06/01/2010

Intal - Bilan d'une année de campagne Dexia

Bilan d'une année de campagne Dexia


Interview du porte-parole Mario Franssen (Article extrait de INTAL)

foto13x2_2Le 12 novembre 2008, une vingtaine d'organisations lançaient la campagne "Palestine occupée - Dexia impliquée". Après un an, la campagne est soutenue par 69 organisations. Bie Kentane, une volontaire d'intal a interviewé Mario.

Pourquoi avez-vous commencé la campagne Dexia il y a un an?

Beaucoup de pays européens sont complices, par leur passivité ou leur collaboration, de l'occupation israélienne de la Palestine. Depuis quelques années, de plus en plus de citoyens ou groupements prennent leurs responsabilités en tant qu'activistes ou en tant que consommateurs. Ce que les autorités ne font pas, nous le faisons, tel est le mot d'ordre.

La protestation prend différentes formes. Il y a des activistes qui, dans les supermarchés, incitent le consommateur à ne plus acheter les produits israéliens, mais il y a aussi plusieurs campagnes qui visent des sociétés qui produisent dans les territoires occupés et soutiennent ainsi les colonies israéliennes. Dexia est un exemple flagrant parce que la banque via sa filiale israélienne octroie des crédits à des colonies en Cisjordanie. Toutes ces colonies sans exceptions sont illégales selon le droit international.

Avec la campagne, nous demandons à Dexia de rompre les liens avec les colonies et de mettre fin au financement dans les territoires occupés.

Que savez-vous des activités de Dexia en Israël?


En 2001, le groupe Dexia a repris la banque israélienne 'Otzar Hashilton Hamekomi'. Tout comme les autres filiales de Dexia, cette banque, qui se nomme aujourd'hui Dexia Israël, est spécialisée dans l'octroi de crédits aux communes et aux autorités locales. Depuis lors, différents activistes belges tenaient les agissements de Dexia à l'œil.
En octobre 2008, plusieurs organisations de solidarité, grâce à l'aide de 'Who profits?’ ont eu la preuve que Dexia Israël ne finançait pas seulement les communes israéliennes mais également les colonies en Palestine occupée, toutes illégales. Dans un document de la Knesset (le parlement israélien), David Kapah, directeur de Dexia Israël, reconnaît que la banque a octroyé des crédits, entre 2003 et 2007, à 7 colonies et 3 autorités locales dans les territoires occupés. Et ce n'est pas tout: nous savons également que la banque a octroyé un prêt de 8 millions d'euros à Jérusalem en juin 2008.

Qui organise la campagne?

La campagne a été lancée par une vingtaine d'organisations. L'initiative de dépister les liens de Dexia et les territoires occupés revient à COBI (Coordination boycott Israël). Intal coordonne la campagne tandis que le Vlaams Palestina Kommittee (VPK) gère les finances. Mais de fait, c'est la participation des 69 organisations qui soutiennent la plate-forme qui a permis le succès de la campagne qui maintenant a une réelle influence.

Où en êtes-vous après un an de campagne?

Une pétition "Palestine occupée-Dexia impliquée"a été lancées, des questions parlementaires ont été posées et des actions locales ont été organisées. Le soutien des autorités locales, tels que les conseils communaux et provinciaux, est très important pour la campagne car ils sont parfois d'importants clients et même des actionnaires du groupe Dexia.
Aujourd'hui, la plate-forme compte 69 organisations, elle a fait signer plus de 8000 cartes de protestation, 34 autorités locales et provinciales ont voté une motion, 1000 personnes ont signé une pétition en ligne à l'attention du monde politique et 1200 personnes se sont inscrites au groupe de la campagne sur Facebook. Le 13 mai, nous avons formulé les exigences de la plate-forme lors de l'assemblée générale du groupe Dexia, et nous en avons fait part à la presse. Enfin, lors du premier anniversaire de la campagne, 120 personnes ont versé 5€ de leur compte Dexia vers celui de la plate-forme avec le slogan comme communication.

En tant que client de Dexia suis-je responsable de ce qui se passe?

