05/09/2010

L’heure des faucons

L’heure des faucons
Selim K. (Extrait de "INVESTIG'ACTION")

iran_guerrej726d-60398.jpgLe parallèle est trop évident pour ne pas sauter aux yeux. La reprise économique américaine donne des signes inquiétants d’essoufflement. Dans le même temps, l’amiral Mc Mullen, chef des armées des Etats-Unis, informe benoîtement que ses stratèges ont conçu des plans de bataille contre l’Iran. Les Etats-Unis annoncent également qu’un réseau intégré de défense antimissile en Europe, en Israël et dans le Golfe, destiné à protéger ces régions de représailles iraniennes, est en voie d’achèvement.

L’activation d’un tel bouclier antimissile et d’un système de radars entourant l’Iran signifie clairement l’accélération des préparatifs d’une frappe contre le pays des ayatollahs. Le pari est immensément risqué, car nul ne peut prédire la magnitude des répliques iraniennes ni les répercussions de l’explosion d’un conflit dans une région très fragile.

L’agressivité américaine, nullement refroidie par les récents revers en Irak et en Afghanistan, est bien en quête d’un nouvel exutoire. Apparemment, les partisans d’une approche prudente cèdent le pas devant l’offensive des néoconservateurs pour qui l’Iran est une menace vitale pour Israël et les Etats-Unis. Les sous-impérialismes européens, qui n’acceptent pas la modification en cours des rapports internationaux, sont entraînés dans l’escalade belliciste. Autant que la perte de leur hégémonie conjointe, c’est la défense de la « démocratie » coloniale israélienne qui est au premier plan des préoccupations des architectes de la guerre. Pour ces milieux, un conflit de nature « civilisationnelle » pourrait escamoter des politiques publiques de plus en plus injustes et des difficultés économiques auxquelles ils ne peuvent faire face par des moyens conventionnels. La mort et la destruction sont donc tranquillement présentées par des individus très rationnels comme le moyen d’exporter la démocratie et d’asseoir la paix du monde.

Quelle différence avec des extrémistes fanatisés ? A lire les déclarations des partisans de la guerre, seule l’ampleur de leurs moyens les différencie des terroristes qu’ils prétendent combattre. Ces derniers, isolés au sein même de leurs sociétés, ne disposent pas en effet des instruments de propagande ni des capacités militaires et de manipulation de l’opinion de Washington. Les dirigeants américains, fidèles à leur tradition, n’ont jamais renié la politique de la canonnière - aujourd’hui remplacée par le porte-avions - des premiers temps de l’expansion impériale. Avec un argumentaire à peine actualisé. Mais la situation politique globale qui prévalait au dix-neuvième siècle a bel et bien changé, même si la puissance de destruction américaine a considérablement augmenté.

Le cours des événements actuels montre que la nature des orientations américaines n’évolue pas, quelle que soit la couleur politique du président et la tonalité du discours officiel. Le système politique américain, strictement verrouillé, est fondamentalement soumis à des intérêts très minoritaires. Les espoirs placés dans l’élection de Barack Obama ont rapidement laissé place au désenchantement. Le credo du changement invoqué sur tous les registres n’est au final que pur artifice. Le président, comme ses prédécesseurs, est aux ordres de ceux qui l’ont installé à la Maison-Blanche et qui encadrent strictement ses politiques.

Osera-t-il s’opposer aux faucons de mauvais augure qui l’entourent ? Il est permis d’en douter.

18/12/2009

La fin de la pauvreté, vraiment ?

(Extrait de: LE GRAND SOIR)

la-fin-de-la-pauvreteLa sortie en France du film « The end of poverty ? » de Philippe Diaz, le 6 décembre, est un évènement majeur pour qui veut mettre en perspective la crise économique et financière actuelle avec cinq siècles de mondialisation.

Voir la bande-annonce

Commencée en 1492 avec l’arrivée des Espagnols en Amérique, cette globalisation a vu au fil des ans l’appropriation mondiale des terres de manière illégitime par les empires européens (espagnol, hollandais, anglais, français…) et l’exploitation effrénée tant des êtres humains que des ressources naturelles du Sud. Le système capitaliste, qui commençait à se développer, a utilisé cette main d’œuvre quasi-gratuite et ces richesses volées aux peuples du Sud pour financer la révolution industrielle du 19e siècle. A partir des années 1850, les puissances dominantes (Europe, Amérique du Nord, Japon) ont imposé la monoculture à leurs colonies et ont brisé net toutes leurs industries, comme celle du textile en Indonésie ou en Inde, rendant toutes ces colonies complètement dépendantes de la métropole. Les produits bruts étaient exportés par les colonies qui devaient importer des produits transformés ailleurs, où la valeur ajoutée créait des profits colossaux. Aujourd’hui encore, le café et le thé produits au Kenya sont vendus à l’état brut pour une bouchée de pain à des transnationales de l’agrobusiness qui les transforment et les revendent partout dans le monde, y compris dans ces pays. Les indépendances officielles, dans les années 1950-1960 pour l’Asie et l’Afrique, n’ont pas apporté la moindre souveraineté économique.

Au contraire, la fin de la seconde guerre mondiale a vu l’instauration d’un ensemble institutionnel qui a réussi à imposer une nouvelle forme de colonialisme aux pays dits « en développement ». En fait, c’est plutôt le néolibéralisme qui y est en développement ! Au cœur de cet ensemble, figurent le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, renforcés en 1995 par la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Leur combat fut d’instaurer une forme plus subtile, mais tout aussi efficace, d’empire global. La dette en a été le ressort essentiel.

Nombre de pays ont hérité d’une dette coloniale au moment de leur indépendance. La Banque mondiale a notamment procédé à de telles manipulations complètement illégales. Cette dette les a poussés à rester connectés à l’économie mondiale et à servir les intérêts des puissances dominantes, dans un cadre de dépendance accrue. La corruption des élites locales a permis que cette transition s’effectue au mieux pour les grands créanciers. Loin d’orienter leur économie selon les besoins des populations, les pays du Sud se sont surendettés pour financer des mégaprojets, comme des grands barrages, destinés à faciliter l’extraction et l’exportation de leurs richesses. Tandis que les grandes entreprises du Nord bénéficient depuis lors de marchandises à très bas coût qui leur génèrent des profits gigantesques reversés à leurs actionnaires, le Sud subit une triple peine : ses richesses lui rapportent très peu alors que la dépendance se perpétue et que le remboursement de la dette provoque une véritable hémorragie de capitaux. La mondialisation néolibérale organise donc l’appauvrissement et la détérioration des conditions de vie du plus grand nombre pour parvenir à l’enrichissement démesuré d’une minorité. En 2008, les pouvoirs publics des pays en développement ont remboursé 182 milliards de dollars au titre de leur dette extérieure, soit 27 milliards de plus que ce qu’ils ont reçu en nouveaux prêts. Pendant ce temps, le nombre de millionnaires en dollars dans le monde s’élevait à 8,6 millions, pour un patrimoine cumulé de 32 800 milliards de dollars. Un prélèvement annuel de 0,25% sur ce patrimoine suffirait à trouver les 80 milliards de dollars nécessaires pour assurer en 10 ans à la totalité de la population les services sociaux essentiels (éducation primaire, santé, eau, assainissement).

Le FMI et la Banque mondiale sont parvenus à leurs fins en forçant les pays surendettés à signer des programmes d’ajustement structurel, comprenant la fin des subventions aux produits de base pour les rendre accessibles aux plus pauvres, la baisse des budgets sociaux, des politiques de recouvrement intégral des coûts dans le secteur de la santé et de l’éducation, la suppression des protections commerciales comme les barrières douanières, l’abandon du contrôle des mouvements de capitaux (ce qui crée une forte instabilité et renforce les paradis fiscaux), des privatisations massives (ce qui augmente les prix de biens essentiels et réduit l’accès aux services de base)… En Bolivie, à Cochabamba, la privatisation du secteur de l’eau en 2000 s’est accompagnée d’une forte hausse des prix et pour assurer les profits de l’opérateur privé, les sources, qui appartenaient jusque là aux communautés villageoises, ont été mises sous contrôle, tout comme les réserves contenant l’eau de pluie. Les populations se sont révoltées et, malgré la répression, ont réussi à obtenir l’expulsion de la multinationale Bechtel qui avait profité de cette privatisation. L’histoire s’est répétée en 2005 à El Alto, dans la banlieue de la capitale La Paz, avec l’expulsion de Suez.

Les dictatures des années 1970-1980, comme celle de Pinochet au Chili, ne sont plus la seule solution utilisée pour imposer le néolibéralisme à l’échelle de la planète. Les grandes puissances utilisent le levier de la dette et de la corruption pour imposer leurs volontés à ceux qui ont des velléités d’autonomie économique. En ultime recours, comme en Iran en 1953 ou en Irak récemment, une intervention militaire est programmée quand la persuasion habituelle a échoué : c’est l’armée qui vient ouvrir toutes grandes les portes permettant de faire entrer l’économie de marché. Les promoteurs de la mondialisation néolibérale, FMI et grandes puissances en tête, imposent donc de manière brutale un système économique antidémocratique, profondément inégalitaire, générateur de dette, de corruption et de pauvreté.

Depuis 1970, les pays en développement ont remboursé l’équivalent de 106 fois ce qu’ils devaient en 1970, mais entre temps leur dette a été multipliée par 52. A l’autre extrémité, les risques de plus en plus grands pris par les banques privées et les spéculateurs pour assurer des profits faramineux ont mené le monde à une crise aux multiples facettes d’une ampleur exceptionnelle. Cette crise a été rendue possible par les politiques de dérégulation de l’économie prônées partout par le FMI et la Banque mondiale, avec l’appui des dirigeants des pays riches. En 2009, le nombre de personnes sous-alimentées de manière chronique a franchi le cap du milliard : tout un symbole de l’échec du capitalisme imposé depuis cinq siècles. Une question doit être posée : qui doit à qui ?

Aujourd’hui, 25% des habitants de la planète utilisent 80% des ressources disponibles et génèrent 70% de la pollution mondiale. A l’heure du sommet de Copenhague sur le climat, il est nécessaire de comprendre que la logique du dieu Marché et de l’ajustement structurel fait partie du problème et non de la solution. L’aide apportée au Sud par les pays du Nord est d’un montant ridicule et orientée vers les pays qui présentent un intérêt géostratégique : ceux qui en profitent ne sont pas ceux qui en ont le plus besoin. Au contraire, l’annulation totale et immédiate de la dette du tiers-monde, l’abandon des politiques d’ajustement structurel, le remplacement du FMI et de la Banque mondiale par des institutions démocratiques centrées sur la garantie des droits humains fondamentaux et le respect de l’environnement, la réappropriation des ressources naturelles par les peuples, la réforme agraire radicale, une vaste redistribution des richesses à l’échelle mondiale sont les étapes fondamentales qui doivent permettre un changement complet de système dont l’urgence s’impose un peu plus chaque jour.

Damien Millet
porte-parole du CADTM France (www.cadtm.org) et auteur avec Eric Toussaint du livre La Crise, Quelles Crises ?, Aden-CADTM-Cetim, à paraître début 2010.

11/02/2007

La vérité sur ce qui se passe en Irak!

Le film « Rêves »  de Mohamed Al Daradji.

 

Samedi 10 février a eu lieu à Mons la diffusion « en première » du film « rêves » (Ahlaam), Le film de Mohamed Al Daradji est un des rares longs métrages à avoir été tourné au cœur de la Guerre en Irak. Après la libération du pays, de Saddam Hussein, le réalisateur retourne sur sa terre natale où il trouve un chaos déchirant et de nombreux patients psychiatriques à soigner.bush_down Réalisé dans des circonstances très dangereuses et menaçantes, Rêves retrace l'histoire d'une jeune femme, Ahlaam, qui, lors de l’explosion d’une bombe le jour de son mariage, se retrouve seule dans les rues, en proie aux multiples dangers.

