24/05/2007

Pour un véritable socialisme, pour les gens, et non au révisionnisme néolibéral! Non au profit!

Socialisme et révisionnisme.

 

Les anti-communistes font toujours la part belle à tout ce qui peut contrer la survenue d'un système qui leur serait nuisible, la critique est vive, les propos ne sont pas souvent vrais, mais tout est bon pour décrier leurs opposants, mensonges à l'appui.

 

Des propos souvent tenus à tort : "les communistes, dans une société libérale telle que la nôtre, ne sont bons que pour se plaindre du système, mais il est utopique de croire qu’ils pourront changer quoi que ce soit en bien, surtout lorsqu’on constate les effets qu’ont eu les dictatures communistes".

Certes, il est vrai que la recherche du profit, exacerbant l'égoïsme de chacun, s'oppose à la solidarité et à l'égalité entre tous; les antagonismes opposant les deux systèmes provoqueront toujours la lutte des classes, alors que sous le communisme, il n'y aurait plus de classes différentes, tout le monde vivrait au même niveau; et à ce moment, les seuls à se plaindre de ce système seraient ceux-là qui ne recherchent que le profit au détriment des autres, il est donc normal, dans une société où ils sont Rois, une société libérale comme celle où nous vivons actuellement ; ces libéraux, ces néolibéraux, ces faux-socialistes, ces sociaux-démocrates, ne voient pas d'un bon œil l'arrivée d'un système économique opposé au leur, d'où les arguments sans cesse répétés et à nous-mêmes inculqués depuis notre plus jeune âge, pour contrer la venue d'une société égalitaire et juste, une société communiste.

 

Lénine dit, justement, en 1908, à propos du Marxisme et du révisionnisme: "Qu’est-ce qui rend le révisionnisme inévitable dans la société capitaliste ? Pourquoi est-il plus profond que les particularités nationales et les degrés de développement du capitalisme ? Mais parce que, dans chaque pays capitaliste, à côté du prolétariat se trouvent toujours les larges couches de la petite bourgeoisie, des petits patrons. La petite production a engendré et continue d’engendrer constamment le capitalisme, Celui-ci crée inéluctablement de nouvelles "couches moyennes" (appendice de la fabrique, travail à domicile, petits ateliers disséminés dans tout le pays, en raison des nécessités de la grosse industrie, par exemple le cycle et l’automobile, etc.). Ces nouveaux petits producteurs sont eux aussi inéluctablement rejetés dans les rangs du prolétariat. Dès lors il est parfaitement naturel que les conceptions petite-bourgeoises pénètrent encore et encore dans les rangs des grands partis ouvriers. Dès lors il est parfaitement naturel qu’il doive en être et qu’il en sera toujours ainsi jusqu’aux péripéties mêmes de la révolution prolétarienne. Car ce serait une grave erreur de croire que pour que cette révolution s’accomplisse, une prolétarisation "intégrale " de la majorité de la population soit nécessaire. Ce que nous traversons aujourd’hui, le plus souvent dans l’ordre des idées seulement : discussions au sujet des amendements théoriques à Marx; ce qui, à l’heure présente, ne se manifeste dans la pratique que pour certaines questions particulières du mouvement ouvrier — comme les divergences tactiques avec les révisionnistes et les scissions qui se produisent sur ce terrain, — la classe ouvrière aura nécessairement à le subir dans des proportions incomparablement plus vastes, lorsque la révolution prolétarienne aura aiguisé toutes les questions litigieuses, concentré toutes les divergences sur des points d’une importance immédiate pour la détermination de la conduite des masses, nous aura obligés, dans le feu de la lutte, à séparer les ennemis des amis, à rejeter les mauvais alliés pour porter à l’ennemi des coups décisifs."

 

Tous les peuples devraient pouvoir vivre en parfaite harmonie, et seule la tolérance des différences de chacun peut y contribuer, alors que le capitaliste n'a de cesse de soumettre les peuples dans l'unique but d'enrichissement dans une société individualiste, de l'asservissement des autres par le pouvoir de l'argent. Or, tout appartient à tout le monde, personne ne doit être soumis à personne, mais un système réellement social et équitable ne peut exister qu'au sein d'une société communiste. Pour un véritable socialisme.

