21/11/2010

Rompons le blocus de l’information !

Rompons le blocus de l’information !

Posted 14 novembre 2010 by cubanismo

Dr. med. Martin Herrmann*

 

medicoscubanos1.jpgDe profonds changements économiques sont en cours à Cuba, y compris dans le secteur de la santé. Le gouvernement a appelé à une utilisation parcimonieuse des ressources dans les hôpitaux.

 

Immédiatement, de nombreux médias occidentaux ont prétendu que l'éducation et la santé allaient connaitre un processus de privatisation. Ils reproduisaient un article publié par le quotidien argentin de droite «Clarín », déformant une déclaration de la ministre cubaine des affaires sociales.

 

Pour Cuba, l'éducation et la santé restent prioritaires et publiques, le gouvernement est convaincu de leur importance et maintient ces acquis de la révolution par tous les moyens. C’est un exemple de la guerre de désinformation que livrent les États-Unis à Cuba, en complément à l'agression économique qu'ils pratiquent sans succès depuis plus de 50 ans.

 

Les médias européens n’évoquent pas les effets sournois et concrets du blocus. C'est particulièrement le cas pour les mesures les plus absurdes: un internaute cubain ne peut accéder à de nombreux sites. Non pas, parce que le gouvernement cubain l'interdirait, comme le prétendait il y a quelques jours Tomás Bilbao, ancien haut fonctionnaire du régime de G.W. Bush, à propos de Twitter. Mais bien parce que, comme l'a du admettre ce réseau (1), ces sites interdisent l'accès à des requêtes provenant d'une adresse à Cuba.

 

La littérature médicale, dont une grande partie est éditée aux États-Unis ou par des éditeurs y ayant de gros intérêts commerciaux, est quasiment inaccessible. Quant aux sites internet correspondants, beaucoup refusent la connexion depuis Cuba. A croire que la lecture d'articles médicaux par des médecins cubains affecterait les intérêts et la sécurité des États-Unis... La désinformation est systématique et traverse également les médias européens comme un rouleau compresseur. C'est aussi cela, la guerre des États-Unis contre son petit voisin.

 

Un exemple illustratif concerne Haïti: au moment du tremblement de terre, plus de 400 médecins cubains étaient sur place et ont pu apporter une aide immédiate. A ce jour, plus de 1500 cubains ont soigné plus de 227 000 victimes. Pour comparaison: les EU ont dépêché 10 000 militaires et 500 professionnels médicaux qui se sont occupé d'environ 800 blessés! Pourtant, l’aide de Cuba n’est pas mentionnée dans la presse!

 

Les échanges scientifiques représentent un besoin essentiel pour les médecins de toute spécialité. Nous sommes très engagés dans ce domaine: des spécialistes cubains sont invités pour des formations complémentaires en Europe. En octobre, deux pédiatres se sont rendus à Cuba pour partager leur expérience avec les pédiatres de La Havane. Divers chirurgiens se rendent régulièrement en province : leur objectif est d’enseigner des techniques d’intervention plus efficientes et moins invasives; il s'agit d'un moyen d'optimiser les ressources hospitalières. Et de rompre, en même temps, le siège médiatique. Nous poursuivrons notre soutien au système de santé cubain, plus que jamais!

 

* l’ auteur est co-président de MediCuba-Suisse - www.medicuba.ch

 

(1) http://www.rebelion.org/noticia.php?id=114489

31/10/2010

Stratégie de Lisbonne : attention, chute d’emplois !

(Extrait du site de Mochel Collon "INVESTIG'ACTION")
Henri Houben
28 octobre 2010

carhaixjpg-ccca0-9726a.jpgAprès Europe 2010, il y aura l’Europe 2020. C’est la preuve que la Commission sait compter. En revanche, tirer un bilan objectif lui semble une tâche autrement plus ardue. En effet, l’Europe 2020 a pour caractéristique de remplacer la stratégie ou le processus de Lisbonne qui affecte toute la politique socio-économique dans l’Union, à l’insu du grand public. Cette dernière a fixé les cibles d’un taux d’emploi de 70% et d’une part de R&D de 3% du PIB pour 2010. Sans y parvenir. Et que propose Europe 2020 ? La même chose. On ne change pas une politique qui échoue, telle est la devise de la Commission.

 

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14/10/2010

The Belgian Touch

Do you want to know more about Belgium? (subtitled NL/FR) from Jerome de Gerlache on Vimeo.

17:11 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgium, wallonnie, flandres, embrouille, cafouillage |  Facebook |

18/09/2010

A ne pas manquer! "MANIFIESTA"

Dorénavant, la solidarité a sa fête en Belgique, il s'agit de "MANIFIESTA".

En ces temps de séparatisme, de régionalisme, d'individualisme, il est bon de montrer que la solidarité a encore une place prépondérante dans notre société. Elle est même indispensable à la vie sociale de toutes et tous.

Téléchargez le tract PDF en cliquant sur l'image ci-dessous, et visitez le site prévu à cette occasion, pour tout renseignement et billets en prévente sur:


http://manifiesta.be/fr

 

Tract Manifiesta001.JPG

12:48 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Actualité, Société, Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fête, solidarité, bredenne, manifiesta |  Facebook |

05/09/2010

L’heure des faucons

L’heure des faucons
Selim K. (Extrait de "INVESTIG'ACTION")

iran_guerrej726d-60398.jpgLe parallèle est trop évident pour ne pas sauter aux yeux. La reprise économique américaine donne des signes inquiétants d’essoufflement. Dans le même temps, l’amiral Mc Mullen, chef des armées des Etats-Unis, informe benoîtement que ses stratèges ont conçu des plans de bataille contre l’Iran. Les Etats-Unis annoncent également qu’un réseau intégré de défense antimissile en Europe, en Israël et dans le Golfe, destiné à protéger ces régions de représailles iraniennes, est en voie d’achèvement.

L’activation d’un tel bouclier antimissile et d’un système de radars entourant l’Iran signifie clairement l’accélération des préparatifs d’une frappe contre le pays des ayatollahs. Le pari est immensément risqué, car nul ne peut prédire la magnitude des répliques iraniennes ni les répercussions de l’explosion d’un conflit dans une région très fragile.

L’agressivité américaine, nullement refroidie par les récents revers en Irak et en Afghanistan, est bien en quête d’un nouvel exutoire. Apparemment, les partisans d’une approche prudente cèdent le pas devant l’offensive des néoconservateurs pour qui l’Iran est une menace vitale pour Israël et les Etats-Unis. Les sous-impérialismes européens, qui n’acceptent pas la modification en cours des rapports internationaux, sont entraînés dans l’escalade belliciste. Autant que la perte de leur hégémonie conjointe, c’est la défense de la « démocratie » coloniale israélienne qui est au premier plan des préoccupations des architectes de la guerre. Pour ces milieux, un conflit de nature « civilisationnelle » pourrait escamoter des politiques publiques de plus en plus injustes et des difficultés économiques auxquelles ils ne peuvent faire face par des moyens conventionnels. La mort et la destruction sont donc tranquillement présentées par des individus très rationnels comme le moyen d’exporter la démocratie et d’asseoir la paix du monde.

Quelle différence avec des extrémistes fanatisés ? A lire les déclarations des partisans de la guerre, seule l’ampleur de leurs moyens les différencie des terroristes qu’ils prétendent combattre. Ces derniers, isolés au sein même de leurs sociétés, ne disposent pas en effet des instruments de propagande ni des capacités militaires et de manipulation de l’opinion de Washington. Les dirigeants américains, fidèles à leur tradition, n’ont jamais renié la politique de la canonnière - aujourd’hui remplacée par le porte-avions - des premiers temps de l’expansion impériale. Avec un argumentaire à peine actualisé. Mais la situation politique globale qui prévalait au dix-neuvième siècle a bel et bien changé, même si la puissance de destruction américaine a considérablement augmenté.

Le cours des événements actuels montre que la nature des orientations américaines n’évolue pas, quelle que soit la couleur politique du président et la tonalité du discours officiel. Le système politique américain, strictement verrouillé, est fondamentalement soumis à des intérêts très minoritaires. Les espoirs placés dans l’élection de Barack Obama ont rapidement laissé place au désenchantement. Le credo du changement invoqué sur tous les registres n’est au final que pur artifice. Le président, comme ses prédécesseurs, est aux ordres de ceux qui l’ont installé à la Maison-Blanche et qui encadrent strictement ses politiques.

Osera-t-il s’opposer aux faucons de mauvais augure qui l’entourent ? Il est permis d’en douter.

28/08/2010

Le capital et la dislocation. Le réformisme de la crise à la mondialisation

Le capital et la dislocation. Le réformisme de la crise à la mondialisation (Source: "Econosphères.be")

Publié à l’origine dans l’ouvrage « Les socialistes et le pouvoir » en 1998, cet article porte sur le rôle économique dévolu à l’État dans la mondialisation et le poids grandissant du paradigme néolibéral dans l’élaboration des politiques économiques.

Gabriel Maissin
Article mis en ligne le 18 août 2010

 Réformisme et politique économique face à la mondialisation

Il fut un temps où l’on trouvait au sein de la gauche, y compris la plus réformiste, une critique du capitalisme dans son fondement économique. Ses structures et son fonctionnement devaient être mis au pas, pour permettre l’émergence d’une organisation sociale alternative. Non seulement plus juste socialement, mais économiquement plus favorable au développement. Du “planisme” d’un De Man, à “l’Alternative progressiste” (1977) de la FGTB en passant par la célèbre brochure du syndicaliste wallon André Renard, “Le socialisme par l’action” (1958) [1], on retrouve sans peine cette tradition au sein du mouvement ouvrier belge. Le programme de l’Union de la gauche française, à la veille de la victoire de Mitterrand, fournit sans doute le dernier prototype de ce réformisme anticapitaliste. Un anticapitalisme qui ne remet pas en cause l’existence même d’un secteur d’économie privée, mais dont le programme de “réformes de structures” constitue tout au moins un axe de contestation de son hégémonie. Nationalisations ou socialisations de secteurs stratégiques, planification de l’économie, contrôle ouvrier, ... avaient droit de cité.

Aujourd’hui, la simple évocation de telles interventions sur les structures économiques apparaît d’une incongruité totale. La tendance dominante au sein du réformisme n’est plus à la transformation économique, même si l’on veut éviter la “sauvagerie” du marché, dénoncer la “folie” du règne de l’économie financière ou encore prévenir les dangers de la compétitivité “poussée à outrance”. Face à ce qu’il est convenu d’appeler depuis peu “les contraintes économiques”, le réformisme semble évanescent. En matière économique, le réformisme a t-il encore quelque chose à dire ?

Certes, la politique du gouvernement Jospin, n’est pas celle de Thatcher. Mais, celle de Tony Blair pourrait bien en être un prolongement, intelligent et moderne. Et existe-t-il une différence de nature entre les privatisations de Belgacom, de British Telecom, de France Telecom, ou de Telecom Italia ?

Au-delà de toutes les distinctions possibles, tout se passe comme si après avoir tenté de modifier le régime économique, puis de l’amender substantiellement, puis encore de le contrôler, le réformisme en est venu à l’accepter dans son essence même, à le faire sien. La voie des réformes graduelles s’est enlisée, pire, elle n’a pas résisté à ce qu’il est convenu d’appeler la crise de l’État-providence, et elle s’est éteinte. L’écroulement des “économies de commandement” [2] des pays de l’Est a accentué cette évolution en accréditant l’idée d’un seul modèle possible : l’économie de marché.

Mais ne nous laissons pas subjuguer. Cette vision du capitalisme triomphant doit être prise pour ce qu’elle est : le discours des vainqueurs. Il présente l’état actuel comme inéluctablement inscrit dans le cours de l’histoire. Il néglige l’essentiel ; l’histoire est en dernière instance le produit de l’action et des choix des groupes sociaux. Que ces choix se réalisent dans un environnement social portant les traces, les conditionnements et les contraintes du passé, c’est évident ! Mais, cela n’infirme en rien l’existence de ces choix.

C’est ce que prétendait, à sa manière, un certain réformisme anticapitaliste en défendant la possibilité d’un changement, fût-ce d’une manière graduelle. Toute conquête, même la plus partielle, faisait partie de ce chemin vers le progrès social. [3] Aujourd’hui, cette notion de progrès social a fait place à celle d’adaptation de nos sociétés aux “bouleversements” en cours, au tout premier rang desquels ceux de l’économie. La prise en compte, puis l’adaptation à “la contrainte économique” semblent être, non seulement une preuve de réalisme, mais aussi la base même de tout programme réformiste.

Or, l’économique, pas plus qu’une autre instance, ne constitue une espèce de champ clos, au sein duquel nous serions obligés de nous débattre sans pouvoir en sortir. Il est lui-même un produit de stratégies, de coalitions d’acteurs, d’offensives et de renoncements. C’est ce qu’essaie de montrer ce texte en examinant successivement :
• comment les politiques d’austérité, réponses au déclenchement de la crise des années 1974-75, ont mis en cause non seulement les compromis économiques et sociaux de l’État-providence [4], mais aussi ont ouvert la voie à de nouvelles politiques économiques néolibérales avec pour leitmotiv “moins d’État”.
• comment, sur base de cette nouvelle régulation néolibérale, se dessine une nouvelle conjonction des politiques économiques nationales avec le capitalisme en voie de mondialisation.

 Le rôle économique de l’État à l’épreuve du néolibéralisme

En 1981, lorsque Pierre Ronsavollon commence son célèbre essai [5] par ces mots : “L’État-providence est malade de la crise”, il sanctionne en fait la fin d’une période et l’installation définitive dans l’ère néolibérale. Car l’Etat-providence ne se remettra pas de cette maladie. L’abandon des anciens paradigmes de l’interventionnisme étatique et de l’économie mixte ne s’est pas réalisé, brusquement avec l’arrivée de Reagan ou de Thatcher. Le tournant a été étalé sur plusieurs années, laissant croire à certains que l’on pourrait encore sauver le patient.

Le tournant a été pragmatique, plutôt que le résultat d’une nouvelle vision théorique émergeant soudain à la moitié des années 70 et reprise systématiquement par les gouvernements et leurs conseillers. En Europe, il faudra une petite dizaine d’années (1975 -1985) pour voir l’option néolibérale prédominer dans les politiques économiques. Cette prédominance, faut-il le souligner, n’est pas directement reliée à la coloration politique des gouvernements en place.

Les modalités politiques diverses d’un même paradigme économique

Parfois, ces politiques sont qualifiées de néolibérales comme dans les cas emblématiques de la Grande-Bretagne de Thatcher ou des USA de Reagan. Pourtant de manière générale, si on reconnaît que des modifications substantielles sont intervenues dans les politiques économiques, rarement l’unanimité se fait pour leur donner le qualificatif de néolibérales. D’autres termes fleurissent pour tenter de les qualifier : modernisation de l’économie, adaptation aux conditions d’une économie mondialisée, dérégulation, flexibilisation, réhabilitation du marché, rigueur de la gestion, etc. ... Or, malgré toutes les précautions oratoires, il paraît justifié de parler d’un « tournant néolibéral » de la politique économique, y compris pour la Belgique.

Certes, l’approche de ce tournant est rendue plus opaque par la diversité des modalités de sa mise en œuvre. En nous limitant à quelques exemples, on peut dire que « le choix entre la réforme globale et l’encerclement progressif dépend de la position des promoteurs de ces nouveaux programmes dans le système politique » [6]. Il faut y ajouter les rapports de force sociaux qui structurent ce système politique et la situation économico-sociale au moment où ces choix doivent être posés.

Dans le cas de la Grande-Bretagne, l’impulsion novatrice résidait dans l’équipe dirigeante du gouvernement qui, ayant puisé son expertise dans les institutions privées (les fameux « think tanks » néoconservateurs) a pu l’imposer à des partenaires institutionnalisés et à une bureaucratie fort réticente. C’est un schéma de « réforme globale » : une argumentation forte de la doctrine économique accompagne le discours politique et l’action du gouvernement.

Pourtant, même une offensive aussi globale, comporte des contraintes très particulières et des contradictions internes. La mise à mal du Welfare State n’a pas été aussi loin qu’on pourrait l’imaginer. Les protections en matière de santé et de vieillesse ont beaucoup moins été touchées que celles en matière de chômage. Le système de privatisation destiné à développer un « actionnariat populaire » a surtout débouché sur la constitution de monopoles privés, tant décriés par les néolibéraux. [7]

Ailleurs, l’impulsion la plus significative vers le néolibéralisme est venue plutôt des experts qui alimentent en solutions et en recettes nouvelles les réseaux de la politique monétaire et économique. Son impact ne se mesure pas par la capacité à faire vivre un grand dessein politique face à l’ensemble des acteurs, mais plutôt dans l’imposition d’un ensemble de contraintes qui modifient les termes de la décision politique et ses modalités de mise en œuvre. C’est un processus d’encerclement par un néolibéralisme gestionnaire plutôt que doctrinal.

Dans le cas de la France, cet encerclement ne visait pas seulement la gauche au pouvoir au temps de la rigueur. Il a concerné tout autant les élites administratives et économiques formées dans le cadre de la planification à la française et convaincues de la “grandeur de l’action de l’État républicain” y compris en économie. La Belgique se situe plutôt dans le second scénario : celui de l’encerclement par la contrainte, malgré une plus grande faiblesse, comparée à la France, de nos élites publiques. On ne pouvait en demander moins au pays de la vertu pragmatique.

Enfin, il ne faut pas perdre de vue que les compromis, noués durant les « trente glorieuses”, sont des compromis fortement institutionnalisés. Plusieurs acteurs peuvent en réclamer simultanément la paternité, mais tout abandon brutal peut comporter un coût social (et électoral) élevé. C’est ce qui explique une progression néolibérale comme un ensemble de savoir-faire pragmatiques, se refusant à prendre de force certaines citadelles, mais les vidant peu à peu de toute influence en impulsant une autre logique aux politiques économiques mises en œuvre. Dans une telle démarche pragmatique, bien connue des gouvernements belges, il n’est donc pas nécessaire de changer brusquement de référentiel. On peut rester »le pays avec la meilleure sécurité sociale du monde", ce qui n’est, après tout, qu’un jugement relatif, pas absolu.

Cette distinction brève entre deux types de mise en œuvre de l’offensive néolibérale, permet de comprendre les variations possibles dans les formes politiques, tout en constatant une homogénéisation progressive, ses quinze dernières années, autour d’un même paradigme économique. [8] La distinction faite par Michel Albert, entre capitalisme rhénan et capitalisme anglo-saxon, va progressivement perdre de sa pertinence, au moins sur un point central : le rôle économique dévolu à l’État.

La crise que personne ne voulait voir

L’élément déclenchant de ces nouvelles politiques économiques est la crise économique de 1974-75. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, l’ensemble des grandes économies capitalistes furent frappées par une récession généralisée et profonde. [9] Ce n’est pas tellement l’ampleur de la crise qui nous intéresse ici, que la faiblesse des perceptions de cette crise. [10] Non seulement, le retournement n’a été prévu que par peu d’économistes mais même une fois la crise installée l’explication de ses causes et mécanismes a été fort disparate [11]. Que l’on songe à la place démesurée prise par l’explication par “le choc pétrolier”. Il y aura incontestablement un certain désarroi - théorique et stratégique - et un temps de réaction très variable de la part des différents gouvernements.

Pour mesurer l’ampleur du retournement sur cette question, il est sans doute utile de se rappeler les opinions majoritaires et la doctrine officielle des années septante. On sait que l’arsenal économique standard de la période 1950-70 faisait largement référence aux capacités de l’État de maîtriser le cycle économique et les fluctuations monétaires.

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08/08/2010

Marx et le travail : sa réception dans l’univers syndical et la question écologique.

Marx et le travail : sa réception dans l’univers syndical et la question écologique.

