21/11/2010

Rompons le blocus de l’information !

Rompons le blocus de l’information !

Posted 14 novembre 2010 by cubanismo

Dr. med. Martin Herrmann*

 

medicoscubanos1.jpgDe profonds changements économiques sont en cours à Cuba, y compris dans le secteur de la santé. Le gouvernement a appelé à une utilisation parcimonieuse des ressources dans les hôpitaux.

 

Immédiatement, de nombreux médias occidentaux ont prétendu que l'éducation et la santé allaient connaitre un processus de privatisation. Ils reproduisaient un article publié par le quotidien argentin de droite «Clarín », déformant une déclaration de la ministre cubaine des affaires sociales.

 

Pour Cuba, l'éducation et la santé restent prioritaires et publiques, le gouvernement est convaincu de leur importance et maintient ces acquis de la révolution par tous les moyens. C’est un exemple de la guerre de désinformation que livrent les États-Unis à Cuba, en complément à l'agression économique qu'ils pratiquent sans succès depuis plus de 50 ans.

 

Les médias européens n’évoquent pas les effets sournois et concrets du blocus. C'est particulièrement le cas pour les mesures les plus absurdes: un internaute cubain ne peut accéder à de nombreux sites. Non pas, parce que le gouvernement cubain l'interdirait, comme le prétendait il y a quelques jours Tomás Bilbao, ancien haut fonctionnaire du régime de G.W. Bush, à propos de Twitter. Mais bien parce que, comme l'a du admettre ce réseau (1), ces sites interdisent l'accès à des requêtes provenant d'une adresse à Cuba.

 

La littérature médicale, dont une grande partie est éditée aux États-Unis ou par des éditeurs y ayant de gros intérêts commerciaux, est quasiment inaccessible. Quant aux sites internet correspondants, beaucoup refusent la connexion depuis Cuba. A croire que la lecture d'articles médicaux par des médecins cubains affecterait les intérêts et la sécurité des États-Unis... La désinformation est systématique et traverse également les médias européens comme un rouleau compresseur. C'est aussi cela, la guerre des États-Unis contre son petit voisin.

 

Un exemple illustratif concerne Haïti: au moment du tremblement de terre, plus de 400 médecins cubains étaient sur place et ont pu apporter une aide immédiate. A ce jour, plus de 1500 cubains ont soigné plus de 227 000 victimes. Pour comparaison: les EU ont dépêché 10 000 militaires et 500 professionnels médicaux qui se sont occupé d'environ 800 blessés! Pourtant, l’aide de Cuba n’est pas mentionnée dans la presse!

 

Les échanges scientifiques représentent un besoin essentiel pour les médecins de toute spécialité. Nous sommes très engagés dans ce domaine: des spécialistes cubains sont invités pour des formations complémentaires en Europe. En octobre, deux pédiatres se sont rendus à Cuba pour partager leur expérience avec les pédiatres de La Havane. Divers chirurgiens se rendent régulièrement en province : leur objectif est d’enseigner des techniques d’intervention plus efficientes et moins invasives; il s'agit d'un moyen d'optimiser les ressources hospitalières. Et de rompre, en même temps, le siège médiatique. Nous poursuivrons notre soutien au système de santé cubain, plus que jamais!

 

* l’ auteur est co-président de MediCuba-Suisse - www.medicuba.ch

 

(1) http://www.rebelion.org/noticia.php?id=114489

05/09/2010

L’heure des faucons

L’heure des faucons
Selim K. (Extrait de "INVESTIG'ACTION")

iran_guerrej726d-60398.jpgLe parallèle est trop évident pour ne pas sauter aux yeux. La reprise économique américaine donne des signes inquiétants d’essoufflement. Dans le même temps, l’amiral Mc Mullen, chef des armées des Etats-Unis, informe benoîtement que ses stratèges ont conçu des plans de bataille contre l’Iran. Les Etats-Unis annoncent également qu’un réseau intégré de défense antimissile en Europe, en Israël et dans le Golfe, destiné à protéger ces régions de représailles iraniennes, est en voie d’achèvement.

L’activation d’un tel bouclier antimissile et d’un système de radars entourant l’Iran signifie clairement l’accélération des préparatifs d’une frappe contre le pays des ayatollahs. Le pari est immensément risqué, car nul ne peut prédire la magnitude des répliques iraniennes ni les répercussions de l’explosion d’un conflit dans une région très fragile.

