03/07/2010

Crise financière, les six étapes d’un désastre

(Extrait de "LEMONDEDIPLOMATIQUE")

Des subprimes à l’effondrement des dominos européens
Crise financière, les six étapes d’un désastre


L’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé, mardi 27 avril, la dette souveraine grecque au rang d’obligation douteuse, et abaissé celle du Portugal. Le lendemain, l’Espagne entrait dans le collimateur – à qui le tour ?

Dans les trois cas, l’agence dit fonder son appréciation sur les perspectives macroéconomique des pays concernés : une croissance faible ne leur permettrait pas d’acquitter leurs engagements. Mais quels facteurs assombrissent ainsi leur horizon économique ? On peut facilement identifier l’un d’entre eux : les coupes budgétaires mises en œuvre sous la pression… des investisseurs et des agences de notation.

La boucle est ainsi bouclée. Avec le recul, les pièces éparses des krachs économiques à répétition survenus ces trois dernières années composent peu à peu le thème d’un puzzle bien connu. Son cadre : la vague de déréglementation financière des années 1980. Son nom : à crise de marché, remèdes de marché.

Première étape : en 2007 les ménages américains, dont les revenus stagnent, notamment sous l’effet de la concurrence internationale, se trouvent dans l’incapacité de rembourser des prêts immobiliers attribués sans souci de garantie par les banques saisies d’ivresse. Depuis l’éclatement de la « bulle Internet » en 2000, la Réserve fédérale américaine maintient en effet des taux d’intérêts très bas, favorisant l’aventurisme des investisseurs.

Deuxième étape : en septembre 2008, la crise des subprime dégénère en crise bancaire, les bilans des établissements financiers se révélant farcis de crédits immobiliers insolvables ventilés aux quatre coins de la planète dans des produits financiers sophistiqués. Lehman Brothers chute ; la panique gagne ; les banques cessent d’accorder du crédit : l’économie est au bord de l’asphyxie.

Troisième étape : plutôt que de placer l’intégralité d’un secteur financier failli sous contrôle public, les gouvernements acceptent de le renflouer en l’état. Les Etats s’endettent hors de proportion pour sauver les banques et relancer l’économie. Mais, après vingt ans de baisse continue de la fiscalité, les recettes ne suivent pas. Entre la fin de l’année 2008 et le milieu de l’année 2009, la crise de la finance privée se convertit en gonflement de la dette publique et en crise sociale. Dans les pays occidentaux, le chômage grimpe en flèche.

Quatrième étape. Requinqués par l’afflux d’argent public et la remontée des Bourses, stimulés par des taux d’intérêts quasi-nuls, banques et fonds d’investissements reprennent leurs affaires ordinaires. Pendant la tourmente boursière, beaucoup ont reporté leurs avoirs du marché actions (perçu comme incertain) vers celui des dettes publiques (réputé sûr). Mais celles-ci enflent dangereusement et ne servent qu’un faible taux d’intérêt. Le faire monter : telle est la conséquence de « l’attaque » spéculative sur la dette souveraine des pays « périphériques » de l’Europe entamée après la révélation du maquillage des déficits grecs – carambouille effectuée avec l’aide de la banque d’affaires Goldman Sachs.

Cinquième étape. Dès lors que les puissances publiques se refusent à stopper la spéculation par la loi et par une aide immédiate à la Grèce, un cercle vicieux s’enclenche : il faut emprunter pour payer la dette ; réduire ses déficits pour emprunter ; tailler dans les dépenses publiques pour réduire les déficits ; abaisser les salaires, les prestations sociales et « réformer » les retraites pour réduire les dépenses publiques. Autant de mesures qui appauvrissent les ménages, obscurcissent les perspectives économiques et incitent les agences de notation à dégrader les titres de la dette souveraine…

D’abord présentée aux Etats, la facture adressée par les banques pour le prix de leur propre impéritie échoit alors à son destinataire final : les salariés.

Sixième étape. L’effondrement des dominos européens. Nous y sommes. Miroir de la désunion européenne, le plan d’aide à la Grèce entériné le 11 avril tente tardivement de concilier tous les antagonismes : l’intervention du Fonds monétaire international (FMI) avec le sauvetage des apparences communautaires ; la mise sous tutelle d’Athènes et le principe de souveraineté nationale ; l’intérêt bien compris des banques françaises et allemandes, lourdement exposées à la dette grecque, et le Traité de fonctionnement de l’Union européenne, qui interdit la solidarité financière avec un Etat membre (articles 123 et 125) ; le montant des prêts initialement prévus (45 milliards d’euros, dont 15 par le FMI) et les sommes désormais jugées nécessaires pour endiguer l’activité spéculative (deux, voire trois fois supérieures) ; le modèle économique rhénan qui comprime les salaires pour dilater les exportations, et les balances commerciales négatives de ses voisins ; l’agenda politique de la chancelière allemande Angela Merkel, confrontée à un important scrutin régional le 9 mai, et celui des dirigeants des pays les plus endettés qui voient l’orage spéculatif aborder leurs rivages.

En vertu de cet arrangement, la Grèce pourra emprunter à des taux moins élevés que ceux du marché (mais infiniment plus que ceux, pratiquement nuls, associés aux sommes débloquées sans limite par la Banque centrale européenne en faveur d’établissements privés en 2008 et 2009). Elle devra en contrepartie réduire de 5, voire de 6 points, un déficit budgétaire estimé à 14 % du produit intérieur brut. Une saignée violente, opérée prioritairement dans les budgets sociaux, mais déjà insuffisante aux yeux Berlin. Moins de dix jours après son annonce, les cortèges hostiles se succédaient dans les rues d’Athènes, le spectre du défaut de paiement planait sur l’Acropole, la crise de la dette souveraine gagnait la péninsule ibérique et les rumeurs d’éclatement de la zone euro se propageaient.

Faite d’improvisation, de crainte et de résignation face aux impositions de la finance, la réaction des Etats, des institutions européennes et du FMI se caractérise par l’absence de stratégie d’ensemble : on se contente de répercuter la contrainte des marchés tout en jurant d’y résister. Elle incite les pays membres à se démarquer mutuellement dans l’espoir d’échapper aux paris des investisseurs. Une fois les « partenaires » placés en situation de concurrence, c’est à qui exhibera le plan d’austérité le plus drastique. A Lisbonne comme à Athènes, à Dublin comme à Madrid, résonne un mot d’ordre unique : « rassurer les marchés » – un an auparavant, les dirigeants du G20 promettaient de les dompter. Au fond, la dynamique réfracte involontairement la logique réelle de l’Union européenne, promise à tous comme un espace de solidarité et finalement livrée au dumping social, salarial, fiscal et maintenant spéculatif… D’autres solutions s’offraient pourtant au choix des gouvernants.

Comme la mer qui se retire, la crise découvre la fragilité d’une construction qui, depuis son origine, repose sur un pari : l’union douanière et monétaire entraînera l’union politique et populaire. C’est peu dire qu’il est perdu.

Pierre Rimbert

31/05/2010

Appel : Pour une mobilisation européenne contre la dictature des créanciers

Appel : Pour une mobilisation européenne contre la dictature des créanciers
(Extrait de CADTM)


CADTM GrèceDepuis des mois, des manifestations ont lieu en Grèce pour s’opposer au plan d’austérité que le gouvernement, les dirigeants européens et le Fonds monétaire international ont décidé d’imposer au peuple grec. Aujourd’hui, la direction du pays n’appartient plus à ses élus mais est placée sous la tutelle du FMI et des institutions européennes échappant à tout contrôle démocratique.
Plusieurs grèves générales ont déjà eu lieu à l’appel de l’ensemble des syndicats et des partis politiques de gauche depuis le début de l’année 2010.
Cette lutte exemplaire fait écho à celles des peuples d’Europe orientale (Roumanie, Hongrie, Lettonie...), à celles des autres pays des Balkans (Bosnie...), d’Irlande et récemment d’Islande confrontés à des plans d’austérité similaires.

Les peuples de tous les pays d’Europe ont été, sont ou seront concernés par ces attaques qui veulent faire payer aux salariés, aux retraités, aux chômeurs, les effets d’une crise profonde dont ils ne sont en rien responsables.
En effet, ce sont les ‘marchés financiers’ (banques, assurances, fonds de pensions...) qui, par leurs pratiques spéculatives au service des actionnaires et des rentiers, sont responsables de cette crise financière qui prend pour cible la dette publique des pays.

D’où vient cette dette publique ?

Elle est principalement le fruit des politiques fiscales favorables aux individus les plus riches et aux grandes entreprises. La baisse des recettes que ces cadeaux aux riches ont entraînée a amené les gouvernements à financer par l’emprunt une partie croissante du budget. Plus récemment, la baisse d’activité économique a entraîné une réduction des recettes fiscales. Enfin, la mise en place des plans de sauvetage des banques a aggravé encore davantage les déficits publics sans que les pouvoirs publics n’en profitent pour prendre le contrôle du secteur financier afin d’en changer les pratiques.

Qu’a-t-elle financé ?

La dette publique des Etats n’a pas servi à financer des créations d’emplois, des améliorations des services publics et des infrastructures, elle a seulement servi à sauver la mise des coupables et à combler les déficits budgétaires ainsi provoqués.

Qui en profite ?

Ce sont justement ceux qui ont déjà bénéficié des réductions d’impôts (les ménages les plus riches), les banques et les grandes entreprises qui, dans le même temps, spéculent sur les titres de la dette publique et empochent les intérêts des obligations d’Etat. C’est ainsi une double récompense pour les fautifs.

Qui va payer ?

Mais c’est une double peine pour les victimes ! Ce sont les populations pauvres, ceux et celles qui vivent de leur travail qu’on veut pressurer aujourd’hui pour voler au secours des profiteurs de la dette :

• Baisse des salaires et des retraites,

• Casse de la protection sociale,

• Destruction des services publics,

• Remise en cause du droit du travail,

• Augmentation de la fiscalité sur la consommation, notamment la TVA.

Non seulement ces plans d’austérité ne règleront en rien les causes réelles de la crise, mais ils vont plonger des millions d’êtres humains dans la misère et la précarité.

Le réseau CADTM-Europe appelle l’ensemble des forces politiques, syndicales et associatives, à organiser dans l’unité, à l’échelle nationale et européenne, les mobilisations nécessaires pour s’opposer à ces attaques concertées contre les peuples d’Europe.

Refusons de payer leur crise. Préparons un vaste mouvement social contre la dette et les causes de cette crise !

Au lieu de ces plans d’austérité, il faut s’attaquer à la racine du problème :

• En expropriant les banques pour les transférer au secteur public sous contrôle citoyen

• En réalisant un moratoire unilatéral (sans accumulation d’intérêts de retard) sur le paiement de la dette le temps de réaliser un audit (avec participation citoyenne) des emprunts publics. Sur la base des résultats de l’audit, il s’agira d’annuler la dette illégitime.

• En instaurant une véritable justice fiscale et une juste redistribution de la richesse

• En luttant contre la fraude fiscale massive dont sont responsables les grandes entreprises et les plus riches

• En remettant au pas les marchés financiers, par la création d’un registre des propriétaires de titres, par l’interdiction des ventes à découvert...

