09/07/2010

Petit manuel de contre-propagande économique (Erik Rydberg)

Petit manuel de contre-propagande économique

Erik Rydberg (Ed. "COULEURLIVRES")


petit-manuel-cover1L’économie est sans doute le domaine qui admet le moins de discussions et de débats publics. Domaine réservé, affaire d’experts.

La raison tient en quatre lettres. TINA, l’abréviation proclamant l’impossibilité de toute réflexion critique en matière de projet de société : There Is No Alternative, il n’y a pas d’alternative. TINA, c’est fondamental. Car l’absence d’alternative, l’interdiction de penser auxquelles ce mot d’ordre renvoie portent très précisément sur notre système économique. Pas négociable.
Tabou absolu. Afin que personne ne remette en cause l’ordre – le désordre – établi, le chômage, la déshumanisation des conditions de travail, les inégalités, la course morbide à la compétitivité,
il faut que ces “évolutions” soient perçues comme “inéluctables” et “naturelles”, le résultat
de “lois économiques éternelles” qu’on présentera comme “scientifiques”. Réinstaurer
la contradiction, après plus d’un quart de siècle de domination unilatérale du néolibéralisme, suppose un travail patient d’éducation populaire.

Ce petit manuel entend y contribuer en passant en revue quelques “superstitions” marquantes répandues de l’obscurantisme contemporain, par exemple, la productivité (es-tu rentable ?), le taux d’emploi (as-tu un bon job MacDo ?) ou le libre-échange (es-tu un citoyen mondialisé ?)...

Journaliste, Erik Rydberg travaille au Groupe de recherches pour une Stratégie économique alternative (Gresea, www.gresea.be). Il est également membre fondateur d’Econosphères,
un réseau d’économistes entré en dissidence contre la pensée unique dans les sciences économiques (www.econospheres.be).

12:15 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, economie, manuel |  Facebook |

27/03/2010

Nouveau livre de Michel Collon

(Extrait du site "INVESTIG'ACTION")

israel-parlons-enPRESENTATION :
Voilà qui peut paraître étrange tant les médias nous parlent d’Israël. Mais les raisons du conflit sont-elles claires ?

Israël : terre sans peuple pour un peuple sans terre ? Démocratie en légitime défense ou Etat d’apartheid ? Choc des civilisations, conflit religieux ou enjeu pétrolier ? Pourquoi une solution paraît-elle impossible ?

Michel Collon a interrogé 20 témoins et spécialistes. Israéliens et Arabes, juifs et musulmans, Européens et Américains. Chacun éclaire une question spécifique dans un langage simple et direct.

Pourquoi parler d’Israël ? Pour tenter de mener un débat raisonné. Entre ceux qui crient à l’antisémitisme dès qu’on critique le gouvernement israélien et ceux qui imaginent un
grand complot juif.

Comment parler d’Israël ? En laissant de côté les préjugés et en découvrant tous les faits, les pages d’Histoire occultées.

Lever tous les tabous c’est permettre à chacun de se faire son opinion librement. Et de débattre autour de soi. Car ce conflit se joue aussi bien au Moyen-Orient qu’en Europe. C’est de la discussion entre citoyens de tous horizons que surgiront les solutions pour
la paix.

L’AUTEUR :
Ecrivain et journaliste belge. Analyste des médias, il anime avec le collectif Investig’Action le site d’information alternative michelcollon.info. Il a notamment analysé les stratégies de guerre et de désinformation : Attention, médias !, Bush le cyclone et Les 7 Péchés d’Hugo Chavez.

Aurore Van Opstal et Abdellah Boudami sont membres du collectif Investig’Action.

FICHE PRATIQUE :
Michel Collon
Israël, parlons-en !
Investig’Action – Couleur livres
Prix : 18.00 €
348 pages
Format : 13 x 21 cm
ISBN : 978-2-87003-549-8

08:06 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : israel, collon, livre |  Facebook |

20/02/2010

Alerte : les banques pillent !

Marco Van Hees    (Article extrait du site "MichelCollonInfo")

imagesÀ la RTBF, sur Télémoustique, à La Libre Belgique, puis sur Mise au point, Marco Van Hees est désormais bien connu en Belgique. L’ « inspecteur atypique », journaliste à Solidaire, raconte à ses collègues ce qu’il n’a pas dit aux autres à propos de son dernier livre : Banques qui pillent, banques qui pleurent. Enquêtes sur les profits et crises des banques belges

Interview par Lizz Print, suivi d'un extrait du livre

On est collègues… Je vous tutoie ?

