24/12/2009

La libéralisation des services publics

Pour en savoir plus sur les véritables tenants et aboutissants de la libéralisation des services publics, power-point du GRESEA, par Xavier Dupret. (cliquez sur ce lien)

16:00 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : liberalisation, privatisation, profits, exploitation |  Facebook |

23/09/2009

Quand les privatisations ne sont pas une fatalité.

Priorité de gauche recto(Extraits de « Priorité de gauche – Pistes rouges pour sortie de crise » de Peter Mertens et Raoul Hedebouw, paru aux éditions ADEN en mars 2009, pages 15 à 21).

Quand les privatisations ne sont pas une fatalité.

Dans de nombreux Delhaize ou Carrefour du pays, il y a désormais un point Poste au comptoir d’accueil. A côté des bouteilles consignées de lait Joyvalle ou de Jupiler, on peut y retirer ses envois recommandés. Si l’envoi n’a pas été mal classé, bien sûr. On n’y paie pas les retraites. Ce serait difficile, car entre les bouteilles, il y a peu de place pour la discrétion. Pour la retraite, on doit se rendre dans l’un des bureaux de poste qui n’a pas fermé. Et c’est loin, parfois. Pour toucher sa retraite, il arrive que l’on doive faire un trajet d’une heure.

Plus d’un million de personnes sont titulaires d’un compte de la Banque de la Poste. Depuis la nuit des temps, les bureaux de poste ont toujours été des lieus de rencontre, propices aux histoires de voisinage. Pour  les personnes seules, c’est l’occasion d’établir des contacts. Mais c’est fini. Plus de cinq cent bureaux de poste ont fermé leurs portes.

Pour connaître le montant de votre facture, tapez quatre.

La poste suit la tendance à la privatisation de ces dernières années. C’était déjà écrit dans le premier manifeste du citoyen du jeune Verhofstadt (pas encore premier ministre à l’époque) : « Nous devons sérieusement revoir le rôle de l’Etat. Bon nombre de services publics doivent être supprimés, faussent la concurrence et desservent le consommateur. A supprimer donc. »
Toutes sortes de penseurs libéraux ont prétendu que « les consommateurs » bénéficieraient des privatisations : une offre plus grande, un meilleur service et des prix plus bas. Le contraire est arrivé. Pas uniquement en Suède mais également chez nous. Lorsque la Poste, qui est déjà privatisée pour plus de la moitié, sera libéralisée entièrement en 2011, il y aura moins de bureaux de poste. Il y aura également moins de personnel au guichet. Et le prix du timbre augmentera pour le citoyen ordinaire, comme l’a déjà admis l’administrateur délégué Johnny Tijs.

Moins d’offre, moins de service, des prix plus élevés : ce bilan ne concerne pas seulement la Poste. Depuis le 1er janvier 2007, les marchés de l’énergie wallon et bruxellois ont été libéralisés. Il fallait de la concurrence. Cela ne veut pas dire que le courant électrique a été modifié, ou que la production d’énergie a changé. Rien de tout cela n’a changé, tout le monde le comprend. Si chaque entreprise ouvrait les rues pour son propre réseau, ce serait complètement absurde. La libéralisation ne concerne donc que l’entreprise qui envoie les factures pour la même électricité, qui est transportée par les mêmes câbles électriques pour venir jusque chez vous. On colle tout simplement une autre étiquette. Une étiquette qui, au lieu de garantir l’efficacité tant promise, provoque au contraire une confusion inimaginable. Le client s’empêtre dans les innombrables formules des différents distributeurs, un imbroglio invraisemblable. Ceux qui transfèrent tout le temps leur compte vers le distributeur le moins cher du moment doivent surtout avoir beaucoup de temps pour comparer toutes les offres, et une patience sans bornes pour régler toutes les paperasses. Le service fourni par le libre marché est celui des touches anonymes à choix multiples au téléphone. « Pour connaître le montant de votre facture, tapez quatre ». Vous pouvez déjà vous estimer heureux lorsqu’un être vivant vous répond. Les bâtiments d’Electrabel n’ont plus de guichets pour le public. Ils ont tout simplement été transférés à un guichet énergie à.... La Poste, où on ne vous aide pas beaucoup plus. La libéralisation du marché de l’énergie ne connaît qu’un gagnant. Et ce n’est pas le client. Au bout de 247 fusions et reprises, le marché en Europe a donné naissance à cinq géants privés de l’énergie : E.on, GDF Suez –la maison d’Electrabel-, EDF, RWE et ENEL. Le marché appartient à ces cinq groupes, qui se font deux milliards d’euros de bénéfices nets par mois.