• En réduisant radicalement le temps de travail pour créer des emplois tout en maintenant les salaires et les retraites

• En socialisant les nombreuses entreprises et services privatisés au cours des 30 dernières années.

Créons une vaste mobilisation populaire dépassant les frontières car il faut faire converger les luttes locales sur le plan international pour venir à bout des politiques de régression sociale.

07/02/2010

Etats-Unis : la prise de contrôle de la démocratie par les corporations (Noam Chomsky)

7 février 2010
Etats-Unis : la prise de contrôle de la démocratie par les Corporations (In These Times)

Noam CHOMSKY (Article traduit et paru sur le site "LEGRAND SOIR.INFO")


noam_chomsky_human_rightsDésormais les dirigeants des corporations (*) pourront acheter directement les élections sans passer par des intermédiaires. La Cour Suprême des Etats-Unis vient d’augmenter considérablement le pouvoir d’une petite minorité de la population qui contrôle l’économie.

Le 21 janvier 2010 entrera dans l’histoire comme une journée noire pour la démocratie aux Etats-Unis et le début de son déclin.

Ce jour-là, la Cour Suprême des Etats-Unis a rendu un jugement qui précise que le gouvernement n’a pas le droit d’empêcher les corporations d’investir directement dans les élections – une décision qui affectera profondément la politique du gouvernement, aussi bien intérieure qu’extérieure.

Cette décision annonce un renforcement de la mainmise des Corporations sur le système politique des Etats-Unis.

Selon les éditorialistes du New York Times, la décision « frappe au coeur même de la démocratie » en « ouvrant la voie aux Corporations qui pourront consacrer leurs vastes trésoreries à noyer les campagnes électorales et intimider les élus à défendre leurs intérêts. »

Désormais les dirigeants des Corporations pourront acheter les élections directement, sans passer par des moyens indirects plus compliqués. On sait que les contributions des Corporations, parfois présentées sous des emballages complexes, peuvent faire basculer une élection et décider de la politique. La Cour vient d’augmenter considérablement le pouvoir d’une petite minorité de la population qui contrôle l’économie.

La « théorie d’investissement en politique » de l’économiste politique Thomas Ferguson est un très bon outil de prédiction de la politique à long terme du gouvernement. Cette théorie considère que les élections sont des occasions offertes au secteur privé pour nouer des alliances et investir dans la prise de contrôle de l’état.

La décision du 21 janvier ne fait que renforcer les moyens consacrés au sabotage de la démocratie.

Le contexte est très révélateur. Dans son exposé, le juge John Paul Stevens a admis que « depuis longtemps nous avons reconnu que les Corporations étaient protégées par le Premier Amendement » - l’article de la Constitution qui garantit la liberté d’expression, ce qui inclut le soutien de candidats aux élections.

Au début du 20eme siècle, les théoriciens et les tribunaux ont appliqué la décision de 1886 qui considère que les Corporations – ces « entités légales collectivistes » - ont les mêmes droits que les personnes physiques.

Cette attaque contre le libéralisme classique a été sévèrement condamnée par une espèce de conservatisme en voie de disparition. Christopher G. Tiedeman a décrit ce principe comme « une menace pour les libertés individuelles et pour la stabilité des états américains en tant que gouvernements populaires ».

Morton Horwitz écrit dans son histoire de la justice que le concept de personnification des Corporations a évolué lorsque le pouvoir s’est déplacé des actionnaires vers les dirigeants, pour finalement aboutir à la doctrine selon laquelle « les pouvoirs du conseil d’administration sont identiques à ceux de la corporation ». Quelques années plus tard, les droits des Corporations ont été étendus bien au-delà de ceux des personnes physiques, notamment par les mal nommés « accords de libre échange ». Selon ces accords, par exemple, si General Motors monte une usine au Mexique, elle peut exiger d’y être traitée comme n’importe quelle entreprise mexicaine (« traitement national ») – contrairement à un Mexicain fait de chair et de sang qui chercherait un « traitement national » à New York, ou même un minimum de respect pour les droits de l’homme.

Il y a un siècle, Woodrow Wilson, à l’époque un universitaire, a décrit une Amérique dans laquelle « un petit groupe d’hommes, » des dirigeants d’entreprises, « détiendraient un tel pouvoir de contrôle sur la santé et l’économie de leur pays » qu’ils en deviendraient « les concurrents directs du gouvernement ».

En réalité, ces « petits groupes » sont devenus de plus en plus des maîtres de gouvernements. Le dernier jugement rendu par la Cour Suprême leur offre encore plus de perspectives.

La décision du 21 janvier est tombée trois jours après une autre victoire des riches et puissants : l’élection d’un candidat Républicain Scott Brown en remplacement du feu sénateur Edward M. Kennedy, le « lion libéral » du Massachusetts. L’élection de Brown a été décrit comme un « soulèvement populiste » contre les élites libérales qui dirigent le gouvernement.

L’examen du vote raconte une toute autre histoire.

Le taux de participation a été élevé dans les beaux quartiers et faible dans les quartiers à majorité Démocrate. « 55% des électeurs républicains se sont déclarés « très intéressés » par l’élection, » a révélé un sondage du Wall Street Journal/NBC, « contre 38 % des Démocrates. »

Les résultats constituent donc bien un soulèvement, mais un soulèvement contre la politique du Président Obama : selon les riches, il n’en faisait pas assez pour les enrichir encore plus tandis que selon les pauvres, il en faisait justement trop dans ce sens.

La colère populaire est compréhensible, si on considère que les banques prospèrent, grâce aux sauvetage, alors que le taux de chômage a grimpé à 10%

Dans l’industrie, un travailleur sur six est sans emploi – le même niveau de chômage que pendant la Grande Dépression. Avec une financiarisation croissante de l’économie et un décroissement de l’industrie productive, les perspectives de retrouver les emplois perdus sont faibles.

Brown s’est présenté comme le 41eme vote contre l’assurance santé – c’est-à-dire la voix qui pouvait renverser la majorité du Sénat.

Il est vrai que le programme d’assurance santé d’Obama a été un facteur important dans l’élection du Massachusetts. Les titres des journaux sont corrects lorsqu’ils annoncent une désaffection du public pour ce programme.

Les sondages expliquent pourquoi : la loi ne va pas assez loin. Le sondage Wall Street Journal/NBC a trouvé qu’une majorité d’électeurs désapprouvaient la gestion de la santé à la fois par les Républicains que par Obama.

Ces chiffres confirment ceux de sondages nationaux récents. Respectivement 56% et 64% des sondés se sont déclarés en faveur de deux mesures importantes du projet d’assurance santé, mesures qui ont pourtant été abandonnées (« public option » et « Medicare buy-in at 55 » - NdT).

85% pensent que le gouvernement devrait avoir le droit de négocier le prix des médicaments, comme cela se pratique dans d’autres pays ; Obama a rassuré la Grande Industrie Pharmaceutique qu’il abandonnerait cette mesure.

Des larges majorités se sont déclarées en faveur des réductions de coûts, ce qui est logique : la santé coûte par habitant aux Etats-Unis environ le double que dans les autres pays industrialisés alors que sa qualité se situe tout en bas de l’échelle.

Mais une réduction des coûts ne peut pas être sérieusement envisagée lorsque les compagnies pharmaceutiques bénéficient de telles largesses, et que l’assurance santé se trouve virtuellement entre les mains d’un secteur privé déréglementé – un système coûteux particulier aux Etats-Unis.

La décision du 21 janvier pose de nouveaux obstacles sur le chemin d’une véritable assurance santé, ou d’une véritable politique de l’environnement ou de l’énergie. Le fossé entre l’opinion publique et le monde politique ne fait que se creuser. Et l’ampleur du coup qui vient d’être porté à la démocratie américaine est difficile à imaginer.

Noam Chomsky

08:59 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : capitalisme, liberalisme, corporatisme, exploitation, chomsky, imperialisme, usa |  Facebook |

19/12/2009

L’UE et la Hongrie : colonisation, désindustrialisation et déstructuration

(Extrait de: LE GRAND SOIR)

Judit MORVA

arton9650-af2b8Avec l’adhésion des pays d’Europe de l’Est, les dirigeants européens, sans avertissement, ni déclaration formelle, ont modifié le projet d’intégration européenne. Au lieu de mettre en place un programme de développement et d’intégration économique avec un plan de finance à long terme, l’élargissement de l’UE a créé une division territoriale durable entre deux catégories de pays. Les pays d’Europe de l’Est - qui totalisent pourtant 100 millions de personnes - sont pris au piège en tenant le rôle de pays sous-développés.

Sans le dire ouvertement, la Commission a imposé une zone de libre-échange, et ces pays n’ont plus aucun contrôle sur leur propre évolution. Au nom de la concurrence et de l’efficacité, l’Union a exigé une privatisation rapide, l’ouverture des frontières et une politique libérale, bien au-delà de ce qui s’est produit pour les membres historiques de l’UE. Afin de décrire la situation des derniers arrivés, les mots « colonisation », « désindustrialisation » et « déstructuration » ne sont pas trop forts.

En Hongrie, l’agriculture et l’industrie ont été entièrement privatisées. Les nouveaux propriétaires - souvent des multinationales - étaient d’abord intéressés par les opportunités, non pas par la production, ce qui a conduit à la fermeture de nombreuses usines. Prenons l’exemple de la fabrication du sucre : alors que le pays comptait six usines, il n’y en a plus une seule depuis que le secteur a été privatisé. Et tout le sucre doit être désormais importé.

La situation sociale est tout aussi désastreuse. La Hongrie est un pays de dix millions d’habitants, et depuis 1990, 1,4 million d’emplois ont été supprimés, ce qui représente plus d’un quart des emplois réguliers. En retour, le travail non-réglementé représente entre un quart et un tiers de l’activité économique du pays. Des centaines de milliers de travailleurs travaillent au noir, sans aucune protection. Leurs conditions de travail et le nombre d’heures ne sont pas réglementés. Ils ne cotisent pas pour leur retraite, ni pour la sécurité sociale.

La conséquence directe est une baisse des recettes provenant de ces revenus. Le pays est dans une spirale sociale négative. Au nom des budgets équilibrés, l’UE fait pression sur la Hongrie pour réduire drastiquement les avantages acquis sous le régime socialiste et privatiser sans fin tandis que la pauvreté augmente chaque année.

La sous-traitance industrielle, qui crée une concurrence entre les travailleurs d’Europe centrale et orientale avec ceux des pays les plus anciens de l’Union, est basée sur cette combinaison de faibles salaires et de travail illégal. Les multinationales embauchent aux conditions locales, régulières, mais sur un marché du travail non-réglementé. La désindustrialisation, qui a suivi la privatisation et le démantèlement des services sociaux, a créé un environnement économique qui fait de la Hongrie un pays fournisseur de main-d’œuvre bon marché. Cela ne peut pas créer une structure industrielle viable et cohérente. Cela n’offre aucune perspective pour le peuple magyar. C’est une impasse pour le développement.