L’agressivité américaine, nullement refroidie par les récents revers en Irak et en Afghanistan, est bien en quête d’un nouvel exutoire. Apparemment, les partisans d’une approche prudente cèdent le pas devant l’offensive des néoconservateurs pour qui l’Iran est une menace vitale pour Israël et les Etats-Unis. Les sous-impérialismes européens, qui n’acceptent pas la modification en cours des rapports internationaux, sont entraînés dans l’escalade belliciste. Autant que la perte de leur hégémonie conjointe, c’est la défense de la « démocratie » coloniale israélienne qui est au premier plan des préoccupations des architectes de la guerre. Pour ces milieux, un conflit de nature « civilisationnelle » pourrait escamoter des politiques publiques de plus en plus injustes et des difficultés économiques auxquelles ils ne peuvent faire face par des moyens conventionnels. La mort et la destruction sont donc tranquillement présentées par des individus très rationnels comme le moyen d’exporter la démocratie et d’asseoir la paix du monde.

Quelle différence avec des extrémistes fanatisés ? A lire les déclarations des partisans de la guerre, seule l’ampleur de leurs moyens les différencie des terroristes qu’ils prétendent combattre. Ces derniers, isolés au sein même de leurs sociétés, ne disposent pas en effet des instruments de propagande ni des capacités militaires et de manipulation de l’opinion de Washington. Les dirigeants américains, fidèles à leur tradition, n’ont jamais renié la politique de la canonnière - aujourd’hui remplacée par le porte-avions - des premiers temps de l’expansion impériale. Avec un argumentaire à peine actualisé. Mais la situation politique globale qui prévalait au dix-neuvième siècle a bel et bien changé, même si la puissance de destruction américaine a considérablement augmenté.

Le cours des événements actuels montre que la nature des orientations américaines n’évolue pas, quelle que soit la couleur politique du président et la tonalité du discours officiel. Le système politique américain, strictement verrouillé, est fondamentalement soumis à des intérêts très minoritaires. Les espoirs placés dans l’élection de Barack Obama ont rapidement laissé place au désenchantement. Le credo du changement invoqué sur tous les registres n’est au final que pur artifice. Le président, comme ses prédécesseurs, est aux ordres de ceux qui l’ont installé à la Maison-Blanche et qui encadrent strictement ses politiques.

Osera-t-il s’opposer aux faucons de mauvais augure qui l’entourent ? Il est permis d’en douter.

01/08/2010

Congo-Kinshasa: Allégement de la dette - plus de confusion sur les chiffres


29 Juillet 2010 (Extrait de "AllAfrica.com")


Impacts-du-programme-dassainissement-urbain-de-kinshasa-pauk-sur-lenvironnement-cas-de-la-c8.pngKinshasa — Plus de confusion sur le montant réellement annulé le 1er juillet 2010 à l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE. Il n'y aura donc plus de controverse sur le sujet, pense le Premier ministre, Adolphe Muzito, qui a dépêché hier mercredi devant la presse son directeur de cabinet adjoint en charge de suivi des programmes avec les institutions de Bretton Woods pour lever toute équivoque sur le sujet.

Depuis l'atteinte le 1er juillet 2010 du point d'achèvement de l'initiative de réduction de la dette en faveur des pays pauvres très endettés (I-PPTE), plusieurs chiffres ont circulé sur le montant de la dette annulée à l'issue des Conseils d'administration du FMI et de la Banque mondiale.

S'il est vrai que le montant annulé dépassait les 10 milliards Usd, de profondes divergences sont apparues sur la hauteur exacte de ce montant. Aussi, pour éviter toute forme de confusion à ce sujet, le Premier ministre, Adolphe Muzito, a dépêché hier mercredi 28 juillet son directeur de cabinet adjoint en charge de suivi de programmes avec les IBW, Jean-Claude Nachega pour lever toute forme de voile sur le sujet.

Après sa prestation devant la presse, l'on en sait un peu plus sur la portée des chiffres repris dans le communiqué conjoint publié le 1er juillet 2010 par le FMI et la Banque mondiale. Tout comme, plus de doute possible sur le montant exact consenti en terme d'allégement de la dette par ces deux institutions.

Ces précisions du gouvernement ont donc l'avantage de mettre fin à la distraction qui couvait dans une bonne partie de la population congolaise, concernant les avantages financiers réels obtenus au point d'achèvement de l'I-PPTE.

Le gouvernement se devait donc de clarifier le débat pour éviter que la confusion ne se généralise dans l'opinion publique. Le chiffre exact de la dette annulée étant désormais connue, il n'y a donc de raison de s'attarder sur un débat vidé de sa substance.

L'essentiel aujourd'hui est de tourner les regards vers le futur en ayant pour seule priorité la poursuite de grands travaux de reconstruction.

Jean-Claude Nachega pense que le moment ne prête pas à une quelconque forme de distraction, la RDC ayant obtenu un avantage en termes de réduction que nul autre pays inscrit à l'I-PPTE n'a obtenu avant. « Il s'agit, note-t-il, du plus grand allègement de dette dont n'ait jamais bénéficié un pays dans le cadre de ces deux initiatives (IPPTE et IADM) ».

