21/02/2010

Buizingen :: Des vies qu’on aurait pu épargner


« Nous n'en sommes plus aux réalisations prestigieuses, nous devons garantir le confort de tous, dans le train comme dans les gares. La sécurité me préoccupe depuis longtemps.» Ce genre de déclarations vous l’entendez tous ces jours-ci de la part de nos ministres après la catastrophe de Buizingen.

David Pestieau (Aller à l'article original)

Seulement, celle-ci date du 19 avril 2001.

Elle est de la bouche de la ministre des Transports de l’époque, Isabelle Durant, au lendemain de la catastrophe ferroviaire de Pécrot. Elle fait référence à l’administrateur délégué SNCB de l’époque, Etienne Schouppe. Qui est aujourd’hui secrétaire d’Etat à la Mobilité CD&V.

Relire ce qui a été écrit et dit à l’époque est particulièrement confrontant pour ministres et dirigeants de la SNCB. Car les constats sont les mêmes aujourd’hui qu’en 2001, mais en pire. Car qu’a-t-on fait pour la sécurité des voyageurs et cheminots en neuf ans ? Equiper toutes les lignes et les locomotives d’un système automatique de freinage avait été exigé en 2001. Cela aurait coûté 200 millions d’euros. Mais c’était « trop cher », apparemment.

Les réalisations prestigieuses ? Elles se sont enchaînées : nouvelles gares à Anvers, Liège (437 millions d’euros), et maintenant Mons, Gand ou la gare du Midi à Bruxelles. Le confort de tous ? En dégradation pour les usagers, tandis que le personnel roulant dénonce des conditions de travail stressantes.

Mais il y a pire. En 2001, la SNCB était encore une seule entité. Nos partis traditionnels ont voté les directives de libéralisation de l’Union européenne. Et nos ministres ont imposé ces directives européennes à la SNCB. Des directives qui interdisent de subsidier des entreprises publiques, qui poussent à la réduction des coûts. Qui ont obligé la scission de la SNCB en trois morceaux : SNCB holding (gares), SNCB voyageurs et Infrabel (infrastructure). Afin de pouvoir ouvrir à la concurrence la filiale chargée du trafic voyageurs. Conséquence : ces trois entités travaillent l’une à côté de l’autre avec leurs propres objectifs dans une logique de profit. Ce qui amène à des décisions contradictoires et qui explique qu’un système de freinage automatique peut être installé sur les voies par Infrabel mais dans seulement 1 % des locomotives (dépendant de la filiale voyageurs).

Chacun s’était insurgé contre les conséquences dramatiques de la privatisation du rail en Grande-Bretagne quand deux trains de deux compagnies privées étaient entrés en collision à Paddington (Londres) le 5 octobre 1999, provoquant 31 morts. En cause : un feu rouge brûlé. Le manque d’un système automatique de freinage avait déjà été pointé.  N’avait-on pas juré qu’on n’irait pas aussi loin ici ?

Le drame de Buizingen impose des mesures immédiates : l’introduction directe et généralisée d’un système de freinage automatique, un engagement massif de conducteurs pour alléger la charge de travail. Mais elle doit aussi amener à revenir sur une libéralisation qui tourne au désastre.

17:01 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : securite, trains, voyageurs, navetteurs, sncb, catastrophe, ferroviaire |  Facebook |

17/01/2010

LA PROCHAINE CATASTROPHE ECONOMIQUE!

(Article issu du site de G. Dutron, via le blog "syndicats")

L’ancien économiste en chef du Fonds Monétaire International annonce une énorme catastrophe

C’est sûrement ce qu’il voulait, c’est réussi ! Nous ne disons pas autre chose sur ce blog depuis 18 mois !

Mais là, c’est une « autorité reconnue ! Le 7 janvier, Simon Johnson donnait  son analyse de la crise économique et financière à la chaîne CNBC : voir la vidéo… http://www.youtube.com/watch?v=RLKuXwisOrc&feature=pl...

