03/07/2010

Crise financière, les six étapes d’un désastre

(Extrait de "LEMONDEDIPLOMATIQUE")

Des subprimes à l’effondrement des dominos européens
Crise financière, les six étapes d’un désastre


L’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé, mardi 27 avril, la dette souveraine grecque au rang d’obligation douteuse, et abaissé celle du Portugal. Le lendemain, l’Espagne entrait dans le collimateur – à qui le tour ?

Dans les trois cas, l’agence dit fonder son appréciation sur les perspectives macroéconomique des pays concernés : une croissance faible ne leur permettrait pas d’acquitter leurs engagements. Mais quels facteurs assombrissent ainsi leur horizon économique ? On peut facilement identifier l’un d’entre eux : les coupes budgétaires mises en œuvre sous la pression… des investisseurs et des agences de notation.

La boucle est ainsi bouclée. Avec le recul, les pièces éparses des krachs économiques à répétition survenus ces trois dernières années composent peu à peu le thème d’un puzzle bien connu. Son cadre : la vague de déréglementation financière des années 1980. Son nom : à crise de marché, remèdes de marché.

Première étape : en 2007 les ménages américains, dont les revenus stagnent, notamment sous l’effet de la concurrence internationale, se trouvent dans l’incapacité de rembourser des prêts immobiliers attribués sans souci de garantie par les banques saisies d’ivresse. Depuis l’éclatement de la « bulle Internet » en 2000, la Réserve fédérale américaine maintient en effet des taux d’intérêts très bas, favorisant l’aventurisme des investisseurs.

Deuxième étape : en septembre 2008, la crise des subprime dégénère en crise bancaire, les bilans des établissements financiers se révélant farcis de crédits immobiliers insolvables ventilés aux quatre coins de la planète dans des produits financiers sophistiqués. Lehman Brothers chute ; la panique gagne ; les banques cessent d’accorder du crédit : l’économie est au bord de l’asphyxie.

Troisième étape : plutôt que de placer l’intégralité d’un secteur financier failli sous contrôle public, les gouvernements acceptent de le renflouer en l’état. Les Etats s’endettent hors de proportion pour sauver les banques et relancer l’économie. Mais, après vingt ans de baisse continue de la fiscalité, les recettes ne suivent pas. Entre la fin de l’année 2008 et le milieu de l’année 2009, la crise de la finance privée se convertit en gonflement de la dette publique et en crise sociale. Dans les pays occidentaux, le chômage grimpe en flèche.

Quatrième étape. Requinqués par l’afflux d’argent public et la remontée des Bourses, stimulés par des taux d’intérêts quasi-nuls, banques et fonds d’investissements reprennent leurs affaires ordinaires. Pendant la tourmente boursière, beaucoup ont reporté leurs avoirs du marché actions (perçu comme incertain) vers celui des dettes publiques (réputé sûr). Mais celles-ci enflent dangereusement et ne servent qu’un faible taux d’intérêt. Le faire monter : telle est la conséquence de « l’attaque » spéculative sur la dette souveraine des pays « périphériques » de l’Europe entamée après la révélation du maquillage des déficits grecs – carambouille effectuée avec l’aide de la banque d’affaires Goldman Sachs.

Cinquième étape. Dès lors que les puissances publiques se refusent à stopper la spéculation par la loi et par une aide immédiate à la Grèce, un cercle vicieux s’enclenche : il faut emprunter pour payer la dette ; réduire ses déficits pour emprunter ; tailler dans les dépenses publiques pour réduire les déficits ; abaisser les salaires, les prestations sociales et « réformer » les retraites pour réduire les dépenses publiques. Autant de mesures qui appauvrissent les ménages, obscurcissent les perspectives économiques et incitent les agences de notation à dégrader les titres de la dette souveraine…

D’abord présentée aux Etats, la facture adressée par les banques pour le prix de leur propre impéritie échoit alors à son destinataire final : les salariés.

Sixième étape. L’effondrement des dominos européens. Nous y sommes. Miroir de la désunion européenne, le plan d’aide à la Grèce entériné le 11 avril tente tardivement de concilier tous les antagonismes : l’intervention du Fonds monétaire international (FMI) avec le sauvetage des apparences communautaires ; la mise sous tutelle d’Athènes et le principe de souveraineté nationale ; l’intérêt bien compris des banques françaises et allemandes, lourdement exposées à la dette grecque, et le Traité de fonctionnement de l’Union européenne, qui interdit la solidarité financière avec un Etat membre (articles 123 et 125) ; le montant des prêts initialement prévus (45 milliards d’euros, dont 15 par le FMI) et les sommes désormais jugées nécessaires pour endiguer l’activité spéculative (deux, voire trois fois supérieures) ; le modèle économique rhénan qui comprime les salaires pour dilater les exportations, et les balances commerciales négatives de ses voisins ; l’agenda politique de la chancelière allemande Angela Merkel, confrontée à un important scrutin régional le 9 mai, et celui des dirigeants des pays les plus endettés qui voient l’orage spéculatif aborder leurs rivages.