Christian DELARUE

La question écologique se rapporte ici à "notre capacité à satisfaire nos besoins présents sans compromettre ceux des générations futures" et donc à contrôler au travail mais aussi hors du travail, comme citoyen, notre production au lieu de la laisser dériver de façon productiviste (1), soit produire pour produire, produire pour le marché et le profit.

L’univers syndical lecteur de Marx ne se résume pas à la CGT ou à la FSU ou à SUD-Solidaires ou à la CFDT d’avant son aggiornamento. Cette lecture peut aussi se combiner avec d’autres auteurs et se faire légère, peu perceptible, d’autant que les textes syndicaux ne citent que rarement les auteurs, sauf dans les stages de formation. On ne peut que reconnaitre bien souvent les concepts ou les problèmatiques. Reste que Marx a eu de l’audience chez les syndicalistes et par ricochet dans les syndicats, notamment sur la question du travail, de l’exploitation de la force de travail.

Le travail chez Marx ne donne pas lieu à exposé facile. La question est épineuse. Heureusement il ne s’agit pas ici d’être exhaustif . Lançons-nous néanmoins avec une note de François Vatin intitulée "Marx et le travail : acte créateur et instrument d’aliénation".

L’auteur aboutit à dire que "même dans les sociétés dominées par le travail salarié, le travail n’est pas réductible au salariat, c’est à dire à son aliénation marchande". Disant cela il ne vise non pas seulement le travail des indépendants ou le travail informel mais aussi le fait "que le travail suppose toujours un investissement du travailleur dans sa propre projection de l’œuvre à accomplir". C’est cet aspect-là qui va être discuté ici dans un premier temps avant de passer à un autre aspect vu positivement : tout travail est productif. Un bref point terminera sur les perspectives.

I - Qui dit le sens du travail ?

A propos du thème de l’investissement dans le travail fut-il le travail salarié, donc subordonné, contraint, exploité, on trouve deux pratiques sociales opposées. On trouve d’une part le management qui instrumentalise cette racine dite "anthropologique" ou dite "saine" ou estimée telle du travail à des fins exogènes au travailleur mais endogènes à l’entreprise. On trouve aussi le syndicalisme qui s’appuie sur le sens du travail bien fait pour repousser les exigences quantitativiste du management au profit du volet qualitatif.

C’est là que la vie réelle des conflits du travail montre que d’appuyer trop sur ce fil positif du travail peut aboutir à une récupération de ce savoir-faire par les cadres et managers. En effet, il est désormais courant chez l’encadrement d’exiger de la qualité sans nécessairement faire pression sur la quantité. En fait ils n’ont pas toujours besoin de s’appesantir sur le quantitatif tellement le jeu concurrentiel joue en quelque sorte naturellement. La "guerre économique" est là. De plus on ne croit pas un chef chargé de donner des primes aux travailleurs du rang que celui qui en fait plus ne sera pas mieux payé. Bref, les travailleurs sont pris dans la fameuse "double contrainte" mais seule l’exigence qualitative est explicite.

Et là le syndicalisme du qualitatif (ou du sens) se trouve parfois en de mauvaises compagnies. Le facteur contraint et subordonné du travail pèse énormément. Le travail salarié n’est pas une activité libre. C’est à chaque salarié d’expliquer dans un cadre protégé (protégé des jugements de l’encadrement et des jugements des collectifs de travail qui ne sont pas moins sévères) ce qui nuit à un travail de qualité car tous les travailleurs ne se ressemblent pas. Un tel fera sans souci telle tâche, un autre aura beaucoup de peine à le faire.

Le management a beaucoup de peine à comprendre cela. Trop rivé sur les indicateurs de performances et sur les tableaux et plannings de gestion. Même un management de proximité d’orientation humaniste est nécessairement limité tôt ou tard par les pressions du sommet des organisations. C’est bien au syndicat d’assumer cette fonction d’accouchement de ce qui va mal au travail et qui est caché. Il est évident que pour ce faire il doit d’abord pratiquer l’écoute active même et surtout s’il a quelques connaissances sur la question.

II - A propos d’une ambivalence : Le travail est productif .

Si le travail salarié n’est pas que l’exploitation de la force de travail ainsi que le retient le plus souvent et à raison ce que l’on pourrait appeler le "marxisme syndical de base" il y a donc lieu de se méfier de son volet positif. Ce dernier est pourtant réel. C’est assez simple de retenir que le travail est un acte créateur et producteur. C’est là un aspect positif a souligner (pour exiger reconnaissance par exemple) mais aussi à interroger .

A) Producteur versus questionnement critique.

Producteurs "mais de quoi et comment ?". Les écologistes ont eu le mérite de poser la question. Mais les syndicalistes ne sont pas étrangers à ce questionnement. S’agit-il d’une production nuisible aux humains directement (armes, drogue, etc...) ou indirectement via la destruction de l’environnement ? La production de biens marchands nuisibles renforce à l’évidence l’aliénation du travailleur qui se voit obligé d’ignorer ce qu’il sait pourtant .

S’agit-il d’une production utile ? Mais utile à qui ? Passe-t-elle plus par la production de valeur d’usage que par une production de valeur d’échange ? Telle infirmière d’une clinique privée s’interrogera sur la qualité des soins quand la logique infernale de rentabilité viendra réduire le temps de prise en charge des malades . Bien d’autres aspects interviennent qui montrent que le mal vivre au travail a pour racine un service trop réduit à autrui. La même question se pose aussi pour les services publics producteurs de valeurs d’usage. Il ne s’agit plus de clients (solvables) mais d’usagers mais le problème subsiste tant les logiques privatistes et marchandes sont "impérialistes" au temps du néolibéralisme. "Le travail fiscal que je fais sert-il une juste redistribution fiscale ou une mauvaise ?" me dit un collègue critique de la TVA. Qui ne voit que cela a une importance sur la motivation au travail même s’il est encore relativement rare que le sujet soit ainsi abordé. Désormais il semble devenu plus courant pour le syndicalisme critique de relier l’examen des conditions de travail - du plus concret (ergonomie) au dispositifs plus abstraits (intensification, contrôle constant, allongement du temps de travail non rémunéré, etc...) au contenu lui-même du travail.

B) Producteur(s) versus construction de la société.

Ici c’est l’autre facette positive qui est soulignée : "la production collective de l’existence sociale, c’est nous tous !" Si le travail est productif c’est que les travailleurs - salariés et indépendants - participent à la production de l’existence sociale. Ils y participent certes le plus souvent dans un cadre salarié qui peut être marchand ou non marchand (services publics) mais ils y participent néanmoins. Cet aspect-là est positif, constructeur et intégrateur. En ce sens on dit que nul, sauf les jeunes et les retraités n’est exempt de cette participation. Le réel en est loin.

III - Éléments d’une politique de transformation et d’émancipation.

Pour que cette participation soit réelle et valorisable humainement, il importe de partager le travail et donc d’un côté lutter contre le chômage et la précarité et de l’autre lutter contre le travaillisme (la doxa travailliste) qui est le refus de la RTT, l’intensification du travail et des salaires réduits. Là on fait *coup double* : on enfonce un clou pour l’emploi et un autre pour le travail. Avec ce coup double on avance à la fois vers la transformation du travail et vers l’émancipation des travailleurs. Cela suppose sans doute de passer au socialisme tant le mode de production dominant - le capitalisme - semble incapable de satisfaire ces tendances émancipatrices.

Christian Delarue

ATTAC et CGT Finances publiques 35

1) Capitalisme productiviste : le travail et la consommation, l’émancipation et le socialisme. http://amitie-entre-les-peuples.org...

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Marx-et-le-travail-sa-recepti...

Président des Etats-Unis, faites-le !

Président des Etats-Unis, faites-le !

Fidel CASTRO

Un article qui contenait vraiment beaucoup de choses en rapport avec la marée noire survenue voilà maintenant cent cinq jours a été publié voilà quelques jours.

C’est le président Obama qui a autorisé ce forage, parce qu’il faisait confiance en la capacité de la technologie moderne en matière de production de pétrole, ce produit vital pour la civilisation actuelle mais dont la consommation excessive suscite les protestations énergiques des écologistes, et dont il souhaite, lui, disposer en abondance pour libérer les États-Unis de leur dépendance d’envers les livraisons extérieures.

George W. Bush en personne n’avait même pas osé franchir ce pas, compte tenu des expériences amères ayant découlé en Alaska d’un pétrolier qui transportait du pétrole tiré de là.

L’accident est survenu lors de la recherche du pétrole qu’exige désespérément la société de consommation, une société que les générations actuelles ont héritée des précédents, sauf que tout marche maintenant à une vitesse inimaginable.

Des scientifiques et des environnementalistes ont exposé des théories relatives aux catastrophes qui sont arrivées durant des centaines de millions d’années quand d’énormes bulles de méthane provoquèrent de gigantesques tsunamis qui, accompagnés de vents et de vagues atteignant le double de la vitesse du son et de vagues de jusqu’à mille cent mètres de haut, balayèrent une grande partie de la planète et liquidèrent 96 p. 100 des espèces vivantes.

Ils redoutent que le golfe du Mexique qui, pour une cause cosmique donnée, est la région où la roche karstique nous sépare de l’énorme couche de méthane, soit percé à cause de cette recherche désespérée de pétrole menée à partir des équipements à technologie de pointe dont on dispose aujourd’hui.

À propos de la marée noire causée par British Petroleum, les agences de presse informent ce qui suit :

« …le gouvernement étasunien a averti que les gens devaient s’éloigner de l’épicentre des opérations, menaçant de leur imposer un amende de 40 000 dollars pour chaque infraction et de les arrêter pour des délits plus importants.

« L’Agence de contrôle environnemental des USA a signalé officiellement que la plate-forme nº 1 dégageait du méthane, du benzène, du sulfure d’hydrogène et d’autres gaz toxiques. Les travailleurs sur le terrain utilisent maintenant des moyens de protection de pointe, dont des masques à gaz de dernière génération fournis par les militaires. Des faits capitaux se produisent avec une fréquence inhabituelle.

Le premier et le plus immédiat est le risque d’une guerre nucléaire après que le Cheonan, un navire de guerre dernier cri, a été coulé, selon le gouvernement sud-coréen, par la torpille d’un sous-marin soviétique – datant tous les deux de plus de cinquante ans – tandis que d’autres sources donnent la seule cause possible, mais non détectable : une mine posée sur la coque du Cheonan par les services de renseignement étasuniens. Le gouvernement de la République populaire et démocratique de Corée en a aussitôt été accusé.

Cet étrange événement fut suivi, quelques jours plus tard, du vote, au Conseil de sécurité des Nations Unies, de la résolution 1929 ordonnant l’inspection des cargos iraniens d’ici à quatre-vingt-dix jours.

Le second risque, qui produit déjà des effets dévastateurs, est la progression des changements climatiques, dont les effets sont pires, comme le dénonce le documentaire Home, réalisé par Yann Arthus-Bertrand avec la participation des écologistes les plus prestigieux du monde. Et maintenant, ce déversement de pétrole dans le golfe du Mexique, à quelques kilomètres de notre patrie, qui engendre toute sorte de préoccupations.

Le 20 juillet, une dépêche de l’agence de presse EFE rapportait les déclarations du maintenant fameux amiral Thad Allen, coordonnateur et responsable de la lutte contre la marée noire dans le golfe du Mexique, qui « a autorisé British Petroleum, propriétaire du puits et coupable du déversement, à poursuivre pendant vingt-quatre heures de plus les tests qu’elle faisait pour déterminer la solidité de la structure "Macondo" après l’installation, dix jours plus tôt, d’une nouvelle cloche d’endiguement. »

« Selon des chiffres officiels, il existe près de 27 000 puits abandonnés dans le lit marin du golfe… »

« Quatre-vingt-douze jours après l’accident de la plateforme de la BP, la principale inquiétude de l’administration étasunienne est que la structure souterraine du puits ne soit endommagée et que le pétrole ne filtre à travers les roches et ne finisse par couler à différents endroits du lit marin. »

C’était la première fois qu’une déclaration officielle faisait état de la crainte de voir le pétrole commencer à couler de puits qui ne sont plus productifs.

Les lecteurs intéressés par la question s’arrangent pour tirer les données scientifiques d’un fatras de nouvelles sensationnalistes. Il est pour moi des faits dont l’explication n’est pas satisfaisante. Pourquoi l’amiral Allen a-t-il donc dit que « la principale inquiétude de l’administration étasunienne est que la structure souterraine du puits ne soit endommagée et que le pétrole ne filtre à travers les roches et ne finisse par couler à différents endroits du lit marin » ? Pourquoi la British Petroleum a-t-elle déclaré qu’on ne saurait l’accuser pour le pétrole brut qui a jailli à quinze kilomètres du puits accidenté ? Il faudrait attendre quinze jours de plus, nécessaires pour forer le puits auxiliaire dont la trajectoire est quasiment parallèle à celle du puits qui a causé la catastrophe, tous deux séparés par moins de cinq mètres, selon l’avis du groupe cubain qui analyse le problème. Entretemps, nous devons attendre, sages comme des images…

Si on dépose une telle confiance dans le puits parallèle, pourquoi n’a-t-on pas pris cette mesure avant ? Que ferons-nous si elle échoue, comme tous les autres ont échoué ? Un échange récent avec quelqu’un d’extrêmement bien informé des détails de l’accident, du fait des intérêts de son pays, m’a permis d’apprendre qu’il n’existait pas de risque d’émanation de méthane en raison des caractéristiques du puits et de son environnement.

Le 23 juillet, aucune nouvelle ne parlait de ce problème.

Le 24 juillet, l’agence DPA écrivait : « Un scientifique étasunien éminent a accusé la société pétrolière britannique BP, devant la chaîne de télévision BBC, de soudoyer des experts qui analysent la marée noire dans le golfe du Mexique pour qu’ils retardent la publication des données », sans relier toutefois cette immoralité avec la moindre dommage à la structure du fonds marins et avec les émanations de pétrole et les niveaux de méthane inhabituels.

Le 26 juillet, les principaux médias londoniens – BBC, Sunday Times, Sunday Telegraph et d’autres – informaient que le « conseil de direction » de la BP « devait décider ce jour-ci du départ du président exécutif (Tony Hayward) pour sa mauvaise gestion du déversement de pétrole dans le golfe du Mexique ».

De leur côté, Notimex et El Universal, de Mexico, informaient qu’à la BP, « aucune décision n’avait été adoptée quant au changement de cadres et qu’un conseil de direction était prévu dans l’après-midi ».

Le 27 juillet, les agences de presse faisaient savoir que le président exécutif de BP avait été licencié.

28 juillet. Douze dépêches de presse informaient que quatorze pays, dont les USA et plusieurs de leurs plus importants alliés, avaient formulé des déclarations embarrassées après la divulgation par l’organisation WikiLeaks de documents secrets sur la guerre en Afghanistan. Tout en se disant « inquiet » devant ces fuites, Obama signalait que les informations « dataient et ne contenaient rien de nouveau ».

Une déclaration cynique.

“Le fondateur de WikiLeaks, Julián Assange, a affirmé que les documents prouvaient les crimes de guerre commis par les forces étasuniennes. »

Ce fut si évident que ces révélations ont ébranlé jusque dans leurs fondations la volonté de secret étasunienne. Les documents parlent de « morts de civils jamais mentionées publiquement ». Ces révélations ont causés des frictions entre les parties impliquées dans ces atrocités.

Sur les risques de gaz méthane émanant des puits qui ne sont pas en production, silence absolu.

29 juillet. Une dépêche de l’AFP révélait l’inimaginable : Osama Bin Laden était quelqu’un des services de renseignement étasuniens. « Osama bin Laden apparaît dans les rapports secrets publiés par Wikileaks comme un agent actif, agissant et adulé par ses hommes dans la région afghano-pakistanaise ».

L’on savait qu’Osama avait coopéré avec les USA dans la lutte des Afghans contre l’occupation soviétique, mais l’on supposait qu’il avait accepté l’appui des USA et de l’OTAN dans sa lutte contre l’invasion étrangère comme une mal nécessaire et qu’une fois le pays libéré, il avait repoussé l’ingérence étrangère et créé l’organisation Al Qaeda pour combattre les USA.

De nombreux pays, dont Cuba, condamnent ses méthodes terroristes qui causent la mort d’innombrables innocents.

Quelle ne sera pas la surprise de l’opinion publique mondiale en apprenant qu’Al Qaeda est une création du gouvernement étasunien !

Liquider les talibans a été une justification de la guerre en Afghanistan, puis l’un des motifs de l’invasion et de l’occupation de l’Iraq par les troupes étasuniennes. Deux pays où sont morts des milliers de jeunes Étasuniens et où beaucoup ont été mutilés. Où plus de 150 000 soldats étasuniens sont engagés pour une durée indéfinie et, à leurs côtés, les membres des troupes de cette organisation belliciste qu’est l’OTAN et d’autres alliés comme l’Australie et la Corée du Sud.

29 juillet. La presse publiait la photo d’un Etasunien de vingt-deux ans, Bradley Manning, analyste du renseignement, celui qui a fait passer au site web Wikileaks 240 000 documents secrets. Pas de déclaration sur son culpabilité ou son innocence. On ne pourra pas toutefois l’effleurer, parce que les membres de Wikileaks ont juré de faire connaître la vérité au monde.

30 juillet. Le théologien brésilien Frei Betto publiait un article intitulé : « Cri de la terre, clameur des peuple », dont deux paragraphes résument la quintessence :

« Les anciens Grecs l’avaient déjà constaté. Gaia, la Terre, est un organisme vivant. Et nous sommes ses fruits, engendrés en 13,7 milliards d’années d’évolution. Or, ces deux cents dernières années, nous n’avons pas su veiller sur elle, nous l’avons transformée en une marchandise dont nous espérons tirer les plus gros profits. »

« Toutes les formes de vie sur la planète sont désormais menacées, dont l’espèce humaine (les deux tiers de la population mondiale survit au-dessous du seuil de pauvreté) et la Terre même. Éviter que l’Apocalypse ne se précipite exige la remise la cause des mythes de la modernité – marché, développement, État uninational – tous basés sur la raison instrumentale. »

Ce même jour, l’AFP informait : « La République populaire de Chine "désapprouve les sanctions unilatérales" adoptées par l’Union européenne contre l’Iran, a déclaré aujourd’hui le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu ».

La Russie protestait énergiquement à son tour contre la mise en place de ces sanctions de la part de cette région étroitement alliée aux USA.

Le 30 juillet, selon une dépêche de l’AFP, le ministre de la Défense israélien déclarait : « Les sanctions imposées à l’Iran par l’ONU… ne lui feront pas interrompre ses activités d’enrichissement d’uranium afin de fabriquer une bombe atomique ».

Le 1er août, selon une dépêche de l’AFP :

« Un haut chef militaire des Gardiens de la révolution a mis en garde les USA contre une éventuelle attaque sur l’Iran ».

« Israël n’a pas renoncé à une action militaire contre l’Iran pour arrêter son programme nucléaire.

« La communauté internationale, conduite par Washington, a récemment intensifié ses pressions sur l’Iran, l’accusant de chercher à se doter de l’arme nucléaire sous prétexte d’un programme nucléaire civil.

« Les affirmations de Javani ont précédé une déclaration du chef de l’État-major interarmes étasunien, Michael Mullen, qui a assuré dimanche que les USA avaient prévu un plan d’attaque contre l’Iran pour l’empêcher de se doter de l’arme nucléaire. »

Le 2 août, l’AFP faisait savoir, en même temps que les autres agences de presse :

« "Je dois me rendre en septembre à New York pour participer à l’Assemblée générale des Nations Unies. Je suis prêt à m’asseoir face à face avec Obama, d’homme à homme, pour parler librement des affaires du monde devant les médias, afin de trouver la meilleure solution", a affirmé Ahmadinejad dans un discours diffusé par la télévision publique.

