04/10/2009

39 heures de travail presté, 35 heures payées - Le cas "SIEMENS"

(Source: gresea.be)

Affaire emblématique. L'usine d'ampoules électriques Osram (filiale de Siemens) à Molsheim, en face de Bâle, au nord de la France, compte quelque 600 travailleurs. La direction leur a demandé de signer un avenant à leur contrat de travail pour leur faire travailler 39 heures par semaine au lieu de 35, tout en les payant comme auparavant, au tarif de 35 heures. Travailler quatre heures en plus gratuit, pour le dire clairement. Et pour une noble cause: cela devrait, dit la direction, sauver le site jusqu'en 2013 d'une fermeture rendue inéluctable par la décision de la Commission européenne d'interdire la vente d'ampoules incandescentes – décision jugée à tout point de vue absurde par de nombreux économistes, mais c'est une autre question. A Molsheim, la plupart des salariés tombent dans le panneau et signent l'avenant: seule une centaine de travailleurs refusent de céder, flairant anguille sous roche. Ils vont faire des émules et c'est là que le dossier devient emblématique car c'est en le "conflictualisant" que tous les travailleurs apprendront de leurs collègues du comité d'entreprise européen de Siemens que Molsheim est non seulement un des sites les plus rentables du groupe mais aussi qu'il n'existe aucun plan pour le fermer et que le passage aux 39 heures au prix de 35 en France n'avait en réalité d'autre but, en fournissant l'exemple à suivre, que de mettre sous pression les travailleurs allemands afin qu'ils consentent à faire de même, sous peine de délocalisation en Slovaquie ou ailleurs – bref, par petit jeu subtil, à mettre en concurrence les travailleurs de part et d'autre de la frontière. Projet déjoué grâce au comité d'entreprise européen: l'information légale des travailleurs, cela a du bon.

Source: L'Humanité du 18 septembre 2009.

Traitement Gresea: 21 septembre 2009.

18:45 Écrit par Socialisme-Solidarit dans manipulation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : exploitation, capitalisme |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.