En vertu de cet arrangement, la Grèce pourra emprunter à des taux moins élevés que ceux du marché (mais infiniment plus que ceux, pratiquement nuls, associés aux sommes débloquées sans limite par la Banque centrale européenne en faveur d’établissements privés en 2008 et 2009). Elle devra en contrepartie réduire de 5, voire de 6 points, un déficit budgétaire estimé à 14 % du produit intérieur brut. Une saignée violente, opérée prioritairement dans les budgets sociaux, mais déjà insuffisante aux yeux Berlin. Moins de dix jours après son annonce, les cortèges hostiles se succédaient dans les rues d’Athènes, le spectre du défaut de paiement planait sur l’Acropole, la crise de la dette souveraine gagnait la péninsule ibérique et les rumeurs d’éclatement de la zone euro se propageaient.

Faite d’improvisation, de crainte et de résignation face aux impositions de la finance, la réaction des Etats, des institutions européennes et du FMI se caractérise par l’absence de stratégie d’ensemble : on se contente de répercuter la contrainte des marchés tout en jurant d’y résister. Elle incite les pays membres à se démarquer mutuellement dans l’espoir d’échapper aux paris des investisseurs. Une fois les « partenaires » placés en situation de concurrence, c’est à qui exhibera le plan d’austérité le plus drastique. A Lisbonne comme à Athènes, à Dublin comme à Madrid, résonne un mot d’ordre unique : « rassurer les marchés » – un an auparavant, les dirigeants du G20 promettaient de les dompter. Au fond, la dynamique réfracte involontairement la logique réelle de l’Union européenne, promise à tous comme un espace de solidarité et finalement livrée au dumping social, salarial, fiscal et maintenant spéculatif… D’autres solutions s’offraient pourtant au choix des gouvernants.

Comme la mer qui se retire, la crise découvre la fragilité d’une construction qui, depuis son origine, repose sur un pari : l’union douanière et monétaire entraînera l’union politique et populaire. C’est peu dire qu’il est perdu.

Pierre Rimbert

03/12/2007

Belgique: Enfer ou Paradis fiscal ?

Belgique:

Enfer ou Paradis fiscal ?

Première partie (+/- 12 min., cliquez sur >, puis "zoom").

Deuxième partie (+/- 12 min.)

Troisième partie (+/- 11 min.)

PamfletManif151207-1
PamfletManif151207-2

09/10/2007

L'histoire du p'tit didier.

Un peu d'humour... 

Toute allusion à un personnage existant ou ayant existé ne serait vraiment qu'un pur hasard, ...vraiment.

âne
Le petit Didier déménage à la campagne et achète un âne à un vieux fermier pour 100 Euros. 
Le fermier doit livrer l'âne le lendemain mais justement, le lendemain...
 
- Désolé fiston, mais j'ai une mauvaise nouvelle: 

l'âne est mort. 
- Bien alors, rendez-moi mon argent. 

- Je ne peux pas faire ça. Je l'ai déjà tout dépensé... 
- OK alors, vous n'avez qu'à m'apporter l'âne. 
- Qu'est-ce que tu vas faire avec? 
- Je vais le faire gagner par un tirage au sort à une tombola. 
- Tu ne peux pas faire tirer un âne mort ! 
-Certainement que je peux. Je ne dirai à personne qu'il est mort. 

Dans sa situation, le fermier se dit qu'il ne peut pas vraiment refuser. Il amène donc l'âne au petit Didier. Un mois plus tard, il revient voir le petit Didier : 
-  Qu'est devenu mon âne mort ? 
- Je l'ai fait tirer au sort. J'ai vendu 500 billets à 2 euros: ça m'a fait une recette de 1.000 € 
- Et personne ne s'est plaint ? 
- Seulement le gars qui a gagné. Ça fait que je lui ai rendu ses 2 euros. 

... 
Didier a vieilli et est devenu ministre des finances... et, pour gagner plus, il est toujours entouré d'ânes...


