28/08/2010

Le capital et la dislocation. Le réformisme de la crise à la mondialisation

Le capital et la dislocation. Le réformisme de la crise à la mondialisation (Source: "Econosphères.be")

Publié à l’origine dans l’ouvrage « Les socialistes et le pouvoir » en 1998, cet article porte sur le rôle économique dévolu à l’État dans la mondialisation et le poids grandissant du paradigme néolibéral dans l’élaboration des politiques économiques.

Gabriel Maissin
Article mis en ligne le 18 août 2010

 Réformisme et politique économique face à la mondialisation

Il fut un temps où l’on trouvait au sein de la gauche, y compris la plus réformiste, une critique du capitalisme dans son fondement économique. Ses structures et son fonctionnement devaient être mis au pas, pour permettre l’émergence d’une organisation sociale alternative. Non seulement plus juste socialement, mais économiquement plus favorable au développement. Du “planisme” d’un De Man, à “l’Alternative progressiste” (1977) de la FGTB en passant par la célèbre brochure du syndicaliste wallon André Renard, “Le socialisme par l’action” (1958) [1], on retrouve sans peine cette tradition au sein du mouvement ouvrier belge. Le programme de l’Union de la gauche française, à la veille de la victoire de Mitterrand, fournit sans doute le dernier prototype de ce réformisme anticapitaliste. Un anticapitalisme qui ne remet pas en cause l’existence même d’un secteur d’économie privée, mais dont le programme de “réformes de structures” constitue tout au moins un axe de contestation de son hégémonie. Nationalisations ou socialisations de secteurs stratégiques, planification de l’économie, contrôle ouvrier, ... avaient droit de cité.

Aujourd’hui, la simple évocation de telles interventions sur les structures économiques apparaît d’une incongruité totale. La tendance dominante au sein du réformisme n’est plus à la transformation économique, même si l’on veut éviter la “sauvagerie” du marché, dénoncer la “folie” du règne de l’économie financière ou encore prévenir les dangers de la compétitivité “poussée à outrance”. Face à ce qu’il est convenu d’appeler depuis peu “les contraintes économiques”, le réformisme semble évanescent. En matière économique, le réformisme a t-il encore quelque chose à dire ?

Certes, la politique du gouvernement Jospin, n’est pas celle de Thatcher. Mais, celle de Tony Blair pourrait bien en être un prolongement, intelligent et moderne. Et existe-t-il une différence de nature entre les privatisations de Belgacom, de British Telecom, de France Telecom, ou de Telecom Italia ?

Au-delà de toutes les distinctions possibles, tout se passe comme si après avoir tenté de modifier le régime économique, puis de l’amender substantiellement, puis encore de le contrôler, le réformisme en est venu à l’accepter dans son essence même, à le faire sien. La voie des réformes graduelles s’est enlisée, pire, elle n’a pas résisté à ce qu’il est convenu d’appeler la crise de l’État-providence, et elle s’est éteinte. L’écroulement des “économies de commandement” [2] des pays de l’Est a accentué cette évolution en accréditant l’idée d’un seul modèle possible : l’économie de marché.

Mais ne nous laissons pas subjuguer. Cette vision du capitalisme triomphant doit être prise pour ce qu’elle est : le discours des vainqueurs. Il présente l’état actuel comme inéluctablement inscrit dans le cours de l’histoire. Il néglige l’essentiel ; l’histoire est en dernière instance le produit de l’action et des choix des groupes sociaux. Que ces choix se réalisent dans un environnement social portant les traces, les conditionnements et les contraintes du passé, c’est évident ! Mais, cela n’infirme en rien l’existence de ces choix.

C’est ce que prétendait, à sa manière, un certain réformisme anticapitaliste en défendant la possibilité d’un changement, fût-ce d’une manière graduelle. Toute conquête, même la plus partielle, faisait partie de ce chemin vers le progrès social. [3] Aujourd’hui, cette notion de progrès social a fait place à celle d’adaptation de nos sociétés aux “bouleversements” en cours, au tout premier rang desquels ceux de l’économie. La prise en compte, puis l’adaptation à “la contrainte économique” semblent être, non seulement une preuve de réalisme, mais aussi la base même de tout programme réformiste.

Or, l’économique, pas plus qu’une autre instance, ne constitue une espèce de champ clos, au sein duquel nous serions obligés de nous débattre sans pouvoir en sortir. Il est lui-même un produit de stratégies, de coalitions d’acteurs, d’offensives et de renoncements. C’est ce qu’essaie de montrer ce texte en examinant successivement :
• comment les politiques d’austérité, réponses au déclenchement de la crise des années 1974-75, ont mis en cause non seulement les compromis économiques et sociaux de l’État-providence [4], mais aussi ont ouvert la voie à de nouvelles politiques économiques néolibérales avec pour leitmotiv “moins d’État”.
• comment, sur base de cette nouvelle régulation néolibérale, se dessine une nouvelle conjonction des politiques économiques nationales avec le capitalisme en voie de mondialisation.

 Le rôle économique de l’État à l’épreuve du néolibéralisme

En 1981, lorsque Pierre Ronsavollon commence son célèbre essai [5] par ces mots : “L’État-providence est malade de la crise”, il sanctionne en fait la fin d’une période et l’installation définitive dans l’ère néolibérale. Car l’Etat-providence ne se remettra pas de cette maladie. L’abandon des anciens paradigmes de l’interventionnisme étatique et de l’économie mixte ne s’est pas réalisé, brusquement avec l’arrivée de Reagan ou de Thatcher. Le tournant a été étalé sur plusieurs années, laissant croire à certains que l’on pourrait encore sauver le patient.

Le tournant a été pragmatique, plutôt que le résultat d’une nouvelle vision théorique émergeant soudain à la moitié des années 70 et reprise systématiquement par les gouvernements et leurs conseillers. En Europe, il faudra une petite dizaine d’années (1975 -1985) pour voir l’option néolibérale prédominer dans les politiques économiques. Cette prédominance, faut-il le souligner, n’est pas directement reliée à la coloration politique des gouvernements en place.

Les modalités politiques diverses d’un même paradigme économique

Parfois, ces politiques sont qualifiées de néolibérales comme dans les cas emblématiques de la Grande-Bretagne de Thatcher ou des USA de Reagan. Pourtant de manière générale, si on reconnaît que des modifications substantielles sont intervenues dans les politiques économiques, rarement l’unanimité se fait pour leur donner le qualificatif de néolibérales. D’autres termes fleurissent pour tenter de les qualifier : modernisation de l’économie, adaptation aux conditions d’une économie mondialisée, dérégulation, flexibilisation, réhabilitation du marché, rigueur de la gestion, etc. ... Or, malgré toutes les précautions oratoires, il paraît justifié de parler d’un « tournant néolibéral » de la politique économique, y compris pour la Belgique.

Certes, l’approche de ce tournant est rendue plus opaque par la diversité des modalités de sa mise en œuvre. En nous limitant à quelques exemples, on peut dire que « le choix entre la réforme globale et l’encerclement progressif dépend de la position des promoteurs de ces nouveaux programmes dans le système politique » [6]. Il faut y ajouter les rapports de force sociaux qui structurent ce système politique et la situation économico-sociale au moment où ces choix doivent être posés.

Dans le cas de la Grande-Bretagne, l’impulsion novatrice résidait dans l’équipe dirigeante du gouvernement qui, ayant puisé son expertise dans les institutions privées (les fameux « think tanks » néoconservateurs) a pu l’imposer à des partenaires institutionnalisés et à une bureaucratie fort réticente. C’est un schéma de « réforme globale » : une argumentation forte de la doctrine économique accompagne le discours politique et l’action du gouvernement.

Pourtant, même une offensive aussi globale, comporte des contraintes très particulières et des contradictions internes. La mise à mal du Welfare State n’a pas été aussi loin qu’on pourrait l’imaginer. Les protections en matière de santé et de vieillesse ont beaucoup moins été touchées que celles en matière de chômage. Le système de privatisation destiné à développer un « actionnariat populaire » a surtout débouché sur la constitution de monopoles privés, tant décriés par les néolibéraux. [7]

Ailleurs, l’impulsion la plus significative vers le néolibéralisme est venue plutôt des experts qui alimentent en solutions et en recettes nouvelles les réseaux de la politique monétaire et économique. Son impact ne se mesure pas par la capacité à faire vivre un grand dessein politique face à l’ensemble des acteurs, mais plutôt dans l’imposition d’un ensemble de contraintes qui modifient les termes de la décision politique et ses modalités de mise en œuvre. C’est un processus d’encerclement par un néolibéralisme gestionnaire plutôt que doctrinal.

Dans le cas de la France, cet encerclement ne visait pas seulement la gauche au pouvoir au temps de la rigueur. Il a concerné tout autant les élites administratives et économiques formées dans le cadre de la planification à la française et convaincues de la “grandeur de l’action de l’État républicain” y compris en économie. La Belgique se situe plutôt dans le second scénario : celui de l’encerclement par la contrainte, malgré une plus grande faiblesse, comparée à la France, de nos élites publiques. On ne pouvait en demander moins au pays de la vertu pragmatique.

Enfin, il ne faut pas perdre de vue que les compromis, noués durant les « trente glorieuses”, sont des compromis fortement institutionnalisés. Plusieurs acteurs peuvent en réclamer simultanément la paternité, mais tout abandon brutal peut comporter un coût social (et électoral) élevé. C’est ce qui explique une progression néolibérale comme un ensemble de savoir-faire pragmatiques, se refusant à prendre de force certaines citadelles, mais les vidant peu à peu de toute influence en impulsant une autre logique aux politiques économiques mises en œuvre. Dans une telle démarche pragmatique, bien connue des gouvernements belges, il n’est donc pas nécessaire de changer brusquement de référentiel. On peut rester »le pays avec la meilleure sécurité sociale du monde", ce qui n’est, après tout, qu’un jugement relatif, pas absolu.

Cette distinction brève entre deux types de mise en œuvre de l’offensive néolibérale, permet de comprendre les variations possibles dans les formes politiques, tout en constatant une homogénéisation progressive, ses quinze dernières années, autour d’un même paradigme économique. [8] La distinction faite par Michel Albert, entre capitalisme rhénan et capitalisme anglo-saxon, va progressivement perdre de sa pertinence, au moins sur un point central : le rôle économique dévolu à l’État.

La crise que personne ne voulait voir

L’élément déclenchant de ces nouvelles politiques économiques est la crise économique de 1974-75. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, l’ensemble des grandes économies capitalistes furent frappées par une récession généralisée et profonde. [9] Ce n’est pas tellement l’ampleur de la crise qui nous intéresse ici, que la faiblesse des perceptions de cette crise. [10] Non seulement, le retournement n’a été prévu que par peu d’économistes mais même une fois la crise installée l’explication de ses causes et mécanismes a été fort disparate [11]. Que l’on songe à la place démesurée prise par l’explication par “le choc pétrolier”. Il y aura incontestablement un certain désarroi - théorique et stratégique - et un temps de réaction très variable de la part des différents gouvernements.

Pour mesurer l’ampleur du retournement sur cette question, il est sans doute utile de se rappeler les opinions majoritaires et la doctrine officielle des années septante. On sait que l’arsenal économique standard de la période 1950-70 faisait largement référence aux capacités de l’État de maîtriser le cycle économique et les fluctuations monétaires.

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08/08/2010

Marx et le travail : sa réception dans l’univers syndical et la question écologique.

Marx et le travail : sa réception dans l’univers syndical et la question écologique.

Christian DELARUE

La question écologique se rapporte ici à "notre capacité à satisfaire nos besoins présents sans compromettre ceux des générations futures" et donc à contrôler au travail mais aussi hors du travail, comme citoyen, notre production au lieu de la laisser dériver de façon productiviste (1), soit produire pour produire, produire pour le marché et le profit.

L’univers syndical lecteur de Marx ne se résume pas à la CGT ou à la FSU ou à SUD-Solidaires ou à la CFDT d’avant son aggiornamento. Cette lecture peut aussi se combiner avec d’autres auteurs et se faire légère, peu perceptible, d’autant que les textes syndicaux ne citent que rarement les auteurs, sauf dans les stages de formation. On ne peut que reconnaitre bien souvent les concepts ou les problèmatiques. Reste que Marx a eu de l’audience chez les syndicalistes et par ricochet dans les syndicats, notamment sur la question du travail, de l’exploitation de la force de travail.

Le travail chez Marx ne donne pas lieu à exposé facile. La question est épineuse. Heureusement il ne s’agit pas ici d’être exhaustif . Lançons-nous néanmoins avec une note de François Vatin intitulée "Marx et le travail : acte créateur et instrument d’aliénation".

L’auteur aboutit à dire que "même dans les sociétés dominées par le travail salarié, le travail n’est pas réductible au salariat, c’est à dire à son aliénation marchande". Disant cela il ne vise non pas seulement le travail des indépendants ou le travail informel mais aussi le fait "que le travail suppose toujours un investissement du travailleur dans sa propre projection de l’œuvre à accomplir". C’est cet aspect-là qui va être discuté ici dans un premier temps avant de passer à un autre aspect vu positivement : tout travail est productif. Un bref point terminera sur les perspectives.

I - Qui dit le sens du travail ?

A propos du thème de l’investissement dans le travail fut-il le travail salarié, donc subordonné, contraint, exploité, on trouve deux pratiques sociales opposées. On trouve d’une part le management qui instrumentalise cette racine dite "anthropologique" ou dite "saine" ou estimée telle du travail à des fins exogènes au travailleur mais endogènes à l’entreprise. On trouve aussi le syndicalisme qui s’appuie sur le sens du travail bien fait pour repousser les exigences quantitativiste du management au profit du volet qualitatif.

C’est là que la vie réelle des conflits du travail montre que d’appuyer trop sur ce fil positif du travail peut aboutir à une récupération de ce savoir-faire par les cadres et managers. En effet, il est désormais courant chez l’encadrement d’exiger de la qualité sans nécessairement faire pression sur la quantité. En fait ils n’ont pas toujours besoin de s’appesantir sur le quantitatif tellement le jeu concurrentiel joue en quelque sorte naturellement. La "guerre économique" est là. De plus on ne croit pas un chef chargé de donner des primes aux travailleurs du rang que celui qui en fait plus ne sera pas mieux payé. Bref, les travailleurs sont pris dans la fameuse "double contrainte" mais seule l’exigence qualitative est explicite.

Et là le syndicalisme du qualitatif (ou du sens) se trouve parfois en de mauvaises compagnies. Le facteur contraint et subordonné du travail pèse énormément. Le travail salarié n’est pas une activité libre. C’est à chaque salarié d’expliquer dans un cadre protégé (protégé des jugements de l’encadrement et des jugements des collectifs de travail qui ne sont pas moins sévères) ce qui nuit à un travail de qualité car tous les travailleurs ne se ressemblent pas. Un tel fera sans souci telle tâche, un autre aura beaucoup de peine à le faire.

Le management a beaucoup de peine à comprendre cela. Trop rivé sur les indicateurs de performances et sur les tableaux et plannings de gestion. Même un management de proximité d’orientation humaniste est nécessairement limité tôt ou tard par les pressions du sommet des organisations. C’est bien au syndicat d’assumer cette fonction d’accouchement de ce qui va mal au travail et qui est caché. Il est évident que pour ce faire il doit d’abord pratiquer l’écoute active même et surtout s’il a quelques connaissances sur la question.

II - A propos d’une ambivalence : Le travail est productif .

Si le travail salarié n’est pas que l’exploitation de la force de travail ainsi que le retient le plus souvent et à raison ce que l’on pourrait appeler le "marxisme syndical de base" il y a donc lieu de se méfier de son volet positif. Ce dernier est pourtant réel. C’est assez simple de retenir que le travail est un acte créateur et producteur. C’est là un aspect positif a souligner (pour exiger reconnaissance par exemple) mais aussi à interroger .

A) Producteur versus questionnement critique.

Producteurs "mais de quoi et comment ?". Les écologistes ont eu le mérite de poser la question. Mais les syndicalistes ne sont pas étrangers à ce questionnement. S’agit-il d’une production nuisible aux humains directement (armes, drogue, etc...) ou indirectement via la destruction de l’environnement ? La production de biens marchands nuisibles renforce à l’évidence l’aliénation du travailleur qui se voit obligé d’ignorer ce qu’il sait pourtant .

S’agit-il d’une production utile ? Mais utile à qui ? Passe-t-elle plus par la production de valeur d’usage que par une production de valeur d’échange ? Telle infirmière d’une clinique privée s’interrogera sur la qualité des soins quand la logique infernale de rentabilité viendra réduire le temps de prise en charge des malades . Bien d’autres aspects interviennent qui montrent que le mal vivre au travail a pour racine un service trop réduit à autrui. La même question se pose aussi pour les services publics producteurs de valeurs d’usage. Il ne s’agit plus de clients (solvables) mais d’usagers mais le problème subsiste tant les logiques privatistes et marchandes sont "impérialistes" au temps du néolibéralisme. "Le travail fiscal que je fais sert-il une juste redistribution fiscale ou une mauvaise ?" me dit un collègue critique de la TVA. Qui ne voit que cela a une importance sur la motivation au travail même s’il est encore relativement rare que le sujet soit ainsi abordé. Désormais il semble devenu plus courant pour le syndicalisme critique de relier l’examen des conditions de travail - du plus concret (ergonomie) au dispositifs plus abstraits (intensification, contrôle constant, allongement du temps de travail non rémunéré, etc...) au contenu lui-même du travail.

B) Producteur(s) versus construction de la société.

Ici c’est l’autre facette positive qui est soulignée : "la production collective de l’existence sociale, c’est nous tous !" Si le travail est productif c’est que les travailleurs - salariés et indépendants - participent à la production de l’existence sociale. Ils y participent certes le plus souvent dans un cadre salarié qui peut être marchand ou non marchand (services publics) mais ils y participent néanmoins. Cet aspect-là est positif, constructeur et intégrateur. En ce sens on dit que nul, sauf les jeunes et les retraités n’est exempt de cette participation. Le réel en est loin.

III - Éléments d’une politique de transformation et d’émancipation.

Pour que cette participation soit réelle et valorisable humainement, il importe de partager le travail et donc d’un côté lutter contre le chômage et la précarité et de l’autre lutter contre le travaillisme (la doxa travailliste) qui est le refus de la RTT, l’intensification du travail et des salaires réduits. Là on fait *coup double* : on enfonce un clou pour l’emploi et un autre pour le travail. Avec ce coup double on avance à la fois vers la transformation du travail et vers l’émancipation des travailleurs. Cela suppose sans doute de passer au socialisme tant le mode de production dominant - le capitalisme - semble incapable de satisfaire ces tendances émancipatrices.

Christian Delarue

ATTAC et CGT Finances publiques 35

1) Capitalisme productiviste : le travail et la consommation, l’émancipation et le socialisme. http://amitie-entre-les-peuples.org...

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Marx-et-le-travail-sa-recepti...

01/08/2010

Congo-Kinshasa: Allégement de la dette - plus de confusion sur les chiffres


29 Juillet 2010 (Extrait de "AllAfrica.com")


Impacts-du-programme-dassainissement-urbain-de-kinshasa-pauk-sur-lenvironnement-cas-de-la-c8.pngKinshasa — Plus de confusion sur le montant réellement annulé le 1er juillet 2010 à l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE. Il n'y aura donc plus de controverse sur le sujet, pense le Premier ministre, Adolphe Muzito, qui a dépêché hier mercredi devant la presse son directeur de cabinet adjoint en charge de suivi des programmes avec les institutions de Bretton Woods pour lever toute équivoque sur le sujet.

Depuis l'atteinte le 1er juillet 2010 du point d'achèvement de l'initiative de réduction de la dette en faveur des pays pauvres très endettés (I-PPTE), plusieurs chiffres ont circulé sur le montant de la dette annulée à l'issue des Conseils d'administration du FMI et de la Banque mondiale.

S'il est vrai que le montant annulé dépassait les 10 milliards Usd, de profondes divergences sont apparues sur la hauteur exacte de ce montant. Aussi, pour éviter toute forme de confusion à ce sujet, le Premier ministre, Adolphe Muzito, a dépêché hier mercredi 28 juillet son directeur de cabinet adjoint en charge de suivi de programmes avec les IBW, Jean-Claude Nachega pour lever toute forme de voile sur le sujet.

Après sa prestation devant la presse, l'on en sait un peu plus sur la portée des chiffres repris dans le communiqué conjoint publié le 1er juillet 2010 par le FMI et la Banque mondiale. Tout comme, plus de doute possible sur le montant exact consenti en terme d'allégement de la dette par ces deux institutions.

Ces précisions du gouvernement ont donc l'avantage de mettre fin à la distraction qui couvait dans une bonne partie de la population congolaise, concernant les avantages financiers réels obtenus au point d'achèvement de l'I-PPTE.

Le gouvernement se devait donc de clarifier le débat pour éviter que la confusion ne se généralise dans l'opinion publique. Le chiffre exact de la dette annulée étant désormais connue, il n'y a donc de raison de s'attarder sur un débat vidé de sa substance.

L'essentiel aujourd'hui est de tourner les regards vers le futur en ayant pour seule priorité la poursuite de grands travaux de reconstruction.

Jean-Claude Nachega pense que le moment ne prête pas à une quelconque forme de distraction, la RDC ayant obtenu un avantage en termes de réduction que nul autre pays inscrit à l'I-PPTE n'a obtenu avant. « Il s'agit, note-t-il, du plus grand allègement de dette dont n'ait jamais bénéficié un pays dans le cadre de ces deux initiatives (IPPTE et IADM) ».

