21/11/2010

Rompons le blocus de l’information !

Rompons le blocus de l’information !

Posted 14 novembre 2010 by cubanismo

Dr. med. Martin Herrmann*

 

medicoscubanos1.jpgDe profonds changements économiques sont en cours à Cuba, y compris dans le secteur de la santé. Le gouvernement a appelé à une utilisation parcimonieuse des ressources dans les hôpitaux.

 

Immédiatement, de nombreux médias occidentaux ont prétendu que l'éducation et la santé allaient connaitre un processus de privatisation. Ils reproduisaient un article publié par le quotidien argentin de droite «Clarín », déformant une déclaration de la ministre cubaine des affaires sociales.

 

Pour Cuba, l'éducation et la santé restent prioritaires et publiques, le gouvernement est convaincu de leur importance et maintient ces acquis de la révolution par tous les moyens. C’est un exemple de la guerre de désinformation que livrent les États-Unis à Cuba, en complément à l'agression économique qu'ils pratiquent sans succès depuis plus de 50 ans.

 

Les médias européens n’évoquent pas les effets sournois et concrets du blocus. C'est particulièrement le cas pour les mesures les plus absurdes: un internaute cubain ne peut accéder à de nombreux sites. Non pas, parce que le gouvernement cubain l'interdirait, comme le prétendait il y a quelques jours Tomás Bilbao, ancien haut fonctionnaire du régime de G.W. Bush, à propos de Twitter. Mais bien parce que, comme l'a du admettre ce réseau (1), ces sites interdisent l'accès à des requêtes provenant d'une adresse à Cuba.

 

La littérature médicale, dont une grande partie est éditée aux États-Unis ou par des éditeurs y ayant de gros intérêts commerciaux, est quasiment inaccessible. Quant aux sites internet correspondants, beaucoup refusent la connexion depuis Cuba. A croire que la lecture d'articles médicaux par des médecins cubains affecterait les intérêts et la sécurité des États-Unis... La désinformation est systématique et traverse également les médias européens comme un rouleau compresseur. C'est aussi cela, la guerre des États-Unis contre son petit voisin.

 

Un exemple illustratif concerne Haïti: au moment du tremblement de terre, plus de 400 médecins cubains étaient sur place et ont pu apporter une aide immédiate. A ce jour, plus de 1500 cubains ont soigné plus de 227 000 victimes. Pour comparaison: les EU ont dépêché 10 000 militaires et 500 professionnels médicaux qui se sont occupé d'environ 800 blessés! Pourtant, l’aide de Cuba n’est pas mentionnée dans la presse!

 

Les échanges scientifiques représentent un besoin essentiel pour les médecins de toute spécialité. Nous sommes très engagés dans ce domaine: des spécialistes cubains sont invités pour des formations complémentaires en Europe. En octobre, deux pédiatres se sont rendus à Cuba pour partager leur expérience avec les pédiatres de La Havane. Divers chirurgiens se rendent régulièrement en province : leur objectif est d’enseigner des techniques d’intervention plus efficientes et moins invasives; il s'agit d'un moyen d'optimiser les ressources hospitalières. Et de rompre, en même temps, le siège médiatique. Nous poursuivrons notre soutien au système de santé cubain, plus que jamais!

 

* l’ auteur est co-président de MediCuba-Suisse - www.medicuba.ch

 

(1) http://www.rebelion.org/noticia.php?id=114489

31/10/2010

Stratégie de Lisbonne : attention, chute d’emplois !

(Extrait du site de Mochel Collon "INVESTIG'ACTION")
Henri Houben
28 octobre 2010

carhaixjpg-ccca0-9726a.jpgAprès Europe 2010, il y aura l’Europe 2020. C’est la preuve que la Commission sait compter. En revanche, tirer un bilan objectif lui semble une tâche autrement plus ardue. En effet, l’Europe 2020 a pour caractéristique de remplacer la stratégie ou le processus de Lisbonne qui affecte toute la politique socio-économique dans l’Union, à l’insu du grand public. Cette dernière a fixé les cibles d’un taux d’emploi de 70% et d’une part de R&D de 3% du PIB pour 2010. Sans y parvenir. Et que propose Europe 2020 ? La même chose. On ne change pas une politique qui échoue, telle est la devise de la Commission.

 

...Lire la suite de l'article....

28/08/2010

Le capital et la dislocation. Le réformisme de la crise à la mondialisation

Le capital et la dislocation. Le réformisme de la crise à la mondialisation (Source: "Econosphères.be")

Publié à l’origine dans l’ouvrage « Les socialistes et le pouvoir » en 1998, cet article porte sur le rôle économique dévolu à l’État dans la mondialisation et le poids grandissant du paradigme néolibéral dans l’élaboration des politiques économiques.

Gabriel Maissin
Article mis en ligne le 18 août 2010

 Réformisme et politique économique face à la mondialisation

Il fut un temps où l’on trouvait au sein de la gauche, y compris la plus réformiste, une critique du capitalisme dans son fondement économique. Ses structures et son fonctionnement devaient être mis au pas, pour permettre l’émergence d’une organisation sociale alternative. Non seulement plus juste socialement, mais économiquement plus favorable au développement. Du “planisme” d’un De Man, à “l’Alternative progressiste” (1977) de la FGTB en passant par la célèbre brochure du syndicaliste wallon André Renard, “Le socialisme par l’action” (1958) [1], on retrouve sans peine cette tradition au sein du mouvement ouvrier belge. Le programme de l’Union de la gauche française, à la veille de la victoire de Mitterrand, fournit sans doute le dernier prototype de ce réformisme anticapitaliste. Un anticapitalisme qui ne remet pas en cause l’existence même d’un secteur d’économie privée, mais dont le programme de “réformes de structures” constitue tout au moins un axe de contestation de son hégémonie. Nationalisations ou socialisations de secteurs stratégiques, planification de l’économie, contrôle ouvrier, ... avaient droit de cité.

Aujourd’hui, la simple évocation de telles interventions sur les structures économiques apparaît d’une incongruité totale. La tendance dominante au sein du réformisme n’est plus à la transformation économique, même si l’on veut éviter la “sauvagerie” du marché, dénoncer la “folie” du règne de l’économie financière ou encore prévenir les dangers de la compétitivité “poussée à outrance”. Face à ce qu’il est convenu d’appeler depuis peu “les contraintes économiques”, le réformisme semble évanescent. En matière économique, le réformisme a t-il encore quelque chose à dire ?

Certes, la politique du gouvernement Jospin, n’est pas celle de Thatcher. Mais, celle de Tony Blair pourrait bien en être un prolongement, intelligent et moderne. Et existe-t-il une différence de nature entre les privatisations de Belgacom, de British Telecom, de France Telecom, ou de Telecom Italia ?

Au-delà de toutes les distinctions possibles, tout se passe comme si après avoir tenté de modifier le régime économique, puis de l’amender substantiellement, puis encore de le contrôler, le réformisme en est venu à l’accepter dans son essence même, à le faire sien. La voie des réformes graduelles s’est enlisée, pire, elle n’a pas résisté à ce qu’il est convenu d’appeler la crise de l’État-providence, et elle s’est éteinte. L’écroulement des “économies de commandement” [2] des pays de l’Est a accentué cette évolution en accréditant l’idée d’un seul modèle possible : l’économie de marché.

Mais ne nous laissons pas subjuguer. Cette vision du capitalisme triomphant doit être prise pour ce qu’elle est : le discours des vainqueurs. Il présente l’état actuel comme inéluctablement inscrit dans le cours de l’histoire. Il néglige l’essentiel ; l’histoire est en dernière instance le produit de l’action et des choix des groupes sociaux. Que ces choix se réalisent dans un environnement social portant les traces, les conditionnements et les contraintes du passé, c’est évident ! Mais, cela n’infirme en rien l’existence de ces choix.

C’est ce que prétendait, à sa manière, un certain réformisme anticapitaliste en défendant la possibilité d’un changement, fût-ce d’une manière graduelle. Toute conquête, même la plus partielle, faisait partie de ce chemin vers le progrès social. [3] Aujourd’hui, cette notion de progrès social a fait place à celle d’adaptation de nos sociétés aux “bouleversements” en cours, au tout premier rang desquels ceux de l’économie. La prise en compte, puis l’adaptation à “la contrainte économique” semblent être, non seulement une preuve de réalisme, mais aussi la base même de tout programme réformiste.

Or, l’économique, pas plus qu’une autre instance, ne constitue une espèce de champ clos, au sein duquel nous serions obligés de nous débattre sans pouvoir en sortir. Il est lui-même un produit de stratégies, de coalitions d’acteurs, d’offensives et de renoncements. C’est ce qu’essaie de montrer ce texte en examinant successivement :
• comment les politiques d’austérité, réponses au déclenchement de la crise des années 1974-75, ont mis en cause non seulement les compromis économiques et sociaux de l’État-providence [4], mais aussi ont ouvert la voie à de nouvelles politiques économiques néolibérales avec pour leitmotiv “moins d’État”.
• comment, sur base de cette nouvelle régulation néolibérale, se dessine une nouvelle conjonction des politiques économiques nationales avec le capitalisme en voie de mondialisation.

 Le rôle économique de l’État à l’épreuve du néolibéralisme

En 1981, lorsque Pierre Ronsavollon commence son célèbre essai [5] par ces mots : “L’État-providence est malade de la crise”, il sanctionne en fait la fin d’une période et l’installation définitive dans l’ère néolibérale. Car l’Etat-providence ne se remettra pas de cette maladie. L’abandon des anciens paradigmes de l’interventionnisme étatique et de l’économie mixte ne s’est pas réalisé, brusquement avec l’arrivée de Reagan ou de Thatcher. Le tournant a été étalé sur plusieurs années, laissant croire à certains que l’on pourrait encore sauver le patient.

Le tournant a été pragmatique, plutôt que le résultat d’une nouvelle vision théorique émergeant soudain à la moitié des années 70 et reprise systématiquement par les gouvernements et leurs conseillers. En Europe, il faudra une petite dizaine d’années (1975 -1985) pour voir l’option néolibérale prédominer dans les politiques économiques. Cette prédominance, faut-il le souligner, n’est pas directement reliée à la coloration politique des gouvernements en place.

