29/10/2009

Cuba : Ce que les médias ne vous diront jamais

(Extrait du site de Michel Collon)

 

Salim Lamrani    

couverture_salim_lamrani0001-2f0feA l'occasion de la sortie de son cinquième ouvrage, voici une interview exclusive de Salim Lamrani  pour Cuba Sí France suivie d'un chapitre du livre intitulé: "Les mercenaires de la Maison-Blanche".



Cuba Sí : Vous venez de publier un nouveau livre. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Salim Lamrani : Ce livre traite de la désinformation médiatique en Occident au sujet de Cuba et illustre le gouffre énorme qui existe entre la représentation faite de Cuba par notre presse et la réalité de ce pays. Cet ouvrage permet également de questionner le rôle des médias : sont-ils chargés de fournir une information fiable et objective aux citoyens ou bien s’évertuent-ils à défendre l’ordre politique, économique et social établi ?

Cuba Sí : Quels en sont les principales problématiques ?


Salim Lamrani : Il en a plusieurs mais j’évoque surtout celles que les médias occidentaux traitent en général, à savoir la question des droits de l’homme, l’opposition cubaine, l’émigration, et le futur de Cuba.
 
Cuba Sí : Votre ouvrage comporte un prologue de Nelson Mandela.
 
Salim Lamrani : Nelson Mandela est un personnage extraordinaire qui est une source d’inspiration pour tous ceux qui luttent contre l’injustice et en faveur d’un monde meilleur. Il m’a fait l’immense honneur de lier sa plume à mon livre et j’ai à son égard une dette de gratitude infinie.

 


 

Extrait du chapitre 4: "les mercenaires de la Maison Blanche"


La dissidence cubaine jouit d’une couverture médiatique exceptionnelle en Occident, largement disproportionnée par rapport à sa taille et son influence. Aucune opposition latino-américaine n’est autant choyée par les transnationales de l’information. D’après la presse, elle serait sauvagement réprimée par les autorités cubaines et ne disposerait d’aucun espace d’expression. Pourtant, il ne se passe pas une semaine sans que les médias occidentaux ne publient des interviews de ces fameux opposants censés être muselés par le « régime castriste ». Sont-ils représentatifs de la société cubaine ? Sont-ils indépendants de toute influence étrangère ?


1. Les « opposants »


L’opposition cubaine dispose d’un statut particulier. D’une part, elle est extrêmement prisée par la presse occidentale. En effet, aucun groupe d’opposants en Amérique latine, hormis peut-être l’opposition vénézuélienne, ne bénéficie d’une telle aura médiatique. D’autre part, elle reçoit des financements colossaux de la part des Etats-Unis, dont les médias ne disent mot, et jouit d’une liberté d’agir qui scandaliserait les procureurs du monde entier.

Le 21 juin 2007, la Chambre des Représentants étasunienne a décidé de voter le budget de 45,7 millions de dollars pour l’année 2007-2008, présenté par le président Bush, à destination des dissidents cubains. Ainsi, 254 congressistes, dont 66 démocrates, ont approuvé la stratégie de la Maison-Blanche destinée à renverser le gouvernement cubain. Le législateur de Floride, Lincoln Díaz-Balart, descendant direct de l’ancien dictateur Fulgencio Batista, s’est réjoui de cette aide. « Cette victoire constitue un soutien pour l’opposition politique interne » cubaine, a-t-il souligné. « L’aide aux opposants n’est pas symbolique mais concrète », a-t-il ajouté. Il a également rendue publique une lettre de certains éminents dissidents cubains qui affirment que l’aide étasunienne « est un élément vital pour la survie des militants (1) ».

Pour l’année 2007-2008, la Chambre a également alloué une somme de 33,5 millions de dollars (6 millions de plus qu’en 2006) à Radio et TV Martí. Ces deux médias étasuniens diffusent illégalement des émissions subversives en direction de Cuba dans le but d’inciter la population à renverser l’ordre établi (2).

Ce même jour, le 21 juin 2007, le chef de la diplomatie étasunienne à La Havane, Michael Parmly, a reçu en grande pompe les célébrissimes dissidents René Gómez Manzano, Félix Bonne, Martha Beatriz Roque et Vladimiro Roca dans sa somptueuse résidence personnelle. Ces derniers étaient venus remercier leur précieux mécène pour sa générosité (3) .

Les médias occidentaux, pourtant si prolixes à l’égard de Cuba, sont restés étrangement silencieux sur ces deux évènements. Les raisons en sont relativement simples. Les personnages qu’ils s’évertuent à présenter depuis des années comme de valeureux militants à la recherche de la démocratie ne sont en réalité que de vulgaires mercenaires qui se vendent au plus offrant. Le mot mercenaire n’est pas un terme hors de propos ou exagéré. Selon le Littré, il s’agit de tout individu « qui travaille pour de l’argent, à qui l'on fait faire tout ce qu'on veut pour de l'argent (4)». Manzano, Bonne, Roque et Roca entrent pleinement dans cette définition.

Pourtant, il n’y a rien de nouveau à tout cela. Depuis des décennies, les Etats-Unis tentent par tous les moyens de fabriquer et de diriger une opposition interne à Cuba, afin de mettre un terme au processus révolutionnaire cubain. Les archives étasuniennes sont éloquentes à cet égard. Par ailleurs, de nombreux documents étasuniens, officiels et publics, attestent de cette réalité qu’aucun journaliste ou analyste politique digne de ce nom ne peut ignorer. La loi Torricelli de 1992, et plus particulièrement l’article 1705, stipule que « les Etats-Unis fourniront une assistance, à des organisations non gouvernementales appropriées, pour soutenir des individus et des organisations qui promeuvent un changement démocratique non violent à Cuba (5) ». La loi Helms-Burton de 1996 prévoit, à l’article 109, que « le Président [des Etats-Unis] est autorisé à fournir une assistance et offrir tout type de soutien à des individus et des organisations non gouvernementales indépendantes pour soutenir des efforts en vue de construire la démocratie à Cuba (6) ».

Le premier rapport de la Commission d’assistance à une Cuba libre, adopté le 6 mai 2004, envisage la mise en place d’un « solide programme de soutien favorisant la société civile cubaine ». Parmi les mesures préconisées, un financement à hauteur de 36 millions de dollars est destiné au « soutien de l’opposition démocratique et au renforcement de la société civile émergeante (7) ». Le second rapport de la même Commission, rendu public le 10 juillet 2006, prévoit également un budget de 31 millions de dollars pour financer davantage l’opposition interne (8).

En 2003, la justice cubaine avait condamné 75 personnes stipendiées par les Etats-Unis, suscitant une réprobation médiatique internationale. Dans n’importe quel autre pays du monde, des individus tels que Manzano, Bonne, Roque et Roque se trouveraient actuellement derrière les barreaux (9). Ricardo Alarcón, président de l’Assemblée nationale cubaine a averti les membres de la « dissidence » du fait que ceux qui conspireraient avec Washington et accepteraient ses émoluments devront en « payer les conséquences (10)».

« Tant que cette politique existera, il y aura des personnes qui se trouveront impliquées […]. Elles conspireront avec les Nord-américains [et] accepteront l’argent. Cela est un délit selon les lois cubaines. Je ne connais aucun pays qui ne classe pas une telle activité comme un délit », a souligné Alarcón. « Imaginez que quelqu’un aux Etats-Unis soit soutenu, entraîné, équipé et conseillé par un gouvernement étranger. Cela est un délit en soi. C’est un délit très grave aux Etats-Unis et cela peut coûter de nombreuses années en prison, beaucoup plus que ce que l’on peut risquer ici à Cuba », a-t-il conclu (11).

Il en est de même en France comme le stipule l’article 411-4 du code pénal et une affaire survenue en 2004 illustre éloquemment cette réalité. Le 28 décembre 2004, les autorités françaises ont procédé à l’arrestation de Philippe Brett et Philippe Evanno, deux collaborateurs de M. Julia. Ils avaient été à l’origine d’une tentative infructueuse destinée à libérer les deux otages français en Irak, Christian Chesnot et Georges Malbrunot en septembre 2004. Ces deux personnes ont été mises en examen pour « intelligence avec une puissance étrangère de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ». Ils ont été présentés aux juges antiterroristes Jean-Louis Bruguière et Marie-Antoinette Houyvet, qui s’occupent des affaires ayant trait à la sûreté de l’Etat. Ils ont été accusés d’avoir pris contact avec la résistance iraquienne et d’avoir reçu une assistance logistique de la Côte-d’Ivoire. Brett et Evanno étaient passibles de dix ans de réclusion criminelle et de 150 000 euros d’amende. M. Julia a échappé à la justice grâce à son immunité parlementaire. La gravité des charges retenues contre eux n’a suscité aucun émoi au sein de la presse occidentale (12).

Le rapport de 2006 prévoit également 24 millions de dollars additionnels pour Radio et TV Martí, afin d’amplifier les transmissions de programmes subversifs vers Cuba, en violation de la législation internationale. Les membres de la « dissidence » cubaine disposent d’une partie de cette somme pour acquérir et distribuer des équipements radiophoniques et télévisuels permettant de capter les programmes émis depuis les Etats-Unis. D’autres pays sont invités à transmettre des émissions subversives vers Cuba. Le rapport prévoit également « d’entraîner et d’équiper des journalistes indépendants de la presse écrite, radiophonique et télévisuelle à Cuba (13)».

La presse occidentale, qui a censuré cette réalité, avait stigmatisé l’action des autorités cubaines, en dénonçant les sanctions prises à l’encontre de « militants pacifiques et de journalistes indépendants ». Selon elle, les inculpés auraient été châtiés pour avoir ouvertement exprimé leur désaccord avec la ligne officielle et avoir publié des articles diffamatoires dans la presse d’extrême droite de Miami (14).

Il sied de s’arrêter un instant sur ces accusations. Les deux « dissidents » cubains qui disposent de l’influence médiatique la plus importante au niveau international, qui lancent les invectives les plus acerbes contre la Révolution cubaine et qui jouissent de la bienveillance la plus soutenue auprès des extrémistes d’origine cubaine de Miami sont Oswaldo Payá et Elizardo Sánchez (15). Face à eux, Raúl Rivero passe pour un opposant relativement modéré et frileux (16). Or ce dernier avait été condamné à une peine de vingt ans de réclusion criminelle. Payá et Sánchez n’ont eu aucun ennui avec la justice, alors que leurs écrits politiques sont beaucoup plus virulents que ceux de Rivero. L’explication est assez simple: Payá et Sánchez ont, jusqu’à présent, toujours refusé le financement généreusement offert par Washington, tandis que Rivero a commis l’erreur de profiter des largesses financières de l’administration Bush. C’est cela qui a été condamné, et non la production littéraire ou politique supposément hétérodoxe.

Intégrer l’univers de la « dissidence » est un juteux commerce. Les avantages économiques de cette profession sont conséquents et attisent la convoitise d’individus peu scrupuleux. Les 75 personnes condamnées n’exerçaient aucun métier et vivaient des émoluments offerts par les autorités étasuniennes, en échange des tâches réalisées. Les appointements considérables pour le niveau de vie de la société cubaine ont conduit certains personnages à amasser de petites fortunes personnelles, s’élevant jusqu’à 16 000 dollars en liquide, alors que le salaire moyen oscille entre quinze et vingt dollars par mois (17). Ils menaient ainsi un train de vie largement supérieur à celui des Cubains, et profitaient également des incomparables privilèges que procure le système social cubain.

Pour évaluer précisément l’importance d’une telle somme, il convient de appeler la valeur du dollar à Cuba. Pour l’équivalent d’un dollar, un Cubain peut s’offrir au choix : cent quatre litres de lait, quarante-cinq kilos de riz, vingt-six tickets pour des matchs de base-ball, entre cinq et vingt-six places de théâtre ou de cinéma, 5200 kilowatts d’électricité ou cinq cours d’anglais télévisés de cent soixante heures chacun. Tous les autres aliments de première nécessité (pain, haricots, huile.) sont dans le même ordre de prix. A cela s’ajoute la gratuité des services d’éducation et de santé. Etant donné que 85% des citoyens cubains sont propriétaires de leur logement, ils ne payent aucun loyer. De plus, l’impôt n’existe pas à Cuba. Autre fait unique au monde : les médicaments achetés dans les pharmacies coûtent deux fois moins cher que ce qu’ils valaient il y a cinquante ans (18). Tout cela est possible grâce aux subventions octroyées annuellement par l’Etat cubain, tant vilipendé par les mêmes « dissidents » qui ne manquent pas de profiter des conditions de vie avantageuses qu’offre la société cubaine.

Suite à l’intervention diplomatique de l’Espagne, plusieurs personnes incarcérées depuis mars 2003, dont Raúl Rivero, ont été libérées fin novembre 2004 pour des raisons humanitaires (19). Il convient de souligner que Rivero a profité d’une médiatisation internationale uniquement parce qu’il était, avec Oscar Elias Biscet, le seul individu écroué sur les 75 à avoir réellement exercé le métier de journaliste. Son cas est intéressant dans la mesure où il jette une lumière sur l’ampleur de la campagne de désinformation lancée contre Cuba. Dans une interview accordée à Reporters sans frontières, Blanca Reyes, femme de Rivero, affirmait que celui-ci se trouvait dans des « conditions de détention infrahumaines et inacceptables ». Elle ajoutait par la même occasion qu’il avait perdu quarante livres (19,5 kilos). « [Il] a faim. Je veux que l’on sache [que] Raúl Rivero souffre de la faim », déplorait-elle dans un élan mélodramatique de circonstances (20). Cette information avait été reprise en grande pompe par l’ensemble de la presse internationale.

