènes et le principe de souveraineté nationale ; l’intérêt bien compris des banques françaises et allemandes, lourdement exposées à la dette grecque, et le Traité de fonctionnement de l’Union européenne, qui interdit la solidarité financière avec un Etat membre (articles 123 et 125) ; le montant des prêts initialement prévus (45 milliards d’euros, dont 15 par le FMI) et les sommes désormais jugées nécessaires pour endiguer l’activité spéculative (deux, voire trois fois supérieures) ; le modèle économique rhénan qui comprime les salaires pour dilater les exportations, et les balances commerciales négatives de ses voisins ; l’agenda politique de la chancelière allemande Angela Merkel, confrontée à un important scrutin régional le 9 mai, et celui des dirigeants des pays les plus endettés qui voient l’orage spéculatif aborder leurs rivages.

En vertu de cet arrangement, la Grèce pourra emprunter à des taux moins élevés que ceux du marché (mais infiniment plus que ceux, pratiquement nuls, associés aux sommes débloquées sans limite par la Banque centrale européenne en faveur d’établissements privés en 2008 et 2009). Elle devra en contrepartie réduire de 5, voire de 6 points, un déficit budgétaire estimé à 14 % du produit intérieur brut. Une saignée violente, opérée prioritairement dans les budgets sociaux, mais déjà insuffisante aux yeux Berlin. Moins de dix jours après son annonce, les cortèges hostiles se succédaient dans les rues d’Athènes, le spectre du défaut de paiement planait sur l’Acropole, la crise de la dette souveraine gagnait la péninsule ibérique et les rumeurs d’éclatement de la zone euro se propageaient.

Faite d’improvisation, de crainte et de résignation face aux impositions de la finance, la réaction des Etats, des institutions européennes et du FMI se caractérise par l’absence de stratégie d’ensemble : on se contente de répercuter la contrainte des marchés tout en jurant d’y résister. Elle incite les pays membres à se démarquer mutuellement dans l’espoir d’échapper aux paris des investisseurs. Une fois les « partenaires » placés en situation de concurrence, c’est à qui exhibera le plan d’austérité le plus drastique. A Lisbonne comme à Athènes, à Dublin comme à Madrid, résonne un mot d’ordre unique : « rassurer les marchés » – un an auparavant, les dirigeants du G20 promettaient de les dompter. Au fond, la dynamique réfracte involontairement la logique réelle de l’Union européenne, promise à tous comme un espace de solidarité et finalement livrée au dumping social, salarial, fiscal et maintenant spéculatif… D’autres solutions s’offraient pourtant au choix des gouvernants.

Comme la mer qui se retire, la crise découvre la fragilité d’une construction qui, depuis son origine, repose sur un pari : l’union douanière et monétaire entraînera l’union politique et populaire. C’est peu dire qu’il est perdu.

Pierre Rimbert

01/07/2010

Israël - Michel Collon analyse Libé et Le Monde. 10/06/2010

08:08 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Médiamensonges | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/06/2010

Après les pièges à l'emploi, les pièges aux congés

(Extrait de "LALIBRE.BE") 29/06/2010.


pict_242079Le patronat belge constate que pour un salaire médian de 2.500 euros brut par mois, le travail à 4/5ème temps ne représente quasiment aucune différence en terme de salaire net.

Après les pièges à l'emploi, par lesquels une certaine partie de la population active est encouragée à ne pas travailler, ce sont les "pièges aux congés" qui menacent, avertit la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) dans son Livret statistique publié mardi. Ainsi, le patronat belge constate que pour un salaire médian de 2.500 euros brut par mois, le travail à 4/5ème temps ne représente quasiment aucune différence en terme de salaire net. Un 4/5ème ajouté à un congé parental et à une prime attribuée par la Flandre ne représente en effet qu'une perte salariale de 1 à 4 pc. Et un 4/5ème ajouté à un crédit-temps fait baisser le salaire net de 5 à 7 pc.

"Pour pas mal de parents célibataires ou cohabitants, le travail à temps partiel est presque aussi lucratif que le travail à temps plein. Et si l'on tient compte du coût de la garde des enfants, le système du 4/5ème apparaît encore plus attrayant", écrit notamment la FEB dans son Livret.

"Mais budgétairement (750 millions d'euros en 2009) et d'un point de vue organisationnel, les limites ont été atteintes. Avec les déficits de plus en plus importants de la sécurité sociale, on peut se demander si le travail à temps partiel peut encore être soutenu financièrement", précise la fédération patronale.

06:53 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/06/2010

La fiscalité belge sur le travail parmi les plus élevées

(Extrait de "LALIBRE.BE") 28/06/2010.

pict_241825L'imposition du travail en Belgique reste l'une des plus élevée de l'Union européenne, selon le dernier rapport d'Eurostat relatif à la fiscalité en Europe.

Le taux d'imposition implicite du travail, qui fournit une mesure globale de la charge fiscale pesant sur les revenus du travail, a enregistré une baisse d'un point entre 2000 et 2008 (de 43,6% à 42,6%). Dans la zone euro, la baisse est un peu plus importante (de 35,8% à 34,2%).

L'écart s'est donc encore creusé entre la Belgique et les autres pays de la zone euro au cours de la dernière décennie. La Belgique est d'ailleurs le pays de la zone euro où la pression fiscale sur le travail est la plus élevée, derrière l'Italie (42,8%).

La taxation du capital est également plus élevée en Belgique qu'en moyenne dans la zone euro. A 32,7% en 2008, le taux de taxation implicite du capital a progressé de plus de trois points depuis 2000. Ici aussi, la Belgique a creusé l'écart avec les pays voisins, puisque le taux moyen a progressé dans une moindre mesure, de 25,1% à 26,1% dans la zone euro.

Les taux d'imposition implicites expriment les recettes fiscales cumulées, en pourcentage de la base d'imposition potentielle pour chaque domaine.

07:10 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/06/2010

Les dix grands médiamensonges d'Israël


Michel Collon : "Les 10 grands médiamensonges d'Israël"
envoyé par gastru. - L'info internationale vidéo.

22:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Attaque de la flotille de la paix par Israël


Michel Collon : Attaque de la flotille de la paix
envoyé par gastru. - L'actualité du moment en vidéo.