Voici en intégralité le contenu de la conférence de presse animée par Jean-Claude Nachega.

Point de presse du Dircaba, J.C. Nachega, sur le point d'achèvement (les chiffres)

« Comment l'atteinte du point d'achèvement a-t-elle affecté le niveau et la structure à la fois du stock et du service de la dette de la RD Congo?

La RD Congo a bénéficié d'allègements significatifs à la fois du stock et du service de sa dette publique extérieure.

Le stock de la dette extérieure, estimé à 13,704.9 milliards de dollars américains, représentant 125 pourcent du PIB, à fin décembre 2009, a diminué pour s'établir à 2,931 milliards de dollars américains, représentant 24 pourcent du PIB, à la fin de cette année 2010.

L'allègement du stock de la dette est donc d'environ 80 pourcent, soit 10,774 milliards de dollars américains, dont : 491 millions de dollars américains de la part du FMI ; 1,832 milliard de dollars américains de la Banque Mondiale (AID) ; environ 7,4 milliards de dollars américains de la part des pays bilatéraux membres du Club de Paris Etats-Unis, France, Belgique, ...) ; et le reste provenant de créanciers bilatéraux non membres du Club de Paris (Serbie et Monténégro, Koweït, Taiwan-province de la Chine, Arabie Saoudite ...) et des commerciaux (dont Club de Londres).

L'allègement total (au fil des ans) du service nominal de la dette (principal plus intérêts) est de 12,3 milliards de dollars américains dont : 11,1 milliards de dollars américains au titre de l'initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) ; et 1,2 milliards de dollars EU au titre de l'initiative d'allègement de la dette multilatérale (IADM). N.B: Il s'agit du plus grand allègement de dette dont n'ait jamais bénéficié un pays dans le cadre de ces deux initiatives (IPPTE et IADM) ».

29/07/2010

Médiamensonges : Lorsque CNN fait dire le contraire...

Silvio Rodriguez aux États-Unis
Pascual SERRANO (Extrait de "LE GRAND SOIR")

arton11113-19394.jpgEn juin dernier, le chanteur, auteur, compositeur cubain, Silvio Rodríguez, a fait une tournée à travers les États-Unis. Au cours d’une interview avec la presse, alors qu’on l’interrogeait à propos des prisonniers cubains, tant ceux qui sont actuellement incarcérés à Cuba, accusés d’avoir conspiré au service d’une puissance étrangère, que ces cinq Cubains, prisonniers aux USA, accusés d’espionnage, il a textuellement répondu ceci :

« Nos héros, parce que pour nous, ces cinq Cubains qui se trouvent ici, aux États-Unis, sont des héros, ils devraient être libres ; ça fait plus de dix ans qu’ils sont en prison suite à des condamnations absurdes ; ces cinq Cubains sont venus ici pour espionner les terroristes qui nous envoyaient des bombes et qui conspiraient pour causer des souffrances physiques à Cuba. Moi, je ne peux pas les comparer avec des gens qui ont conspiré au service du gouvernement (des États-Unis) ou d’une partie de ce gouvernement qui, de tous les gouvernements, est celui qui veut nous nuire le plus. Pour moi, ce sont deux choses très différentes. Je pense que ceux qu’on appelle les prisonniers politiques cubains ont violé les lois cubaines et c’est pour cette raison qu’ils ont été sanctionnés ; je pense que les sanctions ont été trop dures et je pense qu’ils devraient être libres, peut-être pas tous, mais une bonne partie d’entre eux et, bien entendu, ceux d’entre eux qui ont des problèmes de santé ».

La journaliste de CNN mélange tout et présente ainsi les déclarations de Silvio Rodríguez :

« Et quant aux dissidents, quant aux prisonniers politiques cubains, il a dit qu’il respectait leur cause ; il parle aussi des espions cubains prisonniers aux États-Unis, accusés d’espionnage, et il dit que comme ils ont violé les lois, ils est juste qu’ils soient en prison, mais que leurs condamnations sont trop sévères ».

Exactement tout le contraire.

Les vidéos des deux déclarations peuvent être vues (en espagnol) :


19/01/2010

John Perkins, confessions d'un corrupteur de nations

17:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans manipulation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : armement, corruption, manipulation, societe |  Facebook |

01/11/2009

L'histoire des Cinq Cubains telle qu’on ne vous l’a jamais racontée

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Ricardo ALARCÓN DE QUESADA

I. Les héros interdits

« Dans ce pays-ci, mets-toi ça dans la tête, tu dois courir aussi vite que tu peux pour rester à la même place »

Lewis Carroll
Alice au pays dess merveilles

Vous souvenez-vous d’Elián ?

