27/03/2010

Nouveau livre de Michel Collon

(Extrait du site "INVESTIG'ACTION")

israel-parlons-enPRESENTATION :
Voilà qui peut paraître étrange tant les médias nous parlent d’Israël. Mais les raisons du conflit sont-elles claires ?

Israël : terre sans peuple pour un peuple sans terre ? Démocratie en légitime défense ou Etat d’apartheid ? Choc des civilisations, conflit religieux ou enjeu pétrolier ? Pourquoi une solution paraît-elle impossible ?

Michel Collon a interrogé 20 témoins et spécialistes. Israéliens et Arabes, juifs et musulmans, Européens et Américains. Chacun éclaire une question spécifique dans un langage simple et direct.

Pourquoi parler d’Israël ? Pour tenter de mener un débat raisonné. Entre ceux qui crient à l’antisémitisme dès qu’on critique le gouvernement israélien et ceux qui imaginent un
grand complot juif.

Comment parler d’Israël ? En laissant de côté les préjugés et en découvrant tous les faits, les pages d’Histoire occultées.

Lever tous les tabous c’est permettre à chacun de se faire son opinion librement. Et de débattre autour de soi. Car ce conflit se joue aussi bien au Moyen-Orient qu’en Europe. C’est de la discussion entre citoyens de tous horizons que surgiront les solutions pour
la paix.

L’AUTEUR :
Ecrivain et journaliste belge. Analyste des médias, il anime avec le collectif Investig’Action le site d’information alternative michelcollon.info. Il a notamment analysé les stratégies de guerre et de désinformation : Attention, médias !, Bush le cyclone et Les 7 Péchés d’Hugo Chavez.

Aurore Van Opstal et Abdellah Boudami sont membres du collectif Investig’Action.

FICHE PRATIQUE :
Michel Collon
Israël, parlons-en !
Investig’Action – Couleur livres
Prix : 18.00 €
348 pages
Format : 13 x 21 cm
ISBN : 978-2-87003-549-8

08:06 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : israel, collon, livre |  Facebook |

22/03/2010

Conférence: "Pécrot, Mons, Hal... Quand le rail déraille..."

Téléchargez le tract (PDF) en cliquant sur l'image ci-dessous:

conf_25mars2010light

14:00 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/03/2010

Les dessous des licenciements de Carrefour en Belgique

Les dessous des licenciements de Carrefour en Belgique
Bernard, Ferrara & Pestieau (Article extrait du site de Michel Collon

arnaultCarrefour a annoncé le licenciement de 1 672 personnes et menace l’emploi d’au moins 3 000 autres. Les syndicats refusent le changement de commission paritaire, la fermeture ou la franchisation des magasins et réclament le maintien des 15 000 emplois dans un groupe intégré. Solidaire a enquêté et retrouvé les chiffres qui révèlent une stratégie et une situation financière pas si moche que ça pour les actionnaires. Avec, à la manoeuvre, Bernard Arnault « LVMH », deuxième fortune de France.




Carrefour veut-il quitter la Belgique ?


La question est sur beaucoup de lèvres depuis l’annonce du plan ce 23 février : Carrefour veut-il vraiment rester en Belgique ? Et à quelles conditions ? Les travailleurs de Carrefour retiennent leur souffle.Le pouvoir d’achat de la population diminue. Chaque semaine, vous vous en rendez compte quand vous passez à la caisse de votre supermarché. Le gâteau à partager entre les géants de la distribution est donc plus petit, et chacun y va de sa stratégie pour garder au moins sa part de marché.     Le 30 juin 2009, Carrefour a tenu à Paris une journée investisseurs consacrée à la mise en œuvre de son plan de transformation. Objectif : « être le commerçant préféré » La Belgique, avec la France, l’Italie et l’Espagne fait partie du «G4» des plans d’avenir de Carrefour. Le G4 constitue un des piliers de la stratégie de développement de Carrefour. 