Les modalités politiques diverses d’un même paradigme économique

Parfois, ces politiques sont qualifiées de néolibérales comme dans les cas emblématiques de la Grande-Bretagne de Thatcher ou des USA de Reagan. Pourtant de manière générale, si on reconnaît que des modifications substantielles sont intervenues dans les politiques économiques, rarement l’unanimité se fait pour leur donner le qualificatif de néolibérales. D’autres termes fleurissent pour tenter de les qualifier : modernisation de l’économie, adaptation aux conditions d’une économie mondialisée, dérégulation, flexibilisation, réhabilitation du marché, rigueur de la gestion, etc. ... Or, malgré toutes les précautions oratoires, il paraît justifié de parler d’un « tournant néolibéral » de la politique économique, y compris pour la Belgique.

Certes, l’approche de ce tournant est rendue plus opaque par la diversité des modalités de sa mise en œuvre. En nous limitant à quelques exemples, on peut dire que « le choix entre la réforme globale et l’encerclement progressif dépend de la position des promoteurs de ces nouveaux programmes dans le système politique » [6]. Il faut y ajouter les rapports de force sociaux qui structurent ce système politique et la situation économico-sociale au moment où ces choix doivent être posés.

Dans le cas de la Grande-Bretagne, l’impulsion novatrice résidait dans l’équipe dirigeante du gouvernement qui, ayant puisé son expertise dans les institutions privées (les fameux « think tanks » néoconservateurs) a pu l’imposer à des partenaires institutionnalisés et à une bureaucratie fort réticente. C’est un schéma de « réforme globale » : une argumentation forte de la doctrine économique accompagne le discours politique et l’action du gouvernement.

Pourtant, même une offensive aussi globale, comporte des contraintes très particulières et des contradictions internes. La mise à mal du Welfare State n’a pas été aussi loin qu’on pourrait l’imaginer. Les protections en matière de santé et de vieillesse ont beaucoup moins été touchées que celles en matière de chômage. Le système de privatisation destiné à développer un « actionnariat populaire » a surtout débouché sur la constitution de monopoles privés, tant décriés par les néolibéraux. [7]

Ailleurs, l’impulsion la plus significative vers le néolibéralisme est venue plutôt des experts qui alimentent en solutions et en recettes nouvelles les réseaux de la politique monétaire et économique. Son impact ne se mesure pas par la capacité à faire vivre un grand dessein politique face à l’ensemble des acteurs, mais plutôt dans l’imposition d’un ensemble de contraintes qui modifient les termes de la décision politique et ses modalités de mise en œuvre. C’est un processus d’encerclement par un néolibéralisme gestionnaire plutôt que doctrinal.

Dans le cas de la France, cet encerclement ne visait pas seulement la gauche au pouvoir au temps de la rigueur. Il a concerné tout autant les élites administratives et économiques formées dans le cadre de la planification à la française et convaincues de la “grandeur de l’action de l’État républicain” y compris en économie. La Belgique se situe plutôt dans le second scénario : celui de l’encerclement par la contrainte, malgré une plus grande faiblesse, comparée à la France, de nos élites publiques. On ne pouvait en demander moins au pays de la vertu pragmatique.

Enfin, il ne faut pas perdre de vue que les compromis, noués durant les « trente glorieuses”, sont des compromis fortement institutionnalisés. Plusieurs acteurs peuvent en réclamer simultanément la paternité, mais tout abandon brutal peut comporter un coût social (et électoral) élevé. C’est ce qui explique une progression néolibérale comme un ensemble de savoir-faire pragmatiques, se refusant à prendre de force certaines citadelles, mais les vidant peu à peu de toute influence en impulsant une autre logique aux politiques économiques mises en œuvre. Dans une telle démarche pragmatique, bien connue des gouvernements belges, il n’est donc pas nécessaire de changer brusquement de référentiel. On peut rester »le pays avec la meilleure sécurité sociale du monde", ce qui n’est, après tout, qu’un jugement relatif, pas absolu.

Cette distinction brève entre deux types de mise en œuvre de l’offensive néolibérale, permet de comprendre les variations possibles dans les formes politiques, tout en constatant une homogénéisation progressive, ses quinze dernières années, autour d’un même paradigme économique. [8] La distinction faite par Michel Albert, entre capitalisme rhénan et capitalisme anglo-saxon, va progressivement perdre de sa pertinence, au moins sur un point central : le rôle économique dévolu à l’État.

La crise que personne ne voulait voir

L’élément déclenchant de ces nouvelles politiques économiques est la crise économique de 1974-75. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, l’ensemble des grandes économies capitalistes furent frappées par une récession généralisée et profonde. [9] Ce n’est pas tellement l’ampleur de la crise qui nous intéresse ici, que la faiblesse des perceptions de cette crise. [10] Non seulement, le retournement n’a été prévu que par peu d’économistes mais même une fois la crise installée l’explication de ses causes et mécanismes a été fort disparate [11]. Que l’on songe à la place démesurée prise par l’explication par “le choc pétrolier”. Il y aura incontestablement un certain désarroi - théorique et stratégique - et un temps de réaction très variable de la part des différents gouvernements.

Pour mesurer l’ampleur du retournement sur cette question, il est sans doute utile de se rappeler les opinions majoritaires et la doctrine officielle des années septante. On sait que l’arsenal économique standard de la période 1950-70 faisait largement référence aux capacités de l’État de maîtriser le cycle économique et les fluctuations monétaires.

LIRE LA SUITE ....

01/08/2010

Congo-Kinshasa: Allégement de la dette - plus de confusion sur les chiffres


29 Juillet 2010 (Extrait de "AllAfrica.com")


Impacts-du-programme-dassainissement-urbain-de-kinshasa-pauk-sur-lenvironnement-cas-de-la-c8.pngKinshasa — Plus de confusion sur le montant réellement annulé le 1er juillet 2010 à l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE. Il n'y aura donc plus de controverse sur le sujet, pense le Premier ministre, Adolphe Muzito, qui a dépêché hier mercredi devant la presse son directeur de cabinet adjoint en charge de suivi des programmes avec les institutions de Bretton Woods pour lever toute équivoque sur le sujet.

Depuis l'atteinte le 1er juillet 2010 du point d'achèvement de l'initiative de réduction de la dette en faveur des pays pauvres très endettés (I-PPTE), plusieurs chiffres ont circulé sur le montant de la dette annulée à l'issue des Conseils d'administration du FMI et de la Banque mondiale.

S'il est vrai que le montant annulé dépassait les 10 milliards Usd, de profondes divergences sont apparues sur la hauteur exacte de ce montant. Aussi, pour éviter toute forme de confusion à ce sujet, le Premier ministre, Adolphe Muzito, a dépêché hier mercredi 28 juillet son directeur de cabinet adjoint en charge de suivi de programmes avec les IBW, Jean-Claude Nachega pour lever toute forme de voile sur le sujet.

Après sa prestation devant la presse, l'on en sait un peu plus sur la portée des chiffres repris dans le communiqué conjoint publié le 1er juillet 2010 par le FMI et la Banque mondiale. Tout comme, plus de doute possible sur le montant exact consenti en terme d'allégement de la dette par ces deux institutions.

Ces précisions du gouvernement ont donc l'avantage de mettre fin à la distraction qui couvait dans une bonne partie de la population congolaise, concernant les avantages financiers réels obtenus au point d'achèvement de l'I-PPTE.

Le gouvernement se devait donc de clarifier le débat pour éviter que la confusion ne se généralise dans l'opinion publique. Le chiffre exact de la dette annulée étant désormais connue, il n'y a donc de raison de s'attarder sur un débat vidé de sa substance.

L'essentiel aujourd'hui est de tourner les regards vers le futur en ayant pour seule priorité la poursuite de grands travaux de reconstruction.

Jean-Claude Nachega pense que le moment ne prête pas à une quelconque forme de distraction, la RDC ayant obtenu un avantage en termes de réduction que nul autre pays inscrit à l'I-PPTE n'a obtenu avant. « Il s'agit, note-t-il, du plus grand allègement de dette dont n'ait jamais bénéficié un pays dans le cadre de ces deux initiatives (IPPTE et IADM) ».

Voici en intégralité le contenu de la conférence de presse animée par Jean-Claude Nachega.

Point de presse du Dircaba, J.C. Nachega, sur le point d'achèvement (les chiffres)

« Comment l'atteinte du point d'achèvement a-t-elle affecté le niveau et la structure à la fois du stock et du service de la dette de la RD Congo?

La RD Congo a bénéficié d'allègements significatifs à la fois du stock et du service de sa dette publique extérieure.

Le stock de la dette extérieure, estimé à 13,704.9 milliards de dollars américains, représentant 125 pourcent du PIB, à fin décembre 2009, a diminué pour s'établir à 2,931 milliards de dollars américains, représentant 24 pourcent du PIB, à la fin de cette année 2010.

L'allègement du stock de la dette est donc d'environ 80 pourcent, soit 10,774 milliards de dollars américains, dont : 491 millions de dollars américains de la part du FMI ; 1,832 milliard de dollars américains de la Banque Mondiale (AID) ; environ 7,4 milliards de dollars américains de la part des pays bilatéraux membres du Club de Paris Etats-Unis, France, Belgique, ...) ; et le reste provenant de créanciers bilatéraux non membres du Club de Paris (Serbie et Monténégro, Koweït, Taiwan-province de la Chine, Arabie Saoudite ...) et des commerciaux (dont Club de Londres).

L'allègement total (au fil des ans) du service nominal de la dette (principal plus intérêts) est de 12,3 milliards de dollars américains dont : 11,1 milliards de dollars américains au titre de l'initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) ; et 1,2 milliards de dollars EU au titre de l'initiative d'allègement de la dette multilatérale (IADM). N.B: Il s'agit du plus grand allègement de dette dont n'ait jamais bénéficié un pays dans le cadre de ces deux initiatives (IPPTE et IADM) ».

La crise économique internationale et la position de la Grèce – Les thèses du KKE

Par Eleni Mpellou, membre du Bureau politique du CC du KKE (Extrait de "LA REVUE COMMUNISTE INTERNATIONALE")



logo_fr-fr.pngL’économie capitaliste internationale traverse une crise profonde caractérisée principalement par sa synchronisation extensive. Elle a commencé à se manifester en 2007 aux États-Unis, dans le secteur de la construction, avec la dépréciation du capital des sociétés financières en raison d’une circulation excessive de dérivés d’investissements dans la titrisation de prêts précaires au logement.

Le danger d’effondrement des géants financiers américains – qui occupent des positions puissantes sur le marché international du capital argent – a provoqué une baisse des prix importante, progressive et généralisée, dans les Bourses les plus importantes de la planète. La « partie visible de l’iceberg » a été la manifestation d’une crise généralisée de surproduction, de suraccumulation de capital.