22:28 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

31/05/2010

Appel : Pour une mobilisation européenne contre la dictature des créanciers

Appel : Pour une mobilisation européenne contre la dictature des créanciers
(Extrait de CADTM)


CADTM GrèceDepuis des mois, des manifestations ont lieu en Grèce pour s’opposer au plan d’austérité que le gouvernement, les dirigeants européens et le Fonds monétaire international ont décidé d’imposer au peuple grec. Aujourd’hui, la direction du pays n’appartient plus à ses élus mais est placée sous la tutelle du FMI et des institutions européennes échappant à tout contrôle démocratique.
Plusieurs grèves générales ont déjà eu lieu à l’appel de l’ensemble des syndicats et des partis politiques de gauche depuis le début de l’année 2010.
Cette lutte exemplaire fait écho à celles des peuples d’Europe orientale (Roumanie, Hongrie, Lettonie...), à celles des autres pays des Balkans (Bosnie...), d’Irlande et récemment d’Islande confrontés à des plans d’austérité similaires.

Les peuples de tous les pays d’Europe ont été, sont ou seront concernés par ces attaques qui veulent faire payer aux salariés, aux retraités, aux chômeurs, les effets d’une crise profonde dont ils ne sont en rien responsables.
En effet, ce sont les ‘marchés financiers’ (banques, assurances, fonds de pensions...) qui, par leurs pratiques spéculatives au service des actionnaires et des rentiers, sont responsables de cette crise financière qui prend pour cible la dette publique des pays.

D’où vient cette dette publique ?

Elle est principalement le fruit des politiques fiscales favorables aux individus les plus riches et aux grandes entreprises. La baisse des recettes que ces cadeaux aux riches ont entraînée a amené les gouvernements à financer par l’emprunt une partie croissante du budget. Plus récemment, la baisse d’activité économique a entraîné une réduction des recettes fiscales. Enfin, la mise en place des plans de sauvetage des banques a aggravé encore davantage les déficits publics sans que les pouvoirs publics n’en profitent pour prendre le contrôle du secteur financier afin d’en changer les pratiques.

Qu’a-t-elle financé ?

La dette publique des Etats n’a pas servi à financer des créations d’emplois, des améliorations des services publics et des infrastructures, elle a seulement servi à sauver la mise des coupables et à combler les déficits budgétaires ainsi provoqués.

Qui en profite ?

Ce sont justement ceux qui ont déjà bénéficié des réductions d’impôts (les ménages les plus riches), les banques et les grandes entreprises qui, dans le même temps, spéculent sur les titres de la dette publique et empochent les intérêts des obligations d’Etat. C’est ainsi une double récompense pour les fautifs.

Qui va payer ?

Mais c’est une double peine pour les victimes ! Ce sont les populations pauvres, ceux et celles qui vivent de leur travail qu’on veut pressurer aujourd’hui pour voler au secours des profiteurs de la dette :

• Baisse des salaires et des retraites,

• Casse de la protection sociale,

• Destruction des services publics,

• Remise en cause du droit du travail,

• Augmentation de la fiscalité sur la consommation, notamment la TVA.

Non seulement ces plans d’austérité ne règleront en rien les causes réelles de la crise, mais ils vont plonger des millions d’êtres humains dans la misère et la précarité.

Le réseau CADTM-Europe appelle l’ensemble des forces politiques, syndicales et associatives, à organiser dans l’unité, à l’échelle nationale et européenne, les mobilisations nécessaires pour s’opposer à ces attaques concertées contre les peuples d’Europe.

Refusons de payer leur crise. Préparons un vaste mouvement social contre la dette et les causes de cette crise !

Au lieu de ces plans d’austérité, il faut s’attaquer à la racine du problème :

• En expropriant les banques pour les transférer au secteur public sous contrôle citoyen

• En réalisant un moratoire unilatéral (sans accumulation d’intérêts de retard) sur le paiement de la dette le temps de réaliser un audit (avec participation citoyenne) des emprunts publics. Sur la base des résultats de l’audit, il s’agira d’annuler la dette illégitime.

• En instaurant une véritable justice fiscale et une juste redistribution de la richesse

• En luttant contre la fraude fiscale massive dont sont responsables les grandes entreprises et les plus riches

• En remettant au pas les marchés financiers, par la création d’un registre des propriétaires de titres, par l’interdiction des ventes à découvert...

• En réduisant radicalement le temps de travail pour créer des emplois tout en maintenant les salaires et les retraites

• En socialisant les nombreuses entreprises et services privatisés au cours des 30 dernières années.

Créons une vaste mobilisation populaire dépassant les frontières car il faut faire converger les luttes locales sur le plan international pour venir à bout des politiques de régression sociale.

29/05/2010

La colère des pauvres

La colère des pauvres
Noam Chomsky   (Extrait du site de Michel Collon)

noam_chomsky_croppedLe 18 février, Joe Stack, un ingénieur en informatique de 53 ans, s’est suicidé en écrasant son petit avion contre un édifice à Austin, Texas, en détruisant un bureau du Service de Perception Fiscale (IRS, selon son sigle en anglais), en tuant une autre personne et en blessant plusieurs.

Stack a laissé un manifeste contre le gouvernement qui expliquait son action. L’histoire commence quand il était un adolescent qui vivait dans la pénurie dans Harrisburg,  Pennsylvanie, près du coeur de ce qui a été une fois un grand centre industriel.

Sa voisine, une octogénaire qui survivait avec de l’aliment pour des chats, était la veuve d’un ouvrier métallurgique retraité. Son époux avait travaillé toute sa vie dans les fonderies du centre de la Pennsylvanie, en ayant fait confiance aux promesses des grandes entreprises et du syndicat , sur le fait que ses 30 années de service, lui assurerait une pension et une couverture médicale pour sa retraite.

 ”Au lieu de cela, il fut l’un des milliers qui ne reçurent rien parce que l’administration incompétente des fonderies et le syndicat corrompu (, pour ne pas mentionner le gouvernement) avaient investi dans des fonds de pensions et ceux-ci ont volé sa retraite. La chose unique qu’elle avait pour vivre était la sécurité sociale”.

Elle aurait pu ajouter que les très riches et leurs alliés politiques continuent d’essayer d’en finir avec la sécurité sociale.

Stack a décidé qu’il ne pouvait pas avoir confiance dans les grandes entreprises et qu’il suivrait son propre chemin, seulement il découvrit alors qu’il ne pouvait pas non plus avoir confiance dans gouvernement qui se désintéressait des gens comme lui, mais seulement aux riches et aux  privilégiés; ou dans un système légal dans lequel “il y a deux ‘interprétations’ de chaque loi, l’une pour les très riches et l’autre pour nous tous”.
 
