19/11/2009

Le temps accordé aux putschistes est du temps perdu pour le Honduras

Mario Casasús*    (source: Investig'Action, le site de Michel Collon)

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Au moment de publier cette interview, le 22 octobre 2009, les négociations étaient paralysées à cause du boycott de Micheletti et du régime de facto, qui essaient de gagner du temps afin de ne pas céder le pouvoir (Investig'Action).
De l’ambassade du Brésil, le président du Honduras, Manuel Zelaya, salue la véhémence du Front national de résistance contre le coup d'Etat (Frente Nacional de Resistencia contra el Golpe de Estado), défend l’ALBA et plaide en faveur de la candidature d’Evo Morales au prix Nobel de la paix.


Il confirme par ailleurs le refus du parti Unification démocratique (Unificación Democrática) à participer aux élections de novembre si l’ordre constitutionnel n’est pas rétabli et évite la polémique sur la classification du Honduras à la Coupe du monde de football 2010, en Afrique du Sud.

A Mexico, nous avions discuté de manière informelle. Etant donné la possibilité d’une issue à la crise du Honduras, je lui ai demandé de bien vouloir m’accorder un entretien. Aux alentours de 16 heures, et après plusieurs problèmes « techniques » – interférences et interruption de la liaison téléphonique –, nous parvenons finalement à communiquer. Le processus de dialogue est indéniablement entravé par l’absence de volonté politique de la part du régime de fait.

Dans son communiqué, le président Zelaya dit: « Nous n’allons plus nous réunir aussi longtemps que nous ne recevrons pas de proposition sérieuse et constructive. Le temps accordé aux putschistes est du temps perdu pour le Honduras”.

Le nouveau délai est fixé au mercredi 21 octobre, date de la réunion de l’Organisation des Etats Américains.
 
–Bonjour Monsieur le Président.
–Bonjour. Comment allez-vous ?

–Bien, merci. Et vous-même?
–Ici, je suis confronté aux problèmes que vous savez, mais nous restons déterminés à restaurer le système démocratique du Honduras.

–C’est la semaine décisive? Le dialogue a-t-il avancé, lundi?
–Les commissions sont encore en réunion. D’ici la fin de la journée, je pourrai en savoir plus.

–Le 7e sommet de l’ALBA vient de se terminer. L’adhésion du Honduras constitue-t-elle une des raisons du coup d’Etat ? Pour vous, que représente l’Alternative bolivarienne?

–Attaquer l’ALBA fait partie de la campagne menée par les milieux putschistes en Amérique latine. Je salue les présidents ainsi que tous les délégués des organisations solidaires comme l’ALBA. Ils savent qu’ils peuvent compter sur mon soutien. Le Honduras a participé à ce processus solidaire. Nous en sommes très fiers et très satisfaits.

–Dans ses réflexions, le Comandant Fidel Castro s’est intéressé au prix Nobel de la paix 2009 et a proposé le président Evo Morales pour l’édition de 2010. Comptez-vous entreprendre des démarches pour que le Front national de résistance contre le coup d'Etat soit nominé?

–Le prix Nobel de la paix est une distinction que mériterait à juste titre le président de la Bolivie. Mais vous le présentez comme s’il s’agissait d’un concours. Dans ce cas, je crois que mon devoir est de répondre à la première question. Evo Morales est une personnalité qui donne du relief à l’histoire latino-américaine, aux groupes qui de tout temps ont luté contre l’oppression. Il mérite tout notre soutien, sans pour autant que cela dévalorise d’autres propositions.

–Monsieur le Président Zelaya, quand raconterez-vous les détails de votre parcours clandestin? Ecrivez-vous vos mémoires?

–(Rires). En ce moment, au Honduras – vous êtes bien informé à ce sujet –, étant donné l’actuel régime totalitaire, donner des détails pourrait mettre en danger les personnes qui m’ont aidé.

–115 jours après le coup d’Etat, quelle différence peut-on relever dans le comportement du peuple et des artistes en résistance, en comparaison avec l’apathie observée lors d’autres coups d’Etats et d’autres crises que le Honduras a connus?