 

17:40 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marx, lenine, equilibre, societe, revisionnisme, socialisme, partage |  Facebook |

13/05/2007

Dans certains commentaires, on me fait part de l'inutilité d'un blog comme celui-ci, ou alors on ressort les vieux démons du passé, justification:

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De l’utilité d’un blog comme celui-ci !

 

Un blog est un moyen de communiquer aux autres ses impressions, ses opinions, ses idées ; et d’en faire profiter un maximum de personnes sur le « net ».

 

Certes, tous les goûts sont permis et tous les styles sont admis, comme toutes les idées ; et tout ne peut évidemment être au goût de tout le monde, heureusement d’ailleurs ! Mais il est un grand mérite que l’on doit laisser à ce type de propagation de l’information, c’est qu’on peut y développer ses propres arguments pour en faire profiter le maximum de gens.

 

Le communisme est bien mal connu, ou ce que la plupart des gens en retiennent n’en sont pas souvent ses bons côtés. Nous devons cela à un endoctrinement sournois et insidieux à nous inculqué depuis notre plus tendre enfance, l’éducation dispensée par l’enseignement traditionnel est au service de l’état, l’état est gouverné par les partis politiques traditionnels, les sociaux-démocrates, ces derniers sont à la solde des ultra-riches, du patronat, des multinationales, et donc ils ont tout intérêt de nous écarter de ce qui pourrait déstabiliser leur système (le système capitaliste), je nommerai leur ennemi : « le socialisme », le VRAI socialisme, et donc le communisme (voir les messages antérieurs pour plus d’explications).

 

Le stalinisme, le bolchévisme, les soi-disant mauvais côtés d’un système qui n’est au fond que la recherche d’une équité et d’une réelle solidarité, dans une communauté où tous nous vivrions de manière respectueuse de tout et de tous ; en bref le révisionnisme perpétré par la social-démocratie a pour unique but de détourner l’attention des peuples du joug capitaliste, pour mieux nous exploiter !

 

Ce blog-ci, ainsi que mes trois autres (http://marxiste-leniniste.skynetblogs.be/ ,

http://www.solidaire.over-blog.com/ ,

http://fr.blog.360.yahoo.com/blog-zb0A8zkwd6fmWLhEPXiQPA--?cq=1 ), n’ont pour unique but de nous ouvrir les yeux sur la réalité d’une société dont la médiocrité fait de moins en moins de doute.

 

Une petite histoire, à adapter à notre société, montre bien où nous allons, et qu’il serait bien temps pour nous de nous réveiller, et de réagir :

 

L'expérience de la grenouille

Par Olivier Clerc

 

"Imaginez une marmite remplie d'eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite. L'eau se chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager. La température commence à grimper. L'eau est chaude. C'est un peu plus que n'apprécie la grenouille; ça la fatigue un peu mais elle ne s'affole pas pour autant. L'eau est maintenant vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle est aussi affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien. La température de l'eau va ainsi monter jusqu'au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais s'être extraite de la marmite.

Cette expérience peu recommandable est riche d'enseignements. Elle montre que lorsqu'un changement négatif s'effectue de manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps pas de réaction, pas d'opposition, pas de révolte."

 

Tirez-en la leçon et trouvez la solution !

 

Les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvres, ....en finira-t'on un jour??

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Une taxe sur les grosses fortunes ?

 

Ne comptez pas sur les partis traditionnels pour l’appliquer !!!

 

« En un an, les top-managers belges ont gagné en moyenne 22 % de plus, soit une moyenne de 2,3 millions d’euros. En 2007 et 2008, les simples travailleurs, eux, vont devoir se démerder avec une hausse des salaires de 5 % (1) ! La différence devient vraiment exagérée. Nous demandons que la Fédération des entreprises belges (FEB) mettre rapidement de l’ordre dans la situation, sinon nous demanderons que le prochain gouvernement approuve une taxe sur les hauts salaires. » C’est par cette déclaration que le président de la FGTB Rudy De Leeuw a lancé un bâton dans la termitière politique. Car, comme un seul homme, les gros bras des grands partis se sont dressés contre la proposition du dirigeant syndical.