L’affaire Elián González, un garçon de six ans, retenu par la force par des inconnus contre la volonté de son père, dans un défi ouvert à la loi US et à la décence, avait été largement rapportée par les médias dans le monde entier. Miami, le lieu de la séquestration, s’était transformée en une sorte de ville sécessionniste US, lorsque le maire, le chef de la police, les politiques, tous les quotidiens et les commentateurs de radios et de télévisions, de concert avec les institutions religieuses et patronales, s’étaient unis avec certains groupes violents des plus notoires obéissant aux ordres des groupes terroristes et violents pour s’opposer à l’ordre des tribunaux et du gouvernement de libérer le garçon.

Il avait fallu envoyer une équipe des forces spéciales de Washington DC, pour lancer une opération secrète et rapide afin d’occuper plusieurs maisons, désarmer les individus qui étaient fortement armés et cachés dans le quartier, sauver le garçon et restaurer la loi. Tout le monde avait suivi l’information. Jour après jour.

Mais presque personne ne savait, qu’au même moment, exactement au même endroit – à Miami- cinq autres jeunes Cubains avaient été arbitrairement privés de leur liberté et subissaient une grande injustice.

Gerardo Hernández, Ramón Labañino, Antonio Guerrero, Fernando González et René González avaient été arrêtés très tôt le matin du samedi 12 septembre 1998, et emprisonnés pour 17 mois, seuls, dans des cellules punitives. Depuis le début de l’instruction jusqu’au jugement, le principal chef d’accusation qu’avaient retenus les procureurs et le juge, était que les cinq jeunes Cubains avaient infiltré, pacifiquement et sans armes les groupes terroristes anti-Cubains dans le but d’informer Cuba sur leurs plans criminels.

Avec ce genre d’accusation, était-il concevable que qu’un quelconque révolutionnaire cubain puisse obtenir un jugement objectif à Miami ? Cela aurait-il été possible pendant la séquestration d’Elián, dans l’ambiance de violence, de haine et de peur qui régnait ?

Pour les services du Procureur, c’était parfaitement possible. Selon ses termes, « Miami est une communauté très grande, diverse et hétérogène » capable de traiter n’importe quel sujet sensible, y compris ceux qui impliquent la révolution cubaine. C’est cette phrase que les procueurs ont répété pour rejeter plus de dix motions présentées par les avocats de la défense demandant de délocaliser le procès.

Le même gouvernement qui avait été obligé de traiter Miami comme une sorte de ville rebelle et d’envoyer secrètement des forces pour restaurer la légalité, a menti plusieurs fois sur la question du lieu du procès en refusant aux prévenus le droit que les Usaméricains respectent tant, il a rejeté la requête de délocalisation du procès vers la ville voisine de Fort Lauderdale, située à une demi-heure de Miami. Ironiquement, quelques années après, en 2002, quand le gouvernement avait été poursuivi au civil pour une affaire administratif de moindre importance, résolue par la suite par un accord hors du tribunal, et liée indirectement au cas d’Elián, le gouvernement demanda un changement de lieu vers Fort Lauderdale, en affirmant qu’à Miami, il était impossible de juger avec objectivité une quelconque affaire en relation avec Cuba (Ramírez vs. Ashcroft, 01-4835 Civ-Huck, 25 juin 2002).

Cette contradiction flagrante, qui est la preuve claire d’un mauvais comportement du tribunal, d’un réel abus , a été l’un des facteurs principaux sur lesquels a été fondée la décision unanime de la Cour d’Appel, en 2005, pour annuler les condamnations des Cinq et décider un nouveau jugement (Court of Appeals for the Eleventh Circuit, No. 01-17176, 03-11087).

Cette décision historique fut ensuite infirmée par la majorité du tribunal sous la pression du Procureur Général (ministre fédéral de la Justice) Alberto Gonzales dans une action contraire à ce que supposerait la pratique courante du droit aux USA. Le succès de cette manœuvre de M. Gonzales, démonstration de sa philosophie juridique particulière, rendit impossible une résolution juste de cette affaire qui aurait honoré les USA.

La décision de la cour, un document solide de 93 pages qui décrivait des faits irréfutables de la guerre terroriste menée depuis un demi-siècle contre Cuba, reste un document extraordinaire l’histoire US et qui restera un texte que les professeurs et les étudiants en droit analyseront avec respect.

Mais ceci est un autre chapitre dans la longue saga des Cinq.

Quant à Elián González, il est sur le point d’achever son lycée et continue d’attirer l’attention des médias étrangers et des visiteurs qui se rendent à Cárdenas, le joli village dans lequel il vit. Lorsqu’ils se endent à la maison d’Elián, ils sont surpris par des affiches qui réclament la liberté des Cinq jeunes dont les visiteurs n’avaient certainement pas entendu parler jusqu’alors.