« Mais le président Ahmadinejad a averti que le dialogue devait se baser sur le respect mutuel.

« "S’ils croient pouvoir agiter un bâton et nous dire que nous devons accepter tout ce qu’ils disent, ils se trompent", a-t-il ajouté. Les puissances occidentales "ne comprennent pas que les choses ont changé dans le monde", a-t-il précisé.

« "Vous appuyez un pays qui possède des centaines de bombes atomiques, mais vous dîtes vouloir arrêter l’Iran qui pourrait éventuellement en avoir une un jour"… »

Les Iraniens ont déclaré qu’ils lanceraient cent missiles contre chacun des bateaux étasuniens et israéliens qui bloquent l’Iran dès qu’un seul cargo iranien serait arraisonné.

Ainsi donc, dès qu’Obama ordonnera d’accomplir la résolution du Conseil de sécurité, il décrétera la perte de tous les bâtiments de guerre étasuniens patrouillant dans cette zone.

Il n’est échu une décision aussi dramatique à aucun autre président des USA. Il aurait dû le prévoir.

Je m’adresse en l’occurrence pour la première fois de ma vie au président des USA, Barack Obama :

Vous devez savoir que vous avez les moyens d’offrir à l’humanité la seule possibilité réelle de paix. Vous ne pourrez utiliser qu’une seule fois votre prérogative de donner l’ordre de tirer.

Il se peut qu’après cette expérience traumatique, on trouve des solutions qui ne nous conduisent pas une fois de plus à une situation si apocalyptique. Tout le monde dans votre pays, même vos pires adversaires de gauche ou de droite, vous en saura assurément gré, ainsi que le peuple étasunien qui n’est absolument pas coupable de la situation qui s’est créée.

Je vous demande de daigner écouter cet appel que je vous lance au nom du peuple cubain.

Je comprends qu’on ne saurait attendre une réponse rapide, ce que vous ne feriez jamais, d’ailleurs. Pensez-y bien, consultez vos spécialistes, demandez leur avis sur ce point à vos plus puissants alliés et adversaires internationaux.

Les honneurs ni les gloires ne m’intéressent. Faites-le !

Le monde pourra se libérer vraiment des armes atomiques et des armes classiques. La pire des variantes serait la guerre nucléaire, qui est d’ores et déjà virtuellement inévitable.

ÉVITEZ-LA !

Fidel Castro Ruz
Le 3 août 2010

Traduction J-F Bonaldi, La Havane

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/President-des-Etats-Unis-fait...

21:18 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Actualité, Politique, Société, Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cuba, guerre, obama, fidel, castro |  Facebook |

06/08/2010

Les sans-abris en France, ...les martyrs de l'exclusion sarkoziste!

Des pratiques que l'on peut carrément qualifier de "barbares".

 

Dans un pays où les "droits de l'homme" sont censés être des plus respectés.

 

Des brutalités d'un autre âge, d'un autre temps ?

 

Digne du fascisme le plus élémentaire.

 

Si Sarkozy avait une frange et portait une petite moustache, il pourrait aisément se faire appeler ADOLF H..... !

 

Vidéo à voir, à méditer, et réagir !

 

01/08/2010

Congo-Kinshasa: Allégement de la dette - plus de confusion sur les chiffres


29 Juillet 2010 (Extrait de "AllAfrica.com")


Impacts-du-programme-dassainissement-urbain-de-kinshasa-pauk-sur-lenvironnement-cas-de-la-c8.pngKinshasa — Plus de confusion sur le montant réellement annulé le 1er juillet 2010 à l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE. Il n'y aura donc plus de controverse sur le sujet, pense le Premier ministre, Adolphe Muzito, qui a dépêché hier mercredi devant la presse son directeur de cabinet adjoint en charge de suivi des programmes avec les institutions de Bretton Woods pour lever toute équivoque sur le sujet.

Depuis l'atteinte le 1er juillet 2010 du point d'achèvement de l'initiative de réduction de la dette en faveur des pays pauvres très endettés (I-PPTE), plusieurs chiffres ont circulé sur le montant de la dette annulée à l'issue des Conseils d'administration du FMI et de la Banque mondiale.

S'il est vrai que le montant annulé dépassait les 10 milliards Usd, de profondes divergences sont apparues sur la hauteur exacte de ce montant. Aussi, pour éviter toute forme de confusion à ce sujet, le Premier ministre, Adolphe Muzito, a dépêché hier mercredi 28 juillet son directeur de cabinet adjoint en charge de suivi de programmes avec les IBW, Jean-Claude Nachega pour lever toute forme de voile sur le sujet.

Après sa prestation devant la presse, l'on en sait un peu plus sur la portée des chiffres repris dans le communiqué conjoint publié le 1er juillet 2010 par le FMI et la Banque mondiale. Tout comme, plus de doute possible sur le montant exact consenti en terme d'allégement de la dette par ces deux institutions.

Ces précisions du gouvernement ont donc l'avantage de mettre fin à la distraction qui couvait dans une bonne partie de la population congolaise, concernant les avantages financiers réels obtenus au point d'achèvement de l'I-PPTE.

Le gouvernement se devait donc de clarifier le débat pour éviter que la confusion ne se généralise dans l'opinion publique. Le chiffre exact de la dette annulée étant désormais connue, il n'y a donc de raison de s'attarder sur un débat vidé de sa substance.

L'essentiel aujourd'hui est de tourner les regards vers le futur en ayant pour seule priorité la poursuite de grands travaux de reconstruction.

Jean-Claude Nachega pense que le moment ne prête pas à une quelconque forme de distraction, la RDC ayant obtenu un avantage en termes de réduction que nul autre pays inscrit à l'I-PPTE n'a obtenu avant. « Il s'agit, note-t-il, du plus grand allègement de dette dont n'ait jamais bénéficié un pays dans le cadre de ces deux initiatives (IPPTE et IADM) ».

Voici en intégralité le contenu de la conférence de presse animée par Jean-Claude Nachega.

Point de presse du Dircaba, J.C. Nachega, sur le point d'achèvement (les chiffres)

« Comment l'atteinte du point d'achèvement a-t-elle affecté le niveau et la structure à la fois du stock et du service de la dette de la RD Congo?

La RD Congo a bénéficié d'allègements significatifs à la fois du stock et du service de sa dette publique extérieure.

Le stock de la dette extérieure, estimé à 13,704.9 milliards de dollars américains, représentant 125 pourcent du PIB, à fin décembre 2009, a diminué pour s'établir à 2,931 milliards de dollars américains, représentant 24 pourcent du PIB, à la fin de cette année 2010.

L'allègement du stock de la dette est donc d'environ 80 pourcent, soit 10,774 milliards de dollars américains, dont : 491 millions de dollars américains de la part du FMI ; 1,832 milliard de dollars américains de la Banque Mondiale (AID) ; environ 7,4 milliards de dollars américains de la part des pays bilatéraux membres du Club de Paris Etats-Unis, France, Belgique, ...) ; et le reste provenant de créanciers bilatéraux non membres du Club de Paris (Serbie et Monténégro, Koweït, Taiwan-province de la Chine, Arabie Saoudite ...) et des commerciaux (dont Club de Londres).

L'allègement total (au fil des ans) du service nominal de la dette (principal plus intérêts) est de 12,3 milliards de dollars américains dont : 11,1 milliards de dollars américains au titre de l'initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) ; et 1,2 milliards de dollars EU au titre de l'initiative d'allègement de la dette multilatérale (IADM). N.B: Il s'agit du plus grand allègement de dette dont n'ait jamais bénéficié un pays dans le cadre de ces deux initiatives (IPPTE et IADM) ».

Commémoration du 65ème anniversaire de la tragédie de Hiroshima et de Nagasaki

(Extrait de "Comité de surveillance OTAN")

 

Samedi 7 août 2010

Commémoration du 65ème anniversaire de la Tragédie de Hiroshima et de Nagasaki

LE MONDE SANS ARMES NUCLEAIRES…
CE N’EST PAS POUR DEMAIN !


Journée de commémoration, informations, réflexions, débats et propositions d’action

A l’Université de Mons
Parc Hibakusha - Plaine de Nimy - Chaussée de Bruxelles – Mons

La matinée sera consacrée à un HOMMAGE AU PROFESSEUR PIERRE PIERART
fondateur du Parc Hibakusha qui vient de décéder ce 20 juillet

11 h 00 :     Accueil des participants au mémorial Hibakusha
Hommage à Pierre Piérart par Henri Firket et par les différentes associations participantes

11 h 45 :     Dépôt de fleurs : 1 minute de silence avec lecture de poèmes d’enfants d’Hiroshima

12 h 00 :     Collation sur place

14 h 00 :     Conférence-débat

Après la Conférence de révision du TNP et face au Nouveau Concept Stratégique de l’Otan

avec la participation de :

  • Philippe Mahoux, Sénateur
  • Luc Mampaey, Attaché de recherche, directeur-adjoint du GRIP
  • Hans Lammerant, VREDESACTIE et BOMSPOTTING

En partenariat avec l’AMPGN, l’AEPGN, Abolition 2000, CNAPD, COLUPA, CSO, ETOPIA, EUROPEFORPEACE, INTAL, MAYORS FOR PEACE, MCP, MIR-IRG, UMONS, VREDE, VREDESACTIE

Avec le soutien de la Communauté française

Renseignements : 02 / 533.30.95 – WWW.CNAPD.BE julie.fontaine@cnapd.be

08:49 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Général, Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La crise économique internationale et la position de la Grèce – Les thèses du KKE

Par Eleni Mpellou, membre du Bureau politique du CC du KKE (Extrait de "LA REVUE COMMUNISTE INTERNATIONALE")



logo_fr-fr.pngL’économie capitaliste internationale traverse une crise profonde caractérisée principalement par sa synchronisation extensive. Elle a commencé à se manifester en 2007 aux États-Unis, dans le secteur de la construction, avec la dépréciation du capital des sociétés financières en raison d’une circulation excessive de dérivés d’investissements dans la titrisation de prêts précaires au logement.

Le danger d’effondrement des géants financiers américains – qui occupent des positions puissantes sur le marché international du capital argent – a provoqué une baisse des prix importante, progressive et généralisée, dans les Bourses les plus importantes de la planète. La « partie visible de l’iceberg » a été la manifestation d’une crise généralisée de surproduction, de suraccumulation de capital.

Une version optimiste des données et évaluations actuelles des organisations économiques internationales épingle 2010 comme l’année du point le plus bas de la récession. Une augmentation du nombre de chômeurs de 25 millions a déjà été enregistrée et l'on estime qu’ils seront encore 40 millions de plus à la fin de l’année.

En 2009, la Banque mondiale s’attend à ce que le Produit mondial brut baisse de 1,7 % ; la baisse sera de 2,75 %, estime l’OCDE. Celle-ci estime également que le commerce international connaîtra une baisse de 13,2 % en cette même année 2009.

Le Fonds monétaire international évalue la dépréciation du capital argent à 4 100 milliards de dollars depuis la manifestation de la crise.


Le déclenchement de la crise économique en Grèce

Dans l’économie grecque, la crise s’est manifestée avec un léger retard par rapport au reste de l’eurozone. Le pays est entré dans une phrase de récession en 2009, alors qu’en 2008, l’expansion du PIB s’était ralentie. L’élément le plus significatif, s’il faut en croire les statistiques bourgeoises, c’est que le secteur industriel (le secteur minier et carrier, le secteur manufacturier, l’électricité, la distribution d’eau), entré dans une phase de récession en 2005, a chuté de 4 % en 2007-2008.

En 2008, toutes les branches de l’industrie manufacturière ont été en récession, sauf celle de l’industrie alimentaire (1,2 % d’augmentation).

La crise du secteur manufacturier se reflète dans l’importante diminution des produits industriels (environ 7 %).

Le secteur de la construction a subi un important déclin (- 9,4 %).

Durant la période de 2002 à 2008, la tendance a été une baisse importante de la production de la plupart des produits agricoles de base – à l’exception du blé doux, du maïs et des pêches.

Selon les données fournies par Eurostat, le revenu agricole réel a baissé de 7,1 % en 2008, en raison d’une stagnation des prix de vente des producteurs et d’une importante augmentation importante des prix des produits industriels.

Selon Eurostat, le revenu agricole net en tant que corrélation de la valeur nette ajoutée par rapport aux coûts a été réduit en 2008 à 80,1 %, comparé à 2000 (= 100) (1).

En 2008, il y a eu une importante chute des prix à la Bourse d’Athènes. Sa valeur boursière totale (en pourcentage du PIB) était estimée, fin 2008, à environ un tiers de sa valeur fin 2007 (décembre 2008 : 28 % ; décembre 2007 : 86 %) (2). Une part importante de cette chute était imputable au retrait massif des investisseurs étrangers en octobre 2008.

Indépendamment de la phase du cycle de la crise, une caractéristique de l’économie grecque est sa situation fiscale défectueuse et qui s’est aggravée à long terme. Le ralentissement de la croissance du PIB – qui s’est accru au cours du second semestre de 2008 – a considérablement durci les conditions des emprunts d’État.

Les dernières estimations prévoient un déclin du PIB de 1 % en 2009. L’étendue de la récession dans l’économie grecque dépendra certainement du cours de la crise :

a. Dans les pays des Balkans, où d’importants investissements ont été réalisés par des sociétés installées en Grèce. Ceci concerne des économies à taux de croissance capitaliste élevé, comme la Roumanie, avec une croissance de 7,7 % en 2008 et une régression de 1,8 % prévue en 2009, ou la Bulgarie, avec une croissance de 4,4 % et une régression de 1 % prévue en 2009 (3).

b. Dans le commerce international, dont une part importante se fait par transport maritime, ce qui constitue une importante source de rentrées.

c. Dans d’importants pays européens, telles l’Allemagne et la Grande-Bretagne. À ces pays appartient une part importante des touristes qui visitent la Grèce, non seulement en chiffres absolus, mais aussi en nuitées et en dépenses personnelles.

Les effets des importantes rentrées de l’Union européenne comparées à la nette régression de l’industrie et de l’agriculture sont contradictoires.

Les faits mentionnés ci-dessus prouvent que l’effet de la crise sur l’économie grecque va être profond. Certaines prédictions la voient durer deux ans. Elle va exacerber les contradictions sociales existant via la hausse du chômage, des emplois à temps partiel et via l’extension de relations de travail flexibles. Selon les calculs bourgeois, la pauvreté a déjà augmenté, avec une concentration particulière chez les enfants (environ un quart) de moins de 15 ans, de même que chez les jeunes de 18 à 24 ans.

Bien sûr, les indices de pauvreté ne reflètent qu’une partie des contradictions, ils ne reflètent pas le fait que les salaires et les traitements sont loin de correspondre à la croissance indiciaire du PIB et à la croissance de la productivité dans une phase de reproduction élargie en Grèce.

 

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29/07/2010

Médiamensonges : Lorsque CNN fait dire le contraire...

Silvio Rodriguez aux États-Unis
Pascual SERRANO (Extrait de "LE GRAND SOIR")

arton11113-19394.jpgEn juin dernier, le chanteur, auteur, compositeur cubain, Silvio Rodríguez, a fait une tournée à travers les États-Unis. Au cours d’une interview avec la presse, alors qu’on l’interrogeait à propos des prisonniers cubains, tant ceux qui sont actuellement incarcérés à Cuba, accusés d’avoir conspiré au service d’une puissance étrangère, que ces cinq Cubains, prisonniers aux USA, accusés d’espionnage, il a textuellement répondu ceci :

« Nos héros, parce que pour nous, ces cinq Cubains qui se trouvent ici, aux États-Unis, sont des héros, ils devraient être libres ; ça fait plus de dix ans qu’ils sont en prison suite à des condamnations absurdes ; ces cinq Cubains sont venus ici pour espionner les terroristes qui nous envoyaient des bombes et qui conspiraient pour causer des souffrances physiques à Cuba. Moi, je ne peux pas les comparer avec des gens qui ont conspiré au service du gouvernement (des États-Unis) ou d’une partie de ce gouvernement qui, de tous les gouvernements, est celui qui veut nous nuire le plus. Pour moi, ce sont deux choses très différentes. Je pense que ceux qu’on appelle les prisonniers politiques cubains ont violé les lois cubaines et c’est pour cette raison qu’ils ont été sanctionnés ; je pense que les sanctions ont été trop dures et je pense qu’ils devraient être libres, peut-être pas tous, mais une bonne partie d’entre eux et, bien entendu, ceux d’entre eux qui ont des problèmes de santé ».

La journaliste de CNN mélange tout et présente ainsi les déclarations de Silvio Rodríguez :

« Et quant aux dissidents, quant aux prisonniers politiques cubains, il a dit qu’il respectait leur cause ; il parle aussi des espions cubains prisonniers aux États-Unis, accusés d’espionnage, et il dit que comme ils ont violé les lois, ils est juste qu’ils soient en prison, mais que leurs condamnations sont trop sévères ».

Exactement tout le contraire.

Les vidéos des deux déclarations peuvent être vues (en espagnol) :


25/07/2010

L'origine des guerres (reflexion de Fidel Castro)

La Havane. 12 Juillet  2010

(Article extrait de "GRANMA.CU")

L’origine des guerres

Fidel Alejandro Castro Ruz (2).jpgJ’AI affirmé le 4 juillet que les Etats-Unis ne céderaient pas, et l’Iran non plus: «…les uns, par arrogance de puissants; l’autre, par la résistance au joug et par la capacité de combattre, comme cela est arrivé si souvent dans l’histoire de l’homme.»

Dans presque toutes les guerres, une des parties souhaite l’éviter, et parfois les deux. En l’occurrence, celle-ci éclaterait, même si l’une de parties ne le désire pas, comme cela arriva lors des guerres mondiales de 14-18 et de 39-45, séparées par vingt-cinq ans à peine.

La boucherie fut effroyable. Ces guerres n’auraient pas éclaté sans des erreurs de calculs préalables des deux parties qui défendaient des intérêts impérialistes et croyaient pouvoir atteindre leurs objectifs sans de si terribles coûts.

Dans le cas présent, l’une des parties défend des intérêts nationaux absolument justes; l’autre poursuit des visées illégitimes et des intérêts bassement matériels.

Quand on analyse toutes les guerres qui se sont déroulées dans les annales de l’Histoire, on constate que l’une des parties a toujours visé ces objectifs-ci.

L’illusion qu’il soit possible de les atteindre en l’occurrence sans la plus terrible de toutes les guerres est absolument vaine.

Dans l’un des meilleurs articles publiés sur le site web Global Research, le 11 avril 2010,  Rick Rozoff apporte de nombreux critères incontestables sur les visées des USA. Toute personne qui se veut bien informée doit les connaître.

Selon cet auteur, les USA pensent qu’«une guerre peut être gagnée sans même avoir été lancée. Il est possible de remporter la victoire si l’adversaire sait qu’il est vulnérable à une attaque instantanée et non détectable, écrasante et dévastatrice, sans qu’il puisse se défendre ou exercer des représailles».

C’est «un pays qui aspire à rester le seul Etat dans l’histoire à exercer une domination militaire complète sur terre, dans les airs, sur les mers et dans l’espace.»

«Qui maintient et étend des bases militaires et des troupes, des groupes de bataille formés de porte-avions et de bombardiers stratégiques sous presque toutes les latitudes et longitudes. Qui possède pour ce faire un budget de guerre record depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale: 708 milliards de dollars pour le prochain exercice fiscal»

«…le premier pays à avoir mis au point et utilisé des armes atomiques.»

«…les USA conservent 1 550 ogives nucléaires déjà déployées et 2 200 (ou 3 500 selon certains calculs) de plus entreposées, et une triade de vecteurs de lancement terrestres, aériens et sous-marins».