–Dans ce coup d’Etat, le plus poignant, c’est que pour la première fois, les Honduriens se rendent compte que quelqu’un leur vole un droit. Ils sont sortis et se sont manifestés très énergiquement. Aujourd’hui, le parti Unification démocratique (UD) a annoncé publiquement son retrait des élections si le président constitutionnel n’était pas rétabli dans ses fonctions, une attitude qui reflète très bien celle d’un peuple courageux, qui lutte et travaille sans crainte, se confronte aux baïonnettes et suit sa vocation pacifique en manifestant son rejet du militarisme afin d’éviter que ne revienne dans notre pays les mouvements armés et la violence.

–Vous réunirez-vous avec la délégation du Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, qui est arrivé à Tegucigalpa?

–Nous allons essayer, mais souvenez-vous que je suis encerclé par un dispositif militaire, que je n’ai pas le droit de recevoir de visites et que je suis totalement isolé. Comme vous avez pu le constater, mes communications téléphoniques sont coupées ou truffées d’interférences. Nous rencontrons toute sorte d’obstacles, dressés pour nous empêcher d’entrer en contact avec le peuple hondurien et la communauté internationale.

–Votre restitution sera-t-elle la première victoire du Front national de résistance contre le coup d'Etat?
–La première victoire, mon retour pacifique au Honduras, a déjà été remportée. La deuxième victoire consistera à maintenir la résistance sur la base d’une lutte politique à large échelle, nationale et internationale. Nous espérons ainsi obtenir la victoire finale, à savoir la restauration de l’ordre constitutionnel.

–La communauté internationale s’est trouvée plongée dans l’ambiguïté de l’information avec la prétendue dérogation instaurée par le décret sur la suspension de garanties individuelles. Si vous êtes réhabilité, commencerez-vous par annuler la loi de censure et par mettre un terme à l’état de siège?

–Aujourd’hui, après 22 jours, la dérogation a été publiée. Radio Globo et Canal 36 ont recommencé à émettre. Nous espérons qu’il ne s’agisse pas d’une mesure d’exception avant la visite du Haut Commissaire aux droits de l'homme, mais d’une décision définitive. Nous verrons si nous pourrons défendre cette position.

–Que souhaitez-vous dire aux lecteurs d’Amérique du Sud ?
–Je souhaite remercier tous les Sud-Américains pour leur soutien et les féliciter parce qu’ils ont reconnu à sa juste valeur la démocratie qui s’étend au-delà de nos frontières.

–Finalement, le régime de fait a manipulé le peuple hondurien en emmenant la sélection nationale auprès du dictateur Micheletti. Quelle lecture faites-vous de la classification du Honduras à la Coupe du monde de football 2010?

– Mon gouvernement compris, nous avons travaillé durant trois ans et demi avec la sélection nationale du Honduras dans son ensemble, laquelle a obtenu sa qualification lorsque les Etats-Unis ont battu le Costa Rica. Nous sommes parvenus à décrocher notre ticket pour le Mondial en Afrique du Sud et je félicite très chaleureusement la sélection pour la victoire qu’elle a offerte au peuple hondurien. Les intrigues et tout le reste font partie du folklore politique; il faut laisser le football en-dehors de tout ça.

–Merci Monsieur le Président.
–Merci à vous.

*Journaliste

Traduit par Chloé Meier pour Investig'Action.

19:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : honduras, zelaya, putsch, amerique_latine |  Facebook |

18/11/2009

Coup d'Etat au Honduras: histoire et perspectives

Coup d'Etat au Honduras: histoire et perspectives

Toon Danhieux (source: Cubanismo.net)

Il y a quelques semaines, les militaires et bureaucrates honduriens catapultaient leur pays à la une des journaux. Se faisant, ils nous rappelaient pourquoi leur Etat a enrichi naguère notre langage en y introduisant le concept de "république bananière".

Ces hommes voulaient rétablir "l’ordre constitutionnel". Ils sont parvenus à leurs fins en offrant à leur président, Miguel Zelaya, avant son petit-déjeuner dominical, une salve de tirs de mitraillettes, en s’introduisant chez lui par la force et en l’embarquant en pyjama dans un avion en partance pour le Costa Rica. Selon Roberto Micheletti, le nouveau président par intérim, la Cour Suprême a donné l’ordre d'intervenir afin "de restaurer la démocratie". Miguel Zelaya est accusé d’avoir violé la constitution. Pourtant, il a seulement voulu soumettre la population à une enquête non contraignante afin de savoir si un referendum pouvait avoir lieu en novembre 2009 et éventuellement engager le Honduras dans un processus de révision de sa constitution.