Le gouvernement nous laisse avec “la plaisanterie à laquelle nous donnons le nom de  système de santé américaine, y compris les compagnies pharmaceutiques et les assurances (qui) assassinent des dizaines de milliers de personnes par an”, puisqu’elles rationnent la prévention en grand partie sur la base de la richesse et non de la nécessité.

Stack fait remonter l’origine de ces iniquités à un ordre social dans lequel “une poignée de crapules et de pillards peuvent commettre des atrocités impensables … et quand il est l’heure que leur source d’argent facile s’épuise sous le poids de leur cupidité et de leur stupidité écrasante, tout le gouvernement fédéral n’a pas de difficulté pour courir à son aide en quelques jours, s’il ne s’agit  pas d’ heures”.

Le manifeste de Stack finit avec deux phrases évocatrices : “Le credo communiste : de chacun qui selon sa capacité, à chacun selon ses besoins. Le credo capitaliste : que chacun donne selon sa crédulité que chacun reçoive selon sa cupidité”.

Des études émouvantes des zones industrielles abandonnées des États-Unis révèlent une indignation comparable parmi les individus qui ont été déplacés à mesure que les programmes capitalisto – étatiques ferment des bâtiments et détruisent des familles et des communautés.

Une sensation aigüe de trahison est dénotée chez les gens qui croyaient qu’ils s’étaient acquittés de leur devoir avec la société dans un pacte moral avec les entreprises et le gouvernement,  pour découvrir alors qu’ils étaient de simples instruments du lucre et du pouvoir.

Des similitudes étonnantes existent en Chine, la deuxième plus grande économie du monde, enquêtée par l’experte d’UCLA Ching Kwan Lee.

Lee a comparé l’indignation et le désespoir de la classe ouvrière dans les secteurs  industriels détruits des États-Unis avec ce qu’elle appelle la zone industrielle de la Chine : le centre industriel socialiste étatique dans le nord-est, maintenant abandonné au profit du développement de la zone de croissance rapide dans le sud-est.
 
Dans les deux régions, Lee  a trouvé des protestations massives des travailleurs  mais de caractère différent. Dans la zone industrielle abandonnée, les ouvriers expriment la même sensation de trahison que leurs homologues aux USA; dans leur cas, la trahison des principes maoístes d’une solidarité et la manière dont ils s’étaient dédiés au développement de la société ce qu’ils considéraient comme un pacte social,  pour découvrir que c’était  seulement ce qui était, maintenant, une fraude amère.

Dans tout le pays, des vingtaines de millions de millions de travailleurs séparés de ses unités de travail “sont bouleversés par une sensation profonde d’insécurité” qui engendre une “furie et un désespoir”,  écrit Lee.

Le travail de Lee et les études de la zone industrielle abandonnée des États-Unis mettent en évidence que nous ne devrions pas sous-estimer la profondeur de l’indignation morale qui existe derrière l’amertume furieuse, souvent autodestructrice, envers le gouvernement et le pouvoir patronal.

Aux États-Unis, le mouvement populiste appelé Tea  Party – et encore plus les cercles plus amples  qu’il atteint – reflètent l’esprit de la désillusion. L’extrémisme antifiscal de Tea Party n’est pas aussi immédiatement suicidaire que la protestation de Joe Stack, mais cependant il  est suicidaire.

Actuellement, la Californie est un exemple dramatique. Le plus grand système public d’éducation supérieure du monde est démantelé.

 Le gouverneur Arnold Schwarzenegger  dit qu’il doit  éliminer les programmes étatiques de santé et de bienfaisance à moins que le gouvernement fédéral n’apporte environ 7.000 millions de dollars. D’autres gouverneurs  se joignent à lui.

Pendant ce temps, un mouvement puissant récent pour les droits des états demande que le gouvernement fédéral ne se mêle pas de nos affaires, un bon exemple de ce qu’Orwell a appelé ” la double pensée” : la capacité d’ un esprit de nourrir deux idées contradictoires alors qu’il croit aux deux , pratiquement une devise pour nos temps.

La situation de la Californie est le résultat, en grande partie, d’un fanatisme antifiscal. Il est très similaire à ce qui existe ailleurs, même dans des faubourgs riches.

Encourager le sentiment antifiscal a été la caractéristique de la propagande patronale. Les gens doivent être endoctrinés pour détester et pour craindre le gouvernement pour de bonnes raisons : des systèmes existants de pouvoir, le gouvernement est le seul qui en principe, et parfois en fait, répond au public et peut restreindre les gâchis du pouvoir privé.
 
Cependant, le propagande antigouvernementale doit être nuancée. Naturellement, les  entreprises favorisent un état puissant qui travaille pour les institutions multinationales et financières, et même les sauve quand elles détruisent l’économie.

Mais, dans un brillant exercice de double pensée, les gens sont conduits à détester et à avoir peur du déficit. De la sorte, les associés des entreprises à Washington pourront décider de la réduction des acquis  et de droits comme la sécurité sociale (mais ne les sauve pas).

Dans le même temps, les gens ne devraient pas s’opposer à ce qui crée en grande partie  le déficit : l’augmentation du budget militaire et le système de soin médicaux privatisé complètement inefficace.

Il est facile de ridiculiser la manière dont Joe Stack et ceux qui pensent  comme lui expriment leurs inquiétudes, mais il est beaucoup plus approprié de comprendre ce qu’il y a derrière leur perception et actions dans une époque dans laquelle ceux qui ont de vrai raison de se plaindre se mobilisent dans les formes qui pourtant représentent un grand danger pour eux-mêmes et pour les autres.

Noam Chomsky est professeur émérite de linguistique et de philosophie dans l’Institut Technologique du Massachusetts au Cambridge, au Massachusetts.

Traduction: Danielle Bleitrach pour wordpress

Source: lajornada

06:46 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/05/2010

EUROPE - Nouvelle gouvernance économique : rêves et réalités

EUROPE
Nouvelle gouvernance économique : rêves et réalités


(Article issu de "politique.eu.org")

La crise budgétaire que traverse actuellement la Grèce (et demain d’autres pays de l’Union) interroge inévitablement le système monétaire européen, dont l’emblème (l’euro) fête ses dix ans. Un constat s’impose : le modèle de gouvernance économique de l’eurozone est faillible.