Voici en intégralité le contenu de la conférence de presse animée par Jean-Claude Nachega.

Point de presse du Dircaba, J.C. Nachega, sur le point d'achèvement (les chiffres)

« Comment l'atteinte du point d'achèvement a-t-elle affecté le niveau et la structure à la fois du stock et du service de la dette de la RD Congo?

La RD Congo a bénéficié d'allègements significatifs à la fois du stock et du service de sa dette publique extérieure.

Le stock de la dette extérieure, estimé à 13,704.9 milliards de dollars américains, représentant 125 pourcent du PIB, à fin décembre 2009, a diminué pour s'établir à 2,931 milliards de dollars américains, représentant 24 pourcent du PIB, à la fin de cette année 2010.

L'allègement du stock de la dette est donc d'environ 80 pourcent, soit 10,774 milliards de dollars américains, dont : 491 millions de dollars américains de la part du FMI ; 1,832 milliard de dollars américains de la Banque Mondiale (AID) ; environ 7,4 milliards de dollars américains de la part des pays bilatéraux membres du Club de Paris Etats-Unis, France, Belgique, ...) ; et le reste provenant de créanciers bilatéraux non membres du Club de Paris (Serbie et Monténégro, Koweït, Taiwan-province de la Chine, Arabie Saoudite ...) et des commerciaux (dont Club de Londres).

L'allègement total (au fil des ans) du service nominal de la dette (principal plus intérêts) est de 12,3 milliards de dollars américains dont : 11,1 milliards de dollars américains au titre de l'initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) ; et 1,2 milliards de dollars EU au titre de l'initiative d'allègement de la dette multilatérale (IADM). N.B: Il s'agit du plus grand allègement de dette dont n'ait jamais bénéficié un pays dans le cadre de ces deux initiatives (IPPTE et IADM) ».

La crise économique internationale et la position de la Grèce – Les thèses du KKE

Par Eleni Mpellou, membre du Bureau politique du CC du KKE (Extrait de "LA REVUE COMMUNISTE INTERNATIONALE")



logo_fr-fr.pngL’économie capitaliste internationale traverse une crise profonde caractérisée principalement par sa synchronisation extensive. Elle a commencé à se manifester en 2007 aux États-Unis, dans le secteur de la construction, avec la dépréciation du capital des sociétés financières en raison d’une circulation excessive de dérivés d’investissements dans la titrisation de prêts précaires au logement.

Le danger d’effondrement des géants financiers américains – qui occupent des positions puissantes sur le marché international du capital argent – a provoqué une baisse des prix importante, progressive et généralisée, dans les Bourses les plus importantes de la planète. La « partie visible de l’iceberg » a été la manifestation d’une crise généralisée de surproduction, de suraccumulation de capital.

Une version optimiste des données et évaluations actuelles des organisations économiques internationales épingle 2010 comme l’année du point le plus bas de la récession. Une augmentation du nombre de chômeurs de 25 millions a déjà été enregistrée et l'on estime qu’ils seront encore 40 millions de plus à la fin de l’année.

En 2009, la Banque mondiale s’attend à ce que le Produit mondial brut baisse de 1,7 % ; la baisse sera de 2,75 %, estime l’OCDE. Celle-ci estime également que le commerce international connaîtra une baisse de 13,2 % en cette même année 2009.

Le Fonds monétaire international évalue la dépréciation du capital argent à 4 100 milliards de dollars depuis la manifestation de la crise.


Le déclenchement de la crise économique en Grèce

Dans l’économie grecque, la crise s’est manifestée avec un léger retard par rapport au reste de l’eurozone. Le pays est entré dans une phrase de récession en 2009, alors qu’en 2008, l’expansion du PIB s’était ralentie. L’élément le plus significatif, s’il faut en croire les statistiques bourgeoises, c’est que le secteur industriel (le secteur minier et carrier, le secteur manufacturier, l’électricité, la distribution d’eau), entré dans une phase de récession en 2005, a chuté de 4 % en 2007-2008.

En 2008, toutes les branches de l’industrie manufacturière ont été en récession, sauf celle de l’industrie alimentaire (1,2 % d’augmentation).

La crise du secteur manufacturier se reflète dans l’importante diminution des produits industriels (environ 7 %).

Le secteur de la construction a subi un important déclin (- 9,4 %).

Durant la période de 2002 à 2008, la tendance a été une baisse importante de la production de la plupart des produits agricoles de base – à l’exception du blé doux, du maïs et des pêches.

Selon les données fournies par Eurostat, le revenu agricole réel a baissé de 7,1 % en 2008, en raison d’une stagnation des prix de vente des producteurs et d’une importante augmentation importante des prix des produits industriels.

Selon Eurostat, le revenu agricole net en tant que corrélation de la valeur nette ajoutée par rapport aux coûts a été réduit en 2008 à 80,1 %, comparé à 2000 (= 100) (1).

En 2008, il y a eu une importante chute des prix à la Bourse d’Athènes. Sa valeur boursière totale (en pourcentage du PIB) était estimée, fin 2008, à environ un tiers de sa valeur fin 2007 (décembre 2008 : 28 % ; décembre 2007 : 86 %) (2). Une part importante de cette chute était imputable au retrait massif des investisseurs étrangers en octobre 2008.

Indépendamment de la phase du cycle de la crise, une caractéristique de l’économie grecque est sa situation fiscale défectueuse et qui s’est aggravée à long terme. Le ralentissement de la croissance du PIB – qui s’est accru au cours du second semestre de 2008 – a considérablement durci les conditions des emprunts d’État.

Les dernières estimations prévoient un déclin du PIB de 1 % en 2009. L’étendue de la récession dans l’économie grecque dépendra certainement du cours de la crise :

a. Dans les pays des Balkans, où d’importants investissements ont été réalisés par des sociétés installées en Grèce. Ceci concerne des économies à taux de croissance capitaliste élevé, comme la Roumanie, avec une croissance de 7,7 % en 2008 et une régression de 1,8 % prévue en 2009, ou la Bulgarie, avec une croissance de 4,4 % et une régression de 1 % prévue en 2009 (3).

b. Dans le commerce international, dont une part importante se fait par transport maritime, ce qui constitue une importante source de rentrées.

c. Dans d’importants pays européens, telles l’Allemagne et la Grande-Bretagne. À ces pays appartient une part importante des touristes qui visitent la Grèce, non seulement en chiffres absolus, mais aussi en nuitées et en dépenses personnelles.

Les effets des importantes rentrées de l’Union européenne comparées à la nette régression de l’industrie et de l’agriculture sont contradictoires.

Les faits mentionnés ci-dessus prouvent que l’effet de la crise sur l’économie grecque va être profond. Certaines prédictions la voient durer deux ans. Elle va exacerber les contradictions sociales existant via la hausse du chômage, des emplois à temps partiel et via l’extension de relations de travail flexibles. Selon les calculs bourgeois, la pauvreté a déjà augmenté, avec une concentration particulière chez les enfants (environ un quart) de moins de 15 ans, de même que chez les jeunes de 18 à 24 ans.

Bien sûr, les indices de pauvreté ne reflètent qu’une partie des contradictions, ils ne reflètent pas le fait que les salaires et les traitements sont loin de correspondre à la croissance indiciaire du PIB et à la croissance de la productivité dans une phase de reproduction élargie en Grèce.

 

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07/07/2010

Bientôt 10 ans d'austérité de plus?

1982-1992 : dix ans d’austérité, qui en préparent dix de plus ?

(Article "ECONOSPHERE")

Cet article, publié pour la première fois en 1992, fait le bilan des politiques d’austérité menées par les gouvernements belges à partir de 1982. L’austérité ou la rigueur budgétaire, c’est selon, refont surface aujourd’hui pour freiner la dérive des finances publiques. A-t-on cependant tiré tous les enseignements de l’histoire économique récente ?

par Gabriel Maissin
6 juillet 2010

« Dénoncez toutes les vraies injustices de cette société pour que le citoyen voit la réalité en face » Philippe Busquin, Le Soir du 26.4.92.

« Habillement présentées comme des »lois économiques« , comme des choses »allant de soi« , comme »ce qui est normal", les thèses néo-libérales pénètrent aussi dans les milieux socialistes... Ces thèses libérales du capitalisme social, nos militants doivent les dénoncer comme non socialistes. Ils doivent pouvoir les reconnaître. Ils doivent savoir ce qu’elles ont de faux." André Renard, Le socialisme par l’action, septembre 1958.

La dévaluation du franc, en 1982, a ouvert un cycle de dix années de « redressement » dont on peut faire aujourd’hui un bilan. La mise en place de la politique budgétaire et sociale du gouvernement Dehaene indique-t-elle une rupture ou une continuité avec « la décennie Martens » ?

Les premières mesures d’économies budgétaires se chiffrent à un montant de 141 milliards. Avec en prime, l’annonce par Madame Officiers, Ministre du Budget, de mesures structurelles lors du conclave budgétaire de l’été [1]. Mais la véritable indication pour l’orientation de la politique future se situe ailleurs. Une « nouvelle machine à la belge » se met en place que certains ont voulu baptiser avant les élections : « pacte fiscal-social » [2].

Après dix ans de coupes sombres dans tous les budgets et après avoir reporté sur d’autres niveaux de pouvoirs (Communautés et Régions) la gestion de nombreuses matières (enseignement, tutelles des communes, politique économique...) une donnée devient incontournable, les recettes de l’État doivent progresser [3]. Le couplement du budget de l’État à celui de la sécurité sociale, un nouveau volet fiscal et une privatisation rampante viendront compléter le dispositif.

Cette nouvelle politique n’est pas le cheval de bataille de la droite conservatrice, ni des libéraux. Ceux-là sont davantage partisans d’un assainissement budgétaire « jusqu’à l’os » et d’une politique de privatisation radicale [4]. Par contre, dans les milieux sociaux-démocrates ou démocrates-chrétiens, l’idée qu’une hausse des recettes (donc de la fiscalité) a fait son chemin [5]. Les arguments ne manquent pas pour plaider un « effort fiscal des plus favorisés » pour redonner des moyens à l’État, aux services publics.

Simultanément à ce débat budgétaire, il y va aussi de la nécessité de retrouver une certaine image, une certaine crédibilité pour l’action publique.
Mais, ce n’est pas dans cette voie que s’engage la nouvelle politique budgétaire et sociale. Pour mesurer les enjeux des décisions qui risquent d’être prises sous couvert de ce fameux pacte fiscal-social, il est utile de dresser un état des lieux.
L’impôt des sociétés

Les comptes nationaux montrent que si en 1981, le rapport entre le total des bénéfices déclarés et l’impôt des sociétés effectivement payé était de 67 %, celui-ci est devenu en 1989 de 28 % [6]. Autrement dit, plus la somme des bénéfices augmente, moins l’État touche d’impôt sur ces bénéfices. Cette situation est le résultat du soutien accordé par l’État à l’amélioration des marges bénéficiaires. La part que les entreprises peuvent déduire de leurs bénéfices avant impôt n’a cessé d’augmenter : entre 1982 et 1989, les déductions fiscales sont passées de 106 milliards à 319 milliards. Le transfert de bénéfices vers les réserves immunisées (sans tenir compte des banques et des assurances) est passé de 9,3 milliards à 28,6 milliards. En 1982 (sous Martens-Gol) le taux d’imposition effectif pour les sociétés était de 37,5%. En 1987 (début de Martens-Moureaux) il était encore de 31,2% et il est passé à 25 % en 1989 !

 

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03/07/2010

Crise financière, les six étapes d’un désastre

(Extrait de "LEMONDEDIPLOMATIQUE")

Des subprimes à l’effondrement des dominos européens
Crise financière, les six étapes d’un désastre


L’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé, mardi 27 avril, la dette souveraine grecque au rang d’obligation douteuse, et abaissé celle du Portugal. Le lendemain, l’Espagne entrait dans le collimateur – à qui le tour ?

Dans les trois cas, l’agence dit fonder son appréciation sur les perspectives macroéconomique des pays concernés : une croissance faible ne leur permettrait pas d’acquitter leurs engagements. Mais quels facteurs assombrissent ainsi leur horizon économique ? On peut facilement identifier l’un d’entre eux : les coupes budgétaires mises en œuvre sous la pression… des investisseurs et des agences de notation.

La boucle est ainsi bouclée. Avec le recul, les pièces éparses des krachs économiques à répétition survenus ces trois dernières années composent peu à peu le thème d’un puzzle bien connu. Son cadre : la vague de déréglementation financière des années 1980. Son nom : à crise de marché, remèdes de marché.

Première étape : en 2007 les ménages américains, dont les revenus stagnent, notamment sous l’effet de la concurrence internationale, se trouvent dans l’incapacité de rembourser des prêts immobiliers attribués sans souci de garantie par les banques saisies d’ivresse. Depuis l’éclatement de la « bulle Internet » en 2000, la Réserve fédérale américaine maintient en effet des taux d’intérêts très bas, favorisant l’aventurisme des investisseurs.

Deuxième étape : en septembre 2008, la crise des subprime dégénère en crise bancaire, les bilans des établissements financiers se révélant farcis de crédits immobiliers insolvables ventilés aux quatre coins de la planète dans des produits financiers sophistiqués. Lehman Brothers chute ; la panique gagne ; les banques cessent d’accorder du crédit : l’économie est au bord de l’asphyxie.

Troisième étape : plutôt que de placer l’intégralité d’un secteur financier failli sous contrôle public, les gouvernements acceptent de le renflouer en l’état. Les Etats s’endettent hors de proportion pour sauver les banques et relancer l’économie. Mais, après vingt ans de baisse continue de la fiscalité, les recettes ne suivent pas. Entre la fin de l’année 2008 et le milieu de l’année 2009, la crise de la finance privée se convertit en gonflement de la dette publique et en crise sociale. Dans les pays occidentaux, le chômage grimpe en flèche.

Quatrième étape. Requinqués par l’afflux d’argent public et la remontée des Bourses, stimulés par des taux d’intérêts quasi-nuls, banques et fonds d’investissements reprennent leurs affaires ordinaires. Pendant la tourmente boursière, beaucoup ont reporté leurs avoirs du marché actions (perçu comme incertain) vers celui des dettes publiques (réputé sûr). Mais celles-ci enflent dangereusement et ne servent qu’un faible taux d’intérêt. Le faire monter : telle est la conséquence de « l’attaque » spéculative sur la dette souveraine des pays « périphériques » de l’Europe entamée après la révélation du maquillage des déficits grecs – carambouille effectuée avec l’aide de la banque d’affaires Goldman Sachs.

Cinquième étape. Dès lors que les puissances publiques se refusent à stopper la spéculation par la loi et par une aide immédiate à la Grèce, un cercle vicieux s’enclenche : il faut emprunter pour payer la dette ; réduire ses déficits pour emprunter ; tailler dans les dépenses publiques pour réduire les déficits ; abaisser les salaires, les prestations sociales et « réformer » les retraites pour réduire les dépenses publiques. Autant de mesures qui appauvrissent les ménages, obscurcissent les perspectives économiques et incitent les agences de notation à dégrader les titres de la dette souveraine…

D’abord présentée aux Etats, la facture adressée par les banques pour le prix de leur propre impéritie échoit alors à son destinataire final : les salariés.

Sixième étape. L’effondrement des dominos européens. Nous y sommes. Miroir de la désunion européenne, le plan d’aide à la Grèce entériné le 11 avril tente tardivement de concilier tous les antagonismes : l’intervention du Fonds monétaire international (FMI) avec le sauvetage des apparences communautaires ; la mise sous tutelle d’Athènes et le principe de souveraineté nationale ; l’intérêt bien compris des banques françaises et allemandes, lourdement exposées à la dette grecque, et le Traité de fonctionnement de l’Union européenne, qui interdit la solidarité financière avec un Etat membre (articles 123 et 125) ; le montant des prêts initialement prévus (45 milliards d’euros, dont 15 par le FMI) et les sommes désormais jugées nécessaires pour endiguer l’activité spéculative (deux, voire trois fois supérieures) ; le modèle économique rhénan qui comprime les salaires pour dilater les exportations, et les balances commerciales négatives de ses voisins ; l’agenda politique de la chancelière allemande Angela Merkel, confrontée à un important scrutin régional le 9 mai, et celui des dirigeants des pays les plus endettés qui voient l’orage spéculatif aborder leurs rivages.

En vertu de cet arrangement, la Grèce pourra emprunter à des taux moins élevés que ceux du marché (mais infiniment plus que ceux, pratiquement nuls, associés aux sommes débloquées sans limite par la Banque centrale européenne en faveur d’établissements privés en 2008 et 2009). Elle devra en contrepartie réduire de 5, voire de 6 points, un déficit budgétaire estimé à 14 % du produit intérieur brut. Une saignée violente, opérée prioritairement dans les budgets sociaux, mais déjà insuffisante aux yeux Berlin. Moins de dix jours après son annonce, les cortèges hostiles se succédaient dans les rues d’Athènes, le spectre du défaut de paiement planait sur l’Acropole, la crise de la dette souveraine gagnait la péninsule ibérique et les rumeurs d’éclatement de la zone euro se propageaient.

Faite d’improvisation, de crainte et de résignation face aux impositions de la finance, la réaction des Etats, des institutions européennes et du FMI se caractérise par l’absence de stratégie d’ensemble : on se contente de répercuter la contrainte des marchés tout en jurant d’y résister. Elle incite les pays membres à se démarquer mutuellement dans l’espoir d’échapper aux paris des investisseurs. Une fois les « partenaires » placés en situation de concurrence, c’est à qui exhibera le plan d’austérité le plus drastique. A Lisbonne comme à Athènes, à Dublin comme à Madrid, résonne un mot d’ordre unique : « rassurer les marchés » – un an auparavant, les dirigeants du G20 promettaient de les dompter. Au fond, la dynamique réfracte involontairement la logique réelle de l’Union européenne, promise à tous comme un espace de solidarité et finalement livrée au dumping social, salarial, fiscal et maintenant spéculatif… D’autres solutions s’offraient pourtant au choix des gouvernants.

Comme la mer qui se retire, la crise découvre la fragilité d’une construction qui, depuis son origine, repose sur un pari : l’union douanière et monétaire entraînera l’union politique et populaire. C’est peu dire qu’il est perdu.

Pierre Rimbert

29/06/2010

La fiscalité belge sur le travail parmi les plus élevées

(Extrait de "LALIBRE.BE") 28/06/2010.

pict_241825L'imposition du travail en Belgique reste l'une des plus élevée de l'Union européenne, selon le dernier rapport d'Eurostat relatif à la fiscalité en Europe.

Le taux d'imposition implicite du travail, qui fournit une mesure globale de la charge fiscale pesant sur les revenus du travail, a enregistré une baisse d'un point entre 2000 et 2008 (de 43,6% à 42,6%). Dans la zone euro, la baisse est un peu plus importante (de 35,8% à 34,2%).

L'écart s'est donc encore creusé entre la Belgique et les autres pays de la zone euro au cours de la dernière décennie. La Belgique est d'ailleurs le pays de la zone euro où la pression fiscale sur le travail est la plus élevée, derrière l'Italie (42,8%).

La taxation du capital est également plus élevée en Belgique qu'en moyenne dans la zone euro. A 32,7% en 2008, le taux de taxation implicite du capital a progressé de plus de trois points depuis 2000. Ici aussi, la Belgique a creusé l'écart avec les pays voisins, puisque le taux moyen a progressé dans une moindre mesure, de 25,1% à 26,1% dans la zone euro.

Les taux d'imposition implicites expriment les recettes fiscales cumulées, en pourcentage de la base d'imposition potentielle pour chaque domaine.

07:10 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

31/05/2010

Appel : Pour une mobilisation européenne contre la dictature des créanciers

Appel : Pour une mobilisation européenne contre la dictature des créanciers
(Extrait de CADTM)


CADTM GrèceDepuis des mois, des manifestations ont lieu en Grèce pour s’opposer au plan d’austérité que le gouvernement, les dirigeants européens et le Fonds monétaire international ont décidé d’imposer au peuple grec. Aujourd’hui, la direction du pays n’appartient plus à ses élus mais est placée sous la tutelle du FMI et des institutions européennes échappant à tout contrôle démocratique.
Plusieurs grèves générales ont déjà eu lieu à l’appel de l’ensemble des syndicats et des partis politiques de gauche depuis le début de l’année 2010.
Cette lutte exemplaire fait écho à celles des peuples d’Europe orientale (Roumanie, Hongrie, Lettonie...), à celles des autres pays des Balkans (Bosnie...), d’Irlande et récemment d’Islande confrontés à des plans d’austérité similaires.

Les peuples de tous les pays d’Europe ont été, sont ou seront concernés par ces attaques qui veulent faire payer aux salariés, aux retraités, aux chômeurs, les effets d’une crise profonde dont ils ne sont en rien responsables.
En effet, ce sont les ‘marchés financiers’ (banques, assurances, fonds de pensions...) qui, par leurs pratiques spéculatives au service des actionnaires et des rentiers, sont responsables de cette crise financière qui prend pour cible la dette publique des pays.

D’où vient cette dette publique ?