Vous avez bien lu. Pourtant, selon leurs dires, les putschistes ont agit pour défendre la démocratie et non pas parce que Miguel Zelaya cherchait à prolonger son mandat, comme l'ont annoncé tous les média belges sous la houlette de CNN. Si tel avait été le cas, son initiative était beaucoup trop tardive. En novembre prochain se tiendront de nouvelles élections aux Honduras et selon la constitution de ce pays, le président ne peut pas se représenter au terme de son mandat. Lors de ces élections également communales et parlementaires, Miguel Zelaya voulait seulement donner aux Honduriens la possibilité de se prononcer sur une éventuelle révision de la constitution, ce qui aurait permis au nouveau parlement de s'y atteler.

Vous froncez probablement les sourcils. Suis-je bien informé? Les hommes politiques honduriens sont-ils fous?, …. Sur ce dernier point, l’histoire jugera, mais de toute façon, ils ont peur. La caste politique sait qu’elle est très privilégiée par la démocratie représentative hondurienne et ce depuis 1982. Tous les 4 ans, le pouvoir change de mains entre deux partis qui partagent en fait les mêmes intérêts, ceux des citoyens les plus riches, soit 20% de la population. Les “Bleus” du parti nationaliste représentent plutôt les vieilles fortunes : les propriétaires terriens et les exportateurs de produits agricoles. Les “Rouges” du parti libéral rassemblent davantage les nouveaux riches que sont les industriels et les négociants internationaux. Depuis 25 ans, ces politiciens se partagent le pouvoir et voient avant tout, dans ce système politique le moyen de s'assurer des revenus et d'en assurer à leur famille et amis : la garantie de pouvoir s’enrichir tranquillement.

Tous les 4 ans, les 70% de pauvres que compte le pays (dont une grande partie pour ne pas dire tous sont analphabètes) sont invités à cocher le petit point bleu ou rouge de leur bulletin de vote. Ils y sont encouragés lors de festins locaux et pendant la campagne des partis politiques. Mais entre deux élections, ils ne doivent quasi rien espérer du gouvernement et lutter seuls, pour assurer leur sauvegarde et de celle de leurs enfants.

Un président reconverti?

Miguel Zelaya lui-même, riche négociant en bois était féru de ces roadshows politiques. Il était un fervent adepte de l’accord de libre-échange signé avec les Etats-Unis. Mais, durant son mandat, il a subitement changé son fusil d'épaule. Il a pris un certain nombre de mesures sociales telles que l’augmentation du salaire minimum légal (60%) et du salaire des enseignants. Il a aussi décidé de consacrer plus d’argent public à la lutte contre la pauvreté, à la protection du milieu …

Simultanément, il a essayé de se rapprocher de l’ALBA (l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique). Après le Venezuela, Cuba, la Bolivie et le Nicaragua, le Honduras a intégré cette structure qui vise à favoriser la coopération entre les gouvernements populaires d'Amérique latine. l’Equateur a rejoint l'ALBA, juste avant le coup d’état au Honduras.

Cette nouvelle collaboration internationale a un peu bénéficié aux Honduriens. Par le biais de contrats signés avec la firme Petrocaribe (une alliance de 19 pays de la région), Miguel Zelaya a pu sensiblement faire pression sur le prix de l'essence à la pompe. Par ailleurs, il a reçu des donations sous la forme entre autres de tracteurs, d'aide médicale (grâce aux Cubains) et de soutien pour mener à bien une campagne d'alphabétisation.

Si les syndicats de paysans et les organisations populaires ont salué ces initiatives, Zelaya n’était pas largement soutenu par sa population. Ses mesures sociales étaient plutôt perçues comme des initiatives personnelles et le mouvement populaire demeurait très partagé entre autres à cause de la répression qu'il a subie pendant des années. Zelaya a néanmoins suscité l’espérance. Peut-être était-il possible de passer d'une représentation élitiste de la population telle qu'elle existait dans la Grèce antique (1) à une représentation telle qu'elle existe au Venezuela. Une démocratie qui consulte et agit pour toute la population et donc aussi pour une majorité de gens pauvres.