En Hongrie, l’État providence a disparu ou est en voie de disparition. La structure socio-économique est une source de tension permanente, mais aussi d’instabilité durable car cette dynamique de développement ne peut pas aider le pays sortir de cette impasse. L’écart de niveau de vie entre les deux parties de l’Europe crée des tensions et déstabilise la construction de l’Union. La crise financière aggrave encore la situation budgétaire de chaque pays sans aucune solution en vue, pas même dans le long terme. Cette crise systémique est un appel ouvert à la réflexion sur le projet même de l’Union comme région de stabilité et de bien-être.

Source : Transform Network=hungary]

05/11/2009

Investissement, compétitivité, libre-échange, flexibilité : les quatre principes idéologiques de la régression sociale

Investissement, compétitivité, libre-échange, flexibilité : les quatre principes idéologiques de la régression sociale

 

Corinne Gobin (directrice du GRAID-Institut de Sociologie, ULB)

 

Comprendre les enjeux socio-politiques liés à des débats qui a priori paraissent très techniques, (les débats liés à la liberté de l'investissement et au libre-échange commercial et financiers), c'est avant tout comprendre que l'on se trouve dans une situation de confrontation idéologique très rude entre conceptions du monde diamétralement opposées : d'une part, une vision de libéralisme économique où l'économie est la fin de l'activité humaine et  n'a pas d'autre objectif que de chercher par tous les moyens à amplifier les rapports de domination politique et économique d'une branche très aisée de propriétaires financiers sur le reste de la population; d'autre part, une vision où les droits collectifs pour la réalisation de l'émancipation et du bien-être des populations font de l'économie un moyen parmi d'autres pour réaliser ces fins.

Or cette confrontation a beaucoup de mal à s'inscrire dans le débat démocratique  car tout est fait pour que le vocabulaire mobilisé dans la mise  en œuvre du projet néo-libéral soit banalisé et considéré par tous comme relevant de l'évidence et de la nécessité -et l'action quotidienne des grands médias  détenus par les grands groupes mondiaux financiers a, à ce titre, un rôle central pour nous habituer peu à peu à penser avec en tête des références saturées par l'idéologie néo-libérale.

Ainsi, les termes mobilisés pour faire ratifier des accords de libre-échange par les Parlements peuvent paraître tout à fait "normaux" et "naturels", faisant partie du vocabulaire économique banal : ils ne le sont pas! Parce que, en tant qu'outils au service de la diffusion d'une manière unique de penser la société, ils prennent sens, non pas séparément, mais à l'intérieur d'un réseau de significations  et de représentations particulières du monde où chaque mot se trouve en résonance avec les autres pour s'attacher à banaliser la même idée : toute l'énergie et les ressources de la société doivent être mobilisées au service de la constitution d'une rente de plus en plus élevée pour ceux qui détiennent le pouvoir financier.

Le néo-libéralisme hypertrophie la place de l'économie dans la société en vue d'imposer et de démultiplier le pouvoir des propriétaires de capitaux.

Pour que, collectivement, il nous soit possible de remettre l'économie à sa "juste place", celle de moyen au service de la réalisation des valeurs démocratiques (accès égal à tous aux droits sociaux individuels et collectifs : enseignement, santé, logement, sécurité sociale, environnement protégé et non dégradé,…), il nous faut au préalable démystifier ensemble  ce vocabulaire au service de l'idéologie de la rente dont on voudrait nous nourrir et nous pétrir comme s'il était immanquablement notre pain quotidien.

 

Le dogme du libre-échange

 

Dans le mode de pensée néo-libérale, liberté de l'investissement, liberté des échanges (commerciaux et financiers), compétitivité et flexibilité sont inextricablement liés; la grande force de la droite politique depuis près de 25 ans est d'avoir réussi à nous les présenter non comme la base d'un programme politique de droite, nécessairement régressif sur le plan de la sauvegarde et de l'extension du progrès social collectif, mais comme les mots d'ordre nécessaires au fonctionnement normal de toute économie. Ils ont même peu à peu été intégrés comme tels dans les programmes des partis sociaux-démocrates et des organisations syndicales.

Ces mots forment un système sémantique  qui avalise le dogme du libre-échange. En tant que dogme, celui-ci s'inscrit nécessairement dans une logique d'intolérance où tout ce qui concourt à la réalisation du projet néo-libéral est nécessairement positif, sur la voie de la raison, du progrès et de la modernité alors que ce qui s'y oppose est présenté comme périlleux, rétrograde et intolérable. Certains mots, qui expriment un projet contraire, deviennent dès lors "tabous" et chargés d'une charge négative tellement puissante qu'il devient impossible de les mobiliser dans un débat libre et démocratique. Il est de notre tâche collective  d'aider à libérer ce débat à travers une invitation à interroger le sens des mots.

Libre-échange est ainsi opposé à protectionnisme : on voit tout de suite le jeu idéologique sous-jacent. Un des termes est positivé par son association à libre (qui pourrait être contre la liberté?) tandis que l'autre renvoie à l'idée d'un repli négatif et égoïste sur soi-même (qui assumerait cette image égoïste?). Construire un modèle alternatif qui affronte le néo-libéralisme passe dès lors par la nécessité de renverser cette échelle de valeurs qui nous est imposée et donc de désigner les choses d'une autre façon, de sortir des carcans lexicaux qui nous sont imposés.

Le libre-échange n'est rien d'autre que l'imposition d'une économie déréglementée, désignons-le comme tel tandis que le protectionnisme recouvre en fait souvent le droit pour chaque Etat démocratique à exprimer son indépendance dans ses choix d'organisation de la société (le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes).

Renverser les valeurs c'est dès lors considérer qu'un Etat sur le plan économique doit essentiellement se consacrer à produire des biens et des services nationaux qui seront essentiellement échangés sur les marchés nationaux, l'échange international de biens n'étant valorisé et envisagé que si et seulement si il ne vient pas perturber les grands équilibres nationaux sociaux (emploi, redistribution des richesses, réalisation des droits sociaux collectifs) et environnementaux (lutte contre le gaspillage de l'énergie et des ressources naturelles, limitation  maximale des pollutions). En quelques mots, l'économie nationale doit être l'essentiel et le commerce international, l'accessoire.

Si ce genre de proposition tend aujourd'hui à paraître insensée et iconoclaste tant nous avons été habitué à "macérer" par la voie des médias dans la banalisation du libéralisme économique, rappelons qu'il n'y a pas de cela si longtemps, cette pensée était un des axes-clé des analyses proposées par l'économiste John Maynard Keynes : "Je suis donc de ceux qui veulent minimiser les imbrications économiques des nations. Les idées, le savoir, l'art, l'hospitalité, le tourisme : voilà des choses internationales par nature. En revanche, laissons les biens à leur place chaque fois qu'il est raisonnable, commode et possible de les y laisser; notamment confinons la finance au secteur national".[1]

Ce droit des peuples à disposer de leur économie nationale repose sur un projet qui défend la valorisation des droits socio-politiques démocratiques et l'action collective pour sauvegarder les équilibres écologiques comme principes premiers du fonctionnement d'une société :

-une production nationale, c'est avant tout un débat politique national pour discuter des priorités de développement et un contrôle socio-politique national sur l'organisation de la production et donc du travail (et des emplois) ainsi que de la redistribution des richesses nationales. Plus la production est locale et plus il est démocratiquement possible d'en débattre et de la contrôler collectivement. Dans l'histoire du développement du capitalisme industriel des pays d'Europe occidentale, le renforcement de la dégradation des conditions de vie et de travail de la main-d'œuvre ouvrière est toujours allée de pair avec l'accroissement de l'ouverture internationale du commerce et des finances;

-un constat est à faire : plus de la moitié du commerce international est composé d'échanges simultanés de mêmes biens (les Français consomment de l'eau en bouteille italienne et les Italiens de l'eau française). La situation est encore plus absurde dès que les distances d'échanges s'accroissent (entre les Américains et les Européens par exemple). Le savoir et le savoir-faire peuvent devenir internationaux (échanges des pratiques, des techniques et des "recettes") mais les biens matériels qui en sont issus, principalement, nationaux. Il faudrait en effet enfin prendre la mesure de cet invraisemblable gaspillage d'énergie et de ressources inutile (transport et frigorification de ces biens) dans ce projet du "tout-échange" extrêmement coûteux pour chaque collectivité nationale (l'énergie n'est jamais payée au prix coûtant par les industriels mais subventionnée par l'Etat) et in fine pour la collectivité internationale (l'accroissement des échanges et donc de l'utilisation des transports participe à un degré élevé à la production des pollutions atmosphériques, terrestres et aquatiques).

Ce contrôle démocratique national de l'économie ne signifie en aucune façon le retour à de dangereux penchants nationalistes teinté de chauvinisme belliqueux et/ou d'attitudes xénophobiques lorsqu'il s'insère dans une valorisation de l'échange international des cultures et des savoirs où les êtres humains seraient au contraire amenés à circuler librement.

Remarquons encore le paradoxe de l'association entre "libre" et "échange" dans ce modèle de libéralisme économique  : tant l'histoire de ces rapports économiques que son actualité  s'appuient sur l'imposition de rapports de domination explicites ou implicites (le colonialisme et l'impérialisme sous ses formes anciennes et modernes), la liberté n'étant celle que des plus forts.

 

Le dogme de la liberté de l'investissement

 

Ce modèle des biens qui circulent sans aucune entrave s'accompagne aujourd'hui d'un discours sur la promotion de la liberté de l'investissement. Au moins deux manipulations sémantiques sont à relever dans ce discours légitimateur du libre-échange financier.

En premier lieu, la notion d'investissement aujourd'hui prônée ne correspond pas à ce que le sens courant à l'habitude d'entendre par ce terme, se reposant encore sur l'imaginaire des années soixante où l'investissement économique était envisagé sous l'aulne keynésien comme une mise en œuvre directe de capitaux en vue d'accroître la production de biens matériels (développement ou création des activités de production). Le sens d'investissement est en effet aujourd'hui contaminé par le terme anglo-saxon investment qui en français était anciennement rendu par "placement financier", le fait de disposer de son capital en vue de le faire fructifier[2].

Dès lors, lorsque les accords bilatéraux sur la liberté des investissements sont promus par la Belgique, cette promotion laisse supposer l'idée que l'on va aider à accroître la capacité d'un autre pays à développer de la richesse nationale (investissement productif) alors que ce qui est réellement en jeu est tout autre. Ce type de traité bilatéral promeut en effet l'idée qu'un Etat doit intervenir pour consacrer  un droit privé sur tous les autres droits publics élaborés par l'autre Etat : le droit de la défense et de la protection de la rente privée, c'est-à-dire le droit pour n'importe quel individu propriétaire de tout type de placement (fonds, brevet dont les brevets sur les OGM, actions,…) de faire primer son droit de propriétaire sur toute autre réglementation publique. Ce type de traité nous replonge ainsi directement en plein 19ème siècle où l'activité de l'Etat bourgeois était principalement assimilée à la promotion des "affaires" (commerciales, financières, …) et à leur protection.