Allons-y !

Tu as été pas mal sollicité dans la presse ces derniers jours… Et on t’a donné plusieurs surnoms : chevalier blanc, Don Quichotte, un air de Cohn-Bendit… Un préféré ?

(Il rit, hésite). Quelqu’un m’a parlé récemment des « donneurs d’alerte » aux Etats-Unis, des gens qui donnent l’alerte, signalent les dérapages. Ils ont un statut spécial, sont protégés pour ça. Il faudrait que je me renseigne, ça me conviendrait bien…

On a déjà pu te lire dans Solidaire sur Lippens, les fraudes des banques, leurs arnaques proposées aux clients, les conditions de travail dans le secteur bancaire. Ton livre, c’est une bonne compil’ ou… ?

(sourit). Pas seulement. Ça dépend évidemment de ce que chaque lecteur connait. J’ai déjà raconté pas mal de choses sur Lippens, mais ici, par exemple, je reviens sur son parcours. Celui de quelqu’un qui est toujours dans la logique de manger plutôt que d’être mangé. C’est la logique du capitalisme : toujours absorber de nouveaux concurrents, de nouveaux marchés. C’est sa ligne de conduite. Il entre aux assurances AG dont sa famille est actionnaire en 1981 pour succéder à son oncle. Très rapidement, il a de grandes ambitions, de grands appétits. Il prend les rennes de la société, qui se développe, rachète, troque. Jusqu’à récemment, ou avec ABN Amro, ça a été l’indigestion. Je ne m’attaque pas à sa personne, ni à d’autres, mais à sa fonction dans la société, aux actions qu’il mène.

Tu affirmes que non seulement les banque fraudent, mais également qu’elles organisent la fraude. Des preuves ?

La preuve est simple. Il suffit regarder les travaux de la Commission d’enquête parlementaire sur la grande fraude fiscale en 2008-2009. Trois grandes affaires de fraude ont été analysées. La première concerne la KBLux, qui offrait à ses riches clients des formules pour frauder le fisc. La seconde concerne des sociétés de cash, construction frauduleuse qui concerne des grands groupes en premier lieu mais où les banques ont joué un rôle crucial. Et la troisième est l’affaire « QFIE » pour « quotité forfaitaire d’impôt étranger ». J’y consacre un chapitre dans mon livre. Là, les banques ont été les principales organisatrices de la fraude. Elles ont trouvé puis profité d’une faille dans la législation fiscale. Elles se sont d’abord servies elles-mêmes, pour leur propre profit, puis elles ont commencé à l’utiliser comme un service à offrir, à proposer à leurs riches clients. Et elles leur ont proposé à tour de bras. Logique, car pour eux, les banques sont celles qui s’occupent de leurs affaires d’argent. Et elles s’en occupent plutôt bien… Elles s’occupent bien des riches clients, mais pas de tous ses clients.

Tu remets en cause le mythe du « client est roi », et vas jusqu’à affirmer que « les clients ne sont pas de numéros, mais des tirelires » !

J’ai dit que si le client est roi, les banquiers sont des républicains convaincus : cette logique est institutionnalisée dans le fonctionnement bancaire. Il y a des catégories de clients. Chez Fortis par exemple, il y a des noms pour chacune de ses catégories, selon le niveau du montant des avoirs. Ce sont des gens différents qui s’occupent de clientèles différentes. Et cela va de l’employé ordinaire d’une agence pour le client ordinaire, le « bas peuple », jusqu’à la filiale privée, le private banking, pour les super riches. À Bruxelles, il y a ce genre de salon, dans des bureaux décentralisés. C’est un peu comme le train : il y a des compartiments par classe. Sauf qu’ici, il y a jusqu’à 5 classes. Enfin même 6. Car il y a celle du démarkéting : les gens dont on veut se débarrasser, des clients qui ne rapportent rien. Ils ont des techniques spéciales pour ça : lors de séminaires, on apprend à se débarrasser de ces clients. C’est une employée qui m’a raconté ça. Elle a subi une formation, avec des jeux de rôle et échanges d’expériences sur « comment gérer un mauvais client ? ». Et comble, les banques sont payées avec de l’argent public pour assurer ces formations !