Extrait de l’introduction à la journée : « A l’horizon 2012, le groupe attend des gains totalisant 4,5 milliards d’euros, principalement centrés sur la France, l’Espagne, l’Italie et la Belgique. Pour y arriver, il faut des économies pour 3,1 milliards d’euros par la refonte du modèle de fonctionnement. » 


La Belgique fait donc partie des plans d’avenir de Carrefour. Mais sous quelle forme ? Vous aurez compris que la « refonte du modèle de fonctionnement » veut dire modification des pratiques commerciales et diminution de la masse salariale.

 
Vendre « Carrefour » à toutes les étapes


Carrefour veut rester en Belgique et compte augmenter son bénéfice, notamment en agissant comme le fournisseur en titre de tous les magasins de l’enseigne et en élargissant le nombre de franchisés (magasins ayant l’enseigne Carrefour mais géré par des indépendants). C’est en analysant cette stratégie dans son ensemble qu’on découvre comment Carrefour pompe de l’argent de ses magasins en Blegique pour les rapatrier dans les coffres de ses actionnaires.


D’abord, le groupe a décidé de mettre l’accent sur la promotion de ses propres marques. C’est ce qui lui rapporte le plus. Par exemple. Carrefour fait fabriquer du beurre sous la marque “Carrefour”. Elle vend le beurre à son magasin qui le revend avec bénéfice. Tout cela est inscrit dans la comptabilité du magasin. Carrefour au niveau central comptabilise des bénéfices au niveau de la première vente et ensuite de la vente en magasin. Le profit que le magasin va pouvoir faire va largement dépendre du prix d’achat à la centrale. Si le prix d’achat à la centrale est plus cher, le magasin aura moins de marge de profit. Mais Carrefour fait du profit de toute façon. Le magasin peut même être en perte, Carrefour encaisse quand même du bénéfice grâce à ce magasin. Le problème de Carrefour n’est pas le manque de profit mais la volonté d’en faire plus. Cela peut expliquer pourquoi certains magasins font des pertes alors que les travailleurs se sont donnés à fond pour les faire marcher. Il est possible que l’écriture comptable d’un magasin affiche une perte, mais ce qui est sûr, c’est que Carrefour fait plus de 300 millions d’euros de profit. Pour le reste, il peut arranger les comptes pour mettre la pression, pour payer moins d’impôts, etc.


Autre formule, qui permet encore plus de gain, la franchise. Un indépendant investit pour ouvrir une superette et passe un contrat de franchise avec Carrefour. C’est-à-dire qu’il s’engage à vendre les produits que lui fournit Carrefour. Si son commerce marche bien, tant mieux. Si ça ne marche pas, il fait faillite, mais Carrefour est de toute façon gagnant. Dans ce genre de magasins, les conditions de salaire et de travail sont largement inférieures à celles des hypermarchés Carrefour. C’est la formule qui a la préférence du groupe en Belgique. Car si la marge générale chez Carrefour est de 4% dans la vente, la franchise tourne autour des 20% si on additionne la marge sur la vente des produits aux franchisés, la location immobilière et l’apport en capital du franchisé. C’est pas mal, et ça permet de ne pas devoir « se farcir les inconvénients » : investissements, syndicats, etc...

 
Carrefour et Mestdagh : l’œuf et la poule


Lors de l’annonce du plan de restructuration, la direction de Carrefour a parlé de l’éventualité de céder 20 magasins au groupe Mestdagh. Pourquoi ? Retournons un peu en arrière.