 

L’un ressort Amada-TPO ( ?)

 

Lors de son congrès du dimanche 6 mai, Guy Verhofstadt est monté sur ses grands chevaux pour dire : « Une recette tout aussi vieille, c’est de dresser les pauvres contre les riches. Comme avec la récente proposition de la taxe sur les hauts salaires, par exemple. Quand j’ai entendu ça, ça m’a fait penser au vieux slogan d’Amada-TPO (le précurseur du PTB) : ‘Faites payer la crise aux riches’. Nous n’avons pas besoin de plus, mais de moins d’impôts. »

 

L’autre ravale ses promesses :

 

Le président du SP.a, Vande Lanotte, le disait encore l’an dernier : « Nous avons l’intention de nous en prendre aux gros salaires. C’est avec cela que nous allons aborder les élections de 2007. » Aujourd’hui, ces élections sont en vue. Mais Vande Lanotte fait marche arrière : « Nous avons supprimé les tarifs d’imposition de 55 et 52 %. Nous n’allons quand même pas compromettre tout cela maintenant avec une taxe sur les gros salaires ! »

 

Les riches plus riches, les pauvres plus pauvres : en voici les preuves !

 

La réalité, c’est que, ces 25 dernières années, un vol sans bruit s’est opéré. Et pas un petit, encore ! Le gâteau national a été de plus en plus injustement réparti. En 1980, les salaires constituaient encore 58 % du produit intérieur brut. Aujourd’hui, cette part est redescendue à 51 %. Cela revient à un supplément de 25 milliards d’euros qui a été transféré des familles des travailleurs aux rentiers et aux actionnaires. Soit, par famille : 6.259 euros chaque année. Tant la CSC que la FGTB dénonce cette progression bancale et réclament des impôts plus justes.

 

Quel est le parti qui soutient les revendications syndicales en faveur d’impôts plus équitables ?

 

Tous les grands partis ont balayé de la table la taxe sur les gros salaires et l’impôt sur les fortunes. Le PTB lutte pour qu’il y ait moins de taxes et d’impôts pour la population laborieuse. De même que pour la réduction du tarif TVA sur le gaz et l’électricité de 21 % (soit le tarif pour les produits de luxe !) à 6 %. Et pour une réforme qui impose moins de taxation sur les petits revenus et plus sur les super-revenus. Tout comme la CSC, le PTB revendique un impôt sur les fortunes : un impôt annuel de 1 % sur la partie qui dépasse 500.000 euros. Consultez le programme complet du PTB sur

Extrait « Syninfo » - Lettre syndicale d'un parti de gauche(12/05/2007)

 

11/05/2007

Le capital se nourrit du profit; le prolétariat se nourrit de ses miettes!

317985

 

Une éternelle revendication

 

Trouvez-vous que la société dans laquelle non vivons actuellement, la société capitaliste, est juste et équitable ? Devons-nous continuer à la subir sans réagir ? Oui ? Alors ne lisez pas ce qui suit.

 

La privatisation est l’appropriation, ou d’une certaine manière le vol légal, pour employer un terme plus vrai, donc le vol des biens dévolus naturellement à tout un chacun, des moyens de production, par les patrons, les capitalistes, les actionnaires, dans le but d’en obtenir le maximum de profit sur le dos de tous les autres. L’être humain que nous sommes, privé de tout droit sur ses biens collectifs, desquels il dépend socialement, se voit ainsi également privé de la liberté de jouir de ces biens nécessaires, à fortiori nous pouvons même dire que rien ne nous appartient, pas même nous. Posons-nous donc les questions :

 

« Privé de la liberté de jouir comme il le désire de ses acquis, matériels ou sociaux, l’homme est-il toujours libre ?  Quelle place vaut encore la démocratie dans un système basé uniquement sur l’égoïsme ?  Peut-on encore parler de réelle démocratie dans un système capitaliste ?».