Que dit l’ancien chef économiste du FMI ?

-      Que nous ne sommes qu’au début de la crise,

-      Que nous allons connaître « une énorme catastrophe,

-      Que le système financier américain repose totalement sur la croyance que l’Etat le sauvera indéfiniment,

-      Que les grosses banques (“too big to fail”) se sentant à l’abri d’une faillite,

-      Qu’elles se remettent à prendre des risques insensés,

-      Que, tôt ou tard, ces risques conduiront à une nouvelle crise financière.

Laissons parler Simon Johnson :

-      Notre système financier est entièrement basé sur la dénégation de la morale. Des choses folles peuvent désormais arriver“. ..

-      Nous sommes en train de créer les conditions d’une énorme catastrophe [...] La crise en est à son tout début“. ..

- La sagesse financière traditionnelle dit que deux crises financières majeures ne peuvent se succéder. Je pense que nous allons voir le contraire se produire, nous verrons bien jusqu’à quel point cette supposition est vraie…

-

Conclusion de Johnson, les banques n’ont tiré aucune leçon de la crise.

Au contraire, “le total des actifs des six plus grosses banques des Etats-Unis dépasse maintenant les 60% du PIB. Elles ont encore grossi pendant la crise. Tous les gros sont là, à prendre des risques, comme vous ou moi le ferions si nous nous sentions intouchables, comme si nous avions un pass d’immunité totale“.

En fait, avec la crise systémique globale, le monde est sorti du cadre de référence de ces soixante dernières années…. vraisemblablement définitivement.

Ce dont nous prévient Simon Johnson, c’est qu’une nouvelle crise intervenant en 2010, 11 ou 12 alors que la crise actuelle n’est pas réglée peut se heurter à une insolvabilité ou une incapacité des États à intervenir.


Les vingt institutions financières mondiales les plus importantes par capitalisation boursière en 1999 (en Milliards USD et par institution) – Source : Financial Times, 05/2009


Les vingt institutions financières mondiales les plus importantes par capitalisation boursière en 2009 (en Milliards USD et par pays d’origine) – Source : Financial Times, 05/2009

LA BRI CONFIRME :

à fleurets mouchetés certes mais que dit-elle

La BRI c’est la Banque des Règlements Internationaux…la Banque des Banques centrales en somme.

-      1/ que les positions bancaires actuelles sont extrêmement risquées.

-      2/ que l’économie mondiale reste sous perfusion publique et risque un écroulement global.

-      3/ Que les besoins de refinancement des institutions financières et des entreprises sont “impressionnants” et devront être soldés dans les trois prochaines années.

-      4/ Que l’endettement  des Etats conduira sans aucun doute à une augmentation du risque souverain sur le marché.

QUELQUES SIGNES QUI NE TROMPENT PAS :

-       En 2009, le taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre a atteint son plus bas niveau depuis sa création à 0,5%,  le plus bas depuis 1694 soit 316 ans.

-      En 2008, la Caisse des Dépôts et Consignations, bras financier de l’état français depuis 1816 sous la Monarchie, l’Empire, la République, a connu sa première perte annuelle en 193 ans. http://www.france24.com/fr/20090416-cdc-caisse-depots-enr...

-      En Avril 2009, la Chine est devenue le premier partenaire commercial du Brésil. Or, depuis des siècles le Brésil devance régulièrement les grandes ruptures de la domination mondiale. Il y a deux cents ans, le Royaume-Uni avait stoppé  trois siècles d’hégémonie portugaise.  Les Etats-Unis, ont écarté le Royaume-Uni au début des années 1930 comme premier partenaire du Brésil.

Ce constat illustre assez bien l’évolution des rapports de domination au sein de la domination mondiale globale

Seul l’avenir dira si nous nous trompons ou pas et si Johnson se trompe mais beaucoup d’indicateurs nous orientent dans le même sens.

Guy Dutron

20:15 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : economie, exploitation, fmi, capitalisme, catastrophe |  Facebook |