«Leur arsenal non nucléaire utilisé pour neutraliser et détruire les défenses aériennes et stratégiques, potentiellement toutes les forces militaires importantes d’autres nations, sera constitué de missiles balistiques intercontinentaux, de missiles balistiques adaptés pour être lancés à partir de sous-marins, de missiles de croisière et de bombardiers hypersoniques, et de bombardiers stratégiques "super-furtifs" non détectables par les radars et donc capables de déjouer les défenses terrestres et aériennes.»

Rozoff énumère les nombreuses conférences de presse, réunions et déclarations de ces derniers mois en provenance des chefs de l’état-major interarmes et de hauts fonctionnaires de l’administration étasunienne.

Il explique les engagements des USA envers l’OTAN et leur coopération renforcée avec leurs alliés du Proche-Orient, autrement dit, en premier lieu, Israël. Il écrit:

«Les USA intensifient aussi leurs programmes de guerre spatiale et cybernétique afin d’être en mesure de paralyser les systèmes de surveillance et de commandement militaires, de contrôle, de communications, d’informatique et de renseignement d’autres nations, les laissant absolument sans défense sauf au niveau tactique le plus élémentaire.»

Il rappelle que la Russie et les USA ont signé à Prague, le 8 avril dernier, le nouveau Traité START qui «ne contient aucune contrainte sur la capacité actuelle ou planifiée des USA en matière d’attaque conventionnelle globale rapide.»

Il rapporte de nombreuses nouvelles à ce sujet et donne un exemple éloquent sur les visées des USA:

« Le département de la Défense explore actuellement toute la gamme de technologies et de systèmes concernant la capacité d’attaque conventionnelle globale rapide qui pourrait offrir au président des choix plus crédibles et techniquement viables pour faire face à de nouvelles menaces en évolution.»

Je suis d’avis qu’aucun président, voire le chef militaire le plus expert, n’aurait un instant pour savoir quoi faire si cela n’était pas déjà programmé dans les ordinateurs.

Rozoff, imperturbable, rappelle l’analyse faite par Elaine Grossman sur Global Security Network dans un article intitulé  «Les essais concernant le missile d’attaque globale pourraient coûter 500 millions de dollars»:

«L’administration Obama a demandé 239,9 millions de dollars au profit des services militaires à des fins de recherche-développement sur une attaque globale instantanée pour l’exercice fiscal 2011…. Si le financement se maintient au niveau prévu dans les années à venir, le Pentagone aura dépensé quelque 2 milliards de dollars pour cette capacité d’attaque globale instantanée d’ici la fin de l’exercice fiscal 2015, selon les documents budgétaires soumis au Capitole ce dernier mois.»

«Un scénario tout aussi horrifiant au sujet des effets d’une attaque conventionnelle globale rapide, cette fois en version maritime, est apparu voilà trois ans dans la revue Popular Mechanics:

«Un sous-marin atomique classe Ohio émerge dans le Pacifique, attendant l’ordre de tir du président. Quand celui-ci arrive, le sous-marin tire un missile balistique Trident-II de 65 tonnes qui atteint en deux minutes plus de 22 000 km/heure. Il accélère au-dessus des océans et dans l’espace extra-atmosphérique sur des milliers de kilomètres.

«Au sommet de la parabole, en suspension dans l’espace, les quatre ogives du Trident se séparent et commencent à redescendre vers la planète.

«Les ogives, qui voyagent à près de 21 000 km/h, sont remplies de tringles de tungstène, un métal deux fois plus résistant que l’acier.

«Les ogives explosent juste au-dessus de l’objectif, répandant sur la zone des milliers de tringles, dont chacune est douze fois plus destructrice qu’une balle calibre 50. Tout ce qui se trouve dans un rayon de 280 m2 autour de ce tourbillon métallique est anéanti»

Rozoff explique ensuite la colonne écrite le 7 avril, sous le titre: «La surprise nucléaire d’Obama», par l’ancien chef de l’Etat-major interarmes russe, le général Leonid Ivachov, qui, après avoir fait référence au discours prononcé par le président étasunien à Prague, un an avant – «l’existence de milliers d’armes nucléaires est l’héritage le plus dangereux de la Guerre froide» – et à sa signature de START II dans cette même ville, le 8 avril dernier, affirme:

«L’histoire des USA durant le siècle dernier n’offre aucun exemple que les élites étasuniennes aient fait le moindre sacrifice pour l’humanité ou pour les peuples d’autres pays. Serait-il dès lors réaliste d’attendre que l’arrivée à la Maison-Blanche d’un président afro-étasunien change la philosophie politique de ce pays traditionnellement axée sur la domination mondiale? Ceux qui croient à quelque chose de pareil devraient alors se demander pourquoi les USA – le pays dont le budget militaire dépasse déjà celui de tous les autres pays du monde réunis – continuent de dépenser des sommes d’argent énormes pour se préparer à la guerre.»

Le général russe affirme:

«Le concept d’Attaque globale immédiate implique une frappe concentrée par des milliers d’armes conventionnelles de précision durant deux à quatre heures, qui détruirait complètement les infrastructures vitales du pays cible et le forcerait donc à capituler.»

«Le concept d’Attaque globale immédiate vise à maintenir le monopole des USA dans le domaine militaire et à creuser l’écart entre eux et le reste du monde. De pair avec le déploiement de missiles de défense censés blinder les USA face à des frappes de représailles russes et chinoises, l’initiative d’Attaque globale immédiate est en train de faire de Washington le dictateur mondial de l’ère moderne.»

«Par essence, la nouvelle doctrine nucléaire est un élément de la nouvelle stratégie de sécurité étasunienne qu’on pourrait mieux décrire comme stratégie de l’impunité totale. Les USA dopent leur budget militaire, lâchent les rênes de l’OTAN comme gendarme mondial et planifient des manœuvres réelles en Iran pour tester dans la pratique cette initiative d’Attaque globale immédiate. Entre-temps, Washington parle d’un monde absolument exempt d’armes nucléaires.»

Au fond, Obama prétend leurrer le monde en parlant d’une humanité exempte d’armes nucléaires, lesquelles seraient remplacées par d’autres extrêmement destructrices, mais mieux adaptées à la volonté de terroriser les dirigeants des Etats et de garantir cette nouvelle stratégie d’impunité totale.

Les Yankees croient que la reddition de l’Iran est proche. Dans ce sens, on s’attend à ce que l’Union européenne fasse connaître son propre train de sanctions le 26 juillet.

Les 5+1 se sont réunis la dernière fois le 2 juillet, après que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé que «son pays reprendrait les négociations fin août avec la participation du Brésil et de la Turquie».

Un haut fonctionnaire de l’UE «a averti que ni le Brésil ni la Turquie ne seront invités à ces conversations, du moins pas à ce niveau».

«Le ministre des Affaires étrangères iranien, Manouchehr Mottaki, s’est déclaré partisan de défier les sanctions internationales et de continuer d’enrichir l’uranium.»

Depuis le mardi 5 juillet où l’Union européenne a réitéré qu’elle prendrait de nouvelles mesures, l’Iran a répondu qu’il ne négociera pas avant septembre.

Les possibilités de surmonter cet obstacle insurmontable diminuent de jour en jour.

Ce qui va se passer est si évident qu’on peut le prévoir d’une façon quasi exacte.

Je dois de mon côté faire mon autocritique: j’ai commis l’erreur d’affirmer dans mes Réflexions du 27 juin que le conflit éclaterait le jeudi, le vendredi ou, au plus tard, le samedi. On savait alors que des bâtiments de guerre israéliens naviguaient vers l’Iran aux côtés des forces navales yankees, et que l’ordre d’arraisonner les cargos iraniens avait déjà été donné.

J’avais toutefois négligé une étape préalable: que l’Iran refuse concrètement l’inspection de ses cargos. Analysant le langage tortueux de la résolution du Conseil de sécurité imposant des sanctions à ce pays, je n’ai pas fait attention à ce détail sans lequel le mandat de perquisition ne pouvait être pleinement valable. C’était tout ce qu’il manquait.

Le délai de soixante jours fixé par le Conseil de sécurité le 9 juin pour recevoir des informations sur la mise en œuvre de sa Résolution prendra fin le 8 août.

Mais il s’est passé en fait quelque chose de plus lamentable. J’ai travaillé à partir du dernier document élaboré sur ce thème épineux par notre ministère des Relations extérieures, lequel ne contenait pas deux paragraphes cruciaux, les derniers de cette Résolution, que voici:

«36.  Demande au Directeur général de l’AIEA de présenter dans les 90 jours au Conseil des gouverneurs de l’AIEA et parallèlement, pour examen, au Conseil de sécurité un rapport concernant la suspension complète et durable par l’Iran de toutes les activités mentionnées dans la résolution 1737 (2006) et l’application par ce pays de toutes les mesures prescrites par le Conseil des gouverneurs et des décisions énoncées dans les résolutions 1737 (2006), 1747 (2007) et 1803 (2008) et dans la présente résolution;

«37.  Affirme qu’il examinera les mesures prises par l’Iran au vu du rapport demandé au paragraphe 36 ci-dessus, qui doit être présenté dans un délai de 90 jours, et: a) qu’il suspendra l’application des mesures susmentionnées si l’Iran suspend, et aussi longtemps qu’il suspendra, toutes les activités liées à l’enrichissement et au retraitement, y compris la recherche-développement, sous vérification de l’AIEA, pour ouvrir la voie à des négociations de bonne foi permettant de parvenir rapidement à un résultat mutuellement acceptable; b) qu’il mettra fin aux mesures visées aux paragraphes 3, 4, 5, 6, 7 et 12 de la résolution 1737 (2006), aux paragraphes 2, 4, 5, 6 et 7 de la résolution 1747 (2007), aux paragraphes 3, 5, 7, 8, 9, 10 et 11 de la résolution 1803 (2008) et aux paragraphes 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 21, 22, 23 et 24 ci-dessus dès qu’il aura constaté, après réception du rapport visé au paragraphe précédent, que l’Iran respecte pleinement les obligations que lui imposent ses résolutions pertinentes et se conforme aux exigences du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, et que celui-ci l’aura confirmé; c) que, au cas où  il ressortirait du rapport demandé au paragraphe 36 ci-dessus que l’Iran n’a pas appliqué les dispositions des résolutions 1737 (2006), 1747 (2007) et 1803 (2008) et de la présente résolution, il adoptera, en vertu de l’Article 41 du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, toutes autres mesures qui pourraient être requises pour  persuader l’Iran de se conformer à ces résolutions et aux exigences de l’AIEA, et  souligne que de nouvelles décisions devront être prises si de telles mesures additionnelles s’avéraient nécessaires…»

Un compagnon du ministère, sans doute épuisé par le travail de nombreuses heures consistant à faire des copies de tous les documents, s’est endormi. Si j’ai pu découvrir cet oubli, c’est parce que je désirais avoir toute l’information possible et échanger des vues sur ces questions délicates.

A mon avis, les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN ont dit leur dernier mot. Deux puissants Etats dotés d’autorité et de prestige n’ont pas exercé leur droit de veto pour bloquer cette résolution perfide de l’ONU. C’était pourtant là la seule possibilité de gagner du temps à la recherche d’une formule pour sauver la paix, un objectif qui leur aurait procuré plus d’autorité pour continuer de se battre en sa faveur.

Aujourd’hui, tout est suspendu à un mince fil.

J’ai cherché avant tout à mettre en garde l’opinion publique internationale sur le cours des événements.

J’y suis arrivé en partie en observant ce qu’il se passait, en ma qualité de dirigeant politique qui a affronté pendant de longues années l’Empire, ses blocus et ses crimes inqualifiables. Mais je ne le fais pas par esprit de vengeance.

Je n’hésite pas à courir le risque de compromettre ma modeste autorité morale.

Je continuerai d’écrire plusieurs autres Réflexions sur ce point en juillet et en août pour aller plus loin, sauf incident qui déclenche les armes meurtrières braquées les unes sur les autres.

J’ai beaucoup apprécié les derniers matchs de la Coupe du monde de football et les matchs de volley-ball de la Ligue mondiale où notre courageuse équipe s’est qualifiée à la tête de son groupe.

Fidel Castro Ruz

Le 11 juillet 2010

20 h 14

(Traduction ESTI)

21/07/2010

A NE PAS RATER! : MANIFIESTA, le 25 septembre 2010 à bredenne (B).

Peut-être connaissez-vous, ou avez-vous entendu parler de "la fête de l'HUMA" qui se tient régulièrement en France.

La Belgique ne veut pas être en reste, elle a décidé d'organiser sa fête, rassemblant des milliers de socialistes de tous pays, de gens engagés, gens désireux d'une société plus humaine, plus sociale, plus conviviale. Tous les courants de gauche y seront rassemblés et bienvenus.

Téléchargez le tract PDF en cliquant sur l'image ci-dessous, et visitez le site prévu à cette occasion, pour tout renseignement et billets en prévente sur:


http://manifiesta.be/fr

 

Tract Manifiesta001.JPG

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30/06/2010

Après les pièges à l'emploi, les pièges aux congés

(Extrait de "LALIBRE.BE") 29/06/2010.


pict_242079Le patronat belge constate que pour un salaire médian de 2.500 euros brut par mois, le travail à 4/5ème temps ne représente quasiment aucune différence en terme de salaire net.

Après les pièges à l'emploi, par lesquels une certaine partie de la population active est encouragée à ne pas travailler, ce sont les "pièges aux congés" qui menacent, avertit la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) dans son Livret statistique publié mardi. Ainsi, le patronat belge constate que pour un salaire médian de 2.500 euros brut par mois, le travail à 4/5ème temps ne représente quasiment aucune différence en terme de salaire net. Un 4/5ème ajouté à un congé parental et à une prime attribuée par la Flandre ne représente en effet qu'une perte salariale de 1 à 4 pc. Et un 4/5ème ajouté à un crédit-temps fait baisser le salaire net de 5 à 7 pc.

"Pour pas mal de parents célibataires ou cohabitants, le travail à temps partiel est presque aussi lucratif que le travail à temps plein. Et si l'on tient compte du coût de la garde des enfants, le système du 4/5ème apparaît encore plus attrayant", écrit notamment la FEB dans son Livret.

"Mais budgétairement (750 millions d'euros en 2009) et d'un point de vue organisationnel, les limites ont été atteintes. Avec les déficits de plus en plus importants de la sécurité sociale, on peut se demander si le travail à temps partiel peut encore être soutenu financièrement", précise la fédération patronale.

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05/06/2010

Les dix grands médiamensonges d'Israël


Michel Collon : "Les 10 grands médiamensonges d'Israël"
envoyé par gastru. - L'info internationale vidéo.

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Attaque de la flotille de la paix par Israël


Michel Collon : Attaque de la flotille de la paix
envoyé par gastru. - L'actualité du moment en vidéo.

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29/05/2010

La colère des pauvres

La colère des pauvres
Noam Chomsky   (Extrait du site de Michel Collon)

noam_chomsky_croppedLe 18 février, Joe Stack, un ingénieur en informatique de 53 ans, s’est suicidé en écrasant son petit avion contre un édifice à Austin, Texas, en détruisant un bureau du Service de Perception Fiscale (IRS, selon son sigle en anglais), en tuant une autre personne et en blessant plusieurs.

Stack a laissé un manifeste contre le gouvernement qui expliquait son action. L’histoire commence quand il était un adolescent qui vivait dans la pénurie dans Harrisburg,  Pennsylvanie, près du coeur de ce qui a été une fois un grand centre industriel.

Sa voisine, une octogénaire qui survivait avec de l’aliment pour des chats, était la veuve d’un ouvrier métallurgique retraité. Son époux avait travaillé toute sa vie dans les fonderies du centre de la Pennsylvanie, en ayant fait confiance aux promesses des grandes entreprises et du syndicat , sur le fait que ses 30 années de service, lui assurerait une pension et une couverture médicale pour sa retraite.

 ”Au lieu de cela, il fut l’un des milliers qui ne reçurent rien parce que l’administration incompétente des fonderies et le syndicat corrompu (, pour ne pas mentionner le gouvernement) avaient investi dans des fonds de pensions et ceux-ci ont volé sa retraite. La chose unique qu’elle avait pour vivre était la sécurité sociale”.

Elle aurait pu ajouter que les très riches et leurs alliés politiques continuent d’essayer d’en finir avec la sécurité sociale.

Stack a décidé qu’il ne pouvait pas avoir confiance dans les grandes entreprises et qu’il suivrait son propre chemin, seulement il découvrit alors qu’il ne pouvait pas non plus avoir confiance dans gouvernement qui se désintéressait des gens comme lui, mais seulement aux riches et aux  privilégiés; ou dans un système légal dans lequel “il y a deux ‘interprétations’ de chaque loi, l’une pour les très riches et l’autre pour nous tous”.
 
Le gouvernement nous laisse avec “la plaisanterie à laquelle nous donnons le nom de  système de santé américaine, y compris les compagnies pharmaceutiques et les assurances (qui) assassinent des dizaines de milliers de personnes par an”, puisqu’elles rationnent la prévention en grand partie sur la base de la richesse et non de la nécessité.

Stack fait remonter l’origine de ces iniquités à un ordre social dans lequel “une poignée de crapules et de pillards peuvent commettre des atrocités impensables … et quand il est l’heure que leur source d’argent facile s’épuise sous le poids de leur cupidité et de leur stupidité écrasante, tout le gouvernement fédéral n’a pas de difficulté pour courir à son aide en quelques jours, s’il ne s’agit  pas d’ heures”.

Le manifeste de Stack finit avec deux phrases évocatrices : “Le credo communiste : de chacun qui selon sa capacité, à chacun selon ses besoins. Le credo capitaliste : que chacun donne selon sa crédulité que chacun reçoive selon sa cupidité”.

Des études émouvantes des zones industrielles abandonnées des États-Unis révèlent une indignation comparable parmi les individus qui ont été déplacés à mesure que les programmes capitalisto – étatiques ferment des bâtiments et détruisent des familles et des communautés.

Une sensation aigüe de trahison est dénotée chez les gens qui croyaient qu’ils s’étaient acquittés de leur devoir avec la société dans un pacte moral avec les entreprises et le gouvernement,  pour découvrir alors qu’ils étaient de simples instruments du lucre et du pouvoir.

Des similitudes étonnantes existent en Chine, la deuxième plus grande économie du monde, enquêtée par l’experte d’UCLA Ching Kwan Lee.

Lee a comparé l’indignation et le désespoir de la classe ouvrière dans les secteurs  industriels détruits des États-Unis avec ce qu’elle appelle la zone industrielle de la Chine : le centre industriel socialiste étatique dans le nord-est, maintenant abandonné au profit du développement de la zone de croissance rapide dans le sud-est.
 
Dans les deux régions, Lee  a trouvé des protestations massives des travailleurs  mais de caractère différent. Dans la zone industrielle abandonnée, les ouvriers expriment la même sensation de trahison que leurs homologues aux USA; dans leur cas, la trahison des principes maoístes d’une solidarité et la manière dont ils s’étaient dédiés au développement de la société ce qu’ils considéraient comme un pacte social,  pour découvrir que c’était  seulement ce qui était, maintenant, une fraude amère.

Dans tout le pays, des vingtaines de millions de millions de travailleurs séparés de ses unités de travail “sont bouleversés par une sensation profonde d’insécurité” qui engendre une “furie et un désespoir”,  écrit Lee.

Le travail de Lee et les études de la zone industrielle abandonnée des États-Unis mettent en évidence que nous ne devrions pas sous-estimer la profondeur de l’indignation morale qui existe derrière l’amertume furieuse, souvent autodestructrice, envers le gouvernement et le pouvoir patronal.