 

Bien-sûr, une structure sociétaire est nécessaire pour ne pas en arriver à certaines dérives, il doit donc y avoir une hiérarchie. Prenons l’anarchie, par exemple, elle qui ne tolère aucun maître, aucune supériorité, aucune supervision des mécanismes de la société, c’est l’autogestion sans gestion, et çà, c’est non seulement utopique mais irréalisable, car l’anarchie ne tient aucunement compte des différences entre les gens, chaque particulier. L’anarchie a cependant ceci de commun avec le communisme, c’est qu’il ne tolère pas l’exploitation de l’homme par l’homme.

 

Le vrai socialisme, le communisme, prône le partage équitable de tous les biens de la collectivité, donc les richesses produites par la force de travail, sans égoïsme, sans profit ; car tous, nous avons le droit de jouir de ce qui nous appartient, en toute liberté, en tenant compte de tous les besoins de la collectivité, équitablement !

La hiérarchie, citée plus haut, est nécessaire, mais les différences telles que l’on rencontre actuellement, qui ne sont que le fruit d’un accroissement de la recherche effrénée du profit par un petit nombre de personnes peu scrupuleuses sur toutes les autres, ces différences doivent absolument être réduites, voire supprimées, pour une abolition de l’exploitation entre les classes sociales, d’une part, puis l’abolition pure et simple de ces classes pour n’en faire qu’une seule. Marx, Lénine et les autres sont des précurseurs de la pensée socialiste, du socialisme véritable.

 

Winston Churchill a dit : « Le vice inhérent au capitalisme est le partage non équitable des richesses. Le vice inhérent au socialisme est le partage équitable de la misère. ». Alors, devons-nous attendre d’être complètement enterrés sous la misère pour que nous réagissions ?

 

La social-démocratie et tous ses partis politiques à la solde du patronat et des méga-riches, que ce soit le PS, le MR, Ecolo ou le CDH et leurs homologues Flamands ont beau avoir tous un discours qui laisse entrevoir un semblant de « social », les exploités seront toujours le peuple, soumis à la soi-disant démocratie de cette société uniquement basée sur le profit de certains gros actionnaires ; leur ligne politique est identique, basée sur la seule philosophie du profit, il suffit pour s’en convaincre de constater les accords et les interactions entre eux hors période électorale, et à l’approche de la campagne pré-électorale des discussions, des semblants de conflits, des insignifiances, surgissent entre eux, uniquement pour nous donner l’impression de différences, de faire croire qu’une démocratie existe, alors que ce n’est qu’un leurre ; tous les partis traditionnels ne parlent que d’une seule langue, sans consistance, maintenant le flou et l’ambiguïté afin de mieux tromper le peuple. La solidarité ? L’appel à la solidarité, par ces partis traditionnels, se concrétise dans un sens unique, et nous récoltons les miettes, afin que survivent tant bien que mal, et même plutôt mal que bien, les plus défavorisés, alors qu’il serait plus opportun d’offrir de l’emploi pour tous et des conditions de vie plus décentes aux malades, aux handicapés, du repos bien mérité pour les travailleurs âgés, l’accès aux soins appropriés pour tous, surtout aux plus démunis. Il ne devrait pas y avoir de sans-abris dans une société soi-disant riche !

Et la vraie liberté ? La vraie démocratie ? Actuellement, le travailleur, l’employé, le petit indépendant, le peuple, a juste la liberté de produire encore et encore pour enrichir encore et encore la classe la mieux nantie, celle des exploiteurs, celle de nos dirigeants !

 

Pour les néophytes, la crainte du communisme et de ses soi-disant mauvais côtés n’est absolument pas fondée du tout, car dans l’opinion que chacun a du communisme, bien des mensonges ont été dits, par le révisionnisme auquel nous avons tous été soumis depuis notre plus tendre enfance par la société capitaliste, car nous avons été conditionnés pour vivre dans un environnement tel que nous l’avons aujourd’hui, on nous a appris à devenir des exploités.

Mais cela peut changer et pour çà il faut le vouloir ; il ne faut nullement devenir fataliste. Des changements peuvent être faits, pour le bien de la communauté, des changements doivent être faits, pour le bien de tous, pour une société plus juste, pour une société plus équitable, pour le bien-être de tous, pour les gens d’abord, et non pour le profit de certains !