Après avoir été sauvées, les banques se font plus d’argent qu’avant la crise…

Elles ont eu et ont encore un grand rôle dans la crise. Les banques ont bénéficié, justement à cause de la crise, d’une diminution des intérêts sur leurs emprunts à la banque centrale européenne. Cela a permis de nouveaux crédits, de relancer l’économie et la consommation. Mais si les taux ont diminué de plus de moitié pour les banques, ils ont à peine diminué pour les clients. J’ai eu accès à une note interne d’un responsable de Fortis, Peter Vandekerckhove, où il met noir sur blanc que la marge bénéficiaire sur les crédits a doublé.

Autre révélation surprenante, notre banquier, celui derrière le guichet, n’a pas la vie facile…

Un syndicaliste m’a dit : « Il faut toujours se rappeler que le type que le client a en face de lui a un fusil derrière le dos, celui de sa direction. On l’oblige à faire ça. » Certains employés le vivent plutôt bien. Sans état d’âme. Mais d’autres vivent ça très mal. C’est pousser loin cette logique du profit : apprendre des techniques pour faire ça, trier les clients, essayer d’en pousser à la porte… La pression psychologique est très forte sur le personnel. Une partie des employés était dans une notion de service : maîtrise des produits bancaires, proposer des crédits, des épargnes,… Avec un profil de bon technicien mais pas de requin commercial. Ces gens là ne se sont plus retrouvés dans la nouvelle approche des banque : fini le service à la clientèle, bonjour le « refourguage » de produits à tout prix. Une logique où on a des objectifs commerciaux à atteindre, ce qui profite le plus à la banque. Je cite des témoignages de gens qui, avec la pression de la hiérarchie, se retrouvent sous antidépresseurs, des gens qu’on change d’agence, qui ont des signalements négatifs, avec conséquence sur leur rémunération (car elle est variable selon les objectifs commerciaux), des gens qui ont constamment peur d’être virés, même si ils sont là depuis longtemps.

Pourquoi revenir sur la privatisation de la CGER ?

Avec cette affaire, on est au cœur du sujet. Ici, le but est de voir comment les banques font la chasse au profit, toutes leurs techniques, et comment l’Etat intervient non pas pour contrôler les banques mais pour satisfaire leur soif de profit. Et c’est d’autant plus intéressant d’y revenir au moment où l’Etat « nationalise » Fortis pour la sauver ! Pendant 128 ans, la CGER a fonctionné sans problème. Et il suffit de 10 ans, intégrée à Fortis, pour qu’elle s’écroule. Alors quand j’entends Reynders, ministre des Finances, dire que « l’Etat n’a pas vocation à gérer une banque », je me dis qu’il doit souffrir d’amnésie pour dire des bêtises pareilles.

Tu ne l’oublies pas, ton vieil « ami » Reynders.

Non. J’ai voulu montrer l’obstination du gouvernement, et en partie de Didier Reynders, celui qui a porté toute l’affaire de banques depuis 2008. Du jour au lendemain, en septembre 2008, il a fallu sauver Fortis, prendre l’option BNP Paribas, sur les bons conseils d’Albert Frère, grand ami de Reynders, mais aussi, partenaire financier de BNP Paribas. Ils ont maintenu ce cap coûte que coûte, quitte à en faire une confrontation avec les actionnaires, quitte à tenter de manipuler la justice. C’est fou de voir, primo, comment on a donné les pleins pouvoirs à l’homme qui est le plus proche des banques, et deuxio, à quel point on peut mener cette politique, au nom de la démocratie, alors qu’on en viole les règles.

Tu n’es pas tendre avec Reynders et le MR. Mais tu égratignes aussi le CDH et Maystadt, ainsi que le PS pour son rôle dans la privatisation de la CGER.