C'est la grande peur des Rouges, des Bleus et des autres politiciens honduriens car les revenus de l’Etat ne leur seraient plus exclusivement réservés, mais seraient davantage consacrés à la satisfaction des besoins de la population. Leurs privilèges seraient menacés et le prix du travail pourrait augmenté. L’establishment judiciaire, directement tributaire du parti au pouvoir et les églises tant protestante que catholique ont également tiré la sonnette d’alarme. Ainsi, le cardinal Oscar Andrés Rodriguez a appelé Zelaya à quitter le pouvoir pour ne pas provoquer d’effusions de sang. Depuis des années, ce nonce reçoit 375 000 euro par mois du parlement. Il n'est pas étonnant qu'il soit monté au créneau.

Un bon vieux coup d'Etat!

Puisque le président élu n’était subitement plus capable de garantir le statu quo, les militaires ont été appelés à la rescousse. Durant la décennie précédente, ils s’étaient passablement ennuyés dans leur caserne. Depuis la chute des sandinistes au Nicaragua, les budgets faramineux venant des Etats-Unis avaient considérablement fondus. Avec l'argent subsistant de ces "généreuses donations" et par désoeuvrement, les officiers s'étaient constitués un empire commercial et industriel. Ils n'ont donc pas vu d'un bon oeil "les frasques sociales" de Zelaya. Le coup d’Etat s'apparente à une attaque désespérée de la bourgeoisie contre la nouvelle vague de démocratie qui a aussi atteint le Honduras.

Contrairement à Miguel Zelaya qui n'a pu s'en occuper, le leader putschiste Roberto Micheletti a favorisé la réunification du mouvement populaire. Depuis une quizaine de jours, ce dernier remplit les rues des grandes villes et n’accorde aucun répit à la junte. Les putschistes ont dès lors déployé tous les registres de la répression. Ils ont déjà emprisonné des centaines d’opposants, instauré un couvre-feu, imposé aux Honduriens une interdiction de se rassembler même dans les habitations privées, fermé des stations de radio et des chaînes de télévision, arrêté des journalistes, molesté des coopérants cubains,….et désigné comme conseillé ministériel Billy Fernando Joya. Billy est une vieille connaissance des Honduriens. A la fin des années 1970, il a entraîné le bataillon 3-16, qui a perpétré des dizaines d’assassinats politiques.

Que penser de l'oncle Sam et de son neveu Obama?


Chef de l’armée, figure de proue du coup d’Etat et Sauveur de la démocratie comme il aime à se qualifier, Roméo Vasquez Vélasquez a fréquenté comme tous les officiers supérieurs honduriens la l'U.S. Army School of the Americas. Cette institution a formé des centaines de meneurs de coups d’Etats et de tortionnaires en Amérique latine et au Honduras. Un de ces anciens élèves, l'ex-chef des forces armées honduriennes, le général Gustavo Álvarez Martínez était si brutal que ses  officiers ont fini par l'éjecter en 1984.

Dans les années 1970 et 1980, ce n'est pas un hasard si le Honduras était surnommé le "porte-avions des Etats-Unis". La CIA y entraînait et approvisionnait les contras qui terrorisaient le gouvernement sandiniste et les Nicaraguayens. C'est aussi au Honduras que les USA ont établi la base de Palmerola, une de leurs plus grandes bases qui leur a pemis de soutenir des actions contre-révolutionnaires au Salvador, au Guatemala et au Nicaragua. A ce jour, 600 militaires américains stationnent toujours sur la base de Soto Cano et plus de 50 exercices rassemblent annuellement les forces armées américaines et honduriennes, alors que ces dernières continuent de recevoir d'importants subsides du Pentagone.