Une version optimiste des données et évaluations actuelles des organisations économiques internationales épingle 2010 comme l’année du point le plus bas de la récession. Une augmentation du nombre de chômeurs de 25 millions a déjà été enregistrée et l'on estime qu’ils seront encore 40 millions de plus à la fin de l’année.

En 2009, la Banque mondiale s’attend à ce que le Produit mondial brut baisse de 1,7 % ; la baisse sera de 2,75 %, estime l’OCDE. Celle-ci estime également que le commerce international connaîtra une baisse de 13,2 % en cette même année 2009.

Le Fonds monétaire international évalue la dépréciation du capital argent à 4 100 milliards de dollars depuis la manifestation de la crise.


Le déclenchement de la crise économique en Grèce

Dans l’économie grecque, la crise s’est manifestée avec un léger retard par rapport au reste de l’eurozone. Le pays est entré dans une phrase de récession en 2009, alors qu’en 2008, l’expansion du PIB s’était ralentie. L’élément le plus significatif, s’il faut en croire les statistiques bourgeoises, c’est que le secteur industriel (le secteur minier et carrier, le secteur manufacturier, l’électricité, la distribution d’eau), entré dans une phase de récession en 2005, a chuté de 4 % en 2007-2008.

En 2008, toutes les branches de l’industrie manufacturière ont été en récession, sauf celle de l’industrie alimentaire (1,2 % d’augmentation).

La crise du secteur manufacturier se reflète dans l’importante diminution des produits industriels (environ 7 %).

Le secteur de la construction a subi un important déclin (- 9,4 %).

Durant la période de 2002 à 2008, la tendance a été une baisse importante de la production de la plupart des produits agricoles de base – à l’exception du blé doux, du maïs et des pêches.

Selon les données fournies par Eurostat, le revenu agricole réel a baissé de 7,1 % en 2008, en raison d’une stagnation des prix de vente des producteurs et d’une importante augmentation importante des prix des produits industriels.

Selon Eurostat, le revenu agricole net en tant que corrélation de la valeur nette ajoutée par rapport aux coûts a été réduit en 2008 à 80,1 %, comparé à 2000 (= 100) (1).

En 2008, il y a eu une importante chute des prix à la Bourse d’Athènes. Sa valeur boursière totale (en pourcentage du PIB) était estimée, fin 2008, à environ un tiers de sa valeur fin 2007 (décembre 2008 : 28 % ; décembre 2007 : 86 %) (2). Une part importante de cette chute était imputable au retrait massif des investisseurs étrangers en octobre 2008.

Indépendamment de la phase du cycle de la crise, une caractéristique de l’économie grecque est sa situation fiscale défectueuse et qui s’est aggravée à long terme. Le ralentissement de la croissance du PIB – qui s’est accru au cours du second semestre de 2008 – a considérablement durci les conditions des emprunts d’État.

Les dernières estimations prévoient un déclin du PIB de 1 % en 2009. L’étendue de la récession dans l’économie grecque dépendra certainement du cours de la crise :

a. Dans les pays des Balkans, où d’importants investissements ont été réalisés par des sociétés installées en Grèce. Ceci concerne des économies à taux de croissance capitaliste élevé, comme la Roumanie, avec une croissance de 7,7 % en 2008 et une régression de 1,8 % prévue en 2009, ou la Bulgarie, avec une croissance de 4,4 % et une régression de 1 % prévue en 2009 (3).

b. Dans le commerce international, dont une part importante se fait par transport maritime, ce qui constitue une importante source de rentrées.

c. Dans d’importants pays européens, telles l’Allemagne et la Grande-Bretagne. À ces pays appartient une part importante des touristes qui visitent la Grèce, non seulement en chiffres absolus, mais aussi en nuitées et en dépenses personnelles.

Les effets des importantes rentrées de l’Union européenne comparées à la nette régression de l’industrie et de l’agriculture sont contradictoires.

Les faits mentionnés ci-dessus prouvent que l’effet de la crise sur l’économie grecque va être profond. Certaines prédictions la voient durer deux ans. Elle va exacerber les contradictions sociales existant via la hausse du chômage, des emplois à temps partiel et via l’extension de relations de travail flexibles. Selon les calculs bourgeois, la pauvreté a déjà augmenté, avec une concentration particulière chez les enfants (environ un quart) de moins de 15 ans, de même que chez les jeunes de 18 à 24 ans.

Bien sûr, les indices de pauvreté ne reflètent qu’une partie des contradictions, ils ne reflètent pas le fait que les salaires et les traitements sont loin de correspondre à la croissance indiciaire du PIB et à la croissance de la productivité dans une phase de reproduction élargie en Grèce.

 

....Lire la suite....

09/07/2010

Petit manuel de contre-propagande économique (Erik Rydberg)

Petit manuel de contre-propagande économique

Erik Rydberg (Ed. "COULEURLIVRES")


petit-manuel-cover1L’économie est sans doute le domaine qui admet le moins de discussions et de débats publics. Domaine réservé, affaire d’experts.

La raison tient en quatre lettres. TINA, l’abréviation proclamant l’impossibilité de toute réflexion critique en matière de projet de société : There Is No Alternative, il n’y a pas d’alternative. TINA, c’est fondamental. Car l’absence d’alternative, l’interdiction de penser auxquelles ce mot d’ordre renvoie portent très précisément sur notre système économique. Pas négociable.
Tabou absolu. Afin que personne ne remette en cause l’ordre – le désordre – établi, le chômage, la déshumanisation des conditions de travail, les inégalités, la course morbide à la compétitivité,
il faut que ces “évolutions” soient perçues comme “inéluctables” et “naturelles”, le résultat
de “lois économiques éternelles” qu’on présentera comme “scientifiques”. Réinstaurer
la contradiction, après plus d’un quart de siècle de domination unilatérale du néolibéralisme, suppose un travail patient d’éducation populaire.

Ce petit manuel entend y contribuer en passant en revue quelques “superstitions” marquantes répandues de l’obscurantisme contemporain, par exemple, la productivité (es-tu rentable ?), le taux d’emploi (as-tu un bon job MacDo ?) ou le libre-échange (es-tu un citoyen mondialisé ?)...

Journaliste, Erik Rydberg travaille au Groupe de recherches pour une Stratégie économique alternative (Gresea, www.gresea.be). Il est également membre fondateur d’Econosphères,
un réseau d’économistes entré en dissidence contre la pensée unique dans les sciences économiques (www.econospheres.be).

12:15 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, economie, manuel |  Facebook |

06/07/2010

Profil d'entreprise: Nestlé - La multinationale aux 1000 visages

(Article de Lise Blanmailland, extrait de "GRESEA")

netsle-poisonOmniprésentes, les multinationales font partie de notre quotidien. Parmi elles, Nestlé. Rare est le caddy qui, dans un supermarché classique, ne compte aucun produit d'une marque appartenant à la compagnie. Pour donner une idée, citons entre des centaines d'autres, Nesquik, Chocapic, Vittel, Perrier, Friskies, Kit Kat, Häagen-Dazs, Maggi, Smarties, Buitoni, Herta,…

C'est en 1866 qu'est fondée l'entreprise par un pharmacien suisse d'origine allemande Henri Nestlé, inventeur du lait en poudre destiné à nourrir les nouveau-nés que les mères ne peuvent allaiter. Au fil du temps sont venus s'ajouter les produits laitiers, le chocolat, les eaux, les boissons instantanées, les aliments pour animaux, les produits pharmaceutiques, etc.

Devenu la plus grande société agroalimentaire au monde, son chiffre d'affaires annuel dépasse aujourd'hui la cinquantaine de milliards d'euros. Près de 500 usines fournissent pour Nestlé des millions de consommateurs dans le monde.

Mais encore? Tout comme les personnes physiques, les entreprises, qui sont des personnes morales, ont leurs comportements, leur personnalité en quelque sorte. Dressons-en les principales caractéristiques.

Côté pile, antisyndical

Contourner les obligations en matière de droit du travail est pratique courante dans la politique des multinationales. Nestlé ne fait pas exception en la matière. Le groupe de défense des droits du travail ILRF a notamment, au nom de trois enfants maliens, introduit une action en justice pour  avoir importé, contrairement à leurs engagements, du cacao de plantations exploitant le travail des enfants en Afrique de l'Ouest. Les enfants auraient été victimes, au terme de sévices corporels et de mesures de coercition, d'un trafic visant à fournir des plantations de Côte d'Ivoire1 .

Autre cas de figure, la Colombie. Nestlé y est présente depuis les années quarante, et a étendu son empire jusqu’à développer une situation de quasi-monopole. C’est dans ce contexte que MultiWatch, une association suisse regroupant ONG et syndicats organise en 2005 une commission d'enquête extraparlementaire. Ce dispositif mettra notamment en évidence l'assassinat de dix travailleurs colombiens (pour la plupart, des leaders syndicaux) dans des circonstances troubles. Si l’entreprise ne sera pas directement tenue pour responsable de ces meurtres, il est indéniable qu'elle a de tout temps pratiqué une politique clairement antisyndicale. Au cours de l’année 2002, neuf représentants syndicaux ont été licenciés à l’usine de CICOLAC pour avoir milité contre le démantèlement par la multinationale des acquis sociaux relatifs aux salaires et aux services médicaux. 175 ouvriers ont également perdu leur emploi à l'automne 2003 et ont été remplacés par des travailleurs intérimaires, payés à la moitié du tarif normal.2

En France, le climat syndical étant jugé trop inflexible et remuant, l'entreprise est allée jusqu'à menacer de délocaliser, par exemple en République tchèque, la production de Perrier qu'elle avait achetée pour 2 milliards d'euros en 1992. Appuyés par l'administration locale, les travailleurs français ont trouvé la parade. Ils ont rebaptisé leur or bleu en "Source Perrier-Les Bouillons", du nom exact de la localité, une sorte d'appellation contrôlée qui empêchera quiconque de vendre une eau Perrier extraite d'un autre endroit. Nestlé a tenté d'attaquer ce coup bas en justice, sans succès jusqu'ici, les tribunaux ayant par deux fois donné raison à l'irréductible "petite tribu de Gaulois" du village de Vergèze (3.643 habitants), au sud de la France…3

Côté face, anti-mamans

"Nestlé tue les bébés". Le slogan est encore tout frais dans nos mémoires. C'était il y a près de quarante ans. C'est une brochure publiée par des militants en Grande-Bretagne, puis en Suisse, qui portait ce titre et qui a constitué le point de départ d'une grande campagne de boycott lancée par l’International Nestlé boycott committee, composé alors d'une trentaine d'ONG et d'églises. Deux ans plus tard se créait l'International Baby Food Action Network (IBFAN) qui depuis ne cesse de dénoncer la promotion de substituts au lait maternel dans les pays du Tiers-monde.