Comme dans une boîte à sardines

Il n’existe aucun exemple réussi de privatisation des chemins de fer. Nulle part dans le monde entier. La Suisse l’un des meilleurs réseaux ferroviaires. Le chemin de fer y appartient entièrement à l’Etat. Il n’empêche que l’Etat Suisse paie moins pour ses chemins de fer que les subventions injectées par l’Etat dans son réseau ferroviaire privatisé. L’idée que la privatisation diminue les dépenses publiques n’est qu’un leurre. Entre-temps, les opérateurs ferroviaires et les propriétaires du matériel roulant  réalisent de grands bénéfices. Et pourquoi les grands actionnaires seraient-ils plus intéressés par le confort de voyageurs ou par la sécurité que par les taux de leurs actions ? Les libéraux préfèrent ne pas répondre à une question aussi simple. Et en matière d’investissements et de sécurité, les chasseurs de rendement n’ont aucun scrupule. Pendant dix ans, les voyageurs et le personnel des chemins de fer britanniques  ont réclamé le système ATP, qui actionne les freins lorsque le train brûle un feu. Celui-ci coûtait « trop cher » aux yeux des actionnaires de Railtrack. Après la grande catastrophe ferroviaire de Paddington en 1999, qui n’était déjà pas la première... l’Etat qu’on avait tellement vilipendé a fini par intervenir.

Les navetteurs britanniques voyagent dans des wagons pleins à craquer, serrés comme des sardines. S’ils ont de la chance. Car souvent, le train est annulé. La Grande Bretagne détient le record européen du nombre d’annulations de trains. Les réclamations fusent concernant les retards, les trains supprimés à la dernière minute, la mauvaise information, la sur-occupation, le chauffage défectueux, la saleté des wagons, des toilettes et des gares. Et le prix des billets ? Il a grimpé au point de compter parmi les plus élevés d’Europe. Il n’est pas étonnant que trois quarts des Britanniques réclament la renationalisation du chemin de fer. Take back the track. (Littéralement, « rendez-nous le rail »)
L’Etat européen tire une toute autre conclusion de l’histoire de Railtrack. La phase suivante de la libéralisation du chemin de fer est annoncée pour 2010. Sans vergogne, l’Europe veut continuer à attribuer les avantages au privé et les désavantages à l’Etat. Désormais, les entreprises privées ne se chargeront que de l’exploitation des lignes ferroviaires, c’est-à-dire des parties rentables. Le développement coûteux et l’entretien du réseau seront à la charge de l’Etat.

Pourquoi donc ? Il n’y a qu’une seule réponse. Les bénéfices privés supplantent l’intérêt général. A partir de 1973, le monde des affaires a commencé à convoiter le grand secteur des services publics. On pouvait y gagner beaucoup d’argent. Pourquoi ne mettrions-nous pas la main sur les secteurs qui, jusque là, nous ont échappé, se sont demandé les capitaines d’industrie européens. Ils se sont mis à faire pression sur la Commission européenne jusqu’à ce qu’elle accepte d’élaborer une nouvelle législation. Terminées les subventions aux institutions publiques. Terminés les transferts entre sections rentables et moins rentables –par exemple : utiliser le rendement de la livraison du courrier pour aider à financer l’exploitation des bureaux de poste. L’une après l’autre, les institutions publiques ont été démantelées afin de mettre en vente les parties les plus rentables.

C’est effectivement ce qui est arrivé. La privatisation a entraîné la réduction du service postal, la hausse faramineuse des factures énergétiques et la surcharge d’occupation des trains. Petit à petit, le virus pénètre également le secteur social. La santé publique, l’accueil de l’enfance et les soins aux personnes âgées, les prisons et les maisons de repos figurent sur la liste. Elles sont dans le viseur de la Commission européenne pour sa prochaine vague de libéralisation.