Elle est principalement le fruit des politiques fiscales favorables aux individus les plus riches et aux grandes entreprises. La baisse des recettes que ces cadeaux aux riches ont entraînée a amené les gouvernements à financer par l’emprunt une partie croissante du budget. Plus récemment, la baisse d’activité économique a entraîné une réduction des recettes fiscales. Enfin, la mise en place des plans de sauvetage des banques a aggravé encore davantage les déficits publics sans que les pouvoirs publics n’en profitent pour prendre le contrôle du secteur financier afin d’en changer les pratiques.

Qu’a-t-elle financé ?

La dette publique des Etats n’a pas servi à financer des créations d’emplois, des améliorations des services publics et des infrastructures, elle a seulement servi à sauver la mise des coupables et à combler les déficits budgétaires ainsi provoqués.

Qui en profite ?

Ce sont justement ceux qui ont déjà bénéficié des réductions d’impôts (les ménages les plus riches), les banques et les grandes entreprises qui, dans le même temps, spéculent sur les titres de la dette publique et empochent les intérêts des obligations d’Etat. C’est ainsi une double récompense pour les fautifs.

Qui va payer ?

Mais c’est une double peine pour les victimes ! Ce sont les populations pauvres, ceux et celles qui vivent de leur travail qu’on veut pressurer aujourd’hui pour voler au secours des profiteurs de la dette :

• Baisse des salaires et des retraites,

• Casse de la protection sociale,

• Destruction des services publics,

• Remise en cause du droit du travail,

• Augmentation de la fiscalité sur la consommation, notamment la TVA.

Non seulement ces plans d’austérité ne règleront en rien les causes réelles de la crise, mais ils vont plonger des millions d’êtres humains dans la misère et la précarité.

Le réseau CADTM-Europe appelle l’ensemble des forces politiques, syndicales et associatives, à organiser dans l’unité, à l’échelle nationale et européenne, les mobilisations nécessaires pour s’opposer à ces attaques concertées contre les peuples d’Europe.

Refusons de payer leur crise. Préparons un vaste mouvement social contre la dette et les causes de cette crise !

Au lieu de ces plans d’austérité, il faut s’attaquer à la racine du problème :

• En expropriant les banques pour les transférer au secteur public sous contrôle citoyen

• En réalisant un moratoire unilatéral (sans accumulation d’intérêts de retard) sur le paiement de la dette le temps de réaliser un audit (avec participation citoyenne) des emprunts publics. Sur la base des résultats de l’audit, il s’agira d’annuler la dette illégitime.

• En instaurant une véritable justice fiscale et une juste redistribution de la richesse

• En luttant contre la fraude fiscale massive dont sont responsables les grandes entreprises et les plus riches

• En remettant au pas les marchés financiers, par la création d’un registre des propriétaires de titres, par l’interdiction des ventes à découvert...

• En réduisant radicalement le temps de travail pour créer des emplois tout en maintenant les salaires et les retraites

• En socialisant les nombreuses entreprises et services privatisés au cours des 30 dernières années.

Créons une vaste mobilisation populaire dépassant les frontières car il faut faire converger les luttes locales sur le plan international pour venir à bout des politiques de régression sociale.

19/03/2010

Les dessous des licenciements de Carrefour en Belgique

Les dessous des licenciements de Carrefour en Belgique
Bernard, Ferrara & Pestieau (Article extrait du site de Michel Collon

arnaultCarrefour a annoncé le licenciement de 1 672 personnes et menace l’emploi d’au moins 3 000 autres. Les syndicats refusent le changement de commission paritaire, la fermeture ou la franchisation des magasins et réclament le maintien des 15 000 emplois dans un groupe intégré. Solidaire a enquêté et retrouvé les chiffres qui révèlent une stratégie et une situation financière pas si moche que ça pour les actionnaires. Avec, à la manoeuvre, Bernard Arnault « LVMH », deuxième fortune de France.




Carrefour veut-il quitter la Belgique ?


La question est sur beaucoup de lèvres depuis l’annonce du plan ce 23 février : Carrefour veut-il vraiment rester en Belgique ? Et à quelles conditions ? Les travailleurs de Carrefour retiennent leur souffle.Le pouvoir d’achat de la population diminue. Chaque semaine, vous vous en rendez compte quand vous passez à la caisse de votre supermarché. Le gâteau à partager entre les géants de la distribution est donc plus petit, et chacun y va de sa stratégie pour garder au moins sa part de marché.     Le 30 juin 2009, Carrefour a tenu à Paris une journée investisseurs consacrée à la mise en œuvre de son plan de transformation. Objectif : « être le commerçant préféré » La Belgique, avec la France, l’Italie et l’Espagne fait partie du «G4» des plans d’avenir de Carrefour. Le G4 constitue un des piliers de la stratégie de développement de Carrefour. 


Extrait de l’introduction à la journée : « A l’horizon 2012, le groupe attend des gains totalisant 4,5 milliards d’euros, principalement centrés sur la France, l’Espagne, l’Italie et la Belgique. Pour y arriver, il faut des économies pour 3,1 milliards d’euros par la refonte du modèle de fonctionnement. » 


La Belgique fait donc partie des plans d’avenir de Carrefour. Mais sous quelle forme ? Vous aurez compris que la « refonte du modèle de fonctionnement » veut dire modification des pratiques commerciales et diminution de la masse salariale.

 
Vendre « Carrefour » à toutes les étapes


Carrefour veut rester en Belgique et compte augmenter son bénéfice, notamment en agissant comme le fournisseur en titre de tous les magasins de l’enseigne et en élargissant le nombre de franchisés (magasins ayant l’enseigne Carrefour mais géré par des indépendants). C’est en analysant cette stratégie dans son ensemble qu’on découvre comment Carrefour pompe de l’argent de ses magasins en Blegique pour les rapatrier dans les coffres de ses actionnaires.


D’abord, le groupe a décidé de mettre l’accent sur la promotion de ses propres marques. C’est ce qui lui rapporte le plus. Par exemple. Carrefour fait fabriquer du beurre sous la marque “Carrefour”. Elle vend le beurre à son magasin qui le revend avec bénéfice. Tout cela est inscrit dans la comptabilité du magasin. Carrefour au niveau central comptabilise des bénéfices au niveau de la première vente et ensuite de la vente en magasin. Le profit que le magasin va pouvoir faire va largement dépendre du prix d’achat à la centrale. Si le prix d’achat à la centrale est plus cher, le magasin aura moins de marge de profit. Mais Carrefour fait du profit de toute façon. Le magasin peut même être en perte, Carrefour encaisse quand même du bénéfice grâce à ce magasin. Le problème de Carrefour n’est pas le manque de profit mais la volonté d’en faire plus. Cela peut expliquer pourquoi certains magasins font des pertes alors que les travailleurs se sont donnés à fond pour les faire marcher. Il est possible que l’écriture comptable d’un magasin affiche une perte, mais ce qui est sûr, c’est que Carrefour fait plus de 300 millions d’euros de profit. Pour le reste, il peut arranger les comptes pour mettre la pression, pour payer moins d’impôts, etc.


Autre formule, qui permet encore plus de gain, la franchise. Un indépendant investit pour ouvrir une superette et passe un contrat de franchise avec Carrefour. C’est-à-dire qu’il s’engage à vendre les produits que lui fournit Carrefour. Si son commerce marche bien, tant mieux. Si ça ne marche pas, il fait faillite, mais Carrefour est de toute façon gagnant. Dans ce genre de magasins, les conditions de salaire et de travail sont largement inférieures à celles des hypermarchés Carrefour. C’est la formule qui a la préférence du groupe en Belgique. Car si la marge générale chez Carrefour est de 4% dans la vente, la franchise tourne autour des 20% si on additionne la marge sur la vente des produits aux franchisés, la location immobilière et l’apport en capital du franchisé. C’est pas mal, et ça permet de ne pas devoir « se farcir les inconvénients » : investissements, syndicats, etc...

 
Carrefour et Mestdagh : l’œuf et la poule


Lors de l’annonce du plan de restructuration, la direction de Carrefour a parlé de l’éventualité de céder 20 magasins au groupe Mestdagh. Pourquoi ? Retournons un peu en arrière.


En 1995, le groupe familial Mestdagh s’allie au groupe français Promodes, propriétaire de la marque Champion, qui prend 25% des parts. En 1996, c’est l’ouverture du premier «  Champion » en Belgique. En 1999, Carrefour fusionne avec Promodes et reprend donc la participation de 25% dans Mestdagh. En  France, tous les Champion deviendront Carrefour Market. En Belgique, ils restent sous l’enseigne Champion. Le groupe Mestdagh-Champion développe les magasins de proximité, seul secteur encore en hausse actuellement en Belgique. Carrefour lui a confié le monopole d’exploitation de sa marque Champion pour la Belgique. Mestdagh se fournit chez Carrefour : les deux enseignes ont conclu un accord de partenariat, un millier de produits vendus chez Champion sont labellisés Carrefour. Une reprise de certains magasins Carrefour par Mestdagh est donc très intéressante pour Carrefour, c’est l’assurance de la prolongation du partenariat. Et c’est un peu l’histoire de l’œuf et de la poule : puisque Carrefour possède 25% de Mestdagh, s’il lui vend des magasins, il les vend un peu à lui-même. Opération tout bénéfice : Carrefour empoche les aides de l’état pour le plan social et continue à encaisser les bénéfices grâce à ses 25% chez Mestdagh. Carrefour est assuré de contrôler les prix des fournitures à Champion et les travailleurs qui passent chez Mestdagh se retrouvent d’office dans la commission paritaire 202, beaucoup moins avantageuse que l’actuelle commission paritaire de Carrefour.

 
Bernard Arnault, l’homme qui se cache derrière les licenciements


Il y a deux ans, Bernard Arnault, la deuxième fortune de France, ami intime de Sarkozy, débarque dans l’actionnariat de Carrefour. Pour ce milliardaire, Carrefour doit rapporter plus. Quitte à sabrer dans l’emploi.L’actionnaire principal de Carrefour, Bernard Arnault possède 14,5 milliards d’euros. C’est la deuxième fortune de France. Combien d’années doit travailler une caissière pour posséder autant ? Plus de 800 000 années de travail en laissant 1500 euros de côté chaque mois!


Dans la distribution, le rendement est en général faible mais stable. Autrement dit, si l’action rapporte peu, elle rapporte sûrement, car les gens devront toujours faire leurs achats de base (alimentation, vêtements,…). Cela intéresse donc beaucoup de petits actionnaires. Mais on rencontre aussi quelques requins de la finance chez Carrefour. Solidaire (25 février) vous a déjà présenté Robert Halley, 11e fortune de France et Jacques Badin, domicilié en Belgique pour échapper à l’impôt français sur la fortune. Depuis mars 2008, le premier actionnaire est le groupe de Bernard Arnault, qui, à travers les fonds Blue Capital et Colony Capital, détient 11 % des parts. Arnault c’est aussi, pour ceux qui ne le savent pas, le groupe LVMH, leader mondial de l’industrie du luxe (Luis Vuitton, champagne Moet et Chandon, parfums Christian Dior,…). Personnellement, il possède 14,5 milliards d’euros. D’après le magazine Challenges, il est la deuxième fortune de France, juste derrière les Mulliez, propriétaires du groupe Auchan (tiens, aussi la grande distribution). Le Monde diplomatique (août 2008) révèle que son salaire chez Carrefour est de 3 millions d’euros, et qu’il a touché 335 millions d’euros de dividendes en 2007. De plus, il a perçu en tant que dirigeant de LVMH 4 millions d’euros en 2008, ce qui fait de lui le deuxième patron le mieux payé de France.

    Un investisseur comme Arnault espère un rendement beaucoup plus élevé et rapide. Ce qui explique la nouvelle stratégie de Carrefour, axée sur une diminution des coûts, d’une part, et une expansion là où ça rapporte le plus d’autre part. C’est pourquoi ils ont engagé comme PDG Lars Olofsson, ancien dirigeant du groupe agroalimentaire suisse Nestlé, le qualifiant de « professionnel ayant une connaissance intime du marketing, des produits de marques » (La Libre, 25 février).

 
Deuxième au monde, derrière Wal-Mart


« Malgré une grosse restructuration en 2007, Carrefour continue à perdre de l’argent », affirme la direction pour justifier la fermeture de 21 magasins. Mais le groupe Carrefour est-il si mal en point qu’il le prétend ?

En quarante ans, le groupe Carrefour est en fait devenu un leader de la distribution dans le monde. Il est le deuxième mondial, derrière le groupe nord-américain Wal-Mart, et premier en Europe. Actuellement, près de la moitié du chiffre d’affaire (44%) se fait en France, 37% en Europe (hors France), 12% en Amérique et 7% en Asie.


Il a fait 1,2 milliard d’euros de bénéfice net en 2008 et 327 millions d’euros en 2009. Même s’il diminue, le profit est toujours bien là. Le groupe est bien sûr coté en Bourse. Les comptes d’une multinationale (comme dans l’automobile) sont établis en fonction des objectifs du groupe. Les seuls chiffres qui sont « réels » sont ceux du groupe. Ce sont donc les chiffres de l’ensemble qu’il faut bien examiner pour pouvoir en tirer des conclusions. Car comme on l’a vu avec l’exemple du beurre (voir ci-dessus) il y a bien souvent des transferts de profits des filiales vers le groupe...

    Dans le monde entier, presque 500 000 personnes travaillent pour Carrefour, ce qui fait du groupe le 7e employeur mondial. Dans notre pays, le groupe représente 15 000 emplois ce qui fait de Carrefour le 4e employeur belge, derrière La Poste, la SNCB et Randstad. Les 15 000 travailleurs de Belgique ont réalisé ensemble un chiffre d’affaires commercial de 5,2 milliards d’euros en 2008 et 66 millions de bénéfice. Mais le centre de coordination de Carrefour a fait 391 millions d’euros de profit.

 

14:17 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/02/2010

Crise économique: le pourquoi du comment


Jo Cottenier (Article original: source: "INVESTIG'ACTION"

capitalismecriseIl y a peu, des journalistes économiques ont vu « les premiers signes de rétablissement ». Mais, les bourses dégringolent à nouveau. Et ensuite ?


INTERVIEW: RUBEN RAMBOER

Fin 2008, on pensait la crise actuelle comparable à celle des années 30. Depuis peu, on parle de « vive relance économique ». Et, aujourd’hui, les économistes parlent de « double creux de vague », d’une nouvelle récession à cause des dettes des États. Qu’en est-il ?

Le capitalisme a perdu le nord. En septembre 2008, éclatement de la crise des banques et du crédit, tout le système financier s’effondre. Comme en 1929, c’était le signal de départ d’une crise profonde et sans doute longue de l’économie réelle. Fin 2009, les économistes et hommes politiques annonçent une reprise :nous, nous pensions qu’elle serait de courte durée. Aujourd’hui,c’est évident; l’État a guéri le système financier et, maintenant, c’est lui qui est gravement malade. Les marchés financiers doutent que les États puissent rembourser leurs dettes et les obligent à des efforts budgétaires extrêmes qui à leur tour hypothèquent la croissance. Ils ont aussi entamé une vague de spéculation contre quelques pays comme la Grèce, l’Espagne et le Portugal pour les forcer à faire des efforts budgétaires et l’Union européenne (UE), elle aussi, impose des économies pour sauver l’euro. Au total, cette grosse vague d’économies va à son tour hypothéquer la fragile reprise. Et cette crainte du « deuxième creux de la vague » deviendra peut-être réalité.

Pourquoi une crise économique a-t-elle suivi une crise financière ?

En fait, c’est l’inverse.

Comment ça ?

La cause est à chercher dans la sphère de la production. À la base de toute crise, il y a un problème de surproduction. Le capitalisme, veut toujours s’accaparer les parts de marché des concurrents en produisant à meilleur marché. Ce n’est possible qu’en comprimant les coûts de production ou avec moins de main-d’œuvre, plus de machines. Inévitablement, on coupe dans le pouvoir d’achat. Ainsi naît une contradiction entre une capacité de production en hausse et un pouvoir d’achat en baisse à l’échelle mondiale. On crée une surproduction.

Pendant un temps, le crédit et la spéculation peuvent créer une demande artificielle et camoufler la crise dans la sphère de production. Mais quand le fossé entre le rêve et réalité devient trop large, les bulles financières explosent. Ceux qui prétendent qu’il ne s’agit que d’une crise financière ne vont pas au cœur du problème. Si on considère cela à plus long terme, nous voyons qu’il y a eu surcapacité et surproduction depuis la crise économique des années 1970. Et, par conséquent, le capital entame maintenant une grande « période d’assainissement », avec une destruction massive de capacité.


À partir de la fin 2009, on croyait que l’économie sortait du gouffre. La croissance économique est même redevenue positive ?

On a fait beaucoup de bruit autour de la résurrection, mais c’est surtout du blabla visant à restaurer la confiance.

Il y a eu une légère reprise en raison des plans de relance. Partout dans le monde, les gouvernements ont injecté de l’argent dans l’économie pour stimuler la demande : 800 milliards aux États-Unis, 500 milliards en Chine, 200 milliards dans l’Union européenne. Le plan allemand des vieux fers, par exemple, a stimulé la demande d’automobiles.

Mais la plupart de ces plans arrivent à leur fin et cela n’a rien d’une vraie résurrection. Celle-ci doit venir d’une réelle augmentation de la demande de marchandises et de services. Et cette demande n’existe pas. Le chômage augmente très rapidement et le pouvoir d’achat baisse. Les paiements en souffrance augmentent. Les gens sont inquiets pour l’avenir et ils économisent.


Qu’est-ce qui rend cette crise si exceptionnelle ?

Le capitalisme fonce dans une impasse et il ne trouve pas d’issue. Dans aucun secteur, il ne pointe une réelle restauration de la demande.Le secteur industriel est dans l’impasse : pas de nouveaux investissements, mais des restructurations et des licenciements, ce qui fait encore baisse le pouvoir d’achat de la population. Pendant un temps, la crise a été compensée grâce à l’emplâtre du chômage économique, mais, maintenant, nous en sommes vraiment à la phase de l’amputation. Dans le monde entier, on voit les grands monopoles utiliser la crise pour « assainir ». Le superflu doit disparaître pour pouvoir repartir avec un appareil dégraissé mais rentable. Les licenciements tombent non seulement dans les entreprises déficitaires, mais aussi dans les bénéficiaires, comme AB InBev ou encore DHL à l’aéroport. Entre faillites et reprises, les plus faibles disparaissent et les plus forts se renforcent.

Le secteur du crédit lèche ses plaies et veut accroître encore ses bénéfices. Les difficultés d’une partie de l’industrie menacent à leur tour les banques car les entreprises en faillite ne remboursent pas leurs dettes. De ce fait, les banques sont très avares dans leur crédit à l’industrie. Et, vu les dettes des gouvernements, on ne doit pas s’attendre à plus de largesse de ce côté-là.

Le capitalisme cherche de nouveaux débouchés pour croître à nouveau. L’économie verte ne peut-elle devenir le moteur d’une reprise réelle de la demande ?

C’est le deus ex machina actuellement : l’économie verte comme solution à la crise écologique et économique. À peu près tous les partis politiques, ainsi que les institutions internationales comme les Nations unies, se passionnent pour le Green Deal : donner un coup de pouce au capital afin qu’il produise durable et vert et, du coup, l’économie déniche une nouvelle locomotive. Mais c’est loin d’être aussi simple que ça.

Pourquoi pas ?

Personne ne niera que le passage à une économie durable et pauvre en carbone comporte un bouleversement phénoménal du mode de production. Pour réduire les émissions de CO2 de 30 à 40 % en 2020 et de 95 % en 2050, une réorientation gigantesque de l’économie est nécessaire. Ce sont des perspectives pour une relance, mais il ne faut rien exagérer.

Jusqu’à présent, l’emploi dans l’industrie verte est limité. L’éco-industrie et les éco-services représentent 2,2 % du PIB des 25 pays de l’Union européenne (UE). Les emplois verts sont souvent simplement le remplacement d’emplois disparus dans d’autres secteurs. Le syndicat européen a fait une étude et prévoit, par l’éco-industrie, une croissance de l’emploi de 1 à 2 %.


L’écologique, ça rapporte ?

Jouets, shampooing, panneaux solaires… Ce que produit le capitaliste et comment il le produit dépend des possibilités de profit. Le capitaliste se fout des problèmes climatiques de l’avenir. Ce qui l’intéresse, c’est le profit maintenant. Bien sûr, certains se rendent compte qu’en prenant des risques, ils s’accapareront peut-être le marché demain. Ainsi, on assiste à un certain rush du capital vers les « niches » du capitalisme vert : éoliennes, cellules solaires, voiture électrique, instruments en vue d’économiser l’énergie.

Mais sur le plan écologique, on reste loin en dessous des possibilités et besoins, car la chasse au profit est parfois un stimulant, mais peut aussi être un frein. Les inventions technologiques sont aux mains de monopoles privés et les brevets, cachés aux concurrents. La question n’est donc abordée de façon globale et efficace. Si le capital lorgne en direction de nouvelles sources d’énergie, il ne choisit pas la plus respectueuse de l’environnement, mais la plus rentable. Aujourd’hui, on reactive des centrales au charbon, vraiment très polluantes, avec la promesse que le CO2 sera stocké dans le sous-sol. Autre exemple, l’exploitation d’énormes gisements de sable bitumeux au Canada, lesquels constituent une très lourde surcharge pour l’environnement.

L’économie verte durable est très risquée pour le capital privé et, sans soutien de l’État, moins rentable que l’économie polluante. Si on ne compte que sur le capital privé pour effectuer le passage, ce passage ne se fera alors qu’au compte-gouttes.