Commentaire de Leonard Weinglass:
« Le procès a été tenu secret par les médias US. Il est inconcevable que le procès le plus long des USA jusqu’au jour de son verdict, n’ait été couvert que par la presse locale de Miami, alors que notamment des généraux, un amiral ainsi qu’un conseiller de la Maison Blanche avaient été appelés à témoigner par la défense. Où étaient alors les médias US pendant ces six mois ? Non seulement ce procès avait été le plus long, mais il traitait une affaire qui impliquait des questions importantes de politique étrangère et de terrorisme international. C’est aux médias US qu’il faut poser la question, car ils continuent à refuser de couvrir un cas dans lequel il y a eu tant de violations de droits fondamentaux, et y compris des violations des droits humains des prisonniers. » (Réponse de Leonard Weinglass, au Forum organisé par http://www.antiterroristas.cu , le 12 septembre 2003).

Ce qui a sauvé Elián c’est le fait que les Usaméricains étaient a courant de son cas et qu’ils s’étaient impliqués pour que la justice triomphe. Les Cinq sont toujours emprisonnés – cela fera 11 ans en septembre prochain – victimes d’une terrible injustice, car on ne permet pas aux Usaméricains d’en prendre connaissance. Les Cinq sont punis cruellement parce qu’ils ont combattu le terrorisme. Ils sont des héros, mais des héros interdits.


II. La justice aux Pays des merveilles

« La sentence d’abord… le verdict ensuite! »


Lewis Caroll
Alice au pays des merveilles

Une fois écartée la question de la délocalisation du procès, le résultat du procès des Cinq était déjà prédéterminé. Il suivait strictement la prophétie de la Reine.

Les médias US ont joué un rôle très important dans deux directions. En dehors de Miami c’était un silence total ; comme l’avocat Leonard Weinglass l’a très habilement décrit, leur rôle contrastait avec celui qu’ils avaient joué dans le Comté de Dade, offrant tous deux, les médias et la cour, offrant un show impressionnant de discipline.

Les médias locaux ne se sont pas contentés de couvrir intensivement l’affaire , mais ils y sont également intervenus, comme s’ils avaient fait partie de l’accusation. Les Cinq avaient été condamnés par les médias avant même d’être accusés.

Le samedi 12 septembre 1998, très tôt le matin, tous les médias de Miami diffusaient sans discontinuer des flashes sur la capture de « terrifiants » agents cubains, « prêts à détruire les USA » (c’était la phrase que le Procureur adorait et qu’il a répété maintes et maintes fois durant tout le procès). Ce matin-là, le titre de Une fut : « Des espions parmi nous ». Simultanément, et fort à propos, le chef du FBI à Miami recontrait Lincoln Díaz Balart et Ileana Ros-Lehtinen, les représentants de la vieille garde de Batista au Congrès.

Une campagne de propagande sans précédent fut lancée contre cinq individus qui ne pouvaient pas se défendre, car ils étaient totalement isolés du monde extérieur, jour et nuit, pendant un an et demi, dans ce qu’on appelle dans l’argot de la prison « le trou ».

Un cirque médiatique a entouré les Cinq depuis leur arrestation jusqu’à aujourd’hui. Mais seulement à Miami. Sur le reste du territoire des USA, c’est le silence radio sur leur dure situation. Le reste du pays n’est pas très au courant de cette affaire, et on le maintient dans l’ignorance, comme si tout le monde acceptait l’idée que Miami – cette « communauté très diverse et extrêmement hétérogène », selon la description du Procureur – appartiendrait effectivement à une autre planète.

Cela aurait pu être une proposition raisonnable, si quelques faits honteux n’avaient pas récemment été découverts. Certaines personnes des médias impliquées dans la campagne à Miami – « journalistes » et autres – avaient été payées par le gouvernement US, elles figuraient sur leurs listes de personnel en tant qu’employés dans la machine de propagande anti-cubaine à la radio et la télévision, une campagne qui a coûté plusieurs centaines de millions de dollars aux contribuables usaméricains.

De fait, les Usaméricains se sont vus obligés d’être très généreux, sans le savoir. Il y a une longue liste de « journalistes » de Miami qui ont couvert l’intégralité du procès des Cinq, tout en recevant des chèques fédéraux bien juteux (pour en savoir plus sur le « travail » de ces « journalistes », consulter le site web http://www.freethefive.org).

En 2005, La décision de la Cour d’Appel a offert également un bon résumé de la campagne propagandiste, avant et durant le procès. C’est une des raisons pour lesquelles la Cour avait été amenée à « invalider les sentences et ordonner un nouveau jugement ». Miami n’était pas un lieu pour rendre la justice. Comme les juges l’avaient dit « les preuves présentées [devant le Tribunal de Miami] pour appuyer les requêtes de délocalisation étaient massives » (Court of Appeals for the Eleventh Circuit, No. 01-17176, 03-11087).