 

Seule une vraie politique réellement à l’écoute du besoin des gens peut sortir le peuple du marasme actuel dans lequel, si rien n’est fait, nous nous enfoncerons de plus en plus. Réagissons, faisons le bon choix le 10 juin prochain, pour nous, mais surtout pour nos enfants et petits-enfants, pour la survie de notre planète, pour un monde meilleur.

 

18:28 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : marxisme, leninisme, socialisme, capitalisme, proletariat, exploitation |  Facebook |

04/05/2007

Argent ....trop cher !

 

Les grosses fortunes, tu chériras

Marco Van Hees


" Aujourd'hui, le nirvana des riches, c'est la Belgique. " L'homme qui formule cette expertise est un " passeur ". Il pratique une sorte de trafic d'êtres humains dont la cargaison n'est ni sans papiers, ni sans moyens. Et c'est sans sourciller que les exilés qu'il mène administrativement à bon port lui versent les 8 000 euros demandés par consultation. Il justifie ces honoraires par les " 350 analyses et rapports à éplucher concernant uniquement les problèmes liés à la Convention fiscale franco-belge . "

Extrait du nouveau livre

"Didier Reynders, l'homme qui parle à l'oreille des riches"


Effectivement, c'est de France que viennent ces exilés fiscaux, ces futurs sans-impôts. Pire qu'une dictature tropicale, ils fuient la Terreur. Celle qui horrifiait les privilégiés à la Révolution française et qui est resurgie à la fin du 20e siècle sous la forme d'un impôt sur la fortune. Il y a quelques années, ils fuyaient plutôt vers la Suisse. Mais, précise donc notre passeur, " aujourd'hui, le nirvana des riches, c'est la Belgique. Et dans le plus scrupuleux respect des lois. À son arrivée à Bruxelles, un émigré français ne doit même pas négocier ses impôts comme à Genève ."


Beaucoup se domicilient à Bruxelles, avec une prédilection pour ce riche quartier d'Uccle où est installé le Cercle de Lorraine. Mais oui, ce club patronal bruxellois que fréquente de temps à autre Didier Reynders. Comme nombre de ces fortunés Français ont fait leur cantine de cet ex-château de Mobutu, ils ont certainement dû échanger des propos affables avec un ministre si compréhensif.


La Belgique, qui ne taxe ni la fortune ni les gains boursiers, est l'objet d'une double immigration fiscale : des Pays-Bas et de France. Chez nos voisins du Nord, l'impôt sur la fortune qui existait depuis la fin du 19e siècle a été formellement supprimé en 2001. Mais pour être remplacé par un impôt de 30% sur le rendement du capital. Et ce rendement est évalué forfaitairement à 4% de la fortune. Cela reste donc, dans les faits, un impôt de 1,2% sur la fortune (30% x 4%).


Cela fait des années que les riches Néerlandais s'installent en Belgique pour des raisons fiscales. Lieu de prédilection: tout le long de la frontière, sur une zone qui va de la chic banlieue nord d'Anvers jusqu'aux Fourons (proches de Maastricht), en passant par la Campine. Même les parrains de la maffia néerlandaise viennent y passer des jours heureux. Au Grote Heide, un riche quartier de Neerpelt (Limbourg), on aperçoit de temps en temps leurs gardes du corps. Qui n'ont pu empêcher que quatre de ces maffiosi se fassent descendre, il y a quelque temps. Dire que l'endroit est si calme, d'ordinaire...


Mais les flux les plus actifs, pour le moment, viennent de France, où l'impôt sur la fortune comporte six tranches, de 0,55 à 1,80%. Faut dire que cette émigration est encouragée par des publicités publiées dans Le Figaro et divers journaux financiers. Selon un rapport du Sénat français, la Belgique attirait, en 2002, 14 % des exilés fiscaux français, devant la Suisse, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.