Article paru dans POLITIQUE Avril 2010 (n°64) : Bougez !? La nouvelle obsession de la mobilité, par Inès Trépant

Deux mille neuf : l’euro souffle ses dix bougies. Hier havre de paix, la zone euro se trouve aujourd’hui dans l’œil du cyclone. Au moment où nous rédigeons ces lignes, la descente aux enfers de la Grèce, qui s’englue dans un endettement public abyssal, est susceptible de mettre le feu aux poudres de l’ensemble de la zone euro. L’argument selon lequel un risque de défaut de paiement de la Grèce serait indolore, compte tenu que son économie pèse peu au sein de l’eurozone (2% du PIB) ne tient pas. La Grèce n’est pas un cas isolé. L’Espagne, le Portugal ou encore l’Italie pourraient suivre… Pour sortir de l’ornière, les appels à la solidarité et à l’amélioration de la gouvernance économique de l’UE se font de plus en plus pressants. Herman Van Rompuy, nouveau président de l’UE, entend jouer les sapeurs pompiers en exhortant les États membres à constituer un « gouvernement économique européen ». José Emmanuel Barroso, président de la Commission, abonde dans le même sens. Pour asseoir la crédibilité de ses propos, le Traité de Lisbonne est hissé comme étendard pour calmer le jeu des fonds spéculatifs sur la monnaie. Comme si la mise en œuvre pleine et entière des nouvelles dispositions du Traité, notamment dans le volet de la coordination économique, suffirait à éteindre les braises.

Or, c’est oublier que les questions économiques n’ont précisément pas été revues en profondeur lors de la dernière réforme institutionnelle. Hormis quelques modifications mineures, les questions de gouvernance économique, dont le Traité de Maastricht (1992) a jeté les bases en instituant l’Union économique et monétaire, restent le parent pauvre du Traité. Pire, le modèle économique qu’il préconise se fonde largement sur les principes de concurrence et de « non-solidarité ». Il souffre ainsi d’un vice de construction dont on sent à présent le souffle du boulet. Conscients que la convergence économique des États était indispensable au fonctionnement d’une Union monétaire, les pères de l’euro l’ont sciemment restreinte à un dispositif contraignant de discipline budgétaire. En organisant le marché intérieur selon les principes de concurrence fiscale et sociale, les pays de l’UE ont de facto délégué ce processus au marché, enclenchant un processus de fragilisation des travailleurs et de précarité à grande échelle, dont ils subissent à présent l’effet boomerang. Les exhortations à la constitution d’un « gouvernement économique européen » ne seront crédibles dès lors que l’on n’éludera plus ce débat.
L’engrenage

Parmi les failles du Traité qui ont préparé le terreau de la secousse monétaire, trois retiendront notre attention. La règle de « non-garantie » (euphémisme pour signifier le principe de « non-solidarité ») ; l’interdiction de restreindre la libération des capitaux et le Pacte de stabilité et de croissance. Elles font office à présent de camisole de force, dont il faudrait se libérer pour sortir de la crise par le haut.

Les dispositions relatives au fonctionnement de l’Union économique et monétaire ont coulé dans le marbre le principe de non-sauvetage (no « bailing-out »). L’article 125 TFUE |1| (ex-article 103 TCE) interdit ainsi formellement toute prise en charge des engagements des États par la Communauté ou d’autres États membres. Concrètement, cela signifie qu’un État membre ne peut pas compter sur l’intervention de ceux-ci en cas de dérapage budgétaire…

Il est piquant de constater qu’à l’origine, cette absence de sauvetage s’est vu motivée par la nécessité de contenir « l’aléa moral » des autorités publiques. Par contre, aucun mécanisme n’a préalablement été conçu pour contenir toute forme d’aléa moral du secteur privé. Au contraire, les Traités l’ont implicitement encouragé de deux façons. D’abord, en consacrant la libération totale et irréversible des mouvements des capitaux entre les États membres et à l’égard des pays tiers (de manière unilatérale). L’engrenage de la dérégulation financière est ainsi amorcé. Ensuite, la politique de concurrence, prérogative exclusive de l’UE, a précipité la crise. S’il est vrai qu’elle est censée répondre aux intérêts des consommateurs, en élargissant la gamme de produits et en réduisant les prix, la réalité est toutefois plus complexe. Elle a favorisé la constitution d’oligopoles dans le secteur financier... Or, la « consolidation financière », issue du mouvement de « fusion-acquisition » d’entreprises, a pour effet de réduire la concurrence et d’accroître les risques d’instabilité financière. D’où l’idée que ces établissements devenaient, dans le jargon financier, « too big to fail » (trop grand pour faillir). En secourant ces « molosses » de l’industrie financière, les États sont dès lors tombés de Charybde en Scylla : ils ont encouragé l’aléa moral dans le secteur financier... et ce, en laissant exploser leur déficit public.

L’ironie du sort veut que les États soient à présent sanctionnés par ce sauvetage. Dans l’urgence, l’orthodoxie budgétaire a momentanément été mise en sourdine, tant les conséquences d’une dépression paraissaient plus graves que celle de l’endettement. Les marchés financiers ont toutefois sonné la fin de la récréation. Non contents d’avoir été secourus par les autorités publiques, les fonds spéculatifs s’attaquent (en guise de remerciement ?) à la monnaie des États membres de l’eurozone, sous prétexte que certains d’entre eux ont laissé filer leur endettement public dans des proportions inquiétantes. En particulier, la Grèce est en ligne de mire des marchés financiers, qui s’émeuvent de son endettement abyssal. La menace potentielle d’un défaut de paiement se profilant, ils renchérissent le coût de son endettement sur les marchés et rapprochent, de cette façon, la Grèce plus près du bord gouffre... De cette façon, la prophétie risque d’être auto-réalisatrice.
Retour à la case départ

Pour rassurer les marchés, l’heure est à nouveau au tour de vis budgétaire. Et ce en dépit du fait qu’un scénario prématuré de « sortie de crise » met la convalescence économique sous le boisseau. La Commission européenne multiplie les procédures de déficit excessif à l’encontre des États membres. À sa décharge, le Traité l’y oblige, car la discipline budgétaire, et son encadrement dans le Pacte de stabilité et de croissance, constitue une des dispositions fondamentales de l’Union économique et monétaire. L’idée des pères fondateurs de l’euro étant d’éviter que des dérapages budgétaires d’un État pénalisent ses voisins (à travers une hausse des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne subie par tous). En clair, ce dispositif d’encadrement de la rigueur visait à éviter le scénario d’insolvabilité d’un État membre et de stratégie du passager clandestin. Pour être crédible, rappelons que le Pacte de stabilité et de croissance, qui limite le déficit autorisé à 3% du PIB et la dette publique à 60% du PIB, était assorti, dans sa version initiale, d’un mécanisme de sanction. Ce qui reflète l’aversion des Traités pour l’endettement public, suspect d’être obligatoirement néfaste... Et ce en dépit du fait qu’il peut être provisoirement utile pour inciter à un usage plus économe des ressources naturelles, favoriser les produits alternatifs « verts », et orienter les investissements ou l’innovation. A contrario, dérive néolibérale oblige, aucune disposition n’a été prévue pour éviter et sanctionner l’endettement des agents privés, sur laquelle repose notamment la stratégie des fonds spéculatifs (par le biais de l’effet de levier).