En tant que client, vous n'êtes certainement pas responsable de la gestion de Dexia, mais vous pouvez aider Dexia à prendre ses responsabilités en faisant pression sur la banque.
Jusqu'à présent, il y a des discussions au sein de la plate-forme pour déterminer le rôle des clients Dexia. Certains veulent faire un appel pour clôturer leur compte. La plupart des organisations demandent pour le moment aux clients Dexia d'utiliser leur position de force. D'où l'appel des 5€ le 12 novembre. Si des personnes veulent clôturer leur compte nous leur demandons de nous en avertir et de clairement mentionner la gestion de Dexia en Israël comme raison.

Est-ce que la campagne a eu un effet sur la gestion de Dexia ?

La campagne a eu à court terme un grand impact. Jean-Luc Dehaene (Président du Conseil d'administration) et Pierre Mariani (Administrateur délégué du groupe Dexia) ont reconnu durant l'assemblée générale du Dexia en mai 2009 que l'octroi de crédits aux colonies israéliennes est en contradiction avec leur 'code d'éthique'. Ils ont reçu les responsables de la plate-forme et ont admis que la pression sur la banque était réelle. En fin de compte, la délégation a pris bonne note de la déclaration d'intention de Dexia de ne plus financer les colonies; une première victoire de la campagne.

Le 3 octobre 2009, nous avons à nouveau formulé nos revendications avec une action devant 20 filiales Dexia dans tout le pays. Ce ne fut pas sans effet : M. Decreane, président de Dexia Belgique, nous a invité pour un entretien. Il nous a fait savoir que la campagne est arrivée jusqu'à l'agenda du Comité de direction du groupe Dexia, nos efforts engendrent donc des discussions au sein du groupe.

Les crédits courants n'ont pas pour autant été supprimés et Dexia ne voit aucun problème à financer les colonies de Jérusalem-Est. Cela veut dire que Dexia va continuer à financer l'occupation au moins jusqu'en 2017. Nous avons donc accompli un petit pas mais nous sommes encore loin du but.

Y a-t-il des initiatives équivalentes dans d'autre pays?

Le 9 juillet 2005, un an exactement après que la Cour internationale de justice ait rendu un avis comme quoi le mur et les colonies dans le territoire palestinien étaient illégales, 170 organisations palestiniennes ont lancé un appel pour le « Boycott-Désinvestissement-Sanctions » (BDS). Par cet appel, ils voulaient mettre fin au soutien militaire et économique de l'occupation israélienne et au déni du droit international.

La campagne BDS est une stratégie non violente qui vise à forcer la reconnaissance du droit palestinien, elle est inspirée de la campagne pleinement réussie contre l’apartheid sud-africain. Le boycott exerce non seulement une pression internationale sur le régime d’occupation israélien mais elle a également un énorme potentiel pour motiver l’opinion publique.

Depuis l’appel au BDS, des activistes du monde entier font des actions contre les produits israéliens, des protestations s’élèvent contre la venue des équipes sportives et des initiatives débutent pour un boycott académique et culturel. Ce dernier a le soutien d’écrivains tels que Naomi Klein, Eduardo Galeano, Arundathi Roy et le cinéaste Ken Loach.
De gros investisseurs revoient leurs stratégies et se retirent d’Israël ou de la société israélienne; citons par exemple la banque néerlandaise ASN, des églises étasuniennes et un fond de pension norvégien. La pressions s’accroissent sur des sociétés qui profitent de l’occupation, la société française Veolia en est un bon exemple.

La campagne Dexia fait donc partie d’une dynamique mondiale pour mettre fin à l’occupation israélienne, dynamique qui après le massacre à Gaza s’est amplifiée.

En novembre, vous avez demandé aux clients Dexia de verser 5€ avec la mention ‘Palestine occupée - Dexia impliquée’. Pourquoi cet appel, et à quoi va servir l'argent?

Avec cette action symbolique, nous voulions clairement montrer à Dexia que des clients ne sont pas d’accord avec la gestion de leur banque en Israël. 120 personnes ont participé et par la même occasion elles ont soutenu la campagne financièrement. Bien que ceci ne soit pas le principal, c’est tout de même important car naturellement la campagne a un coût, que nous ne cachons pas.
Les dépenses principales concernent l’impression du matériel de campagne: cartes, tracts et affiches. Jusqu'à présent, les dépenses s’élèvent à 3855€. Les organisations qui utilisent le matériel le paient, ce qui a contribué pour 3100€ et nous attendons encore quelques versements. Avec quelques sponsors et la récolte des 5€ (Total: 610€), cela nous a fait une rentrée d’environ 4000€ tant et si bien que nous sommes en positif d’une centaine d’euros.