Mais les privatisations ne sont pas une fatalité. Il s’agit de décisions prises par des gens, et qui peuvent être annulées par d’autres gens. A l’autre bout de la planète, dans les années 80, une grande vague de dérégulations et de privatisations a submergé la Nouvelle Zélande. On a même trouvé un mot pour désigner ce phénomène, « Rogernomics », d’après le nom de l’homme-clé derrière ces mutations, le ministre des finances de l’époque Roger Douglas, un homme du Labour (parti travailliste). Deux décennies plus tard, le transport public se trouvait dans un état tellement déplorable que le gouvernement a été obligé de le racheter. En juillet 2008, le chemin de fer a été renationalisé. Le nouveau chemin de fer public a été baptisé Kiwirail. Plus tôt, le gouvernement avait également repris Air New Zealand, au bord de la faillite.

Ceux qui pâtissent le plus des privatisations sont ceux qui n’ont pas beaucoup les moyens. C’est logique. Ils n’ont pas assez d’argent pour payer le service qui, avant, était public. Rien que pour cela, la privatisation est moralement condamnable.
Les entreprises publiques et les services et établissements d’utilité publique ont une fonction dans la société que l’on ne peut mesurer selon les critères de la rentabilité capitaliste. L’enseignement, la santé, le transport, les crèches, l’approvisionnement en énergie et en eau, les soins aux personnes âgées, le logement, les bibliothèques publiques : ces services doivent être gérés par l’Etat, et rien que par l’Etat. Et il faut que les habitants aient leur mot à dire pour pouvoir exercer un contrôle public sur le servie commun.

21/09/2009

PRIVE DE PUBLIC

Privé de publicExtraits choisis du livre "Privé de public" de Gérard de Selys, paru aux éditions Aden, en 1995.
(Notez la justesse des propos qui, malgré la publication de l'ouvrage en 1995, ont une faculté analytique qui est encore actuelle telle que présentée, quinze ans plus tard, démonstration que les choses ne sont pas prêtes de changer dans cette société basée uniquement sur l'exploitation des travailleurs, dans le contexte public/privé. Le livre contient beaucoup d'exemples d'époque, auxquels depuis le temps, nous pourrions en ajouter une multitude, ce qui, plus que certainement, doublerait actuellement le volume de l'ouvrage.  Notez bien, les [ ] contiennent des éléments ajoutés par le blogueur à des fins soit d'actualisation des propos à notre époque, soit pour des précisions de compréhension, ces mots ne figurent donc pas dans l'édition originale.)

En couverture: "Les privatisations ne sont pas l'effet du hasard. C'est au début des années quatre-vingt que les grandes multinationales, conscientes de la gravité de la crise et effrayées par les perspectives de guerre concurrentielle ont commencé à lorgner en direction du secteur public. S'approprier ce secteur, assurant parfois jusqu'au cinquième  du produit intérieur brut d'un pays, était leur seule chance d'expansion. Une véritable guerre de conquête  a suivi, mûrement réfléchie et minutieusement préparée par les dirigeants de multinationales soutenues activement par les grandes institutions internationales."

Public ou privé, le profit d'abord.

Avant de se demander pourquoi ce gigantesque mouvement a lieu aujourd'hui et par qui il a été lancé, il faut comprendre pour quelles raisons, depuis deux siècles, l'économie capitaliste, l'économie qualifiée aujourd'hui "d'économie de marché" par pudibond néologisme, a régulièrement eu recours au processus inverse, c'est-à-dire la nationalisation. On ne peut répondre à cette question qu'en invoquant la première loi du capitalisme: le profit. Que l'on nationalise ou que l'on dénationalise, le but est toujours d'accroitre le profit. Contrairement à ce qui se passe dans une économie de type socialiste "planifiée" dans laquelle il s'agit de collectiviser  tous les moyens de production pour les placer au service de l'amélioration des conditions de vie et de travail de la population et sous le contrôle de celle-ci, les nationalisations opérées sous "économie de marché" ont pour but essentiel d'améliorer les possibilités d'augmentation de profit exigées par les, néologisme honteux oblige, "propriétaires privés des moyens de production" (autrement dit: les capitalistes).