Je me suis notamment entretenu avec Jean-Pierre Genbauffe, dirigeant de la CGSP (centrale FGTB des services publics) de l’ancienne banque publique, qui était en même temps président de la section d’entreprise du PS. Il obtient en 1993, juste avant la privatisation une entrevue secrète avec Lippens. « Quand j’ai compris que le PS ne s’opposerait plus à la privatisation, il s’agissait de chercher des garanties pour le personnel. », a-t-il dit. Lippens, lui, voulait s’assurer qu’il ne subirait pas des grèves à répétition. Avec le recul, Jean-Pierre Genbauffe dit qu’il savait que ça n’était pas une bonne idée de privatiser. Alors pourquoi ne pas avoir organiser la grève, la résistance contre la privatisation ? Il est aussi au PS. Et le PS a soutenu la privatisation. Philippe Busquin assurait que c’était nécessaire pour sauver la sécurité sociale. Alors, Genbauffe ne se bat pas contre la privatisation, mais seulement pour le personnel : transformer les statutaires en contrats de travail avec des avantages pour compenser. Du moins, pour le personnel de l’époque. Car les nouveaux engagés n’en ont pas bénéficié.

A l’époque, c’est une coalition sociale-chrétienne-socialiste qui est au gouvernement. Le ministre des Finances est un social-chrétien, Philippe Maystadt, et celui des Entreprises publiques est un socialiste, Guy Coëme – emporté par l’affaire Agusta, il est remplacé par un certain… Di Rupo. Les dernières étapes de la privatisation ont eu lieu sous Di Rupo comme vice-premier ministre. Au départ, les socialistes disent qu’ils ne s’agit pas vraiment d’une privatisation, mais de céder la moitié au privé : l’Etat garde le verrou de 50 %. Avec l’argument de Busquin que c’est nécessaire pour sauver la sécu. Peu après, Maystadt, considéré comme à gauche au sein de son parti, fonce sans état d’âme pour la privatisation : il faut sauter le verrou des 50 %, les socialistes doivent suivre. Après des exercices de contorsion où divers socialistes font des déclarations contradictoires, ils acceptent finalement, en disant « on laisse la possibilité, légalement, de donner plus de 50 % au privé, mais on ne le fera pas. On a juste besoin de le faire pour attirer les sociétés privées ». Mais quelques années plus tard, on déborde tout de même des 50 %. Bref, une célèbre technique du « saucissonnage », morceau par morceau, et en faisant pression sur les syndicats. En gros, les socialistes ont fait passer les mêmes mesures que la droite, mais juste un peu moins rapidement.


A écouter nombre de déclarations de ces dernières années, on croirait que les méchants responsables de la crise sont les banquiers, les capitalistes financiers, mais que les capitalistes industriels sont des gentils, soucieux du développement de la société ?

C’est ce que Di Rupo m’a dit lorsque je l’ai rencontré, suite à la sortie de mon livre sur la politique fiscale de Reynders. Sa thèse est que le capitalisme financier et industriel sont deux choses différentes. Mais ça ne tient pas la route. Prenons l’exemple d’Albert Frère, une des plus grosse fortune de Belgique. Est-ce un financier ou un industriel ? D’un côté, c’est un industriel. Il détient des parts dans des holdings de l’énergie (Total), du ciment, de l’alimentation (Ricard, Havana Club). Mais il reste un patron de holding. Ces domaines sont totalement imbriqués, on ne peut pas les séparer. La logique et les techniques sont les mêmes : la recherche permanente de plus gros profits, l’exploitation des travailleurs.

Votre alternative, c’est la Kiwibank, une banque publique. D’autres, comme Eric De Keulenaere, professeur d’économie à l’Institut Solvay, vont dans le même sens… Même combat ?

Non. Au lendemain du sauvetage de Fortis par l’Etat, le PTB a lancé cette proposition d’une banque publique. Depuis lors, d’autres ont soutenu cette idée que l’Etat devait en rester actionnaire, et ne pas re-privatiser comme cela a été fait. Mais cela ne suffit pas. Sinon, on pourrait dire que Dexia, avec ses capitaux publiques, est une banque publique. Mais une banque avec des actions de l’Etat peut néanmoins fonctionner comme une banque privée. C’était d’ailleurs déjà le cas avec la CGER.