Quel sont les plans d’avenir de la campagne Dexia?

Aussi longtemps que Dexia-Israël financera les colonies, la banque enfreint le droit international et se rend complice de l’occupation. La campagne continuera jusqu'à ce que le groupe Dexia et ses dirigeants :

1. reconnaissent que les colonies israéliennes implantées dans les territoires occupés palestiniens sont illégales et constituent un obstacle à la paix.
2. reconnaissent que la municipalité de Jérusalem, telle qu'instituée par les Israéliens, est illégale car elle comprend la partie est de la ville. Cette zone ne doit donc pas recevoir de financement du groupe Dexia.
3. reconnaissent qu'avoir permis à une de ses filiales de financer les colonies israéliennes était une faute inadmissible, présentent ses excuses pour les torts que ces financements ont causés.
4. rompent ses liens (contractuels ou non) avec toutes les collectivités, communes, entreprises, particuliers, etc... qui collaborent à l'occupation israélienne de la Palestine.
5. fournissent les preuves permettant de vérifier le caractère irréprochable des activités de sa filiale israélienne.

Pour contraindre Dexia à ces exigences; nous explorons différentes pistes. Nous pensons par exemple à convaincre le plus de monde possible d'acheter une action Dexia afin qu'ils puissent exprimer leur mécontentement lors de l’assemblée générale, probablement en mai 2010.

D’autre part, nous voulons attirer l’attention de nos politiciens sur leurs responsabilités dans cette affaire. Le gouvernement belge (une participation de 5,7% ), les trois régions (ensemble 5,7%), les provinces belges et les communes (ensemble 14,3%) ont tous un mot à dire dans le Conseil de direction de Dexia. Il est temps qu’elles se positionnent clairement et qu’elles s’expriment contre l’occupation illégale et le rôle que joue Dexia.

Etant donné que toutes les communes belges sont actionnaires de Dexia, elles peuvent également faire des actions locale. Il y a encore 556 communes qui, par leur silence, soutiennent les actions illégales de Dexia. Cela est inacceptable. Les communes qui veulent bien mettre cette question à leur agenda sont évidemment les bienvenues. Nous faisons un appel pressant à toutes les organisations qui veulent s’associer à la campagne et ainsi mettre la pression sur Dexia pour qu’elle rompe tout lien avec l’occupation.

Quelle est l’opinion des Palestiniens sur votre action?

Comme je l’ai dit plus tôt, les Palestiniens ont lancé un appel qui définit le cadre pour des actions de défense de leurs droits. La campagne Dexia est accueillie de manière positive comme une des nombreuses campagnes qui expriment leur solidarité avec les Palestiniens. Nous les informons de l’évolution (cette interview par exemple sera traduite en anglais) et ils prennent des nouvelles sur quantité de sites Internet, etc....

En ce qui concerne la campagne Dexia, nous travaillons aussi avec des organisations françaises. La campagne est donc une collaboration belgo-franco-luxembourgo-israélo-palestinienne !

Vous voulez égalmenent ajouter votre pierre à l'édifice? Vous pouvez:

  • faire signer la plate-forme par votre organisation.
  • faire signer les cartes-pétitions (1 et 2) à l'attention de la direction de Dexia.
  • faire signer la pétition en ligne à l'attention des responsables politiques.
  • vous connecter à la page de la campagne sur Facebook pour partager les informations avec vos connaissances.
  • interpeller votre Conseil communal pour qu'il vote une motion, toutes les communes étant actionnaires de Dexia. Vous trouverez divers exemples de motions dans l'article 'Chronologie de la campagne'.
  • prendre contact avec le secrétariat de la plate-forme si vous voulez vous impliquer d'avantage.

 

16:15 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : palestine, guerre, occupation, dexia, solidarite, financement, belgique |  Facebook |

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