L’État ne doit-il pas encourager d’urgence l’économie verte ?

Dans le monde entier, c’est ce que l’État essaie de faire. La stratégie 2020 de l’UE et des plans fédéraux et régionaux belges aussi. Sous la menace des catastrophes climatiques, de grosses montants des impôts seront transférés vers le capital privé. Une approche erronée car les émissions de CO2 réclame une approche globale et planifiée et ne doit donc surtout pas être géré par les lois du marché et du profit.

D’après les Nations unies, c’est en Chine qu’on trouve l’approche la plus cohérente des problèmes environnementaux. L’emprise de l’État socialiste sur les investissements verts n’y est pas étrangère. Ici, le capital décide presque seul des investissements. Les entreprises ne font du vert que lorsque ça rapporte gros et qu’elles en ont envie. Et encore, elles le font alors l’une à côté de l’autre au lieu de le faire de concert. On peut difficilement parler de cohésion.


Environnement et emploi ne vont pas toujours main dans la main. Des normes environnementales ne sont-elles pas un danger pour le secteur pétrochimique en Flandre et la sidérurgie en Wallonie ?

Lors du sommet de Copenhague, les patrons du secteur pétrochimique flamand ont sorti un manifeste disant que des normes sévères seraient une ruine pour la chimie, le port et l’économie flamande. Ils font du lobbying pour maintenir les normes des émissions le plus bas possible et avoir des réglementations les plus souples. Souvent, ils agitent la menaces de l’emploi. Mais les deux peuvent aller de pair. Une économie pauvre en carbone est parfaitement possible sur le plan technologique. Ce n’est pas un problème technique mais un problème de société. Si on laisse la reconversion au privé, cela ira de pair avec des licenciements, des fermetures et des délocalisations vers des régions où les entreprises pourront encore polluer.

Dans une approche dirigée par l’État, chaque secteur devrait fournir sa quote-part nécessaire. Progressivement, on pourrait évoluer vers une économie durable. Dans ce cas, il faudra bien la planifier et investir dans des entreprises publiques, dans l’éco-secteur et l’énergie. Au lieu de cela, on s’imagine avoir découvert l’œuf de Colomb : le commerce de CO2.


Concernant le climat, on voit aussi le marché comme LA solution ?

Ce commerce des droits d’émission est l’ultime preuve qu’on refile le problème climatique aux mains du marché. Comment cela fonctionne-t-il ? Les États reçoivent des droits d’émission qu’ils ventilent entre leurs industries les plus polluantes. Une aciérie qui a plus rejet qu’elle n’en a le droit peut faire deux choses : assainir ou acheter des droits d’émission auprès d’entreprises qui se situent sous la norme des rejets. Ainsi naît un marché des droits d’émission de CO2, dont le prix est déterminé par l’offre et la demande sur le marché. Pour l’instant, ce prix est très bas car la crise et la production plus faible créent un excédent de droits sur le marché. Les industries très polluantes accèdent ainsi aux droits à très bas prix et peuvent donc continuer à cracher leur CO2 en toute quiétude. C’est bel et bien un frein à une réduction planifiée des rejets.

Ce commerce déplace également le problème car il y s’étend aux pays en voie de développement. On peut aider à limiter les émissions là-bas – ce qui coûte moins – et recevoir en échange des droits d’émission. Et je ne parle pas des phénomènes pervers propres à de nombreux marchés. Et tout cela au détriment d’un problème grave : le réchauffement climatique.


De quels phénomènes pervers voulez-vous parler ?


La spéculation, par exemple. Le commerce des certificats carbone se mue en nouveau marché financier. Les certificats carbone sont comme des actions sur lesquelles on peut spéculer. Certains disent que ça va devenir la nouvelle bulle de savon, que ces certificats vont devenir les nouveaux crédits camelote. Le marché du carbone s’élevait à 125 milliards de dollars en 2008 et l’on prévoierait 3 000 milliards de dollars d’ici 2020.

Les marxistes pensent que le capitalisme est en train de sombrer suite à ses propres contradictions. Toutes ces crises sont-elles un signe fatidique ?

Attention, le capitalisme ne va pas s’effondrer tout seul ! La crise va laisser de lourdes traces et une période de grande incertitude nous attend car les différentes crises se renforcent l’une l’autre : financière, économique, climatique, énergétique, démographique. Ce n’est pas parce qu’il y a crise qu’il ne pourra plus y avoir de périodes de reprise. Le capitalisme cherche toujours des issues, même si, pour cela, des guerres sont nécessaires.

Les rapports de force dans le monde ont changé. La suprématie des États-Unis en a pris un coup, le dollar titube, il y a une redistribution du pouvoir à l’échelle mondiale. Nous l’avons également vu nettement au sommet de Copenhague où la Chine, l’Amérique latine et l’Afrique se sont rebiffées et ne se sont pas soumises à l’agenda de l’Occident. L’évolution de ce changement contribue également à déterminer l’issue de la crise.

C’est la force des travailleurs qui détermine l’avenir de ce système. Un signe d’espoir, en ce sens, c’est que la prise de conscience que ce système doit disparaître et faire place à une économie planifiée. Car, où que l’on se tourne, on voit clairement maintenant les ravages de la chasse au profit, le noyau même du capitalisme.

23/02/2010

Opel Anvers : " jetés comme des vieux débris " !

(Source: "GRESEA", lire l'article original)

gm-schrapt-47-000-jobs-antwerpen-blijft-open_5_460x0Un an après avoir mis dans un plan qu’elle tenait à fermer son usine anversoise, la direction de General Motors confirme officiellement ce choix. Non seulement les 2.377 salariés devraient être licenciées durant l’été 2010, mais 5.700 emplois devraient être perdus dans le reste de l’Europe… sauf si les syndicats parviennent une nouvelle fois à infléchir la décision patronale.

« Nous comprenons pleinement l'impact que cette annonce aura sur nos employés à Anvers, et sur leurs familles, et nous sommes de tout cœur avec eux. »1 Il ne manque pas de toupet le nouveau patron de GM Europe, Nick Reilly. Présentant le nouveau plan de restructuration de la filiale européenne du constructeur américain, il annonce : suppression de 8.300 emplois sur un total actuel de 48.000 et fermeture définitive du site anversois.

2.377 salariés travaillent encore sur celui-ci. Avec la sous-traitance, 5.000 postes seraient menacés dans le nord du pays2 . Les autres usines du groupe ne seraient pas épargnées : les effectifs de Bochum devraient être réduits de 1.800 personnes, Rüsselsheim  de 860, Eisenach de 300, Kaiserlautern (qui fabrique des moteurs) de 300, Saragosse de 900 et Luton de 3703 . En tout, c’est 20% de l’équipement industriel et du personnel de GM Europe dont le conseil d’administration à Detroit veut se débarrasser.

En même temps, des équipes de nuit (un système en 3x8h) seraient introduites à Gliwice en Pologne à la mi-2010 et à Ellesmere Port, près de Liverpool, à la mi-2011. Ce qui, en fait, ne diminuera pas les capacités de 20%, mais bien l’emploi. Le résultat en sera donc une hausse de la productivité. Ainsi, les travailleurs paieront un lourd tribut à ce plan: à la fois en pertes d’emploi et en flexibilité horaire. Sans compter la « modération salariale » que le constructeur essaie d’imposer.

Une pilule difficile à faire passer aux métallurgistes et à leurs délégués. Cela n’empêche pas la direction de se déclarer solidaire du malheur de ces travailleurs qu’elle vient de mettre à la porte. Comme si elle n’avait joué aucun rôle dans la situation de crise que connaît l’entreprise.

Une crise venue d’une autre planète

Pour les dirigeants des firmes automobiles – mais on pourrait retrouver cette même perception chez les responsables politiques ou les médias traditionnels -, la récession est une sorte de cataclysme venu d’ailleurs, une sorte de météorite économique tombée par inadvertance sur la terre. Et cela apporte inévitablement des effets indésirables à ce monde, en fait sur tout le monde, car « on serait tous sur le même bateau ».

Dans le cas présent, on peut même accuser la finance débridée, les Etats-Unis en mal de régulation ou les paradis fiscaux qui accueillent tous ces fonds qui veulent échapper à la surveillance macroéconomique… tout sauf le secteur automobile ou l’industrie manufacturière. L’économie « réelle » (par opposition à la « sphère financière pure ») serait fondamentalement saine.

En fait, comme nous l’avons montré dans un article précédent4 , la situation actuelle du secteur est marquée par une compétition intense entre constructeurs. Ce qui a pour effet que les entreprises construisent de nouvelles unités pour conquérir de nouveaux marchés, que ce soit géographiquement (l’Europe de l’Est, la Russie, les pays dits « émergents ») ou industriellement (auparavant monospaces, vans, 4x4 ; aujourd’hui véhicules hybrides, électriques, minis). Sans voir que les rivaux pratiquent de même : tout le monde se rue donc sur la Russie5 quasi en même temps pour profiter de ces ventes jugées très lucratives.

Le problème est que le marché est nécessairement limité par les revenus disponibles des ménages et ceux-ci n’augmentent pas à la vitesse à laquelle les nouvelles installations sont mises en place. Pour saturer cet équipement, les firmes se lancent dans une bataille de prix6 et donc de coûts : il faut pouvoir produire aux moindres frais pour pouvoir tenir la bataille. Il y a ceux qui peuvent et ceux qui se retrouvent rapidement en difficultés.

C’est cette guerre qui se transforme en crise économique. Parce que les premiers deviennent de plus en plus agressifs pour arracher des parts de marché et que tous limitent les engagements de personnel pour être encore plus productifs. Comme cela ne se passe pas que dans le secteur automobile, mais partout dans l’économie, la production de marchandises devient excédentaire par rapport à ce que les citoyens peuvent acheter en fonction de leurs revenus.

Il suffit d’un événement, d’une étincelle pour allumer le baril de poudre. Aujourd’hui, ce fut les problèmes des subprimes. Cela aurait pu être autre chose. En Europe (pour les dix-huit pays occidentaux), le niveau des ventes atteint un maximum de 15 millions de voitures particulières vendues en 1999. Depuis lors, il se situe sous cette barre. Même avec l’Est, le marché s’établit à 16 millions de voitures en 2007, mais à seulement 14,5 millions en 20097 . Même situation aux Etats-Unis : les ventes de voitures particulières et véhicules utilitaires légers (vans, 4x4, etc.) ont atteint leur sommet en 2000 avec 17,3 millions d’automobiles écoulées ; depuis lors, c’est la baisse et la chute depuis 2007 ; en 2009, les constructeurs fournissent à leurs clients autant de véhicules qu’en… 19688 . Au Japon, c’est pire encore, puisque les ventes ont culminé en 1990 à 7,8 millions de véhicules9 et qu’en 2009 elles sont tombées à 4,6 millions.

Ce ne sont ni les subprimes, ni la finance qui peuvent expliquer cette situation. Ce sont des éléments déclencheurs, mais nullement explicatifs. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

En outre, dans ce contexte, General Motors a pris des décisions désastreuses depuis des années. Confrontée aux premiers effets de la crise dans les années 70 et à la concurrence japonaise sur le marché américain, la direction du constructeur a réagi tardivement. Elle n’a pas restructuré rapidement ses activités comme ont dû le faire Chrysler (en faillite en 1979) et Ford. Le PDG des années 80, Roger Smith – celui qui est dénoncé dans le premier documentaire de Michael Moore, « Roger and Me » - a lancé un vaste programme d’innovations technologiques qui se sont avérées autant de catastrophes, parce que la technologie (comme frais fixes) coûte d’autant plus que l’entreprise ne vend pas ses produits. Résultat : la firme qui avait encore une part de marché aux Etats-Unis de 46% en 1978 va voir celle-ci fondre inexorablement à 35% en 1987, à 28% en 2003 et à peine 20% en 200910 . Sur ce plan, la mise en faillite ne va pas redorer le blason de l’ancien numéro un du secteur.

Ce sont les travailleurs qui ont surtout fait les frais de cette déplorable gestion. C’est ce que montre le tableau suivant qui reprend l’évolution du personnel travaillant dans le secteur automobile pour General Motors en Amérique du Nord et en Europe. Pour conserver une base comparable, nous sommes remontés à 1995.

......... Lire la suite de l'article.......

09:00 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : exploitation, opel, licenciements, economie, capitalisme |  Facebook |

17/01/2010

LA PROCHAINE CATASTROPHE ECONOMIQUE!

(Article issu du site de G. Dutron, via le blog "syndicats")

L’ancien économiste en chef du Fonds Monétaire International annonce une énorme catastrophe

C’est sûrement ce qu’il voulait, c’est réussi ! Nous ne disons pas autre chose sur ce blog depuis 18 mois !

Mais là, c’est une « autorité reconnue ! Le 7 janvier, Simon Johnson donnait  son analyse de la crise économique et financière à la chaîne CNBC : voir la vidéo… http://www.youtube.com/watch?v=RLKuXwisOrc&feature=pl...

Que dit l’ancien chef économiste du FMI ?

-      Que nous ne sommes qu’au début de la crise,

-      Que nous allons connaître « une énorme catastrophe,

-      Que le système financier américain repose totalement sur la croyance que l’Etat le sauvera indéfiniment,

-      Que les grosses banques (“too big to fail”) se sentant à l’abri d’une faillite,

-      Qu’elles se remettent à prendre des risques insensés,

-      Que, tôt ou tard, ces risques conduiront à une nouvelle crise financière.

Laissons parler Simon Johnson :

-      Notre système financier est entièrement basé sur la dénégation de la morale. Des choses folles peuvent désormais arriver“. ..

-      Nous sommes en train de créer les conditions d’une énorme catastrophe [...] La crise en est à son tout début“. ..

- La sagesse financière traditionnelle dit que deux crises financières majeures ne peuvent se succéder. Je pense que nous allons voir le contraire se produire, nous verrons bien jusqu’à quel point cette supposition est vraie…

-

Conclusion de Johnson, les banques n’ont tiré aucune leçon de la crise.

Au contraire, “le total des actifs des six plus grosses banques des Etats-Unis dépasse maintenant les 60% du PIB. Elles ont encore grossi pendant la crise. Tous les gros sont là, à prendre des risques, comme vous ou moi le ferions si nous nous sentions intouchables, comme si nous avions un pass d’immunité totale“.

En fait, avec la crise systémique globale, le monde est sorti du cadre de référence de ces soixante dernières années…. vraisemblablement définitivement.

Ce dont nous prévient Simon Johnson, c’est qu’une nouvelle crise intervenant en 2010, 11 ou 12 alors que la crise actuelle n’est pas réglée peut se heurter à une insolvabilité ou une incapacité des États à intervenir.


Les vingt institutions financières mondiales les plus importantes par capitalisation boursière en 1999 (en Milliards USD et par institution) – Source : Financial Times, 05/2009


Les vingt institutions financières mondiales les plus importantes par capitalisation boursière en 2009 (en Milliards USD et par pays d’origine) – Source : Financial Times, 05/2009

LA BRI CONFIRME :

à fleurets mouchetés certes mais que dit-elle

La BRI c’est la Banque des Règlements Internationaux…la Banque des Banques centrales en somme.

-      1/ que les positions bancaires actuelles sont extrêmement risquées.

-      2/ que l’économie mondiale reste sous perfusion publique et risque un écroulement global.

-      3/ Que les besoins de refinancement des institutions financières et des entreprises sont “impressionnants” et devront être soldés dans les trois prochaines années.

-      4/ Que l’endettement  des Etats conduira sans aucun doute à une augmentation du risque souverain sur le marché.

QUELQUES SIGNES QUI NE TROMPENT PAS :

-       En 2009, le taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre a atteint son plus bas niveau depuis sa création à 0,5%,  le plus bas depuis 1694 soit 316 ans.

-      En 2008, la Caisse des Dépôts et Consignations, bras financier de l’état français depuis 1816 sous la Monarchie, l’Empire, la République, a connu sa première perte annuelle en 193 ans. http://www.france24.com/fr/20090416-cdc-caisse-depots-enr...

-      En Avril 2009, la Chine est devenue le premier partenaire commercial du Brésil. Or, depuis des siècles le Brésil devance régulièrement les grandes ruptures de la domination mondiale. Il y a deux cents ans, le Royaume-Uni avait stoppé  trois siècles d’hégémonie portugaise.  Les Etats-Unis, ont écarté le Royaume-Uni au début des années 1930 comme premier partenaire du Brésil.

Ce constat illustre assez bien l’évolution des rapports de domination au sein de la domination mondiale globale

Seul l’avenir dira si nous nous trompons ou pas et si Johnson se trompe mais beaucoup d’indicateurs nous orientent dans le même sens.

Guy Dutron

20:15 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : economie, exploitation, fmi, capitalisme, catastrophe |  Facebook |

10/01/2010

Les 7 péchés d’Hugo Chavez

Les 7 péchés d’Hugo Chavez (Introduction)

(Extait du site "Investig'action")

7-peche-capitauxPourquoi les Etats-Unis s’opposent-ils à Chavez ? Pour le pétrole, on s’en doute. C’est tout ?

Les guerres du pétrole, ils sont habitués à les gagner. Mais au Venezuela, on leur tient tête. Ici, on dit qu’il est possible d’employer l’argent du pétrole de façon intelligente et utile. Pas comme à Dubaï où on construit des hôtels à vingt mille euros la nuit au milieu d’un monde arabe sous-développé. Pas comme au Nigeria où la faim tue alors que ce pays est un des plus gros exportateurs mondiaux.

Au Venezuela, un homme affirme qu’il est possible de résister aux multinationales et de vaincre la pauvreté. On l’accuse de tous les péchés : ‘populiste’, ‘dictateur’, ‘antisémite’... Mais que se passe-t-il sur le terrain ? Quels sont ses véritables péchés ?

 Le pétrole est un enjeu majeur du monde actuel et nous lèverons le voile sur les agissements secrets d’Exxon, Shell ou Total. Mais la question va plus loin que le pétrole… Quel type d’économie peut vaincre la pauvreté ? Une véritable démocratie est-elle possible ? Ces enjeux concernent toute l’Amérique latine, mais aussi le Moyen-Orient, l’Afrique et même l’Europe…

Que vaut notre info ? L’Amérique latine dans les médias, c’est très simple. Il y a le carnaval à Rio, le tango à Buenos-Aires et la drogue en Colombie. Ah oui, il y a aussi ‘Chavez le populiste’. Au lieu de cette image stéréotypée, ne pourrait-on nous montrer la vraie vie des Latinos ? Presqu’un sur deux vit sous le seuil de pauvreté. Pourquoi ? Par contre, sept ou huit sont devenus multimilliardaires en quelques années. Comment ?

44% de pauvres en Amérique latine. Cessez de voir ça comme une statistique. Pourrez-vous ce soir donner quelque chose à manger à votre enfant ? Pourrez-vous lui payer l’école ? Et, s’il tombe malade, verra-t-il un médecin ? Lorsque vous vivez avec un ou deux dollars par jour, vous êtes forcé de choisir entre ces besoins vitaux. Cette angoisse est le quotidien d’une personne sur deux dans ce grand continent. Au Moyen-Orient, c’est pareil. En Afrique, c’est pire.

L’expérience du Venezuela représente-t-elle une alternative valable ? Si oui, ça nous concerne tous. Il est important de s’en informer et d’en juger de façon indépendante. Les médiamensonges ne concernent peut-être pas que l’Irak.

Face au fossé riches-pauvres, le droit à l’alternative existe-t-il ? Depuis vingt ans, je mène des investigations sur les stratégies de guerre et de domination des USA. Depuis vingt ans, j’écoute leurs victimes. Je ne peux oublier ce que m’ont dit Nasra l’Irakienne, Tomislav le Yougoslave, Mohamed le Palestinien et tant d’autres. Au fond, leurs souffrances et leurs colères sont pareilles, c’est toujours la même guerre.

Je ne peux oublier non plus leur espoir qu’il existe une issue vers un monde meilleur. C’est en pensant à eux tous que je suis allé au Venezuela : l’alternative est-elle possible ? Ecouter Chavez, écouter les gens d’en bas, écouter l’opposition de droite. Et témoigner.

Les 7 péchés d’Hugo Chavez (Table des matières)

Premier péché : il leur apprend à lire

Chapitre 1. Ce merveilleux sourire sur la figure de Carmen…

Deuxième péché : chacun a droit à la santé

Chapitre 2. Avant Chavez, deux Vénézuéliens sur trois n’avaient jamais vu un médecin

Troisième péché : chacun peut manger à sa faim

Chapitre 3. La pauvreté n’est pas une fatalité

Comprendre l’Amérique latine

Chapitre 4. Comment sont-ils devenus si pauvres ?

Chapitre 5. L’aspirateur des richesses

Chapitre 6. Un pays dévalisé en une nuit, est-ce possible ?

Chapitre 7. Les 7 fléaux de l’Amérique Latine

La bataille pour l’or noir

Chapitre 8. L’Histoire sanglante du pétrole

Chapitre 9. La bataille du pétrole au Venezuela

Chapitre 10. Les multinationales pétrolières sont-elles compatibles avec l’avenir de l’humanité ?

Quatrième péché : il change les règles entre les riches et les pauvres

Chapitre 11. Le Venezuela pourra-t-il créer une nouvelle économie ?

Chapitre 12. La Solution Chavez fonctionne-t-elle ?