Une autre manipulation sémantique provient du fait que ces traités sont présentés comme défendant et protégeant les capitaux nationaux (dans notre cas, belges) investis à l'étranger. Deux remarques sont à faire devant ce type de déclaration : premièrement, l'intrication actuelle des capitaux étrangers dans la constitution des actifs des entreprises et des groupes financiers situés sur le territoire belge est aujourd'hui telle que la notion de "capital national" à protéger, pour un pays comme la Belgique, devient surréaliste; deuxièmement, à l'inverse de la logique du développement et du contrôle national de l'économie,  un capital qui va s'investir à l'étranger se place dans une logique de délocalisation qui s'appuie le plus souvent sur la volonté de fuir les contraintes nationales de respect des droits sociaux et environnementaux. Ce type de traité valorise ainsi une attitude générale de contournement des droits collectifs, au détriment en premier lieu de l'emploi national.

 

 La compétitivité et la flexibilité

 

Ce rapide tour d'horizon des mots qui participent à la constitution du dogme du libre-échange doit servir aussi à rappeler, qu'à contre-courant du sens construit par les médias, la "compétitivité" d'une entreprise n'est pas synonyme de sa "rentabilité" et que la flexibilité imposée au salarié(e) dans ses conditions de travail n'est aucunement la possibilité qui lui est offerte pour accéder enfin à la liberté.

Compétitivité et flexibilité (qu'elle soit négociée ou non, peu importe) sont partie intégrantes du dogme du libre-échange. Ce dogme, comme nous venons de l'expliquer, étant centré sur la consécration du droit privé du propriétaire du capital à produire de la rente comme primant  sur toute autre considération, la compétitivité s'assimile à la recherche de la maximisation de cette rente. Soit à travers l'idéologie de l'exportation à tout pris (le "tout-échange" vu précédemment  qui conduit à la recherche incessante de nouvelles parts de marché sur un marché mondial et par conséquent à la concentration économique sur le plan mondial); soit à travers l'idéologie de la flexibilité qui fait reporter la contrainte et les risques de ce système instable (la conquête de nouvelles parts de marché à tout prix) sur le collectif des travailleurs par un abaissement des salaires (le niveau de la masse salariale calculée en pourcentage du PIB est aujourd'hui largement inférieure à celle qu'elle était en 1960 dans les pays d'Europe occidentale), par une détérioration de leur droits et statuts (contrats précaires et statuts individualisés, diminution des droits de prestation sociale) et par une dégradation de leurs conditions  de travail (augmentation de la durée du travail, de l'intensité de travail, perte d'autonomie dans les tâches,…).

 

Libre-échange, liberté de "l'investissement" privé, compétitivité et flexibilité constituent le noyau idéologique du néo-libéralisme qui offrent aux propriétaires de capitaux le droit privé, de plus en plus construit comme inviolable par la protection d'une prolifération de traités économiques, de ponctionner individuellement, en court-circuitant toute délibération socio-politique collective, une part de plus en plus élevée de la richesse produite par le collectif des salariées et salariés.



[1] Cité par l'économiste Herman Daly, in "Les périls du libre-échange", in Pour La Science, n°195, janvier 1994, article qui a, notamment, inspiré ce texte.

[2] Cf Jean-Claude Deroubaix, "Le vocabulaire de la mondialisation. L'exemple des accords de protection des investissements", à paraître dans la revue MOTS pour un dossier spécial sur le vocabulaire de la mondialisation.

05/09/2007

Encore et toujours Demotte, l'antisocial!

Visible sur  http://demotte.wallonie.be/site/Textes.asp?DocID=516&v1ID=&RevID=&namePage=&pageParent=

Rudy Demotte présente son Pacte social pour la Wallonie [29/08/2007]

Rudy Demotte a présenté son Pacte social pour la Wallonie. Il estime que pour "mettre les Wallons au travail", la paix entre patrons et syndicats est nécessaire.

 

"Il faut un nouveau pacte social wallon, liant mouvement syndical, patronat, responsables publics", estime Rudy Demotte. Se référant à l'accord obtenu à Charleroi dans le cadre du dossier Ryanair, le ministre-président wallon estime par ailleurs qu'un "délai minimal à respecter avant d'entreprendre des actions de type grève semble être une dynamique qui pourrait être étendue à d'autres secteurs". "Le principe d'une grève sauvage est un type d'action à proscrire dans une Région qui s'attache à réussir son redéploiement économique", avance-t-il. Il pense que pour les investisseurs, "notre Région pâtit encore de son image gréviste". Il attend également du patronat qu'il considère les syndicats comme son premier partenaire et qu'il s'engage dans un processus de concertation sociale plus important. "Je souhaite des engagements forts tant en ce qui concerne la qualité des contrats, les salaires ou encore la formation". Rudy Demotte prévient: "Je serai un ministre-président de terrain. J'irai partout où les choses bougent en Wallonie, habité par une obsession quasi monomaniaque".

 

Analysons un peu mieux ce texte :

 

Il dit que « pour "mettre les Wallons au travail", la paix entre patrons et syndicats est nécessaire. », doit-on entendre par là que:

1°) Les Wallons ne travaillent pas ? Que sont-ils alors ? Des fainéants ?

2°) La paix est nécessaire (?), or, trouvez-vous qu’il y ait encore beaucoup de grèves actuellement ?

3°) Que peut-on comprendre à propos de "paix entre patrons et syndicats" ? Les travailleurs devront complètement "fermer leur gueule" et se soumettre complètement aux volontés du Patronat et des actionnaires ?

 

Il dit que "Il faut un nouveau pacte social wallon, liant mouvement syndical, patronat, responsables publics", cela veut-il dire que:

1°) Les pactes étant une imposition des volontés du patronat aux travailleurs, ces derniers seront davantage muselés par des réglementations strictes et abusives ?

2°) En précisant "mouvement syndical", le syndicat servirait à quoi ? Il ne servirait plus que d'organisme de paiement aux chômeurs ? (oh! Pardon, les "travailleurs sans emploi").

 

Il dit qu'un "délai minimal à respecter avant d'entreprendre des actions de type grève semble être une dynamique qui pourrait être étendue à d'autres secteurs". "Le principe d'une grève sauvage est un type d'action à proscrire dans une Région qui s'attache à réussir son redéploiement économique", Ce qui confirme que:

1°) Ca sous-entend: "Syndicats, fermez vos gueules et laissez-nous faire, c'est nous qui décidons" ?

2°) Sachant qu'une grève est toujours un acte sauvage, car ressentie durement par les travailleurs privés de leur salaire, ce moyen de lutte est toujours le dernier recours lorsque des négociations n'aboutissent pas; cela veut-il donc dire que le patron aura beau jeu car toute négociation ne devra plus être nécessairement sanctionnée par un mouvement de grève ?

 

Demotte, n'oublies surtout pas ton tablier BLEU lorsque tu te rendras partout où les choses bougent, comme pour tous tes copains du PS!

01:35 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : demotte, antisocial, droit_de_greve, exploitation, liberalisme, actualite |  Facebook |

27/08/2007

Flexicurité; Cuba - EM n°79

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"Moderniser le droit du travail pour relever les défis du 21ème siècle."
C'est sous ce titre éloquent que la commission européenne a publié un livre vert à la fin de l'année 2006. C'était le baptême officiel du modèle de flexicurité.Derrière ce nouveau concept, selon Jo Cottenier, se cache une véritable atteinte au droit du travail. Au nom de la flexibilité, il est prévu de démanteler une bonne partie de ce qui protégeait le travailleur du licenciement abusif. En matière de sécurité d'emploi, plus rien ne sera garanti, sauf la promesse d'aider le travailleur qui a perdu son emploi à en trouver un autre.En Allemagne, les réformes Hartz sont un avant-goût de ce qui attend les autres pays européens en matière de mesures pour encourager la flexicurité, explique le Dr Erich Meuerer.La manière dont les atteintes aux acquis sociaux ont été abordées au Luxembourg est détaillée par Ali Ruckert.

Quel est le secret de cinquante ans d'opposition fructueuse aux tentatives des Etats-Unis pour rétablir à Cuba les conditions de "capitalisme casino" d'avant 1959? Eugenio Suarez Pérez explique comment le parti communiste Cubain œuvre continuellement au renforcement de ses liens avec les masses. Une expérience dont peuvent s'inspirer tous les partis communistes du monde.

Un parti communiste pour répondre aux défis du 21ème siècle, c'est le sujet de la résolution générale du séminaire communiste international de Bruxelles de mai 2007, résolution approuvée, au moment de la clôture de ce numéro, par 49 partis et organisations communistes.

Pour commander ce N° d'études Marxistes:www.marx.be è Etudes Marxistes è Vente è Commander.

19/08/2007

Hausse des prix pratiqués par Electrabel

 Il n’est jamais trop tard: à son tour, la CNE dénonce les tarifs d’ELECTRABEL ...  

La marchandisation, le libéralisme, la libre concurrence, l’économie de marché: les "bienfaits" du réformisme, de l’opportunisme, de l'intégration au capitalisme et à l’Euro-dictature des multinationales, à l’exploitation de l'homme par l’homme ..., y compris sur le plan syndical:

Roger Romain  

 

La CNE nous informe que : "La libéralisation du secteur du Gaz et de l'Electricité va apporter des baisses de prix pour les particuliers et les entreprises. "  Voilà le credo de la Commission européenne pour justifier la privatisation de ce secteur.  Aujourd'hui, nous savons qu'il n'en est rien. Au contraire, nous constatons les dégâts de 3 ans de libéralisation en Flandre:

   -+ augmentation des tarifs,

   -+ augmentation des prix du raccordement,

   -+ augmentation du nombre de compteurs limités (appelés compteurs à budget) ; ce qui prouve une précarisation accrue des ménages.

   Depuis le 1er janvier 2007, la Wallonie et Bruxelles sont à leur tour dans la tourmente libérale et Electrabel a décidé de frapper fort. Le gaz va augmenter de 13 à 20 % en septembre prochain pour les particuliers et l'électricité va aussi augmenter pour les entreprises.  Vous devez savoir qu'Electrabel appartient à la société multinationale Suez, que celle-ci veut, avec l'aide de la droite française, mettre la main sur GDF (Gaz de France) afin d'augmenter son pouvoir sur le secteur de l'énergie. Pour ce faire, Suez a besoin de beaucoup de moyens financiers et a fait acheter par sa filiale belge (Electrabel) son autre filiale belge (Tractebel) pour la somme de 20 milliards d'euros.  Electrabel qui réalise déjà de gros bénéfices n'a pas assez de" liquide" pour réaliser l'opération et doit donc emprunter une partie de l'investissement.

Electrabel a donc décidé de taxer le consommateur belge afin de financer les décisions hégémoniques de sa maison mère.  La CNE trouve cela révoltant et interpelle les décideurs politiques qui ont tant vanté les bienfaits de cette libéralisation. La CNE interpelle aussi les organismes de contrôle nationaux et régionaux du secteur, les associations de consommateurs, ainsi que les confédérations syndicales afin qu'ils organisent la résistance et la mobilisation pour le droit de se chauffer et de s'éclairer à des prix accessibles et raisonnables.  L'accès à l'énergie indispensable à une vie digne et décente doit devenir un droit garanti par les pouvoirs publics. 