Malgré tout, Washington a condamné le coup d’Etat, après que le reste du monde l’ait fait. Obama n'a pas voulu recevoir Miguel Zelaya qui a finalement été invité par Hillary Clinton à prendre le café. Elle l'a renvoyé à des "négociations" sous la houlette du président costaricain : Oscar Arias. Comme il fallait le prévoir, celles-ci n'ont jusqu'à présent rien donné.
Hier, les républicains critiquaient les agissements d’Obama au Congrès en prétendant qu'il se liait aux présidents Chavez et Ortega. Pour eux, ces hommes sont des communistes. Il faut donc les éviter. Les démocrates ont défendu Obama lorsque ce dernier a désapprouvé le coup d’Etat. Peut-être tout ceci démontre que les forces de droite dont la CIA fait partie, frustrées par la faiblesse des Etats-Unis dans la région, ne sont pas totalement sous contrôle. Peut être voyaient-elles le Honduras comme le détonateur d'une série de réactions visant à réinstaurer la droite dans les tous les pays de l’ALBA? A cet égard, l'entrée de l’Equateur dans l’ALBA, la veille du coup d’Etat serait assez révélatrice. Si ces hypothèses devaient se confirmer, on peut dire que "la répétition hondurienne" est faible, comme le prouve le fait d'exhiber une fausse lettre de démission, de commettre des actes brutaux dans la demeure présidentielle devant la presse internationale et de nommer un tortionnaire comme conseiller ministériel, … Les réactions n’ont pas été justement estimées car même le Guatemala et la Colombie, les alliés les plus fidèles des Etats-Unis ont immédiatement et catégoriquement condamné le coup d Etat et exigé le retour du président Miguel Zelaya.

Hugo Llorens, l’ambassadeur des Etats-Unis au Honduras a reconnu s’être allié aux putschistes quelques semaines avant la concrétisation du coup d'Etat. Selon ses dires, il voulait les empêcher de mener à bien leur projet. Mais pourquoi n’a-t-il pas dévoilé leurs plans, lorsqu’il a compris qu’il n'y parviendrait pas?

L'USAID, l'Agence des Etats-Unis pour le développement international finance à concurrence de 50 millions de $ par an des groupes de la soi-disant société civile hondurienne. L'institution républicaine NED (National Endowment for Democracy), verse elle aussi plusieurs millions de dollars à des groupes comme "Paix et Démocratie" grands promoteurs ses dernières semaines, des manifestations pro-Micheletti. Elle rassemble des messieurs et des dames très convenables et richement vêtus. Signalons que c'est l’ex-candidat républicain à la présidence, John Mc Cain qui a organisé la visite des Etats-Unis par une délégation de la junte.
Il n'est pas impossible que ce coup d’Etat soit une tentative de déstabiliser Obama, lui-même, orchestrée par les vautours du Pentagone. L'objectif serait de le pousser dans un conflit avec les gouvernements de gauche latinos-américains afin qu'il abandonne l'attitude teintée de prudence qu'il a adopté à leur égard et que l'on a pu observer en avril 2009, lors du cinquième Sommet des Amériques.

Que faire après les négociations?

Les négociations au Costa-Rica sont peut-être un enfant mort-né. Si jamais elles aboutissent, ce serait toujours au détriment des droits des Honduriens. Ces pourparlers permettent à la junte de gagner du temps et d'afficher sa "bonne volonté". Le Bloc Populaire et tous les mouvements populaires honduriens, prétendent à juste titre qu’il est impossible de négocier le retour du président Miguel Zelaya. Or, la seule solution envisageable est que Micheletti et sa junte quittent définitivement le pouvoir.

Puisque Zelaya ne peut pas compter sur le soutien de l’armée, un contre coup d’Etat est improbable. En fait, seuls les Etats-Unis sont capables de contraindre les troupes de Romeo Vasquez à réintégrer leur caserne. Jusqu‘à présent, la Maison Blanche n’a pas officiellement reconnu le coup d’Etat au Honduras. Si elle s'y résout cela signifierait que les crédits, les facilités financières, les approvisionnement en pétrole ... accordés à la junte devraient immédiatement cesser et que les putschistes seraient dès lors bien inspirés de faire leurs valises. Où pourraient-ils ensuite les déposer? La question reste posée et mérite qu'on s'y attarde. Ce qui est sûr, c'est que l'action du Bloc Populaire et de tous ceux qui veulent le soutenir ne sera efficace qu'en faisant pression sur la Maison Blanche - directement ou via l’Europe – afin de boycotter au plus vite la junte de Roberto Micheletti.

(1) qui ne prenait pas en considération les esclaves alors qu'ils représentaient 80% de la population.

15:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : honduras, putsch, zelaya |  Facebook |