En 1995, le groupe familial Mestdagh s’allie au groupe français Promodes, propriétaire de la marque Champion, qui prend 25% des parts. En 1996, c’est l’ouverture du premier «  Champion » en Belgique. En 1999, Carrefour fusionne avec Promodes et reprend donc la participation de 25% dans Mestdagh. En  France, tous les Champion deviendront Carrefour Market. En Belgique, ils restent sous l’enseigne Champion. Le groupe Mestdagh-Champion développe les magasins de proximité, seul secteur encore en hausse actuellement en Belgique. Carrefour lui a confié le monopole d’exploitation de sa marque Champion pour la Belgique. Mestdagh se fournit chez Carrefour : les deux enseignes ont conclu un accord de partenariat, un millier de produits vendus chez Champion sont labellisés Carrefour. Une reprise de certains magasins Carrefour par Mestdagh est donc très intéressante pour Carrefour, c’est l’assurance de la prolongation du partenariat. Et c’est un peu l’histoire de l’œuf et de la poule : puisque Carrefour possède 25% de Mestdagh, s’il lui vend des magasins, il les vend un peu à lui-même. Opération tout bénéfice : Carrefour empoche les aides de l’état pour le plan social et continue à encaisser les bénéfices grâce à ses 25% chez Mestdagh. Carrefour est assuré de contrôler les prix des fournitures à Champion et les travailleurs qui passent chez Mestdagh se retrouvent d’office dans la commission paritaire 202, beaucoup moins avantageuse que l’actuelle commission paritaire de Carrefour.

 
Bernard Arnault, l’homme qui se cache derrière les licenciements


Il y a deux ans, Bernard Arnault, la deuxième fortune de France, ami intime de Sarkozy, débarque dans l’actionnariat de Carrefour. Pour ce milliardaire, Carrefour doit rapporter plus. Quitte à sabrer dans l’emploi.L’actionnaire principal de Carrefour, Bernard Arnault possède 14,5 milliards d’euros. C’est la deuxième fortune de France. Combien d’années doit travailler une caissière pour posséder autant ? Plus de 800 000 années de travail en laissant 1500 euros de côté chaque mois!


Dans la distribution, le rendement est en général faible mais stable. Autrement dit, si l’action rapporte peu, elle rapporte sûrement, car les gens devront toujours faire leurs achats de base (alimentation, vêtements,…). Cela intéresse donc beaucoup de petits actionnaires. Mais on rencontre aussi quelques requins de la finance chez Carrefour. Solidaire (25 février) vous a déjà présenté Robert Halley, 11e fortune de France et Jacques Badin, domicilié en Belgique pour échapper à l’impôt français sur la fortune. Depuis mars 2008, le premier actionnaire est le groupe de Bernard Arnault, qui, à travers les fonds Blue Capital et Colony Capital, détient 11 % des parts. Arnault c’est aussi, pour ceux qui ne le savent pas, le groupe LVMH, leader mondial de l’industrie du luxe (Luis Vuitton, champagne Moet et Chandon, parfums Christian Dior,…). Personnellement, il possède 14,5 milliards d’euros. D’après le magazine Challenges, il est la deuxième fortune de France, juste derrière les Mulliez, propriétaires du groupe Auchan (tiens, aussi la grande distribution). Le Monde diplomatique (août 2008) révèle que son salaire chez Carrefour est de 3 millions d’euros, et qu’il a touché 335 millions d’euros de dividendes en 2007. De plus, il a perçu en tant que dirigeant de LVMH 4 millions d’euros en 2008, ce qui fait de lui le deuxième patron le mieux payé de France.

    Un investisseur comme Arnault espère un rendement beaucoup plus élevé et rapide. Ce qui explique la nouvelle stratégie de Carrefour, axée sur une diminution des coûts, d’une part, et une expansion là où ça rapporte le plus d’autre part. C’est pourquoi ils ont engagé comme PDG Lars Olofsson, ancien dirigeant du groupe agroalimentaire suisse Nestlé, le qualifiant de « professionnel ayant une connaissance intime du marketing, des produits de marques » (La Libre, 25 février).

 
Deuxième au monde, derrière Wal-Mart


« Malgré une grosse restructuration en 2007, Carrefour continue à perdre de l’argent », affirme la direction pour justifier la fermeture de 21 magasins. Mais le groupe Carrefour est-il si mal en point qu’il le prétend ?