00:36 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : exploitation, capitalisme, profit, escroquerie, liberalisme |  Facebook |

12/08/2007

Droit de grève

Allemagne - Le droit de grève provisoirement supprimé pour les cheminots

En conflit avec la direction depuis plus d'un mois à propos des salaires, le syndicat allemand des conducteurs de trains avait prévu une grève générale pour le 9 août. Un tribunal de Nuremberg l'a interdite. (Alice Bernard)

Et ce n'est pas mieux en France ; mais la Belgique est simplement retardée par la formation chaotique du prochain gouvernement. Les travailleurs sont progressivement muselés, par les atteintes sur le droit de grève, qui est un droit légal internationalement reconnu. Les patrons vont pouvoir faire tout ce qu'ils veulent et exploiter les salariés à leur guise. La vague libérale submergeant l'entièreté de l'Europe n'a pas fini de créer des remous et surtout l'engloutissement des acquis sociaux durement obtenus (parfois dans le sang) par nos grands-parents ! (Alex Pozetti)

……….La suite……..

05/08/2007

Question de moyens!

Le salaire de la misère et le salaire de la honte !

 

Il n’y a pas si longtemps encore, un copain, on va l’appeler Maheux (allusion au personnage, père d’une grande famille et mineur, dans le roman ‘Germinal’ d’Emile Zola), me faisait part de son désarroi face à son licenciement de chez X-Y, son salaire moyen de 1.350€ net/mois(*) lui permettait de vivre décemment car sa jeune épouse ajoutait ses 300€ et des poussières d’allocations de chômage, leurs deux jeunes bambins ne crevaient pas de faim (il y avait les alloc. Familiales aussi); mais restructuration oblige, la loi du marché, de l’offre et de la demande ; bon ben …faut faire avec, C4, puis les 800€(*) et quelques qu’il percevait alors au chômage suffisaient à peine pour vivre raisonnablement, mais la zizanie s’installa dans le couple qui finit par divorcer, la vente de la voiture ne suffisant plus à payer les pensions réclamées ni à rembourser les différents prêts en cours, n’ayant plus de famille, Maheux se retrouva à la rue, les petits boulots « en noir » ne suffisant pas à ses besoins, ceux de sa tendre divorcée et de ses petits, en ont fait …un clodo de plus (oh pardon ; on dit un S.D.F. actuellement, encore une hypocrisie de notre époque) ! Et pourtant ; ….

 

…. Pourtant nos patrons et directeurs d’entreprises Belges, privées ou publiques, se plaignent de ne pas gagner assez ; en cause, le salaire de leurs homologues voisins plus ou moins plus lointains percevant un salaire allant parfois jusqu’à 20 ou 30 fois (aux USA) l’équivalant au leur, les chiffres sont pourtant là (**):

 

Albert Frère (GBL) : ……………………………….. 2,032 millions €/an = +/- 170.000 €/mois

Jean-Paul Votron (Fortis) : ………………………. 2,735 millions €/an = +/- 227.800 €/mois

Pierre-Olivier Beckers (Delhaize) : ……………... 2,220 millions €/an = +/- 185.000 €/mois

Didier Bellens (Belgacom) : ……………………..  2,195 millions €/an = +/- 183.000 €/mois

Roch Doliveux (UCB) : …………………………..... 1,846 millions €/an = +/- 154.000 €/mois

Axel Miller (Dexia) : ……………………………..... 1,500 millions €/an = +/- 125.000 €/mois

Johnny Thys (Poste) : ……………………………… 820.000 €/an = +/- 68.350 €/mois (base)

M. Descheemaecker (SNCB) : …………………… 210.000 €/an = +/-  17.500 €/mois (base)

Paul Buysse (Beckaert) : …………………………... 208.800€/an = +/- 17.400 €/mois (base)

(Sources : Trends-tendances, RTBF, DH)

 

Après tout il est bien vrai qu’aux USA, ….. :

 

Howard Solomon (Forest labs) : …………… 43 millions €/an = +/- 3,580 millions €/mois

W. W. McGuire (United health grp) : ……… 46 millions €/an = +/- 3,808 millions €/mois

R. D. Fuld (Lehman Br. Holdings) : ………. 57,8 millions €/an = +/- 4,817 millions €/mois

Richard D. Fairbank (capital financ.) : ……… 69 millions €/an = +/- 5,75 millions €/mois

Lawrence J. Ellison (Oracle) : …………... 133,7 millions €/an = +/- 11,142 millions €/mois

(Sources : Trends-tendances)

 

Pôôôvre Maheux, si tu savais ! Zola peut bien se retourner dans sa tombe, son « Germinal » pourrait être réécrit ! Même les misérables de Victor Hugo peuvent revendiquer leur place dans notre société !

On pourrait s’exclamer aussi du fait, dans ces lignes et les autres textes, même ceux de mes camarades sur leurs sites ou leurs blogs, ne font que relater, constater, sans toutefois apporter de solutions concrètes au problème ; pourtant il n’existe pas 36 moyens pour régler cela. Il existe bien des scandales de-ci-delà un peu partout dans le monde, dévoilant ces salaires mirobolants, la fausse-solution des différents gouvernements à la solde de ces pontes sera de leur faire cacher un peu mieux leurs revenus aux yeux de tous sans pour autant en diminuer le contenu ; et pourtant, les plus nantis s’accaparant de plus en plus les richesses, les moyens de production, creusant encore plus le fossé séparant la classe dominante patronale et celle du dominé dont le pouvoir d’achat diminue toujours ; l’équilibre de ces mêmes richesses, le partage des biens, la mise à niveau de notre société est plus que nécessaire, le communisme, le socialisme Marxiste-léniniste EST la solution !!

 

(*) Revenu tout relatif, puisque la qualité de vie se juge non pas sur ce que l’on perçoit, mais plutôt sur le pouvoir d’achat, qui lui, est très très bas pour un salaire pareil, et qui diminue d’années en années pour cette catégorie ; contrairement à celui des plus gros salaires, qui lui, augmente sans cesse de manière exponentielle! Un salaire doit être en effet amputé des taxes, prêts divers, charge nécessaires pour vivre, etc.… ; il reste des clopinettes (quand il en reste !).

 

(**) Revenus moyens cités sans tenir compte des « à-côtés », le total étant constitué de :

-          Rémunération fixe (compris dans les chiffres cités) ;

-          Salaire variable (estimation comprise dans les chiffres cités) ;

-          Stock-options (non-compris dans les chiffres cités, pour certains)

-          Parachutes dorés (non-compris dans les chiffres cités, consistant en des primes de départs, etc.., équivalent généralement à plusieurs années de traitement)

-          Avantages en nature (voitures, cartes de crédit, bonus divers, etc…)

 

Alex

23/07/2007

En Grande-Bretagne ...comme il va en être bientôt partout ailleurs!

Grande-Bretagne: le fossé entre riches et pauvres se creuse:

 

Ce fameux modèle social anglais qui plait tant à Mr Sarkosy

Selon une étude de la Fondation Joseph Rowntree, le fossé entre les riches et les pauvres n'a jamais été aussi profond depuis 40 ans en Grande-Bretagne, alors qu'un nombre croissant de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté.

La part de la richesse nationale détenue par les plus riches a augmenté : en 1991, 1 % des Britanniques les plus riches détenaient 17 % de la richesse nationale, un chiffre passé à 24 % en 2002.

 

A contrario, entre 1990 et 2005, le nombre de ménages pauvres a augmenté, même si celui des très pauvres a baissé.

 Dans certaines villes, près de la moitié des familles vivent en dessous du seuil de pauvreté.

(source: UGICT-CGT)

 

03/06/2007

...Et çà se dit "socialistes"!

 

Un Camarade du PTB me faisait remarquer l'autre jour un point du programme du PS de DiRupo; il s'agit de l'embauche des jeunes par les patrons** ; çà dit ceci, tel qu'il y est indiqué :


Une vraie chance pour chaque jeune!

. . . . .

Le PS veut des emplois de qualité et stables:

. . . . .

  • Faire entrer plus rapidement le jeune dans le monde du travail:

    Pour inciter et aider les patrons ( . . . ) à embaucher des jeunes, le PS propose de leur verser l'équivalent de l'allocation d'attente sans attendre l'issue du stage d'attente. Tout le monde y gagne ( . . . ) : le jeune a un emploi et son patron moins de charges.


Ca veut dire quoi? Eh bien que les patrons se feront payer pour pouvoir embaucher des jeunes travailleurs, donc on ne paie plus les travailleurs, mais les patrons**!


Et d'où vient l'argent dont l'état paiera les patrons? De la poche du contribuable bien sûr, de NOTRE poche!


Et donc, nous paierons les patrons** de notre poche pour qu'ils puissent employer nos enfants. Or un patron n'emploie jamais de la main d'oeuvre à pertes, il emploie dans le but de se faire des bénéfices (sinon ce serait la faillite pure et simple, CQFD), ce qui est déjà une forme d'exploitation; et ponctionner de l'argent du contribuable pour le donner au patron** afin que ce dernier exploite les jeunes travailleurs; comment appelle t'on çà ???


C'est une trouvaille du PS. Ce même PS qui se dit "socialiste" et qui contribue largement à la perte de nos acquis sociaux et à la collaboration avec le patronnat, donc au libéralisme!


Pensez-y le 10 juin! Ne sciez pas la branche sur laquelle vous êtes assis!


Pour les gens d'abord, pour nous, pour une vraie solidarité, et pas le profit!


Nous vivons dans une société exploiteuse, et il est grand temps de changer çà; voter pour un parti de droite ou pour un des partis traditionnels revient à remettre les mêmes au pouvoir, pour qu'ils recommencent leur mauvaise politique d'exploitation du peuple de plus belle. Pourtant il y a un parti de gauche (le PTB), appliquant un véritable socialisme "à l'ancienne" qui nous permettrait de sortir de ce marasme social, de cette catastrophe politique, pour les gens, pour nous, et non pour le profit des grands patrons et des politiquards véreux!

 

** Il est à noter cependant que tout patron n'est pas logé à la même enseigne, les petits patrons (ceux des petites entreprises et les indépendants) sont parfois (voire presque toujours) victimes eux aussi de la conjoncture libérale de notre société capitaliste; devant alors faire face à une concurrence bien souvent déloyale; ces "petits patrons" se retrouvent dans le même cas que les salariés auxquels ils peuvent être assimilés. Le PTB soutient TOUT travailleur qui se retrouve victime du système capitaliste, donc les petits patrons et les indépendants également.

Cela précisé l'argent du contribuable ne devrait être distribué à-tout-vat; une grosse majorité des entreprises sont de fait "rentables", sinon elles seraient en faillite, bien évidement; et prendre de l'argent de la poche du contribuable (déjà très taxé, et dont la classe appauvrie fait partie) pour le distribuer aux patrons est en soi une abbération.