Clarifions un point. Nous ne parlons pas ici de journalistes, au sens où les Usaméricains en dehors de Miami peuvent l’entendre. Nous nous référons aux « journalistes » de Miami, c’est une chose très différente.

Leur rôle n’était pas de publier des informations, mais plutôt de créer un climat qui assure les condamnations. Ils ont même appelé à des manifestations publiques à l’extérieur des bureaux dans lesquels se réunissait la défense et ont harcelé les membres potentiels du jury pendant la phase précédant le procès. Le tribunal lui-même a exprimé sa préoccupation face la «quantité formidable de demande sà connaître les d’avance les questions qui seraient posées aux candidats-jurés, apparemment afin d’informer les auditeurs et téléspectateurs, et parmi eux les personnes sélectionnées comme candidats, sur les questions que leur poserait le tribunal. »

Nous parlons d’un groupe d’individus qui ont harcelé les jurés, en les poursuivant dans la rue, caméra au poing, filmant leurs plaques d’immatriculation et les montrant à la télévision; Ils les poursuivaient jusqu’à l’intérieur du Palais de Justice, jusque devant la porte de la salle des jurés, et cela durant les sept mois de procédures préliminaires du procès procès, du premier au dernier jour.

Plus d’une fois la juge Leonard a protesté et supplié le gouvernement d’arrêter une mascarade si déplorable. Elle l’avait réclamé du début à la fin du procès et à plusieurs occasions. Elle n’a jamais été entendue (Official transcripts of the trial, p. 22, 23, 111, 112, 625, 14644-14646).

Le gouvernement n’était pas intéressé par la tenue d’un procès juste. Au cours du processus de sélection du juré, le Procureur était avide d’exclure la majorité des membres afro-usaméricains, tout comme il avait exclu les trois individus qui n’avaient pas montré de forts sentiments anticastristes.

À cette date Elián González avait été récupéré, et il occupait toujours l’esprit des jurés. Comme le dit l’un d’eux pendant la procédure de sélection : «Je serais préoccupé par les réactions qu’il pourrait y avoir…je ne veux pas que des émeutes éclatent ou des trucs du genre de ce qui s’est passé dans l’affaire Elián ». Ou bien un autre, je cite : «Pour vous dire la vérité…je deviendrais une vrai loque nerveuse, j’aurais peur pour ma propre sécurité si je ne revenais pas avec un verdict favorable à la communauté cubaine [de Miami] ».

C’est dans cette atmosphère de peur qu’avait débuté le plus long procès à ce jour dans l’histoire des USA, ce procès que les grands médias avaient « choisi » d’ignorer.

Source : Counterpunch Forbidden Heroes & Justice in Wonderland”
Traduit par Esteban G.. Édité par Fausto Giudice
Article original publié les 11 et 12/8/2009

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05:45 Écrit par Socialisme-Solidarit dans manipulation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cuba, socialisme, prisonniers, sequestration_arbitraire, cubains |  Facebook |

04/10/2009

39 heures de travail presté, 35 heures payées - Le cas "SIEMENS"

(Source: gresea.be)

Affaire emblématique. L'usine d'ampoules électriques Osram (filiale de Siemens) à Molsheim, en face de Bâle, au nord de la France, compte quelque 600 travailleurs. La direction leur a demandé de signer un avenant à leur contrat de travail pour leur faire travailler 39 heures par semaine au lieu de 35, tout en les payant comme auparavant, au tarif de 35 heures. Travailler quatre heures en plus gratuit, pour le dire clairement. Et pour une noble cause: cela devrait, dit la direction, sauver le site jusqu'en 2013 d'une fermeture rendue inéluctable par la décision de la Commission européenne d'interdire la vente d'ampoules incandescentes – décision jugée à tout point de vue absurde par de nombreux économistes, mais c'est une autre question. A Molsheim, la plupart des salariés tombent dans le panneau et signent l'avenant: seule une centaine de travailleurs refusent de céder, flairant anguille sous roche. Ils vont faire des émules et c'est là que le dossier devient emblématique car c'est en le "conflictualisant" que tous les travailleurs apprendront de leurs collègues du comité d'entreprise européen de Siemens que Molsheim est non seulement un des sites les plus rentables du groupe mais aussi qu'il n'existe aucun plan pour le fermer et que le passage aux 39 heures au prix de 35 en France n'avait en réalité d'autre but, en fournissant l'exemple à suivre, que de mettre sous pression les travailleurs allemands afin qu'ils consentent à faire de même, sous peine de délocalisation en Slovaquie ou ailleurs – bref, par petit jeu subtil, à mettre en concurrence les travailleurs de part et d'autre de la frontière. Projet déjoué grâce au comité d'entreprise européen: l'information légale des travailleurs, cela a du bon.