Aux États-Unis, le mouvement populiste appelé Tea  Party – et encore plus les cercles plus amples  qu’il atteint – reflètent l’esprit de la désillusion. L’extrémisme antifiscal de Tea Party n’est pas aussi immédiatement suicidaire que la protestation de Joe Stack, mais cependant il  est suicidaire.

Actuellement, la Californie est un exemple dramatique. Le plus grand système public d’éducation supérieure du monde est démantelé.

 Le gouverneur Arnold Schwarzenegger  dit qu’il doit  éliminer les programmes étatiques de santé et de bienfaisance à moins que le gouvernement fédéral n’apporte environ 7.000 millions de dollars. D’autres gouverneurs  se joignent à lui.

Pendant ce temps, un mouvement puissant récent pour les droits des états demande que le gouvernement fédéral ne se mêle pas de nos affaires, un bon exemple de ce qu’Orwell a appelé ” la double pensée” : la capacité d’ un esprit de nourrir deux idées contradictoires alors qu’il croit aux deux , pratiquement une devise pour nos temps.

La situation de la Californie est le résultat, en grande partie, d’un fanatisme antifiscal. Il est très similaire à ce qui existe ailleurs, même dans des faubourgs riches.

Encourager le sentiment antifiscal a été la caractéristique de la propagande patronale. Les gens doivent être endoctrinés pour détester et pour craindre le gouvernement pour de bonnes raisons : des systèmes existants de pouvoir, le gouvernement est le seul qui en principe, et parfois en fait, répond au public et peut restreindre les gâchis du pouvoir privé.
 
Cependant, le propagande antigouvernementale doit être nuancée. Naturellement, les  entreprises favorisent un état puissant qui travaille pour les institutions multinationales et financières, et même les sauve quand elles détruisent l’économie.

Mais, dans un brillant exercice de double pensée, les gens sont conduits à détester et à avoir peur du déficit. De la sorte, les associés des entreprises à Washington pourront décider de la réduction des acquis  et de droits comme la sécurité sociale (mais ne les sauve pas).

Dans le même temps, les gens ne devraient pas s’opposer à ce qui crée en grande partie  le déficit : l’augmentation du budget militaire et le système de soin médicaux privatisé complètement inefficace.

Il est facile de ridiculiser la manière dont Joe Stack et ceux qui pensent  comme lui expriment leurs inquiétudes, mais il est beaucoup plus approprié de comprendre ce qu’il y a derrière leur perception et actions dans une époque dans laquelle ceux qui ont de vrai raison de se plaindre se mobilisent dans les formes qui pourtant représentent un grand danger pour eux-mêmes et pour les autres.

Noam Chomsky est professeur émérite de linguistique et de philosophie dans l’Institut Technologique du Massachusetts au Cambridge, au Massachusetts.

Traduction: Danielle Bleitrach pour wordpress

Source: lajornada

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03/05/2010

L’art de passer sous silence dans toutes les langues ce que chacun devrait savoir

Uit Vlaanderen
L’art de passer sous silence dans toutes les langues ce que chacun devrait savoir

Article paru dans POLITIQUE Avril 2010 (n°64) : Bougez !? La nouvelle obsession de la mobilité, par Geert Buelens

C’est comme ça que ça va aujourd’hui dans les médias. Il suffit de l’évasion de quelques gangsters ou de forts soupçons de dysfonctionnement de la part de certains juges pour que les grands mots fassent la une : « La Justice dans une crise sans précédent », « Une nouvelle journée noire pour la Justice » ou « La Justice à nouveau entachée de fraude ». Quand la rue de la Loi se prend les pieds dans le tapis, la presse en fait également ses choux gras : « La crise atteint son paroxysme rue de la Loi », « La faillite de Leterme ». Et cela ne touche d’ailleurs pas que le pouvoir judiciaire ou exécutif, le législatif aussi peut s’attendre à de virulentes manchettes : « Il est grand temps d’avoir du sang frais », titrait un quotidien à propos du parlement flamand. Quand la rédaction s’en prend aux parlementaires fédéraux, cela donne : « Un tiers des députés et la moitié des sénateurs ratent leur examen ».

Comparez cela avec les dépêches qui ont suivi quelques grands scandales, erreurs, et controverses à propos des médias ces derniers mois. Après le jugement implacable du tribunal (« négligence, inexactitude, et manque manifeste de preuves ») sur les comptes rendus de Het Laatste Nieuws à propos du dopage de l’équipe cycliste Quick Step, le journal en question expédie la nouvelle dans un coin en bas de la page 35. La manchette indique : « 500 000 euros de dommages et intérêts pour Lefevere ». Sur la condamnation du journal, rien à part le petit texte cité plus haut où l’accent est surtout mis sur le fait que Lefevere a reçu beaucoup moins que ce qu’il demandait et que c’est un jugement entièrement illogique. Les médias concurrents ne se mouillent pas : au lieu de « Un camouflet pour HLN », on lit « Victoire morale pour Lefevere » ou « Patrick Lefevere a gain de cause dans son procès contre HLN ».

Il n’est évidemment pas illogique que les journalistes évitent de salir leur propre journal, mais la différence de ton est cependant flagrante.
Les nombreuses crises

Si les médias parlaient d’eux-mêmes comme ils le font sur le reste du monde, le terme « crise » reviendrait fréquemment. Non seulement il y a le malaise devenu tout doucement structurel à la VRT, les conflits sociaux l’an passé chez De Persgroep, Corelio et Sanoma, qui ont mené à des actions de protestation, à des arrêts de travail et même au Morgen à la non-parution du journal. Mais le secteur a encore d’autres soucis : des requêtes unilatérales ont contraint Humo, TV-Familie, Dag Allemaal et Telefacts à retirer du marché une émission (ou un morceau de celle-ci) ou à ne pas la diffuser.

En raison de la chute des revenus de la publicité, les marges bénéficiaires s’évaporent et toute une série de médias sont menacés. Het Volk, malgré son ancrage régional solide, a été étouffé progressivement, alors qu’il vendait encore 80 000 exemplaires en 2005. Le mensuel Milo a mis la clé sous le paillasson. Le succès sans cesse croissant de Métro depuis son lancement en 2000 et le flux de nouvelles ininterrompu et gratuit via des sites web de plus en plus étoffés soumettent l’ancien modèle économique des médias à une pression de plus en plus forte. Par définition, le journalisme de qualité est cher. Comment le financer alors que les annonceurs cherchent d’autres endroits et que de moins en moins de gens sont prêts à payer pour être informés ? Le problème se pose de plus surtout chez les jeunes, un groupe qui devrait garantir l’avenir des médias, mais dans les pays occidentaux ceux-ci s’informent de moins en moins, même quand c’est gratuit et en ligne. Si cela continue ainsi, estime le chercheur américain Philippe Meyer, le dernier lecteur fermera son journal définitivement en 2040.

À côté de ces problèmes, les médias se débattent avec une autre crise beaucoup moins en vue : celle de la démocratie. Tous les baromètres de confiance indiquent que les médias s’en sortent à peine mieux que les secteurs de la société (justice, politique) qu’ils s’emploient quotidiennement à noircir. Au-delà de la question de la cause exacte de cette image négative, de plus en plus de voix s’élèvent pour dire que les journalistes n’assument plus suffisamment leur tâche première. La liberté d’expression, qui est la raison d’être constitutionnelle des médias, a pour objectif de créer un forum où des arguments peuvent être examinés et évalués librement. On informe ainsi les citoyens afin qu’ils puissent opérer un choix bien réfléchi dans l’isoloir. Mais il apparaît de plus en plus que les médias, au lieu de soutenir le débat démocratique, l’orientent et le perturbent.

En octobre 2003, Ignacio Ramonet lançait dans Le Monde Diplomatique un appel à la création d’un cinquième pouvoir, un chien de garde qui protègerait le citoyen contre les conglomérats médiatico-commerciaux qui « empoisonnent notre esprit, polluent notre cerveau et nous manipulent ». Il est trop facile de rabaisser cette critique au rang de coup de gueule néo-gauchiste. La critique vient de gauche, mais, surtout sur le web, aussi de droite. Blair l’a exprimée au plus haut niveau dans l’un de ses discours d’adieu comme Premier ministre en 2007. Il mettait notamment en avant la voracité insatiable des médias. Les décideurs de la société passent parfois plus de temps à gérer leurs rapports avec la presse qu’à concevoir et mettre en œuvre la politique dont ils sont censés parler. La quantité énorme d’information qui est déversée ne rend pas pour autant le citoyen mieux informé. Non seulement parce que l’arbre cache entièrement la forêt, mais surtout parce que le ton utilisé ne fait que renforcer le cynisme. Avec la concurrence mortelle entre journalistes, même les médias de qualité se voient contraints de mettre l’accent sur le choquant au lieu de l’intéressant. Des erreurs humaines ordinaires sont montées en épingle et présentées comme un complot par des journalistes rêvant d’un nouveau Watergate. Les interprétations données par les médias aux propos des politiciens sont alimentées par une sorte de paranoïa. Et les politiques consacrent d’ailleurs trop de temps à y réagir.
Un long et douloureux silence

En Flandre, certains universitaires, comme Mark Elchardus, Luc Huyse, et Jan Blommaert, se sont exprimés de manière acerbe ces dernières années sur des évolutions inquiétantes au sein des médias, mais le secteur lui-même n’y a pas apporté de réflexion systématique. Le concept de « démocratie du drame » de Elchardus est utilisé fréquemment, mais je n’ai trouvé aucune trace de considérations journalistiques au sujet des passages sévères consacrés aux médias dans son livre de 2002. On débat régulièrement des problèmes de la profession dans le medium spécialisé De Journalist, mais vers l’extérieur l’Association flamande des journalistes donne trop souvent l’impression de défendre par définition ses adhérents. Lors de ladite condamnation de Het Laatste Nieuws, l’Association ne s’est exprimée que sur le montant du dédommagement sans vouloir prendre position sur « le bien-fondé même du jugement ». Lorsqu’un juge interdit à TV Familie de publier un article sur les Pfaffs, l’Association crie à la censure, mais Tom Naegels relevait déjà à l’époque que c’était une attitude étonnante pour une association professionnelle au vu du manque de respect des règles élémentaires de déontologie dont fait preuve ce journal.

Les médias critiquent par définition tout le monde, sauf eux-mêmes. Un silence éloquent a suivi la publication cet automne du livre Les médias et le journalisme en Flandre - Examen critique, de Johan Sanctorum et Frank Thevissen. Même si les contributions à cet ouvrage sont parfois inégales, cette première tentative de soulever certaines questions mérite assurément une discussion. C’est aussi le cas pour Le pouvoir des médias – C’est le marché qui décide, de l’ancien dirigeant de la VRT, Cas Goossens, un livre qui n’a pourtant reçu que peu d’attention de la presse. Ce qui peut signifier deux choses : soit ses collègues considèrent l’hégémonie du marché dans le secteur comme un lieu commun qui ne pose aucun problème, soit Goossens a touché à un sujet sur lequel on préfère se taire parce qu’il est trop délicat. Je ne suis pas sûr de savoir laquelle de ces deux hypothèses est la plus grave.

Le débat n’est donc pas lancé, même lorsque des publications étrangères secouent le cocotier, comme le Flat Earth News de Nick Davies, un très éminent journaliste anglais. Ce n’est qu’après avoir été mis en valeur par le festival alternatif Het Andere Boek que le livre de Davies a eu droit à quelques échos, mais pas à une grande discussion sur ses positions. Seul le site de nouvelles indépendant De Werktitel s’est entretenu avec lui. Ce site, l’un des rares événements médiatiques positifs de l’année 2009, a été créé par des journalistes licenciés par De Morgen ou dont la rencontre avec les lois actuelles des médias a été brutale.
Incident, accident, chiffonnier

L’absence de réflexion approfondie est d’autant plus incompréhensible que les médias ont vécu une « annus horribilis ». Dès janvier 2009, la VRT a été fortement critiquée pour sa couverture de la bagarre au couteau de Termonde. Les journalistes concernés n’y ont pas vu de mal. Pourtant, le fait que les médias étaient exclus de manière ostentatoire des funérailles aurait dû déclencher la sonnette d’alarme. Ce n’est pas tous les jours qu’un bourgmestre déclare que « nos cellules sont à la disposition de la presse ». Et son intention n’était donc pas d’inviter quelques journalistes à visiter la maison d’arrêt locale. Les mois suivants, des citoyens (qu’ils soient ou non des Flamands connus) sont régulièrement entrés en conflit avec les journaux. Une série de procès et saisies ont aussi amené la Justice à entrer en conflit avec le quatrième pouvoir. Les « Bekende Vlamingen » (Flamands connus) Marcel Vanthilt et Helmut Lotti se sont détournés de Dag Allemaal, Story, TV Familie, et Het Laatste Nieuws. Le fait que le plus grand quotidien reçoive lui aussi des coups n’était pas sans rapport avec la manière dont il a rendu compte du décès de Yasmine |1| et de la série d’articles style « chasse aux sorcières » au sujet de son ex-compagnon. Mais la critique des médias est aussi venue d’ailleurs : pour protester contre la manière dont la rédaction en chef avait géré la série de licenciements, 28 rédacteurs du Morgen sont partis en grève pour un mois. Même des politiciens osent braver l’omerta de temps à autre, comme le sénateur Patrick Vankrunkelsven qui s’est opposé de plein fouet au directeur de Knack, Rik van Cauwelaert, dans l’émission Phara.

Et puis il y a eu des chocs entre les médias eux-mêmes : la lutte entre Dag Allemaal et TV Express peut sans doute être dépeinte comme un règlement de comptes dans le milieu. Mais que penser de la manière dont Knack et De Standaard se sont affrontés par patrons interposés ? Quand son journal Story a été attaqué, Thomas Siffer s’est défendu en indiquant que De Tijd franchissait aussi la limite en dévoilant les bonus des banquiers ou De Standaard en publiant des mails internes du SP.A.

Dans sa rubrique de Knack, présentée comme satirique, Koen Muelenaere essaie systématiquement de saper la légitimité de la rédaction de l’info à la VRT, au Morgen et au Standaard. C’est la paille et la poutre, mais il n’y a eu aucune concertation structurelle. Pourtant, notre pays en a déjà appelé à un débat sociétal en profondeur pour bien moins que cela. Quand le fonctionnement des médias est mis en cause, on n’a droit la plupart du temps qu’à des auto-justifications. Ce ton montre déjà, à lui seul, à quel point chacun est sous pression. Finalement, rien ne prouve aussi bien qu’il y a une omerta à l’égard de l’autocritique dans les médias flamands que le fait que deux sites importants consacrent systématiquement de l’espace à une critique des médias, alimentée par des initiés qui se voient contraints à utiliser un pseudonyme (Radio Plasky et De Minister van Media).
Terrible histoire de meurtre

Bien sûr, cela n’allait pas nécessairement mieux dans le temps. L’appétit humain pour la sensation ne date pas d’hier. Dès la naissance de la presse écrite, un grand nombre de rames de papier ont été consacrées au « Murder Ballads ». Cet amour de l’extrême, du gore et de la violence n’empêchait pas pour autant la diffusion d’informations pertinentes. Dans la période révolutionnaire des années 1840 naquirent aux Pays-Bas les soi-disant Lilliputiens, dont les feuilles étaient si petites qu’elles pouvaient échapper au droit de timbre qui pesait sur la presse libre (quand la presse est trop chère elle ne touche que l’élite). À une époque où NRC avait 1800 abonnés, ces feuilles avaient un tirage qui était cinq à huit fois plus élevé, et de plus, on se les passait avidement de main en main. Tous ceux qui savaient lire les lisaient. « Ils commencent en général avec une terrible histoire de meurtre », indique un contemporain fidèle au pouvoir, qui pouvait difficilement taire que ces apéritifs étaient suivis plus loin dans le journal par des textes qui dressaient les lecteurs contre le roi et son gouvernement. Plus tard, la pilarisation et la forte politisation de l’émetteur public ont amené une diffusion de l’information fort peu libre. De plus, l’idéal trop ambitieux d’éducation populaire de nombreux journalistes passait complètement à côté d’une bonne partie de la population. Et dès que les médias de qualité ont donné l’impression d’avoir échappé à ce travers, ils sont tombés directement aux mains du commerce, d’abord parce que les conglomérats flairaient le beau profit, ensuite de plus en plus pour pouvoir survivre.

Si l’on doit aujourd’hui parler de crise aigue, c’est cependant dû au fait que les problèmes des médias et avec les médias interagissent les uns sur les autres d’une manière destructrice. Dans un contexte où chaque lecteur compte, pas comme dans le passé pour faire passer la marge bénéficiaire de 20 à 25 pour cent, mais pour rendre l’entreprise simplement rentable, la pression sur les rédactions est énorme. Elles ne peuvent pas ou plus toujours se permettre le luxe de se demander si elles servent bien encore la démocratie. Et pourtant il le faut, car la démocratie et la liberté de la presse sont indissociables.

Traduction : Jean-Paul Gailly

|1| chanteuse et présentatrice à la VRT décédée en juin 2009. (NDLR)

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27/03/2010

Nouveau livre de Michel Collon

(Extrait du site "INVESTIG'ACTION")

israel-parlons-enPRESENTATION :
Voilà qui peut paraître étrange tant les médias nous parlent d’Israël. Mais les raisons du conflit sont-elles claires ?

Israël : terre sans peuple pour un peuple sans terre ? Démocratie en légitime défense ou Etat d’apartheid ? Choc des civilisations, conflit religieux ou enjeu pétrolier ? Pourquoi une solution paraît-elle impossible ?

Michel Collon a interrogé 20 témoins et spécialistes. Israéliens et Arabes, juifs et musulmans, Européens et Américains. Chacun éclaire une question spécifique dans un langage simple et direct.

Pourquoi parler d’Israël ? Pour tenter de mener un débat raisonné. Entre ceux qui crient à l’antisémitisme dès qu’on critique le gouvernement israélien et ceux qui imaginent un
grand complot juif.

Comment parler d’Israël ? En laissant de côté les préjugés et en découvrant tous les faits, les pages d’Histoire occultées.

Lever tous les tabous c’est permettre à chacun de se faire son opinion librement. Et de débattre autour de soi. Car ce conflit se joue aussi bien au Moyen-Orient qu’en Europe. C’est de la discussion entre citoyens de tous horizons que surgiront les solutions pour
la paix.

L’AUTEUR :
Ecrivain et journaliste belge. Analyste des médias, il anime avec le collectif Investig’Action le site d’information alternative michelcollon.info. Il a notamment analysé les stratégies de guerre et de désinformation : Attention, médias !, Bush le cyclone et Les 7 Péchés d’Hugo Chavez.

Aurore Van Opstal et Abdellah Boudami sont membres du collectif Investig’Action.

FICHE PRATIQUE :
Michel Collon
Israël, parlons-en !
Investig’Action – Couleur livres
Prix : 18.00 €
348 pages
Format : 13 x 21 cm
ISBN : 978-2-87003-549-8

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22/03/2010

Conférence: "Pécrot, Mons, Hal... Quand le rail déraille..."

Téléchargez le tract (PDF) en cliquant sur l'image ci-dessous:

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14:00 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/03/2010

Un autre capitalisme n’est pas possible

Rémy HERRERA (Article extrait de: "Le Grand Soir.Info")

autre capitalisme pas possibleLe capitalisme est en crise. Il pourrait même s’agir d’une des plus graves crises de l’histoire moderne. Et pourtant, à suivre l’actualité au jour le jour, l’opinion publique peut avoir le sentiment que cette crise est déjà derrière nous. Or, le pire est sans doute encore à venir, malgré les propos rassurants tenus et les aménagements envisagés.

En effet, la réactivation annoncée de l’intervention étatique a notamment pour objet la négation de la nature de biens publics à la fois gratuits et libres de composantes fondamentales du patrimoine commun de l’humanité, comme le savoir, l’éducation ou les infrastructures sociales et des ressources naturelles.