19:42 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mensonges, socialisme, exploitation, liberalisme |  Facebook |

13/05/2007

Les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvres, ....en finira-t'on un jour??

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Une taxe sur les grosses fortunes ?

 

Ne comptez pas sur les partis traditionnels pour l’appliquer !!!

 

« En un an, les top-managers belges ont gagné en moyenne 22 % de plus, soit une moyenne de 2,3 millions d’euros. En 2007 et 2008, les simples travailleurs, eux, vont devoir se démerder avec une hausse des salaires de 5 % (1) ! La différence devient vraiment exagérée. Nous demandons que la Fédération des entreprises belges (FEB) mettre rapidement de l’ordre dans la situation, sinon nous demanderons que le prochain gouvernement approuve une taxe sur les hauts salaires. » C’est par cette déclaration que le président de la FGTB Rudy De Leeuw a lancé un bâton dans la termitière politique. Car, comme un seul homme, les gros bras des grands partis se sont dressés contre la proposition du dirigeant syndical.

 

L’un ressort Amada-TPO ( ?)

 

Lors de son congrès du dimanche 6 mai, Guy Verhofstadt est monté sur ses grands chevaux pour dire : « Une recette tout aussi vieille, c’est de dresser les pauvres contre les riches. Comme avec la récente proposition de la taxe sur les hauts salaires, par exemple. Quand j’ai entendu ça, ça m’a fait penser au vieux slogan d’Amada-TPO (le précurseur du PTB) : ‘Faites payer la crise aux riches’. Nous n’avons pas besoin de plus, mais de moins d’impôts. »

 

L’autre ravale ses promesses :

 

Le président du SP.a, Vande Lanotte, le disait encore l’an dernier : « Nous avons l’intention de nous en prendre aux gros salaires. C’est avec cela que nous allons aborder les élections de 2007. » Aujourd’hui, ces élections sont en vue. Mais Vande Lanotte fait marche arrière : « Nous avons supprimé les tarifs d’imposition de 55 et 52 %. Nous n’allons quand même pas compromettre tout cela maintenant avec une taxe sur les gros salaires ! »

 

Les riches plus riches, les pauvres plus pauvres : en voici les preuves !

 

La réalité, c’est que, ces 25 dernières années, un vol sans bruit s’est opéré. Et pas un petit, encore ! Le gâteau national a été de plus en plus injustement réparti. En 1980, les salaires constituaient encore 58 % du produit intérieur brut. Aujourd’hui, cette part est redescendue à 51 %. Cela revient à un supplément de 25 milliards d’euros qui a été transféré des familles des travailleurs aux rentiers et aux actionnaires. Soit, par famille : 6.259 euros chaque année. Tant la CSC que la FGTB dénonce cette progression bancale et réclament des impôts plus justes.

 

Quel est le parti qui soutient les revendications syndicales en faveur d’impôts plus équitables ?

 

Tous les grands partis ont balayé de la table la taxe sur les gros salaires et l’impôt sur les fortunes. Le PTB lutte pour qu’il y ait moins de taxes et d’impôts pour la population laborieuse. De même que pour la réduction du tarif TVA sur le gaz et l’électricité de 21 % (soit le tarif pour les produits de luxe !) à 6 %. Et pour une réforme qui impose moins de taxation sur les petits revenus et plus sur les super-revenus. Tout comme la CSC, le PTB revendique un impôt sur les fortunes : un impôt annuel de 1 % sur la partie qui dépasse 500.000 euros. Consultez le programme complet du PTB sur

Extrait « Syninfo » - Lettre syndicale d'un parti de gauche(12/05/2007)

 

31/03/2007

Définitions intéressantes et objectives trouvées sur le "net".

Libéralisme et collectivisme

 

Le libéralisme

 

Plus qu'une théorie politique le libéralisme est également une conception économique de la gestion de la production et de l'organisation des rapports sociaux qui en découlent. Issu de la montée en puissance de la bourgeoisie à la fin du dix-huitième et au début du dix-neuvième siècle, la théorie libérale s'oppose clairement aux conceptions féodales et proclame que tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit. Elle fait de l'idée de liberté politique (entendue comme liberté d'expression) ainsi que de l'idée de liberté économique (entendue comme liberté de jouissance de sa propriété) le cœur de sa réflexion politique.

Les théoriciens du libéralisme développent également une conception de la société où l'homme est représenté comme un simple individu séparé des autres individus. Ses intérêts sont conçus comme antagonistes avec ceux des autres hommes. La compétition est ainsi comprise comme le mode général de gestion des rapports humains : la concurrence universelle comme le seul mode possible d'existence.

Attachée à l'idée de liberté mais pas à celle "d'égalité fondée sur le partage des ressources existantes", le libéralisme est très favorable aux personnes qui ont un capital à faire fructifier mais très défavorable à ceux qui n'ont rien et qui sont obligés de vendre leur force de travail dans des conditions misérables. La justification qu'elle apporte aux contradictions produites par le " marché libre " tend de ce point de vue à en faire le pur et simple reflet idéologique du capitalisme.

On peut dire en ce sens du libéralisme politique qu'il est le reflet du libéralisme économique qui n'est rien d'autre que l'organisation capitaliste de la production. Il est à noter également que de nos jours et depuis la révolution française, le libéralisme va de pair avec les conceptions républicaines.

Très critiqué par Marx ainsi que par les révolutionnaires du dix-neuvième et du vingtième siècle, le libéralisme est aujourd'hui présenté comme le meilleur système économique et politique existant mais pour combien de temps ?

 

La sociale démocratie ou libéralisme social

 

Les représentants de la sociale démocratie se présentent comme les défenseurs d'un système politique et économique qui serait la synthèse des revendications sociales des communistes et de celles des libéraux en matière économique. Ils affirment qu'il est possible de concilier les intérêts du marché et de ceux qui possèdent la réalité des moyens de production avec ceux des salariés et des citoyens les plus pauvres. C'est autour de l'idée d'une redistribution partielle des richesses qu'ils fondent leur croyance en un système social relativement équilibré : les riches étant censés partager une part de leur richesse avec les pauvres pour que ceux-ci ne se montrent pas trop violents, ni ne se révoltent.

Issue de la dissidence avec les penseurs marxistes et communistes traditionnels, les théoriciens de la sociale démocratie prônent la conciliation et non pas le combat, l'entente plutôt que la lutte. Les grands penseurs de la sociale démocratie (aujourd'hui oubliés) sont des personnes comme Karl Kautsky. Sur le plan économique, John Mayard Keynes est leur grand représentant.

Aujourd'hui la plupart des gouvernements européens sont sociaux démocrates sans que pour autant les problèmes liés à la pauvreté, à l'exclusion et à la misère aient été en aucune manière réglés.

 

L'ultralibéralisme

 

L'ultra libéralisme représente la version sauvage de la philosophie et du système libéral. Elle ne se contente pas d'affirmer que la concurrence imposée par le marché est saine et qu'elle est favorable à l'épanouissement humain mais elle affirme également que toute politique sociale où toute intervention de l'Etat dans le domaine économique est extrêmement nuisible. Très inégalitaire et source de multiples problèmes sociaux, la théorie ultralibérale est sans pitié pour les pauvres et les plus démunis. Sa haine de l'Etat comme acteur de la vie sociale n'est rien d'autre que le reflet de son désir de voir augmenter considérablement les revenus des personnes les plus riches (qui ne sont plus taxés dans un univers où l'Etat est réduit à sa portion congrue).

Les économistes de l'école de Chicago sont les grands représentants de l'ultralibéralisme au niveau de l'organisation de la production. Au niveau politique Ronald Reagan aux Etats-Unis et Margaret Thatcher en Angleterre, ont été les grands représentants de l'ultralibéralisme. Aujourd'hui George W Bush, se fait le porte-parole de cette conception de l'organisation économique et politique de la société.

Toute l'entreprise de construction de la mondialisation au niveau planétaire repose également sur cette conception du monde avec ce que cela comporte comme renforcement des inégalités et comme capacité d'exclusion, de gâchis sur le plan de l'existence de millions d'êtres humains.

 

Le communisme d'Etat

 

Théorie collectiviste et égalitariste la conception communiste des affaires politiques, se présente avant tout comme une théorie révolutionnaire de l'organisation sociale et comme la philosophie la plus opposée au capitalisme et aux différentes formes de libéralisme.

Elle remet tout d'abord en cause le fait de la propriété privée et propose de faire de tous les objets produits la propriété des personnes qui les produisent et non pas de celles qui les font faire. Pour les théoriciens du communisme dans sa version orthodoxe, la propriété doit être publique et non privée. C'est l'Etat qui se substitue aux particuliers et gère l'organisation de tous les rapports sociaux, c'est lui qui représente la masse des producteurs et fait en sorte qu'aucune inégalité ne soit établie entre eux, c'est lui qui assure la distribution des biens et des richesses en permettant aux plus pauvres d'avoir des conditions de vie décentes.

L'Etat possesseur véritable des moyens de production est censé défendre les intérêts des prolétaires en empêchant que ne se continue l'exploitation sauvage dont ceux-ci sont victimes. Il fait d'eux des hommes à part entière en leur permettant d'être maîtres de leur propre vie, en empêchant qu'ils soient condamnés à vendre leur force de travail sur un marché dont ils ne maîtrisent pas les règles et qui les domine totalement.

Marx et Engels sont les grands théoriciens de la philosophie communiste. Révolutionnaires engagés dans les grands mouvements ouvriers qui ont eu lieu au dix-neuvième siècle, frappés par la misère où se trouvait l'ensemble de la classe ouvrière, ils se sont révoltés contre l'ordre bourgeois et l'oppression qu'il générait. Leur théorie, exposée dans des ouvrages comme Le Manifeste du parti communiste, Le Capital ou l'Anti-Dühring, a considérablement marqué les révolutionnaires de tous les pays (notamment au vingtième siècle) et a donné les moyens à certain d'entre eux de mener le projet communiste à son terme (Lénine en Russie, Fidel Castro à Cuba, Mao-Tse-Toung en Chine sont au vingtième siècle les grandes figures politiques du communisme mondial).

Très dénigrée depuis la chute du système soviétique et le passage de la Chine à une économie de marché qui ne dit pas son nom, le communisme demeure une référence dont se réclament encore aujourd'hui les révolutionnaires (Le Sous-commandant Marcos au Chiapas, les révolutionnaires colombiens..).

 

Le communisme libertaire ou anarchisme

 

Le régime anarchiste est celui où n'existe plus aucune forme de domination, où toutes les hiérarchies sont abolies, où le pouvoir est totalement décentralisé, où chaque unité de production est de petite taille et pratique l'autogestion (en grec "an " "archè" signifie sans commandement).

Très égalitaire mais aussi sincèrement attaché à l'idée de liberté, le communisme libertaire représente la version non autoritaire du communisme. Elle proclame le refus de toutes les hiérarchies et de toutes les formes de répression (notamment celles liées au pouvoir d'Etat).