Or, lors de sa sortie de prison, Rivero est apparu en excellente santé, avec un embonpoint notable, comme l’illustres les photos prises par la presse et comme n’ont cessé de le clamer les autorités cubaines (21). Alors que Washington et ses relais dénonçaient avec une remarquable répercussion médiatique les « effroyables conditions de vie » des prisonniers, Rivero lui-même avoua avoir eu un accès sans restrictions à la lecture et avoir dévoré avec avidité le dernier roman de l’écrivain colombien Gabriel García Márquez, Historias de mis putas tristes, ouvrage difficile à trouver dans les librairies françaises à l’époque (22). Rivero n’a pas vécu dans un hôtel quatre étoiles, certes, mais pas dans un « goulag tropical » non plus comme les âmes bienséantes se plaisent à qualifier les prisons cubaines, comme si les pénitenciers du reste du monde étaient des lieux de villégiature (23).

Sans doute, les prisons d’Abu Ghraïb en Irak, où la torture de prisonniers de guerre a été institutionnalisée par Washington, sont-elles plus confortables. Que dire des geôles de Guantanamo, zone de non droit où la torture appliquée aux détenus est telle que de nombreuses tentatives de suicide ont eu lieu chez des personnes très pieuses pour qui le fait de mettre un terme à ses jours constitue le pire des pêchés (24) ? Dans tous les cas, très peu de réclusionnaires peuvent se vanter d’avoir eu accès au dernier roman de García Márquez, avant même certaines librairies européennes spécialisées.

Mais cela n’est guère nouveau. En effet, la transformation de criminels en « dissidents » ne date pas d’aujourd’hui. L’histoire d’Armando Valladares, le « poète paralytique condamné pour délit d’opinion », selon la propagande de Washington, est riche d’enseignements. Arrêté en 1960 pour terrorisme, cet ancien officier de police de la dictature de Batista reçut le soutien d’une grande campagne internationale lancée par l’extrême droite cubaine de Floride au début des années 80. Après des tractations effectuées par le gouvernement français de François Mitterrand, sous l’égide de Régis Debray, le prisonnier fut libéré et perdit, par la même occasion, ses talents de poètes et son hémiplégie. Par contre, il conserva soigneusement ses aptitudes de comédien et, ayant obtenu la nationalité étasunienne, il s’engagea auprès du gouvernement de Ronald Reagan, devenant ambassadeur auprès des Nations unies. Dépité, Régis Debray avait écrit dans son livre Les Masques : « L’homme n’était pas poète, le poète n’était pas paralytique, et le Cubain est aujourd’hui américain (25) ».

Luis Ortega Sierra est un journaliste cubain qui s’est exilé aux Etats-Unis en 1959, au triomphe de la Révolution. C’est un farouche adversaire du gouvernement de La Havane comme l’illustrent ses écrits. Il était lié à l’ancien dictateur cubain Fulgencio Batista qui finançait ses activités. Dans une lettre du 22 septembre 1961 à l’ancien homme fort de Cuba, Ortega avait exprimé sa « sympathie » et son « admiration » à son égard (26).

A propos des opposants cubains, Ortega déclare la chose suivante :

Les dissidents à Cuba sont des gens sans importance politique et tout le monde partage cet avis, même ceux qui vivent à leurs dépens. Ce sont des marionnettes de la mafia de Miami. Ils sont au service de la Section d’Intérêts des Etats-Unis qui les balade d’un endroit à un autre […].
Ce sont des gens qui reçoivent un salaire et une orientation idéologique du gouvernement américain. Cela n’est un secret pour personne. C’est le gouvernement nord-américain qui leur octroie de l’argent pour financer les activités de ces messieurs dans l’île. Penser que cet élément puisse représenter un mouvement puissant d’opposition au gouvernement est une bêtise (27).

Si l’Iran ou la Chine finançaient des opposants aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou en France, ces derniers tomberaient immédiatement sous le coup de la loi. Si les médias occidentaux étaient intellectuellement libres, ils n’utiliseraient qu’un seul terme pour se référer à ceux qui se présentent comme des opposants au gouvernement cubain : mercenaires.

Notes

(1) Wilfredo Cancio Isla, « La Cámara da sólido apoyo a la democracia en Cuba », El Nuevo Herald, 22 juin 2007.

(2) Ibid.

(3) Andrea Rodriguez, « Disidentes cubanos usan casa de diplomático de EEUU », The Associated Press, 21 juin 2007.

(4) Le Littré, V. 1.3.

(5) Cuban Democracy Act, Titre XVII, Section 1705, 1992.

(6) Helms-Burton Act, Titre I, Section 109, 1996.

(7) Colin L. Powell, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, mai 2004). www.state.gov/documents/organization/32334.pdf (site consulté le 7 mai 2004), pp. 16, 22.

 

(8)Condolezza Rice & Carlos Gutierrez, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, juillet 2006). www.cafc.gov/documents/organization/68166.pdf (site consulté le 12 juillet 2006), p. 20.

(9) Salim Lamrani, Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis (Pantin : Le Temps des Cerises, 2006).

(10)BBC, « Cuba Warns Dissidents Over US Aid », 12 juillet 2006.

(11)Ibid.

(12)Salim Lamrani, Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis, op. cit.

(13)Condolezza Rice & Carlos Gutierrez, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, juillet 2006). www.cafc.gov/documents/organization/68166.pdf (site consulté le 12 juillet 2006), p. 22.

(14)Reporters sans frontières, « Un an après l’arrestation de 75 dissidents, Reporters sans frontières mobilise l’Europe contre la répression à Cuba », 18 mars 2004. www.rsf.org/article.php3?id_article=9547 (site consulté le 20 mars 2004).

(15)Oswaldo Paya, « Mensaje de Oswaldo Paya Sardiñas a Vaclav Havel, Presidente de la República checa en su visita a la ciudad de Miami, Florida », 23 septembre 2002. www.pdc-cuba.org/paya_havel.htm (site consulté le 25 septembre 2004) ; El Nuevo Herald, « Piden a Europa más firmeza contra el régimen », 7 octobre 2004. www.miami.com/mld/elnuevo/news/world/cuba/9853178.htm (site consulté le 8 octobre 2004).

(16)Raúl Rivero, « El cartel del queso blanco », Luz Cubana, Janvier/Février 2003, n°1 : 9-10.

(17)Felipe Pérez Roque, « Conferencia a la prensa nacional y extranjera », MINREX, 25 mars 2004 : 5-7.

(18) Gouvernement révolutionnaire de Cuba, « Documents », 18 avril 2003. www.cuba.cu/gobierno/documentos/2003/fra/n180403f.html (site consulté le 2 décembre 2004).

 

(19) Andrea Rodríguez, « En libertad el poeta y disidente cubano Raúl Rivero », El Nuevo Herald, 30 novembre 2004. www.miami.com/mld/elnuevo/news/world/cuba/10303056.htm (site consulté le 1 décembre 2004).

 

(20) Reporters sans frontières, « La mujer del periodista encarcelado Raúl Rivero denuncia unas condiciones de detención ‘inaceptables’ », 5 août 2003. www.rsf.org/imprimir.php3?id_article=7698 (site consulté le 17 décembre 2004).

 

(21) Nancy San Martin, « Cubans Tell Rivero to Consider Leaving », The Miami Herald, 1 décembre 2004. www.miami.com/mld/miamiherald/10308130.htm?1c (site consulté le 2 décembre 2004).

 

(22) Nancy San Martin, « Cubans Tell Rivero to Consider Leaving », The Miami Herald, 1 décembre 2004. www.miami.com/mld/miamiherald/10308130.htm?1c (site consulté le 2 décembre 2004).

 

(23) Olivier Languepin, « Dans les prisons de Castro », Le Monde, 31 décembre 2004.

(24) Robert Scheer, « A Devil’s Island for Our Times », Los Angeles Times, 28 décembre 2004.

(25) Gianni Miná, Un Encuentro con Fidel (La Havane : Oficina de Publicaciones del Consejo de Estado, 1987), pp. 43-60 ; Jean-Marc Pillas, Nos Agents à La Havane. Comment les Cubains ont ridiculisé la CIA (Paris : Albin Michel, 1995), pp. 145-51.

(26) Ivette Leyva Martínez, « Despierta singular interés vida y obra de Batista », El Nuevo Herald, 3 mai 2008.

(27) Luis Ortega Sierra, « Fidel rebasó la historia », in Luis Báez, Los que se fueron (La Havane : Casa Editora Abril, 2008), p. 221.

23:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cuba, socialisme, mediamensonges |  Facebook |

28/10/2009

Egoïsme et solidarité - Une histoire pour illustrer les antagonismes


"L'homme est égoïste! Il en veut toujours plus pour lui! L'homme est naturellement contre le partage… C'est pour ça que le communisme ne peut marcher!" Voilà ce que j'ai déjà souvent entendu autour de moi. De cette question est née une petite histoire…

Benjamin Pestieau | 30 mars 2007


Pierre et Jacques - deux égoïstes aux destinées différentes…

Par une belle journée ensoleillée, le jour se lève sur la ville Méson-En-Veupluce. Il est 6h00, Pierre et Jacques se réveillent. Pierre habite dans une maison de rangée et Jacques dans une superbe villa. Pierre est ouvrier dans l'usine Onsue. Jacques est patron de la même usine.

Ce matin-là il fait chaud dans la maison de Pierre, très chaud. L'été est particulièrement sec. Pierre voudrait améliorer l’isolation de sa maison pour y garder la fraîcheur. Il voudrait aussi installer une piscine dans son jardin pour que ses enfants puissent profiter des vacances. La voiture de Pierre devient également vieille, surtout que ses enfants ont grandit et qu'il n'est plus possible de partir camper avec la famille dans sa petite Clio 3 portes. L’aîné des enfants doit faire des travaux pour l’école. Tous les jours c’est la même rengaine : «Papa, c’est quand que tu m’achètes un ordinateur? C’est pour l’école je te jure.»

Pierre est également passionné de photo. Il est secrétaire du club de photo de sa commune. La lumière de l'été est particulièrement propice pour qu'il développe tout son talent derrière l'objectif. Récemment, il a vu le dernier réflexe numérique de chez Canon. Un bijou. Accessible financièrement mais pas pour cette année car Pierre doit également profiter de l’été pour réparer le toit de sa maison. Une priorité avant que l'automne et ses pluies abondantes n’arrivent…

"Ah, si je pouvais avoir une augmentation salariale! Ca m'aiderait à répondre à mes besoins. En plus ce serait bien légitime, l'usine a fait des milliards de bénéfices cette année. C'est sûr, dès que j'arrive à l'usine, je vais chez mon patron… Jacques, lui demander une augmentation. Il est sympa Jacques."

Jacques lui ce matin, n'a pas beaucoup dormi. Il a sabré le champagne la veille avec les actionnaires et les cadres supérieurs de la société. Les résultats semestriels sont excellents! Le manque de sommeil ne l'atteint pas tellement, les résultats financiers l'enthousiasment. En effet, grâce à ceux-ci, il recevra une prime alléchante exceptionnelle de 250.000 euros qui lui permettra d'acheter une Ferrari GT. Jacques s'est découvert une nouvelle passion pour la marque au cheval cabré en rencontrant Michaël Schumacher dans les paddocks du grand prix de Francorchamp 2005. Il avait reçu une place VIP parce que les usines Onsue sponsorisaient le Grand Prix.

Ce n'est pas tout, grâce à ces résultats, de belles perspectives de croissance s'ouvre à Onsue. D'un côté, l'entreprise pourra racheter les usines Onap-Erdu. Celles-ci n'ont pas été assez productives et les prix qu'elles pratiquaient sur le marché étaient bien trop hauts. Pas ce problème chez Onsue, grâce au dernier plan de restructuration, ils ont gagné 20% sur la masse salariale et écrasé la concurrence des usines Onap-Erdu. En plus, les beaux résultats actuels permettent à Onsue d'acheter de nouvelles machines qui permettront d'accélérer la chaîne de production…

Arrêtons-nous sur la situation...


- Pierre en veut plus pour lui. Pierre est ouvrier
- Jacques en veut plus pour lui. Jacques est Patron

Un dialogue intéressant...

Revenons maintenant à Pierre. Il arrive un peu plus tôt ce jour-là à l'usine. Il a décidé d'aller trouver Jacques pour lui demander une augmentation. Jacques est un patron moderne, il reçoit directement Pierre dans son bureau. Il s'en suit le dialogue suivant:

- Ecoute Jacques, je voudrais une augmentation. Je dois faire face à de nouvelles dépenses et une augmentation serait plus que la bienvenue. J’en ai besoin pour moi. Ca ne devrait pas être trop difficile pour toi vu les bénéfices de l’entreprise…
- Ecoute Pierre, je te comprends mais je ne peux t'accorder cela. Si je te donne plus à toi et je voudrais vraiment bien le faire, tes collègues vont rappliquer demain pour avoir plus aussi. Ben oui, à travail égal - salaire égal comme on dit dans ton syndicat. En plus, si je te donne plus pour toi et tes collègues, j'aurai moins pour moi. C'est direct, je te paie plus, je fais moins de profit. C'est aussi fort que les vases communicants. Si je te paie plus et que je ne veux pas perdre, ça veut dire que je dois vendre les produits Onsue plus chers. Or tu sais que notre devise, c'est "Avec Onsue, la qualité au meilleur prix." Si je ne respecte pas notre devise, on perdra des parts de marché et on devra fermer l'usine. Ecoute, Pierre, je ne peux vraiment pas t'augmenter. Si je t'augmente je perds et on ne sera plus au top pour affronter la concurrence…
- Mais mais…
- D'ailleurs, j'allais vous proposer de travailler une heure de plus par semaine sans augmentation salariale pour rester compétitif. Et comme ça les actionnaires et moi, nous aurons des meilleurs dividendes. On aura plus et on investira plus dans l’entreprise. Si on a moins on ne reste pas car on peut avoir plus dans d’autres pays. Tout comme moi, je suis sûre que tu ne voudrais pas non plus que notre usine délocalise dans un autre pays, non?
- Mais mais…
- Pierre, si tu veux vraiment avoir plus, l’usine propose parfois de faire des heures supplémentaires. Profites-en !
- Ecoute Jacques, tu sais bien qu’on travaille déjà à pause à l’usine : parfois le matin, parfois l’après-midi, parfois la nuit. Mon organisme ne me permet pas de faire des heures supplémentaires comme cela. En plus, il faut bien que je puisse voir un peu mes enfants, non ?
- Oui je comprends mais c’est à toi de choisir. Voilà, je te propose de clôturer notre entretien car j'ai du travail. Allez bon boulot…

Pierre est furieux et se sent impuissant. Que peut-il faire? Jacques semble pouvoir ne rien entendre. Mais, mais…Jacques a donné une idée à Pierre….