Chapitre 13. Chavez trop lent et trop conciliant ?

Cinquième péché : la démocratie, c’est plus qu’un bulletin de vote

Chapitre 14. Bureaucratie et corruption : la démocratie participative est-elle la solution ?

Chapitre 15. Chavez est-il un populiste ? Les faiblesses du chavisme.

Chapitre 16. Une armée qui fait la révolution ?

Sixième péché : il ne se soumet pas au pouvoir des médias

Chapitre 17. D’où provient et que vaut notre info sur Chavez ?

Chapitre 18. Le Monde est petit

Chapitre 19. Est-il possible de réaliser une révolution sociale sans et contre les médias ?

Septième péché : l’homme qui tient tête aux Etats-Unis

Chapitre 20. Unir l’Amérique Latine et les résistances internationales

Conclusion : Chavez et nous, le droit à l’alternative


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16:15 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : economie, venezuela, chavez, socialisme, solidarite, politique |  Facebook |

05/12/2009

La Révolution Bolivarienne et la Paix

Fidel CASTRO

(Source: legrandsoir.info)

chavez_castroJe connais bien Chávez. Personne ne serait plus réticent que lui à faire couler le sang entre Vénézuéliens et Colombiens, deux peuples frères, autant que pourraient l’être les Cubains vivant à l’Est, au Centre ou à l’Ouest de notre île. Je ne trouve pas une meilleure manière d’exprimer la fraternité régnant entre les Vénézuéliens et les Colombiens.

L’accusation calomnieuse des Yankees selon laquelle Chávez prépare la guerre contre la Colombie voisine a poussé un organe de presse colombien influent à publier dimanche dernier, 15 novembre, sous le titre de « Les tambours de la guerre », un éditorial méprisant et injurieux contre le président vénézuélien, et où l’on peut lire, entre autres, que « la Colombie doit prendre tout à fait au sérieux ce qui constitue la plus grave menace à sa sécurité en plus de soixante-dix ans, car elle provient d’un président qui a reçu en plus une formation militaire… »

« La raison en est que les possibilités d’une provocation sont de plus en plus grandes, et elles peuvent aller d’un incident frontalier à une attaque contre des installations civiles ou militaires colombiennes. »

Puis l’éditorial envisage comme « très probable qu’Hugo Chávez intensifie ses attaques contre les "émaciés" - sobriquet qu’il donne à ses opposants – et tente d’expulser du pouvoir municipal ou régional ceux qui le contredisent. Il l’a déjà fait avec le maire de Caracas… et il veut maintenant le tenter avec les gouverneurs des États frontaliers avec la Colombie qui refusent de se soumettre à sa férule… Un heurt avec des forces colombiennes ou l’accusation que des paramilitaires planifient des actions en territoire vénézuélien peut fournir l’excuse dont a besoin le régime chaviste pour suspendre les garanties constitutionnelles. »

Ces explications ne servent qu’à justifier les plans agressifs des États-Unis et la vile trahison à leur patrie de l’oligarchie et de la contre-révolution vénézuéliennes.

Alors que cet éditorial voyait le jour, le dirigeant bolivarien jugeait dans sa chronique hebdomadaire (« Les lignes de Chávez ») le fait que la Colombie, dont les frontières avec le Venezuela s’étendent sur 2 050 kilomètres, ait impudiquement concédé sept bases militaires aux USA.

Le président de la République bolivarienne explique sa position avec courage et lucidité.

« … je l’ai dit vendredi au meeting pour la paix et contre les bases militaires étasuniennes en Colombie : je suis obligé de vous appeler toutes et tous à vous préparer à défendre la patrie de Bolívar, la patrie de nos fils. Si je ne le faisais pas, je commettrais un acte de haute trahison… Notre patrie est aujourd’hui libre et nous la défendrons au prix de notre vie. Le Venezuela ne sera plus jamais la colonie de qui que ce soit ; il ne pliera plus jamais le genou devant un envahisseur ou un Empire… Les gouvernements latino-américains ne peuvent pas ne pas réagir face au problème gravissime et capital qui a lieu en Colombie. »

Il avance des idées importantes : « …tout l’arsenal de guerre gringo envisagé dans l’accord répond au concept d’opérations extraterritoriales… convertit le territoire colombien en une gigantesque enclave militaire yankee… la pire menace à la paix et à la sécurité de la région sud-américaine et de toute Notre Amérique. »

« L’accord… interdit à la Colombie d’offrir à qui que ce soit des garanties de sécurité et de respect, même pas aux Colombiennes et aux Colombiens. Car un pays qui a cessé d’être souverain et qui est un instrument du "nouveau colonialisme » qu’avait entrevu notre Libertador ne peut pas en offrir. »

Chávez est un vrai révolutionnaire, un penseur profond, sincère, courageux, un travailleur inlassable. Il n’est pas arrivé au pouvoir par un coup d’Etat. Il s’est soulevé contre la répression et les massacres commis par les gouvernements néolibéraux qui bradèrent les énormes ressources naturelles du pays aux États-Unis. Il a fait de la prison, il a mûri et développé ses idées. Il n’est pas arrivé au pouvoir par les armes malgré son passé militaire.

Il a le grand mérite d’avoir frayé la voie difficile à une profonde révolution sociale, dans le cadre de la démocratie dite représentative et en respectant absolument la liberté d’expression, alors pourtant que les plus puissants médias étaient et sont toujours aux mains de l’oligarchie et au service de l’Empire.

En onze ans à peine, le Venezuela a fait les plus grands progrès éducationnels et sociaux au monde, malgré le coup d’État et les plans de déstabilisation et de discrédit ourdis par les USA.

L’Empire n’a pas décrété un blocus économique contre le Venezuela – comme il l’a fait pour Cuba – après l’échec de ses attaques perfectionnées contre le peuple vénézuélien, parce qu’il se serait imposé à lui-même un blocus énergétique, compte tenu de sa dépendance envers l’étranger dans ce domaine, mais il n’a pas renoncé pour autant à son objectif de liquider la révolution bolivarienne qui aide généreusement en ressources pétrolières les pays caribéens et centraméricains, qui a de larges relations d’échanges avec l’Amérique du Sud, la Chine, la Russie et de nombreux États d’Asie, d’Afrique et d’Europe, qui jouit de sympathies dans de vastes secteurs de tous les continents. L’Empire souffre en particulier de ses relations avec Cuba à laquelle il a imposé un blocus criminel qui remonte à cinquante ans. La Venezuela de Bolívar et Cuba de Martí promeuvent à travers l’ALBA de nouvelles formes de relations et d’échanges sur des bases rationnelles et justes.

La Révolution bolivarienne a été spécialement généreuse envers les pays caribéens à des moments de crise énergétique extrêmement graves.

À cette nouvelle étape que nous traversons, la Révolution vénézuélienne se heurte à des problèmes absolument nouveaux qui n’existaient pas quand, voilà exactement cinquante ans, notre Révolution a triomphé à Cuba.

Le trafic de drogues, la criminalité organisée, la violence sociale et le paramilitarisme existaient à peine. Les États-Unis ne s’étaient pas encore convertis en cet énorme marché des drogues que le capitalisme et la société de consommation y ont créé. Combattre le transit de drogues et empêcher leur entrée, et donc leur production et leur consommation, n’a pas été un gros problème pour la Révolution cubaine.

En revanche, ces fléaux signifient pour le Mexique, l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud une tragédie croissante qu’ils sont loin d’avoir surmontée. A l’échange inégal, au protectionnisme et au pillage de leurs ressources naturelles, se sont ajoutés le trafic de drogues et la violence de la criminalité organisée que le sous-développement, la pauvreté, le chômage et le gigantesque marché de drogues étasunien ont engendrés dans les sociétés latino-américaines. L’incapacité du riche Empire à empêcher le trafic et la consommation de drogues a fait surgir dans de nombreuses parties de l’Amérique latine des plantations de cette herbe dont la valeur en tant que matière première de drogues dépasse largement celle des produits agricoles, créant par là de très graves problèmes sociaux et politiques.

Les paramilitaires colombiens constituent aujourd’hui la première troupe de choc de l’impérialisme pour combattre la Révolution bolivarienne.

Militaire, Chávez sait pertinemment que la lutte contre le trafic de drogues constitue un vulgaire prétexte par lequel les USA justifient un accord militaire qui répond entièrement à leur conception stratégique de l’après-guerre froide : étendre leur domination sur le monde.

Les bases aériennes, les moyens, les droits d’opération et l’immunité totale octroyés par la Colombie aux militaires et aux civils yankees sur son territoire n’ont rien à voir avec le combat contre la culture, la production et le trafic de drogues, qui sont devenus un problème mondial, puisqu’ils s’étendent non seulement en Amérique du Sud, mais qu’ils commencent aussi à gagner l’Afrique et d’autres régions. La drogue règne aujourd’hui en Afghanistan, malgré la présence massive des troupes yankees.

La drogue ne saurait être un prétexte pour établir des bases, envahir des pays et apporter la violence, la guerre et le pillage aux pays du Tiers-monde. C’est le pire environnement possible pour semer des vertus citoyennes et apporter l’éducation, la santé et le développement aux peuples.

Ils se trompent, ceux qui croient qu’en divisant les Colombiens et les Vénézuéliens, ils feront triompher leurs plans contre-révolutionnaires. Nombre des meilleurs et des plus modestes travailleurs au Venezuela sont des Colombiens, et la Révolution leur a apporté à eux-mêmes et à leurs êtres chers l’éducation, la santé, l’emploi, les droits citoyens et d’autres bienfaits. Les Vénézuéliens et les Colombiens défendront ensemble la grande patrie du Libertador d’Amérique ; ils se battront ensemble pour la liberté et la paix.

Les milliers de médecins, d’éducateurs et d’autres coopérants cubains qui font leur devoir internationaliste au Venezuela seront à leurs côtés !

Fidel Castro Ruz
Le 18 novembre 2009

(Source: legrandsoir.info)

14:00 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

05/11/2009

Investissement, compétitivité, libre-échange, flexibilité : les quatre principes idéologiques de la régression sociale

Investissement, compétitivité, libre-échange, flexibilité : les quatre principes idéologiques de la régression sociale

 

Corinne Gobin (directrice du GRAID-Institut de Sociologie, ULB)

 

Comprendre les enjeux socio-politiques liés à des débats qui a priori paraissent très techniques, (les débats liés à la liberté de l'investissement et au libre-échange commercial et financiers), c'est avant tout comprendre que l'on se trouve dans une situation de confrontation idéologique très rude entre conceptions du monde diamétralement opposées : d'une part, une vision de libéralisme économique où l'économie est la fin de l'activité humaine et  n'a pas d'autre objectif que de chercher par tous les moyens à amplifier les rapports de domination politique et économique d'une branche très aisée de propriétaires financiers sur le reste de la population; d'autre part, une vision où les droits collectifs pour la réalisation de l'émancipation et du bien-être des populations font de l'économie un moyen parmi d'autres pour réaliser ces fins.

Or cette confrontation a beaucoup de mal à s'inscrire dans le débat démocratique  car tout est fait pour que le vocabulaire mobilisé dans la mise  en œuvre du projet néo-libéral soit banalisé et considéré par tous comme relevant de l'évidence et de la nécessité -et l'action quotidienne des grands médias  détenus par les grands groupes mondiaux financiers a, à ce titre, un rôle central pour nous habituer peu à peu à penser avec en tête des références saturées par l'idéologie néo-libérale.

Ainsi, les termes mobilisés pour faire ratifier des accords de libre-échange par les Parlements peuvent paraître tout à fait "normaux" et "naturels", faisant partie du vocabulaire économique banal : ils ne le sont pas! Parce que, en tant qu'outils au service de la diffusion d'une manière unique de penser la société, ils prennent sens, non pas séparément, mais à l'intérieur d'un réseau de significations  et de représentations particulières du monde où chaque mot se trouve en résonance avec les autres pour s'attacher à banaliser la même idée : toute l'énergie et les ressources de la société doivent être mobilisées au service de la constitution d'une rente de plus en plus élevée pour ceux qui détiennent le pouvoir financier.

Le néo-libéralisme hypertrophie la place de l'économie dans la société en vue d'imposer et de démultiplier le pouvoir des propriétaires de capitaux.

Pour que, collectivement, il nous soit possible de remettre l'économie à sa "juste place", celle de moyen au service de la réalisation des valeurs démocratiques (accès égal à tous aux droits sociaux individuels et collectifs : enseignement, santé, logement, sécurité sociale, environnement protégé et non dégradé,…), il nous faut au préalable démystifier ensemble  ce vocabulaire au service de l'idéologie de la rente dont on voudrait nous nourrir et nous pétrir comme s'il était immanquablement notre pain quotidien.

 

Le dogme du libre-échange

 

Dans le mode de pensée néo-libérale, liberté de l'investissement, liberté des échanges (commerciaux et financiers), compétitivité et flexibilité sont inextricablement liés; la grande force de la droite politique depuis près de 25 ans est d'avoir réussi à nous les présenter non comme la base d'un programme politique de droite, nécessairement régressif sur le plan de la sauvegarde et de l'extension du progrès social collectif, mais comme les mots d'ordre nécessaires au fonctionnement normal de toute économie. Ils ont même peu à peu été intégrés comme tels dans les programmes des partis sociaux-démocrates et des organisations syndicales.

Ces mots forment un système sémantique  qui avalise le dogme du libre-échange. En tant que dogme, celui-ci s'inscrit nécessairement dans une logique d'intolérance où tout ce qui concourt à la réalisation du projet néo-libéral est nécessairement positif, sur la voie de la raison, du progrès et de la modernité alors que ce qui s'y oppose est présenté comme périlleux, rétrograde et intolérable. Certains mots, qui expriment un projet contraire, deviennent dès lors "tabous" et chargés d'une charge négative tellement puissante qu'il devient impossible de les mobiliser dans un débat libre et démocratique. Il est de notre tâche collective  d'aider à libérer ce débat à travers une invitation à interroger le sens des mots.

Libre-échange est ainsi opposé à protectionnisme : on voit tout de suite le jeu idéologique sous-jacent. Un des termes est positivé par son association à libre (qui pourrait être contre la liberté?) tandis que l'autre renvoie à l'idée d'un repli négatif et égoïste sur soi-même (qui assumerait cette image égoïste?). Construire un modèle alternatif qui affronte le néo-libéralisme passe dès lors par la nécessité de renverser cette échelle de valeurs qui nous est imposée et donc de désigner les choses d'une autre façon, de sortir des carcans lexicaux qui nous sont imposés.

Le libre-échange n'est rien d'autre que l'imposition d'une économie déréglementée, désignons-le comme tel tandis que le protectionnisme recouvre en fait souvent le droit pour chaque Etat démocratique à exprimer son indépendance dans ses choix d'organisation de la société (le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes).

Renverser les valeurs c'est dès lors considérer qu'un Etat sur le plan économique doit essentiellement se consacrer à produire des biens et des services nationaux qui seront essentiellement échangés sur les marchés nationaux, l'échange international de biens n'étant valorisé et envisagé que si et seulement si il ne vient pas perturber les grands équilibres nationaux sociaux (emploi, redistribution des richesses, réalisation des droits sociaux collectifs) et environnementaux (lutte contre le gaspillage de l'énergie et des ressources naturelles, limitation  maximale des pollutions). En quelques mots, l'économie nationale doit être l'essentiel et le commerce international, l'accessoire.

Si ce genre de proposition tend aujourd'hui à paraître insensée et iconoclaste tant nous avons été habitué à "macérer" par la voie des médias dans la banalisation du libéralisme économique, rappelons qu'il n'y a pas de cela si longtemps, cette pensée était un des axes-clé des analyses proposées par l'économiste John Maynard Keynes : "Je suis donc de ceux qui veulent minimiser les imbrications économiques des nations. Les idées, le savoir, l'art, l'hospitalité, le tourisme : voilà des choses internationales par nature. En revanche, laissons les biens à leur place chaque fois qu'il est raisonnable, commode et possible de les y laisser; notamment confinons la finance au secteur national".[1]

Ce droit des peuples à disposer de leur économie nationale repose sur un projet qui défend la valorisation des droits socio-politiques démocratiques et l'action collective pour sauvegarder les équilibres écologiques comme principes premiers du fonctionnement d'une société :

-une production nationale, c'est avant tout un débat politique national pour discuter des priorités de développement et un contrôle socio-politique national sur l'organisation de la production et donc du travail (et des emplois) ainsi que de la redistribution des richesses nationales. Plus la production est locale et plus il est démocratiquement possible d'en débattre et de la contrôler collectivement. Dans l'histoire du développement du capitalisme industriel des pays d'Europe occidentale, le renforcement de la dégradation des conditions de vie et de travail de la main-d'œuvre ouvrière est toujours allée de pair avec l'accroissement de l'ouverture internationale du commerce et des finances;

-un constat est à faire : plus de la moitié du commerce international est composé d'échanges simultanés de mêmes biens (les Français consomment de l'eau en bouteille italienne et les Italiens de l'eau française). La situation est encore plus absurde dès que les distances d'échanges s'accroissent (entre les Américains et les Européens par exemple). Le savoir et le savoir-faire peuvent devenir internationaux (échanges des pratiques, des techniques et des "recettes") mais les biens matériels qui en sont issus, principalement, nationaux. Il faudrait en effet enfin prendre la mesure de cet invraisemblable gaspillage d'énergie et de ressources inutile (transport et frigorification de ces biens) dans ce projet du "tout-échange" extrêmement coûteux pour chaque collectivité nationale (l'énergie n'est jamais payée au prix coûtant par les industriels mais subventionnée par l'Etat) et in fine pour la collectivité internationale (l'accroissement des échanges et donc de l'utilisation des transports participe à un degré élevé à la production des pollutions atmosphériques, terrestres et aquatiques).

Ce contrôle démocratique national de l'économie ne signifie en aucune façon le retour à de dangereux penchants nationalistes teinté de chauvinisme belliqueux et/ou d'attitudes xénophobiques lorsqu'il s'insère dans une valorisation de l'échange international des cultures et des savoirs où les êtres humains seraient au contraire amenés à circuler librement.

Remarquons encore le paradoxe de l'association entre "libre" et "échange" dans ce modèle de libéralisme économique  : tant l'histoire de ces rapports économiques que son actualité  s'appuient sur l'imposition de rapports de domination explicites ou implicites (le colonialisme et l'impérialisme sous ses formes anciennes et modernes), la liberté n'étant celle que des plus forts.

 

Le dogme de la liberté de l'investissement

 

Ce modèle des biens qui circulent sans aucune entrave s'accompagne aujourd'hui d'un discours sur la promotion de la liberté de l'investissement. Au moins deux manipulations sémantiques sont à relever dans ce discours légitimateur du libre-échange financier.

En premier lieu, la notion d'investissement aujourd'hui prônée ne correspond pas à ce que le sens courant à l'habitude d'entendre par ce terme, se reposant encore sur l'imaginaire des années soixante où l'investissement économique était envisagé sous l'aulne keynésien comme une mise en œuvre directe de capitaux en vue d'accroître la production de biens matériels (développement ou création des activités de production). Le sens d'investissement est en effet aujourd'hui contaminé par le terme anglo-saxon investment qui en français était anciennement rendu par "placement financier", le fait de disposer de son capital en vue de le faire fructifier[2].

Dès lors, lorsque les accords bilatéraux sur la liberté des investissements sont promus par la Belgique, cette promotion laisse supposer l'idée que l'on va aider à accroître la capacité d'un autre pays à développer de la richesse nationale (investissement productif) alors que ce qui est réellement en jeu est tout autre. Ce type de traité bilatéral promeut en effet l'idée qu'un Etat doit intervenir pour consacrer  un droit privé sur tous les autres droits publics élaborés par l'autre Etat : le droit de la défense et de la protection de la rente privée, c'est-à-dire le droit pour n'importe quel individu propriétaire de tout type de placement (fonds, brevet dont les brevets sur les OGM, actions,…) de faire primer son droit de propriétaire sur toute autre réglementation publique. Ce type de traité nous replonge ainsi directement en plein 19ème siècle où l'activité de l'Etat bourgeois était principalement assimilée à la promotion des "affaires" (commerciales, financières, …) et à leur protection.

Une autre manipulation sémantique provient du fait que ces traités sont présentés comme défendant et protégeant les capitaux nationaux (dans notre cas, belges) investis à l'étranger. Deux remarques sont à faire devant ce type de déclaration : premièrement, l'intrication actuelle des capitaux étrangers dans la constitution des actifs des entreprises et des groupes financiers situés sur le territoire belge est aujourd'hui telle que la notion de "capital national" à protéger, pour un pays comme la Belgique, devient surréaliste; deuxièmement, à l'inverse de la logique du développement et du contrôle national de l'économie,  un capital qui va s'investir à l'étranger se place dans une logique de délocalisation qui s'appuie le plus souvent sur la volonté de fuir les contraintes nationales de respect des droits sociaux et environnementaux. Ce type de traité valorise ainsi une attitude générale de contournement des droits collectifs, au détriment en premier lieu de l'emploi national.

 

 La compétitivité et la flexibilité

 

Ce rapide tour d'horizon des mots qui participent à la constitution du dogme du libre-échange doit servir aussi à rappeler, qu'à contre-courant du sens construit par les médias, la "compétitivité" d'une entreprise n'est pas synonyme de sa "rentabilité" et que la flexibilité imposée au salarié(e) dans ses conditions de travail n'est aucunement la possibilité qui lui est offerte pour accéder enfin à la liberté.