En affirmant qu'il n'a ni Dieu ni maître, l'anarchiste entend se libérer de toutes les contraintes liées à l'organisation économique, politique et idéologique que l'on trouve dans les autres systèmes. Pour lui la liberté authentique réside non pas dans le marché libre mais dans la disparition de toutes les sources d'inégalité qu'elles soient économiques (exploitation de l'homme par l'homme) politiques (création de hiérarchies fonctionnelles sur le plan administratif) sociale (division de la société en classes) idéologiques (aliénation dans la religion où dans différentes sortes de dogmes).

Pour autant on ne saurait dire qu'il n'y a pas d'ordre dans la conception et le plan d'organisation anarchiste. En effet un ordre horizontal lie les gens entre eux à la base et se substitue aux ordres "verticaux" qui sont mis en place dans les autres systèmes. Dans l'anarchisme, en effet, il n'y a pas de place pour la notion de supérieur et d'inférieur : tous les hommes se trouvent sur le même plan sans distinction de race, de classe ni de fonction. La démocratie directe est dans cette perspective la seule forme de démocratie que puisse reconnaître l'anarchisme.

Proudhon, Kropotkine, Bakounine sont au dix-neuvième siècle les grandes figures de l'anarchisme et du communisme libertaire. Sartre à sa manière mais aussi Marcuse et Wilhelm Reich ont été leurs continuateurs les plus prestigieux.

Critiqué par les libéraux et par ceux d'entre les communistes qui ont accordé une trop grande confiance à l'Etat, le communisme libertaire représente pourtant le type de gouvernement qui par sa dimension locale et son goût de la liberté constitue peut-être pour les hommes une solution d'avenir.

 

13/03/2007

Encore le révisionnime capitaliste à l'attaque contre Staline!

"Staline, le tyran rouge", sur M6

A nouveau nos "libres" médias aux mains du grand capital se livrent au bourrage de crâne anticommuniste et antisoviétique. sous le titre "Staline, le tyran rouge", M6 se prépare, si l'on se fie aux bandes annonces et au titre de l'émission, à livrer un document où l'exagération, la caricature, le manichéisme et l'ignorance délibérée du contexte historique sont bien partis pour l'emporter sur le débat scientifique. Bien entendu l'inévitable procureur Nicolas Werth, spécialisé dans l'anticommunisme avec son maître Courtois, servira de caution universitaire à l'entreprise. Bien entendu, pour dénoncer le "totalitarisme rouge", il n'y aura qu'un seul point de vue représenté... et aucun contradicteur, ne vive le "pluralisme"! Bien entendu, l'URSS, qui nous a délivrés du nazisme au prix d'immenses sacrifices, et qui pendant 70 ans a permis au camp du travail de tenir tête au capital sur la scène mondiale, sera de nouveau diabolisée...  Le CISC réagira à cette émission après l'avoir dûment visionnée car qui sait, comme il se doit et si l'émission comporte par extraordinaire des aspects instructifs, nous le signalerons objectivement. Nous proposons aux visiteurs de ce site de nous faire part de leurs réactions, nous les transmettrons éventuellement à la direction de la chaîne et au CSA avec nos propres commentaires en réclamant qu'une véritable émission historique, donnant également la parole aux amis de la Révolution d'Octobre, soit enfin organisée sur les grandes chaînes audiovisuelles nationales. Nous ne réclamons aucune idéalisation du passé soviétique, seulement une approche objective, tenant compte de tous les faits, du contexte, ne grossissant pas démesurément les faits de répression tout en ignorant les apports indéniables de l'URSS à la défense de la paix, à la cause du socialisme, du progrès social, de l'antifascisme et de l'émancipation sociale et nationale dans le monde. 

 

DANS LA RUSSIE DE POUTINE

 

(Traduction de l’article de John FOSTER, 'Morning Star' du mardi 21 novembre 2006)

 

 

Le communiste russe SLAVA TETEKINE explique que le gouvernement de Vladimir POUTINE n'apporte rien au peuple.

 

Des sondages d'opinion en Russie juste avant l'anniversaire de la Révolution d'Octobre indiquent que plus de 60 pour cent de la population voient positivement les acquis de la révolution.

 

Seuls 20 % étaient d'opinion contraire. Pour la classe ouvrière, l'ère post-soviétique a été  désastreuse. Après deux décennies de capitalisme débridé le PNB a baissé de 10 % depuis le renoncement à la planification socialiste. 30 % des habitants vivent dans la pauvreté totale.

 

50 % se sont appauvris depuis la fin de l'URSS, devant faire face à des loyers et des coûts énergétiques en augmentation constante, des services publics en décrépitude,  des salaires en baisse et un chômage croissant. Seuls 10 % n'ont rien perdu au change tandis que 2 % font partie des super-riches.

 

Il reste cependant un gros réservoir de soutien au socialisme, qui s'est traduit cette dernière année par un virage à gauche de la vie politique. Lors des récentes élections  à la Douma, le candidat communiste pour l'île de Sakhaline, célèbre pour ses ressources pétrolières, a reçu 41 % des voix, contre 30 % pour le parti au pouvoir. Même à Moscou, dominée par les super-riches qui contrôlent les banques et les industries des services, les communistes ont obtenu 17,5 % des voix, malgré le monopole exercé par Poutine sur les mass media.

 

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Annie Lacroix Riz et le Canard Enchainé

 

Cher Canard,

 

On vous connaît pour la qualité de vos informations, qui vous rend lisible et même agréable à lire par des personnes d’appartenance politique et idéologique très diverse. Tel courant de lecteurs (dont je fais partie) supporte votre antibolchevisme d'origine (qui n’a pas attendu Staline), qu’après tout il connaît – et qui songerait à vous demander de modifier votre anarchisme droitier... Ledit courant est accoutumé à lire vos propos routiniers sur la dictature cubaine et les horreurs coréennes. Mais il vous sait gré d’avoir parfois et même souvent plus de sympathie pour les humbles que pour les puissants. Et il sait qu’il peut compter sur vous pour observer certaines prudences sur les questions liées à la Deuxième Guerre mondiale. Nul ne saurait par ailleurs vous accuser de complaisance pour les persécuteurs de juifs de naguère, à commencer par Papon.

Vous permettrez donc à l’historienne que je suis, spécialiste des relations internationales qui (sur la base de longues années de consultation d’archives) ne partage pas vos vues habituelles sur l’URSS, et à la petite-fille de déporté assassiné à Auschwitz (lequel eût sans doute apprécié que l’armée rouge pût arriver avant sa saisie pour les marches de la mort) d’exprimer sa stupeur à la lecture d’un article de " P.L. " mettant sur le même plan Eichmann et Staline : le premier remplit les camps d’extermination; nul ne peut (j’y insiste) imputer au second l’extermination des juifs.

Pour l’histoire, que vous prisez grandement, je vous rappelle que ses détracteurs qualifiaient naguère le régime de Staline (et pas seulement de Lénine) de " règne des juifs " - si, si, les officiers de notre État-major général. Vous pourrez lire dans mon livre à paraître dans quelques mois (Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, Paris, Armand Colin), un rapport du capitaine Sauzey, retour d’URSS, ricanant en octobre 1936 sur ce royaume des juifs, document puisé dans la série 7 N 3184, SHAT (Service historique de l'armée de terre de Vincennes), et significatif de l’antisémitisme à couper au couteau régnant au plus haut de notre armée à cette époque (et dont vous avez été souvent, en son temps, l’excellent analyste) : ce texte a le mérite de montrer que ces milieux n’ accablaient pas alors le régime soviétique et son chef pour leur antisémitisme mais pour leur sémitophilie (si je puis dire). Les époques se suivent et ne se ressemblent pas toujours.

Je vous signale enfin que les juifs de la couronne de territoires soustraits à la jeune Russie des Soviets par le Reich puis par les Alliés et leur " cordon sanitaire ", juifs fort nombreux (1,5 million), savaient assez qu’il valait mieux vivre avec les bolcheviques qu’avec les Polonais, les Baltes et les Roumains (réalité que les lamentations du jour masquent en martyre des derniers peuples cités). De sorte que ces juifs persécutés de longue date par les antisémites polonais, baltes et roumains, et menacés au surplus d’occupation allemands imminente (si, si, j’ai des sources à votre disposition) accueillirent à bras ouverts (c’est aussi incontestable) les Soviets récupérant à la faveur des circonstances lesdits territoires. Même les plus riches de ces juifs, qui furent lésés par les nationalisations, préféraient perdre leurs biens que la vie – et donc préféraient les Soviétiques aux Allemands. La chose est remarquablement étudiée par un auteur qu’on ne saurait qualifier de " self hating Jew ", Dov Levin, The lesser of two evils : Eastern European Jewry under Soviet rule, 1939-1941, The Jewish Publications Society, Philadelphia-Jérusalem, 1995.

Malheureusement pas traduit en français, cet ouvrage est infiniment plus sérieux que Jan T. Gross, Les voisins. 10 juillet 1941, un massacre de Juifs en Pologne, Fayard, Paris, 2002, qui a eu, lui, les honneurs de la traduction française pour avoir assimilé les pogromistes polonais de 1941 aux... communistes polonais d’après-guerre qui organisèrent des procès contre les premiers. C’est précisément parce qu’il est sérieux et documenté que le premier n’a pas été traduit, subissant le sort de la plupart des travaux de qualité en langue étrangère.

Bref, on ne peut pas, en ce temps d’assimilation sans complexe nazis-communistes, tendance à laquelle vous vous étiez, jusqu'ici, gardé d’adhérer, et même quand on brocarde tout et n'importe quoi, assimiler Eichmann et Staline. Le Canard enchaîné n'est pas Stéphane Courtois.

Nombre de Français incultes ou intoxiqués, de quelque religion que ce soit, agnostiques ou athées, ne le savent pas ou plus. Mais nombre de vieillards le savent (et il y en a sans doute parmi vos lecteurs). Il est probable que s’il est dans votre personnel des petits-enfants de juifs issus de la région considérée (dont la naissance est en dernière analyse imputable au fait que leurs grands-parents se sont trouvés du bon côté des frontières), ils le savent aussi. Ils ont été sans doute été profondément choqués par cette violation d’un tabou commise par " P.L. " au nom de la défense de la petite-fille de Papon licenciée pour motif familial d’un poste de cabinet. J’espère qu’ils ont notifié à " P.L. " leur façon de penser et lui ont administré un sérieux " pan sur le bec ".

Une de mes étudiantes, qui vous a lu aujourd'hui, a été aussi horrifiée que moi.

Après Serge Klarsfeld imputant sans rire la semaine dernière sur France-Inter (Le téléphone sonne) le sauvetage des criminels de guerre depuis 1943 par l’Église romaine à son sens de la charité, dans la continuité de son sauvetage des juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale (voir mon ouvrage Le Vatican, l'Europe et le Reich de la Première Guerre mondiale à la Guerre froide (1914-1955), Paris, Armand Colin, coll. " Références " Histoire, 1996), Le Canard enchaîné assimile Eichmann et Staline...

Où va-t-on s’arrêter?