Ce livre nous propose un voyage dans les « entrailles du monstre », car c’est la dynamique même du capitalisme qu’il faut examiner et mettre à nu pour engager la grande transformation dont l’humanité et la planète ont besoin.

L’appel à la contre-offensive est lancé dans la théorie comme dans la pratique.

Les limites des politiques économiques menées par les gauches au pouvoir sont mises en évidence à partir de l’étude de quatre expériences : celles de Barack Obama aux États-Unis, de François Mitterrand en France (1981-1986), de Lula au Brésil et de Hugo Chávez au Venezuela.

C’est évidemment vers l’Amérique latine que les yeux se tournent. Les efforts de transformations sociales et de régionalisation mises au service des peuples font la démonstration qu’il est possible de passer de la défensive à l’offensive et d’ouvrir à nouveau les débats sur les alternatives anticapitalistes et les processus de transition socialiste.

L’auteur

Rémy Herrera est économiste, chercheur au CNRS, enseignant à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est l’un des coordinateurs du Forum mondial des Alternatives. Il est associé à l’Union of Radical Political Economist (New York), la Chubu University (Nagoya), la Société latino-américaine d’économie politique (São Paulo), l’Association des économistes de Cuba (La Havane), ainsi qu’au Forum du Tiers Monde (Dakar). Il travaille aussi avec le Centre Europe-Tiers Monde (Genève) auprès du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU.

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12/02/2010

La répression de Haïti par les États-Unis se poursuit

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Project Censored   

(Article original sur le site INVESTIG'ACTION de Michel Collon)

Le gouvernement américain prévoit d’exproprier et de démolir les logements de centaines de Haïtiens dans le bidonville de Cité Soleil afin d’agrandir la base militaire des forces occupantes de l’ONU.


NB: Le Project Censored est un livre reprenant certains articles censurés. "La répression de Haïti par les Etats-Unis se poursuit" fait partie de ce projet. Datant de 2008, l'article qui suit se présente dans son intégralité puis est accompagné de mises à jour.



L’entreprise du gouvernement américain, DynCorp International (DCI), un bras quasi officiel du Pentagone et de la CIA, est responsable de l’expansion de la base. La base hébergera les soldats de la mission de stabilisation de Haïti de l’ONU (MINUSTAH).

Cité Soleil est le champ de bataille le plus truffé de balles de l’occupation militaire étrangère, qui a débuté après que les Forces spéciales américaines ont kidnappé et exilé le président Jean-Bertrand Aristide, le 29 février 2004. Depuis lors, des citoyens ont été victimes de massacres réitérés des œuvres de la MINUSTAH.

Les contrats de DCI, portant sur 5 millions de dollars, comprennent l’expansion de la base principale, la reconstruction du poste de police de Cité Soleil et de deux autres postes militaires avancés, de même que l’aide à la formation et la livraison d’équipements.
 Selon le maire de Cité Soleil, Charles Joseph, et un responsable de DCI sur le site, c’est l’US Agency for International Development (USAID) du département d’État se charge du financement de l’expansion de la base – une façon guère orthodoxe de se servir de l’aide au développement.

L’avocat Evel Fanfan, président de l’Action des unités motivées pour une Haïti de droit (AUMOHD) déclare qu’environ 155 constructions seront rasées au moment où l’expansion de la base devra aller de l’avant. En mars 2009, quatre-vingts habitations avaient déjà été démolies. La plupart des bâtiments visés sont des habitations, mais il y a également une église.
 « Ils ont commencé les travaux sans dire quoi que ce soit aux personnes qui vivaient là », a déclaré Fanfan. « Les autorités ne leur ont pas dit ce qu’on allait faire, ni si elles allaient être relogées, ni comment elles allaient être dédommagées ni même si elles allaient être dédommagées du tout. »

Inquiets, des résidents de la zone ont constitué le Comité pour les maisons devant être démolies (KODEL), qui a contacté l’AUMOHD. Fanfan a rédigé un communiqué de presse et le KODEL a tenu une conférence de presse.
 « Les soldats de la MINUSTAH sont venus à notre conférence de presse et nous ont dit d’envoyer un avocat discuter avec l’ambassade des États-Unis, parce que c’est celle-ci qui est responsable des travaux », a déclaré la pasteur auxiliaire Eddy Michel.
 « Légalement, le gouvernement haïtien n’a autorisé personne à faire quoi que ce soit », a expliqué Fanfan. « Le maire de Cité Soleil, est supposé avoir autorisé la construction, mais il n’y a ni papier, ni décret, ni ordre qui l’autorise. »

Le 25 mars 2009, l’ambassadrice des États-Unis à Haïti, Janet Sanderson, a été rejointe par le chef de la MINUSTAH, Hedi Annabi, au cours de la cérémonie d’inauguration de la remise en état de la base, qui hébergera trente-deux policiers haïtiens, y compris une unité de contre-insurrection spécialisée dans la lutte contre les émeutes, de même qu’un contingent plus important de troupes des Nations unies.

Un communiqué de presse de DCI, daté du 31 mars 2008, expliquait : « Conformément au devis  des tâches de l’Initiative de stabilisation de Haïti, DCI fournit une aide à la formation de 444 membres de la Police nationale de Haïti. Le devis comprend la livraison par DCI aux forces de police haïtiennes d’équipements de base et d’équipements spécialisés non mortels, de véhicules et d’appareils de communication. La valeur de ce travail est de 3 millions de dollars. DCI a également été chargé de remettre à neuf le poste de police principal de Cité Soleil. Ce poste fonctionnera en tant que base principale de cette nouvelle unité spécialisée. Les travaux de remise à neuf s’élèveront à plus de 600.000 dollars. »

Des preuves similaires de graves ingérences américaines dans la souveraineté et les processus démocratiques de Haïti ont fait surface le 23 juin 2008 quand les groupes pour les droits de l’homme Zamni Lasante (partenaires du plus important programme de santé à Haïti), le Centre des droits et l’homme et la justice dans le monde et le Centre du Mémorial Robert F. Kennedy pour les droits de l’homme (Centre RFK) ont publié un rapport révélant que l’administration Bush bloquait une aide « potentiellement vitale » à Haïti afin de s’ingérer dans les affaires politiques de cette nation appauvrie.

En plus d’être la nation la plus pauvre de l’hémisphère occidental, Haïti est également l’un des pays les plus pauvres en eau potable dans le monde, et figure même en dernière place de l’Indice de pauvreté en eau.
Le 4 août 2008, le Centre RFK a rendu publics des documents internes du département américain du Trésor, dénonçant ainsi des actions du gouvernement américain, motivées politiquement et visant à bloquer la ventilation de 146 millions de dollars en prêts que la Banque interaméricaine de développement (IDB) avait approuvés pour Haïti. L’IDB avait d’abord approuvé ces prêts en juillet 1998, y compris 54 millions de dollars pour des projets de nécessité urgente tournant autour de l’eau et des conditions sanitaires.

Toutefois, les documents montrent que les responsables de l’IDB et du département américain du Trésor ont cherché des moyens de lier la livraison des prêts à des conditions politiques sans rapport auxquelles le gouvernement américain voulait soumettre le gouvernement haïtien. Cette intervention constituait une violation directe de la charte de l’IDB qui interdit à la banque de faire dépendre ses décisions des affaires politiques de ses États membres.
 « Après plusieurs années d’enquête sur la rétention de ces prêts, nous disposons aujourd’hui de preuves claires et détaillées des interventions remarquables du gouvernement américain et de l’IDB pour bloquer les fonds ‘vitaux’ destinés à Haïti », a déclaré Monika Kalra Varma, directrice du Centre RFK. « Du fait que leurs transgressions ont été rendues publiques, ils doivent tenir compte de l’appel au contrôle et à la transparence.

Nous les pressons de faire appliquer les mécanismes de contrôle nécessaires afin d’empêcher que se reproduisent ces actes malveillants en coulisse et, par-dessous tout, nous les invitons instamment à remplir leurs obligations vis-à-vis du peuple haïtien, »

Mise à jour de Cyril Mychalejkou

Quand l’administration Bush a retenu l’aide à Haïti destinée à financer des projets concernant l’eau potable et les conditions sanitaires et destinés à améliorer « la qualité de la vie – particulièrement pour les femmes et les enfants – et à réduire l’incidence de la maladie et de la mortalité infantile », elle l’a fait dans un pays où, selon International Action, dont le siège est à Washington, DC, « l’eau est la principale cause de la mortalité infantile et des maladies des enfants (…) Haïti a actuellement le taux de mortalité infantile le plus élevé de l’hémisphère occidental (…) et plus de la moitié des décès à Haïti étaient dus à des maladies gastro-intestinales apportées par l’eau. »

En dépit du rapport publié en juin par le Centre RFK et qualifiant l’action comme « l’un des exemples les plus remarquables de malfaisance de la part des États-Unis ces dernières années » et en dépit également des documents du département américain du Trésor rendus publics en août qui prouvent que le blocage du prêt obéissait à une motivation politique, il y a eu un black-out médiatique virtuel sur ces découvertes.

Le New York Times a publié un article de 487 mots (« Des groupes des droits de l’homme attaquent les États-Unis pour avoir retenu l’aide à Haïti pour des motivations politiques », 24 juin 2008) qui couvrait la publication du rapport, mais n’a jamais donné de suivi à la chose. Et en dépit d’avoir reconnu que l’administration Bush n’était pas du tout satisfaite de l’ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide et que le président Bush avait encouragé le coup d’État qui devait éloigner Aristide du pouvoir en 2004, le NYT a, soit été incapable, soit refusé de reconnaître que le blocage de l’aide aurait pu avoir été une action délibérée en vue de créer un climat susceptible de provoquer des troubles politiques et sociaux – des conditions qui pouvaient encourager certaines parties de la population haïtienne à accepter un renversement de leur gouvernement démocratiquement élu.

Mais ce fut quelque chose que Jeffrey Sachs, ancien conseiller au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale, reconnut bel et bien. Dans un article du Los Angeles Times (« Dès son premier jour au pouvoir, Bush était prêt à déloger Aristide », 4 mars 2004, Sachs écrivait : « Les responsables américains savaient certainement que l’embargo sur l’aide allait se traduire par une crise dans la balances des paiements, une hausse de l’inflation et un effondrement du niveau de vie, et tous ces éléments alimentèrent la rébellion. » (1)


Le fait que l’administration Bush peut avoir causé la mort de milliers de Haïtiens en bloquant l’aide dans des buts politiques cyniques et auto-intéressés n’était pas une histoire digne d’être couverte par les médias traditionnels américains. Pas plus que le rôle de l’administration Bush dans le violent coup d’État qui éloigna la président Aristide ou que le fait qu’octroyer sélectivement ou retenir l’aide est utilisé comme outil en politique étrangère afin d’influencer, de déstabiliser et de renverser des gouvernements.  Mais il y a des organes médiatiques et des organisations auxquels les lecteurs peuvent s’adresser s’ils veulent suivre les développements de ce genre d’affaires.

(Pour lire la suite, cliquez ici)

12:51 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : expropriation, haiti, usa, invasion |  Facebook |

07/02/2010

Etats-Unis : la prise de contrôle de la démocratie par les corporations (Noam Chomsky)

7 février 2010
Etats-Unis : la prise de contrôle de la démocratie par les Corporations (In These Times)

Noam CHOMSKY (Article traduit et paru sur le site "LEGRAND SOIR.INFO")


noam_chomsky_human_rightsDésormais les dirigeants des corporations (*) pourront acheter directement les élections sans passer par des intermédiaires. La Cour Suprême des Etats-Unis vient d’augmenter considérablement le pouvoir d’une petite minorité de la population qui contrôle l’économie.

Le 21 janvier 2010 entrera dans l’histoire comme une journée noire pour la démocratie aux Etats-Unis et le début de son déclin.

Ce jour-là, la Cour Suprême des Etats-Unis a rendu un jugement qui précise que le gouvernement n’a pas le droit d’empêcher les corporations d’investir directement dans les élections – une décision qui affectera profondément la politique du gouvernement, aussi bien intérieure qu’extérieure.

Cette décision annonce un renforcement de la mainmise des Corporations sur le système politique des Etats-Unis.

Selon les éditorialistes du New York Times, la décision « frappe au coeur même de la démocratie » en « ouvrant la voie aux Corporations qui pourront consacrer leurs vastes trésoreries à noyer les campagnes électorales et intimider les élus à défendre leurs intérêts. »

Désormais les dirigeants des Corporations pourront acheter les élections directement, sans passer par des moyens indirects plus compliqués. On sait que les contributions des Corporations, parfois présentées sous des emballages complexes, peuvent faire basculer une élection et décider de la politique. La Cour vient d’augmenter considérablement le pouvoir d’une petite minorité de la population qui contrôle l’économie.

La « théorie d’investissement en politique » de l’économiste politique Thomas Ferguson est un très bon outil de prédiction de la politique à long terme du gouvernement. Cette théorie considère que les élections sont des occasions offertes au secteur privé pour nouer des alliances et investir dans la prise de contrôle de l’état.

La décision du 21 janvier ne fait que renforcer les moyens consacrés au sabotage de la démocratie.

Le contexte est très révélateur. Dans son exposé, le juge John Paul Stevens a admis que « depuis longtemps nous avons reconnu que les Corporations étaient protégées par le Premier Amendement » - l’article de la Constitution qui garantit la liberté d’expression, ce qui inclut le soutien de candidats aux élections.

Au début du 20eme siècle, les théoriciens et les tribunaux ont appliqué la décision de 1886 qui considère que les Corporations – ces « entités légales collectivistes » - ont les mêmes droits que les personnes physiques.

Cette attaque contre le libéralisme classique a été sévèrement condamnée par une espèce de conservatisme en voie de disparition. Christopher G. Tiedeman a décrit ce principe comme « une menace pour les libertés individuelles et pour la stabilité des états américains en tant que gouvernements populaires ».

Morton Horwitz écrit dans son histoire de la justice que le concept de personnification des Corporations a évolué lorsque le pouvoir s’est déplacé des actionnaires vers les dirigeants, pour finalement aboutir à la doctrine selon laquelle « les pouvoirs du conseil d’administration sont identiques à ceux de la corporation ». Quelques années plus tard, les droits des Corporations ont été étendus bien au-delà de ceux des personnes physiques, notamment par les mal nommés « accords de libre échange ». Selon ces accords, par exemple, si General Motors monte une usine au Mexique, elle peut exiger d’y être traitée comme n’importe quelle entreprise mexicaine (« traitement national ») – contrairement à un Mexicain fait de chair et de sang qui chercherait un « traitement national » à New York, ou même un minimum de respect pour les droits de l’homme.

Il y a un siècle, Woodrow Wilson, à l’époque un universitaire, a décrit une Amérique dans laquelle « un petit groupe d’hommes, » des dirigeants d’entreprises, « détiendraient un tel pouvoir de contrôle sur la santé et l’économie de leur pays » qu’ils en deviendraient « les concurrents directs du gouvernement ».

En réalité, ces « petits groupes » sont devenus de plus en plus des maîtres de gouvernements. Le dernier jugement rendu par la Cour Suprême leur offre encore plus de perspectives.

La décision du 21 janvier est tombée trois jours après une autre victoire des riches et puissants : l’élection d’un candidat Républicain Scott Brown en remplacement du feu sénateur Edward M. Kennedy, le « lion libéral » du Massachusetts. L’élection de Brown a été décrit comme un « soulèvement populiste » contre les élites libérales qui dirigent le gouvernement.

L’examen du vote raconte une toute autre histoire.

Le taux de participation a été élevé dans les beaux quartiers et faible dans les quartiers à majorité Démocrate. « 55% des électeurs républicains se sont déclarés « très intéressés » par l’élection, » a révélé un sondage du Wall Street Journal/NBC, « contre 38 % des Démocrates. »

Les résultats constituent donc bien un soulèvement, mais un soulèvement contre la politique du Président Obama : selon les riches, il n’en faisait pas assez pour les enrichir encore plus tandis que selon les pauvres, il en faisait justement trop dans ce sens.

La colère populaire est compréhensible, si on considère que les banques prospèrent, grâce aux sauvetage, alors que le taux de chômage a grimpé à 10%

Dans l’industrie, un travailleur sur six est sans emploi – le même niveau de chômage que pendant la Grande Dépression. Avec une financiarisation croissante de l’économie et un décroissement de l’industrie productive, les perspectives de retrouver les emplois perdus sont faibles.

Brown s’est présenté comme le 41eme vote contre l’assurance santé – c’est-à-dire la voix qui pouvait renverser la majorité du Sénat.

Il est vrai que le programme d’assurance santé d’Obama a été un facteur important dans l’élection du Massachusetts. Les titres des journaux sont corrects lorsqu’ils annoncent une désaffection du public pour ce programme.

Les sondages expliquent pourquoi : la loi ne va pas assez loin. Le sondage Wall Street Journal/NBC a trouvé qu’une majorité d’électeurs désapprouvaient la gestion de la santé à la fois par les Républicains que par Obama.

Ces chiffres confirment ceux de sondages nationaux récents. Respectivement 56% et 64% des sondés se sont déclarés en faveur de deux mesures importantes du projet d’assurance santé, mesures qui ont pourtant été abandonnées (« public option » et « Medicare buy-in at 55 » - NdT).

85% pensent que le gouvernement devrait avoir le droit de négocier le prix des médicaments, comme cela se pratique dans d’autres pays ; Obama a rassuré la Grande Industrie Pharmaceutique qu’il abandonnerait cette mesure.

Des larges majorités se sont déclarées en faveur des réductions de coûts, ce qui est logique : la santé coûte par habitant aux Etats-Unis environ le double que dans les autres pays industrialisés alors que sa qualité se situe tout en bas de l’échelle.

Mais une réduction des coûts ne peut pas être sérieusement envisagée lorsque les compagnies pharmaceutiques bénéficient de telles largesses, et que l’assurance santé se trouve virtuellement entre les mains d’un secteur privé déréglementé – un système coûteux particulier aux Etats-Unis.

La décision du 21 janvier pose de nouveaux obstacles sur le chemin d’une véritable assurance santé, ou d’une véritable politique de l’environnement ou de l’énergie. Le fossé entre l’opinion publique et le monde politique ne fait que se creuser. Et l’ampleur du coup qui vient d’être porté à la démocratie américaine est difficile à imaginer.

Noam Chomsky

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31/01/2010

Les Haïtiens ne veulent plus être un "peuple objet"

(Article extrait du site de Michel Collon, "Investig'action")

Berthony Dupont   

Haiti vient de compter 206 années d’indépendance et le pays continue à souffrir de tous les maux de l’esclavage et du colonialisme, suite à la domination brutale et insidieuse des pays impérialistes. Tout cette situation découle du rôle pernicieux de la United States Agency for International Development (USAID) au sein des masses populaires haïtiennes et de sa participation à toutes leurs sphères d’activités, qu’elles soient sociales, sportives, culturelles, éducationnelles ou même politiques. L’expression de sa domination jusque là idéologique, est maintenant d’ordre technologique, ce dans le cadre d’une aliénation pour nous empêcher de relever la tête, pour ne point être en mesure de combattre nos ennemis.


Il est clair que la présence de la Minustah depuis le coup d’Etat de 2004 est là pour rassurer les capitalistes notamment les Etats-Unis d’Amérique, bastion et principale force du colonialisme contemporain, et pour garantir une certaine stabilité afin qu’ils puissent atteindre sans aucune contrainte leur objectif. Parallèlement, le président Préval s’est engagé dans cette intense activité de propagande aliénante, sorte d’oxygène à leur fameuse quoiqu’infâme formule de stabilité pour nous imposer leur civilisation, leur pratique, leur idéologie, leur façon d’agir et de vivre.