Compétitivité et flexibilité (qu'elle soit négociée ou non, peu importe) sont partie intégrantes du dogme du libre-échange. Ce dogme, comme nous venons de l'expliquer, étant centré sur la consécration du droit privé du propriétaire du capital à produire de la rente comme primant  sur toute autre considération, la compétitivité s'assimile à la recherche de la maximisation de cette rente. Soit à travers l'idéologie de l'exportation à tout pris (le "tout-échange" vu précédemment  qui conduit à la recherche incessante de nouvelles parts de marché sur un marché mondial et par conséquent à la concentration économique sur le plan mondial); soit à travers l'idéologie de la flexibilité qui fait reporter la contrainte et les risques de ce système instable (la conquête de nouvelles parts de marché à tout prix) sur le collectif des travailleurs par un abaissement des salaires (le niveau de la masse salariale calculée en pourcentage du PIB est aujourd'hui largement inférieure à celle qu'elle était en 1960 dans les pays d'Europe occidentale), par une détérioration de leur droits et statuts (contrats précaires et statuts individualisés, diminution des droits de prestation sociale) et par une dégradation de leurs conditions  de travail (augmentation de la durée du travail, de l'intensité de travail, perte d'autonomie dans les tâches,…).

 

Libre-échange, liberté de "l'investissement" privé, compétitivité et flexibilité constituent le noyau idéologique du néo-libéralisme qui offrent aux propriétaires de capitaux le droit privé, de plus en plus construit comme inviolable par la protection d'une prolifération de traités économiques, de ponctionner individuellement, en court-circuitant toute délibération socio-politique collective, une part de plus en plus élevée de la richesse produite par le collectif des salariées et salariés.



[1] Cité par l'économiste Herman Daly, in "Les périls du libre-échange", in Pour La Science, n°195, janvier 1994, article qui a, notamment, inspiré ce texte.

[2] Cf Jean-Claude Deroubaix, "Le vocabulaire de la mondialisation. L'exemple des accords de protection des investissements", à paraître dans la revue MOTS pour un dossier spécial sur le vocabulaire de la mondialisation.

23/10/2009

Qu'est-ce que le PIB ? (Source 6com.be)

Le Produit intérieur brut (PIB)

 
Le produit intérieur brut (PIB) est une mesure de la valeur de l’ensemble des biens et services produits sur le territoire d’un pays donné (ou d’une région) au cours d’une période déterminée - en général une année, parfois un trimestre -, quelle que soit la nationalité des producteurs pourvu qu’ils y soient résidents.
 
Le PIB correspond dès lors à la valeur totale de la production économique interne de biens et services marchands par l’ensemble des agents économiques résidents (ménages, entreprises, administrations publiques, etc.), à l’intérieur du territoire national ou régional.
 
Afin d’éviter que la même production soit comptabilisée plus d’une fois dans le calcul, ne sont intégrés au PIB que les biens et services finaux (de consommation et d’équipement), les biens semi-finis ou intermédiaires de production étant exclus.
 
 
Par exemple, la valeur de la production ou de la transformation des ingrédients nécessaires à la fabrication d’un pain prêt à la consommation - tels que le blé, l’eau, le levain, etc. - n’est pas comptabilisée pour calculer le PIB : seule la valeur finale du pain l’est, donc la somme des valeurs ajoutées des ingrédients et services nécessaires à sa production.
 
Le PIB et la croissance du PIB sont devenus deux des plus importants indicateurs permettant de juger du niveau de l’activité économique d’un pays, d’une région. Croissance économique et croissance du PIB sont devenues synonymes. Inversement, une diminution du PIB correspond à une récession, soit un recul de l’activité économique, de la création de richesse sur le territoire d’un pays ou d’une région.
 
CALCUL DU PIB
 
 
En théorie, le PIB peut être calculé selon trois méthodes : par la dépense, par les revenus ou par la production. Pour des raisons pratiques, on utilise essentiellement cette dernière. Selon cette technique, on additionne toutes les valeurs ajoutées des productions (biens et services) réalisées au cours d’une période déterminée, en se basant sur les résultats et données statistiques fournies par l’ensemble des administrations et entreprises résidentes.
 
 
PIB PAR HABITANT
 
 
Le produit intérieur brut par habitant (ou par tête) est la valeur du PIB divisée par le nombre d’habitants d’un pays (ou d’une région). Cet indicateur économique est plus efficace que le PIB pour mesurer tant le niveau de développement d’un pays (soit sa capacité productive s’il est exprimé en terme de croissance) que le niveau de productivité économique des travailleurs et des entreprises (privées comme publiques).
 
Néanmoins, il reste un indicateur imparfait car exprimé sous la forme d’une moyenne, il ne reflète pas l’état des inégalités parmi la population d’une région ou d’un pays donné. Dès lors, il ne permet pas de se faire une idée précise du niveau de bien-être de sa population ou du degré de réussite d’un territoire en matière de développement humain, socio-économique.
 
Tout comme le PIB par habitant ne montre pas non plus dans quelle mesure les richesses produites par les forces vives d’un pays sont réparties de manière équitable (ou non) entre ses habitants et ne peut donc pas se revendiquer comme étant un indicateur qui garantit la mesure du bonheur ou de la qualité de vie des citoyens habitant un territoire donné !
 
LIMITES ET DEFAUTS DANS LA DETERMINATION DU PIB
 
 
La plupart des critiques à l’égard du PIB (par habitant) mettent le plus souvent en évidence six limites majeures :
 
1.                 Son cloisonnement comptable. Donc son incapacité à chiffrer et comptabiliser les revenus du travail non déclaré (travail au noir), de l’économie souterraine dont la contribution à l’économie d’un pays peut être parfois considérable. C’est également le cas de l’autoproduction (et l’autoconsommation) de certains biens - par exemple, quand il s’agit de consommer les fruits et légumes du potager familial (contrairement au fait de les acheter au supermarché) - ou de certains services. Il s’agit notamment des services domestiques non rémunérés, effectués à titre gratuit au sein des familles (lessiver et repasser le linge, cuisiner, etc.), d’un même quartier ou d’une même communauté d’individus (comme le fait de tondre gratuitement la pelouse d’un voisin âgé de 90 ans ou d’aller faire ses achats au supermarché du village, etc.).
 
Ces services restent cependant indispensables au renforcement de la cohésion sociale, de la solidarité au sein d’un territoire. De toute évidence, ils contribuent au bien-être, à l’amélioration de la qualité de vie des habitants qui en bénéficient.
 
 
2.                 Son ignorance à l’égard de la valeur estimée du patrimoine (mais aussi du niveau d’endettement) des agents économiques. En effet, le PIB (par habitant) ne tient pas assez compte des actifs et passifs des ménages, entreprises et autorités publiques.
                                    
Le PIB ne considère pas l’actif et donc encore moins la qualité de cet actif. Par exemple, les créances douteuses (crédits accordés par les banques, mais dont on sait que l’emprunteur éprouvera des difficultés à les rembourser) ne contribuent pas à déterminer le niveau du PIB. Or quand elles gagnent en importance, ces créances constituent un  danger pour la stabilité de l’économie, surtout dans les pays en voie de développement (ou émergents) où l’euphorie de la croissance économique soutenue a tendance à faire oublier aux banques les règles les plus élémentaires du contrôle des risques financiers.
 
3.                 L’indicateur économique qu’est le PIB (par habitant) ne reflète pas non plus les atteintes causées à l’environnement (comme la pollution) et aux ressources naturelles par les modes de production (ou de transformation de celles-ci).
 
 
Ainsi, dans le cas d’une production polluante, suivie d’un processus de dépollution, deux productions sont comptabilisées (dont une négative pour le niveau de bien-être des résidents de tout ou partie du territoire en question), pour un résultat final ‘nul’ (ou quasi nul). Tout comme le PIB ne comptabilise pas la valeur estimée des ressources naturelles ou minières diverses que peut receler un territoire.
 
 
4.                 Par ailleurs, dans le cas d’une catastrophe naturelle (inondations, ouragan, tremblement de terre, etc.), le produit intérieur brut ne comptabilise les destructions d’actifs (maisons, infrastructures, voies de communication, etc) qu’indirectement, à concurrence de l’impact sur la production. Donc moins que la perte nette d’actifs. Néanmoins, le PIB prend en considération les efforts d’interventions (médicales, sanitaires, etc.) et les reconstructions qui font suite au sinistre. La capacité à faire face à une catastrophe naturelle constitue effectivement une production exceptionnelle de richesse économique, qu’il semble donc normal de comptabiliser.
 
 
5.                 La non-comptabilisation des investissements directs réalisés par un pays à l’étranger. Ainsi, les entreprises belges qui investissent à l’étranger tendent à diminuer le propre PIB de la Belgique au profit des territoires bénéficiaires, tout comme les exportations belges augmentent le PIB des pays où elles y sont consommées finalement.
 
 
6.                 Enfin, il est malaisé de chiffrer la contribution des services non marchands et de l’administration publique à la richesse économique d’un pays (ou d’une région), étant donné que ces institutions ne facturent que très peu souvent leurs prestations aux usagers-consommateurs. Aussi, seuls leurs coûts sont comptabilisés au PIB.
 
 
En raison de ces limites évidentes, de nouveaux indicateurs ont vu le jour ces dernières années pour mieux appréhender, évaluer le bien-être social. C’est le cas notamment de l’Indice de développement humain (IDH) qui prend en considération les paramètres suivants : le PIB par habitant (exprimé en Parité de pouvoir d’achat), l’espérance de vie ainsi que le taux d’alphabétisation de la population d’un pays (ou d’une région).

18:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pib, definition, economie, politique |  Facebook |

09/10/2009

LA LUTTE ECONOMIQUE ET POLITIQUE DE LA CLASSE OUVRIERE CONTRE L’EXPLOITATION CAPITALISTE

Le marxisme et la réalité montrent que bien loin de fonctionner au bénéfice de tous les membres de la société, le capitalisme sert de plus en plus les intérêts d’une poignée de milliardaires tandis qu’il est incapable d’assurer la satisfaction des besoins élémentaires des travailleurs.

Le capitalisme tend constamment à réaliser l’accumulation de la misère au pôle ouvrier de la société et l’accumulation de la richesse à l’autre pôle, du côté de la bourgeoisie.

Cela ne signifie pas que la paupérisation de la classe ouvrière soit une chose fatale et que les travailleurs doivent être obligatoirement un peu plus misérables chaque jour sans que la lutte ouvrière ne puisse rien pour y remédier !

Les salariés peuvent dans une certaine mesure arrêter la baisse des salaires, freiner le mouvement descendant du niveau de vie. La période du Front Populaire pendant laquelle la classe ouvrière française, grâce à la réalisation de son unité et au rassemblement autour d’elle des classes moyennes, a imposé au patronat d’importantes réformes sociales, en est un exemple probant : en 1936, la classe ouvrière a fait reculer la misère.

Mais depuis, la tendance à la paupérisation a repris le dessus : le niveau de vie des travailleurs s’est abaissé.

Cela souligne l’immense importance de l’unité de la classe ouvrière et de la lutte quotidienne, seules armes des prolétaires pour maintenir leur niveau de vie face aux empiètements du capital.

1) LA NECESSITE DE LA LUTTE ECONOMIQUE

a) La lutte économique est indispensable pour freiner le mouvement descendant du niveau de vie de la classe ouvrière, pour obtenir l’augmentation des salaires et de meilleures condtions de travail (retour aux 40 heures, etc.)

La vie montre qu’aucune loi sociale n’est jamais promulguée par l’Etat capitaliste, aucune amélioration n’est jamais consentie par les patrons sans la lutte unie de la classe ouvrière.

Toute conquête sociale est menacée par la bourgeoisie si elle n’est pas défendue par l’action ouvrière. Les atteintes portées par le pouvoir autoritaire aux conquêtes sociales montrent bien que celles-ci ne sont jamais acquises une fois pour toutes.

b) La lutte économique constitue, en outre, une école pour les travailleurs.

Elle prépare la classe ouvrière à des combats de plus grande envergure. Elle favorise le développement de la conscience de classe et de son unité de combat : elle aide à prendre conscien,ce de l’origine de classe des maux qui l’accablent, elle constitue une base importante de rassemblement de toutes les forces ouvrières contre les monopoles et leur instrument, le pouvoir personnel.

Aussi les communistes attachent-ils la plus grande importance à l’organisation des luttes économiques. Ils considèrent la défense des travailleurs, l’établissement de leurs revendications, l’organisation de leur union et de leur action pour les faire triompher, comme une tâche quotidienne impérieuse pour le Parti, pour chacune de ses cellules d’entreprises. Ils militent activement dans les syndicats et se préoccupent sans cesse de les renforcer et d’améliorer leur fonctionnement.

2 )NECESSITE DE LA LUTTE POLITIQUE

Les communistes considèrent qu’il n’est pas possible de s’en tenir à la lutte purement économique des ouvriers contre tel ou tel capitaliste, sans la relier à la lutte politique générale de la classe ouvrière contre la classe capitaliste.

a) La lutte politique contre le pouvoir des monopoles et pour ka conquête du pouvoir sur la bourgeoisie est nécessaire pour obtenir la libé »ration définitive de la classe ouvrière de l’exploitation et de l’oppression.

La lutte économique ne peut, par elle-même, soustraire le prolétariat à l’exploitation. Elle vise les effets du capitalisme (bas salaires, etc.) et non la cause fondamentale de la misère qui est le capitalisme lui-même.

C’est la raison pour laquelle les communistes, tout en organisant la lutte des travailleurs pour les revendications économiques, montrent aux prolétaires qu’ils ne peuvent améliorer radicalement leur sort dans ce régime. Pour supprimer définitivement l’exploitation, assurer le bonheur des travailleurs, il faut abolir le capitalisme, la propriété privée des moyens de production, et instaurer le socialisme qui seul apporte à tous une vie heureuse et cultivée.

b) La lutte politique est indispensable pour la réalisation des objectifs démocratiques immédiats de la classe ouvrière (paix en Algérie – désarmement – élimination du pouvoir personnel et rénovation de la démocratie).

Les victoires politiques de la classe ouvrière facilitent l’obtention de ses revendications économiques, l’amélioration de son niveau de vie.

La victoire du Front Populaire en 1936, a permis à la classe ouvrière d’importantes réformes sociales : augmentation des salaires, 40 heures, congés payés, etc. ; grâce à la victoire dans la lutte contre le fascisme hitlérien, après la guerre, elle a pu compléter ces conquêtes. La fin de la guerre d’Algérie, la réalisation des mesures de désarmement, facilitera l’obtention des revendications ouvrières (augmentation des salaires, abrogation des taxes de vie chère, etc.) La réalisation de la tâche capitale posée devant le mouvement ouvrier et démocratique à l’heure actuelle, la restauration et la rénovation de la démocratie, permettra un relèvement sensible du niveau de vie de la classe ouvrière ; la démocratie rénovée portera un coup à la toute puissance du capital : les richesses, fruit du labeur des travailleurs, ne seront plus accaparées par les trusts français et étrangers.

La tâche de la cellule d’entreprise ne peut donc pas se limiter aux questions économiques. Elle dirige et oriente la lutte des travailleurs contre le pouvoir personnel, pour la paix, les libertés, en tenant compte des conditions concrètes du lieu où elle rayonne.

CONCLUSION

La domination des monopoles aggrave à l’extrême l’exploitation des travailleurs.

Se battre contre l’exploitation et la surexploitation des travailleurs, contre la spoliation des masses laborieuses, c’est lutter contre l’épuisement et pour la vie normale du peuple, c’est lutter pour l’avenir de la France.

Pour que la classe ouvrière déploie largement ses forces, il est indispensable que le Parti, la cellule ripostent à l’offensive idéologique de la bourgeoisie, fassent la clarté sur la réalité de l’exploitation capitaliste, sur la communauté d’intérêts de tous les travailleurs, sur l’antagonisme fondamental qui les opposent au capital. Cette lutte est la condition première pour ouvrier des perspective à la classe ouvrière : elle lui montre que son salut réside dans la lutte contre les monopoles et leur politique et non dans la collaboration de classe ; elle est indispensable aux progrès de l’unité ouvrière, ainsi qu’à la réalisation de l’union de toutes forces démocratiques et nationales sur des bases justes. Elle est nécessaire pour faire comprendre aux ouvriers la nécessité de lutter pour en finir avec la domination du capital.

(Source: Gauche Communiste.net)

01/10/2009

Selon le bureau Fédéral du Plan: "...LE TAUX DE CHOMAGE AUGMENTERA ENCORE..."

... le taux de chômage augmentera encore ...

La croissance négative (-0,8 %) de l’emploi intérieur en 2009 est beaucoup moins marquée que celle de l’activité économique. En cas de repli conjoncturel, de nombreux employeurs optent, dans un premier temps, pour une baisse du nombre des heures prestées, entre autres via le système de chômage temporaire. La baisse tendancielle de la durée moyenne de travail se trouve donc renforcée par le contexte conjoncturel. Lorsque le repli perdure, les entreprises procèdent à des réductions d’emploi qui peuvent aller jusqu’au licenciement d’une partie de leur personnel. C’est un des facteurs qui expliquent pourquoi l’emploi intérieur n’a diminué qu’à partir du premier trimestre 2009.


Plan emploi

Compte tenu de la faible relance économique et de la progression limitée de la durée moyenne de travail à partir de la fin 2009, l’emploi n’augmenterait à nouveau qu’à partir du début 2011. Alors que les créations nettes d’emploi totalisaient encore 71 200 unités l’an dernier, les pertes d’emploi avoisineraient les 34 600 unités cette année. En 2010, les destructions d’emploi atteindraient 58 900 unités en moyenne. En 2011, la tendance s’inverse et on enregistre à nouveau des créations d’emploi, quelque 17.600 en moyenne.

Le taux d’emploi baisserait de 63,6 % en 2008 à 61,5 % en 2010 et 2011. Compte tenu de l’évolution de la population active, le nombre de chômeurs (y compris les chômeurs complets indemnisés non demandeurs d’emploi) devrait augmenter cette année de 53 900 unités, de 98 400 unités l’an prochain et de 23 300 unités en 2011. Le taux de chômage harmonisé (définition Eurostat) passerait ainsi de 7 % en 2008 à 9,6 % en 2011.

(Source: Bureau Fédéral du Plan)

29/09/2009

Le FMI, un ami qui vous veut du mal!

logo_attac(Source de cet article: ATTAC France)

À l’agonie il y a deux ou trois ans, ne trouvant plus d’emprunteurs, le Fonds monétaire international (FMI) apparaît pour l’instant comme le principal bénéficiaire de la crise globale. Le G20 lui accorde des fonds supplémentaires, on lui promet un champ d’action plus vaste, et à nouveau les pays emprunteurs sont contraints de passer sous les fourches caudines de ses plans d’ajustement structurel. Mais les choses ne sont pas si simples, car désormais un vent de fronde souffle au sein de l’Organisation des Nations unies dont, on a trop souvent tendance à l’oublier, le FMI est une agence. Et si l’ensemble des pays riches et pauvres s’entendent pour juger nécessaire une réforme du FMI, les uns et les autres ont une conception totalement différente de celle-ci. Reste à savoir si une telle réforme est souhaitable, et s’il ne vaut pas mieux carrément repartir de zéro.

Rappel historique et fonctionnement du FMI

Le FMI est né des accords de Bretton Woods, signés le 22 juillet 1944 par la plupart des nations alliées, soit quarante-quatre États sur quarante-cinq, l’URSS s’étant contentée d’un rôle d’observateur. Les mêmes accords créaient la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), principale institution financière de l’actuelle Banque mondiale. Il s’agissait alors de garantir la stabilité du système monétaire international (rôle du FMI) et de favoriser la reconstruction et le développement économique des pays touchés par la guerre (rôle de la BIRD). Dès la création de l’Organisation des Nations unies, les deux institutions en sont devenues des agences, mais elles ont réussi, grâce à leurs statuts et à la pression des États-Unis, à échapper à tout réel contrôle de l’ONU, et s’apparentent plus à des sociétés par actions qu’à des institutions démocratiques.

En effet, à la Banque mondiale et au FMI, le principe n’est pas un État = une voix, mais, comme on a coutume de le dire, un dollar = une voix. La répartition des droits de vote au FMI est le résultat d’une savante alchimie tenant compte pour l’essentiel des quotes-parts versées par chaque État membre. Ainsi, avec une quote-part de 17,09 %, les États-Unis disposent de 16,77 % des droits de vote, ce qui leur assure un droit de veto au sein de l’institution, car aucune décision importante ne peut y être prise si elle ne recueille pas au moins 85 % des voix. Plus généralement, la disproportion est flagrante entre les pays industrialisés (63,7% des droits de vote en 2000) et les pays en développement (29,3 %), les 7 % restants allant aux pays producteurs de pétrole, en particulier l’Arabie saoudite (3,3 %).