Les États membres paient à présent le prix fort de cet ostracisme. Par exemple, la bulle immobilière en Espagne, responsable de l’endettement effréné des ménages, aura été profondément déstabilisatrice pour son économie, et, par ricochet, pour l’ensemble des États de l’eurozone. Mais le Pacte de stabilité et de croissance, qui se focalise sur le seul endettement public, ne s’y est pas intéressé, dès lors qu’il s’agissait d’endettement des agents privés… C’est ainsi que l’Espagne était perçue comme vertueuse, car conforme aux règles du Pacte de stabilité. Cette carence est d’autant plus fâcheuse que le Pacte de stabilité constitue à ce jour le seul outil de gouvernance économique de l’eurozone. Au minimum, s’il y a bien une leçon à tirer de cette crise, c’est que le Pacte doit être réformé : il ne peut désormais plus évacuer la question de l’endettement privé, qui n’est pas plus vertueux ! En outre, on est en droit d’attendre des autorités politiques qu’elles instaurent enfin une limite à l’endettement des acteurs financiers dans les dossiers législatifs en cours (celui des hedge funds, par exemple), au vu de leurs effets funestes pour la collectivité. Mais le combat n’est pas gagné d’avance tant les résistances au changement restent tenaces.
Fragilité monétaire

La crédibilité et la solidité de l’eurozone se mesurera à la capacité des États membres de relever le défi de la gouvernance économique. La gestion de la crise en Grèce constitue, à ce titre, un test grandeur nature de l’engagement européen des États membres. La viabilité à long terme de l’euro en dépend. Dès lors que le Traité exclut formellement l’assistance financière entre États membres de l’eurozone, l’engagement pris par les chefs d’État et de gouvernement, lors de leur sommet informel du 11 février 2010 de ne pas laisser tomber la Grèce, nécessitera la mise en œuvre de solutions créatives, à même de contourner les écueils du Traité. Diverses options sont possibles : émissions d’euro-obligations, aide financière octroyée sur base intergouvernementale entre États ou par la Banque européenne d’investissement… La question ne s’arrête toutefois pas là. Même si on trouve dans l’immédiat les moyens de surmonter la crise grecque, ces mesures provisoires constitueront au mieux un emplâtre sur une jambe de bois, dès lors que les causes des difficultés de l’eurozone ne sont pas traitées en amont.

Pour être solidement ancrée, rappelons, à ce stade, qu’une zone monétaire doit répondre à trois exigences fondamentales. En premier lieu, elle suppose une intégration économique poussée entre les partenaires et la convergence de leurs économies. En clair, si deux pays membres connaissent des situations économiques radicalement différentes et nécessitent donc des politiques économiques opposées, alors la monnaie commune devient une entrave à l’intervention économique. En deuxième lieu, pour résoudre les éventuels chocs asymétriques (choc économique ne concernant qu’un ou une minorité de pays), une zone monétaire doit se doter de mécanismes pour y faire face, par d’autres moyens que la politique monétaire. Ce qui suppose, en troisième lieu, un saut qualitatif dans l’intégration politique. La « volonté politique » constitue, en quelque sorte, le ciment indispensable à même de pérenniser une zone monétaire. Or, force est de constater que la zone euro ne remplit aucune de ces conditions.
Sombres perspectives

En effet, l’Eurozone est en proie à des déséquilibres internes croissants : au lieu de converger, les économies des États membres de la zone euro divergent de plus en plus. En axant sa stratégie économique sur l’exportation, l’Allemagne enregistre par exemple des excédents extérieurs importants, tandis que des pays comme la Grèce sont largement déficitaires. Par ailleurs, aucun dispositif n’a été conçu afin de contrôler et limiter ces divergences économiques (hormis le lacunaire Pacte de stabilité et de croissance). Par exemple, il n’existe ni de « fond de solidarité » ni de budget « fédéral » permettant de résoudre les chocs asymétriques sous forme de transfert de revenus. La coordination des politiques économiques au sein de l’Eurogroupe est surtout d’ordre virtuel. Ainsi, les États membres de l’eurozone ne sont pas légalement tenus de se consulter préalablement avant de prendre des décisions économiques qui affecteraient l’ensemble des partenaires… Enfin, il n’existe aucun appétit politique pour approfondir l’intégration européenne dans son volet social et politique. Pour forcer la convergence de leur économie, les États membres ont au contraire misé sur la stratégie de « déflation salariale » |2|, sur laquelle repose notamment le succès de l’Allemagne. Depuis que l’euro a été porté sur les fonts baptismaux – rendant du même coup caduc l’outil de la dévaluation de la monnaie pour restaurer une perte de compétitivité entre États membres –, jamais les travailleurs n’ont autant été mis en concurrence. Ils sont d’ailleurs qualifiés, dans le jargon économique, de « variable d’ajustement ». Le fait que la question du pilotage économique de la zone euro soit restée en rade n’est pas le fruit du hasard. En effet, elle représente la meilleure garantie pour que la convergence économique se fasse selon les diktats du marché. Pour s’en convaincre, il suffit de rappeler que là où les États membres mettent leur priorité, le Traité prévoit des mécanismes qui visent à décrocher des résultats efficaces. C’est notamment le cas en matière de politique de concurrence (pour laquelle la Commission a quasi plein pouvoir). Pour les négociations commerciales, l’UE dispose également d’un seul porte-parole, à savoir le commissaire au commerce : c’est lui qui négocie seul, dans les instances de l’Organisation modniale du commerce, sur base du mandat livré par le Conseil. À l’inverse, sur les questions socio-économiques, l’UE s’exprime en ordre dispersé… Par exemple, il n’y a pas de siège unique pour les pays de l’UE au sein des instances du Fonds monétaire international (FMI). Au sein de l’Union, faute de gouvernail économique, les États peuvent s’adonner librement à leurs jeux non coopératifs sous couvert du respect du sacro-saint principe de subsidiarité |3|...