En quarante ans, le groupe Carrefour est en fait devenu un leader de la distribution dans le monde. Il est le deuxième mondial, derrière le groupe nord-américain Wal-Mart, et premier en Europe. Actuellement, près de la moitié du chiffre d’affaire (44%) se fait en France, 37% en Europe (hors France), 12% en Amérique et 7% en Asie.


Il a fait 1,2 milliard d’euros de bénéfice net en 2008 et 327 millions d’euros en 2009. Même s’il diminue, le profit est toujours bien là. Le groupe est bien sûr coté en Bourse. Les comptes d’une multinationale (comme dans l’automobile) sont établis en fonction des objectifs du groupe. Les seuls chiffres qui sont « réels » sont ceux du groupe. Ce sont donc les chiffres de l’ensemble qu’il faut bien examiner pour pouvoir en tirer des conclusions. Car comme on l’a vu avec l’exemple du beurre (voir ci-dessus) il y a bien souvent des transferts de profits des filiales vers le groupe...

    Dans le monde entier, presque 500 000 personnes travaillent pour Carrefour, ce qui fait du groupe le 7e employeur mondial. Dans notre pays, le groupe représente 15 000 emplois ce qui fait de Carrefour le 4e employeur belge, derrière La Poste, la SNCB et Randstad. Les 15 000 travailleurs de Belgique ont réalisé ensemble un chiffre d’affaires commercial de 5,2 milliards d’euros en 2008 et 66 millions de bénéfice. Mais le centre de coordination de Carrefour a fait 391 millions d’euros de profit.

 

14:17 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/03/2010

Un autre capitalisme n’est pas possible

Rémy HERRERA (Article extrait de: "Le Grand Soir.Info")

autre capitalisme pas possibleLe capitalisme est en crise. Il pourrait même s’agir d’une des plus graves crises de l’histoire moderne. Et pourtant, à suivre l’actualité au jour le jour, l’opinion publique peut avoir le sentiment que cette crise est déjà derrière nous. Or, le pire est sans doute encore à venir, malgré les propos rassurants tenus et les aménagements envisagés.

En effet, la réactivation annoncée de l’intervention étatique a notamment pour objet la négation de la nature de biens publics à la fois gratuits et libres de composantes fondamentales du patrimoine commun de l’humanité, comme le savoir, l’éducation ou les infrastructures sociales et des ressources naturelles.

Ce livre nous propose un voyage dans les « entrailles du monstre », car c’est la dynamique même du capitalisme qu’il faut examiner et mettre à nu pour engager la grande transformation dont l’humanité et la planète ont besoin.

L’appel à la contre-offensive est lancé dans la théorie comme dans la pratique.

Les limites des politiques économiques menées par les gauches au pouvoir sont mises en évidence à partir de l’étude de quatre expériences : celles de Barack Obama aux États-Unis, de François Mitterrand en France (1981-1986), de Lula au Brésil et de Hugo Chávez au Venezuela.

C’est évidemment vers l’Amérique latine que les yeux se tournent. Les efforts de transformations sociales et de régionalisation mises au service des peuples font la démonstration qu’il est possible de passer de la défensive à l’offensive et d’ouvrir à nouveau les débats sur les alternatives anticapitalistes et les processus de transition socialiste.

L’auteur

Rémy Herrera est économiste, chercheur au CNRS, enseignant à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est l’un des coordinateurs du Forum mondial des Alternatives. Il est associé à l’Union of Radical Political Economist (New York), la Chubu University (Nagoya), la Société latino-américaine d’économie politique (São Paulo), l’Association des économistes de Cuba (La Havane), ainsi qu’au Forum du Tiers Monde (Dakar). Il travaille aussi avec le Centre Europe-Tiers Monde (Genève) auprès du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU.

12:22 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : capitalisme, economie, societe |  Facebook |