Chacun des 186 États membres est représenté au FMI par un gouverneur, qui est en général son ministre des finances (Christine Lagarde pour la France en 2009) ou le gouverneur de sa banque centrale. Mais le Conseil des gouverneurs n’a qu’un rôle très limité, puisqu’il ne se réunit qu’une fois par an. La gestion au jour le jour est confiée à un directoire de vingt-quatre personnes, appelé en français Conseil d’administration, en anglais Executive Board, composé de façon totalement antidémocratique : huit États privilégiés ont droit à leur propre administrateur (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Arabie saoudite, Chine et Russie), tandis que tous les autres sont forcés de constituer des groupes respectant un découpage géopolitique parfois assez étrange. Ainsi, le groupe représenté par l’Espagne comprend le Mexique, les États d’Amérique centrale et le Venezuela. On se demande quels intérêts communs peuvent avoir ces pays avec l’Espagne, dans un tel groupe aux relents colonialistes ! Chaque administrateur dispose du total des droits de vote attribués à son pays ou à son groupe. Ainsi, le groupe du Rwanda, composé de vingt-trois pays africains parmi les plus pauvres, dispose en tout et pour tout de 1,35 % de droits de vote.

Au sommet de la pyramide se trouve le directeur général, nommé pour cinq ans. Une règle tacite veut que ce poste soit occupé par un Européen, tandis que le président de la Banque mondiale est désigné par les États-Unis. Depuis sa création, le FMI a vu se succéder dix directeurs généraux, dont quatre Français : Pierre-Paul Schweitzer (1963-1973), Jacques de la Rosière (1978-1987), Michel Camdessus (1987-2000) et Dominique Strauss-Kahn depuis le 1er novembre 2007. Soit près de trente-cinq ans de présidence française (et ce n’est pas fini !), dont une vingtaine marquée par la tyrannie de l’ajustement structurel et ses conséquenes catastrophiques.

Les objectifs du FMI et ses échecs

À en croire son site Internet, le principal objectif du FMI est « d’assurer la stabilité du système monétaire et financier international ». Dans la même veine, le site précise qu’il s’agit de « promouvoir la stabilité économique et prévenir les crises ; contribuer à la résolution des crises, lorsqu’elles se produisent ; promouvoir la croissance et alléger la pauvreté ». Autant dire que le FMI a tout faux : il n’a jamais su prévenir les crises, en particulier celle que nous traversons, n’a jamais su les résoudre, n’a promu qu’un seul type de croissance (celui des pays riches que les pays pauvres devaient imiter, au détriment de leurs propres besoins ainsi que de l’environnement) et a alourdi la pauvreté au lieu de l’alléger. Quant à la stabilité du système monétaire et financier, il y a belle lurette que le FMI a échoué à la garantir.

Revenons en 1944 : la création du FMI avait pour but principal d’éviter que se produise une grande crise semblable à celle de 1929, avec son avalanche de dévaluations, de désordres économiques et de tensions politiques ayant entraîné la guerre. Pour cela, trois grandes règles avaient été fixées : chaque État devait définir sa monnaie par rapport à l’or ou au dollar américain, lui-même convertible en or ; la valeur des monnaies sur le marché des changes ne devait fluctuer que de 1 % par rapport à leur parité officielle ; pour défendre cette parité, chaque État avait pour mission d’équilibrer sa balance des paiements, le FMI pouvant lui prêter de l’argent à court terme pour qu’il parvienne à cet équilibre.

Ces règles, inspirées par le négociateur américain Harry Dexter White, ne plaisaient pas vraiment à John Maynard Keynes, représentant du Royaume-Uni, qui aurait préféré la création d’une banque centrale mondiale et d’une monnaie unique, qu’il appelait le bancor. Elles n’auraient pu fonctionner que si les États-Unis n’avaient pas abusé de la « planche à billets », entraînant le doute et la spéculation à l’encontre de leur monnaie. À la fin des années 1960, la tension était telle que le FMI décida en 1969 de créer sa propre monnaie, les droits de tirage spéciaux (DTS). Mais on retiendra surtout la date du 15 août 1971, à laquelle le président Nixon annonce la suppression totale de la convertibilité du dollar en or. C’est la fin des accords de Bretton Woods et le début du flottement des monnaies, entériné par les accords de la Jamaïque de janvier 1976. C’est peut-être aussi la fin du FMI, qui n’a apparemment plus guère de raison d’être, puisque deux de ses trois grandes règles viennent d’être enterrées.

Le FMI et les États endettés

Mais il reste la troisième règle, celle qui veut que les États fassent tout leur possible pour équilibrer leur balance des paiements. Or, l’augmentation des taux d’intérêt initiée par le gouvernement américain en 1979 pour vaincre l’inflation provoque une « crise de la dette » qui touche de plein fouet les pays du Sud. Ils avaient largement emprunté lors des deux décennies précédentes, à des taux raisonnables qui se trouvent brusquement multipliés par trois ou quatre, situation d’autant plus insoutenable que les cours des matières premières s’effondrent, accentuant le déséquilibre de la balance des paiements. Le paroxysme est atteint en 1982, lorsque le Mexique se déclare insolvable, suivi par l’Argentine et le Brésil. Que faire pour que les créanciers soient malgré tout remboursés ? Prêter, prêter encore, rééchelonner la dette, mais en imposant aux pays endettés les conditions draconiennes de plans d’ajustement structurel qu’ils devront réaliser par étapes, faute de quoi les prêts seront interrompus. C’est le FMI qu’on charge de la besogne, même si la Banque mondiale n’est pas en reste pour lui venir en aide. Contrairement à ce qu’on pense parfois, le FMI ne prête pas des sommes considérables. Par contre, c’est lui qui se charge des montages financiers, c’est donc lui qui décide si un prêt peut être accordé, mettant ainsi en confiance les autres bailleurs.

Damien Millet et Éric Toussaint (voir bibliographie) distinguent dans l’ajustement structurel des mesures de choc, à mettre en œuvre à très court terme, et des mesures structurelles à plus long terme. Parmi les premières, l’abandon des subventions aux produits et services de première nécessité, avec pour conséquence une hausse des prix insupportable pour les populations ; la réduction impitoyable des budgets sociaux, accompagnée de baisses de salaires et de licenciements dans la fonction publique ; la dévaluation de la monnaie locale (l’exemple le plus connu est celle de la dévaluation de 50 % du franc CFA en 1994) ; l’augmentation des taux d’intérêt, destinée à attirer les capitaux étrangers, mais qui ruine les petites et moyennes entreprises.

Les mesures structurelles sont constituées notamment par : le développement des exportations, condition nécessaire au remboursement de la dette, avec l’exploitation d’un ou deux produits au détriment de l’agriculture vivrière ; l’ouverture totale des marchés par la suppression des barrières douanières ; la libéralisation (ouverture à la concurrence) de l’économie, l’abandon des contrôles de mouvements de capitaux et la suppression du contrôle des changes ; une fiscalité aggravant encore les inégalités (baisses d’impôts sur les hauts revenus et développement de la TVA) ; les privatisations massives et le désengagement de l’État dans les secteurs concurrentiels.

L’ensemble de ces mesures, toutes inspirées de la pensée néolibérale, a été baptisé « consensus de Washington » par l’économiste John Williamson en 1989. Elles ont parfois réussi à rééquilibrer la balance des paiements, mais au prix de quels sacrifices pour les populations ! Elles ont surtout abouti à des échecs mémorables, l’un des plus spectaculaires étant la ruine de l’Argentine au début des années 2000, alors que le pays était considéré comme le meilleur élève du FMI. L’exemple argentin a conduit bon nombre de pays à rembourser leur dette au plus vite, afin de ne plus jamais avoir affaire au FMI et à ses remèdes de cheval. Et ainsi le Fonds, qui tire une grande partie de son budget de fonctionnement du service de la dette, s’est trouvé dans une situation financière bien inconfortable.

Mais la crise actuelle a ruiné en quelques mois bon nombre de pays qui avaient connu une croissance aussi spectaculaire qu’artificielle. C’est en particulier le cas de plusieurs nouveaux membres de l’Union européenne, qui avaient adhéré en 2004 ou 2007, ou encore de pays comme l’Islande, l’Ukraine, la Bosnie-Herzégovine et la Serbie, qui tous ont dû faire appel aux bons offices du FMI, dont les méthodes n’ont quasiment pas changé malgré les échecs précédents. Et donc, l’octroi des prêts est toujours soumis à ce qu’on appelle « conditionnalité » dans le langage du FMI, autrement dit à des mesures de choc censées assainir le budget des États emprunteurs. À titre d’exemple, le gouvernement letton a pris en juin 2009 toute une série de mesures que le Parlement a été contraint d’approuver : diminution de presque 25 % du salaire minimum, diminution de 35 % des dépenses liées aux salaires dans les ministères, baisse des retraites, augmentation des impôts. Ces mesures, qui s’ajoutent à celles prises quelques mois plus tôt (notamment la diminution de 15 % du salaire des fonctionnaires), ne satisfont pourtant pas le FMI, qui estime que les choses ne vont pas assez vite et refuse d’accorder la deuxième tranche du prêt promise à la Lettonie. Pendant ce temps, le chômage a augmenté de 150 % dans le pays !

Les bons conseils du FMI : l’exemple de la France

On aurait tort de croire que le rôle du FMI se cantonne à l’octroi de prêts. D’abord, il met à la disposition de ses États membres une « assistance technique », dont le Fonds nous précise qu’elle est destinée prioritairement aux pays à faible revenu et qu’elle est pour eux gratuite. De quoi s’agit-il ? Le site du FMI nous le précise : « L’assistance technique du FMI favorise la mise en valeur des ressources productives des pays membres en les aidant à gérer efficacement leur politique économique et leurs affaires financières. Le FMI aide les pays à renforcer leurs ressources tant humaines qu’institutionnelles et à formuler des politiques macroéconomiques, financières et structurelles adaptées. » Nul besoin d’être grand clerc pour deviner ce que peuvent être, pour les économistes du FMI, des « politiques macroéconomiques, financières et structurelles adaptées », et pour comprendre tous les avantages que le capitalisme néolibéral pourra tirer de cette prétendue générosité.

Mais la générosité du Fonds ne s’arrête pas là. Il dispense aussi annuellement ses conseils à tous les États membres, y compris les plus développés. Ses économistes visitent le pays, pointent du doigt les « bonnes mesures » et les insuffisances, et rendent publique une déclaration de fin de mission. Concernant la France, depuis quelques années le FMI est globalement satisfait des réformes « courageuses » entreprises par les gouvernements de droite successifs, même s’il regrette que ces réformes ne soient ni assez rapides, ni assez radicales. C’est ce que dit entre autres la déclaration de 2005 : «  Même si la détermination des autorités à avancer dans les réformes est courageuse, compte tenu en particulier du contexte difficile dans lequel elles s’inscrivent, il sera essentiel de renforcer encore davantage la dynamique des réformes. Dans le cas contraire, leurs bénéfices en termes de croissance et de création d’emplois risqueraient de rester limités ou de tarder à se concrétiser. » La même déclaration se termine par une recommandation qui, avec le recul, montre l’impéritie du FMI en matière de prévention des crises : « Les marchés hypothécaires devraient être encore développés, comme cela est prévu, en autorisant l’hypothèque rechargeable et en diminuant les coûts de transaction et de procédure légaux et réglementaires. » La déclaration de 2007 déborde d’enthousiasme, après l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République : « L’élection d’un nouveau président et la nomination d’un gouvernement ouvertement réformateur offrent à la France l’occasion historique de renouer avec une croissance soutenue où chacun verrait ses opportunités accrues. » Elle évoque aussi un problème cher au FMI, celui du salaire minimum, qui devrait être, sinon supprimé, au moins très éloigné du salaire médian : « La hausse tendancielle du SMIC, en renchérissant le coût du travail, a évincé les jeunes et les non-qualifiés du marché du travail. Elle a par ailleurs comprimé l’échelle des bas salaires et découragé le travail. Enfin, la politique des baisses de charges sociales, accordées pour tenter de compenser ces effets négatifs, a pesé lourdement sur les finances publiques. Par conséquent, nous saluons la décision de ne pas accorder de coup de pouce au SMIC en 2007 et suggérons qu’elle soit pérennisée. » Et puis, au cas où Nicolas Sarkozy n’y aurait pas pensé, le FMI l’encourage à une vraie rupture : «  Un élément essentiel des réformes menées en France doit être de rompre avec la tendance consistant à résoudre les difficultés économiques à l’aide des deniers publics. »

En 2008, la crise tempère l’enthousiasme du rapporteur, mais lui apporte un souffle poétique inattendu : « La France est bel et bien en mouvement, mais les vents contraires de la conjoncture internationale ont pris de l’ampleur. L’heure est venue d’accélérer encore la mise en œuvre d’une stratégie ambitieuse qui placera le pays sur un sentier de croissance plus élevée, tout en prenant des mesures décisives pour préparer les finances publiques à l’avenir. » Quant à la déclaration de 2009, rendue publique fin juin, elle estime que la France a mieux résisté que ses voisins à la crise (ce qui reste à prouver), mais s’inquiète de la flambée de la dette publique et suggère de nouvelles économies dans les dépenses publiques, par exemple en étendant aux collectivités locales la règle de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Et puis, preuve que les récentes déclarations de François Fillon ne tombent pas du ciel, elle propose de relever l’âge de départ à la retraite : « Nous encourageons le gouvernement et les partenaires sociaux à considérer sérieusement le relèvement de l’âge légal de la retraite, qui, à 60 ans, reste considérablement inférieur à celui des autres pays européens. »

Quel avenir pour le FMI ?

À la lecture de ce qui précède, on ne peut qu’être inquiet, voire révolté, lorsqu’on apprend que le G20 de Londres, en avril 2009, a proposé d’étendre les pouvoirs du FMI et de faire de lui le superviseur de la finance et de l’économie mondiales. Non seulement le FMI a toujours été incapable de prévenir les crises, mais il les a en grande partie provoquées, par exemple en encourageant les prêts hypothécaires ou en imposant la libre circulation des capitaux aux pays endettés, contrairement à ses propres statuts. Depuis quelques années, Joseph E. Stiglitz a mis en lumière les innombrables échecs du FMI, mais il a trop souvent le tort d’imputer ces échecs à des erreurs d’appréciation. Non, l’échec du FMI n’est pas dû à des erreurs ponctuelles, mais à une stratégie dûment préméditée, celle du capitalisme néolibéral, pour qui l’accroissement des profits de quelques-uns ne peut se faire qu’au prix de l’appauvrissement de tous les autres, et qui compte bien profiter de la crise pour resserrer l’étau sur les peuples du monde. C’est ce que Naomi Klein appelle la stratégie du choc.

Alors, réformer le FMI, est-ce possible ? L’Organisation des Nations unies veut y croire, et compte pour cela sur une redistribution des droits de vote au sein de l’institution. Ainsi, la déclaration finale de la Conférence de l’ONU sur la crise, tenue en juin 2009, souligne «  qu’il importe de réformer d’urgence la gouvernance des institutions de Bretton Woods, sur la base d’une juste et équitable représentation des pays en développement, afin d’accroître la crédibilité et d’élargir la responsabilité de ces institutions. Ces réformes doivent refléter fidèlement les réalités nouvelles et renforcer le point de vue, la voix et la participation des marchés émergents dynamiques et des pays en développement, notamment les plus pauvres d’entre eux. » Mais c’est sans compter sur les États-Unis et sur leur droit de veto au sein du FMI (droit de veto qui arrange d’ailleurs bien les autres grandes puissances). Le délégué américain John Sammis l’a d’ailleurs clairement dit à cette occasion : « Toute décision sur une réforme des institutions financières internationales ou de leur mode de fonctionnement est l’apanage de leurs actionnaires et de leurs conseils d’administration respectifs. » Ou encore, enfonçant le clou, il a indiqué que Washington ne considérait pas le document final comme « conférant aux Nations unies un rôle formel dans des décisions affectant les institutions financières internationales » (source : AFP, 27/06/09).

De toute façon, la seule réforme des droits de vote envisageable consisterait à adopter, aussi bien au FMI qu’à la Banque mondiale, le principe « un pays = une voix ». Et on n’en prend visiblement pas le chemin, ce qui rend impossible toute réforme profonde du FMI et de ses orientations. Dans ces conditions, ne faudrait-il pas abolir immédiatement le FMI (et aussi la Banque mondiale, n’en déplaise à J.-E. Stiglitz), et le remplacer par une institution mettant au premier rang la satisfaction des besoins humains fondamentaux, et non la recherche frénétique des profits financiers ?

Des conclusions inquiétantes

Le 29 juillet 2009, le Conseil d’administration du FMI a publié une « note d’information au public » concernant la France. Le dernier paragraphe, reproduit ci-dessous, trace une voie pour le moins inquiétante, d’autant qu’elle est en tous points identique à celle proposée par le gouvernement français : « Les administrateurs préconisent de poursuivre de manière soutenue le calendrier de réformes. Ils notent avec satisfaction que les autorités, tout en agissant à court terme pour combattre la crise, sont déterminées à s’attaquer aux faiblesses structurelles qui existent de longue date, en mettant l’accent particulièrement sur les réformes des marchés du travail et de produits. Pour stimuler la compétitivité et la croissance, préserver la viabilité des finances publiques et rehausser le niveau de vie, les administrateurs recommandent de prendre des mesures favorisant la création d’emplois, en particulier pour les jeunes, les travailleurs peu qualifiés et les seniors. Il s’agirait entre autres de continuer de faire preuve de modération dans l’établissement du salaire minimum, de mener des politiques actives telles que la formation des travailleurs et de relever l’âge légal du départ à la retraite pour promouvoir l’emploi des seniors. Les administrateurs saluent la mise en place récente d’une autorité unique en matière de concurrence et recommandent de s’inspirer de la directive de l’UE sur les services pour déréglementer certaines professions libérales. »

Lien internet : http://www.imf.org/external/french/...

Bibliographie sommaire :

- Attac, Que faire du FMI et de la Banque mondiale ?, Mille et une Nuits, 2002.
- Attac, Le Petit Alter, Dictionnaire altermondialiste, Mille et une Nuits, 2006.
- Damien Millet, Éric Toussaint, 60 Questions, 60 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale, CADTM et Syllepse, 2008.
- Joseph E. Stiglitz, La Grande Désillusion, Fayard, 2002.

Site internet :
- Le site du FMI, dont sont extraites la plupart des citations contenues dans cet article, notamment celles des déclarations de fin de mission. http://www.imf.org/external/french/...

11:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fmi, exploitation, capitalisme, societe |  Facebook |

27/09/2009

N)87 d'Etudes Marxistes - 20 ans après la chute du mur. Bilan et perspectives du socialisme.

cover87

 

Vingt ans après la chute du mur de Berlin, l’Union européenne s’apprête à de multiples festivités commémorant l’événement. Mais qu’y a-t-il à fêter pour la population de l’est de l’Europe ? Le taux de croissance exceptionnel dont ces pays ont bénéficié pendant quelques années était essentiellement basé sur un endettement sans précédent auprès des banques occidentales et s’est effondré avec la crise. Partout, le chômage croît. Des coupes sombres dans les budgets sociaux augmentent les inégalités et provoquent des manifestations.


Angela Barthes démontre comment les pays d’Europe postsocialiste sont également soumis, depuis la chute du mur, à une perte de population, pouvant atteindre près de 20 % dans certains pays.


Ce numéro comporte en plus des contributions de A. Mironov et V. Fedorov sur les conséquences désastreuses de la restauration du capitalisme en Russie et en Lettonie pour les jeunes et l’emploi.


La situation déplorable des pays de l’Europe de l’Est doit être imputée en premier lieu au renversement du socialisme dans la région. Même parmi les communistes, on entend plusieurs explications de ce renversement. Les thèses du 18e congrès du Parti communiste de Grèce sur le socialisme analysent comment au fil des années l’abandon des principes socialistes dans l’économie a pu préparer la naissance d’une couche privilégiée. Pour les communistes grecs, cette évaluation critique ne remet nullement en question la nécessité et l’actualité du socialisme. Au contraire.


La crise aidant, le moment est venu de relancer la discussion sur toutes les leçons à tirer des expériences passées, mais aussi actuelles. Pol De Vos livre ainsi une analyse du processus de transformation au Venezuela et de ce que Hugo Chávez appelle « le socialisme du 21e siècle ». (lire plus et commander ce numéro)

 

17:15 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marxisme, analyses, philosophie, economie |  Facebook |

20/09/2009

Et si les riches payaient la crise?

Récupération d'une revendication du Parti du Travail de Belgique?

On dirait bien, car un article publié dans le dernier n° du télémoustique fait mention d'une meilleure taxation des super-riches. Serait-elle donc enfin envisageable dans un avenir proche ? Prendrait t'on enfin conscience, dans cette société capitaliste, à fortiori essentiellement basée sur l'exploitation des travailleurs, que rétablir un équilibre dû à l'exagération spéculative de la minorité profiteuse, permettrait à la majorité de la population de ne pas plonger dans la précarité et la pauvreté ?

Alex

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(Extrait de l'article paru dans le magazine télémoustique, semaine du 16/09/2009)


cover_4364_small_rdax_142x193Les responsables du krach sont les premiers à renouer avec les bénéfices. Pendant ce temps le déficit se creuse et le chômage explose.
En 2010, alors que d'autres commenceront à se relever, la Belgique commencera à souffrir.

Première loi de l'économie: "Pour tout économiste, il existe un économiste d'avis contraire." Seconde loi de l'économie: "Ils ont tous les deux tort." Ce qui suit serait donc une bonne nouvelle: depuis le début du mois de septembre - soit très exactement un an après le krach du siècle -, les experts sont unanimes. Nous entrevoyons la fin du tunnel, la reprise s'annonce, le plus fort de la crise est derrière nous.