Face à l’incurie européenne en matière de gouvernance, l’idée de charger la Commission européenne d’un rôle accru en termes de surveillance économique est a priori salutaire. Toutefois, la question des « outils » ne doit pas supplanter celle des objectifs poursuivis. Certes, la construction d’une Europe citoyenne et solidaire passe par une meilleure prise en charge des enjeux sociaux et environnementaux par la sphère européenne. Pour cette raison, la logique d’intégration européenne en appelle au renforcement du pouvoir des institutions incarnant les « intérêts communs », et a fortiori, de la Commission européenne, l’institution supranationale par excellence chargée de défendre les intérêts européens (à l’inverse du Conseil, qui représente les intérêts nationaux). Mais il ne faut pas prendre des vessies pour des lanternes et tomber naïvement dans le piège d’un « europhilisme béat ». À cet égard, l’opinion émise par la Commission au sujet du plan d’austérité budgétaire de la Grèce a de quoi inquiéter.
L’Union, clone de l’OMC ?

Certes, la Grèce doit prendre des mesures qui s’imposent pour limiter son endettement public. Elle doit notamment réduire drastiquement le poids surréaliste de ses dépenses militaires, lutter contre la corruption et revoir de fond en comble sa politique d’imposition des revenus. À l’inverse, les mesures clés qui se dégagent des recommandations de la Commission sont, entre autres : le gel/réduction des salaires, la réforme – c’est-à-dire le « dégraissage » – de la fonction publique ou encore la réforme du marché du travail (au moyen d’une « flexibilité » accrue des travailleurs). Ainsi, compte tenu que la Grèce ne peut désormais plus user de l’outil de « dévaluation de sa monnaie » pour restaurer sa compétitivité intérieure, la Commission l’exhorte à pratiquer une politique non coopérative de « déflation salariale ». Qu’elle puisse être préjudiciable à la reprise économique ne semble donc pas effleurer les instances européennes. Au contraire, elles ont unanimement « salué » les mesures d’austérité budgétaire prise par la Grèce, début mars, pour regagner la crédibilité des marchés. Quant à l’idée d’assurer un minimum de coordination salariale sur le plan européen pour éviter une mise en concurrence des travailleurs, ou encore de lutter contre la concurrence fiscale entre États au moyen d’une coordination minimale des taux d’imposition des entreprises en Europe, elles n’ont jamais été à l’agenda, faute de consensus, que ce soit au Conseil ou au Parlement européen.

De façon plus générale, ce qui inquiète, c’est le retour en force des vieux réflexes ataviques, et la remise en selle d’un modèle économique éculé. Aux lendemains de la crise, la leçon de 1929 semblait pourtant avoir porté. Les logiques économiques keynésiennes étaient soudainement déterrées : pour éviter le spectre de la récession, les États ont défendu à l’unisson la sortie de crise au moyen d’une politique d’investissements publics, financée par l’endettement. Aucun État n’a prôné la baisse des salaires et des dépenses publiques. La rupture avec l’idéologie libérale n’était que factice. La gestion de la crise grecque, ou plus exactement la mise en scène de la « tragédie grecque » l’illustre à l’envi.

En outre, on dénote d’inquiétantes similitudes entre les mesures d’assainissement budgétaire préconisées par l’UE et celles en vigueur au sein du FMI lors de l’élaboration des très (impopulaires) politiques d’ajustement structurels envers les pays pauvres endettés. L’UE est-elle amnésique au point d’en oublier que ces programmes ont largement démontré leur incurie ? La Commission serait-elle donc un avatar du FMI au sein de l’UE ? Est-ce à nouveau une approche « taille unique », axée sur « l’adaptabilité » des travailleurs à la concurrence internationale, qu’elle nous réserve dans la conduite de la politique économique coordonnée ? Ou faut-il attendre l’implosion de l’euro pour qu’émerge enfin un autre consensus ?

En clair, tant que le modèle économique européen reste ancré dans les valeurs de compétition et non de coopération, on est en droit de craindre que la nouvelle gouvernance économique de l’Union soit une greffe du FMI, décliné à l’échelle européenne, dont le moteur – la recherche d’une croissance accrue par le biais du libre échange – est un clone de l’OMC. Ce scénario n’a pourtant rien d’inéluctable. Créativité, audace et remise en cause du paradigme économique dominant seront, sans conteste, les vecteurs d’une gouvernance économique réussie.

|1| Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, la nouvelle dénomination depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne. (TCE : Traité instituant la Communauté européenne.)

|2| Par une politique de baisse des salaires, un pays entend de cette façon restaurer/gagner un avantage compétitif par rapport à ses autres partenaires commerciaux.

|3| Ce principe, formellement reconnu dès le Traité de Maastricht, veut que les decisions prises dans l’Union européenne le soient au niveau le plus pertinent et le plus proche possible des citoyens.

17:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, monnaie, capitalisme, econmie |  Facebook |

03/05/2010

L’art de passer sous silence dans toutes les langues ce que chacun devrait savoir

Uit Vlaanderen
L’art de passer sous silence dans toutes les langues ce que chacun devrait savoir

Article paru dans POLITIQUE Avril 2010 (n°64) : Bougez !? La nouvelle obsession de la mobilité, par Geert Buelens

C’est comme ça que ça va aujourd’hui dans les médias. Il suffit de l’évasion de quelques gangsters ou de forts soupçons de dysfonctionnement de la part de certains juges pour que les grands mots fassent la une : « La Justice dans une crise sans précédent », « Une nouvelle journée noire pour la Justice » ou « La Justice à nouveau entachée de fraude ». Quand la rue de la Loi se prend les pieds dans le tapis, la presse en fait également ses choux gras : « La crise atteint son paroxysme rue de la Loi », « La faillite de Leterme ». Et cela ne touche d’ailleurs pas que le pouvoir judiciaire ou exécutif, le législatif aussi peut s’attendre à de virulentes manchettes : « Il est grand temps d’avoir du sang frais », titrait un quotidien à propos du parlement flamand. Quand la rédaction s’en prend aux parlementaires fédéraux, cela donne : « Un tiers des députés et la moitié des sénateurs ratent leur examen ».

Comparez cela avec les dépêches qui ont suivi quelques grands scandales, erreurs, et controverses à propos des médias ces derniers mois. Après le jugement implacable du tribunal (« négligence, inexactitude, et manque manifeste de preuves ») sur les comptes rendus de Het Laatste Nieuws à propos du dopage de l’équipe cycliste Quick Step, le journal en question expédie la nouvelle dans un coin en bas de la page 35. La manchette indique : « 500 000 euros de dommages et intérêts pour Lefevere ». Sur la condamnation du journal, rien à part le petit texte cité plus haut où l’accent est surtout mis sur le fait que Lefevere a reçu beaucoup moins que ce qu’il demandait et que c’est un jugement entièrement illogique. Les médias concurrents ne se mouillent pas : au lieu de « Un camouflet pour HLN », on lit « Victoire morale pour Lefevere » ou « Patrick Lefevere a gain de cause dans son procès contre HLN ».