Contrairement à ce qu'ils affirment, les propriétaires privés des moyens de production craignent prendre des risques. Surtout lorsqu'il s'agit de mettre en œuvre des nouvelles technologies requérant d'importants investissements de lancement. Des technologies promettant toutefois un développement de la production et du commerce. ….

…. De même qu'ils répugnent de prendre des risques en investissant dans de nouvelles technologies, les propriétaires privés des moyens de production peuvent confier à l'état qu'ils contrôlent la mission de gérer temporairement de vastes secteurs de l'économie nationale pour faire face à des situations de crise et mobiliser plus intensément l'effort de production. C'est dans ce cas, par exemple, en temps de guerre. ….

…. En outre, très conscients des limites et des dangers de l'économie de marché, les propriétaires privés des moyens de production (au 19ème siècle, grâce au suffrage censitaire, ils s'accordaient à eux seuls les instruments de la démocratie) ont toujours attribué un rôle de garde-fou aux institutions de leur état. ….

…. Les mêmes propriétaires des moyens de production répugnent à investir leurs profits dans des secteurs dont la rentabilité est lente, aléatoire et médiocre et confient à l'impôt public, c'est-à-dire la collectivité, le soin de financer, d'entretenir et de faire fonctionner les grandes infrastructures dont ils sont pourtant les premiers bénéficiaires. ….

…. Parfois, c'est la complète et très coûteuse désorganisation provoquée par la concurrence, ou les abus générés au contraire par la disparition de toute concurrence, auxquels il s'agit de mettre fin par la nationalisation. ….

…. Il arrive aussi qu'on nationalise un secteur connaissant un déficit chronique, donc non générateur de profits pour le secteur privé, mais dont la suppression poserait des problèmes économiques graves à ce même secteur privé. C'est le cas des chemins de fer à la fin du XIXème siècle. C'est le cas des mines de charbon en Grande-Bretagne et en France après la seconde guerre mondiale. C'est le cas aussi de la sidérurgie en Belgique. Ce sont parfois des mesures transitoires. On injecte des capitaux publics, on rationalise la production, on remet en état et on cède à nouveau au secteur privé.
Il arrive qu'on nationalise pour assurer des services bon marché aux entreprises privées. …..

C'est la crise. Sus au public!


Si la nationalisation et le secteur public ne sont pas incompatibles avec l'économie de marché, si même souvent ils ont été utiles aux propriétaires privés des moyens de production et le sont encore, il n'est pas inintéressant de constater que la même raison fondamentale qui les poussait à nationaliser les incite aujourd'hui à dénationaliser ou privatiser. Il s'agit toujours d'augmenter leurs profits. Quatre raisons essentielles expliquent leur changement de stratégie.

Premièrement: la crise. La crise entraîne une chute du taux de profit des entreprises dont les productions trouvent moins d'acquéreurs et dont les capacités de production sont donc sous-utilisées. ….
Deuxièmement, les progrès technologiques spectaculaires en matière de télécommunications et d'ingénierie financière. Les découvertes et l'application de nouvelles technologies (transistors, satellites, puces, circuits intégrés, fibre optique, ordinateurs, etc.…) simultanément dans les domaines de l'informatique et des télécommunications vont littéralement faire exploser les transactions financières et boursières spéculatives.  ….
Troisièmement, dans la foulée de l'acquisition de leur indépendance, payée souvent dans le sang, puis plus tard, dans le cadre de l'organisation des pays non alignés ou du "groupe des 77", les pays du tiers-monde avaient nationalisé leurs ressources naturelles, mines et gisements, et comptaient bien, à l'instar des pays exportateurs de pétrole, en revoir les prix à la hausse. Quelle présomption! On chargera donc le Fonds Monétaire International (FMI), la Banque Mondiale (BM), USAID, le Fonds Européen de Développement (FED) et d'autres organismes de leur faire entendre raison. ….
Quatrièmement, les entreprises et services publics emploient de grandes quantités de travailleurs bien organisés syndicalement et ayant obtenu, grâce à leur poids,  leur force sociale et leur combativité, mais aussi en échange de salaires moindres, de meilleurs statuts et de meilleures conditions de travail que dans le secteur privé. Le monde entier avait les yeux rivés sur la grande grève déclenchée par les postiers et les cheminots belges contre la "loi unique" en hiver 1960-1961. Et ni les patrons ni les gouvernants n'ont oublié que, malgré la mobilisation des réservistes de l'armée, la grève générale avait fait tomber le gouvernement et reculer l'application de cette "loi inique" profondément antisociale. ….