Certes l’impérialisme est puissant mais, malgré ses finances il n’a pu jusqu’ici acheter la conscience de tout un
peuple pour réhabiliter ce qui ne saurait être réhabilité à savoir la colonisation. Aussi, il est important de nous organiser, de faire front ensemble contre ce cruel Samson.

Il nous faut engager consciemment et résolument une entreprise historique qui soit une urgence du quotidien et une exigence même pour changer l’avenir du pays. Si depuis l’occupation de 2004, il n’y a eu aucun front commun pour combattre les forces étrangères, ce n’est pas parce que nous ne sommes plus ce peuple au sang Dessalinien et Péraltien par surcroît, encore moins que nous soyons un « peuple objet » qui n’arrive pas à penser, à s’organiser, voire à diriger son destin national.


Nous devons nous ressaisir pour mettre fin à ce jeu de vilains. Nous qui, par nos actes passés, avons montré que nous ne voulons plus rester esclaves des nouveaux colons, nous devrons nous rallier autour des forces progressistes révolutionnaires du pays, même quand elles sont embryonnaires. Nous pouvons prendre quelques exemples d’actions concrètes à encourager et qui refl ètent bien l’état d’esprit qui règne au sein des masses.

Les manifestations du 28 juillet 2009 dernier contre l’occupation du pays, celle du 1er janvier 2010 et l’organisation d’une assemblée populaire le 10 janvier 2010, par l’organisation populaire PLONBAVIL, une coalition de différentes organisations d’employés victimes du plan néolibéral, sont des preuves que le peuple haïtien n’est pas un « peuple objet ». Il prend des initiatives, il sait ce qu’il veut, il veut qu’il soit à la fois
objet et sujet de sa libération et de son développement.


Une telle perspective est plus que jamais à l’ordre du jour depuis la terrible tragédie qui vient de frapper le pays
ce 12 janvier 2010. L’horreur et l’étendue de la destruction sismique est insupportable, révoltante même. Le peuple haïtien qui a tant souffert, ces six dernières années, de l’inconscience et de la cupidité de ces dirigeants ne mérite pas un tel cataclysme. A l’impossibilité, jusqu’ici, de pouvoir offrir un front solide et uni à l’injustice, il va falloir éventuellement reconstruire, physiquement, toute une capitale, si ce n’est une bonne partie du pays.

 Il nous faudra alors énormément de courage et de volonté pour surmonter cette cruelle adversité d’autant que les pays capitalistes exploiteuses des richesses du sous-sol haïtien vont venir hypocritement à notre « secours ». Non pas que nous rejetions d’un revers de main leur aide, non, mais nous la voulons fraternelle, désintéressée. Nous souhaitons qu’elle ne soit pas l’occasion rêvée de nous assujettir irrémédiablement à leur totale domination, car nous n’avons que nos mains nues et notre dignité de peuple pour reconstruire un pays physiquement détruit.


C’est au secteur populaire qu’il revient de prendre son courage à deux bras pour renaître du cataclysme naturel
et forger l’avenir du pays, car la marche ascensionnelle de l’histoire est irréversible. Et la Communauté Internationale même quand elle veut bien nous offrir son concours doit bien se mettre en tête que seules « les mains magiciennes du peuple » pourront sortir le pays du désastre moral, social et économique auquel l’ont conduit ceux qui prétendent se faire passer pour les «amis» d’Haïti.

11:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : haiti, exploitation, capitalisme, horreur, tragedie, occupation, independance |  Facebook |

28/01/2010

L’autodestruction du Capitalisme

(Article provenant de "legrandsoir.info")
Michael PARENTI
illustration : "Capitalism:final" par Davio

Capitalisme finAprès le renversement des gouvernements communistes de l’Europe de l’est, le capitalisme a été brandi comme l’invincible système qui apporte prospérité et démocratie, le système qui allait s’imposer jusqu’à la fin des temps.

Cependant, la crise économique actuelle a fini par convaincre même quelques éminents partisans du libre marché qu’il y a quelque chose qui cloche sérieusement. En vérité, le capitalisme n’a pas encore réglé ses comptes avec plusieurs forces historiques qui le gênent en permanence : la démocratie, la prospérité, et le capitalisme lui-même, cette entité que les dirigeants capitalistes prétendent promouvoir.

Ploutocratie contre Démocratie

Commençons par la Démocratie. Aux Etats-Unis on nous dit que capitalisme et démocratie sont étroitement liés, d’où le terme « démocraties capitalistes ». En fait, tout au long de notre histoire les rapports entre démocratie et capitalisme ont été largement antagonistes. Il y a environ 80 ans, le juge de la Cour Suprême Louis Brandeis faisait le commentaire suivant : « Dans ce pays, nous pouvons avoir soit la démocratie, soit une grande concentration de richesse entre les mains d’une minorité, mais pas les deux. » Les intérêts d’argent ont été des adversaires et non des partisans de la démocratie.

La Constitution elle-même a été rédigée par des hommes de bonne famille influents qui se sont réunis à Philadelphie en 1787 pour répéter leurs mises en garde contre les effets néfastes et égalitaires de la démocratie. Le document qu’ils ont rédigé était lui-même loin d’être démocratique, rempli de contrôles, vetos et exigences requis auprès de majorités supérieures artificielles, un système destiné à étouffer la volonté populaire.

Au début de la République, les riches et l’élite ont imposé la condition d’être propriétaire pour avoir le droit de vote ou d’être élu. Ils s’opposaient à l’élection directe des candidats (notez que leur systède Collège Electoral est encore en place - (Rappel : le président US des US est élu par un suffrage indirect - NdT). Et pendant des décennies, ils ont résisté à l’extension de ces droits aux groupes moins favorisés tels que les travailleurs sans propriété, les immigrés, les minorités raciales et les femmes.

Les forces conservatrices d’aujourd’hui continuent de rejeter des modes de scrutin plus équitables tels que le proportionnel, le mode de scrutin préférentiel ainsi que le financement public des campagnes électorales. Ils continuent de dresser des barrières au vote, soit par des procédures d’inscription sur les listes électorales qui sont exagérément sévères, par les radiations d’électeurs des listes, par des bureaux de vote inadaptés et des machines à voter électroniques qui n’arrêtent pas de se « tromper » en faveur des candidats les plus conservateurs.

Il arrive que les classes dirigeantes censurent les publications radicales et répriment les manifestations populaires, en recourant aux descentes de police, aux arrestations, aux emprisonnements – sévèrement appliqués récemment contres les manifestants à St Paul, Minnisota, lors de la Convention Nationale Républicaine.

La ploutocratie conservatrice tente aussi de saper les avantages sociaux de la démocratie, tels l’éducation nationale, les logements aux loyers modérés, le système de santé, les conventions collectives, les salaires décents, la sécurité au travail, un environnement sain ; le droit à la vie privée, la séparation de l’église et de l’état, le droit à l’avortement, et le droit de se marier avec tout adulte consentant de son choix.

Il y a environ cent ans, le dirigeant syndical Eugène Victor Debs avait été jeté en prison pendant une grève. Depuis sa cellule il n’a pas pu s’empêcher d’arriver à la conclusion que dans les conflits entre deux secteurs privés, le capital et le travail, l’état n’était pas un arbitre neutre.

La force de l’état – avec sa police, ses milices, ses tribunaux et ses lois – était sans équivoque du côté des patrons. A partir de là, Debs a conclu que le capitalisme n’était pas seulement un système économique mais tout un ordre social qui faussait le jeu de la démocratie pour favoriser les riches.

Les dirigeants capitalistes se posent en promoteurs de la démocratie même lorsqu’ils la subvertissent, non seulement ici mais à travers l’Amérique latine, l’Afrique, l’Asie et le Moyen Orient. Toute nation qui ne propose pas un « cadre favorable aux investissements », qui tente de consacrer ses terres, sa main d’œuvre, son capital, ses ressources naturelles et ses marchés à son propre développement, en dehors de la domination des multinationales, court le risque de se voir diabolisée et ciblée comme « une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis ».

La Démocratie devient un problème pour l’Amérique des multinationales non pas quand elle échoue mais quand elle fonctionne trop bien, permettant à la population d’avancer vers un ordre social plus juste et supportable, en réduisant le fossé, même modestement, entre les super riches et le reste de la population. Alors la démocratie doit être détournée et subvertie, entachée de désinformation, d’hyper médiatisations, (media puffery), par des sommes exorbitantes dépensées lors des campagnes électorales ; par des résultats de scrutins truqués, un public plus ou moins impuissant et par de pseudo victoires électorales attribuées à des candidats plus ou moins politiquement acceptables.

Capitalisme contre Prospérité

Les grands capitalistes n’encouragent pas la prospérité pas plus que la démocratie. La majorité de la planète est capitaliste, et la majorité de la planète n’est ni prospère ni particulièrement démocratique. Il suffit de penser au capitaliste Nigeria, capitaliste Indonésie, capitaliste Thaïlande, capitaliste Haïti, capitaliste Colombie, capitaliste Pakistan, capitaliste Afrique du Sud, capitaliste Latvia, et divers membres du Monde Libre ou, plus être plus précis, du Marché libre.

Une population qui serait prospère, politiquement éduquée et très exigeante quant à son niveau de vie, qui défendrait ses droits et pousserait à l’amélioration des conditions sociales n’est pas exactement l’idée que les multinationales se font d’une main d’œuvre idéale et corvéable. Les investisseurs capitalistes préfèrent les populations pauvres. Plus elles sont pauvres, plus elles travailleront dur pour gagner moins. Plus elles sont pauvres, moins elles sont capables de se défendre contre les abus.

Dans le monde du « libre commerce » des multinationales, le nombre de milliardaires augmente à une vitesse jamais connue jusqu’à présent tandis que le nombre de personnes dans la misère augmente plus vite que la population mondiale. La misère se répand lorsque la richesse s’accumule.

Prenons les Etats-Unis. Au cours huit dernières années seulement, tandis que des vastes fortunes ont surgi à une vitesse record, six millions d’Américains supplémentaires sont tombés en dessous du seuil de pauvreté ; le revenu moyen par foyer a baissé de plus de 2.000 dollars ; l’endettement des ménages a plus que doublé ; plus de sept millions d’Américains ont perdu leur assurance santé, et plus de quatre millions ont perdu leur retraite ; pendant ce temps, le nombre de SDF a augmenté et les saisies de maisons pour défaut de paiement se sont généralisées.

Il n’y a que dans les pays où le capitalisme a été quelque peu bridé par une social-démocratie que la population a pu se garantir une certaine prospérité ; les pays du nord de l’Europe comme la Suède, la Norvège, la Finlande, le Danemark viennent à l’esprit. Mais même dans ces social-démocraties, les avancées sociales courent le risque d’une remise en cause.

Attribuer au capitalisme le génie de la prospérité économique constitue une ironie, alors que la plupart des tentatives d’améliorer le bien-être matériel ont été combattues avec acharnement par la classe capitaliste, et parfois avec violence. L’histoire des luttes sociales nous fournit d’innombrables exemples.

Si la vie est encore supportable sous l’actuel ordre économique US, c’est parce que des millions de gens ont mené d’âpres luttes de classe pour améliorer les conditions de vie et obtenir leurs droits en tant que citoyens, distillant ainsi une certaine dose d’humanité dans un ordre politico-économique par ailleurs insensible.

Un monstre qui s’autodétruit.

L’état capitaliste remplit deux fonctions reconnues depuis longtemps par les politologues. Premièrement, comme tout état, il doit fournir des services qui ne peuvent être fournis de manière fiable par le secteur privé. Deuxièmement, l’état capitaliste protège les possédants contre les démunis, garantissant la poursuite du processus d’accumulation de capital au profit des intérêts financiers tout en étouffant les exigences de la population, ainsi que Debs l’avait observé dans sa cellule.

Il y a une troisième fonction dévolue à l’état capitaliste qui est rarement évoquée. Elle consiste à empêcher le système capitaliste de s’autodétruire. Karl Marx avait souligné cette contradiction fondamentale : la tendance à la surproduction et aux crises des marchés. Une économie qui va de plus en plus vite, qui réduit de plus en plus les salaires, qui fait travailler plus pour gagner encore moins (tiens, tiens… Ndt), va droit dans un mur. Afin de maximiser les profits, les salaires doivent être compressés. Mais il faut bien que quelqu’un achète les biens et les services produits. Et pour cela, il faudrait maintenir le niveau des salaires. Il existe une tendance chronique – comme aujourd’hui – à la surproduction des biens fabriqués par le secteur privé et une sous-consommation des biens de nécessité par la population salariée.

De plus, ce qu’on ignore souvent, l’autodestruction du système est l’oeuvre des capitalistes eux-mêmes. Laissé sans surveillance, le secteur le plus actif du système financier s’empresse de dévorer les secteurs moins organisés.

Au lieu de tenter de gagner de l’argent par un travail de production et de commercialisation de biens et services, les maraudeurs se branchent directement sur les flux monétaires de l’économie elle-même. Pendant les années 90, nous avons assisté à l’effondrement total d’une économie en Argentine lorsque des capitaliste sans entraves ont dépouillé les entreprises, empoché de vastes sommes d’argent, et quitté le pays en laissant derrière eux une industrie en lambeaux. L’état argentin, gavé d’idéologie libérale, a failli à son devoir de protéger le capitalisme des capitalistes.

Quelques années plus tard, aux Etats-Unis, on a assisté à un pillage multimilliardaire perpétré par les conspirateurs de chez Enron, WorldCom, Harkin, Adelphia et des dizaines d’autres compagnies géantes. Des joueurs comme Ken Lay ont réussi à ruiner des entreprises jadis florissantes et rayer les emplois et les économies de milliers d’employés afin d’empocher quelques milliards supplémentaires.

Ces escrocs ont été jugés et condamnés. Ne serait-ce pas la démonstration que le capitalisme est capable de s’autoréguler ? Pas vraiment. Ces procès – qui sont arrivés trop tard de toute façon – sont à mettre au compte de la démocratie et non du capitalisme. Par essence, le marché libre est un système amoral, sans foi ni loi à part celle de « caveat emptor » (expression latine signifiant « que l’acheteur soit vigilant »- NdT).

Lors de la crise de 2008-2009, le surplus financier a crée un problème pour la classe fortunée : il n’y avait plus assez d’opportunités pour investir. Les grands investisseurs avaient de l’argent à ne plus savoir qu’en faire. Ils ont alors versé d’immenses sommes sur des marchés immobiliers fictifs et autres aventures hasardeuses, dans les rusés hedge funds, dans des produits dérivés, dans du leveraging, que sais-je encore.

Parmi leurs victimes, on comptait d’autres capitalistes, de petits investisseurs et les nombreux travailleurs qui ont perdu des milliards de dollars d’économies et de retraites. Le prince des voleurs était probablement Bernard Madoff. Décrit comme « un des plus brillants depuis longtemps dans le domaine de la finance », Madoff avait monté un fonds d’investissement frauduleux qui a prélevé 50 milliards de dollars chez de riches investisseurs, qu’il payait avec de «  l’argent qui n’existait pas », selon ses propres termes. La ploutocratie dévore ses propres enfants.

Au sein de la crise, lors d’une audition devant le Congrès (US) en octobre 2008, l’ancien président de la Réserve Fédérale et adepte du libéralisme Alan Greenspan a avoué qu’il s’était trompé en pensant que le système – soumis aux énormes tensions d’un immense capital accumulé qui ne cherchait qu’à être investi – finirait par s’autodiscipliner.

La théorie classique du laisser-faire est encore plus ridicule que ne le laisserait entendre les propos de Greenspan. En fait, cette théorie dit que tout le monde devrait agir selon ses propres intérêts et sans entraves. Cette compétition débridée est censée générer un maximum de profits pour tous parce que le marché libre est gouverné par une douce et magique « main invisible » qui optimiserait le résultat collectif. (« La cupidité est une chose positive »)

La crise de 2008-2009 a-t-elle été provoquée par la tendance à la surproduction et l’hyper accumulation financière, comme aurait dit Marx ? Ou est-elle le résultat de la cupidité de certains individus tels que Bernard Madoff ? En d’autres termes, s’agit-il d’un problème de système ou d’individus ? En réalité, les deux à la fois. Le capitalisme génère ses prédateurs et récompense ceux qui ont le moins de scrupules. Les crimes et les crises ne sont pas les dérapages absurdes d’un système qui serait rationnel, mais l’inverse : ce sont les conséquences logiques d’un système fondamentalement absurde et amoral.

Pire encore, les sauvetages en cours de plusieurs milliards de dollars versés par le gouvernement sont en train d’être à leur tour transformés en opportunités pour un nouveau pillage. Non seulement l’état échoue dans son rôle de régulateur, mais il devient lui-même la source du pillage en extirpant de vastes sommes des caisses de l’état, en saignant au maximum les contribuables.

Ceux qui critiquent « l’état providence » sont les premiers bénéficiaires de la providence de l’état. Les grandes sociétés américaines ont toujours bénéficié d’aides, de prêts avantageux et autres subventions d’état et fédéraux en tous genres. Mais l’opération de « secours » de 2008-2009 a constitué un pillage de l’argent public comme on n’en avait jamais connu. Plus de 350 milliards de dollars ont été distribués par un Ministre des finances de droite en fin de mandat aux plus grandes banques et sociétés financières et sans aucun contrôle – sans parler des 4 mille milliards sortis de la Réserve Fédérale. La plupart des banques, dont LPMorgan Chase et Bank of New York Mellon, ont déclaré qu’elles n’avaient aucune intention de divulguer la destination des sommes perçues.

Ce que l’on sait, c’est que les grandes banques ont utilisé une partie des sommes pour racheter de plus petites banques et créer des banques à l’étranger. Les PDG et hauts cadres sont en train de dépenser l’argent dans de fabuleuses primes et des séjours luxueux de thalasso. Pendant ce temps, les gros bénéficiaires des aides comme Citigroup et Bank of America ont licencié des dizaines de milliers d’employés, ce qui nous fait poser la question suivante : pourquoi leur a-t-on versé ces sommes ?

Tandis que ces centaines de milliards sont en train d’être distribués aux auteurs de la catastrophe, le marché de l’immobilier continue de s’effriter, le crédit de se paralyser, le chômage d’augmenter et la consommation des ménages de plonger vers de nouvelles profondeurs.

En résumé, le capitalisme libéral est par nature synonyme de désastre à venir. Il est dans sa nature profonde que de transformer la nature vivante en un tas de biens de consommation et les biens de consommation à leur tour en un tas de capital inerte. Sans contrôle, le capitalisme déverse ses surplus et ses déchets sur le public et l’environnement – et tôt ou tard commence à s’autodétruire.

Dans une société capitaliste, les immenses inégalités en termes de pouvoir économique se répercutent en immenses inégalités en termes de pouvoir politique, ce qui rend la mise en place de régulations de plus en plus difficile.

Si les preux chevaliers du Capitalisme veulent vraiment savoir ce qui menace « notre mode vie », c’est leur mode de vie à eux, leur braconnage de leur propre système, leur destruction des fondations sur lesquelles ils reposent, c’est-à-dire la communauté sur le dos de qui ils se gavent.

Michael Parenti
www.michaelparenti.org

ARTICLE ORIGINAL
http://civillibertarian.blogspot.co...

Traduction Le Grand Soir

Michael Parenti’s recent books include : Contrary Notions : The Michael Parenti Reader (City Lights) ; Democracy for the Few, 8th ed. (Wadsworth) ; The Assassination of Julius Caesar (New Press), Superpatriotism (City Lights), The Culture Struggle (Seven Stories Press), and God and His Demons (forthcoming). For further information, visit his website :

12/01/2010

Les outils de l’impérialisme

Les outils de l’impérialisme

COMAGUER (Extrait de "Legrandsoir.info")

Qu’importe le chômage, la malnutrition, la dégradation des infrastructures publiques (routes, ponts, chemins de fer) à l’abandon sur le sol des Etats-Unis eux-mêmes, l’armée impériale continue à s’équiper pour agresser, envahir, mater les révolutions et les vraies indépendances (pas celle des pantins impérialistes à Kaboul, Bagdad, Manille, Pristina, Tegucigalpa, Bogota, Panama… (liste non exhaustive)

Le nouvel outil est un navire de guerre permettant de forts coups de poing locaux. Il s’agit du LCS, en anglais « landing combat ship ».