Pierre a une idée…

Lors de la pause, Pierre discute avec ses collègues sur le fait qu'il n'arrive pas à acheter tout ce dont il a besoin car le salaire ne suit pas. Et ses collègues lui disent: «Mais nous aussi Pierre, on a le même problème. En plus ce n'est pas normal, Jacques, il nous raconte qu'il ne peut pas donner plus mais il se fait des couilles en or pendant qu'on sue à la chaîne. Demander quelque chose tout seul à Jacques, tu ne l'obtiendras jamais, Pierre. Si tu veux avoir quelque chose, il faut faire pression.»

« Oui mais comment ? »


«Il faut menacer Jacques de grève. C'est seulement comme ça que Jacques devra lâcher quelque chose. Ensemble on peut bloquer la production et donc les profits de Jacques. Sans profit, sans nous, Jacques n'est rien et ne gagne rien.» Ainsi l'idée que Pierre avait à la fin de la discussion avec Jacques se confirme: s'il veut plus d'argent pour lui, ça passera par plus d'argent pour lui et tous ses collègues…

Arrêtons-nous sur la situation...

- Jacques en veut plus. Pour avoir plus, il faut que Pierre en ait moins, d'une manière ou d'une autre. Il n'y a pas d'autres possibilités. Pour en avoir plus, il ne faut pas seulement que Pierre en ait moins mais tous les collègues de Pierre. Plus pour Jacques (une personne) c'est moins pour Pierre et tous ses collègues (des milliers de gens).
- Pierre en veut plus. Il a essayé d'aller chez Jacques pour lui demander une augmentation salariale. Il s'est fait jeter. En effet, si Pierre en a plus, Jacques en aura moins. Ce qui n'est pas du tout pour plaire à Jacques.
- Par contre Pierre se rend compte que son SEUL moyen pour en avoir plus, c'est d'en demander plus avec ses collègues. S'il en veut plus pour lui, ça veut dire plus pour ses collègues, ses milliers de collègues et moins pour Jacques et ses quelques actionnaires principaux. Donc plus pour Pierre, c'est plus pour TOUS les collègues de Pierre (des milliers de gens) et un peu moins pour Jacques (une à quelques personnes).
- Il est possible que Jacques arrive à diviser Pierre et ses collègues par le racisme (le problème c’est les étrangers) ou le nationalisme (flamands – wallons). Il est possible que Pierre et ses collègues ne comprennent pas que leur force réside dans leur nombre, dans leur unité et la solidarité. Mais alors, ils seront condamnés à ne rien obtenir.

Morale de l'histoire…

Si Pierre veut assouvir ses besoins personnels, ses besoins comme individu, ses besoins égoïstes… il sera obligé d'agir collectivement. Son bonheur passera par le bonheur de ses milliers de collègues. Il n'y a pas d'autres choix. Son problème, c'est aussi celui de ses collègues. Sa force réside dans la force collective qu'il peut exercer avec ses collègues. Sa force réside dans le fait qu’il contrôle, avec tous ses collègues, la production, source du profit. C'est une réalité objective. Bien entendu Pierre peut décider de ne pas se solidariser avec ses collègues, il peut décider d'agir seul. Mais on a vu qu'il n'obtiendra rien pour lui en suivant cette voie…

Par contre pour Jacques la situation est inverse. S'il en veut plus pour lui, il doit en donner moins à des milliers d'autres. Son bonheur à lui passe par le malheur de milliers d'autres hommes. Son bonheur comme individu passe par le malheur de la collectivité.

En plus s’il veut empêcher que les travailleurs s’unissent, il doit tout faire pour les diviser, d’une manière ou d’une autre : racisme, nationalisme, organiser la production en évitant les contacts entre les travailleurs, etc.

Voilà, Jacques et Pierre ne sont pas nés égoïstes ou généreux. C'est leur position respective dans la société, leur position dans la production qui peut développer en eux des valeurs de solidarité ou d'individualisme. Celles-ci ne leur sont pas venues du néant…

26/10/2009

.... Pour un peu se dérider.

Une fable moderne....

decoration
Un berger faisait paître son troupeau au fin fond d'une campagne quand, d'un nuage de poussière, surgit une rutilante Range-Rover venant dans sa direction.

Le chauffeur, un jeune homme dans un complet Armani, chaussures Gucci, lunettes Ray Ban et cravate Hermès, se penche par la fenêtre et demande au berger :

Si je peux vous dire exactement combien de moutons il y a dans votre troupeau, m'en donnerez-vous un ?

Le berger regarde le jeune homme, puis son troupeau broutant paisiblement et répond simplement :

- Certainement !

L'homme gare sa voiture, ouvre son ordinateur portable, le branche à son téléphone cellulaire, navigue sur Internet vers la page de la NASA, communique avec un système de navigation par satellite, balaie la région, ouvre une base de données et quelque trente fichiers Excel aux formules complexes.

Finalement, il sort un rapport détaillé d'une dizaine de pages de son imprimante miniaturisée et s'adresse au berger en disant :

- Vous avez exactement 1586 moutons dans votre troupeau.
- C'est exact, dit le berger. Et comme nous l'avions convenu, prenez-en un. Il regarde le jeune homme faire son choix et expédier sa prise à l'arrière de son véhicule, puis il ajoute :

- Si je devine avec précision ce que vous faites comme métier, me
rendrez-vous ma bête ?

- Pourquoi pas ? répondit l'autre.

- Vous êtes Ingénieur Qualité et vous faites des audits, dit le berger.

- Vous avez parfaitement raison, comment avez-vous deviné ?

- C'est facile. Vous débarquez ici alors que personne ne vous l'a
demandé, vous voulez être payé pour avoir répondu à une question dont je connais déjà la réponse et dont tout le monde se fout et, manifestement, vous ne connaissez absolument rien à mon métier.

Maintenant, rendez-moi mon chien...

Conclusion:

C'est parce que la vitesse de la lumière est supérieure à celle du son, que certains ont l'air brillants avant d'avoir l'air con !!!

17:15 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Morale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blague, humour |  Facebook |

23/10/2009

Qu'est-ce que le PIB ? (Source 6com.be)

Le Produit intérieur brut (PIB)

 
Le produit intérieur brut (PIB) est une mesure de la valeur de l’ensemble des biens et services produits sur le territoire d’un pays donné (ou d’une région) au cours d’une période déterminée - en général une année, parfois un trimestre -, quelle que soit la nationalité des producteurs pourvu qu’ils y soient résidents.
 
Le PIB correspond dès lors à la valeur totale de la production économique interne de biens et services marchands par l’ensemble des agents économiques résidents (ménages, entreprises, administrations publiques, etc.), à l’intérieur du territoire national ou régional.
 
Afin d’éviter que la même production soit comptabilisée plus d’une fois dans le calcul, ne sont intégrés au PIB que les biens et services finaux (de consommation et d’équipement), les biens semi-finis ou intermédiaires de production étant exclus.
 
 
Par exemple, la valeur de la production ou de la transformation des ingrédients nécessaires à la fabrication d’un pain prêt à la consommation - tels que le blé, l’eau, le levain, etc. - n’est pas comptabilisée pour calculer le PIB : seule la valeur finale du pain l’est, donc la somme des valeurs ajoutées des ingrédients et services nécessaires à sa production.
 
Le PIB et la croissance du PIB sont devenus deux des plus importants indicateurs permettant de juger du niveau de l’activité économique d’un pays, d’une région. Croissance économique et croissance du PIB sont devenues synonymes. Inversement, une diminution du PIB correspond à une récession, soit un recul de l’activité économique, de la création de richesse sur le territoire d’un pays ou d’une région.
 
CALCUL DU PIB
 
 
En théorie, le PIB peut être calculé selon trois méthodes : par la dépense, par les revenus ou par la production. Pour des raisons pratiques, on utilise essentiellement cette dernière. Selon cette technique, on additionne toutes les valeurs ajoutées des productions (biens et services) réalisées au cours d’une période déterminée, en se basant sur les résultats et données statistiques fournies par l’ensemble des administrations et entreprises résidentes.
 
 
PIB PAR HABITANT
 
 
Le produit intérieur brut par habitant (ou par tête) est la valeur du PIB divisée par le nombre d’habitants d’un pays (ou d’une région). Cet indicateur économique est plus efficace que le PIB pour mesurer tant le niveau de développement d’un pays (soit sa capacité productive s’il est exprimé en terme de croissance) que le niveau de productivité économique des travailleurs et des entreprises (privées comme publiques).
 
Néanmoins, il reste un indicateur imparfait car exprimé sous la forme d’une moyenne, il ne reflète pas l’état des inégalités parmi la population d’une région ou d’un pays donné. Dès lors, il ne permet pas de se faire une idée précise du niveau de bien-être de sa population ou du degré de réussite d’un territoire en matière de développement humain, socio-économique.
 
Tout comme le PIB par habitant ne montre pas non plus dans quelle mesure les richesses produites par les forces vives d’un pays sont réparties de manière équitable (ou non) entre ses habitants et ne peut donc pas se revendiquer comme étant un indicateur qui garantit la mesure du bonheur ou de la qualité de vie des citoyens habitant un territoire donné !
 
LIMITES ET DEFAUTS DANS LA DETERMINATION DU PIB
 
 
La plupart des critiques à l’égard du PIB (par habitant) mettent le plus souvent en évidence six limites majeures :
 
1.                 Son cloisonnement comptable. Donc son incapacité à chiffrer et comptabiliser les revenus du travail non déclaré (travail au noir), de l’économie souterraine dont la contribution à l’économie d’un pays peut être parfois considérable. C’est également le cas de l’autoproduction (et l’autoconsommation) de certains biens - par exemple, quand il s’agit de consommer les fruits et légumes du potager familial (contrairement au fait de les acheter au supermarché) - ou de certains services. Il s’agit notamment des services domestiques non rémunérés, effectués à titre gratuit au sein des familles (lessiver et repasser le linge, cuisiner, etc.), d’un même quartier ou d’une même communauté d’individus (comme le fait de tondre gratuitement la pelouse d’un voisin âgé de 90 ans ou d’aller faire ses achats au supermarché du village, etc.).
 
Ces services restent cependant indispensables au renforcement de la cohésion sociale, de la solidarité au sein d’un territoire. De toute évidence, ils contribuent au bien-être, à l’amélioration de la qualité de vie des habitants qui en bénéficient.
 
 
2.                 Son ignorance à l’égard de la valeur estimée du patrimoine (mais aussi du niveau d’endettement) des agents économiques. En effet, le PIB (par habitant) ne tient pas assez compte des actifs et passifs des ménages, entreprises et autorités publiques.
                                    
Le PIB ne considère pas l’actif et donc encore moins la qualité de cet actif. Par exemple, les créances douteuses (crédits accordés par les banques, mais dont on sait que l’emprunteur éprouvera des difficultés à les rembourser) ne contribuent pas à déterminer le niveau du PIB. Or quand elles gagnent en importance, ces créances constituent un  danger pour la stabilité de l’économie, surtout dans les pays en voie de développement (ou émergents) où l’euphorie de la croissance économique soutenue a tendance à faire oublier aux banques les règles les plus élémentaires du contrôle des risques financiers.
 
3.                 L’indicateur économique qu’est le PIB (par habitant) ne reflète pas non plus les atteintes causées à l’environnement (comme la pollution) et aux ressources naturelles par les modes de production (ou de transformation de celles-ci).
 
 
Ainsi, dans le cas d’une production polluante, suivie d’un processus de dépollution, deux productions sont comptabilisées (dont une négative pour le niveau de bien-être des résidents de tout ou partie du territoire en question), pour un résultat final ‘nul’ (ou quasi nul). Tout comme le PIB ne comptabilise pas la valeur estimée des ressources naturelles ou minières diverses que peut receler un territoire.
 
 
4.                 Par ailleurs, dans le cas d’une catastrophe naturelle (inondations, ouragan, tremblement de terre, etc.), le produit intérieur brut ne comptabilise les destructions d’actifs (maisons, infrastructures, voies de communication, etc) qu’indirectement, à concurrence de l’impact sur la production. Donc moins que la perte nette d’actifs. Néanmoins, le PIB prend en considération les efforts d’interventions (médicales, sanitaires, etc.) et les reconstructions qui font suite au sinistre. La capacité à faire face à une catastrophe naturelle constitue effectivement une production exceptionnelle de richesse économique, qu’il semble donc normal de comptabiliser.
 
