14/09/2009

De plus en plus de « travailleurs pauvres »


Il existe de plus en plus de « travailleurs pauvres » qui n’arrivent plus à s’offrir des extras (voyages, sorties, cinéma…) et devenir propriétaires, selon une étude de la FGTB.

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Il existe de plus en plus de « travailleurs pauvres » qui n’arrivent plus à dépenser pour des extras (voyages, sorties, cinéma…) et devenir propriétaires, selon une étude de la FGTB, présentée mardi à Bruxelles. Environ 20 % des travailleurs font partie de cette catégorie de gens, paupérisés malgré une vie active. Le syndicat souhaite débattre de ce dossier lors du dialogue interprofessionnel en réclamant des salaires bruts et des salaires minimums plus élevés. « Nous allons apporter des sérieuses revendications salariales sur la table », a souligné Rudy De Leeuw, président de la FGTB.

Le syndicat socialiste a mené une vaste enquête sur le pouvoir d’achat des travailleurs. Près d’un actif sur 2 (47 %) estime que son pouvoir d’achat est en baisse par rapport à l’année dernière A peine 33 % des sondés estiment que leur pouvoir d’achat est resté stable contre 7 % qui pensent qu’il a fortement augmenté. Quelque 51 % des travailleurs belges ont des difficultés financières et 37 % d’entre eux ne peuvent pas mettre un euro de côté. Le temps du salaire unique est définitivement révolu pour les ménages car près d’un travailleur sur 2 (44 %) juge indispensable que deux salaires soient la règle.

Selon l’enquête, il apparaît que 35 % des sondés ont des difficultés à assurer les coûts d’éducation de leurs enfants, que 37 % n’arrivent pas économiser, que 25 % des actifs ne peuvent pas devenir propriétaires et qu’enfin, 18 % des Belges ne partent en vacances qu’une fois par an et ont des problèmes pour payer leurs frais de transport.

« Travailler plus pour gagner plus », ne semble pas être le remède à l’amélioration du pouvoir d’achat. Si 61 % des travailleurs effectuent des heures supplémentaires (en moyenne 24 heures par mois), à peine 6 % d’entre eux en font un choix personnel pour gagner plus d’argent. 34 % voient leurs heures supplémentaires non payées ou non récupérées.

Les travailleurs se paupérisent et ce phénomène touche selon la FGTB, 20 % des travailleurs. « C’est une nouvelle catégorie qui se développe de plus en plus », a expliqué Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB.

Ces travailleurs arrivent tout juste à satisfaire leurs besoins primaires et ne peuvent pratiquement rien dépenser pour leurs loisirs ou vacances ou pire d’acheter un bien immobilier. Il s’agit surtout d’actifs du secteur public et non-profit. Anne Demelenne estime par ailleurs que la précarité des contrats offerts et la flexibilité à outrance, particulièrement chez les jeunes, favorisent cette paupérisation.

Parallèlement, la FGTB a demandé au CRIOC de réaliser une enquête sur la consommation des ménages à revenu modeste (1.000 euros nets maximum par personne). Selon l’enquête, ces types de personnes vivent sous une pression commerciale, sont moins informés sur ce qu’elles consomment et consomment des produits de moins bonne qualité. Selon le CRIOC, les premiers prix (discount ou marques de distributeurs) sont de moins bonne qualité et posent des problèmes pour ceux qui les consomment.

L’enquête couvre plusieurs segments de consommation des ménages à revenu modeste. Ainsi, ils consomment beaucoup de plats préparés, optent pour de l’eau en bouteille plus chère et sont en moins bonne santé que les catégories plus élevées. Huit enfants sur 10 sont par ailleurs confiés à des proches plutôt qu’en crèche. Les revenus modestes sont exclus du système de garde d’enfants.

« Le misérabilisme et le paternalisme ne sont pas notre style mais nous voulons la prospérité et la santé pour tous », a déclaré M. De Leeuw en évoquant la problématique des petits revenus.

Enfin, toujours dans le cadre de l’amélioration du pouvoir d’achat, le syndicat socialiste a demandé à nouveau une baisse de la TVA sur le gaz, l’électricité et le mazout, un crédit social de 40 à 80 euros pour les bas revenus, un contrôle des prix, un blocage des loyers et l’accès à des gardes pour enfants accessibles.

(belga)

18:45 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pauvrete, travailleurs, exploitation, miserables, capitalisme, societe |  Facebook |

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