Et pour cause.

Selon Unicef, un million et demi de nouveaux nés meurent chaque année des effets directs ou indirects de l'allaitement artificiel. Dans le Tiers-monde, seuls 44% des femmes allaitent aujourd'hui au sein leurs enfants. Il n'est pourtant plus à démontrer que le lait maternel contient non seulement des anti-corps destinés à protéger l'enfant de quantité d'infections, mais également l'intégralité des éléments nutritifs dont l'enfant a besoin. Le lait en poudre, par contre, requiert par définition de l'eau, rarement pure dans les pays du Sud. De plus, le prix des boîtes de lait pousse les plus démunis à diluer la poudre plus que nécessaire, engendrant ainsi des maladies liées à la malnutrition. Pour convaincre les mères de la supériorité de l'allaitement artificiel, Nestlé fait le siège des hôpitaux et maternités du Tiers-monde et habille d'une blouse blanche des représentants de commerce. Pourtant l'entreprise a signé en 1984 le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel introduit trois ans plus tôt par l'Organisation mondiale de la santé et qui interdit toute forme de publicité incitant à la substitution du lait en poudre au lait maternel. Mais Nestlé, qui contrôle 40% du marché des aliments pour bébé (marché estimé à 17 milliards de dollars), n'en a cure et poursuit d'année en année son marketing lucratif.4  

Côté marketing, le potentiel "tiers-mondiste"

Nestlé a des soucis. La dénatalité dans nos pays causerait selon la multinationale un fâcheux ralentissement de la progression des ventes pour le géant suisse (environ 1,5% par an). Or, Nestlé table sur une croissance oscillant entre 5 et 6%. Pour combler l'écart, il faut donc trouver de nouveaux clients. C'est vers les populations pauvres des Etats du Sud, qui représenteraient selon son département recherche "un marché potentiel de près de 10 milliards de dollars", que Nestlé lorgne désormais.

Le Brésil, 2ème marché mondial de la compagnie, est un exemple révélateur. Dans le Nordeste du pays, taille comparable à la France, la croissance de Nestlé est supérieure de 20% à la moyenne nationale. Il a fallu, pour cela, étudier les habitudes alimentaires des "moins-de-dix-dollars", recruter 3.800 vendeuses pour du porte-à-porte dans les quartiers pauvres, produire des aliments "enrichis", pallier l'absence d'infrastructure par des chariots à bras, etc. Et tout cela, naturellement, on n'est pas là pour faire de la charité, "en conservant les mêmes marges [bénéficiaires] grâce à un contrôle rigoureux des coûts".5 Elles sont payées combien, les "ambassadrices" du porte-à-porte Nestlé? Mystère.

Pourtant, selon Peter Brabeck, président de Nestlé, "Dans une compagnie multinationale, il existe des tensions entre les fondamentalistes de la finance, qui n'envisagent que les profits à court terme, et les fondamentalistes de l'éthique, qui pensent que nous ne devrions pas faire de profit du tout"6 . Venant de lui, c'est rassurant. Nous ignorions l'existence de philanthropes intégristes de l'éthique sur le payroll de la multinationale suisse.

Côté nature, l'eau marchandisée

On boit, mondialement, quelque 180 milliards de litres en bouteille, contre 78 milliards il y a dix ans. C'est tout profit pour Nestlé, numéro un dans le domaine par l'intermédiaire de sa société Perrier-Vittel.

Dans le sud-est du Brésil, à São Lorenço, qui se trouve dans la région considérée comme la plus riche zone d'eaux minérales au monde, Nestlé a foré illégalement un puits de plus 150 mètres duquel elle puise plus de 30.000 litres d'eau par jour pour la vendre sous le nom de "Pure Life". La compagnie en puisera un deuxième quelques années plus tard pour pouvoir pomper le double.

En 1999, une enquête est lancée après que des habitants se soient plaints du changement de goût de l'eau et du risque de tarissement d'une de leurs sources due à la surexploitation de la compagnie. En résultera que Nestlé traite chimiquement l'eau du parc en la déminéralisant, alors que la loi brésilienne l'interdit.7

Notons par ailleurs qu'embouteiller de l'eau dans des contenants en plastique (dérivé du pétrole), les transporter sur route et, ensuite, grossir la montagne des déchets (2 millions de tonnes de bouteilles non recyclées en 2005), ce n'est pas très écologique. En plus, ce n'est même pas une garantie de qualité. En 1990, Perrier a détruit 160 millions de bouteilles contenant du benzène, solvant inflammable et toxique classé cancérogène par l'Union européenne. Une certaine prise de conscience vient compliquer les choses. Aux Etats-Unis, la municipalité de San Francisco a banni l'eau en bouteille, idem à Liverpool, et des groupes de pression tels que Food and Water Watch et Corporate Accountability International en appellent à "penser hors de la bouteille", à en revenir au robinet.8 Si cette prise de conscience venait à s'étendre, vendre du vent, même lorsque ce n'est que de l'eau, deviendrait plus compliqué.

Côté santé, un  business

De nombreuses études ayant démontré le rôle néfaste du surpoids sur l'espérance de vie, certaines firmes du secteur agroalimentaires sont pointées du doigt. En réaction, avec "Ensemble, mieux manger, mieux vivre" pour mot d'ordre, Nestlé s'est convertie en spécialiste du bien-être et de la nutrition.

C'est ainsi qu'en 2006, elle rachète pour 2,5 milliards de dollars la division Nutrition Médicale de Novartis (2.000 salariés dans 40 pays et un chiffre d'affaires annuel de 950 millions de dollars) et devient le numéro deux, derrière Abbott, de ce secteur décrit comme "très lucratif et riche en potentiel de croissance"9 .

Outre les produits destinés aux hôpitaux, la transnationale a également acheté la même année la marque d'aliments de régime Jenny Craig et les barres de céréales Uncle Toby's.10

Nestlé s'est également associée avec Coca-cola pour lancer une boisson "anti-obésité" sous le nom d’Enviga. Ce breuvage à base de thé vert et de caféine, déjà commercialisé aux Etats-Unis, entraînerait une hausse de l’activité métabolique et permettrait donc de brûler plus de calories... sans lever un doigt: trois canettes du breuvage permettraient d’éliminer 80 calories en moyenne.11

Et quel que soit le côté, c'est éthique

Beaucoup de scandale pour une entreprise qui se veut l'incarnation du nid familial accueillant la maman qui nourrit ses oisillons. Qu'à cela ne tienne, Nestlé se donnera corps et âme à ce nouveau concept qu'est la "responsabilité sociale des entreprises" seule à même d'améliorer l'image de la multinationale. Nestlé se vante ainsi sur son site officiel de se dédier à la création de valeurs communes pour la compagnie et la société dans son ensemble. Leurs domaines de prédilection sont, disent-ils, les relations avec le consommateur, la santé et le bien-être, mais aussi l'accès à l'eau et la protection de l'environnement, ou encore le développement rural, et les conditions de travail de ses employés12 .
Plus c'est gros, mieux ça passe.

En 2005, la multinationale s'est portée candidate pour recevoir le label Fairtrade pour une nouvelle gamme de café qui, commercialisée en Grande-Bretagne sous le nom de Partner's Blend, sera promue sous le sceau du commerce équitable, une filière qui connaît un essor commercial impressionnant, son chiffre d'affaires étant passé Outre-manche de 30 à 250 millions de dollars en quelques années. L'initiative n'a pas manqué de susciter la controverse dans les milieux du commerce dit équitable. Si certains, comme Oxfam, jugent qu'elle va dans la bonne direction, d'autres, comme la Baby Milk Action ou ActionAid, estiment qu'il s'agit d'une initiative totalement cynique qui risque de semer la confusion dans l'esprit des consommateurs éthiques et de dévaloriser le label Fairtrade13 .

A la mi-janvier 2010, c'est au tour de Kit Kat de s'"équitabiliser" au Royaume-uni et en Irlande. Quelques mois plus tard, l'ONG Greenpeace lancera une campagne contre Nestlé, leur demandant d’arrêter de se fournir en huile de palme, composant essentiel dans la fabrication de barres chocolatées, issue de la destruction des forêts tropicales et des tourbières indonésiennes.14

Même "équitable" la barre de chocolat reste difficile à avaler…

Cette analyse ainsi que la plupart des références en note de bas de page sont essentiellement tirées de la quinzaine de dépêches réunies sous la rubrique Nestlé sur l'Observatoire des entreprises du Gresea.

20/02/2010

Alerte : les banques pillent !

Marco Van Hees    (Article extrait du site "MichelCollonInfo")

imagesÀ la RTBF, sur Télémoustique, à La Libre Belgique, puis sur Mise au point, Marco Van Hees est désormais bien connu en Belgique. L’ « inspecteur atypique », journaliste à Solidaire, raconte à ses collègues ce qu’il n’a pas dit aux autres à propos de son dernier livre : Banques qui pillent, banques qui pleurent. Enquêtes sur les profits et crises des banques belges

Interview par Lizz Print, suivi d'un extrait du livre

On est collègues… Je vous tutoie ?

Allons-y !

Tu as été pas mal sollicité dans la presse ces derniers jours… Et on t’a donné plusieurs surnoms : chevalier blanc, Don Quichotte, un air de Cohn-Bendit… Un préféré ?

(Il rit, hésite). Quelqu’un m’a parlé récemment des « donneurs d’alerte » aux Etats-Unis, des gens qui donnent l’alerte, signalent les dérapages. Ils ont un statut spécial, sont protégés pour ça. Il faudrait que je me renseigne, ça me conviendrait bien…

On a déjà pu te lire dans Solidaire sur Lippens, les fraudes des banques, leurs arnaques proposées aux clients, les conditions de travail dans le secteur bancaire. Ton livre, c’est une bonne compil’ ou… ?