 
5.                 La non-comptabilisation des investissements directs réalisés par un pays à l’étranger. Ainsi, les entreprises belges qui investissent à l’étranger tendent à diminuer le propre PIB de la Belgique au profit des territoires bénéficiaires, tout comme les exportations belges augmentent le PIB des pays où elles y sont consommées finalement.
 
 
6.                 Enfin, il est malaisé de chiffrer la contribution des services non marchands et de l’administration publique à la richesse économique d’un pays (ou d’une région), étant donné que ces institutions ne facturent que très peu souvent leurs prestations aux usagers-consommateurs. Aussi, seuls leurs coûts sont comptabilisés au PIB.
 
 
En raison de ces limites évidentes, de nouveaux indicateurs ont vu le jour ces dernières années pour mieux appréhender, évaluer le bien-être social. C’est le cas notamment de l’Indice de développement humain (IDH) qui prend en considération les paramètres suivants : le PIB par habitant (exprimé en Parité de pouvoir d’achat), l’espérance de vie ainsi que le taux d’alphabétisation de la population d’un pays (ou d’une région).

18:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pib, definition, economie, politique |  Facebook |

22/10/2009

La révolte nait-elle spontanément?

L'expérience de la grenouille

Par Olivier Clerc

 

"Imaginez une marmite remplie d'eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite. L'eau se chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager. La température commence à grimper. L'eau est chaude. C'est un peu plus que n'apprécie la grenouille; ça la fatigue un peu mais elle ne s'affole pas pour autant. L'eau est maintenant vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle est aussi affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien. La température de l'eau va ainsi monter jusqu'au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais s'être extraite de la marmite.

Cette expérience peu recommandable est riche d'enseignements. Elle montre que lorsqu'un changement négatif s'effectue de manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps pas de réaction, pas d'opposition, pas de révolte."

 


14:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Morale | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/10/2009

LE PROFIT, BUT DE LA PRODUCTION CAPITALISTE

La société privée des moyens de production et la division de la société en deux grandes classes ont pour conséquence l’exploitation d’une classe par l’autre.

Le régime capitaliste est fondé sur l’exploitation du travail salarié par les capitalistes.

1) LE MECANISME DE L’EXPLOITATION CAPITALISTE (1)

(1) Le mécanisme de l'exploitation capitaliste a été découvert par K. Marx, savant et homme d'action.

Les capitalistes possèdent les moyens de production : usines, machines, matières premières, etc.

les ouvriers ne possèdent rien que leur force de travail, c’est à dire leurs facultés physiques et intellectuelles. Pour vivre et élever leur famille, ils sont donc contraints de vendre leur force de travail aux capitalistes.

a) Le salaire, prix de la force de travail

en échange, ils reçoivent un salaire. Le salaire n’est pas le prix du travail de l’ouvrier ; il ne correspond pas à la valeur des produits que l’ouvrier créé par son travail ; il est le prix de la seule marchandise dont dispose l’ouvrier, sa force de travail.

Le salaire correspond, dans le meilleur des cas, à la valeur des moyens de subsistance nécessaires à l’entretien de l’ouvrier et de sa famille.

b) La plus-value ou travail gratuit

Au cours de sa journée de travail, l’ouvrier créé une quantité de marchandises dont la valeur est supérieure à la valeur des moyens de subsistance qui lui sont nécessaires pour reconstituer sa capacité de travail, au salaire qui est payé.

Il y a donc une différence entre la valeur des marchandises produites par l’ouvrier et la valeur des marchandises qui lui sont indispensables pour subsister, entre le travail effectué par l’ouvrier et le travail qui lui est payé.

Cette différence est du travail non payé par le capitaliste que ce dernier s’approprie gratuitement. C’est la plus-value, source du profit capitaliste.

L’étude de l’origine du profit capitaliste montre que la journée de travail de l’ouvrier se divise en deux parties : dans une partie, l’ouvrier produit une valeur équivalente à la valeur des moyens de subsistance qui lui sont nécessaires pour reconstituer sa force de travail ; dans l’autre partie, il travaille gratuitement pour le capitaliste, il créé la plus-value.

Sur sa feuille de paie, toutes les heures de travail apparaissent payées ; en fait que l’ouvrier soit payé à l’heure, aux pièces ou au boni, le patron ne paie en réalité qu’une partie de sa journée de travail.

c) La fausseté du « cycle infernal »

Les patrons et les dirigeants socialistes prétendent que l’augmentation des salaires fait augmenter automatiquement les prix. Cette affirmation est fausse. Nous avions vu, en effet, qu’il existe une différence entre la valeur produite par l’ouvrier et le salaire qui lui est payé. La part de l’ouvrier dans le produit de son travail peut donc augmenter part la réduction du profit du capitaliste et sans qu’il y ait répercussion sur la valeur du produit, le prix de la marchandise.

2) LE PROFIT, BUT DE LA PRODUCTION CAPITALISTE

Le but de la production capitaliste n’est pas de satisfaire les besoins des hommes, mais de réaliser le maximum de profits.

C’est pourquoi les capitalistes investissent leurs capitaux dans les branches qui rapportent le plus de profits et non dans celles dont le développement serait le plus utile à la société. Si l’on ne construit pas de logements par exemple, c’est parce que cela ne leur offre pas une rentabilité suffisante. Par contre, le développement de la production de guerre, qui fournit des profits énormes, « bénéficie de toute leur « sollicitude ».

La source du profit réside dans l’exploitation des ouvriers. Le profit est d’autant plus grand que le capitaliste achète la force de travail au meilleur compte. Aussi la tenda,nce permanente du capitaliste est-elle de ramener le salaire à son niveau le plus bas. La recherche du profit maximum explique aussi que les capitalistes tendent à élever au maximum le rendement de l’ouvrier et à allonger le plus possible la journée de travail.

L’intérêt des capitalistes et celui des ouvrier sont contradictoires : les capitalistes ne peuvent accroître leur profit qu’en pressurant davantage les travailleurs ; les ouvriers ,e peuvent accroître leur salaire qu’en réduisant le profit capitaliste.

Pour cette raison, une âpre lutte oppose ouvriers et capitalistes ; les intérêts des capitalistes et des ouvriers sont inconciliables.

L’unique moyen pour les ouvriers d’imposer unie meilleure rétribution de leur force de travail, c’est l’organisation de la lutte et non la collaboration de classe comme le prétendent les réformistes. L’idée de la collaboration des classes est une arme au service des capitalistes : elle vise à détourner la classe ouvrière de la lutte pour la défense de ses intérêts.

3) LA DUPERIE DE « L’ASSOCIATION CAPITAL - TRAVAIL »

Le pouvoir autoritaire qui s’est instauré en France préconise l’« association capital-travail », la communauté d’intérêts entre exploiteurs et exploités.

Quelle que soit la forme sous laquelle elle se présente, elle ne modifie pas fondamentalement la condition de l’ouvrier ; les moyens de production restent la propriété des capitalistes ; l’exploitation subsiste, la lutte de classe aussi ; la grandeur de la part de travailleurs dans le produit de leur travail reste conditionnée par la lutte.

L’ordonnance gaulliste du 7 janvier 1959 sous prétexte d’intéresser les travailleurs aux résultats de l’entreprise permet aux patrons de mettre l’accent sur le lien entre le salaire et la productivité.

L’accroissement de la « productivité » du travail – qu’il soit obtenu par l’intensification du travail ou par l’introduction de la technique nouvelle – a pour conséquence l’augmentation du profit capitaliste : dans les deux cas, les capitalistes disposent d’une quantité de marchandises plus grande pour une journée de travail d’ouvrier.

Quant à l’ouvrier, les résultat est l’aggravation de ses contions de travail et de vie. Depuis 1938, le volume de la production française a doublé ; le rendement a augmenté de 40 % ; mais le salaire horaire du métallurgiste parisien a diminué d’un tiers. La conséquence est que l’ouvrier doit travailler plus longtemps (heures supplémentaires).

L’ordonnance gaulliste vise donc à faciliter la surexploitation des ouvriers.

La « distribution d’actions » à titre payant ou gratuit est aussi envisagée ; les ouvriers recevraient au bout de longues années de présence dans la même usine, quelques centaines de francs de dividendes par an.

Le but véritable de l’« association capital-travail » - « association » du maître et de l’esclave – est de camoufler la réalité de l’exploitation dont les ouvriers sont les victimes et d’affaiblir ainsi leur conscience de classe en essayant de les persuader qu’ils sont des « collaborateurs » de l’entreprise, que l’entreprise est « leur chose », que la prospérité de l’entreprise est également celle des ouvriers ! Le patronat et le gouvernement à son service espèrent ainsi entraver l’action pour l’augmentation des salaires qui est la seule voie juste pour l’amélioration du niveau de vie de l’ouvrier.

(Source: Gauche Communiste.net)

19/10/2009

Albert Einstein: "Pourquoi le socialisme?"

Pourquoi le socialisme?
Albert Einstein
1949

halsman-philippe-albert-einstein-7200016.1239054611Est-il convenable qu’un homme qui n’est pas versé dans les questions économiques et sociales exprime des opinions au sujet du socialisme? Pour de multiples raisons je crois que oui.

Considérons d’abord la question au point de vue de la connaissance scientifique. Il pourrait paraître qu’il n’y ait pas de différences méthodologiques essentielles entre l’astronomie, par exemple, et l’économie : les savants dans les deux domaines essaient de découvrir les lois généralement acceptables d’un groupe déterminé de phénomènes, afin de rendre intelligibles, d’une manière aussi claire que possible, les relations réciproques existant entre eux. Mais en réalité de telles différences existent. La découverte de lois générales en économie est rendue difficile par la circonstance que les phénomènes économiques observés sont souvent influencés par beaucoup de facteurs qu’il est très difficile d’évaluer séparément. En outre, l’expérience accumulée depuis le commencement de la période de l’histoire humaine soi-disant civilisée a été — comme on le sait bien — largement influencée et délimitée par des causes qui n’ont nullement un caractère exclusivement économique. Par exemple, la plupart des grands États dans l’histoire doivent leur existence aux conquêtes. Les peuples conquérants se sont établis, légalement et économiquement, comme classe privilégiée du pays conquis. Ils se sont attribués le monopole de la terre et ont créé un corps de prêtres choisis dans leur propre rang. Les prêtres, qui contrôlèrent l’éducation, érigèrent la division de la société en classes en une institution permanente et créèrent un système de valeurs par lequel le peuple fut dès lors, en grande partie inconsciemment, guidé dans son comportement social.

Mais la tradition historique date pour ainsi dire d’hier ; nulle part nous n’avons dépassé ce que Thorstein Veblen appelait "la phase de rapine" du développement humain. Les faits économiques qu’on peut observer appartiennent à cette phase et les lois que nous pouvons en déduire ne sont pas applicables à d’autres phases. Puisque le but réel du socialisme est de dépasser la phase de rapine du développement humain et d’aller en avant, la science économique dans son état actuel peut projeter peu de lumière sur la société socialiste de l’avenir.

En second lieu, le socialisme est orienté vers un but éthico-social. Mais la science ne peut pas créer des buts, encore moins peut-elle les faire pénétrer dans les êtres humains ; la science peut tout au plus fournir les moyens par lesquels certains buts peuvent être atteints. Mais les buts mêmes sont conçus par des personnalités animées d’un idéal moral élevé et — si ces buts ne sont pas mort-nés, mais vivants et vigoureux — sont adoptés et portés en avant par ces innombrables êtres humains qui, à demi inconscients, déterminent la lente évolution de la société.

Pour ces raisons nous devrions prendre garde de ne pas surestimer la science et les méthodes scientifiques quand il s’agit de problèmes humains ; et nous ne devrions pas admettre que les spécialistes soient les seuls qui aient le droit de s’exprimer sur des questions qui touchent à l’organisation de la société.

D’innombrables voix ont affirmé, il n’y a pas longtemps, que la société humaine traverse une crise, que sa stabilité a été gravement troublée. Il est caractéristique d’une telle situation que des individus manifestent de l’indifférence ou, même, prennent une attitude hostile à l’égard du groupe, petit ou grand, auquel ils appartiennent. Pour illustrer mon opinion je veux évoquer ici une expérience personnelle. J’ai récemment discuté avec un homme intelligent et d’un bon naturel sur la menace d’une autre guerre, qui, à mon avis, mettrait sérieusement en danger l’existence de l’humanité, et je faisais remarquer que seule une organisation supranationale offrirait une protection contre ce danger. Là-dessus mon visiteur me dit tranquillement et froidement : "Pourquoi êtes-vous si sérieusement opposé à la disparition de la race humaine ?"

Je suis sûr que, il y a un siècle, personne n’aurait si légèrement fait une affirmation de ce genre. C’est l’affirmation d’un homme qui a vainement fait des efforts pour établir un équilibre dans son intérieur et qui a plus ou moins perdu l’espoir de réussir. C’est l’expression d’une solitude et d’un isolement pénibles dont tant de gens souffrent de nos jours. Quelle en est la cause ? Y a-t-il un moyen d’en sortir ?

Il est facile de soulever des questions pareilles, mais il est difficile d’y répondre avec tant soit peu de certitude. Je vais néanmoins essayer de le faire dans la mesure de mes forces, bien que je me rende parfaitement compte que nos sentiments et nos tendances sont souvent contradictoires et obscurs et qu’ils ne peuvent pas être exprimés dans des formules aisées et simples.