Il n’est évidemment pas illogique que les journalistes évitent de salir leur propre journal, mais la différence de ton est cependant flagrante.
Les nombreuses crises

Si les médias parlaient d’eux-mêmes comme ils le font sur le reste du monde, le terme « crise » reviendrait fréquemment. Non seulement il y a le malaise devenu tout doucement structurel à la VRT, les conflits sociaux l’an passé chez De Persgroep, Corelio et Sanoma, qui ont mené à des actions de protestation, à des arrêts de travail et même au Morgen à la non-parution du journal. Mais le secteur a encore d’autres soucis : des requêtes unilatérales ont contraint Humo, TV-Familie, Dag Allemaal et Telefacts à retirer du marché une émission (ou un morceau de celle-ci) ou à ne pas la diffuser.

En raison de la chute des revenus de la publicité, les marges bénéficiaires s’évaporent et toute une série de médias sont menacés. Het Volk, malgré son ancrage régional solide, a été étouffé progressivement, alors qu’il vendait encore 80 000 exemplaires en 2005. Le mensuel Milo a mis la clé sous le paillasson. Le succès sans cesse croissant de Métro depuis son lancement en 2000 et le flux de nouvelles ininterrompu et gratuit via des sites web de plus en plus étoffés soumettent l’ancien modèle économique des médias à une pression de plus en plus forte. Par définition, le journalisme de qualité est cher. Comment le financer alors que les annonceurs cherchent d’autres endroits et que de moins en moins de gens sont prêts à payer pour être informés ? Le problème se pose de plus surtout chez les jeunes, un groupe qui devrait garantir l’avenir des médias, mais dans les pays occidentaux ceux-ci s’informent de moins en moins, même quand c’est gratuit et en ligne. Si cela continue ainsi, estime le chercheur américain Philippe Meyer, le dernier lecteur fermera son journal définitivement en 2040.

À côté de ces problèmes, les médias se débattent avec une autre crise beaucoup moins en vue : celle de la démocratie. Tous les baromètres de confiance indiquent que les médias s’en sortent à peine mieux que les secteurs de la société (justice, politique) qu’ils s’emploient quotidiennement à noircir. Au-delà de la question de la cause exacte de cette image négative, de plus en plus de voix s’élèvent pour dire que les journalistes n’assument plus suffisamment leur tâche première. La liberté d’expression, qui est la raison d’être constitutionnelle des médias, a pour objectif de créer un forum où des arguments peuvent être examinés et évalués librement. On informe ainsi les citoyens afin qu’ils puissent opérer un choix bien réfléchi dans l’isoloir. Mais il apparaît de plus en plus que les médias, au lieu de soutenir le débat démocratique, l’orientent et le perturbent.

En octobre 2003, Ignacio Ramonet lançait dans Le Monde Diplomatique un appel à la création d’un cinquième pouvoir, un chien de garde qui protègerait le citoyen contre les conglomérats médiatico-commerciaux qui « empoisonnent notre esprit, polluent notre cerveau et nous manipulent ». Il est trop facile de rabaisser cette critique au rang de coup de gueule néo-gauchiste. La critique vient de gauche, mais, surtout sur le web, aussi de droite. Blair l’a exprimée au plus haut niveau dans l’un de ses discours d’adieu comme Premier ministre en 2007. Il mettait notamment en avant la voracité insatiable des médias. Les décideurs de la société passent parfois plus de temps à gérer leurs rapports avec la presse qu’à concevoir et mettre en œuvre la politique dont ils sont censés parler. La quantité énorme d’information qui est déversée ne rend pas pour autant le citoyen mieux informé. Non seulement parce que l’arbre cache entièrement la forêt, mais surtout parce que le ton utilisé ne fait que renforcer le cynisme. Avec la concurrence mortelle entre journalistes, même les médias de qualité se voient contraints de mettre l’accent sur le choquant au lieu de l’intéressant. Des erreurs humaines ordinaires sont montées en épingle et présentées comme un complot par des journalistes rêvant d’un nouveau Watergate. Les interprétations données par les médias aux propos des politiciens sont alimentées par une sorte de paranoïa. Et les politiques consacrent d’ailleurs trop de temps à y réagir.
Un long et douloureux silence

En Flandre, certains universitaires, comme Mark Elchardus, Luc Huyse, et Jan Blommaert, se sont exprimés de manière acerbe ces dernières années sur des évolutions inquiétantes au sein des médias, mais le secteur lui-même n’y a pas apporté de réflexion systématique. Le concept de « démocratie du drame » de Elchardus est utilisé fréquemment, mais je n’ai trouvé aucune trace de considérations journalistiques au sujet des passages sévères consacrés aux médias dans son livre de 2002. On débat régulièrement des problèmes de la profession dans le medium spécialisé De Journalist, mais vers l’extérieur l’Association flamande des journalistes donne trop souvent l’impression de défendre par définition ses adhérents. Lors de ladite condamnation de Het Laatste Nieuws, l’Association ne s’est exprimée que sur le montant du dédommagement sans vouloir prendre position sur « le bien-fondé même du jugement ». Lorsqu’un juge interdit à TV Familie de publier un article sur les Pfaffs, l’Association crie à la censure, mais Tom Naegels relevait déjà à l’époque que c’était une attitude étonnante pour une association professionnelle au vu du manque de respect des règles élémentaires de déontologie dont fait preuve ce journal.

Les médias critiquent par définition tout le monde, sauf eux-mêmes. Un silence éloquent a suivi la publication cet automne du livre Les médias et le journalisme en Flandre - Examen critique, de Johan Sanctorum et Frank Thevissen. Même si les contributions à cet ouvrage sont parfois inégales, cette première tentative de soulever certaines questions mérite assurément une discussion. C’est aussi le cas pour Le pouvoir des médias – C’est le marché qui décide, de l’ancien dirigeant de la VRT, Cas Goossens, un livre qui n’a pourtant reçu que peu d’attention de la presse. Ce qui peut signifier deux choses : soit ses collègues considèrent l’hégémonie du marché dans le secteur comme un lieu commun qui ne pose aucun problème, soit Goossens a touché à un sujet sur lequel on préfère se taire parce qu’il est trop délicat. Je ne suis pas sûr de savoir laquelle de ces deux hypothèses est la plus grave.

