10/10/2009

Ce n'est pas le paradis, mais bien Cuba

Article extrait de INTAL.BE

sept21andresOpinion d'Andres Gómez, journaliste cubain à Miami. Invité international Che Presente 2009.

Miami - Un temps caniculaire cet été 2009 à Cuba. La majorité des cubains, a vécu le mois de juillet le plus chaud jamais connu. La population y voit pour cause la crise environnementale mondiale. Pourtant, ces dernières semaines, la presse nationale a déclaré que ces températures égalent celles endurées au cours du mois de juillet 1941. Voyons voir...


Puisque l'immense majorité de la population cubaine n'était pas née en 1941, il y a 68 ans, et qu'il est peu probable que les personnes âgées de 68 ans aujourd'hui se rappellent de la chaleur endurée pendant cet été là, les cubains ne se trompent pas dans leur appréciation en disant que cet été a été le plus chaud qu’ils aient jamais vécu.

Récemment, lors d'un séjour de plusieurs semaines à Cuba, principalement à La Havane, alors que je restais informé de l'actualité via internet - par obligation professionnelle, bien que je doive admettre aussi un peu de masochisme – j'ai pris conscience de la vision délirante de la presse de Miami à cerner la réalité cubaine. La vision que crée cette presse de la réalité de l'île est complètement « fantasmagorique », « déconnectée de la réalité » comme l'indique le dictionnaire. Une vision tronquée qui a pour but de discréditer le peuple cubain, son gouvernement, et son indéniable travail pour construire, avec l'appui de l'immense majorité et, envers et contre tout, une société meilleure.

À La Havane, malgré la chaleur, la vie s’est déroulée tranquillement. Dans toute l'île, la majorité de la population était en vacances à partir la mi-juillet -presque tradition cubaine. Ceux qui n’ont pu prendre congé ont, bien malgré eux, dû continuer à travailler tandis que les plus jeunes, en grand nombre, flânaient dans les rues et les parcs.

Les gens se rendaient au marché, chez l'épicier et à la boulangerie pour faire leurs achats. Aux marchés agricoles, dans les marchés étatiques et autres, le riz, le maïs, les haricots, l'oignon, l'ail, bref presque tous les légumes et les fruits de saison, étaient présents en abondance et à des prix contrôlés par l'État. Les bananes qui avaient disparu des étalages l'an passé après les deux terribles cyclones étaient belles, et les grosses mangues étaient sucrées et délicieusement savoureuses. Le pain, les gâteaux, les « palitroques » et les « dulcecitos » n'ont pas manqué non plus, notamment, grâce aux machines récemment installées.

La viande de porc et de mouton étaient en vente mais comme toujours à des prix exorbitants. Les œufs s'obtenaient avec le carnet de rationnement. Ils étaient aussi en vente libre dans les établissements étatiques ou sur quelques marchés en CUC. Le carnet de rationnement permettait de se procurer du poulet, également en vente sur des marchés en CUC ou sur le marché noir qui traduit littéralement de l'espagnol se dit « par la gauche » en français. Tout est considéré comme de gauche là-bas, même si ce n'est pas toujours le cas…

Certains produits normalement disponibles en CUC ne l'étaient pas cette année. Fort heureusement, il ne s'agissait pas de produits de première nécessité. Toutefois dans la majorité des marchés, on ne trouvait pas de papier toilette ni de dentifrice. Et la viande de bœuf, normalement disponible à prix très élevé – luxe inabordable pour la grande majorité de la population- était quasi inexistante, mais au fond personne ne s'en est rendu compte.

Malgré les restrictions imposées dans les frais de combustibles ainsi que l'augmentation du nombre de passagers en été, les bus déservaient toute la capitale. Les transports publics à destination des plages étaient très satisfaisant. Les plages ainsi que tout le tronçon de la côte métropolitaine, y compris el Malecon, étaient bondées de cubains profitant d'une eau à température agréable.

De retour à Miami, je ne peux terminer cet article sans parler du concert  du chanteur Colombien Juanes le 20 septembre à La Havane. (1) Un scandale aussi ridicule que dangereux inventé par la droite contre-révolutionnaire de Miami et sa presse qui démontre, une fois de plus, son caractère réactionnaire, agressif, insolent, sa banqueroute et son impuissance politique.
A Cuba, Juanes est un chanteur de plus qui fait preuve de courage personnel et professionnel autant que de bonne volonté envers le peuple cubain, un peuple reconnaissant qui estime l'intégrité et le courage. Mais le dernier mot du public sur ce concert, à La Havane et sur le reste de l'île, portera certainement davantage sur la qualité du chant et de la musique. Un réel défi, puisqu'à Cuba, nous sommes habitués à la bonne musique!

Andres Gómez est un merveilleux orateur. Vous désirez l'écouter? Venez à l'évènement Che Presente, le samedi 24 octobre 2009 à Bruxelles. Initiative Cuba Socialiste organise pour la 16ème fois une grand fête de solidarité pour Cuba. Pour plus d'infos sur le programme, adresse, pré-ventes: www.cubanismo.net

(1) Star de la musique pop, connu pour son engagement pacifiste et humanitaire, le Colombien Juanes s'est attiré les foudres des exilés cubains de Miami, pour avoir prévu d'organiser un grand concert gratuit à La Havane, dimanche 20 septembre. Des anticastristes déchaînés ont détruit ses disques en public, l'accusant de "cautionner le régime communiste".http://www.lemonde.fr

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02:08 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : socialisme, cuba |  Facebook |

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