L’homme est en même temps un être solitaire et un être social. Comme être solitaire il s’efforce de protéger sa propre existence et celle des êtres qui lui sont le plus proches, de satisfaire ses désirs personnels et de développer ses facultés innées. Comme être social il cherche à gagner l’approbation et l’affection de ses semblables, de partager leurs plaisirs, de les consoler dans leurs tristesses et d’améliorer leurs conditions de vie. C’est seulement l’existence de ces tendances variées, souvent contradictoires, qui explique le caractère particulier d’un homme, et leur combinaison spécifique détermine dans quelle mesure un individu peut établir son équilibre intérieur et contribuer au bien-être de la société. Il est fort possible que la force relative de ces deux tendances soit, dans son fond, fixée par l’hérédité. Mais la personnalité qui finalement apparaît est largement formée par le milieu où elle se trouve par hasard pendant son développement, par la structure de la société dans laquelle elle grandit, par la tradition de cette société et son appréciation de certains genres de comportement. Le concept abstrait de "société" signifie pour l’individu humain la somme totale de ses relations, directes et indirectes, avec ses contemporains et les générations passées. Il est capable de penser, de sentir, de lutter et de travailler par lui-même, mais il dépend tellement de la société — dans son existence physique, intellectuelle et émotionnelle — qu’il est impossible de penser à lui ou de le comprendre en dehors du cadre de la société. C’est la "société" qui fournit à l’homme la nourriture, les vêtements, l’habitation, les instruments de travail, le langage, les formes de la pensée et la plus grande partie du contenu de la pensée ; sa vie est rendue possible par le labeur et les talents de millions d’individus du passé et du présent, qui se cachent sous ce petit mot de "société".

Il est, par conséquent, évident que la dépendance de l’individu de la société est un fait naturel qui ne peut pas être supprimé — exactement comme dans le cas des fourmis et des abeilles. Cependant, tandis que tout le processus de la vie des fourmis et des abeilles est fixé, jusque dans ses infimes détails, par des instincts héréditaires rigides, le modèle social et les relations réciproques entre les êtres humains sont très variables et susceptibles de changement. La mémoire, la capacité de faire de nouvelles combinaisons, le don de communication orale ont rendu possibles des développements parmi les êtres humains qui ne sont pas dictés par des nécessités biologiques. De tels développements se manifestent dans les traditions, dans les institutions, dans les organisations, dans la littérature, dans la science, dans les réalisations de l’ingénieur et dans les œuvres d’art. Ceci explique comment il arrive que l’homme peut, dans un certain sens, influencer sa vie par sa propre conduite et comment, dans ce processus, la pensée et le désir conscients peuvent jouer un rôle.

L’homme possède à sa naissance, par hérédité, une constitution biologique que nous devons considérer comme fixe et immuable, y compris les impulsions naturelles qui caractérisent l’espèce humaine. De plus, pendant sa vie il acquiert une constitution culturelle qu’il reçoit de la société par la communication et par beaucoup d’autres moyens d’influence. C’est cette constitution culturelle qui, dans le cours du temps, est sujette au changement et qui détermine, à un très haut degré, les rapports entre l’individu et la société. L’anthropologie moderne nous a appris, par l’investigation des soi-disant cultures primitives, que le comportement social des êtres humains peut présenter de grandes différences, étant donné qu’il dépend des modèles de culture dominants et des types d’organisation qui prédominent dans la société. C’est là-dessus que doivent fonder leurs espérances tous ceux qui s’efforcent d’améliorer le sort de l’homme : les êtres humains ne sont pas, par suite de leur constitution biologique, condamnés à se détruire mutuellement ou à être à la merci d’un sort cruel qu’ils s’infligent eux-mêmes.

Si nous nous demandons comment la structure de la société et l’attitude culturelle de l’homme devraient être changées pour rendre la vie humaine aussi satisfaisante que possible, nous devons constamment tenir compte du fait qu’il y a certaines conditions que nous ne sommes pas capables de modifier. Comme nous l’avons déjà mentionné plus haut, la nature biologique de l’homme n’est point, pour tous les buts pratiques, sujette au changement. De plus, les développements technologiques et démographiques de ces derniers siècles ont créé des conditions qui doivent continuer. Chez des populations relativement denses, qui possèdent les biens indispensables à leur existence, une extrême division du travail et une organisation de production très centralisée sont absolument nécessaires. Le temps, qui, vu de loin, paraît si idyllique, a pour toujours disparu où des individus ou des groupes relativement petits pouvaient se suffire complètement à eux-mêmes. On n’exagère pas beaucoup en disant que l’humanité constitue à présent une communauté planétaire de production et de consommation.

Je suis maintenant arrivé au point où je peux indiquer brièvement ce qui constitue pour moi l’essence de la crise de notre temps. Il s’agit du rapport entre l’individu et la société. L’individu est devenu plus conscient que jamais de sa dépendance de la société. Mais il n’éprouve pas cette dépendance comme un bien positif, comme une attache organique, comme une force protectrice, mais plutôt comme une menace pour ses droits naturels, ou même pour son existence économique. En outre, sa position sociale est telle que les tendances égoïstes de son être sont constamment mises en avant, tandis que ses tendances sociales qui, par nature, sont plus faibles, se dégradent progressivement. Tous les êtres humains, quelle que soit leur position sociale, souffrent de ce processus de dégradation. Prisonniers sans le savoir de leur propre égoïsme, ils se sentent en état d’insécurité, isolés et privés de la naïve, simple et pure joie de vivre. L’homme ne peut trouver de sens à la vie, qui est brève et périlleuse, qu’en se dévouant à la société.

L’anarchie économique de la société capitaliste, telle qu’elle existe aujourd’hui, est, à mon avis, la source réelle du mal. Nous voyons devant nous une immense société de producteurs dont les membres cherchent sans cesse à se priver mutuellement du fruit de leur travail collectif — non pas par la force, mais, en somme, conformément aux règles légalement établies. Sous ce rapport, il est important de se rendre compte que les moyens de la production — c’est-à-dire toute la capacité productive nécessaire pour produire les biens de consommation ainsi que, par surcroît, les biens en capital — pourraient légalement être, et sont même pour la plus grande part, la propriété privée de certains individus.

Pour des raisons de simplicité je veux, dans la discussion qui va suivre, appeler "ouvriers" tous ceux qui n’ont point part à la possession des moyens de production, bien que cela ne corresponde pas tout à fait à l’emploi ordinaire du terme. Le possesseur des moyens de production est en état d’acheter la capacité de travail de l’ouvrier. En se servant des moyens de production, l’ouvrier produit de nouveaux biens qui deviennent la propriété du capitaliste. Le point essentiel dans ce processus est le rapport entre ce que l’ouvrier produit et ce qu’il reçoit comme salaire, les deux choses étant évaluées en termes de valeur réelle. Dans la mesure où le contrat de travail est "libre", ce que l’ouvrier reçoit est déterminé, non pas par la valeur réelle des biens qu’il produit, mais par le minimum de ses besoins et par le rapport entre le nombre d’ouvriers dont le capitaliste a besoin et le nombre d’ouvriers qui sont à la recherche d’un emploi. Il faut comprendre que même en théorie le salaire de l’ouvrier n’est pas déterminé par la valeur de son produit.

Le capital privé tend à se concentrer en peu de mains, en partie à cause de la compétition entre les capitalistes, en partie parce que le développement technologique et la division croissante du travail encouragent la formation de plus grandes unités de production aux dépens des plus petites. Le résultat de ces développements est une oligarchie de capitalistes dont la formidable puissance ne peut effectivement être refrénée, pas même par une société qui a une organisation politique démocratique. Ceci est vrai, puisque les membres du corps législatif sont choisis par des partis politiques largement financés ou autrement influencés par les capitalistes privés qui, pour tous les buts pratiques, séparent le corps électoral de la législature. La conséquence en est que, dans le fait, les représentants du peuple ne protègent pas suffisamment les intérêts des moins Privilégiés. De plus, dans les conditions actuelles, les capitalistes contrôlent inévitablement, d’une manière directe ou indirecte, les principales sources d’information (presse, radio, éducation). Il est ainsi extrêmement difficile pour le citoyen, et dans la plupart des cas tout à fait impossible, d’arriver à des conclusions objectives et de faire un usage intelligent de ses droits politiques.

La situation dominante dans une économie basée sur la propriété privée du capital est ainsi caractérisée par deux principes importants: premièrement, les moyens de production (le capital) sont en possession privée et les possesseurs en disposent comme ils le jugent convenable ; secondement, le contrat de travail est libre. Bien entendu, une société capitaliste pure dans ce sens n’existe pas. Il convient de noter en particulier que les ouvriers, après de longues et âpres luttes politiques, ont réussi à obtenir pour certaines catégories d’entre eux une meilleure forme de "contrat de travail libre". Mais, prise dans son ensemble, l’économie d’aujourd’hui ne diffère pas beaucoup du capitalisme "pur".

La production est faite en vue du profit et non pour l’utilité. Il n’y a pas moyen de prévoir que tous ceux qui sont capables et désireux de travailler pourront toujours trouver un emploi ; une "armée" de chômeurs existe déjà. L’ouvrier est constamment dans la crainte de perdre son emploi. Et puisque les chômeurs et les ouvriers mal payés sont de faibles consommateurs, la production des biens de consommation est restreinte et a pour conséquence de grands inconvénients. Le progrès technologique a souvent pour résultat un accroissement du nombre des chômeurs plutôt qu’un allégement du travail pénible pour tous. L’aiguillon du profit en conjonction avec la compétition entre les capitalistes est responsable de l’instabilité dans l’accumulation et l’utilisation du capital, qui amène des dépressions économiques de plus en plus graves. La compétition illimitée conduit à un gaspillage considérable de travail et à la mutilation de la conscience sociale des individus dont j’ai fait mention plus haut.

Je considère cette mutilation des individus comme le pire mal du capitalisme. Tout notre système d’éducation souffre de ce mal. Une attitude de compétition exagérée est inculquée à l’étudiant, qui est dressé à idolâtrer le succès de l’acquisition comme une préparation à sa carrière future.

Je suis convaincu qu’il n’y a qu’un seul moyen d’éliminer ces maux graves, à savoir, l’établissement d’une économie socialiste, accompagnée d’un système d’éducation orienté vers des buts sociaux. Dans une telle économie, les moyens de production appartiendraient à la société elle-même et seraient utilisés d’un façon planifiée. Une économie planifiée, qui adapte la production aux besoins de la société, distribuerait le travail à faire entre tous ceux qui sont capables de travailler et garantirait les moyens d’existence à chaque homme, à chaque femme, à chaque enfant. L’éducation de l’individu devrait favoriser le développement de ses facultés innées et lui inculquer le sens de la responsabilité envers ses semblables, au lieu de la glorification du pouvoir et du succès, comme cela se fait dans la société actuelle.

Il est cependant nécessaire de rappeler qu’une économie planifiée n’est pas encore le socialisme. Une telle économie pourrait être accompagnée d’un complet asservissement de l’individu. La réalisation du socialisme exige la solution de quelques problèmes socio-politiques extrêmement difficiles : comment serait-il possible, en face d’une centralisation extrême du pouvoir politique et économique, d’empêcher la bureaucratie de devenir toute-puissante et présomptueuse ? Comment pourrait-on protéger les droits de l’individu et assurer un contrepoids démocratique au pouvoir de la bureaucratie ?

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17/10/2009

LES MECANISMES CRIMINELS LIES À LA DETTE ET AUX RELATIONS NORD- SUD

logo_attacarticle publié le 15/09/2009
auteur : Thierry Brugvin

(Origine de l'article: ATTAC France)

 

Comment les élites économiques et politiques s’enrichissent, répriment leurs peuples (achats d’armes, de prisons...) en creusant la dette de leurs pays et en enrichissant les multinationales du Nord

Détourner une idée réputée d’intérêt général, en détournant son application

La Banque Mondiale s’appuie sur le discours du développement durable et a proposé ses services pour gérer une large partie des droits d’émission de carbone, selon les règles du protocole de Kyoto. Ainsi en gérant le marché international des compensations et de crédits de CO2, elle parvient grâce à ces nouveaux droits à polluer, à piller les dernières ressources non renouvelables, telles que le pétrole et le gaz dans les PED.

Ainsi la Banque Mondiale soutient ses principaux bailleurs de fonds (c’est-à-dire les membres du G8 qui sont en quelque sorte ses actionnaires) afin de mieux exploiter et dominer les PED. « La Banque mondiale paraît s’être convertie en pièce clé pour l’ouverture de nouvelles aires d’exploitation du gaz et du brut pour le marché du Nord, spécialement des Etats-Unis, avec l’objectif supplémentaire de réduire le pouvoir de l’OPEP et de transférer aux Etats-Unis le contrôle du prix du pétrole » (Ramos, 2008, 76) [1] .

« Entre 1994 et 2003, elle a financé les énergies fossiles à hauteur de 24,8 milliards de dollars, contre 1,06 milliards pour les renouvelables ». Le ratio est de 23 à 1 (Institute for Policy Studies, 2004, www.seen.org). « Les 200 millions de dollars que la Banque consacre annuellement aux renouvelables représentent le montant moyen d’un seul des nombreux projets d’énergies fossiles qu’elle finance chaque année », rappelle Petr Hlobil de CEE Bankwatch Network (2004) [2] de la République tchèque.

De 2008 à 1992 (le sommet de la Terre), « la Banque mondiale a financé des schémas de privatisation du secteur énergétique dans 29 pays, en plus de la construction de 124 centrales créatrices d’énergie produite avec des combustibles fossiles, la majorité d’entre elle en vue de les privatiser (…). Ces projets ont généré une émission de plus de 43 000 millions de tonnes de dioxyde de carbone dont plus de la moitié sont générés par les projets orientés vers l’exportation » (Ramos, 2008, 78). Alors que la Banque Mondiale a pour mandat d’aider au développement des pays du Tiers monde, elle soutient donc en réalité une très large partie des projets bénéficiant aux pays les plus industrialisés et finalement nuit au développement durable, contrairement à son discours officiel.