(sourit). Pas seulement. Ça dépend évidemment de ce que chaque lecteur connait. J’ai déjà raconté pas mal de choses sur Lippens, mais ici, par exemple, je reviens sur son parcours. Celui de quelqu’un qui est toujours dans la logique de manger plutôt que d’être mangé. C’est la logique du capitalisme : toujours absorber de nouveaux concurrents, de nouveaux marchés. C’est sa ligne de conduite. Il entre aux assurances AG dont sa famille est actionnaire en 1981 pour succéder à son oncle. Très rapidement, il a de grandes ambitions, de grands appétits. Il prend les rennes de la société, qui se développe, rachète, troque. Jusqu’à récemment, ou avec ABN Amro, ça a été l’indigestion. Je ne m’attaque pas à sa personne, ni à d’autres, mais à sa fonction dans la société, aux actions qu’il mène.

Tu affirmes que non seulement les banque fraudent, mais également qu’elles organisent la fraude. Des preuves ?

La preuve est simple. Il suffit regarder les travaux de la Commission d’enquête parlementaire sur la grande fraude fiscale en 2008-2009. Trois grandes affaires de fraude ont été analysées. La première concerne la KBLux, qui offrait à ses riches clients des formules pour frauder le fisc. La seconde concerne des sociétés de cash, construction frauduleuse qui concerne des grands groupes en premier lieu mais où les banques ont joué un rôle crucial. Et la troisième est l’affaire « QFIE » pour « quotité forfaitaire d’impôt étranger ». J’y consacre un chapitre dans mon livre. Là, les banques ont été les principales organisatrices de la fraude. Elles ont trouvé puis profité d’une faille dans la législation fiscale. Elles se sont d’abord servies elles-mêmes, pour leur propre profit, puis elles ont commencé à l’utiliser comme un service à offrir, à proposer à leurs riches clients. Et elles leur ont proposé à tour de bras. Logique, car pour eux, les banques sont celles qui s’occupent de leurs affaires d’argent. Et elles s’en occupent plutôt bien… Elles s’occupent bien des riches clients, mais pas de tous ses clients.

Tu remets en cause le mythe du « client est roi », et vas jusqu’à affirmer que « les clients ne sont pas de numéros, mais des tirelires » !

J’ai dit que si le client est roi, les banquiers sont des républicains convaincus : cette logique est institutionnalisée dans le fonctionnement bancaire. Il y a des catégories de clients. Chez Fortis par exemple, il y a des noms pour chacune de ses catégories, selon le niveau du montant des avoirs. Ce sont des gens différents qui s’occupent de clientèles différentes. Et cela va de l’employé ordinaire d’une agence pour le client ordinaire, le « bas peuple », jusqu’à la filiale privée, le private banking, pour les super riches. À Bruxelles, il y a ce genre de salon, dans des bureaux décentralisés. C’est un peu comme le train : il y a des compartiments par classe. Sauf qu’ici, il y a jusqu’à 5 classes. Enfin même 6. Car il y a celle du démarkéting : les gens dont on veut se débarrasser, des clients qui ne rapportent rien. Ils ont des techniques spéciales pour ça : lors de séminaires, on apprend à se débarrasser de ces clients. C’est une employée qui m’a raconté ça. Elle a subi une formation, avec des jeux de rôle et échanges d’expériences sur « comment gérer un mauvais client ? ». Et comble, les banques sont payées avec de l’argent public pour assurer ces formations !


Après avoir été sauvées, les banques se font plus d’argent qu’avant la crise…

Elles ont eu et ont encore un grand rôle dans la crise. Les banques ont bénéficié, justement à cause de la crise, d’une diminution des intérêts sur leurs emprunts à la banque centrale européenne. Cela a permis de nouveaux crédits, de relancer l’économie et la consommation. Mais si les taux ont diminué de plus de moitié pour les banques, ils ont à peine diminué pour les clients. J’ai eu accès à une note interne d’un responsable de Fortis, Peter Vandekerckhove, où il met noir sur blanc que la marge bénéficiaire sur les crédits a doublé.

Autre révélation surprenante, notre banquier, celui derrière le guichet, n’a pas la vie facile…

Un syndicaliste m’a dit : « Il faut toujours se rappeler que le type que le client a en face de lui a un fusil derrière le dos, celui de sa direction. On l’oblige à faire ça. » Certains employés le vivent plutôt bien. Sans état d’âme. Mais d’autres vivent ça très mal. C’est pousser loin cette logique du profit : apprendre des techniques pour faire ça, trier les clients, essayer d’en pousser à la porte… La pression psychologique est très forte sur le personnel. Une partie des employés était dans une notion de service : maîtrise des produits bancaires, proposer des crédits, des épargnes,… Avec un profil de bon technicien mais pas de requin commercial. Ces gens là ne se sont plus retrouvés dans la nouvelle approche des banque : fini le service à la clientèle, bonjour le « refourguage » de produits à tout prix. Une logique où on a des objectifs commerciaux à atteindre, ce qui profite le plus à la banque. Je cite des témoignages de gens qui, avec la pression de la hiérarchie, se retrouvent sous antidépresseurs, des gens qu’on change d’agence, qui ont des signalements négatifs, avec conséquence sur leur rémunération (car elle est variable selon les objectifs commerciaux), des gens qui ont constamment peur d’être virés, même si ils sont là depuis longtemps.

Pourquoi revenir sur la privatisation de la CGER ?

Avec cette affaire, on est au cœur du sujet. Ici, le but est de voir comment les banques font la chasse au profit, toutes leurs techniques, et comment l’Etat intervient non pas pour contrôler les banques mais pour satisfaire leur soif de profit. Et c’est d’autant plus intéressant d’y revenir au moment où l’Etat « nationalise » Fortis pour la sauver ! Pendant 128 ans, la CGER a fonctionné sans problème. Et il suffit de 10 ans, intégrée à Fortis, pour qu’elle s’écroule. Alors quand j’entends Reynders, ministre des Finances, dire que « l’Etat n’a pas vocation à gérer une banque », je me dis qu’il doit souffrir d’amnésie pour dire des bêtises pareilles.

Tu ne l’oublies pas, ton vieil « ami » Reynders.

Non. J’ai voulu montrer l’obstination du gouvernement, et en partie de Didier Reynders, celui qui a porté toute l’affaire de banques depuis 2008. Du jour au lendemain, en septembre 2008, il a fallu sauver Fortis, prendre l’option BNP Paribas, sur les bons conseils d’Albert Frère, grand ami de Reynders, mais aussi, partenaire financier de BNP Paribas. Ils ont maintenu ce cap coûte que coûte, quitte à en faire une confrontation avec les actionnaires, quitte à tenter de manipuler la justice. C’est fou de voir, primo, comment on a donné les pleins pouvoirs à l’homme qui est le plus proche des banques, et deuxio, à quel point on peut mener cette politique, au nom de la démocratie, alors qu’on en viole les règles.

Tu n’es pas tendre avec Reynders et le MR. Mais tu égratignes aussi le CDH et Maystadt, ainsi que le PS pour son rôle dans la privatisation de la CGER.

Je me suis notamment entretenu avec Jean-Pierre Genbauffe, dirigeant de la CGSP (centrale FGTB des services publics) de l’ancienne banque publique, qui était en même temps président de la section d’entreprise du PS. Il obtient en 1993, juste avant la privatisation une entrevue secrète avec Lippens. « Quand j’ai compris que le PS ne s’opposerait plus à la privatisation, il s’agissait de chercher des garanties pour le personnel. », a-t-il dit. Lippens, lui, voulait s’assurer qu’il ne subirait pas des grèves à répétition. Avec le recul, Jean-Pierre Genbauffe dit qu’il savait que ça n’était pas une bonne idée de privatiser. Alors pourquoi ne pas avoir organiser la grève, la résistance contre la privatisation ? Il est aussi au PS. Et le PS a soutenu la privatisation. Philippe Busquin assurait que c’était nécessaire pour sauver la sécurité sociale. Alors, Genbauffe ne se bat pas contre la privatisation, mais seulement pour le personnel : transformer les statutaires en contrats de travail avec des avantages pour compenser. Du moins, pour le personnel de l’époque. Car les nouveaux engagés n’en ont pas bénéficié.

A l’époque, c’est une coalition sociale-chrétienne-socialiste qui est au gouvernement. Le ministre des Finances est un social-chrétien, Philippe Maystadt, et celui des Entreprises publiques est un socialiste, Guy Coëme – emporté par l’affaire Agusta, il est remplacé par un certain… Di Rupo. Les dernières étapes de la privatisation ont eu lieu sous Di Rupo comme vice-premier ministre. Au départ, les socialistes disent qu’ils ne s’agit pas vraiment d’une privatisation, mais de céder la moitié au privé : l’Etat garde le verrou de 50 %. Avec l’argument de Busquin que c’est nécessaire pour sauver la sécu. Peu après, Maystadt, considéré comme à gauche au sein de son parti, fonce sans état d’âme pour la privatisation : il faut sauter le verrou des 50 %, les socialistes doivent suivre. Après des exercices de contorsion où divers socialistes font des déclarations contradictoires, ils acceptent finalement, en disant « on laisse la possibilité, légalement, de donner plus de 50 % au privé, mais on ne le fera pas. On a juste besoin de le faire pour attirer les sociétés privées ». Mais quelques années plus tard, on déborde tout de même des 50 %. Bref, une célèbre technique du « saucissonnage », morceau par morceau, et en faisant pression sur les syndicats. En gros, les socialistes ont fait passer les mêmes mesures que la droite, mais juste un peu moins rapidement.


A écouter nombre de déclarations de ces dernières années, on croirait que les méchants responsables de la crise sont les banquiers, les capitalistes financiers, mais que les capitalistes industriels sont des gentils, soucieux du développement de la société ?

C’est ce que Di Rupo m’a dit lorsque je l’ai rencontré, suite à la sortie de mon livre sur la politique fiscale de Reynders. Sa thèse est que le capitalisme financier et industriel sont deux choses différentes. Mais ça ne tient pas la route. Prenons l’exemple d’Albert Frère, une des plus grosse fortune de Belgique. Est-ce un financier ou un industriel ? D’un côté, c’est un industriel. Il détient des parts dans des holdings de l’énergie (Total), du ciment, de l’alimentation (Ricard, Havana Club). Mais il reste un patron de holding. Ces domaines sont totalement imbriqués, on ne peut pas les séparer. La logique et les techniques sont les mêmes : la recherche permanente de plus gros profits, l’exploitation des travailleurs.

Votre alternative, c’est la Kiwibank, une banque publique. D’autres, comme Eric De Keulenaere, professeur d’économie à l’Institut Solvay, vont dans le même sens… Même combat ?