Vous excuserez la citation de deux de mes travaux, qui n’a pour but que de vous montrer que je sais de quoi je parle. Si je suis la seule à vous écrire, c’est que la situation dans notre pays est encore plus grave que je ne le pense.

Recevez les meilleures pensées, fort émues cependant, d’une abonnée de plusieurs années et lectrice aussi régulière de très longue date.

Annie Lacroix-Riz, professeur d’histoire contemporaine, université Paris 7

 

***** 

Honneur à Lénine et à la Révolution d’Octobre 17

" Motion votée à l'unanimité par l'A.G. du Comité Internationaliste pour la Solidarité Internationaliste (CISC), dont le comité de parrainage est présidé par Margot et Erich Honecker (+), Henri Alleg et Mumia Abu-Jamal. " 

 

Poutine vient de décider que le mausolée de Lénine serait définitivement fermé le 7 novembre 2005 et que la dépouille mortelle du fondateur de l’Union Soviétique serait extirpée de son tombeau à cette date anniversaire de la Révolution socialiste d’octobre 1917.

Cette attaque contre la mémoire de Lénine et de l'Union soviétique va de pair avec la tentative de substituer à la journée fériée prolétarienne du 7 novembre (anniversaire d'Octobre 1917) une prétendue "journée de la réconciliation" qui sert surtout à réhabiliter l'armée blanche des aristocrates fauteurs de guerre civile et relais de l'intervention impérialiste.

Le débat existe certes, entre communistes et léninistes sur la façon dont la jeune République des soviets décida en 1924 d’honorer la mémoire de Lénine. Mais ce qui est en jeu aujourd’hui, ce n’est pas de savoir s’il était juste ou pas d ‘ériger un mausolée en 1924.

Il s’agit aujourd’hui, pour tous les communistes, pour tous les résistants à la vague contre-révolutionnaire qui déferle sur la planète suite à la destruction du camp socialiste, de s’opposer fermement et sans équivoque à la décision renégate et provocatrice de Poutine, dont le seul but est de provoquer et d’humilier les communistes de l’ex-URSS, les révolutionnaires et les progressistes du monde entier, de bafouer la mémoire et la sépulture du plus grand révolutionnaire du 20ème siècle, d’entacher d’un goût de défaite la date anniversaire d’Octobre, d’accélérer l’offensive du pouvoir russe contre ce qui subsiste des acquis sociaux de l’URSS à l’hure où les travailleurs russes mesurent de mieux en mieux les acquis perdus de l’époque soviétique.

Cette décision de Poutine, célébré par toute la réaction occidentale, est un crime contre la nation russe car elle sépare ce pays de ses alliés naturels à l’étranger au moment ou l’Europe capitaliste et l’impérialiste US encerclent politiquement et militairement la Russie pour s’en partager les richesses.

Le CISC (ex comité Honecker) invite donc l’ensemble des organisations communistes et progressistes à réagir ensemble le 7 novembre pour s’opposer à cet acte barbare et négationniste et défendre l’héritage d’Octobre en lien avec les luttes actuelles

HONNEUR A LENINE !

SOLIDARITE INTERNATIONALISTE DE TOUS LES RESISTANTS A LA REMONDIALISATION DU CAPITALISME EXPLOITEUR !

 

 

23/02/2007

Les mensonges du libéralisme!

Les mensonges du libéralisme

(Sylvain Timsit)

 

"Le libéralisme, c'est plus de choix et des meilleurs prix pour le consommateur"

 

FAUX: Selon le dogme libéral lui-même, le libéralisme ne peut fonctionner que si il existe une concurrence suffisante de l'offre. Or dans les faits, le capitalisme libéral tend vers la concentration et la formation de monopoles qui éliminent toute concurrence, réduisent le choix du consommateur et font monter les prix (ou baisser la qualité).

Dans le domaine des services publics comme la distribution d'eau, la poste, ou les chemins de fer, leur privatisation s'est toujours traduite par une augmentation des coûts pour l'usager, une diminution du service, et une réduction des investissements dans l'entretien des infrastructures. Un exemple parmi d'autres: dans les années 90, le FMI et la Banque mondiale ont obligé les Philippines à privatiser la gestion de l'eau. Au début, les prix ont baissé de 20%, une baisse utilisée par la propagande libérale pour démontrer l'utilité des privatisations. Mais 10 ans plus tard, le prix de l'eau a été multiplié par 5.

Quant aux systèmes de retraites privés (les fonds de pension), ils consistent à priver les salariés de toute sécurité, en les livrant aux incertitudes de la gestion des organismes financiers. En cas de faillite de ces derniers, les salariés se retrouvent sans retraite malgré des années de cotisation. C'est ce qui s'est passé aux Etats-Unis en 2002 avec la faillite d'Enron.

 

 "Le libéralisme, c'est le libre-jeu du marché"

 

FAUX: Toujours selon le dogme libéral, le libre-jeu du marché nécessite la transparence du marché et de l'information.

En réalité, à cause des pratiques d'opacité et de l'inégalité dans l'accès à l'information, le consommateur ne peut choisir en connaissance de cause.

 

"La croissance crée des emplois"

 

FAUX: La croissance crée des emplois dans un premier temps, mais elle sert surtout à financer les "restructurations" et les délocalisations. Au bout du compte, elle détruit davantage d'emplois qu'elle n'en crée.

 

 "Seul le marché est apte à déterminer le juste prix des matières premières, des devises, ou des entreprises"

 

FAUX: Les marchés sont essentiellement guidés par la spéculation et la recherche du profit à court-terme. Les fluctuations des cours sont souvent irrationnelles, excessives, et soumises à la manipulation. Ces oscillations excessives des cours sont destructrices, provoquant ruines et faillites dans l'économie réelle. Mais dans le même temps, ces oscillations sont aussi génératrices de profit pour les spéculateurs. Encore le principe des vases communicants…!

 

 "L'entreprise crée des richesses. Elle est la source de la prospérité des pays et de leurs habitants"

 

FAUX: le plus souvent, les entreprises ne créent pas de richesses, car la valeur créée est inférieure aux coûts réel des ressources utilisées ou détruites, si on prend en compte le coût environnemental et humain, ainsi que le coût réel des matières premières non-renouvelables.

Le "profit" des grandes entreprises est en réalité prélevé sur la nature, saccagée par l'exploitation, l'urbanisation et la pollution, ou "vampirisé" sur d'autres acteurs économiques:

- sur les salariés qu'on aura licenciés pour économiser des coûts ou "augmenter la productivité", ou dont on aura réduit la rémunération ou la protection sociale.

- sur les consommateurs qui doivent payer plus pour une qualité ou une quantité moindre.

- sur les fournisseurs (en particulier sur les producteurs de matières premières minières ou agricoles)

- sur d'autres entreprises dont on aura provoqué la faillite par des pratiques déloyales, ou qui sont rachetées pour être ensuite dépecées, vendues par morceaux, et dont les salariés sont transformés en chômeurs.

- sur les populations du Tiers-Monde qui ont été spoliées de leurs terres et de leurs ressources, et qui ont été réduites en esclavage, obligées de travailler dans les mines ou les "ateliers de la sueur" des entreprises transnationales, ou pire encore, obligées de servir de cobayes à l'industrie pharmaceutique, ou de vendre leurs organes (le plus souvent un rein ou un oeil) qui seront ensuite greffés à des malades fortunés. (le prix payé pour le prélèvement d'un rein va de 20.000 euros en Turquie, à seulement 800 euros en Inde)

 

"La mondialisation profite à tous"

 

FAUX: Entre 1992 et 2002, le revenu par habitant a chuté dans 81 pays. Dans le Tiers-Monde, le nombre des "extrêmement pauvres" a augmenté de près de 100 millions.

L'écart des salaires s'est également creusé de manière fantastique. Prenons l'exemple d'une ouvrière chez un sous-traitant asiatique de Disney qui fabrique des vêtements à l'éffigie de Mickey pour les consommateurs occidentaux. Cette ouvrière travaille dans un "atelier de la sueur", 14 heures par jour, 7 jours sur 7, sans aucune protection sociale, sans droit de grève, le tout pour un salaire horaire de 0,28 dollars. Dans le même temps, le salaire horaire du PDG de Disney est de 2800 dollars, soit 10.000 fois plus.

Les 225 personnes les plus riches du monde cumulent un patrimoine global de 1000 milliards de dollars, l'équivalent du revenu annuel des 3 milliards de personnes les plus pauvres de la planète, soit 47% de la population mondiale. La fortune additionnée des 84 personnes les plus riches dépasse le produit intérieur brut de la Chine avec ses 1,2 milliard d'habitants.

En 2002, 20% de la population mondiale accapare 80% des richesses, possède plus de 80% des voitures en circulation et consomme 60% de l'énergie, tandis que le milliard d'habitants les plus pauvres se partagent 1% du revenu mondial.

 

"Le libre-jeu du marché crée par lui-même les conditions de l'équilibre"

 

FAUX: Le libre-jeu du marché produit l'équilibre uniquement en moyenne sur une longue période. En réalité, il oscille en permanence autour de l'équilibre, et ces oscillations sont brutales et destructrices. Une économie libérale entraîne un environnement économique instable qui prive les individus de toute sécurité, les obligeant à s'adapter sans cesse aux aléas de la conjoncture et aux "restructurations économiques".

Or comme toute vie biologique, l'être humain a besoin d'un minimum de stabilité de son environnement. Le libéralisme est donc contraire à l'homme et à la vie dans son ensemble, le libéralisme ayant aussi pour conséquence l'exploitation sauvage de la nature et la pollution généralisée de l'écosystème.

 

 "Le libéralisme est le seul choix possible, sous peine de s'isoler du Monde"

 

FAUX: Certes, un pays cours le risque d'une délocalisation accrue des entreprises si il ne va pas dans le sens de leurs désirs. Du fait de la mondialisation, les salariés occidentaux sont désormais en concurrence avec les salariés de l'Inde ou de la Chine, y compris pour des emplois qualifiés dans le tertiaire ou les secteurs technologiques. Tant qu'il y aura le moindre profit à réaliser en délocalisant, les entreprises iront au plus offrant, dans le pays où elles trouvent les lois sociales et environnementales les moins contraignantes.

Mais si il en est ainsi, c'est parce que nos gouvernements se sont entendus pour créer ces conditions, en appliquant simultanément dans tous les pays les déréglementations prônées par l'idéologie libérale. Ils ont réalisé la mondialisation uniquement dans un sens favorable aux entreprises, sans la contrepartie d'une mondialisation au niveau des lois de protection sociale et environnementale. La mondialisation néolibérale est résolument dissymétrique.

D'autre part, cette absence apparente de choix revient de fait à une dictature des entreprises. Accepter cette dictature, c'est renoncer au pouvoir souverain des Etats et des représentants élus du Peuple. C'est donc renoncer à la démocratie, et accepter à terme un esclavage généralisé.

 

Sylvain Timsit

© Syti.Net 2003

 

22:11 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Médiamensonges | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : verite, socialisme, social, liberalisme, capitalisme, communisme |  Facebook |