Source: L'Humanité du 18 septembre 2009.

Traitement Gresea: 21 septembre 2009.

18:45 Écrit par Socialisme-Solidarit dans manipulation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : exploitation, capitalisme |  Facebook |

06/09/2009

Facebook!

Facebook appartient-il à la CIA ?
Ernesto Carmona   

Les grands médias ont célébré Mark Zuckerberg comme l'enfant prodige qui, à l'âge de 23 ans, s'est transformé en milliardaire multimillionnaire grâce au succès de Facebook, mais ils n’ont pas prêté attention à “ l’investissement de capital -risque ” de plus de 40 millions de dollars effectué par la CIA pour développer le réseau social.

Quand le délire spéculatif de Wall Street a fait croire aux imprudents que la valeur de Facebook monterait à 15 millions de dollars, en 2008 Zuckerberg est devenu le milliardaire  “ qui s’est fait tout seul ” le plus jeune de l’histoire du “ ranking ” de la revue Forbes, avec 1500 millions de dollars.

A ce moment, le  capital à -risque investi par la CIA paraissait avoir obtenu de bons  rendements, mais la “ valeur ” de Facebook s’est ajustée à sa valeur réelle en 2009 et Zuckerberg disparut de la liste Forbes.

La bulle Facebook a gonflé quand William Gates, le patron de Microsoft, acquit en octobre 2007 une participation de 1.6% pour 240 millions de dollars. Cette opération mena à spéculer que si 1%  de Facebook coûtait 150 millions de dollars, alors la valeur de 100% monterait à 15 milliards de dollars, mais le subterfuge finit par se dégonfler. La question de fond est que Facebook existe grâce à un investissement de capitaux à risque de la CIA.

En 2009, les grands médias n’ont pas lésiné sur la “ propagande informative ” pour rendre hommage à Zuckerberg comme paradigme du jeune entrepreneur-vainqueur, mais la diffusion réitérée de cette “ nouvelle ” n’a pas réussi à ce que la revue Forbes le maintienne dans la version 2009 de sa liste (1). L’enfant prodige disparut de la liste, malgré l’intensive campagne de CNN et de la grande presse mondiale qui reflète les intérêts de Wall Street. La liste Forbes est comme l’Oscar des grandes affaires et gonfle ou dégonfle la valeur des actions.

La CIA a investi dans Facebook bien avant qu’il ne devienne l’un des réseaux sociaux les plus populaires d’Internet, selon une enquête du journaliste britannique Tom Hodgkinson publiée en 2008 dans le journal  britannique The Guardian (3) et commentée par quelques médias indépendants de langue anglaise, mais sans aucune répercussion dans la grande presse.

La propagande corporative a transformé le portail social en un synonyme de succès, popularité et même de bonnes affaires. Facebook se présente comme un inoffensif site web de réseaux sociaux qui facilite les relations interpersonnelles. Sa popularité a fait spéculer que ses approximativement 70 millions d’utilisateurs augmenteraient en une paire d’années à 200 millions dans le monde entier, parce que dans ses meilleures semaines il est arrivé à recevoir jusqu’à deux millions de nouveaux utilisateurs. Cependant, Facebook ne convainc pas tout le monde.

Critiques et détracteurs

“ Celui qui n’est pas sur Facebook n’est dans rien ou il est hors du système ”, disent certains. C’est comme avoir une nouvelle image mais sans contenu, pour se donner de l’importance dans le méga-supermarché qu’est devenu Internet, comme substitut des anciennes places publiques, disent d’autres. Les plus pragmatiques affirment que c’est un outil pour des retrouvailles avec d’anciens compagnons d’enfance ou de jeunesse perdus dans les mouvements de la vie.

Ses défenseurs de gauche affirment qu’il sert à promouvoir des luttes contre la globalisation et à coordonner des campagnes contre des activités telles que les réunions du G8.

Le journaliste espagnol Pascual Serrano a décrit comment il fut utilisé par le gouvernement de Colombie pour coordonner la journée mondiale contre les FARC qui en 2008 marqua le commencement de l’offensive propagandiste contre la guérilla et qui continue encore. Et il est très évident que Facebook a été instrumentalisé par la CIA. Pour Walter Goobar, de MiradasAlSur.com, “ c’est en réalité une expérience de manipulation globale : [...] c’est un outil sophistiqué financé par l’Agence Centrale d’Intelligence, CIA, qui non seulement l’utilise pour le recrutement d’agents et la compilation d’informations de long en large de la planète, mais aussi pour monter des opérations sous couvert ”.