Non. Au lendemain du sauvetage de Fortis par l’Etat, le PTB a lancé cette proposition d’une banque publique. Depuis lors, d’autres ont soutenu cette idée que l’Etat devait en rester actionnaire, et ne pas re-privatiser comme cela a été fait. Mais cela ne suffit pas. Sinon, on pourrait dire que Dexia, avec ses capitaux publiques, est une banque publique. Mais une banque avec des actions de l’Etat peut néanmoins fonctionner comme une banque privée. C’était d’ailleurs déjà le cas avec la CGER.

L’idée de la Kiwibank, c’est d’avoir un secteur bancaire entièrement public, coupé de la chasse au profit. Une banque au service de la population, des gens, de l’économie qui accomplirait les différentes tâches d’intermédiaire financier sans profit. Puisque finalement, elle met en relation des emprunteurs et des épargnants. Elle n’a pas forcement besoin de se faire du profit là-dessus. Les banques ne sont pas créatrices de richesse, comme l’avait déjà montré Marx. Elles ne font qu’accaparer la plus-value créée par les entreprises industrielles. Mais pourtant, certaines années, elles font autant de profit que toutes les entreprises industrielles ensemble. C’est un secteur tellement important qu’il faut donner l’exemple : non, une banque ne doit pas forcément faire du profit. Et ses rôles sociaux seront d’autant mieux remplis. Dans le livre, je cite 10 avantages d’une banque publique…


Avec tout ce que tu dénonces, tu penses encore pouvoir mourir de mort naturelle ?

(confiant). Si je peux donner un conseil aux tueurs, il vaut mieux viser l’éditeur ou les libraires, car moi c’est trop tard, j’ai déjà tout écrit ! Et je m’attaque d’ailleurs au prochain sujet dès maintenant… top secret !

Marco Van Hees, Banques qui pillent, banques qui pleurent. Enquêtes sur les profits et crises des banques belges, éditions Aden, 2010, 304 pages, 20 €. En vente chez Aden, rue Antoine Bréart, 44, 1060, Bruxelles ou au PTB-shop, 171, Bd Lemonnier à Bruxelles.

Source: Solidaire


 

    Ces juteux financements hauts taux



    Les banques tirent leurs revenus de la différence entre les taux de l’épargne et les taux des crédits qu’elles octroient. Dès lors que la législation plafonne désormais les premiers, on peut se demander pourquoi les seconds ne le sont pas également. Car, pour certains crédits, nous ne dirons pas que les banques vous mènent en bas taux…

    Imaginons que vous demandiez un crédit chez Fortis. Pas un financement auto, pour lequel la concurrence est vive et, donc, les taux relativement réduits. Non, ce bon vieux prêt personnel (également nommé prêt à tempérament) que vous contractez parce que vous êtes acculé, pour lequel vous ne devez même pas préciser à quoi ira l’argent emprunté. Pour un remboursement en 36 mois, le taux affiché est de 12 ,75 %. Mais l’agence est généreuse. « Votre taux : 9,81 % », annonce-t-elle. Pratiquement trois points de moins que le taux affiché. La plupart des clients seront aux anges de pouvoir profiter d’une telle aubaine.

    Mais bon, vous n’êtes pas né de la dernière pluie : vous affirmez que vous avez vu moins cher ailleurs. Les négociations commencent. Si vous poussez votre interlocuteur dans ses derniers retranchements, il pourra descendre jusqu’à 8,31 %. Le taux minimal que puisse accorder l’agence. Là, normalement, vous sortez de la banque en faisant des bonds de joie et en scandant : « On a gagné ! On a gagné ! ».

    Seulement, vous êtes un coriace. Vous faites valoir que vous êtes un très bon client. Effectivement, vous avez tous vos comptes, toutes vos assurances et de gros placements chez Fortis. Vous menacez de délocaliser tout ça chez le concurrent du trottoir d’en face. Branle-bas de combat dans l’agence : le gérant contacte le chef de district, le seul à pouvoir descendre encore plus bas. Et victoire, vous obtenez le nectar suprême : le taux minimal du district : 7,06 %. Cette fois, vous vous dites avec un brin de fierté honteuse que si Fortis fait faillite, ce sera à cause des subprimes et du rachat d’ABN-Amro, mais aussi, pour une petite part, suite à la façon magistrale dont vous les avez roulés dans la farine.

    Sauf que, dès le départ, le commercial qui vous a reçu pouvait lire sur son écran d’ordinateur le transfer price (ou coût de cession) de votre crédit. C’est-à-dire ce que ce crédit coûte à la banque, frais généraux compris. Il s’agit donc du taux auquel le bénéfice de la banque est nul. Ce taux, pour un prêt personnel consenti en 36 mois, est de… 2,56 %. Comme quoi, même vendu au taux minimal de 7,06 %, le profit n’est pas mince.

    À la KBC, le taux d’intérêt pour financer un véhicule d’occasion est de 8,49 %, voire de 7,99 % pour un bon client, mais le taux interne, le transfer price, n’est lui que de 1,99 %.

    Les prêts à tempérament sont également octroyés dans le cadre d’un regroupement de dettes. Le principe est simple. Monsieur Pigeon est engagé dans une multitude de crédits, de différents montants et différentes durées. Sa banque va rembourser elle-même tous ces emprunts et octroyer à Monsieur Pigeon un prêt unique qui reprend le total des dettes. Il n’aura donc plus qu’un prêt à rembourser. Quelle simplification !

    Sauf que « ces regroupements de dettes sont criminels », nous confie un employé de banque. En effet, ils sont généralement octroyés sur une durée plus longue que le terme moyen des crédits qu’ils reprennent. Cela a deux conséquences. Pour la banque, cela augmente la masse d’intérêts qu’elle touchera au final. D’autant que c’est elle qui profite de l’ensemble de ces intérêts et non plus les ex-créanciers. Pour Monsieur Pigeon, cela réduit la charge mensuelle de son remboursement (même si cela lui coûte plus cher en fin de parcours). Avec le risque que, du coup, il soit tenté de contracter de nouveaux crédits et soit pris (encore plus) à la gorge. Car, souvent, les personnes qui recourent à ces regroupements sont justement des victimes potentielles du surendettement.

    Bien sûr, l’employé de banque doit respecter certaines règles avant d’octroyer un crédit. Il doit remplir une grille de credit scoring, c’est-à-dire attribuer une note chiffrée à la capacité de remboursement du client sur base de diverses informations (revenus mensuels, autres dettes existantes). De plus, la banque peut consulter les fichiers de la Centrale des crédits aux particuliers, que gère la Banque nationale. On y trouve tous les crédits contractés par chaque habitant du royaume (afin de pouvoir évaluer leur niveau d’endettement), ainsi que les éventuels défauts de paiement.

    Mais si les banques respectent plus ou moins bien ces règles, les commerces qui vendent à crédit sont beaucoup moins regardants. Si Monsieur Pigeon est fortement endetté et que son agence Fortis lui refuse le crédit qu’il demandait pour acheter le magnifique home cinema dont il rêve, il lui suffira de faire chauffer sa carte Cora. Or, les ventes à crédit conclues via la carte Cora sont financées par Alpha Credit, une filiale de… Fortis.

    Un employé d’une autre grande banque nous explique que lorsqu’un client contracte un prêt hypothécaire, il est obligé de prendre également les assurances qui y sont liées. Sinon il est soumis à un taux d’intérêt plus élevé. Mais à la première occasion, on lui refuse l’assurance – problèmes de santé pour l’assurance vie, trop de bois dans la maison pour l’assurance incendie – si bien que client paye tout de même le taux majoré.

    Avec la crise financière, les banques sont toutefois devenues très frileuses en matière de crédit. Paradoxe : tant que la bulle spéculative gonfle, les banques fourguent des prêts à la pelle, ce qui alimente d’autant plus ladite bulle. Par contre, lorsque celle-ci éclate, que l’on se trouve englué dans une profonde crise et qu’il s’agirait d’accorder des crédits pour favoriser la relance, les banques sont gagnées tout à coup par un excès de prudence.

    « Avant, raconte l’employée d’une grande banque, lorsqu’on accordait un crédit à une entreprise, il y avait une part de confiance. Aujourd’hui, c’est le risque zéro. Nous devons exiger une garantie aussi importante que le montant du prêt. » Certaines professions ne doivent même pas se présenter à l’agence. « Nous ne pouvons pas accorder le moindre prêt dans l’horeca, par exemple. » Et pour les particuliers, la tendance est la même. « Plus question d’accorder un prêt hypothécaire pour un montant comprenant les frais de notaire en plus du prix de la maison. Avant, cela faisait. C’est terminé. »

    Pour favoriser cette relance par le crédit, la Banque centrale européenne (BCE) a fortement réduit son principal taux directeur. Fin septembre 2008, ce taux était fixé à 4,25 %. Il est passé à 3,75 % en octobre, 3,25 % en novembre et 2,50 % en décembre. En 2009, cette politique de baisse s’est poursuivie : 2 % en janvier, 1,50 % en mars, 1,25 % en avril pour atteindre le minimum historique de 1 % en mai.

    En appliquant ces impressionnantes réductions, la BCE rend l’argent moins cher pour les banques. Elle attend donc que celles-ci réduisent elles-mêmes les taux des crédits qu’elles accordent. Mais les banques se font tirer l’oreille.

    Ainsi, pour la Belgique, le rapport 2008 de la Banque nationale indique : « Il importe que cet assouplissement [européen des taux] se traduise par une diminution des taux débiteurs et le maintien d’une offre satisfaisante de crédits bancaires. » Un communiqué du syndicat FGTB va traduire cette prière dans un langage un peu moins diplomatique : « Le rapport [de la Banque nationale] mentionne également que les banques sont, à juste titre, appelées à répercuter effectivement la diminution du taux d’intérêt par la BCE dans les taux réclamés à leurs clients. Il ne doit en effet pas s’agir pour elles de les utiliser en vue du rétablissement de leurs marges bénéficiaires. »

    Pourtant, c’est bien ce qu’elles vont s’obstiner à faire. D’une part, elles continuent à restreindre l’octroi de crédits : par exemple, il est désormais impossible d’obtenir un prêt hypothécaire pour plus de 80 % de la valeur d’achat, alors qu’auparavant, le client pouvait facilement obtenir 100 %, voire 120 % (pour pouvoir payer les frais d’enregistrement et de notaire). D’autre part, la baisse des taux est des plus timides pour les crédits, alors qu’elle est nette quand il s’agit de rémunérer l’épargne de la clientèle.