…. Les travailleurs des entreprises publiques représentent donc une force considérable. Or, la guerre concurrentielle que se livrent les entreprises des trois grands pôles économiques mondiaux devant mobiliser le plus de revenus possibles pour le secteur privé, il s'agit aussi de réduire le plus possible les coûts du travail et les budgets publics affectés à la sécurité sociale tout en introduisant de nouvelles formes de travail particulièrement pénibles et sous-payées: le travail dit "flexible", les emplois dits "atypiques", le travail partiel, le travail précaire, le télétravail.
Pas question d'appliquer ces panacées aux secteurs publics. Les syndicats veillent (…). Veillent du moins à ne pas perdre l'essentiel. Privatiser, c'est-à-dire appliquer la filialisation systématique et la sous-traitance, ce n'est pas seulement briser les statuts de fonctionnaires ou d'agents de l'état, c'est aussi diviser les travailleurs en unités plus petites, moins soudées, moins facilement mobilisables. C'est démanteler les puissants derniers bastions qui pourraient s'opposer à trop de destruction sociale, aussi bien dans les secteurs publics que privés. ….

La propagande [patronale] mine la lutte [ouvrière].

La propagande massive assénée par les milieux patronaux et par une partie majoritaire du personnel politique des pays occidentaux ainsi que le matraquage continu de la plupart des médias en faveur du secteur privé et de l'économie de marché ont eu raison de beaucoup. Aussi bien dans le public qu'au sein de nombreuses organisations syndicales, on a fini par intégrer ce discours et par croire qu'effectivement, la dette de l'état et le déficit public étaient à mettre sur le compte d'un "Etat providence" qui aurai gaspillé follement ses ressources à choyer des hordes de travailleurs fainéants, ire-au-flanc, profiteurs ou incompétents et qu'il fallait rembourser la première et réduire le second au plus vite au prix d'"inévitables" sacrifices. Très souvent on a fini par accepter, pièce par pièce, tous les éléments mis en place par les "propriétaires privés des moyens de production" pour mettre la main sur le gâteau public: signatures de "contrats de gestion" ou de "contrats de plan", transformation des services publics en "entreprises publiques autonomes", conclusions d'alliances "stratégiques", filiations, sous-traitance, remplacement de la notion de service public par celle de "service universel", augmentation de productivité des travailleurs, changement des statuts de personnels ou "adaptation" des règlements de travail. Le discours dominant a eu l'effet pervers de faire croire à de nombreux dirigeants syndicaux, en toute bonne foi, que l'autonomie de gestion qu'on proposait aux services publics permettait aux travailleurs de ceux-ci de prouver enfin qu'ils étaient en mesure de faire concurrence efficacement au secteur privé. Que les "contrats de gestion" leur permettaient de mettre en valeur leur saine gestion. C'était, dans leur esprit, le meilleur moyen de mettre un terme aux privatisations. ….

…. [Les exemples vécus depuis les années quatre-vingt] montrent que les syndicats ont, pour la plupart, intégré les critiques du patronat selon lesquelles les services publics fonctionnement mal, coûtent cher, sont peu "performants" et que seul le secteur privé peut rendre de meilleurs services à la société. La plupart des syndicats sont tombés dans le panneau du "contrat de gestion" et de "l'autonomie" des services publics. Aucun, ou presque, n'y a vu une tactique patronale soigneusement élaborée avant d'être appliquée dans le monde entier. ….

Les luttes [ouvrières] minent la propagande [patronale].

Les possédants ont peur de ceux qu'ils exploitent. Ils ont peur des travailleurs. Ils ont peur de la grève. [Les exemples historiques ne manquent pas pour le démontrer]. ….