Les patrons de la région lilloise émigrent plutôt dans les environs de Tournai, tout proches. Ce qui leur permet de faire la route quotidiennement vers leur entreprise. " Depuis que je vis en Belgique, confie l'un d'eux, le matin, je mets même moins de temps qu'auparavant . " Cas le plus célèbre: la famille Mulliez, actionnaire des hypermarchés Auchan, dont plusieurs cousins habitent la même rue du village de Néchin (commune d'Estaimpuis), à quelques centaines de mètres de la frontière.


Mais aujourd'hui, plus moyen de trouver, dans la région tournaisienne, des demeures correspondant au standing des exilés. Malgré le handicap de la langue, ils se rabattent donc sur la zone de Courtrai, où les grandes propriétés se négocient autour de 2,5 millions d'euros.


Les capitalistes parisiens optent plutôt pour la capitale belge. Soit la riche banlieue, comme à Rhode-Saint-Genèse. Soit les quartiers chics d'Uccle ou Ixelles où, malheureusement, l'"Impasse des milliardaires", ce square que protègent une grille et un gardien à l'entrée du Bois de la Cambre, affiche complet. Avec le Thalys, ils peuvent rejoindre Paris-Nord 26 fois par jour en 1h25. Un spécialiste de l'immobilier grand luxe explique sans retenue: " Les riches Belges mettent jusqu'à deux millions d'euros pour une habitation, les Français montent facilement à quatre millions . "


En France, l'impôt sur la fortune compte évidemment d'ardents adversaires. La référence à la Terreur n'est pas née de notre imagination. Un ouvrage menant campagne contre cet impôt la mentionne explicitement : c'est " un peu comme si, brusquement, ils [les fortunés] se retrouvaient deux siècles en arrière sous la Terreur avec l'ombre du cachot et de la guillotine . " Cette Terreur est telle que les nantis sont prêts à des extrémités pour la fuir (il est conseillé aux âmes sensibles de sauter la suite de ce paragraphe). Tel ce patron expliquant qu'il n'arrive pas à convaincre sa famille de s'expatrier en Belgique : " Je manquais d'arguments car la Belgique, impôts mis à part, n'est pas un paradis. La Wallonie est très pauvre et les Flamands n'ont pas cette finesse qui constitue le charme français . " Terrifiant, non ?


Toutefois, une grande partie de Français sont attachés à cet impôt qui symbolise la justice fiscale. Au point que la cote de popularité de Johnny Halliday, le supporter de Sarkozy le plus célèbre de la république, s'effondre lorsqu'il décide de s'installer en Suisse pour payer moins d'impôts de solidarité sur la fortune. Quant au président Chirac, il serait convaincu d'avoir perdu les présidentielles de 1988 à cause de cet impôt, qu'un gouvernement de droite avait supprimé, avant d'être réintroduit par un gouvernement socialiste. Depuis, il n'oserait plus évoquer son abolition.


Et en Belgique ? Quand on interroge le ministre des Finances Didier Reynders sur l'introduction d'un impôt sur la fortune, il dit non sans prononcer le mot : " On peut l'envisager selon certaines modalités mais, et on l'a vu en France, il ne semble pas très efficace dans la mesure où il fait fuir les grosses fortunes. Mais je comprends que certains aiment toujours mieux voir imposer les autres qu'eux-mêmes. C'est humain . "


Avons-nous bien compris le ministre ? Ne laisse-t-il pas sous-entendre que les travailleurs belges, qui sont parmi les plus taxés d'Europe, sont des égoïstes qui aimeraient voir imposer ces malheureux nantis qui ne payent pas un cent sur leur fortune ?


Les deux principaux arguments généralement avancés contre l'impôt sur la fortune sont, d'une part qu'il ne serait pas très efficace, d'autre part, qu'il ferait fuir les capitaux. Reynders parvient à fourrer ces deux arguments dans un petit morceau de phrase en y glissant un lien de cause à effet. Pourtant, une logique élémentaire nous souffle que si les grosses fortunes fuient cet impôt, c'est qu'il affiche une certaine efficacité. Pourquoi fuir la Terreur si la guillotine parvient tout au plus à vous raser le duvet du cou ?