A la Sonaca aussi, on est unanime, quoique moins enthousiaste. Ici, la reprise, on n'en verra pas la couleur. Environ 440 employés de la société aéronautique viennent de s'entendre dire qu'ils seront bientôt virés. Malentendu ou mauvais timing, sans doute. A la faveur de ce rebond économique, leur direction devrait décider de ne pas leur envoyer leurs C4. Ou, au pire, les réengagera bientôt. Non? Non. Reprise ou pas, ils rejoindront les 125.000 Belges promis au chômage d'ici fin 2011, si on en croit le Bureau du Plan. Troisième loi de l'économie: "Pour un économiste, la vie réelle est une exception statistique."

Blague à part, cette crise va définitivement nous fâcher avec les chiffres. Il y a un peu plus d'un an, la maison Fortis évoquait des pertes "virtuelles". Quelques semaines plus tard, l'épargnant était réellement ruiné. Aujourd'hui, la presse financière titre: "Les Bourses en pleine euphorie." Car, c'est vrai, comme l'ont observé les experts, plusieurs indicateurs ont repris des couleurs: depuis l'été, la croissance renoue avec des chiffres positifs. Faibles, mais positifs. En Bourse, les titres du Bel 20 repartent. Ils ont gagné plus de 50 % ces derniers mois, à mi-chemin des cours record de l'été 2007. Dans les banques, l'octroi de crédit - le nerf de la guerre - est reparti à la hausse. Globalement, donc, cela va mieux que prévu. Et pourtant, c'est pire.

La reprise bikini
Cette reprise est en fait une reprise bikini. Elle suscite quelques ardeurs, mais elle cache l'essentiel: pour la plupart, le plus dur reste à venir. Pour l'instant, les chiffres du chômage n'ont pas encore explosé. Entre 2008 et aujourd'hui, ils ont progressé d'un seul pour cent. Attention, c'est une nouvelle ruse. Plus que d'autres, la Belgique est exposée à "l'effet retard". Le paradoxe sera cruel. Cette année, au plus fort de la crise, nous avons pu en limiter les effets. En 2010, alors que d'autres commenceront à se relever, nous commencerons à souffrir.

Pourquoi cette exception belge? Dans un pays comme le nôtre, où l'emploi est relativement protégé, le gouvernement a pris des mesures pour élargir le chômage dit "économique" aux employés, histoire qu'ils ne perdent pas leur emploi. Du moins pas tout de suite. Ensuite, quand bien même les entreprises finissent par renvoyer du personnel, les préavis et autres procédures légales postposent le moment où les infortunés s'inscrivent réellement au chômage, bons pour l'inventaire. Bref, des mauvaises nouvelles, il y en aura. Mais nous les apprendront plus tard que d'autres.
[...]

Une révolution manquée
Faire banquer les nantis suffira-t-il à les assagir? On peut ne pas partager l'optimisme tout neuf de Didier Reynders. Avant tout le monde, la finance a déjà renoué avec les profits, comme le prouvent les milliards actuellement provisionnés par les banques pour offrir de faramineux bonus à leurs dirigeants (voir ci-dessous). Chez ceux qui criaient au naufrage il y a quelque mois encore prévaut aujourd'hui le "tout va bien", drapé dans un sentiment d'impunité.

"Les banquiers ont fini par croire qu'on leur viendrait toujours en aide, quelles que soient les bêtises qu'ils puissent commettre, se désole Eric De Keuleneer, professeur à Solvay. Les banques belges appliquent très bien le principe du "too big to fail" ("trop grand pour échouer"). Elles savent que, à la moindre difficulté, elles peuvent prendre les pouvoirs publics en otage en leur faisant craindre la faillite." De l'autre côté de l'Atlantique, le prix Nobel d'économie Paul Krugman tire le même constat: "Tout va recommencer." Peut-être avons-nous sauvé l'économie trop tôt, "avant qu'une volonté politique en faveur d'une réforme fondamentale n'ait été suffisamment forte pour susciter des changements". Malheureusement, ce n'est sans doute pas la crise, mais la révolution qui est déjà derrière nous.
Jean-Laurent Van Lint

Taxer les grandes fortunes?
Le trou budgétaire de l'Etat belge frôle les 25 milliards €. Où les trouver? Pourquoi ne pas s'inspirer des derniers pays européens à encore appliquer l'impôt sur la fortune (France, Liechtenstein, Norvège et certaines régions suisses)? D'après une récente estimation, la Belgique compterait 59.000 millionnaires. C'est 13.000 de moins que l'année précédente, la crise a frappé partout. En moyenne, ils détiendraient chacun 2,2 millions €. Soit un total d'environ 130 milliards €. Ensemble, nos millionnaires ont donc de quoi combler plus de cinq fois le déficit de l'Etat belge. On peut rêver. Mais eux, qu'en pensent-ils?

Laurence - Fortune: entre 2,5 et 3 millions €
Un impôt exceptionnel de crise sur la fortune de Laurence (par exemple 10 %)? "Je vais répondre non. Lorsque j'étais adolescente, la mort de mes parents m'a causé énormément de difficultés. Je n'ai pas fait les études qui me permettraient d'avoir un travail intéressant financièrement. De plus, je dois "tenir" avec ce patrimoine. D'autres "riches" hériteront encore au décès de leurs parents, moi pas. Ceci étant, je suis d'accord que les très nantis contribuent plus, voire beaucoup plus. J'en connais certains qui, même si vous leur prélevez 40 % de leur patrimoine, ne verront aucune différence dans leur niveau de vie. Il y a riches et riches."

Jean-Pascal - Fortune: plusieurs dizaines de millions €
Très riche, Jean-Pascal vit entre le Brabant wallon et le sud namurois, où il possède un château. Grâce surtout à la famille de son épouse, actionnaire d'une holding de référence, ses avoirs se comptent en "plusieurs dizaines" de millions. Imposer fortement son patrimoine? La réponse à notre question est brutale: "Mais enfin non! Et l'année prochaine, et l'année suivante, si l'Etat est en déficit, on nous demandera encore de payer, si la crise est toujours là? Moi je travaille dur dans la holding, et nos filiales donnent du travail à beaucoup de gens. Et puis, toucher au patrimoine, non!"

(source: site du télémoustique)

13/09/2009

Le syndicalisme actuel peut-il stopper l'hégémonie capitaliste?

Le contexte actuel de crise structurelle du système capitaliste permet sa remise en question, certes. Les économistes de tout poil s'ingénient à publier une multitude d'ouvrages sur la question, se basant entre-autres sur des concepts tantôt marxistes, tantôt keynésiens. Les statistiques viennent aussi en aide, illustrant une analyse détaillée de la situation dans un contexte historique. Le matérialisme dialectique permet aussi un développement qualitatif, s'il est bien interprété.


A la question posée dans le titre de cet article, à savoir si la pratique actuelle du syndicalisme peut modifier favorablement le paysage de notre société actuelle, dont l'économie capitaliste montre un essoufflement, voire des limites encore jamais atteintes jusque maintenant.


Les structures syndicales ont pour but le rassemblement des forces productives, la masse salariale, les travailleurs, le prolétariat. Cela dit, les divisions de ces structures par leur démultiplication, a créé la division des travailleurs eux-mêmes. Et surtout, la collaboration de ces structures avec le politique en place, tant socio-démocrates que les autres, ont provoqué la mutation du combat syndical [de lutte] en combat syndical [de négociation]. Ce qui permet la constatation que d'une structure combattive pure, le syndicalisme est passé dans le mode réformateur, voire même de collaboration [par effet de parlementarisme] avec le patronat. Ne dit-on pas que patrons et syndicats sont des "partenaires sociaux"?


Certes, dans certains pays de l'Union Européenne, çà et là des organisations syndicales se démarquent plus que d'autres, par des actions parfois plus dures. Mais nous ne retrouvons plus ces luttes qui ont fait jadis la gloire des mouvements syndicaux dignes de ce nom (fin du 19ème siècle, années 1930, années 1960). Le mouvement ouvrier est bien loin derrière nous!


Le syndicalisme est-il devenu malade? A proprement parler, non. Mais il s'agit très certainement d'un engourdissement savamment orchestré par le pouvoir politique [soutenant l'économie de marché, donc le capitalisme] sur la chose syndicale.


Le remède, pour en revenir à un syndicalisme globalement plus efficace et digne de ce nom, serait de recréer cette indépendance politique réformatrice, pour en revenir à des concepts plus révolutionnaires (dans le sens péjoratif du terme). C'est-à-dire un syndicalisme qui ose proposer des modifications structurelles profondes, soutenu en cela par la force de travail, la masse des travailleurs, qui constituent la toute grande majorité des populations (lesquelles populations, exploitées par ce système capitaliste décadent). Le syndicalisme doit-il donc se désolidariser de la politique? Non, car un support philosophique à l'origine d'une politique doit être à la base de tout mouvement syndical, afin de pouvoir fédérer les masses tout en ayant une structure homogène le permettant. Et donc plus que certainement, le syndicalisme devrait se tourner vers des politiques plus adaptées aux luttes qu'il devrait mener, qu'il est censé mener.


Ce petit mot ne donne évidemment pas tous les éléments nécessaires, dont l'analyse pourrait faire l'objet de bouquins entiers, mais jette les bases d'une pensée, d'une réflexion, que toutes et tous nous devrions avoir, pour sortir notre société du marasme dans lequel l'économie capitaliste est capable de jeter des peuples entiers, pour la seule satisfaction d'une petite poignée de nantis exploiteurs; ces gens peu scrupuleux, bien capables de provoquer les guerres les plus atroces et les plus destructrices, pour leur seul et unique bonheur égoïste.

Alex 

23/05/2009

Vidéos très intéressantes

08:18 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : societe, ptb, politique, elections, socialisme, social, democratie |  Facebook |

13/07/2008

Crise financière en vue ?

Crise financière : Jusqu’où ira-t-elle ?

« La pire chute de la Bourse de Bruxelles depuis 21 ans », titre le Soir. Les banques Fortis et Dexia plongent. L’inflation dépasse les 5 %. Une grave crise économique s’annonce.

François Ferrara

Photo Solidaire, Salim Hellalet

Pas un jour ne passe sans une annonce de pertes massives dans le milieu financier. La perte totale par les banques atteindrait les 945 milliards (près de 600 milliards d’euros) selon le Fonds Monétaire International. Cela ne devrait pas s’arrêter car Fortis chez nous, la Royal Bank of Scotland et Barclays s’attendent à un effondrement du système bancaire sous peu. « Une période très dangereuse se rapproche rapidement - soyez prêts », met en garde Bob Janjuah, l’analyste  de la banque écossaise .

« Nous sommes dans une mauvaise passe. Il y a à l’heure actuelle un choc inflationniste. Cela va s’avérer très négatif pour les actifs financiers. Nous allons nous mettre en position défensive. Les investisseurs s’en sortiront bien s’ils parviennent à préserver leurs patrimoines », a déclaré Tim Bond, le stratège du groupe Barclays Capital, la filiale de la Barclays Bank spécialisée dans la gestion des grosses fortunes. « La situation aux États-Unis est bien pire que nous le pensions », annonce Maurice Lippens, big boss de la Fortis, « on prévoit quelque 6 000 faillites parmi les banques américaines qui ont actuellement une faible couverture. Mais des groupes comme Citigroup, General Motors, Chrysler peuvent être emportés. Un effondrement total s’amorce aux États-Unis.

Nous sommes ainsi au début d’une crise économique d’envergure sous tous ses aspects : économique, financier, industriel, alimentaire et énergétique vu la flambée des coûts. Elle est due au fonctionnement même du système capitaliste (voir l’article sur la spéculation)

Faut-il craindre pour l’avenir de votre épargne ?


Dans l’immédiat, faut-il craindre pour l’avenir de votre épargne, qu’elle soit sous forme de comptes épargnes, de fonds de pension ou d’actions ?
Si d’aventure, vous avez quelques actions à risque, vendez-les, c’est ce que conseillent les banques des grandes fortunes.

Mais faut-il craindre pour votre compte d’épargne ? Avec une chute des cours boursiers de nos principales banques en Belgique, plus de 40 % pour Fortis et Dexia, -27 % pour la KBC, soit de  2,4 milliards d’euros de dépréciations d’actifs, il y a de quoi s’inquiéter.

En économie, le risque de faillite n’est jamais nul mais, dans notre pays il existe des mécanismes pour protéger les comptes épargnes, comptes à vue et comptes à termes. Si une banque fait faillite ou s’avère incapable de respecter ses obligations, le Fonds de protection des dépôts et des instruments financiers (par la loi du 17 décembre 1998 il est constitué par des dépôts de chaque grande banque) pourra intervenir jusqu’à concurrence de 20 000 euros par personne et par compte épargne. De quoi être rassuré dans un premier temps. Même si plusieurs banques devaient tomber en faillite, l’Etat peut, à l’instar de ce qui a été fait aux USA, mettre un très gros montant sur la table afin de sauver les banques. Ou faire comme le gouvernement britannique qui a nationalisé la Northern Rock, une banque tombé en faillite l’hiver dernier.

Mais attention, dans ce cas, ce sont les travailleurs qui, avec leurs impôts, couvrent les pertes de ce genre de banques. Et comble, le gouvernement britannique a déjà annoncé que la Northern Rock serait reprivatisée dès que sa situation se serait améliorée.

C’est la logique des Etats capitalistes qui nationalisent les pertes et qui privatisent les profits en laissant les travailleurs supportés seuls la crise.

Le problème se limite-t-il aux banques ?


Un tel scénario pourrait-il arriver dans d’autres pays européens ? On peut le craindre. Le 3 juillet, le célèbre groupe financier Goldman Sachs a averti qu’il manque entre 60 et 90 milliards d’euros pour consolider les fonds propres des banques européennes. Les banques belges pourraient alors quand même s’effondrer par l’effet domino. L’imbrication des banques en Europe entre elles est telle que si une seule venait à faire faillite – pour autant qu’elle soit d’une certaine taille - elle pourrait faire tomber les autres.

Le problème se limiterait-il aux banques ? Pas vraiment. Des banques en difficulté restreignent leurs crédits et donc affectent lentement mais sûrement l’économie réelle, l’industrie.

Les risques de chute brutale des actions industrielles deviennent réalité. Le cours de General Motors a chuté ainsi la semaine dernière, atteignant  son cours de… 1954, ruinant des milliers de petits épargnants. Renault et Peugeot ont vu aussi leur valeur chuter de moitié . Les nuages s’amoncellent aussi pour les travailleurs.

08:32 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : capitalisme, exploitation, speculation, profits |  Facebook |

05/03/2008

L'impôt, les riches, et la fortune (1)

 

La propriété privée des moyens de production enrichit très bien la classe la plus aisée, au détriment de tous les autres, ...la suite en images ...

 

L'impôt, les riches, et la fortune (2)

 

La propriété privée des moyens de production enrichit très bien la classe la plus aisée, au détriment de tous les autres, ...la suite en images ... 

 

04/03/2008

Le "Frankenstein fiscal" du Dr Reynders.

 

Tout ce que vous n'auriez jamais dû savoir sur les intérêts notionnels

Combien vont finalement coûter les intérêts notionnels?

  • Depuis quand Reynders savait-il que son estimation initiale était fortement sous-évaluée?
  • Ce coût va-t-il encore augmenter à l'avenir?
  • Les intérêts notionnels ont-ils créé des investissements et des emplois?
  • Quelle est la véritable raison ayant poussé à la création des intérêts notionnels?
  • Comment fonctionnent les montages fiscaux réalisés par de grandes entreprises?
  • Comment Reynders s'est-il rendu complice des abus dont ils nient l'existence?
  • Pourquoi les intérêts notionnels augmentent-ils l'inégalité entre les entreprises?
  • Quel est le véritable taux d'impôts payé par les sociétés belges?
  • Combien vous coûtent les intérêts notionnels?
  • Faut-il réformer ou supprimer cette déduction fiscale ?

Titre : "Le Frankenstein fiscal du Dr Reynders"

Sous-titre : "Tout ce que vous n'auriez jamais dû savoir sur les intérêts notionnels"

Auteur : Marco Van Hees

Format : pdf (843 Ko), 40 pages A4 + annexes.

  La brochure peut être téléchargée à l'adresse suivante :

http://www.ptb.be/fr/nouvelles/article/article/une-brochu...

 

12/01/2008

 

Note Verhofstadt: no future pour la Sécu et la Belgique

Pour le PTB, la note Verhofstadt n’est pas la solution pour la réforme de l’Etat. Avec un agenda néo-libéral, cette vision pousse dans le sens de la scission de la Sécu. Des raisons pour une autre réforme de l’Etat, démocratique et solidaire, existent pourtant.

URL de l'article entier:

Cliquez sur ce lien 

20:44 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : secu, exploitation, neo-liberal, verhofstadt, reynders, reforme, etat |  Facebook |

04/01/2008

les pratiques douteuses du directeur général de l'IDEA.

De : Dr Jan Keijzer

Conseiller communal PTB+ à La Louvière


Communiqué de presse

Les pratiques douteuses du directeur général de l’Idea

Divers mandataires politiques liégeois ont été épinglés dans la presse, récemment, pour avoir cédé à leur propre SPRL leur siège d’administrateur dans certaines sociétés publiques. Ceci à des fins d’enrichissement personnel puisque leur rémunération est moins taxée en société qu’en personne physique. De plus, cela leur permet de contourner la règle qui limite le revenu total d’un mandataire public à une fois et demie le salaire d’un député.

Ce que la presse ne semble pas avoir dévoilé, c’est que cette pratique se rencontre également dans le Hainaut. Par exemple, en la personne de Jean-François Escarmelle, directeur général de l’intercommunale Idea. Ce proche d’Elio Di Rupo compte pas moins de 40 mandats (9 étant rémunérés), sans compter son emploi de chargé de cours à l’Université Mons-Hainaut. Parmi les mandats rémunérés, celui d’administrateur de la Socofe, un holding public qui fédère des intérêts communaux et intercommunaux wallons.

Les annexes du Moniteur (13-11-2007) ont publié cet extrait du procès-verbal du conseil d’administration de la Socofe tenu le 17 septembre 2007 : « Le conseil prend acte de la démission de leur mandat d’administrateur de Messieurs André Gilles au 01/06/2007 et Jean-François Escarmelle au 01/07/2007. Afin de pourvoir à leur remplacement, il désigne à titre provisoire la SPRL SGM représentée par Monsieur André Gilles et la SPRL Gestion-Innovation représentée par Monsieur Jean-François Escarmelle. » Ce P-V est signé par le président de la Socofe, Jean-Claude Marcourt, également ministre wallon de l’Economie.

La SPRL Gestion-Innovation a été constituée le 15 mai 2007 par Jean-François Escarmelle et ses deux fils. Elle a pour objet social, notamment, « la réalisation de prestation de gestion, d’administration, de management, pour compte de tiers. » Et aussi : « La gestion de son patrimoine mobilier et immobilier. » En clair, les rémunérations de la Socofe seront versées à cette SPRL à des conditions fiscales favorables et celle-ci pourra avec ces sommes acquérir des biens mobiliers et immobiliers et se transformer ainsi en société patrimoniale familiale (ce qui permettrait aussi, potentiellement, aux héritiers de Jean-François Escarmelle d’échapper aux droits de succession) .

Le PTB dénonce de telles pratiques. Le recours à l’ingénierie fiscale ne nous étonne plus trop lorsqu’il est le fait d’administrateurs de sociétés privées à la recherche du profit maximal. Il est, par contre, particulièrement choquant venant de mandataires qui gèrent les affaires publiques. Et a fortiori de socialistes qui prétendent défendre les intérêts du peuple.

Les mandataires du PTB vivent avec un salaire modeste et reversent intégralement leurs jetons de présence à leur parti. Moi-même, j’ai reversé l’intégralité des jetons de présence (plus de 900 euros jusqu’ à ce jour) perçus depuis mon élection au conseil communal de La Louvière. Nous pensons qu’on ne peut défendre réellement la population lorsque son revenu dépasse largement le revenu moyen.

18:55 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : profit, fiscalite, fraude, politique |  Facebook |

20/12/2007

La face "à peine" cachée de Didier Reynders.

Didier Reynders, L'homme qui parle à l'oreille des riches

Didier Reynders

Parution : 26/04/2007

 

Didier Reynders
L'homme qui parle à l'oreille des riches
Marco Van Hees

Les holdings d’Albert Frère paient moins d’impôts que sa concierge. Par ailleurs, le financier carolo a reçu à dîner Didier Reynders et sa famille dans sa somptueuse villa de Marrakech...
Y a-t-il un lien de cause à effet entre ces deux faits ? Disons plutôt qu’ils sont deux manifestations de la politique du ministre des Finances et de ses liens avec les grands dirigeants d’entreprise. Reynders prétend qu’il a réduit la pression fiscale. Pour les plus nantis, c’est clair. Mais pour le commun des contribuables, les chiffres sont loin d’en attester.
Cet ouvrage passe en revue les huit années du ministre au cabinet des Finances (1999-2007), en évaluant les conséquences de son action pour la population, les entreprises, les grosses fortunes et les fraudeurs. Le bilan est fabuleux... pour certains.

Licencié en sciences politiques (ULB), Marco Van Hees est à la fois journaliste et fonctionnaire au ministère des Finances. Il est l’auteur de C’est pas nous, c’est eux. Les fondements idéologiques de l’antitiers-mondisme (1990) et La fortune des Boël. Un énorme patrimoine, une immense dette sociale (Aden, 2006).

 

Peut être commandé via ce lien.

 

12:40 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |