28/10/2009

Egoïsme et solidarité - Une histoire pour illustrer les antagonismes


"L'homme est égoïste! Il en veut toujours plus pour lui! L'homme est naturellement contre le partage… C'est pour ça que le communisme ne peut marcher!" Voilà ce que j'ai déjà souvent entendu autour de moi. De cette question est née une petite histoire…

Benjamin Pestieau | 30 mars 2007


Pierre et Jacques - deux égoïstes aux destinées différentes…

Par une belle journée ensoleillée, le jour se lève sur la ville Méson-En-Veupluce. Il est 6h00, Pierre et Jacques se réveillent. Pierre habite dans une maison de rangée et Jacques dans une superbe villa. Pierre est ouvrier dans l'usine Onsue. Jacques est patron de la même usine.

Ce matin-là il fait chaud dans la maison de Pierre, très chaud. L'été est particulièrement sec. Pierre voudrait améliorer l’isolation de sa maison pour y garder la fraîcheur. Il voudrait aussi installer une piscine dans son jardin pour que ses enfants puissent profiter des vacances. La voiture de Pierre devient également vieille, surtout que ses enfants ont grandit et qu'il n'est plus possible de partir camper avec la famille dans sa petite Clio 3 portes. L’aîné des enfants doit faire des travaux pour l’école. Tous les jours c’est la même rengaine : «Papa, c’est quand que tu m’achètes un ordinateur? C’est pour l’école je te jure.»

Pierre est également passionné de photo. Il est secrétaire du club de photo de sa commune. La lumière de l'été est particulièrement propice pour qu'il développe tout son talent derrière l'objectif. Récemment, il a vu le dernier réflexe numérique de chez Canon. Un bijou. Accessible financièrement mais pas pour cette année car Pierre doit également profiter de l’été pour réparer le toit de sa maison. Une priorité avant que l'automne et ses pluies abondantes n’arrivent…

"Ah, si je pouvais avoir une augmentation salariale! Ca m'aiderait à répondre à mes besoins. En plus ce serait bien légitime, l'usine a fait des milliards de bénéfices cette année. C'est sûr, dès que j'arrive à l'usine, je vais chez mon patron… Jacques, lui demander une augmentation. Il est sympa Jacques."

Jacques lui ce matin, n'a pas beaucoup dormi. Il a sabré le champagne la veille avec les actionnaires et les cadres supérieurs de la société. Les résultats semestriels sont excellents! Le manque de sommeil ne l'atteint pas tellement, les résultats financiers l'enthousiasment. En effet, grâce à ceux-ci, il recevra une prime alléchante exceptionnelle de 250.000 euros qui lui permettra d'acheter une Ferrari GT. Jacques s'est découvert une nouvelle passion pour la marque au cheval cabré en rencontrant Michaël Schumacher dans les paddocks du grand prix de Francorchamp 2005. Il avait reçu une place VIP parce que les usines Onsue sponsorisaient le Grand Prix.

Ce n'est pas tout, grâce à ces résultats, de belles perspectives de croissance s'ouvre à Onsue. D'un côté, l'entreprise pourra racheter les usines Onap-Erdu. Celles-ci n'ont pas été assez productives et les prix qu'elles pratiquaient sur le marché étaient bien trop hauts. Pas ce problème chez Onsue, grâce au dernier plan de restructuration, ils ont gagné 20% sur la masse salariale et écrasé la concurrence des usines Onap-Erdu. En plus, les beaux résultats actuels permettent à Onsue d'acheter de nouvelles machines qui permettront d'accélérer la chaîne de production…

Arrêtons-nous sur la situation...


- Pierre en veut plus pour lui. Pierre est ouvrier
- Jacques en veut plus pour lui. Jacques est Patron

Un dialogue intéressant...

Revenons maintenant à Pierre. Il arrive un peu plus tôt ce jour-là à l'usine. Il a décidé d'aller trouver Jacques pour lui demander une augmentation. Jacques est un patron moderne, il reçoit directement Pierre dans son bureau. Il s'en suit le dialogue suivant:

- Ecoute Jacques, je voudrais une augmentation. Je dois faire face à de nouvelles dépenses et une augmentation serait plus que la bienvenue. J’en ai besoin pour moi. Ca ne devrait pas être trop difficile pour toi vu les bénéfices de l’entreprise…
- Ecoute Pierre, je te comprends mais je ne peux t'accorder cela. Si je te donne plus à toi et je voudrais vraiment bien le faire, tes collègues vont rappliquer demain pour avoir plus aussi. Ben oui, à travail égal - salaire égal comme on dit dans ton syndicat. En plus, si je te donne plus pour toi et tes collègues, j'aurai moins pour moi. C'est direct, je te paie plus, je fais moins de profit. C'est aussi fort que les vases communicants. Si je te paie plus et que je ne veux pas perdre, ça veut dire que je dois vendre les produits Onsue plus chers. Or tu sais que notre devise, c'est "Avec Onsue, la qualité au meilleur prix." Si je ne respecte pas notre devise, on perdra des parts de marché et on devra fermer l'usine. Ecoute, Pierre, je ne peux vraiment pas t'augmenter. Si je t'augmente je perds et on ne sera plus au top pour affronter la concurrence…
- Mais mais…
- D'ailleurs, j'allais vous proposer de travailler une heure de plus par semaine sans augmentation salariale pour rester compétitif. Et comme ça les actionnaires et moi, nous aurons des meilleurs dividendes. On aura plus et on investira plus dans l’entreprise. Si on a moins on ne reste pas car on peut avoir plus dans d’autres pays. Tout comme moi, je suis sûre que tu ne voudrais pas non plus que notre usine délocalise dans un autre pays, non?
- Mais mais…
- Pierre, si tu veux vraiment avoir plus, l’usine propose parfois de faire des heures supplémentaires. Profites-en !
- Ecoute Jacques, tu sais bien qu’on travaille déjà à pause à l’usine : parfois le matin, parfois l’après-midi, parfois la nuit. Mon organisme ne me permet pas de faire des heures supplémentaires comme cela. En plus, il faut bien que je puisse voir un peu mes enfants, non ?
- Oui je comprends mais c’est à toi de choisir. Voilà, je te propose de clôturer notre entretien car j'ai du travail. Allez bon boulot…

Pierre est furieux et se sent impuissant. Que peut-il faire? Jacques semble pouvoir ne rien entendre. Mais, mais…Jacques a donné une idée à Pierre….

Pierre a une idée…

Lors de la pause, Pierre discute avec ses collègues sur le fait qu'il n'arrive pas à acheter tout ce dont il a besoin car le salaire ne suit pas. Et ses collègues lui disent: «Mais nous aussi Pierre, on a le même problème. En plus ce n'est pas normal, Jacques, il nous raconte qu'il ne peut pas donner plus mais il se fait des couilles en or pendant qu'on sue à la chaîne. Demander quelque chose tout seul à Jacques, tu ne l'obtiendras jamais, Pierre. Si tu veux avoir quelque chose, il faut faire pression.»

« Oui mais comment ? »


«Il faut menacer Jacques de grève. C'est seulement comme ça que Jacques devra lâcher quelque chose. Ensemble on peut bloquer la production et donc les profits de Jacques. Sans profit, sans nous, Jacques n'est rien et ne gagne rien.» Ainsi l'idée que Pierre avait à la fin de la discussion avec Jacques se confirme: s'il veut plus d'argent pour lui, ça passera par plus d'argent pour lui et tous ses collègues…

Arrêtons-nous sur la situation...

- Jacques en veut plus. Pour avoir plus, il faut que Pierre en ait moins, d'une manière ou d'une autre. Il n'y a pas d'autres possibilités. Pour en avoir plus, il ne faut pas seulement que Pierre en ait moins mais tous les collègues de Pierre. Plus pour Jacques (une personne) c'est moins pour Pierre et tous ses collègues (des milliers de gens).
- Pierre en veut plus. Il a essayé d'aller chez Jacques pour lui demander une augmentation salariale. Il s'est fait jeter. En effet, si Pierre en a plus, Jacques en aura moins. Ce qui n'est pas du tout pour plaire à Jacques.
- Par contre Pierre se rend compte que son SEUL moyen pour en avoir plus, c'est d'en demander plus avec ses collègues. S'il en veut plus pour lui, ça veut dire plus pour ses collègues, ses milliers de collègues et moins pour Jacques et ses quelques actionnaires principaux. Donc plus pour Pierre, c'est plus pour TOUS les collègues de Pierre (des milliers de gens) et un peu moins pour Jacques (une à quelques personnes).
- Il est possible que Jacques arrive à diviser Pierre et ses collègues par le racisme (le problème c’est les étrangers) ou le nationalisme (flamands – wallons). Il est possible que Pierre et ses collègues ne comprennent pas que leur force réside dans leur nombre, dans leur unité et la solidarité. Mais alors, ils seront condamnés à ne rien obtenir.

Morale de l'histoire…

Si Pierre veut assouvir ses besoins personnels, ses besoins comme individu, ses besoins égoïstes… il sera obligé d'agir collectivement. Son bonheur passera par le bonheur de ses milliers de collègues. Il n'y a pas d'autres choix. Son problème, c'est aussi celui de ses collègues. Sa force réside dans la force collective qu'il peut exercer avec ses collègues. Sa force réside dans le fait qu’il contrôle, avec tous ses collègues, la production, source du profit. C'est une réalité objective. Bien entendu Pierre peut décider de ne pas se solidariser avec ses collègues, il peut décider d'agir seul. Mais on a vu qu'il n'obtiendra rien pour lui en suivant cette voie…

Par contre pour Jacques la situation est inverse. S'il en veut plus pour lui, il doit en donner moins à des milliers d'autres. Son bonheur à lui passe par le malheur de milliers d'autres hommes. Son bonheur comme individu passe par le malheur de la collectivité.

En plus s’il veut empêcher que les travailleurs s’unissent, il doit tout faire pour les diviser, d’une manière ou d’une autre : racisme, nationalisme, organiser la production en évitant les contacts entre les travailleurs, etc.

Voilà, Jacques et Pierre ne sont pas nés égoïstes ou généreux. C'est leur position respective dans la société, leur position dans la production qui peut développer en eux des valeurs de solidarité ou d'individualisme. Celles-ci ne leur sont pas venues du néant…

17/01/2008

Une poignée d'hommes détient la majorité des richesses planétaires!

Les 10 hommes

les plus riches du monde en  2007

(Easybourse.com) Selon le classement annuel (de juin 2006 à juin 2007) du magazine américain Forbes, les 10 personnalités les plus fortunées au monde pèsent ensemble quelque 350 milliards de dollars. Sans surprises, le PDG de Microsoft, Bill Gates, arrive en tête du palmarès avec 56 milliards de dollars de réserves personnelles, suivi de Warren Buffet avec 52 milliards de dollars et Carlos Slim Helú, avec 49 milliards de dollars...

Le magazine Forbes recense les milliardaires du monde entier à l'exception des têtes couronnées sinon dans le cas où leur fortune est privée. Selon le classement publié le 8 mars 2007, les milliardaires sont 946, grâce à l'entrée de 153 nouveaux membres. Au total, le montant des 20 plus grandes fortunes du monde est de 3 500 milliards de dollars, en progression de 35% par rapport à 2006.

Quant aux nouveaux entrants dans le top 20, on notera la présence de David Thomson, héritier de Thomson Corporation, Stefan Persson, héritier de la marque H&M, ainsi que Mukesh et Anil Ambani, héritiers des industries Reliance.

1 - William Gates (USA, 51 ans) : 56 milliards de dollars
Pour la treizième année consécutive, le PDG de Microsoft s'est vu décerné le titre d'homme le plus riche du monde avec à son actif 56 milliards de dollars, soit une hausse de 10% par rapport à 2006.

2 - Warren Buffett (USA, 76 ans) : 52 milliards de dollars
Homme d'affaires et investisseur américain, il fut surnommé «l'oracle d'Omaha», et a engrangé une fortune considérable grâce à ses investissements réalisés à travers sa compagnie, Berkshire Hathaway, dont il conserve 38% du capital. Il vient d'entamer l''acquisition de Marmon Holdings, un conglomérat détenu par les Pritzker, une très riche famille de Chicago.

3 - Carlos Slim Helu (Mexique, 67 ans) : 49 milliards de dollars
Cet homme d'affaires mexicain, en réalité d'origines libanaise et mexicaine, serait l'homme le plus riche du monde, avec ses 59 milliards de dollars de patrimoine en juillet 2007. Ses entreprises, dont  Telmex ou Grupo Carso, génèrent 5% du PIB mexicain et pèsent 40% de la capitalisation de la bourse de Mexico.

4 - Ingvar Kamprad (Suède, 80 ans) : 33 milliards de dollars
Entrepreneur d'origine suédoise, il a réalisé sa fortune en créant la célèbre chaîne de magasins Ikea. En 2006, il est passé de la 10e à la 4e place du classement des hommes les plus riches de la planète.

5 - Lakshmi Mittal (Inde, 56 ans) : 32 milliards de dollars
Milliardaire indien, Lakshmi Mittal a fait fortune grâce à l'industrie sidérurgique. Fondateur et actionnaire majoritaire de la Mittal Steel Company NV, principal producteur d'acier au monde, il en est l'actuel président. Spécialisé dans la reprise d'usines au bord de la faillite (comme en Roumanie ou à Chicago), Lakshmi Mittal est considéré comme l''homme le plus riche d''Angleterre.

6 - Sheldon Adelson (USA, 73 ans) 26 milliards de dollars
Milliardaire américain, Sheldon Adelson est également promoteur immobilier et propriétaire de plusieurs casinos. En 2007, il fit une offre infructueuse pour devenir le propriétaire d'un des principaux journaux israéliens, Maariv.

7 - Bernard Arnault (France, 58 ans) : 26 milliards de dollars
Industriel et propriétaire d'une entreprise de travaux publics, Ferret-Savinel, Bernard Arnault détient en 2007, un patrimoine personnel de 26 milliards de dollars à travers un montage de holdings : Montaigne Finance contrôle la financière Agache, qui contrôle Christian Dior, qui possède la Financière Jean Goujon, qui détient un peu plus de 42% de LVMH dont il devient actionnaire majoritaire en 1989. Il conduira d''ailleurs la société à devenir le premier groupe de luxe au monde devant le suisse Richemont. Récemment, Bernard Arnault a fait l'acquisition du quotidien économique Les Echos, cédant pour cela son concurrent La Tribune.

8 - Amancio Ortega (Espagne, 71 ans) : 24 milliards de dollars
Homme d'affaires espagnol, il est le fondateur de la marque de vêtements et de magasins Zara. Il s'est aujourd'hui également diversifié dans l'hôtellerie, l'électricité, etc.

9 - Li Ka-shing (Hong Kong, 78 ans) : 23 milliards de dollars
L'homme d'affaire hongkongais possède une firme constituée de filiales réparties dans quarante pays différents. Concentrés principalement sur les deux conglomérats Hutchison Whampoa et Cheung Kong, ses avoirs représentent 11,5% de la bourse de Hong Kong. Grâce à sa fortune construite dans l'immobilier, Li Ka-shing est également à la tête du groupe Watson, numéro un mondial de la gestion de ports.

10 - David Thomson (Canada, 49 ans) : 22 milliards de dollars
Sa fortune, il la doit à son père, Kenneth Thomson qui, héritier de la société Thomson, développa l'entreprise familiale pour en faire une des multinationales canadiennes les plus importantes en matière d'édition professionnelle. David Thomson a succédé à son père à la tête de Thomson Corp. en 2002. Quant à la famille Thomson, elle détient toujours 70% de l'entreprise via le holding The Woodbridge Company Limited, société d'investissement chargée de gérer les intérêts des Thomson.

N.S.

Cliquez ici avec le bouton droit pour télécharger les images. Pour protéger la confidentialité, Outlook a empêché le téléchargement automatique de cette image à partir d'Internet.
Cliquez ici avec le bouton droit pour télécharger les images. Pour protéger la confidentialité, Outlook a empêché le téléchargement automatique de cette image à partir d'Internet.

08:06 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : egoisme, exploitation, richesses, fortune, appauvrissement, capitalisme |  Facebook |