Ce navire navigue à plus de 40 nœuds, est porteur d’hélicoptères, de drones, d’engins de débarquement et de commandos. Il est la plus exacte représentation contemporaine du BIG STICK (gros bâton) de la doctrine Monroe. Il est conçu pour intervenir dans les guerres dites asymétriques, c’est à dire dans tous les conflits contemporains où une menace anonyme, mal identifiée (terrorisme, piraterie..) ou faussement identifiée (« false flag operations ») contre les intérêts des Etats-Unis et de leurs multinationales est détectée

L’US NAVY qui a déjà acquis 4 LCS pendant l’ère BUSH, doit choisir entre deux modèles : le premier serait construit par General Dynamics (images1 et 1 bis)

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08/01/2010

Histoire secrète de L’Oréal

Antisémitisme et anti-maçonnisme


Histoire secrète de L’Oréal


par Thierry Meyssan*

(Extrait de voltairenet.org)

fr-390-23Le géant de la cosmétique, L’Oréal, vient d’annoncer la restructuration de son capital. Ainsi disparaît le holding de contrôle créé par Eugène Schueller pendant la Seconde Guerre mondiale. Le fondateur du groupe était aussi l’un des grands financiers du complot de la Cagoule et du nazisme français. A la Libération, la société et ses filiales étrangères servirent de refuge aux criminels en fuite. Aujourd’hui, l’héritière du groupe, Liliane Bettencourt, est devenue la femme la plus riche de France. L’histoire du groupe éclaire la face cachée de la politique française contemporaine.

C’est par un bref communiqué, diffusé le 3 février 2004 dans la nuit, que le géant de la cosmétique L’Oréal a annoncé la restructuration de son capital [1]. La famille Bettencourt et le groupe Nestlé, qui détenaient ensemble la majorité de L’Oréal par l’intermédiaire du holding de contrôle Gasparal, la posséderont désormais directement. Ce tour de passe-passe étant accompagné d’un engagement de conservation de titres, les Bettencourt bénéficieront d’un abattement de 50 % de la valeur taxable à l’impôt sur la fortune (ISF). Ils ne seront pas tenus de payer de frais pour cette transaction grâce aux nouvelles dispositions introduites à leur intention dans la « loi pour l’initiative économique » du 1er août 2003 [2].

L’Oréal est aujourd’hui évalué à 43,6 milliards d’euros. Les Bettencourt détiennent 11,99 milliards ; Nestlé 11,5 milliards ; les 20,11 milliards restants flottants en Bourse. La fortune personnelle de Lilliane Bettencourt, héritière du fondateur de L’Oréal, était estimée en 2002 à 17,2 milliards d’euros. Ce qui en fait la personne la plus riche de France.


Une entreprise qui veut se payer la République

L’Oréal a été créé, en 1907, par un petit entrepreneur, Eugène Schueller. Il absorbe Monsavon, en 1928, puis les peintures Valentine, les shampoings Dop, le magazine Votre Beauté. Dérivant lentement à la droite la plus extrême, Schueller se fait connaître par ses théories économiques sur le « salaire proportionnel ». Dans une société libérée du capitalisme libéral et des syndicats, les ouvriers toucheraient un triple salaire : un salaire d’activité, un salaire familial calculé en fonction de leur nombre d’enfants, et un salaire de productivité.

Le 6 février 1934, en réaction à un retentissant scandale politico-financier, les ligues d’anciens combattants de la Grande guerre manifestent devant la Chambre des députés à Paris pour obtenir la démission du gouvernement Daladier. Sous l’impulsion des fascistes, le rassemblement tourne à l’insurrection et tente de renverser la République au profit du colonel de La Rocque qui refuse le rôle qu’on veut lui faire jouer.
Divers autres échauffourées surviennent dans les semaines suivantes, y compris une tentative de lynchage de Léon Blum en marge de l’enterrement d’un historien monarchiste, de sorte que, le 18 juin, le gouvernement prononce la dissolution des ligues. Immédiatement, un groupe de militants fascistes, pour la plupart issus de la XVIIe section des Camelots du roi, rompt avec le philosophe monarchiste Charles Maurras et décide de passer à la clandestinité. Ils constituent l’Organisation secrète d’action révolutionnaire nationale (OSARN). Il y a là autour d’Eugène Deloncle, Aristide Corre, Jean Filliol, Jacques Corrèze, bientôt rejoints par Gabriel Jeantet, François Méténier et le docteur Henri Martin.
Le colonel de La Rocque met en garde les anciens adhérents des ligues contre une infiltration de leur mouvement par des « groupes de trahison », c’est-à-dire par des fascistes agissant pour le compte de l’étranger, l’Italie et l’Allemagne en l’occurrence [3]. Quoi qu’il en soit, l’OSARN se structure rapidement en groupes locaux et en système hiérarchisé extrêmement cloisonné, de sorte qu’en dehors des chefs, les membres de l’organisation ignorent tout de son ampleur, de ses objectifs réels, des moyens et soutiens dont elle dispose. Certaines cellules du complot, dont les Chevaliers du glaive, dirigés à Nice par Joseph Darnant et François Durand de Grossouvre, adoptent un rituel et un costume inspirés du Klu Klux Klan états-unien, ce qui vaudra à l’OSARN d’être désigné par les monarchistes sous le sobriquet de « La Cagoule » [4].

Ami intime d’Eugène Deloncle, Eugène Schueller met ses moyens personnels à disposition du complot. Plusieurs réunions de l’équipe dirigeante se tiennent dans son bureau au siège de L’Oréal.
Un groupe de jeunes gens, résidant à l’internat des pères maristes (104, rue de Vaugirard à Paris), fréquente les chefs du complot et se joint à certaines de leurs actions sans pour autant adhérer formellement à l’OSARN. Il s’agit de Pierre Guillain de Bénouville, Claude Roy, André Bettencourt et François Mitterrand.
Robert Mitterrand, frère de François, épouse la nièce d’Eugène Deloncle.


Échecs et divisions sur fond d’antisémitisme


En un an et demi, l’OSARN formalise ses relations avec le gouvernement de Benito Mussolini en Italie, puis avec celui d’Adolf Hitler en Allemagne. Pour leur compte, il achemine des armes à Francisco Franco en Espagne et élimine des réfugiés politiques en France. En échange, il obtient un appui financier et logistique considérable. L’organisation tente un coup d’État dans la nuit du 15 au 16 novembre 1937, qui échoue. Au lendemain et dans les semaines qui suivent, le complot est mis à jour. Des perquisitions permettent de découvrir des caches d’armes réparties sur tout le territoire. Ce sont au total des centaines de fusils-mitrailleurs, des milliers de fusils et d’uniformes, des dizaines de milliers de grenades, des centaines de milliers de munitions, tous importés d’Italie et d’Allemagne, qui sont découverts.
Le président du Conseil, Édouard Daladier, freine l’enquête lorsqu’il apparaît que l’OSARN a développé ses réseaux parmi les officiers supérieurs et jusqu’à l’état-major. En effet, il ne paraît pas possible de décapiter l’armée française alors que la menace de guerre se précise. Il a tort, puisque la Guerre mondiale est effectivement déclarée et que la France capitule.

 

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17:00 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : l oreal, collaboration, antisemitisme, hitler, allemagne |  Facebook |

06/01/2010

Intal - Bilan d'une année de campagne Dexia

Bilan d'une année de campagne Dexia


Interview du porte-parole Mario Franssen (Article extrait de INTAL)

foto13x2_2Le 12 novembre 2008, une vingtaine d'organisations lançaient la campagne "Palestine occupée - Dexia impliquée". Après un an, la campagne est soutenue par 69 organisations. Bie Kentane, une volontaire d'intal a interviewé Mario.

Pourquoi avez-vous commencé la campagne Dexia il y a un an?

Beaucoup de pays européens sont complices, par leur passivité ou leur collaboration, de l'occupation israélienne de la Palestine. Depuis quelques années, de plus en plus de citoyens ou groupements prennent leurs responsabilités en tant qu'activistes ou en tant que consommateurs. Ce que les autorités ne font pas, nous le faisons, tel est le mot d'ordre.

La protestation prend différentes formes. Il y a des activistes qui, dans les supermarchés, incitent le consommateur à ne plus acheter les produits israéliens, mais il y a aussi plusieurs campagnes qui visent des sociétés qui produisent dans les territoires occupés et soutiennent ainsi les colonies israéliennes. Dexia est un exemple flagrant parce que la banque via sa filiale israélienne octroie des crédits à des colonies en Cisjordanie. Toutes ces colonies sans exceptions sont illégales selon le droit international.

Avec la campagne, nous demandons à Dexia de rompre les liens avec les colonies et de mettre fin au financement dans les territoires occupés.

Que savez-vous des activités de Dexia en Israël?


En 2001, le groupe Dexia a repris la banque israélienne 'Otzar Hashilton Hamekomi'. Tout comme les autres filiales de Dexia, cette banque, qui se nomme aujourd'hui Dexia Israël, est spécialisée dans l'octroi de crédits aux communes et aux autorités locales. Depuis lors, différents activistes belges tenaient les agissements de Dexia à l'œil.
En octobre 2008, plusieurs organisations de solidarité, grâce à l'aide de 'Who profits?’ ont eu la preuve que Dexia Israël ne finançait pas seulement les communes israéliennes mais également les colonies en Palestine occupée, toutes illégales. Dans un document de la Knesset (le parlement israélien), David Kapah, directeur de Dexia Israël, reconnaît que la banque a octroyé des crédits, entre 2003 et 2007, à 7 colonies et 3 autorités locales dans les territoires occupés. Et ce n'est pas tout: nous savons également que la banque a octroyé un prêt de 8 millions d'euros à Jérusalem en juin 2008.

Qui organise la campagne?

La campagne a été lancée par une vingtaine d'organisations. L'initiative de dépister les liens de Dexia et les territoires occupés revient à COBI (Coordination boycott Israël). Intal coordonne la campagne tandis que le Vlaams Palestina Kommittee (VPK) gère les finances. Mais de fait, c'est la participation des 69 organisations qui soutiennent la plate-forme qui a permis le succès de la campagne qui maintenant a une réelle influence.

Où en êtes-vous après un an de campagne?

Une pétition "Palestine occupée-Dexia impliquée"a été lancées, des questions parlementaires ont été posées et des actions locales ont été organisées. Le soutien des autorités locales, tels que les conseils communaux et provinciaux, est très important pour la campagne car ils sont parfois d'importants clients et même des actionnaires du groupe Dexia.
Aujourd'hui, la plate-forme compte 69 organisations, elle a fait signer plus de 8000 cartes de protestation, 34 autorités locales et provinciales ont voté une motion, 1000 personnes ont signé une pétition en ligne à l'attention du monde politique et 1200 personnes se sont inscrites au groupe de la campagne sur Facebook. Le 13 mai, nous avons formulé les exigences de la plate-forme lors de l'assemblée générale du groupe Dexia, et nous en avons fait part à la presse. Enfin, lors du premier anniversaire de la campagne, 120 personnes ont versé 5€ de leur compte Dexia vers celui de la plate-forme avec le slogan comme communication.

En tant que client de Dexia suis-je responsable de ce qui se passe?

En tant que client, vous n'êtes certainement pas responsable de la gestion de Dexia, mais vous pouvez aider Dexia à prendre ses responsabilités en faisant pression sur la banque.
Jusqu'à présent, il y a des discussions au sein de la plate-forme pour déterminer le rôle des clients Dexia. Certains veulent faire un appel pour clôturer leur compte. La plupart des organisations demandent pour le moment aux clients Dexia d'utiliser leur position de force. D'où l'appel des 5€ le 12 novembre. Si des personnes veulent clôturer leur compte nous leur demandons de nous en avertir et de clairement mentionner la gestion de Dexia en Israël comme raison.

Est-ce que la campagne a eu un effet sur la gestion de Dexia ?

La campagne a eu à court terme un grand impact. Jean-Luc Dehaene (Président du Conseil d'administration) et Pierre Mariani (Administrateur délégué du groupe Dexia) ont reconnu durant l'assemblée générale du Dexia en mai 2009 que l'octroi de crédits aux colonies israéliennes est en contradiction avec leur 'code d'éthique'. Ils ont reçu les responsables de la plate-forme et ont admis que la pression sur la banque était réelle. En fin de compte, la délégation a pris bonne note de la déclaration d'intention de Dexia de ne plus financer les colonies; une première victoire de la campagne.

Le 3 octobre 2009, nous avons à nouveau formulé nos revendications avec une action devant 20 filiales Dexia dans tout le pays. Ce ne fut pas sans effet : M. Decreane, président de Dexia Belgique, nous a invité pour un entretien. Il nous a fait savoir que la campagne est arrivée jusqu'à l'agenda du Comité de direction du groupe Dexia, nos efforts engendrent donc des discussions au sein du groupe.

Les crédits courants n'ont pas pour autant été supprimés et Dexia ne voit aucun problème à financer les colonies de Jérusalem-Est. Cela veut dire que Dexia va continuer à financer l'occupation au moins jusqu'en 2017. Nous avons donc accompli un petit pas mais nous sommes encore loin du but.

Y a-t-il des initiatives équivalentes dans d'autre pays?

Le 9 juillet 2005, un an exactement après que la Cour internationale de justice ait rendu un avis comme quoi le mur et les colonies dans le territoire palestinien étaient illégales, 170 organisations palestiniennes ont lancé un appel pour le « Boycott-Désinvestissement-Sanctions » (BDS). Par cet appel, ils voulaient mettre fin au soutien militaire et économique de l'occupation israélienne et au déni du droit international.

La campagne BDS est une stratégie non violente qui vise à forcer la reconnaissance du droit palestinien, elle est inspirée de la campagne pleinement réussie contre l’apartheid sud-africain. Le boycott exerce non seulement une pression internationale sur le régime d’occupation israélien mais elle a également un énorme potentiel pour motiver l’opinion publique.

Depuis l’appel au BDS, des activistes du monde entier font des actions contre les produits israéliens, des protestations s’élèvent contre la venue des équipes sportives et des initiatives débutent pour un boycott académique et culturel. Ce dernier a le soutien d’écrivains tels que Naomi Klein, Eduardo Galeano, Arundathi Roy et le cinéaste Ken Loach.
De gros investisseurs revoient leurs stratégies et se retirent d’Israël ou de la société israélienne; citons par exemple la banque néerlandaise ASN, des églises étasuniennes et un fond de pension norvégien. La pressions s’accroissent sur des sociétés qui profitent de l’occupation, la société française Veolia en est un bon exemple.

La campagne Dexia fait donc partie d’une dynamique mondiale pour mettre fin à l’occupation israélienne, dynamique qui après le massacre à Gaza s’est amplifiée.

En novembre, vous avez demandé aux clients Dexia de verser 5€ avec la mention ‘Palestine occupée - Dexia impliquée’. Pourquoi cet appel, et à quoi va servir l'argent?

Avec cette action symbolique, nous voulions clairement montrer à Dexia que des clients ne sont pas d’accord avec la gestion de leur banque en Israël. 120 personnes ont participé et par la même occasion elles ont soutenu la campagne financièrement. Bien que ceci ne soit pas le principal, c’est tout de même important car naturellement la campagne a un coût, que nous ne cachons pas.
Les dépenses principales concernent l’impression du matériel de campagne: cartes, tracts et affiches. Jusqu'à présent, les dépenses s’élèvent à 3855€. Les organisations qui utilisent le matériel le paient, ce qui a contribué pour 3100€ et nous attendons encore quelques versements. Avec quelques sponsors et la récolte des 5€ (Total: 610€), cela nous a fait une rentrée d’environ 4000€ tant et si bien que nous sommes en positif d’une centaine d’euros.

Quel sont les plans d’avenir de la campagne Dexia?

Aussi longtemps que Dexia-Israël financera les colonies, la banque enfreint le droit international et se rend complice de l’occupation. La campagne continuera jusqu'à ce que le groupe Dexia et ses dirigeants :

1. reconnaissent que les colonies israéliennes implantées dans les territoires occupés palestiniens sont illégales et constituent un obstacle à la paix.
2. reconnaissent que la municipalité de Jérusalem, telle qu'instituée par les Israéliens, est illégale car elle comprend la partie est de la ville. Cette zone ne doit donc pas recevoir de financement du groupe Dexia.
3. reconnaissent qu'avoir permis à une de ses filiales de financer les colonies israéliennes était une faute inadmissible, présentent ses excuses pour les torts que ces financements ont causés.
4. rompent ses liens (contractuels ou non) avec toutes les collectivités, communes, entreprises, particuliers, etc... qui collaborent à l'occupation israélienne de la Palestine.
5. fournissent les preuves permettant de vérifier le caractère irréprochable des activités de sa filiale israélienne.

Pour contraindre Dexia à ces exigences; nous explorons différentes pistes. Nous pensons par exemple à convaincre le plus de monde possible d'acheter une action Dexia afin qu'ils puissent exprimer leur mécontentement lors de l’assemblée générale, probablement en mai 2010.

D’autre part, nous voulons attirer l’attention de nos politiciens sur leurs responsabilités dans cette affaire. Le gouvernement belge (une participation de 5,7% ), les trois régions (ensemble 5,7%), les provinces belges et les communes (ensemble 14,3%) ont tous un mot à dire dans le Conseil de direction de Dexia. Il est temps qu’elles se positionnent clairement et qu’elles s’expriment contre l’occupation illégale et le rôle que joue Dexia.

Etant donné que toutes les communes belges sont actionnaires de Dexia, elles peuvent également faire des actions locale. Il y a encore 556 communes qui, par leur silence, soutiennent les actions illégales de Dexia. Cela est inacceptable. Les communes qui veulent bien mettre cette question à leur agenda sont évidemment les bienvenues. Nous faisons un appel pressant à toutes les organisations qui veulent s’associer à la campagne et ainsi mettre la pression sur Dexia pour qu’elle rompe tout lien avec l’occupation.

Quelle est l’opinion des Palestiniens sur votre action?

Comme je l’ai dit plus tôt, les Palestiniens ont lancé un appel qui définit le cadre pour des actions de défense de leurs droits. La campagne Dexia est accueillie de manière positive comme une des nombreuses campagnes qui expriment leur solidarité avec les Palestiniens. Nous les informons de l’évolution (cette interview par exemple sera traduite en anglais) et ils prennent des nouvelles sur quantité de sites Internet, etc....

En ce qui concerne la campagne Dexia, nous travaillons aussi avec des organisations françaises. La campagne est donc une collaboration belgo-franco-luxembourgo-israélo-palestinienne !

Vous voulez égalmenent ajouter votre pierre à l'édifice? Vous pouvez:

  • faire signer la plate-forme par votre organisation.
  • faire signer les cartes-pétitions (1 et 2) à l'attention de la direction de Dexia.
  • faire signer la pétition en ligne à l'attention des responsables politiques.
  • vous connecter à la page de la campagne sur Facebook pour partager les informations avec vos connaissances.
  • interpeller votre Conseil communal pour qu'il vote une motion, toutes les communes étant actionnaires de Dexia. Vous trouverez divers exemples de motions dans l'article 'Chronologie de la campagne'.
  • prendre contact avec le secrétariat de la plate-forme si vous voulez vous impliquer d'avantage.

 

16:15 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : palestine, guerre, occupation, dexia, solidarite, financement, belgique |  Facebook |