Le débat n’est donc pas lancé, même lorsque des publications étrangères secouent le cocotier, comme le Flat Earth News de Nick Davies, un très éminent journaliste anglais. Ce n’est qu’après avoir été mis en valeur par le festival alternatif Het Andere Boek que le livre de Davies a eu droit à quelques échos, mais pas à une grande discussion sur ses positions. Seul le site de nouvelles indépendant De Werktitel s’est entretenu avec lui. Ce site, l’un des rares événements médiatiques positifs de l’année 2009, a été créé par des journalistes licenciés par De Morgen ou dont la rencontre avec les lois actuelles des médias a été brutale.
Incident, accident, chiffonnier

L’absence de réflexion approfondie est d’autant plus incompréhensible que les médias ont vécu une « annus horribilis ». Dès janvier 2009, la VRT a été fortement critiquée pour sa couverture de la bagarre au couteau de Termonde. Les journalistes concernés n’y ont pas vu de mal. Pourtant, le fait que les médias étaient exclus de manière ostentatoire des funérailles aurait dû déclencher la sonnette d’alarme. Ce n’est pas tous les jours qu’un bourgmestre déclare que « nos cellules sont à la disposition de la presse ». Et son intention n’était donc pas d’inviter quelques journalistes à visiter la maison d’arrêt locale. Les mois suivants, des citoyens (qu’ils soient ou non des Flamands connus) sont régulièrement entrés en conflit avec les journaux. Une série de procès et saisies ont aussi amené la Justice à entrer en conflit avec le quatrième pouvoir. Les « Bekende Vlamingen » (Flamands connus) Marcel Vanthilt et Helmut Lotti se sont détournés de Dag Allemaal, Story, TV Familie, et Het Laatste Nieuws. Le fait que le plus grand quotidien reçoive lui aussi des coups n’était pas sans rapport avec la manière dont il a rendu compte du décès de Yasmine |1| et de la série d’articles style « chasse aux sorcières » au sujet de son ex-compagnon. Mais la critique des médias est aussi venue d’ailleurs : pour protester contre la manière dont la rédaction en chef avait géré la série de licenciements, 28 rédacteurs du Morgen sont partis en grève pour un mois. Même des politiciens osent braver l’omerta de temps à autre, comme le sénateur Patrick Vankrunkelsven qui s’est opposé de plein fouet au directeur de Knack, Rik van Cauwelaert, dans l’émission Phara.

Et puis il y a eu des chocs entre les médias eux-mêmes : la lutte entre Dag Allemaal et TV Express peut sans doute être dépeinte comme un règlement de comptes dans le milieu. Mais que penser de la manière dont Knack et De Standaard se sont affrontés par patrons interposés ? Quand son journal Story a été attaqué, Thomas Siffer s’est défendu en indiquant que De Tijd franchissait aussi la limite en dévoilant les bonus des banquiers ou De Standaard en publiant des mails internes du SP.A.

Dans sa rubrique de Knack, présentée comme satirique, Koen Muelenaere essaie systématiquement de saper la légitimité de la rédaction de l’info à la VRT, au Morgen et au Standaard. C’est la paille et la poutre, mais il n’y a eu aucune concertation structurelle. Pourtant, notre pays en a déjà appelé à un débat sociétal en profondeur pour bien moins que cela. Quand le fonctionnement des médias est mis en cause, on n’a droit la plupart du temps qu’à des auto-justifications. Ce ton montre déjà, à lui seul, à quel point chacun est sous pression. Finalement, rien ne prouve aussi bien qu’il y a une omerta à l’égard de l’autocritique dans les médias flamands que le fait que deux sites importants consacrent systématiquement de l’espace à une critique des médias, alimentée par des initiés qui se voient contraints à utiliser un pseudonyme (Radio Plasky et De Minister van Media).
Terrible histoire de meurtre

Bien sûr, cela n’allait pas nécessairement mieux dans le temps. L’appétit humain pour la sensation ne date pas d’hier. Dès la naissance de la presse écrite, un grand nombre de rames de papier ont été consacrées au « Murder Ballads ». Cet amour de l’extrême, du gore et de la violence n’empêchait pas pour autant la diffusion d’informations pertinentes. Dans la période révolutionnaire des années 1840 naquirent aux Pays-Bas les soi-disant Lilliputiens, dont les feuilles étaient si petites qu’elles pouvaient échapper au droit de timbre qui pesait sur la presse libre (quand la presse est trop chère elle ne touche que l’élite). À une époque où NRC avait 1800 abonnés, ces feuilles avaient un tirage qui était cinq à huit fois plus élevé, et de plus, on se les passait avidement de main en main. Tous ceux qui savaient lire les lisaient. « Ils commencent en général avec une terrible histoire de meurtre », indique un contemporain fidèle au pouvoir, qui pouvait difficilement taire que ces apéritifs étaient suivis plus loin dans le journal par des textes qui dressaient les lecteurs contre le roi et son gouvernement. Plus tard, la pilarisation et la forte politisation de l’émetteur public ont amené une diffusion de l’information fort peu libre. De plus, l’idéal trop ambitieux d’éducation populaire de nombreux journalistes passait complètement à côté d’une bonne partie de la population. Et dès que les médias de qualité ont donné l’impression d’avoir échappé à ce travers, ils sont tombés directement aux mains du commerce, d’abord parce que les conglomérats flairaient le beau profit, ensuite de plus en plus pour pouvoir survivre.

Si l’on doit aujourd’hui parler de crise aigue, c’est cependant dû au fait que les problèmes des médias et avec les médias interagissent les uns sur les autres d’une manière destructrice. Dans un contexte où chaque lecteur compte, pas comme dans le passé pour faire passer la marge bénéficiaire de 20 à 25 pour cent, mais pour rendre l’entreprise simplement rentable, la pression sur les rédactions est énorme. Elles ne peuvent pas ou plus toujours se permettre le luxe de se demander si elles servent bien encore la démocratie. Et pourtant il le faut, car la démocratie et la liberté de la presse sont indissociables.

Traduction : Jean-Paul Gailly

|1| chanteuse et présentatrice à la VRT décédée en juin 2009. (NDLR)

00:49 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : separatisme, langues, medias |  Facebook |

04/04/2010

Conférence-débat 26 avril - "Le parti socialiste hier et aujourd'hui: rupture ou continuité ?"

Téléchargez le tract en cliquant ici.

Invitation PS VI bis

 

Invitation PS VI ter

 

 

18:46 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Politique | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : politique, socialisme, parti_socialiste, conference, debat |  Facebook |