    Ainsi, côté épargne, le taux des bons de caisse Fortis à un an est passé de 5,10 % en octobre 2008 à 2 % en février 2009. Par contre, côté crédit, Fortis a, sur la même période, réduit le taux de ses crédits de caisse de 9,75 % à… 9,65 %.

    Dans une note interne de mars 2009, le CEO Retail Bank Belgique de Fortis, Peter Vandekerckhove, se réjouit de cette évolution : « La production en crédits habitation est légèrement meilleure que celle de la même période de l’année passée, avec, en outre une marge qui est le double de celle de l’année passée. En PAT [prêts à tempérament], le nombre et les volumes ont augmenté, avec une marge qui a quasiment doublé. » Il poursuit en soulignant que cette marge a également augmenté significativement pour les crédits professionnels et crédits d’investissement (malgré une stagnation ou un recul du volume).

    Bref, alors que la Banque centrale européenne réduit ses taux pour combattre une crise financière dans laquelle les banques portent une responsabilité flagrante, celles-ci détournent la mesure pour augmenter fortement leur marge bénéficiaire, jusqu’à la doubler pour certains crédits. C’est tellement flagrant que l’on se demande si l’humour dont ce cadre de Fortis teinte la conclusion de sa note peut réellement être involontaire : « Nous mettons tous nos moyens en œuvre pour renforcer la confiance de nos clients. »

michelcollon.info 

 
 

17:45 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : banques, ultra-riches, exploitation, capitalisme, livre |  Facebook |

05/02/2010

L'argent dette

La dette des gouvernements, des entreprises et des ménages a atteint des proportions astronomiques et enfle de plus en plus démesurément de jour en jour.

D'ou vient tout cet argent ?
Comment peut-il y avoir TANT d'argent à prêter ?

 

17:45 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, capitalisme, socialisme, argent, economie, exploitation |  Facebook |

02/02/2010

Banques qui pillent, banques qui pleurent



9782805900419Enquêtes sur les profits et crises de BNP-Fortis et des banques
Marco VAN HEES

La débâcle bancaire en a surpris plus d'un. Pas Marco Van Hees, l'auteur de Didier Reynders, l'homme qui parle à l'oreille des riches, pour qui la "crise" est même la conséquence inévitable et prévisible d'une idéologie à l'œuvre, et qu'il détaille ici de manière limpide.
La première partie du livre ("Banques qui pillent") enquête sur les procédés qui ont permis aux banques de réaliser, ces dernières années, des profits gigantesques, bien loin de la bonne gouvernance de façade. Appuyé sur de nombreuses sources, dont des témoignages de première main, Marco Van Hees montre comment cet enrichissement s'est opéré, de façon légale mais aussi, parfois, de façon ourtageusement illégale, au détriment des clients des banques, du personnel des banques et de l'État.
La seconde partie ("Banques qui pleurent") détaille les motifs de ces faillites annoncées. Pourquoi les directions des banques, qui pendant des années ont crié "au moins d'État", ont-elles exigé son intervention providentielle ? Mais aussi : comment cette intervention de la puissance publique s'est-elle faite - et cela doit nous préoccuper - avec un même irrespect des règles de droit et de bonne gestion, qui fait que la perfusion offerte aux vampires bancaires porte en elle les prochaines crises. L'ouvrage dévoile à ce propos les liaisons dangereuses tissées entre le monde politique et le monde bancaire.
Enfiligrane, ce livre est un plaidoyer pour instaurer ce que la réalité impose : une banque publique au service des gens et non au service du fric.
Marco Van Hees est inspecteur à l'impôt des sociétés et l'auteur de plusieurs livres remarqués.

Accéder au site ADEN.

17:00 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arnaques, capitalisme, exploitation, banques, finance, economie |  Facebook |

14/09/2009

De plus en plus de « travailleurs pauvres »


Il existe de plus en plus de « travailleurs pauvres » qui n’arrivent plus à s’offrir des extras (voyages, sorties, cinéma…) et devenir propriétaires, selon une étude de la FGTB.

Archives Belga

Il existe de plus en plus de « travailleurs pauvres » qui n’arrivent plus à dépenser pour des extras (voyages, sorties, cinéma…) et devenir propriétaires, selon une étude de la FGTB, présentée mardi à Bruxelles. Environ 20 % des travailleurs font partie de cette catégorie de gens, paupérisés malgré une vie active. Le syndicat souhaite débattre de ce dossier lors du dialogue interprofessionnel en réclamant des salaires bruts et des salaires minimums plus élevés. « Nous allons apporter des sérieuses revendications salariales sur la table », a souligné Rudy De Leeuw, président de la FGTB.

Le syndicat socialiste a mené une vaste enquête sur le pouvoir d’achat des travailleurs. Près d’un actif sur 2 (47 %) estime que son pouvoir d’achat est en baisse par rapport à l’année dernière A peine 33 % des sondés estiment que leur pouvoir d’achat est resté stable contre 7 % qui pensent qu’il a fortement augmenté. Quelque 51 % des travailleurs belges ont des difficultés financières et 37 % d’entre eux ne peuvent pas mettre un euro de côté. Le temps du salaire unique est définitivement révolu pour les ménages car près d’un travailleur sur 2 (44 %) juge indispensable que deux salaires soient la règle.

Selon l’enquête, il apparaît que 35 % des sondés ont des difficultés à assurer les coûts d’éducation de leurs enfants, que 37 % n’arrivent pas économiser, que 25 % des actifs ne peuvent pas devenir propriétaires et qu’enfin, 18 % des Belges ne partent en vacances qu’une fois par an et ont des problèmes pour payer leurs frais de transport.

« Travailler plus pour gagner plus », ne semble pas être le remède à l’amélioration du pouvoir d’achat. Si 61 % des travailleurs effectuent des heures supplémentaires (en moyenne 24 heures par mois), à peine 6 % d’entre eux en font un choix personnel pour gagner plus d’argent. 34 % voient leurs heures supplémentaires non payées ou non récupérées.

Les travailleurs se paupérisent et ce phénomène touche selon la FGTB, 20 % des travailleurs. « C’est une nouvelle catégorie qui se développe de plus en plus », a expliqué Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB.

Ces travailleurs arrivent tout juste à satisfaire leurs besoins primaires et ne peuvent pratiquement rien dépenser pour leurs loisirs ou vacances ou pire d’acheter un bien immobilier. Il s’agit surtout d’actifs du secteur public et non-profit. Anne Demelenne estime par ailleurs que la précarité des contrats offerts et la flexibilité à outrance, particulièrement chez les jeunes, favorisent cette paupérisation.

Parallèlement, la FGTB a demandé au CRIOC de réaliser une enquête sur la consommation des ménages à revenu modeste (1.000 euros nets maximum par personne). Selon l’enquête, ces types de personnes vivent sous une pression commerciale, sont moins informés sur ce qu’elles consomment et consomment des produits de moins bonne qualité. Selon le CRIOC, les premiers prix (discount ou marques de distributeurs) sont de moins bonne qualité et posent des problèmes pour ceux qui les consomment.

L’enquête couvre plusieurs segments de consommation des ménages à revenu modeste. Ainsi, ils consomment beaucoup de plats préparés, optent pour de l’eau en bouteille plus chère et sont en moins bonne santé que les catégories plus élevées. Huit enfants sur 10 sont par ailleurs confiés à des proches plutôt qu’en crèche. Les revenus modestes sont exclus du système de garde d’enfants.

« Le misérabilisme et le paternalisme ne sont pas notre style mais nous voulons la prospérité et la santé pour tous », a déclaré M. De Leeuw en évoquant la problématique des petits revenus.

Enfin, toujours dans le cadre de l’amélioration du pouvoir d’achat, le syndicat socialiste a demandé à nouveau une baisse de la TVA sur le gaz, l’électricité et le mazout, un crédit social de 40 à 80 euros pour les bas revenus, un contrôle des prix, un blocage des loyers et l’accès à des gardes pour enfants accessibles.

(belga)

18:45 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pauvrete, travailleurs, exploitation, miserables, capitalisme, societe |  Facebook |

23/03/2008

Reflexion

 Minute de réflexion : 

Pour toutes les 'vaches à lait de Belgique, de France' mais aussi de toute l’Europe. 

1° un peu d'histoire:

En l'an de grâce 2000 après JC  
nous avions  1 Dollar à 1.2 Euros et 1 Baril de Pétrole à 60 Dollars 
        soit le Baril à 72 Euros 
        et on payait 0,82 Euro / litre de gasoil 

2° de nos Jours à la mi-mars 2008 après JC (toujours encore):

Nous avons 1 Dollar à 0.65 centimes d'Euro et 1 Baril de pétrole qui a explosé dernièrement à plus de 110 Dollars. 
        soit le Baril à 70,1 Euros (Oups ??!!) 
             et on paye 1.25 Euros / litre de gasoil....


Et là, très chères 'Vaches à lait' 
On se pose la question suivante: 

Si le Baril est moins cher pour nous en Europe qu'en 2000.... 
Pourquoi le gasoil est-il minimum 50% plus cher qu'en 2000 ?? 

Il y en a qui doivent solidement se remplir les poches !! 

Alors très chères 'Vaches à lait' continuons à travailler sagement et fermons les yeux, mais le jour viendra ou le dollar remontera et là je ne vous dis même pas ! 

Faites suivre à un maximum de personnes 
il faut que tous le monde le sache et comprenne. 

              On est des'Vaches à lait'  
            mais on n’est pas con !!!!!!

01:01 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : economie, exploitation, capitalisme, plus_value |  Facebook |

22/12/2007

Pouvoir d'achat en baisse

nvo-07-12-07

17/12/2007

Images de la manifestation Nationale de samedi 15 décembre 2007

 

Touche pas à mes patates !

Tel était le slogan du PTB en ce jour de grande manifestation du 15 décembre 2007 contre la vie chère.

  • 53%, c'est la hausse du prix de la patate entre janvier 2006 et octobre 2007.
  • 25 à 30%, c'est la hausse prévue en 2008 pour le gaz fourni par Electrabel.
  • Les prix montent et nos salaires restent bloqués, par contre les bénéfices des grandes entreprises explosent: 23 milliards d'euros de bénéfices pour le top 20.