Il est vrai que le rendement de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) est loin d'être exceptionnel. Son bilan n'en est pas moins positif, à lire un rapport de la Cour des comptes française démontrant que sa suppression n'est pas économiquement justifiée. Il y a en effet 300 à 400 fortunés par an fuyant le pays, soit 0,13% des redevables. Entre 1997 et 2001, près de 250 millions d'euros de capitaux ont ainsi quitté la France pour échapper à l'ISF. Dans le même temps, 10,3 milliards d'euros de recettes ont été générés par la collecte de l'ISF. Le rapport ajoute : " L'argument que l'on entend souvent, selon lequel il s'agirait d'une perte de capitaux pour la France, est mal fondé, car les investissements (entreprises, Bourse) de ces contribuables ne sont pas liés à leur lieu de résidence . " L'évidence même : ce n'est pas parce que la richissime famille Mulliez s'est exilée à Néchin que les 119 hypermarchés Auchan de France ont été délocalisés en Belgique.


Autre argument de Reynders contre un impôt sur la fortune : " Cet impôt existe déjà compte tenu du niveau élevé des droits d'enregistrement pour l'immobilier et des droits de succession . " Cela peut se défendre, si l'on donne une définition large à l'impôt sur la fortune. Dans ce cas, on peut même y ajouter le précompte immobilier. En effet, ce précompte frappe théoriquement les revenus immobiliers et non la fortune. Pourtant, il s'applique aussi à l'immeuble qu'occupe lui-même un propriétaire. Or, en Belgique, c'est le cas pour la majorité des logements. Ces immeubles ne rapportent aucun revenu, sauf à considérer comme tel le non-paiement d'un loyer. On pourrait donc assimiler le précompte immobilier à un impôt sur la fortune.


Il nous faut cependant préciser que le ministre, dont on connaît l'humour ravageur, joue sur les mots. Le débat ne porte pas sur un impôt sur la fortune, mais sur un impôt sur les grosses fortunes. Or, les trois impôts mentionnés concernent essentiellement l'immobilier, un patrimoine détenu pour une grande part par le bas peuple. Les schémas de répartition de la fortune montre en effet que plus une fortune est grande, plus la part des actifs financiers est importante. Peu de familles du pays possèdent autant de biens immobiliers que la famille Boël, par exemple. Pourtant tous leurs prestigieux châteaux et leurs milliers d'hectares de terres ne représentent que peu de choses par rapport à leur patrimoine financier, qui dépasse le milliard d'euros. Bref, si un impôt sur la fortune existe dans notre pays, c'est un impôt sur les plus petits patrimoines.


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Auteur : Marco Van Hees

Titre : Didier Reynders, l'homme qui parle à l'oreille des riches

Editions : Aden (www.aden.be )

Les holdings d'Albert Frère paient moins d'impôts que sa concierge. Par ailleurs, le financier carolo a reçu à dîner Didier Reynders et sa famille dans sa somptueuse villa de Marrakech...

Y a-t-il un lien de cause à effet entre ces deux faits ? Disons plutôt qu'ils sont deux manifestations de la politique du ministre des Finances et de ses liens avec les grands dirigeants d'entreprise.

Reynders prétend qu'il a réduit la pression fiscale. Pour les plus nantis, c'est clair. Mais pour le commun des contribuables, les chiffres sont loin d'en attester.

Cet ouvrage passe en revue les huit années du ministre au cabinet des Finances (1999-2007), en évaluant les conséquences de son action pour la population, les entreprises, les grosses fortunes et les fraudeurs. Le bilan est fabuleux... pour certains.

NB : après les 200 pages " Clearasil " (exemptes du moindre point noir) d'André Gilain (Didier Reynders, la face cachée de l'iceberg, Ed. Luc Pire), un ouvrage critique sur l'action du ministre des Finances s'imposait.

Licencié en sciences politiques (ULB), Marco Van Hees est à la fois journaliste et fonctionnaire au ministère des Finances. Il est l'auteur de C'est pas nous, c'est eux - Les fondements idéologiques de l'anti-tiers-mondisme (1990) et La fortune des Boël - Un énorme patrimoine, une immense dette sociale (2006).