Utiliser la dette pour opprimer une population (dettes d’oppression)

« Les dettes d’oppression résultent de prêts contractés pour financer des activités humiliantes, agressives, criminelles contre la population qui s’est endettée. Il s’agit par exemple de prêts utilisés pour installer de facto, maintenir ou renforcer un régime dictatorial ou répressif, de fonds destinés à l’achat d’armes pour réprimer des soulèvements de l’opposition, de fonds destinés à la construction ou à l’intendance de centres de détention et de torture ou de camps de concentration, de fonds destinés à la formation ou à l’entretien de corps militaires spécialisés entraînés à ces fins, etc. » (Ramos, 2008, 79).

Par exemple en Afrique du Sud à Sharpeville, en 1960, les force de police ont réprimé une manifestation, ce qui se solda par 69 personnes noires mortes, 400 blessés et 11727 arrestations (Ramos, 2008, 81). L’année de la célèbre répression contre la manifestation étudiante de Soweto en 1976, qui fit 200 morts, le FMI, appuyé par la Grande Bretagne et les Etats-Unis, fit un prêt de 464 millions de $, soit l’équivalent de ses dépenses d’équipement militaires durant cette année là (Rudin, 2003). [3] L’Afrique du Sud, entre 1948 et 1991 a ainsi mené une politique d’apartheid, c’est-à-dire qu’elle prônait la suprématie de la race blanche et exerçait sa domination et sa répression sur la population non blanche. Entre 1980 et 1993, on a calculé que les bénéfices légués aux entreprises étrangères qui ont commercé avec ce régime, notamment pour réprimer la population, s’élève à 41 milliards de $ (Rudin, 2003) .

L’appui des banques à la répression des populations et le soutien aux dictateurs

Bien que dès 1973, les Nations Unies aient qualifié l’apartheid de crime contre l’humanité, la communauté financière a continué à concéder des prêts au gouvernement sud-africain. C’est majoritairement les fonds publics -mais par l’aide bilatérale- qui ont financé l’Afrique du Sud, en 1993, l’Afrique du Sud devait 90% de ses aides extérieures à long terme à quatre pays : les Etats-Unis, la France, l’Allemagne et la Suisse. « Durant toute la période d’apartheid, au moins 30 grandes banques et 230 de moindre envergure furent engagées pour le financement du régime » (Ramos, 2008, 82-83). Cette aide financière était réalisée en parallèle au soutien des Etats-Unis, via la France, à la création de la bombe nucléaire sud -africaine.

L’appui des banques fit l’objet de plaintes, notamment à New York, par les victimes de ce régime d’apartheid, en 2002, par l’Apartheid Kumlumani Support Group. La plainte portait contre 21 banques et entreprises étrangères. Parmi ces banques, on compte Barclay National Bank, Crédit Suisse, Deutsche Bank AG, Ford, J.P Morgan Chase (Bank) et parmi les entreprises BP, Chevron Texaco, Shell, et Total Fina-Elf pour la France. Une autre plainte avait été déposé pour le même motif dès 1992 par d’autres victimes (Ramos, 2008, 84).

Le soutien des banques, des marchands d’armes à la guerre et la dette de guerre

« Les dettes de guerre considérées comme illégitimes dérivent de prêts qui ont financé des plans belliqueux à des fins impérialistes (étendre la domination d’un pays sur un autre par la force) » à des fins d’annexion ou de conquête d’un pays, par le moyen d’opérations de guerre (Ramos, 2008, 86).

L’invasion du Timor oriental par le dictateur indonésien Suharto (1965-1998) fit 60 000 morts en 1976, puis 200 000 morts en 1979 (près du tiers de la population du Timor Oriental (Le monde diplomatique, 2008) [4]. Cette invasion a été soutenue financièrement par les Etats-Unis et leurs alliés (Australie, Grande Bretagne…) et la Banque Mondiale. Les Etats –Unis quadruplèrent leur aide économique durant cette période (Toussaint, déc. 2004) [5].

Les dettes de développement : le coût des « éléphants blancs »

« Ce sont des dettes contractées pour réaliser des projets de développement qui ont échoué ou dont les conséquences humaines ou environnementales se sont révélées néfastes à cause d’un manque d’études préalables » (Ramos, 2008 : 108). C’est-à-dire ceux que l’on qualifie parfois « d’éléphants blancs », de grands projets, qui bénéficient au gouvernement et à l’entreprise privée, mais pas aux populations.

Par exemple, les hopitaux high tech, où l’Etat n’a pas prévu le financement des salaires et de la maintenance et qui sont laissés à l’abandon.

C’est aussi le cas de d’Africa ONE, un projet de 2 milliards de dollars mis en place dans le cadre d’un partenariat AT&T - UIT - opérateurs privés et États africains, qui a complètement échoué, engloutissant des dizaines de millions de dollars. De même, WorldCom, véritable effigie néolibérale, devenu premier opérateur mondial en capitalisation boursière et grand prédateur des opérateurs de télécommunications et qui a causé la plus grande faillite de l’histoire des USA et le plus grand détournement financier jamais enregistré, plus de 11 milliards de dollars (Fullsack, février 2005) [6] .

Les dettes de sauvetage : dans le but de libéraliser discrètement l’économie

Ce sont des dettes « générées par des projets ou des restructurations économiques et financières ou institutionnelles qui promettent la croissance économique du pays en question, ou sa stabilité- et en conséquence la réduction de la pauvreté- mais qui produisent l’effet inverse » (Ramos, 2008 : 117).

La stratégie est ainsi de libéraliser, de privatiser au profit notamment des entreprises du Nord qui s’enrichissent d’autant plus facilement et des plus grosses entreprises privées au Sud.

Exemple : le chemin fer au Mali, Transrail, le chemin de fer au Cameroun racheté par Bolloré pour transporter du fret et quasiment plus de passagers.

Les dettes frauduleuses : les sous et surfacturations

Elles ne constituent pas véritablement une autre catégorie de dette illégitime, mais sont en fait une forme de dette, qui est une sous catégorie des autres types de dettes précédentes (Ramos, 2008, 120). Il s’agit des sous-facturations et des surfacturations qui bénéficient aux gouvernements, aux intermédiaires ou aux entreprises privées. Le gisement de NKOSSA fournit une belle illustration de cette pratique. Ce gisement congolais devait produire 120 à 150 000 barils de pétrole par jour. TOTAL a développé une plate forme gigantesque pour un coût de 2 milliards de $, ce qui en a fait la plus chère au monde à l’époque. Or le gisement ne produit que 60000 barils par jour ce qui fait que le CONGO a dû d’abord rembourser le prix exorbitant des équipements et n’a jusqu’ici quasiment rien gagné sur l’exploitation de ce gisement. On soupçonne d’ailleurs une opération délibérée entre l’Etat congolais et la compagnie pétrolière (Harel, 2006).

La responsabilité des banques (privées, FMI et BM) et des entreprises dans les dettes de corruption

« Ces dettes également qualifiées d’illégitimes s’accumulent en conséquence d’actes de corruption, parce que les fonds empruntés par les Etats sont directement déviés vers les comptes personnels de gouvernements » (Ramos, 2008, 87) ou en échange de services divers, rendus par exemple à des intermédiaires au service d’une entreprise transnationale et qui viennent augmenter la dette extérieure des pays endettés.

« Souvent les banques qui reçoivent les prêts illégaux sont complices de ces manœuvres parce qu’en général ce sont elles qui financent la corruption » (…) et « qui octroient le prêt à l’origine de l’acte de corruption et qui gonfle la dette extérieure que paiera le peuple du Sud concerné » (Ramos, 2008, 89).

Fin 2002, une enquête du département du trésor des Etats-Unis sur le dictateur chilien, Augusto Pinochet, révéla qu’au moins pendant huit années, la Banque Riggs aux Etats-Unis avait caché l’existence de comptes bancaires à son nom avec des dépôts de 4 à 8 millions de $. Et aussi qu’elle avait participé à la création de deux entreprises fantômes, appartenant au dictateur, dans le paradis fiscal des Bahamas, pour cacher des comptes ouverts dans des banques de Washington notamment. Cet argent a sans doute été détourné par Pinochet et a accru la dette extérieure du pays qui a quintuplé durant sa période au pouvoir (Ramos, 2008, 90-91).

L’Angola – à travers les contrats de l’entreprise publique Simportex (Anciennement Ematec), qui impliquent le sommet de ses structures gouvernementales, financières et militaires – a payé à l’entrepreneur franco-russe Arkadi Gaidamak 135 millions de dollars en sus de ce qu’il devait recevoir pour une livraison de matériel militaire, fin 1996. L’affaire a été bouclée par un ensemble d’institutions bancaires presque toutes européennes (France, Suisse, Allemagne, Autriche,... ) sous le leadership de la banque Paribas – une des banques que Luanda a utilisées de façon de plus en plus fréquente pour ses transactions et emprunts ces dernières années. La Bank of New York a aussi beaucoup servi les transactions de Gaydamac (Verschave, 2001 : 129). Deux dirigeants de la Banque Paribas ont été inculpés en France, pour ces transactions illégales durant le procès de l’Angolagate en 2008.

Dans son livre « La grande désillusion », Joseph Stiglitz (2002) [7] dénonce la responsabilité du FMI et du Trésor américain qui ont soutenu, conseillé et orienté les bureaucrates russes convertis au capitalisme, notamment le président Boris Eltsine. « Quand la crise frappa, le FMI prit la direction des opérations et il demanda à la Banque mondiale de contribuer au sauvetage » pour 22,6 milliards de dollars. La Banque mondiale subissait une pression politique énorme de l’administration Clinton qui voulait absolument qu’elle prête à la Russie. Si l’on s’en tient aux chiffres de Rosa Mendès, 84 % du remboursement de la dette de l’Angola envers la Russie se sont évaporés ! Ainsi le milliard de dollars déjà remboursé ne se retrouve pas, pour la plus grande part, dans les caisses de l’Etat Russe. (Verschave, 2001 : 170- 171). Cette perte est donc venue enrichir les poches des vendeurs d’armes, des intermédiaires et des politiques en Angola, en France (Pasqua) et sans doute en Russie.

Or, Joseph Stiglitz ajoute que la direction de la Banque mondiale lui a interdit de rencontrer l’inspecteur général de la Douma en visite à Washington qui dénonçait déjà à l’époque l’ampleur de la corruption. “A la Banque mondiale, on m’avait donné l’instruction de ne pas le rencontrer : on avait peur que nous ne soyons convaincus par ses propos.” (Stiglitz, 2002).

Stiglitz, prix nobel d’économie en 2001 et ex-président économique de la Banque Mondiale, affirme qu’au FMI, lors de la signature d’un prêt, officiellement, la "cérémonie " était la signature d’une lettre d’accord -, or, ses termes sont dictés par le FMI mais, par artifice, on fait comme si la " lettre d’intention " venait du gouvernement concerné ! " (Stiglitz, 2002, 71). Il explique que la première étape du plan de prêt au PED relève de la « subordination » selon ses propres mots. Cela consiste à faire pression sur les gouvernements des PED afin qu’ils privatisent leurs entreprises publiques en les vendant à des prix ridiculement bas. En échange ils ont la possibilité de recevoir une commission de 10% sur un compte en suisse, versé par l’entreprise du Nord qui rachètera celle du Sud. Stiglitz reprend à nouveau, pour exemple de ce mécanisme de subordination illégal, la liquidation du patrimoine de l’Etat russe en 1995 (Stiglitz, 2003) [8].

Ainsi, l’on observe une collusion entre la Banque Mondiale, ses Etats membres les plus influents, les dirigeants des PED, les banques et les entreprises privées du Nord, au détriment des peuples des PED. Si la Banque Mondiale et le FMI, n’accomplissent pas d’action illégale, ils en sont complices car ils connaissent le mécanisme de corruption et poussent dans cette direction en forçant la main aux gouvernements du Sud.

Selon Laura Ramos « on estime que la corruption augmente en moyenne, de 20 à 30 % le coût des marchandises acquises », or « on estime qu’une commission légitime ne surpasse pas la valeur de 2 à 3 % du coût total du projet ». (Ramos, 2008, 92 et 94) Tandis que les communautés internationales exigent des PED l’éradication de la pauvreté comme condition de nouveaux prêts, les banques du Nord et les organisations internationales dirigées par les pays du G8, tel le FMI et la Banque Mondiale sont au cœur de ces pratiques illégales.

Les dettes d’élites : le coût de la mauvaise gestion et des intérêts de classe

« Dette illégitime qui s’accumule suite aux emprunts de l’Etat pour le bénéfice d’une minorité de la population et de groupes économiques locaux ou étrangers » (Ramos, 2008, 101). Ex : Texaco en Equateur. La socialisation des dettes privées : Ferdinant Marcos a vendu des entreprises d’Etat aux Philippines à ses amis, puis ses entreprises revinrent ensuite dans le giron de l’Etat avec une dette très importante. Marcos se retira ensuite en Autriche et laissa les banques publiques du pays rembourser cette dette (Adams, 1993), in Ramos, 2008, 107

Thierry.brugvin, Docteur en sociologie, Largotec, auteur du livre Les mouvements sociaux face au commerce éthique, Hermès/Lavoisier, 2007

Notes

[1] RAMOS Laura, « Dette illégitime en fonction de la destination des fonds », in CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde), Les crimes de la dette, Syllepse, CADTM, 2008.