En gros, Facebook est un outil de communication qui permet de contacter et d’archiver des adresses et autres données de la famille et d’amis. C’est une mine d’informations sur les amitiés de ses utilisateurs pour des entités comme le ministère de Sécurité de la Patrie, des USA, et, en général, pour l’ensemble des appareils de sécurité de l’État, attelées avec pareil enthousiasme à “ l’ennemi ” interne comme externe depuis l’ère Bush.

Des millions d'utilisateurs offrent des informations sur leur identité, des photographies et des listes de leurs objets de consommation préférés. Un message venant d'un ami invite à s'inscrire et à participer à Facebook. Les données personnelles, souvent capturées par toute sorte d'escrocs et clôneurs de cartes bancaires, vont aussi atterrir dans les disques durs des appareils de sécurité des USA. Le système Beacon de Facebook fait des suivis des utilisateurs et associés, incluant ceux qui ne se sont jamais inscrits ou ceux qui ont désactivés leur enregistrement. Facebook s'avère être plus pratique et rapide que les InfraGard (2), qui sont 23.000 micro communautés ou “ cellules ” de petits commerçants-informateurs organisées par le FBI afin de connaître les profils psycho-politiques de sa clientèle.

Depuis décembre 2006, la CIA utilise Facebook pour recruter de nouveaux agents. D'autres organismes gouvernementaux doivent soumettre le recrutement et les engagements à des régulations fédérales, mais la CIA a acquis plus de liberté d’action que jamais sous le gouvernement Bush, même pour torturer sans sauver les apparences. “ Ce n'est pas nécessaire d'obtenir un quelconque permis pour pouvoir nous inclure dans le réseau social ” a dit la CIA.

Capital-risque CIA

Le journaliste britannique Tom Hodgkinson a lancé un très fondé signal d'alerte sur la propriété CIA de Facebook, dans l'article documenté “ With friends like these... ” publié dans le journal londonien The Guardian le 14 janvier 2008 (3). Il a dit qu'après le 11 septembre 2001, l'enthousiasme pour la haute technologie a redoublé. Enthousiasme qui tenait déjà les appareils de sécurité de l’Etat USA depuis qu'ils avaient créé, deux ans auparavant, le fond de capitaux “ In-Q-Tel ”, pour des opportunités d'investissements à risque dans les hautes technologies.

Pour le journaliste Hodgkinson, les liens de Facebook avec la CIA passent par Jim Breyer, un des trois associés clés qui a investi dans ce réseau social 12,7 millions de dollars en avril 2005, associé aussi au fond de capital Accel Partners, membre des directions des géants comme Wal-Mart et Marvel Entertainment et en plus ex-président de National Venture Capital Association (NVCA), caractérisée dans l'investissement sur des jeunes talents.

“ Le plus récent tour de financement de Facebook fut conduite par une compagnie financière appelée Greylock Venture Capital, qui a mis 27,5 millions de dollars ” a écrit Hodgkinson. “ Un des plus grands associés de Greylock s'appelle Howard Cox, qui est un autre ex-président de NVCA qui est aussi dans le conseil de direction de In-Q-Tel ”.

“ Et In-Q-Tel c'est quoi ? ”  se demande Hodgkinson, “ Bon, croyez-le ou pas (et vérifiez sur son site web) c'est un fond de capital à risque de la CIA ”. Crée en 1999, sa mission est “ d'identifier et de s'associer à des sociétés qui sont en train de développer de nouvelles technologies pour aider à apporter des solutions à l'Agence Centrale d'Investigation ”.
La page web de In-Q-Tel (4) recommandée par Hodgkinson est très explicite: “ En 1998, le Directeur d'Intelligence Central (DCI) identifia la technologie comme une propriété stratégique supérieure, directement connectée aux progrès de l'Agence dans les futures technologies pour améliorer ses missions de base, de compilation et d’analyse. Les dirigeants de la Direction de Science et Technologie ont élaboré un plan radical pour créer une nouvelle entreprise qui aiderait à accroître l'accès de l'Agence à l'innovation du secteur privé ”. Même en ajoutant de l'eau cela ne pourrait être plus clair, dit Hodgkinson.

Notes

(1) Rapport Forbes 2009 : http://www.forbes.com/lists/2009/10/billionaires-2009-richest-people_The-Worlds-Billionaires_CountryOfCitizen_18.html.
(2) http://www.infragard.net/
(3) http://www.guardian.co.uk/technology/2008/jan/14/facebook
(4) http://www.iqt.org/about-iqt/history.html

Ernesto Carmona est journaliste et conseiller à la FELAP (Federación Latino Americana de  Periodistas), conseiller du Collège National de Journalistes du Chili et associé au Cercle de Journalistes de Santiago.

Traduit par Karen Bellemans et corrigé par Olivier Vilain pour Investig’Action.

Source: Argenpress

13:25 Écrit par Socialisme-Solidarit dans manipulation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cia, manipulation, tromperie, espionnage, facebook |  Facebook |