Les 10 points du PTB contre la vie chère et pour la solidarité :

  1. Des prix plafonds pour les biens de première nécessité;
  2. Baisse de la TVA de 21% à 6% sur le gaz et l'électricité; l'énergie n'est pas un produit de luxe !
  3. Augmentation des salaires et des allocations sociales.
  4. Inclure l'essence et le diesel dans l'index;
  5. Moins d'impôts pour les travailleurs et plus pour les grosses fortunes.
  6. Les médicaments de 50 à 60% moins chers par l'application du modèle KIWI.
  7. Des emplois stables et pas d'intérims; la flexibilité au travail : non merci !
  8. Touche pas aux pensions et aux prépensions; pas de pacte des générations bis.
  9. Non au service minimum dans les entreprises publiques, il faut préserver le droit à la grève.
  10. Pour une sécurité sociale forte.

Que font les partis traditionnels ?

Rien, au contraire, ils débatent en premier lieu d'une réforme de l'état. Pire encore, la majorité des partis viennent de voter au parlement contre l'introduction d'un prix plafond pour l'énergie.

P1000270

P1000273

P1000278

P1000269

P1000274

06/11/2007

ELETROBEL

 

En marge du dossier "énergie", le site

 ELETROBEL

 (greenpeace) explique bien les enjeux et l'arnaque dont le peuple Belge est vitime depuis des décennies. (Mettre le son!).

En cas d'impossibilité de lecture de la petite séquence vidéo, téléchargez gratuitement "adobe flash player".

12:13 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : exploitation, liberalisation, arnaque, energie |  Facebook |

28/06/2007

Et encore, et encore .....

Banquier

Les Belges toujours plus riches? Vous êtes riche, vous?

Dire, redire, répéter, que les riches, dans cette société capitaliste sont amenés à devenir de plus en plus riches, se plaindre et toujours se lamenter, soit, comme je dis dans l’intro à ce blog : "Il faut dénoncer ce qui doit l'être", mais finalement çà en devient une éternelle rengaine, mais ce qu'il faut savoir c'est que cet état de chose n'est pas prêt de s'améliorer avec le gouvernement que l'on nous concocte pour le moment, et pour lequel "NOUS" avons voté, voici donc une série de trois articles parus sur dhnet.be; je vous laisse juges.

4.200 nouveaux riches

(La DH du 28/06/2007)

La Belgique compte désormais 68.000 citoyens millionnaires en dollar

BRUXELLES Chaque année, le cercle des millionnaires s'agrandit. En Belgique, on dénombrait 63.800 millionnaires en 2005, rejoints l'an dernier par 4.200 petits veinards qui font désormais partie de cette famille de privilégiés forte de 68.000 membres, selon le World Wealth Report de Merill Lynch et Capgemini, rendu public hier. Parmi les Belges les plus riches et les plus célèbres, c'est à nouveau Albert Frère qui occupe la plus haute marche du podium, faisant même partie du très fermé club des milliardaires (3,1 milliards), auquel un seul autre Belge appartient, d'origine kazakhe, Patokh Chodiev (1,9 milliard).

Depuis mars 2003, l'indice Bel-20 a plus que triplé, ce qui contribue fortement à l'enrichissement des Belges dont les sociétés sont cotées en Bourse et des investisseurs qui ont décidé de placer une partie de leurs avoirs financiers dans ces entreprises. En 2006, principalement entre août et octobre, la place boursière belge a enregistré d'excellentes performances, grimpant de 27,3 % sur l'année. Et les analystes s'attendent à voir le Bel-20 dépasser les 5.000 points cette année.

Mais pour faire fructifier leur argent, les riches aiment généralement se tourner vers des gestionnaires de fortunes. "Les principales entreprises de gestion de patrimoines ont compris que, pour réussir, elles devaient adapter leur modèle de service aux besoins individuels de leurs clients ", explique Robert J. McCann, président du Global Private Client Group de Merrill Lynch.

"En matière de services financiers, nous observons une tendance qui a déjà pris racine dans le secteur de la vente au détail et du divertissement. Les préférences individuelles et les besoins actuels changeants des clients sont de plus en plus pris en compte par les entreprises de gestion de patrimoines lorsqu'elles cherchent à mesurer l'efficacité de leurs modèles de service. Ces modèles doivent aider les conseillers à distinguer de meilleures opportunités visant à offrir de nouveaux produits et services", ajoute Bertrand Lavayssière, Group Director de Capgemini Financial Services.

Ainsi, on observe que les plus fortunés souhaitent se tourner vers des investissements de plus en plus mondialisés, complexes et proactifs.

Aujourd'hui, la majorité de leurs actifs provient de participations dans des entreprises et autres activités proactives de création de patrimoines.

Pour devenir très riche, il faut donc être... riche, ou gagner un très beau jackpot à l'Euro Millions. De quoi se gaver ad vitam aeternam de champagnes millésimés accompagnés de profiteroles au chocolat tout en profitant d'un coach personnel pour perdre les kilos superflus engrangés suite à ces excès.

V. S. © La Dernière Heure 2007

10 millions de rupins

(La DH du 28/06/2007)

Le patrimoine des plus fortunés a augmenté de 11,4 % en 2006, pour s'élever à 37.200 milliards de dollars

BRUXELLES Il y a quasi autant de millionnaires en dollar dans le monde que de Belges. Ils sont en effet 9,5 millions à posséder minimum un million de dollars, hors résidence principale et biens de consommation. Les ultra-HNWI (personnes disposant de plus de 30 millions de dollars d'avoirs financiers, hors résidence principale et biens de consommation) sont quant à eux 94.970 dans le monde.

Les pays Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) ont continué à jouer un rôle de plus en plus important dans l'économie mondiale en 2006. La Chine et la Russie se trouvent dans le top 10 des pays dont le nombre de millionnaires augmente le plus rapidement. Leur nombre a augmenté de 7,8 % en Chine et de 15,5 % en Russie. En Amérique latine, le nombre de millionnaires a augmenté de 10,2 %, continuant à dépasser la moyenne mondiale de 8,3 %.

En 2006, les millionnaires ont consacré plus d'argent à des investissements dans l'immobilier, liquidant parfois certains de leurs investissements alternatifs pour financer ces opportunités immobilières. Les volumes mondiaux de transactions immobilières directes ont atteint 682 milliards de dollars en 2006, augmentant de 38 % par rapport à 2005. Mais les riches se montrent aussi généreux puisqu'ils ont donné 285 milliards de dollars à des causes philanthropiques en 2006, même si pour certains il s'agit aussi d'un moyen de payer moins d'impôts.

Dans les mois à venir, des marchés matures comme les États-Unis ralentiront l'économie mondiale à cause de leurs taux de croissance modérés. Compte tenu du fait que de nombreuses banques centrales ont des politiques monétaires strictes, la période de haute liquidité qui a tant stimulé la récente croissance touchera bientôt à sa fin. On prévoit que les taux de croissance de l'Asie et de l'Amérique latine reflueront car la demande mondiale ralentit. Toutefois, l'extraordinaire création de richesse à Singapour et en Inde devrait se poursuivre en 2007, et ainsi favoriser l'accession de nouveaux riches au club de millionnaires en dollar.

V. S. © La Dernière Heure 2007

Réservé aux nantis

(La DH du 28/06/2007)

Le private banking, ou le saint des saints

BRUXELLES De plus en plus de millionnaires en Belgique ? Il y a aussi de plus en plus d'institutions financières s'intéressant aux gros poissons et leur proposant services et conseils sur mesure.

Avec un million d'euros en poche - façon de parler -, vous êtes forcément reçu comme un dieu par votre banquier.

Mais, cette fois, vous ne devrez pas vous contenter du siège pas trop confortable de votre agence bancaire traditionnelle : lorsque vous pesez autant, vous pouvez alors accéder au saint des saints, à savoir le private banking, où l'ambiance est bien entendu plus feutrée.

Le seuil d'accès au private banking est bien souvent le million d'euros. Parfois moins (à partir de 300.000 euros chez Axa Private Banking et moins de 100.000 euros chez Robeco, Citibank et à la Deutsche Bank). Avec une telle somme, vous aurez en tout cas droit à un conseiller personnel qui prendra tout le temps nécessaire pour déterminer votre profil d'investisseur. Ce qui est le cas de Monsieur Tout-le-Monde. La grosse différence est que vous pourrez alors accéder à des produits financiers plus pointus, voire plus performants, dans le cadre d'une architecture ouverture.

Qu'est-ce que cela signifie ? Si vous êtes client d'une banque traditionnelle, vous pouvez acheter des produits maison, et rien de plus : des fonds Fortis chez Fortis, des fonds Dexia chez Dexia, des fonds ING chez ING,...

Dans le cadre du private banking, l'horizon est généralement bien plus large : vous aurez bien entendu des fonds maison en portefeuille mais aussi des fonds d'autres gestionnaires, comme Fidelity, JP Morgan, Invesco,...

Vous aurez alors en portefeuille le meilleur fonds du marché, du moins en principe, dans chaque catégorie d'investissement. De quoi vous permettre de devenir encore plus riche.

V. S. © La Dernière Heure 2007

 

20/02/2007

Le seuil de pauvreté.

16 % des Européens vivent sous le seuil de pauvreté

L’investigateur ; 20 fév. 2007

 

En 2004, 16 % des Européens vivaient sous le seuil de pauvreté, fixé à 60 % du revenu national moyen, selon des données présentées lundi par la Commission européenne. Le taux oscille entre 9 ou 10 % (Suède et République tchèque) et 21 % (en Lituanie et Pologne). En 2006, près de 10 % des citoyens adultes de l’Europe des Vingt-Cinq en âge de travailler (soit les citoyens non étudiants âgés de 18 à 59 ans) vivaient dans des ménages exclusivement composés de personnes sans emploi. Les chiffres oscillaient entre moins de 5 % (Chypre, Luxembourg et Slovénie) et plus de 13 % (Pologne et Belgique). On relève des pourcentages similaires pour les enfants vivant dans ce type de ménage (9,5 % pour l’Union européenne dans son ensemble en 2006). Cependant, les familles avec enfants sont davantage concernées par cet état de choses dans certains pays que dans d’autres. La proportion d’enfants se trouvant dans cette situation varie beaucoup d’un État membre à l’autre : de moins de 3 % (Luxembourg) à 14 % et plus (Bulgarie et Royaume-Uni). Un tel environnement influe sur les conditions d’existence de l’enfant et sur l’évolution de son développement, en l’absence d’un modèle de rôle adéquat.

CARTOONeau

 

22:28 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pauvrete, societe, socialisme, economie, statistiques |  Facebook |