19:13 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Morale | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : reynders, ministre, finances, exploiteur, margoulin, escroc, profiteur |  Facebook |

05/03/2007

Pension privées: NON MERCI!

‘Mise en boîte’ médiatique aux conséquences pouvant être catastrophiques……pour nous !

 

Dans une certaine presse hebdomadaire sérieuse datée du 2 mars 2007, j’ai pu relever un article influençant à souhait, concernant l’épargne-pension ; mais de manière prétendument neutre, donc non-publicitaire. Pour mesurer la dangerosité d’un tel article, il est nécessaire de le « décortiquer » et de comprendre son véritable enjeu ; en voici son contenu :

 

« Pensions – La retraite vous inquiète.

 

La compagnie d’assurances XY a publié les résultats de son baromètre des pensions annuel. Le sondage portait sur les attentes  de la population active en matière de pensions et les expériences des pensionnés. L’étude montre que, généralement, les Belges prennent de plus en plus conscience que leur pension légale ne leur permettra pas de maintenir leur niveau de vie une fois qu’ils auront atteint l’âge légal d’admission à la pension. Seuls 52% des Belges actifs pensent qu’ils pourront boucler le mois avec leur revenu de pension. En 2004, ils étaient  encore 65% à partager cette idée. Soulignons que seulement 47% des pensionnés affirment que leur pension leur suffit. Bien que les Belges rêvent de pouvoir prendre leur pension à 57 ans, ils s’attendent néanmoins à ne pouvoir arrêter effectivement qu’à 61 ans. Constatation importante qui ressort de cette étude d’XY : de plus en plus de Belges préparent leur pension, et ce de plus en plus tôt.  Presque 75 % de la population active déclare être en train de préparer sa pension. Cette préparation commence en moyenne à 31 ans alors qu’en 2000 les travailleurs s’y mettaient à 42 ans, en moyenne. A la question de savoir combien ils épargnent pour compléter leur pension légale, ces Belges actifs répondent qu’ils mettent en moyenne 218 euros de côté par mois. Les indépendants, quant à eux, épargnent en moyenne 366 euros par mois. »

 

Le but premier d’un tel article est bien évidement de faire peur au travailleur de plus de trente ans qui n’aurait pas encore contracté une épargne-pension ; encore faut-il, pour se trouver dans la ‘moyenne’, il puisse économiser plus de 200 euros par mois !

La dangerosité de tels propos, proférés très régulièrement (trop même) dans la presse, réside dans ce que la naïveté du travailleur désemparé par la crainte de se retrouver démuni lorsqu’il prendra sa pension, se sente pratiquement obligé de faire la même chose que ses semblables, et donc de faire des économies ; lesquelles imposant de se « serrer la ceinture » à l’extrême. Comme si son pouvoir d’achat n’avait pas encore assez diminué (…).

La première réflexion qu’il faudrait avoir, c’est qu’étant donné sa cotisation pour sa pension légale durant sa carrière, est-il normal que le travailleur n’ait plus assez pour vivre décemment quand arrive le moment du départ à la retraite ?

Non, bien-sûr !

Secundo, il est clair que ce cercle vicieux de l’épargne-pension a pour but ultime de désagréger le système actuel des pensions légales ; pour un passage progressif au système « à l’Américaine », laissant de côté les plus démunis, tous ceux qui ne savent pas économiser ! Et laissant le travailleur aux risques des cours financiers ; en effet un travailleur ayant investi dans une épargne-pension pourrait voir celle-ci fondre comme neige au soleil en cas de crash boursier ou autre dévaluation du genre (l’exemple aux USA s’est produit lors de la faillite d’Enron, et en Albanie il y a une dizaine d’années!).

Tertio, comme déjà traité dans un article de ces blogs, le « capitaliste » impose sa mainmise, afin de mieux dominer le travailleur (ou tous les non-capitalistes), l’argent étant le meilleur outil pour ce faire. Les banques et le politique socio-démocrate (partis traditionnels) sont les instruments de ce ‘capital’ ; menant à notre asservissement, l’esclavage par l’argent est total !

Le remède à cela ?

Simple : ne plus se laisser dominer par le pouvoir de l’argent, ne pas prêter caution à ce genre de placement ne pouvant qu’être nuisible aux travailleurs, quels qu’ils soient, employés, fonctionnaires, manuels ou non, bref tous les salariés !

 

NE SCIEZ PAS LA BRANCHE SUR LAQUELLE VOUS ETES ASSIS !

 

A.P.

17:24 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pensions, travail, salaire, social, epargne-pension, finances |  Facebook |