[2] HLOBIL Petr, 2004, in Les amis de la Terre, communiqué de presse, « La Banque mondiale se moque de la Conférence internationale sur les énergies renouvelables », http://www.amisdelaterre.org/La-Ban....

[3] RUDIN Jeff, 2003, “Odious debt revisited” in Jubilee South Journal V1, n°1.

[4] LE MONDE DIPLOMATIQUE, mardi 29 janvier 2008, « Suharto, le dictateur canonisé ».

[5] TOUSSAINT Eric, déc. 2004, « La politique du FMI à l’égard de l’Indonésie de 1947 à 2003 », http://www.cadtm.org/imprimer.php3 ?...

[6] Au Prepcom 2 de Genève - février 2005 - Jean-Louis. Fullsack a rappelé, dans sa déclaration en séance plénière, in Les télécoms, entre bien public et marchandise, coordonné par BPEM et CSDPTT, coordonné par Djilali Benamrane, Bruno Jaffré, Marie-Laure Urvoy Sangharé, François-Xavier Verschave.

[7] Stiglitz Joseph E. 2002, La Grande désillusion, Fayard, Paris, 324 p.

[8] STIGLITZ Joseph, 2003, « le détournements des nouveaux capitalistes russes », Université de Buenos Aires, in Ramos, 2008.

15/10/2009

La marchandisation du courrier postal

(Source: gresea.be)

Le gouvernement travailliste britannique cherche un preneur privé pour entrer dans le capital de la Royal Mail et la "moderniser". Des fonds spéculatifs, tels CVC Capital, déjà présent dans La Poste belge, se sont montrés intéressés. D'où débrayage des postiers britanniques (ils sont 150.000). Ils n'ignorent pas que le but de la manoeuvre est de transférer au privé le sale travail (restructuration radicale, licenciements massifs) dont le gouvernement, soumis à la censure de l'opinion publique, préfère ne pas assumer la responsabilité. Maintenant, moderniser pourquoi? Un argument entendu est qu'il est aberrant de laisser les postiers trier, chaque matin, à la main et pendant des heures, les lettres qu'ils vont ensuite distribuer. Il y a des machines pour cela. Un raisonnement semblable est présent en France où une privatisation larvée est censée résoudre les problèmes de productivité des quelque 180.000 postiers français: le courrier, entend-t-on ici, est une activité de main-d'oeuvre "dont la rentabilité est directement fonction du poids de leur sacoche", celle des postiers, donc. Là, des machines peuvent difficilement remplacer. Mais on peut réduire la fréquence des distributions, en augmenter le prix, peut-être supprimer aussi les "clients" peu rentables, ruraux, trop éloignés... Dans son édito, le journal financier Les Echos a un petit sursaut, il se permet une pensée subversive. N'y aura-t-il pas lieu, dit-il, de "réinventer un avenir" à La Poste en admettant que celui-ci "ne passera pas uniquement par le marché, mais aussi par une redéfinition en profondeur du service public". Voilà qui va contre tout ce que le dogme dominant de la classe politique toute entière ne cesse de crier sur les toits. Casser le service public postal. Le moderniser. En faire une affaire rentable, un business comme un autre. Des postiers qui perdent leur temps – prennent plaisir à leur travail – en triant à la main le courrier: obsolète! Des bureaux de postes accessibles où la population – et d'abord les plus vulnérables, les vieux, les gagne-petit – peut trouver un guichet à visage humain: ringard! On en connaît le résultat en Belgique. Libéralisation oblige, les postiers sont passés de 42.000 à 32.000 en cinq ans (2002-2007) et les bureaux de poste, rabotés de 1.300 à 655 (2005-2013). Aux Pays-Bas, où la libéralisation totale du courrier est effective depuis le 1er avril 2009, le résultat ne s'est pas fait attendre. Faute d'avoir obtenu des postiers un accord sur une réduction salariale de 15%, l'opérateur privé, TNT, a annoncé le renvoi de 11.000 travailleurs, le plus important licenciement collectif depuis la fermeture des mines dans les années septante. Evolution inéluctable? L'exemple chinois y apporte comme un démenti. Par une nouvelle loi postale adoptée le 24 avril 2009 confirmant le monopole de China Post, ce secteur, jugé vital pour le développement de l'économie rurale, a été fermé à la concurrence des opérateurs étrangers, au grand dam d'UPS, DHL, TNT et FedEx. Affaire de volonté politique...

Souce: The Economist du 2 mai 2009, The Observer du 14 juin 2009, Syndicats du 13 mars 2009,
Les Echos du 26 juin 2009 et NCR Handelsblad du 2 juillet 2009.

Traitement Gresea: 06 juillet 2009.

12/10/2009

Notre fil rouge pour décoder l'info : les 5 règles de la propagande de guerre

resistenciaA chaque guerre, coup d’Etat ou agression menée par l’Occident, les grands médias appliquent ces cinq « règles de la propagande de guerre ». Employez vous-même cette grille de lecture lors des prochains conflits, vous serez frappé de les retrouver à chaque fois : 1. Cacher l'Histoire. 2. Cacher les intérêts économiques. 3. Diaboliser l’adversaire. 4. Blanchir nos gouvernements et leurs protégés. 5. Monopoliser l'info, exclure le vrai débat.

Application au cas du Honduras
Juillet 2009...


1. Cacher l'Histoire. Le Honduras est l’exemple parfait de la « république bananière » aux mains des USA. Dépendance et pillage colonial ont provoqué un énorme fossé riches-pauvres. 77% de pauvres selon l’ONU. L’armée hondurienne a été formée et encadrée - jusque dans les pires crimes - par le Pentagone. L’ambassadeur US John Negroponte (1981-1985) était surnommé « le vice-roi du Honduras ».


2.  Cacher les intérêts économiques. Aujourd’hui, les multinationales US (banane Chiquita, café, pétrole, pharmacie…) veulent empêcher ce pays de conquérir son indépendance économique et politique. L’Amérique du Sud s’unit et vire à gauche, et Washington veut empêcher l’Amérique centrale de suivre la même voie.


3. Diaboliser l’adversaire. Les médias ont accusé le président Zelaya de vouloir se faire réélire pour préparer une dictature. Silence sur ses projets sociaux : augmentation du salaire minimum, lutte contre l’hyperexploitation dans les usines-bagnes des firmes US, diminution du prix des médicaments, aide aux paysans opprimés. Silence sur son refus de couvrir les actes terroristes made in CIA. Silence sur l’impressionnante résistance populaire.


4. Blanchir nos gouvernements et leurs protégés. On cache le financement du putsch par la CIA. On a présenté Obama comme neutre alors qu’il refusait de rencontrer et de soutenir le président Zelaya. S’il avait appliqué la loi et supprimé l’aide US au Honduras, le coup d’Etat aurait été vite arrêté. Le Monde et la plupart des médias ont blanchi la dictature militaire en parlant de « conflit entre pouvoirs ». Les images de répression sanglante ne sont pas montrées au public. Bref, un contraste frappant entre la diabolisation de l’Iran et la discrétion sur le coup d’Etat hondurien « made in CIA ».


5. Monopoliser l’info, exclure le vrai débat. La parole est réservée aux sources et experts « acceptables » pour le système. Toute analyse critique sur l’info est censurée. Ainsi, nos médias empêchent un vrai débat sur le rôle des multinationales, des USA et de l’UE dans le sous-développement de l’Amérique latine. Au Honduras, les manifestants crient « TeleSur ! TeleSur ! » pour saluer la seule télé qui les informe correctement.

(Source: Michel Collon.info)

10/10/2009

Ce n'est pas le paradis, mais bien Cuba

Article extrait de INTAL.BE

sept21andresOpinion d'Andres Gómez, journaliste cubain à Miami. Invité international Che Presente 2009.

Miami - Un temps caniculaire cet été 2009 à Cuba. La majorité des cubains, a vécu le mois de juillet le plus chaud jamais connu. La population y voit pour cause la crise environnementale mondiale. Pourtant, ces dernières semaines, la presse nationale a déclaré que ces températures égalent celles endurées au cours du mois de juillet 1941. Voyons voir...


Puisque l'immense majorité de la population cubaine n'était pas née en 1941, il y a 68 ans, et qu'il est peu probable que les personnes âgées de 68 ans aujourd'hui se rappellent de la chaleur endurée pendant cet été là, les cubains ne se trompent pas dans leur appréciation en disant que cet été a été le plus chaud qu’ils aient jamais vécu.

Récemment, lors d'un séjour de plusieurs semaines à Cuba, principalement à La Havane, alors que je restais informé de l'actualité via internet - par obligation professionnelle, bien que je doive admettre aussi un peu de masochisme – j'ai pris conscience de la vision délirante de la presse de Miami à cerner la réalité cubaine. La vision que crée cette presse de la réalité de l'île est complètement « fantasmagorique », « déconnectée de la réalité » comme l'indique le dictionnaire. Une vision tronquée qui a pour but de discréditer le peuple cubain, son gouvernement, et son indéniable travail pour construire, avec l'appui de l'immense majorité et, envers et contre tout, une société meilleure.

À La Havane, malgré la chaleur, la vie s’est déroulée tranquillement. Dans toute l'île, la majorité de la population était en vacances à partir la mi-juillet -presque tradition cubaine. Ceux qui n’ont pu prendre congé ont, bien malgré eux, dû continuer à travailler tandis que les plus jeunes, en grand nombre, flânaient dans les rues et les parcs.

Les gens se rendaient au marché, chez l'épicier et à la boulangerie pour faire leurs achats. Aux marchés agricoles, dans les marchés étatiques et autres, le riz, le maïs, les haricots, l'oignon, l'ail, bref presque tous les légumes et les fruits de saison, étaient présents en abondance et à des prix contrôlés par l'État. Les bananes qui avaient disparu des étalages l'an passé après les deux terribles cyclones étaient belles, et les grosses mangues étaient sucrées et délicieusement savoureuses. Le pain, les gâteaux, les « palitroques » et les « dulcecitos » n'ont pas manqué non plus, notamment, grâce aux machines récemment installées.

La viande de porc et de mouton étaient en vente mais comme toujours à des prix exorbitants. Les œufs s'obtenaient avec le carnet de rationnement. Ils étaient aussi en vente libre dans les établissements étatiques ou sur quelques marchés en CUC. Le carnet de rationnement permettait de se procurer du poulet, également en vente sur des marchés en CUC ou sur le marché noir qui traduit littéralement de l'espagnol se dit « par la gauche » en français. Tout est considéré comme de gauche là-bas, même si ce n'est pas toujours le cas…

Certains produits normalement disponibles en CUC ne l'étaient pas cette année. Fort heureusement, il ne s'agissait pas de produits de première nécessité. Toutefois dans la majorité des marchés, on ne trouvait pas de papier toilette ni de dentifrice. Et la viande de bœuf, normalement disponible à prix très élevé – luxe inabordable pour la grande majorité de la population- était quasi inexistante, mais au fond personne ne s'en est rendu compte.

Malgré les restrictions imposées dans les frais de combustibles ainsi que l'augmentation du nombre de passagers en été, les bus déservaient toute la capitale. Les transports publics à destination des plages étaient très satisfaisant. Les plages ainsi que tout le tronçon de la côte métropolitaine, y compris el Malecon, étaient bondées de cubains profitant d'une eau à température agréable.

De retour à Miami, je ne peux terminer cet article sans parler du concert  du chanteur Colombien Juanes le 20 septembre à La Havane. (1) Un scandale aussi ridicule que dangereux inventé par la droite contre-révolutionnaire de Miami et sa presse qui démontre, une fois de plus, son caractère réactionnaire, agressif, insolent, sa banqueroute et son impuissance politique.
A Cuba, Juanes est un chanteur de plus qui fait preuve de courage personnel et professionnel autant que de bonne volonté envers le peuple cubain, un peuple reconnaissant qui estime l'intégrité et le courage. Mais le dernier mot du public sur ce concert, à La Havane et sur le reste de l'île, portera certainement davantage sur la qualité du chant et de la musique. Un réel défi, puisqu'à Cuba, nous sommes habitués à la bonne musique!

Andres Gómez est un merveilleux orateur. Vous désirez l'écouter? Venez à l'évènement Che Presente, le samedi 24 octobre 2009 à Bruxelles. Initiative Cuba Socialiste organise pour la 16ème fois une grand fête de solidarité pour Cuba. Pour plus d'infos sur le programme, adresse, pré-ventes: www.cubanismo.net

(1) Star de la musique pop, connu pour son engagement pacifiste et humanitaire, le Colombien Juanes s'est attiré les foudres des exilés cubains de Miami, pour avoir prévu d'organiser un grand concert gratuit à La Havane, dimanche 20 septembre. Des anticastristes déchaînés ont détruit ses disques en public, l'accusant de "cautionner le régime communiste".http://www.lemonde.fr

Article extrait de INTAL.BE

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09/10/2009

LA LUTTE ECONOMIQUE ET POLITIQUE DE LA CLASSE OUVRIERE CONTRE L’EXPLOITATION CAPITALISTE

Le marxisme et la réalité montrent que bien loin de fonctionner au bénéfice de tous les membres de la société, le capitalisme sert de plus en plus les intérêts d’une poignée de milliardaires tandis qu’il est incapable d’assurer la satisfaction des besoins élémentaires des travailleurs.

Le capitalisme tend constamment à réaliser l’accumulation de la misère au pôle ouvrier de la société et l’accumulation de la richesse à l’autre pôle, du côté de la bourgeoisie.

Cela ne signifie pas que la paupérisation de la classe ouvrière soit une chose fatale et que les travailleurs doivent être obligatoirement un peu plus misérables chaque jour sans que la lutte ouvrière ne puisse rien pour y remédier !