 

La séance a été suivie d’un débat auquel a participé activement Mr Michel Collon (vous pouvez voir le lien vers son site dans la catégorie correspondante,  dans la colonne de gauche de ce TERREUSAblog).

 

Une fois encore, une importance toute particulière a été portée sur le fait des mensonges perpétrés non seulement par les médias Américains, mais également les Européens, qui ont une propension à s’aligner sur leurs cousins d’outre-Atlantique.

 

Il a été rapporté dans ce débat :

 

-          Le véritable but de cette guerre est une véritable invasion coloniale d’un pays possédant des richesses naturelles non négligeables, en l’occurrence le pétrole.

 

-          Les prétextes invoqués pour cette invasion, donc la possession par l’Irak d’armes de destruction massive et la libération d’un peuple oppressé par la dictature de Saddam Hussein n’ont été qu’un leurre, un mensonge destiné à nous ‘endormir’, nous faire accepter, ou plutôt nous imposer la mainmise des USA, non seulement sur ce pays, mais il est bien évident que les States veulent être les maîtres du monde !

 

-          Il n’y a aucune guerre civile, quoiqu’on essaie de nous le faire croire par les médias actuellement. Les musulmans à tendance chiites et ceux à tendance sunnites ne sont aucunement en conflit ; certaines familles sont par ailleurs issues de couples originaires de ces deux tendances ; vous pensez bien qu’ils ne vont pas s’autodétruire au sein même de leur propre famille !!

 

-          Les attentats perpétrés sont tout bonnement orchestrés (donc dirigés intentionnellement) à seule fin de meilleure domination du peuple Irakien par les Etats-Unis ; tout simplement en appliquant le précepte « diviser pour mieux régner », il suffit de comptabiliser le nombre de victimes chez les Irakiens, en comparaison avec celles des soldats envahisseurs.

 

-          Les soldats US s’enlisent dans cette guerre, tout comme ils l’ont fait au Vietnam, leur désir est de se retirer, mais non sans y pratiquer la politique de « la terre brûlée », c’est-à-dire que, lors de la guerre du Vietnam par exemple, les Américains se sont retirés en y créant de nouveaux conflits, de nouvelles divisions (Laos, Cambodge), rejoignant de nouveau l’application du précepte « diviser pour mieux régner », il est utile de savoir toutefois que le chaos engendré ne sera profitable par  après qu’à ces Américains, et dans une moindre importance leurs alliés.

 

-          Les Irakiens sont les plus grandes victimes de cette invasion, car s’il n’est pas faux que Saddam Hussein n’ait commis d’actes répréhensible envers une minorité de son peuple, ce n’est rien en comparaison de ce que vit la population Irakienne entière depuis 2003 (il suffit de voir les victimes journalières de ces soi-disant attentats, ce sont Mr et Mme tout le monde, des gens comme vous et moi); alors qu’à contrario, l’un des buts supposés de l’occupation Bushienne est d’instaurer la démocratie, un comble lorsqu’on constate la véritable boucherie dont il est l’instigateur. Mais là aussi, ce qu’il faut préciser, et dit lors du débat, G. W. Bush n’est pas le seul à qui il faut faire porter le chapeau, car il faut savoir que lui-même est dominé par les financiers, les pontes, les grands patrons, bref le « grand capital » Américain ; un peu comme la politique chez nous est dominée par cette même classe minoritaire patronale !

 

Enfin et pour conclure, il est des plus utiles de voir absolument ce film (Rêves –Ahlaam- de Mohamed Al Daradji) afin de se rendre compte du véritable but, de ce que l’on nous cache depuis toujours, de cette boucherie, de ces atrocités « à l’Américaine », et d’en parler le plus possible afin de rétablir cette vérité si bien cachée par nos médias occidentaux.

 

LADEMOCRACYARRIVEAFALLUJAH

 

15:01 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Médiamensonges | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : irak, democratie, usa, colonisation, mondialisation |  Facebook |