…. S'il faut s'opposer aux privatisations ou dénationalisations, ce n'est pas parce que les nationalisations ou le maintien des entreprises et des services publics nous rapprochent d'une société dans laquelle appareils de production et services appartiendraient à la collectivité et seraient utilisés pour accroître le bien-être du plus grand nombre. On a vu que les propriétaires privés des moyens de production pouvaient eux-mêmes confier à leur Etat la gestion de services, d'infrastructures ou d'entreprises pour leur seul profit. La mainmise de l'Etat sur tout ou partie de certains secteurs de production ou de services ne signifie nullement que cet Etat ait des buts sociaux. Tout dépend de qui dirige l'Etat. Le plus grand nombre ou le plus petit. S'il faut s'opposer aux privatisations, c'est d'abord parce qu'elles signifient destruction sociale, appauvrissement général, misère, anéantissement culturel et, à terme, aggravation de la crise économique avec risque de guerre. Il faut s'y opposer parce que les privatisations constituent une arme redoutable contre les syndicats, c'est-à-dire contre les acquis, la culture, la solidarité et les capacités de mobilisation des travailleurs, aussi bien dans les secteur public que dans les secteur privé. [Plusieurs centaines de milliers d'emplois ont été perdus en Europe depuis les années quatre-vingt, par les privatisations].
Cela fait autant de travailleurs désormais isolés et dans l'incapacité de se mobiliser. Les luttes que mènent les agents ou employés des entreprises et services publics pour la sauvegarde de l'emploi sont aussi justifiées que celles qui se mènent pour la même raison dans une entreprise privée. Il faut s'opposer aux privatisations, enfin, parce qu'elles constituent un vol de ce qui appartient à la collectivité au seul profit de l'enrichissement rapide des nantis dans un monde déjà profondément inégalitaire. Il ne faut pas seulement s'opposer aux privatisations. Il faut exiger la restitution immédiate de ce qui a été accaparé. La reconstruction de ce qui a été détruit. Il faut revendiquer la renationalisation des entreprises et services publics privatisés.

Pour mener la lutte déterminée et difficile que demandera la défense des entreprises et services publics, l'information et une arme essentielle. Savoir quels sont exactement les mécanismes mis en place, quelles est exactement la stratégie cynique déployée méthodiquement depuis bientôt trente ans [comptés depuis nos jours, en 2009] par les nantis pour s'approprier les biens publics jusqu'au dernier sou, connaître le rôle tenu par chacun, y compris par les médias, est indispensable pour s'opposer avec succès au processus de privatisation.

10/02/2008

Table ronde le 19 février 2008 - La libéralisation des services publics.

 

Table ronde:

Après la Poste… La libéralisation des services publics, le nouveau traité européen veut-il «sans privé»?

Date et lieu:

Le mardi 19 février 2008, à 19h30 précises
À la Maison du Peuple de Dampremy, rue Jules Destrée, 11

Orateurs:

Pierre Eyben (membre du Bureau politique du Parti Communiste)
Michel Laurent (CGSP Poste Charleroi)
François Schreuer (Ancien président de la FEF, journaliste au journal Politique, fondateur du portail mouvements.be)
Jean-Marc Lauwers (Attac – CGSP Ministère)
Francis Dewalque (Forum Social de Belgique – groupe services publics)

Modérateur:

Maurice Magis (Journaliste au Journal du Mardi)

Une organisation de l'ASBL Le Progrès

06/11/2007

ELETROBEL

 

En marge du dossier "énergie", le site

 ELETROBEL

 (greenpeace) explique bien les enjeux et l'arnaque dont le peuple Belge est vitime depuis des décennies. (Mettre le son!).

En cas d'impossibilité de lecture de la petite séquence vidéo, téléchargez gratuitement "adobe flash player".

12:13 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : exploitation, liberalisation, arnaque, energie |  Facebook |

13/04/2007

Notre société (1)

Première partie:

08:02 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : societe, manipulation, domination, liberalisation |  Facebook |

Notre société (2)

Deuxième partie: 

08:00 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : societe, domination, manipulation, liberalisation |  Facebook |

02/04/2007

La privatisation du bien commun

La privatisation des biens collectifs ... en images