31/01/2010

Les Haïtiens ne veulent plus être un "peuple objet"

(Article extrait du site de Michel Collon, "Investig'action")

Berthony Dupont   

Haiti vient de compter 206 années d’indépendance et le pays continue à souffrir de tous les maux de l’esclavage et du colonialisme, suite à la domination brutale et insidieuse des pays impérialistes. Tout cette situation découle du rôle pernicieux de la United States Agency for International Development (USAID) au sein des masses populaires haïtiennes et de sa participation à toutes leurs sphères d’activités, qu’elles soient sociales, sportives, culturelles, éducationnelles ou même politiques. L’expression de sa domination jusque là idéologique, est maintenant d’ordre technologique, ce dans le cadre d’une aliénation pour nous empêcher de relever la tête, pour ne point être en mesure de combattre nos ennemis.


Il est clair que la présence de la Minustah depuis le coup d’Etat de 2004 est là pour rassurer les capitalistes notamment les Etats-Unis d’Amérique, bastion et principale force du colonialisme contemporain, et pour garantir une certaine stabilité afin qu’ils puissent atteindre sans aucune contrainte leur objectif. Parallèlement, le président Préval s’est engagé dans cette intense activité de propagande aliénante, sorte d’oxygène à leur fameuse quoiqu’infâme formule de stabilité pour nous imposer leur civilisation, leur pratique, leur idéologie, leur façon d’agir et de vivre.


Certes l’impérialisme est puissant mais, malgré ses finances il n’a pu jusqu’ici acheter la conscience de tout un
peuple pour réhabiliter ce qui ne saurait être réhabilité à savoir la colonisation. Aussi, il est important de nous organiser, de faire front ensemble contre ce cruel Samson.

Il nous faut engager consciemment et résolument une entreprise historique qui soit une urgence du quotidien et une exigence même pour changer l’avenir du pays. Si depuis l’occupation de 2004, il n’y a eu aucun front commun pour combattre les forces étrangères, ce n’est pas parce que nous ne sommes plus ce peuple au sang Dessalinien et Péraltien par surcroît, encore moins que nous soyons un « peuple objet » qui n’arrive pas à penser, à s’organiser, voire à diriger son destin national.


Nous devons nous ressaisir pour mettre fin à ce jeu de vilains. Nous qui, par nos actes passés, avons montré que nous ne voulons plus rester esclaves des nouveaux colons, nous devrons nous rallier autour des forces progressistes révolutionnaires du pays, même quand elles sont embryonnaires. Nous pouvons prendre quelques exemples d’actions concrètes à encourager et qui refl ètent bien l’état d’esprit qui règne au sein des masses.

Les manifestations du 28 juillet 2009 dernier contre l’occupation du pays, celle du 1er janvier 2010 et l’organisation d’une assemblée populaire le 10 janvier 2010, par l’organisation populaire PLONBAVIL, une coalition de différentes organisations d’employés victimes du plan néolibéral, sont des preuves que le peuple haïtien n’est pas un « peuple objet ». Il prend des initiatives, il sait ce qu’il veut, il veut qu’il soit à la fois
objet et sujet de sa libération et de son développement.


Une telle perspective est plus que jamais à l’ordre du jour depuis la terrible tragédie qui vient de frapper le pays
ce 12 janvier 2010. L’horreur et l’étendue de la destruction sismique est insupportable, révoltante même. Le peuple haïtien qui a tant souffert, ces six dernières années, de l’inconscience et de la cupidité de ces dirigeants ne mérite pas un tel cataclysme. A l’impossibilité, jusqu’ici, de pouvoir offrir un front solide et uni à l’injustice, il va falloir éventuellement reconstruire, physiquement, toute une capitale, si ce n’est une bonne partie du pays.

 Il nous faudra alors énormément de courage et de volonté pour surmonter cette cruelle adversité d’autant que les pays capitalistes exploiteuses des richesses du sous-sol haïtien vont venir hypocritement à notre « secours ». Non pas que nous rejetions d’un revers de main leur aide, non, mais nous la voulons fraternelle, désintéressée. Nous souhaitons qu’elle ne soit pas l’occasion rêvée de nous assujettir irrémédiablement à leur totale domination, car nous n’avons que nos mains nues et notre dignité de peuple pour reconstruire un pays physiquement détruit.


C’est au secteur populaire qu’il revient de prendre son courage à deux bras pour renaître du cataclysme naturel
et forger l’avenir du pays, car la marche ascensionnelle de l’histoire est irréversible. Et la Communauté Internationale même quand elle veut bien nous offrir son concours doit bien se mettre en tête que seules « les mains magiciennes du peuple » pourront sortir le pays du désastre moral, social et économique auquel l’ont conduit ceux qui prétendent se faire passer pour les «amis» d’Haïti.

11:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : haiti, exploitation, capitalisme, horreur, tragedie, occupation, independance |  Facebook |

16/02/2007

L'horreur impériale

9782930402048

 

"Auteur et orateur progressiste américain de premier plan, Parenti est éclairant et pénétrant et il n'a jamais peur de la vérité" - James Petras, professeur à la SUNY (New York).

Michael Parenti, ici traduit pour la première fois, nous offre un véritable manuel pour comprendre et combattre l'impérialisme américain en dix leçons:
1. Comment se réalise le processus de domination politique et économique?
2. Pourquoi la pauvreté et le sous-développement sont-ils le produit de l'impérialisme?
3. Qui sont les vainqueurs et les perdants de la construction impérialiste?
4. Que paie la population américaine elle-même pour les coûts cachés de l'impérialisme?
5. Comment les dirigeants américains empêchent l'opinion publique de comprendre que leur politique sert à favoriser les nantis?
6. Comment on fabrique des justifications pour faire accepter les interventions militaires à l'étranger?
7. Quels sont les prétextes des interventions militaires?
8. Comment les intérêts de l'Etat sapent la véritable démocratie?
9. Comment la propagande de guerre et les discours "humanitaires" de l'empire aliènent autant la population mondiale que le peuple des Etats-Unis?
10. Comment sont discriminés les intellectuels progressistes dans les universités américaines?

 

Voir sur:  http://www.epo.be/editions/presentation_livre.php?isbn=97...

Colophon:

isbn: 9782930402048 · 2004 · pb (12,5 x 20 cm) - 256p.
Titre orig.: Against Empire - traduit de l'américain par Serge Deruette

Ce livre est aussi publié en néerlandais - au livre néerlandophone

12:38 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : imperialisme, socialisme, horreur, domination, mondialisation |  Facebook |