Les salariés peuvent dans une certaine mesure arrêter la baisse des salaires, freiner le mouvement descendant du niveau de vie. La période du Front Populaire pendant laquelle la classe ouvrière française, grâce à la réalisation de son unité et au rassemblement autour d’elle des classes moyennes, a imposé au patronat d’importantes réformes sociales, en est un exemple probant : en 1936, la classe ouvrière a fait reculer la misère.

Mais depuis, la tendance à la paupérisation a repris le dessus : le niveau de vie des travailleurs s’est abaissé.

Cela souligne l’immense importance de l’unité de la classe ouvrière et de la lutte quotidienne, seules armes des prolétaires pour maintenir leur niveau de vie face aux empiètements du capital.

1) LA NECESSITE DE LA LUTTE ECONOMIQUE

a) La lutte économique est indispensable pour freiner le mouvement descendant du niveau de vie de la classe ouvrière, pour obtenir l’augmentation des salaires et de meilleures condtions de travail (retour aux 40 heures, etc.)

La vie montre qu’aucune loi sociale n’est jamais promulguée par l’Etat capitaliste, aucune amélioration n’est jamais consentie par les patrons sans la lutte unie de la classe ouvrière.

Toute conquête sociale est menacée par la bourgeoisie si elle n’est pas défendue par l’action ouvrière. Les atteintes portées par le pouvoir autoritaire aux conquêtes sociales montrent bien que celles-ci ne sont jamais acquises une fois pour toutes.

b) La lutte économique constitue, en outre, une école pour les travailleurs.

Elle prépare la classe ouvrière à des combats de plus grande envergure. Elle favorise le développement de la conscience de classe et de son unité de combat : elle aide à prendre conscien,ce de l’origine de classe des maux qui l’accablent, elle constitue une base importante de rassemblement de toutes les forces ouvrières contre les monopoles et leur instrument, le pouvoir personnel.

Aussi les communistes attachent-ils la plus grande importance à l’organisation des luttes économiques. Ils considèrent la défense des travailleurs, l’établissement de leurs revendications, l’organisation de leur union et de leur action pour les faire triompher, comme une tâche quotidienne impérieuse pour le Parti, pour chacune de ses cellules d’entreprises. Ils militent activement dans les syndicats et se préoccupent sans cesse de les renforcer et d’améliorer leur fonctionnement.

2 )NECESSITE DE LA LUTTE POLITIQUE

Les communistes considèrent qu’il n’est pas possible de s’en tenir à la lutte purement économique des ouvriers contre tel ou tel capitaliste, sans la relier à la lutte politique générale de la classe ouvrière contre la classe capitaliste.

a) La lutte politique contre le pouvoir des monopoles et pour ka conquête du pouvoir sur la bourgeoisie est nécessaire pour obtenir la libé »ration définitive de la classe ouvrière de l’exploitation et de l’oppression.

La lutte économique ne peut, par elle-même, soustraire le prolétariat à l’exploitation. Elle vise les effets du capitalisme (bas salaires, etc.) et non la cause fondamentale de la misère qui est le capitalisme lui-même.

C’est la raison pour laquelle les communistes, tout en organisant la lutte des travailleurs pour les revendications économiques, montrent aux prolétaires qu’ils ne peuvent améliorer radicalement leur sort dans ce régime. Pour supprimer définitivement l’exploitation, assurer le bonheur des travailleurs, il faut abolir le capitalisme, la propriété privée des moyens de production, et instaurer le socialisme qui seul apporte à tous une vie heureuse et cultivée.

b) La lutte politique est indispensable pour la réalisation des objectifs démocratiques immédiats de la classe ouvrière (paix en Algérie – désarmement – élimination du pouvoir personnel et rénovation de la démocratie).

Les victoires politiques de la classe ouvrière facilitent l’obtention de ses revendications économiques, l’amélioration de son niveau de vie.

La victoire du Front Populaire en 1936, a permis à la classe ouvrière d’importantes réformes sociales : augmentation des salaires, 40 heures, congés payés, etc. ; grâce à la victoire dans la lutte contre le fascisme hitlérien, après la guerre, elle a pu compléter ces conquêtes. La fin de la guerre d’Algérie, la réalisation des mesures de désarmement, facilitera l’obtention des revendications ouvrières (augmentation des salaires, abrogation des taxes de vie chère, etc.) La réalisation de la tâche capitale posée devant le mouvement ouvrier et démocratique à l’heure actuelle, la restauration et la rénovation de la démocratie, permettra un relèvement sensible du niveau de vie de la classe ouvrière ; la démocratie rénovée portera un coup à la toute puissance du capital : les richesses, fruit du labeur des travailleurs, ne seront plus accaparées par les trusts français et étrangers.

La tâche de la cellule d’entreprise ne peut donc pas se limiter aux questions économiques. Elle dirige et oriente la lutte des travailleurs contre le pouvoir personnel, pour la paix, les libertés, en tenant compte des conditions concrètes du lieu où elle rayonne.

CONCLUSION

La domination des monopoles aggrave à l’extrême l’exploitation des travailleurs.

Se battre contre l’exploitation et la surexploitation des travailleurs, contre la spoliation des masses laborieuses, c’est lutter contre l’épuisement et pour la vie normale du peuple, c’est lutter pour l’avenir de la France.

Pour que la classe ouvrière déploie largement ses forces, il est indispensable que le Parti, la cellule ripostent à l’offensive idéologique de la bourgeoisie, fassent la clarté sur la réalité de l’exploitation capitaliste, sur la communauté d’intérêts de tous les travailleurs, sur l’antagonisme fondamental qui les opposent au capital. Cette lutte est la condition première pour ouvrier des perspective à la classe ouvrière : elle lui montre que son salut réside dans la lutte contre les monopoles et leur politique et non dans la collaboration de classe ; elle est indispensable aux progrès de l’unité ouvrière, ainsi qu’à la réalisation de l’union de toutes forces démocratiques et nationales sur des bases justes. Elle est nécessaire pour faire comprendre aux ouvriers la nécessité de lutter pour en finir avec la domination du capital.

(Source: Gauche Communiste.net)

07/10/2009

La pauvreté et la misère dans le monde - Images d'une civilisation d'en bas

 

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13:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : misere, exploitation, capitalisme, pauvrete, precarite |  Facebook |

06/10/2009

L'aisance et l'opulence des spéculateurs profiteurs capitalistes - Images d'une civilisation d'en haut.

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14:15 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : speculateurs, capitalisme, richesse, profit, luxe, opulence |  Facebook |

05/10/2009

Malaise, ....ou vent de panique à la RTBf ???

Ça va mal à la RTBF
05/10/2009 (site "vif.be")

rtbfreyers300Journalistes, techniciens, administratifs... C'est tout le personnel de la RTBF qui se sent découragé. Des rumeurs circulent sur des plans de réduction de personnel, un technicien s'est suicidé, des choix restent incompris... Le malaise grandit au sein du service public. Et une pétition circule pour réclamer l'ouverture d'un vrai dialogue, à l'heure où tout le monde va devoir se serrer les coudes.

Il y a comme un vent de ras-le-bol qui souffle à la RTBF. Et selon La Libre Belgique, cela a débouché depuis quelques jours sur le lancement d'une pétition adressée à la hiérarchie. Avec pour maître mot: dialogue.

C'est que le personnel, journalistes mais aussi réalisateurs, monteurs, cadreurs, graphistes..., se sent largement oublié dans les mouvements qui les concernent au premier chef. Ainsi, des rumeurs circulent à Reyers et dans les centres régionaux, selon lesquelles un plan social serait mis sur pied actuellement, avec à la clef des pertes d'emploi à hauteur de 25% des effectifs actuels. Au même moment, la Communauté française annonce qu'elle va réduire les dotations de la maison. Aussi, la numérisation de toute la chaîne de production de l'info pose de sérieux problèmes de mise en œuvre (on a parfois l'impression, dit-on, que le personnel est au service des nouveaux logiciels plutôt que l'inverse). Et les choix de la direction, tant en matière éditoriale qu'au niveau de l'organisation du travail, posent question.

.....Lire la suite de l'article

19:08 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : service_public, rtbf, malaise, social, medias, television |  Facebook |

04/10/2009

39 heures de travail presté, 35 heures payées - Le cas "SIEMENS"

(Source: gresea.be)

Affaire emblématique. L'usine d'ampoules électriques Osram (filiale de Siemens) à Molsheim, en face de Bâle, au nord de la France, compte quelque 600 travailleurs. La direction leur a demandé de signer un avenant à leur contrat de travail pour leur faire travailler 39 heures par semaine au lieu de 35, tout en les payant comme auparavant, au tarif de 35 heures. Travailler quatre heures en plus gratuit, pour le dire clairement. Et pour une noble cause: cela devrait, dit la direction, sauver le site jusqu'en 2013 d'une fermeture rendue inéluctable par la décision de la Commission européenne d'interdire la vente d'ampoules incandescentes – décision jugée à tout point de vue absurde par de nombreux économistes, mais c'est une autre question. A Molsheim, la plupart des salariés tombent dans le panneau et signent l'avenant: seule une centaine de travailleurs refusent de céder, flairant anguille sous roche. Ils vont faire des émules et c'est là que le dossier devient emblématique car c'est en le "conflictualisant" que tous les travailleurs apprendront de leurs collègues du comité d'entreprise européen de Siemens que Molsheim est non seulement un des sites les plus rentables du groupe mais aussi qu'il n'existe aucun plan pour le fermer et que le passage aux 39 heures au prix de 35 en France n'avait en réalité d'autre but, en fournissant l'exemple à suivre, que de mettre sous pression les travailleurs allemands afin qu'ils consentent à faire de même, sous peine de délocalisation en Slovaquie ou ailleurs – bref, par petit jeu subtil, à mettre en concurrence les travailleurs de part et d'autre de la frontière. Projet déjoué grâce au comité d'entreprise européen: l'information légale des travailleurs, cela a du bon.

Source: L'Humanité du 18 septembre 2009.

Traitement Gresea: 21 septembre 2009.

18:45 Écrit par Socialisme-Solidarit dans manipulation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : exploitation, capitalisme |  Facebook |

02/10/2009

Lecture :: L'économie au service des gens


economie-gensYves de Wasseige et Françis de Walque

L'économie au service des gens

Collection "L'autre économie". (Editions couleurlivres, cliquez ici)

“La mondialisation du capital financier est en train de mettre les peuples en état d’insécurité généralisée.” Cet éditorial d’Ignacio Ramonet, dans le Monde Diplomatique de décembre 1997, a constitué le point de départ du mouvement altermondialiste ATTAC – Association pour une Taxation sur les Transactions financières pour l’Aide aux Citoyens.

Le fondement de la crise tient au capitalisme néolibéral et à sa poursuite du profit et de la rentabilité financière immédiate. On sait combien les idées et théories des économistes ont une influence considérable sur la pensée dominante et sur les politiques économiques.

Comprendre ces questions est un chantier politique majeur pour peser sur les changements indispensables. Il ne suffira pas de quelques réformes financières ou bancaires, il faudra passer, sans doute par étapes, à un autre système économique.

Seuls la “société civile”, les citoyens eux-mêmes et les organisations et associations qu’ils ont créées peuvent être les porteurs de ces transformations fondamentales.


Les auteurs
Yves de Wasseige est ingénieur et économiste. Outre ses engagements dans l’éducation permanente, il a publié de nombreux articles dans diverses revues et un ouvrage de base, édité à plusieurs reprises et connu sous le nom des “Mécanismes économiques”.

Françis de Walque  est militant syndicaliste et engagé dans la défense et la promotion des services publics au sein du mouvement altermondialiste.

17:15 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livres, societe, economie, social, lecture |  Facebook |

01/10/2009

Selon le bureau Fédéral du Plan: "...LE TAUX DE CHOMAGE AUGMENTERA ENCORE..."

... le taux de chômage augmentera encore ...

La croissance négative (-0,8 %) de l’emploi intérieur en 2009 est beaucoup moins marquée que celle de l’activité économique. En cas de repli conjoncturel, de nombreux employeurs optent, dans un premier temps, pour une baisse du nombre des heures prestées, entre autres via le système de chômage temporaire. La baisse tendancielle de la durée moyenne de travail se trouve donc renforcée par le contexte conjoncturel. Lorsque le repli perdure, les entreprises procèdent à des réductions d’emploi qui peuvent aller jusqu’au licenciement d’une partie de leur personnel. C’est un des facteurs qui expliquent pourquoi l’emploi intérieur n’a diminué qu’à partir du premier trimestre 2009.


Plan emploi

Compte tenu de la faible relance économique et de la progression limitée de la durée moyenne de travail à partir de la fin 2009, l’emploi n’augmenterait à nouveau qu’à partir du début 2011. Alors que les créations nettes d’emploi totalisaient encore 71 200 unités l’an dernier, les pertes d’emploi avoisineraient les 34 600 unités cette année. En 2010, les destructions d’emploi atteindraient 58 900 unités en moyenne. En 2011, la tendance s’inverse et on enregistre à nouveau des créations d’emploi, quelque 17.600 en moyenne.

Le taux d’emploi baisserait de 63,6 % en 2008 à 61,5 % en 2010 et 2011. Compte tenu de l’évolution de la population active, le nombre de chômeurs (y compris les chômeurs complets indemnisés non demandeurs d’emploi) devrait augmenter cette année de 53 900 unités, de 98 400 unités l’an prochain et de 23 300 unités en 2011. Le taux de chômage harmonisé (définition Eurostat) passerait ainsi de 7 % en 2008 à 9,6 % en 2011.

(Source: Bureau Fédéral du Plan)