L’idée de la Kiwibank, c’est d’avoir un secteur bancaire entièrement public, coupé de la chasse au profit. Une banque au service de la population, des gens, de l’économie qui accomplirait les différentes tâches d’intermédiaire financier sans profit. Puisque finalement, elle met en relation des emprunteurs et des épargnants. Elle n’a pas forcement besoin de se faire du profit là-dessus. Les banques ne sont pas créatrices de richesse, comme l’avait déjà montré Marx. Elles ne font qu’accaparer la plus-value créée par les entreprises industrielles. Mais pourtant, certaines années, elles font autant de profit que toutes les entreprises industrielles ensemble. C’est un secteur tellement important qu’il faut donner l’exemple : non, une banque ne doit pas forcément faire du profit. Et ses rôles sociaux seront d’autant mieux remplis. Dans le livre, je cite 10 avantages d’une banque publique…


Avec tout ce que tu dénonces, tu penses encore pouvoir mourir de mort naturelle ?

(confiant). Si je peux donner un conseil aux tueurs, il vaut mieux viser l’éditeur ou les libraires, car moi c’est trop tard, j’ai déjà tout écrit ! Et je m’attaque d’ailleurs au prochain sujet dès maintenant… top secret !

Marco Van Hees, Banques qui pillent, banques qui pleurent. Enquêtes sur les profits et crises des banques belges, éditions Aden, 2010, 304 pages, 20 €. En vente chez Aden, rue Antoine Bréart, 44, 1060, Bruxelles ou au PTB-shop, 171, Bd Lemonnier à Bruxelles.

Source: Solidaire


 

    Ces juteux financements hauts taux



    Les banques tirent leurs revenus de la différence entre les taux de l’épargne et les taux des crédits qu’elles octroient. Dès lors que la législation plafonne désormais les premiers, on peut se demander pourquoi les seconds ne le sont pas également. Car, pour certains crédits, nous ne dirons pas que les banques vous mènent en bas taux…

    Imaginons que vous demandiez un crédit chez Fortis. Pas un financement auto, pour lequel la concurrence est vive et, donc, les taux relativement réduits. Non, ce bon vieux prêt personnel (également nommé prêt à tempérament) que vous contractez parce que vous êtes acculé, pour lequel vous ne devez même pas préciser à quoi ira l’argent emprunté. Pour un remboursement en 36 mois, le taux affiché est de 12 ,75 %. Mais l’agence est généreuse. « Votre taux : 9,81 % », annonce-t-elle. Pratiquement trois points de moins que le taux affiché. La plupart des clients seront aux anges de pouvoir profiter d’une telle aubaine.

    Mais bon, vous n’êtes pas né de la dernière pluie : vous affirmez que vous avez vu moins cher ailleurs. Les négociations commencent. Si vous poussez votre interlocuteur dans ses derniers retranchements, il pourra descendre jusqu’à 8,31 %. Le taux minimal que puisse accorder l’agence. Là, normalement, vous sortez de la banque en faisant des bonds de joie et en scandant : « On a gagné ! On a gagné ! ».

    Seulement, vous êtes un coriace. Vous faites valoir que vous êtes un très bon client. Effectivement, vous avez tous vos comptes, toutes vos assurances et de gros placements chez Fortis. Vous menacez de délocaliser tout ça chez le concurrent du trottoir d’en face. Branle-bas de combat dans l’agence : le gérant contacte le chef de district, le seul à pouvoir descendre encore plus bas. Et victoire, vous obtenez le nectar suprême : le taux minimal du district : 7,06 %. Cette fois, vous vous dites avec un brin de fierté honteuse que si Fortis fait faillite, ce sera à cause des subprimes et du rachat d’ABN-Amro, mais aussi, pour une petite part, suite à la façon magistrale dont vous les avez roulés dans la farine.

    Sauf que, dès le départ, le commercial qui vous a reçu pouvait lire sur son écran d’ordinateur le transfer price (ou coût de cession) de votre crédit. C’est-à-dire ce que ce crédit coûte à la banque, frais généraux compris. Il s’agit donc du taux auquel le bénéfice de la banque est nul. Ce taux, pour un prêt personnel consenti en 36 mois, est de… 2,56 %. Comme quoi, même vendu au taux minimal de 7,06 %, le profit n’est pas mince.

    À la KBC, le taux d’intérêt pour financer un véhicule d’occasion est de 8,49 %, voire de 7,99 % pour un bon client, mais le taux interne, le transfer price, n’est lui que de 1,99 %.

    Les prêts à tempérament sont également octroyés dans le cadre d’un regroupement de dettes. Le principe est simple. Monsieur Pigeon est engagé dans une multitude de crédits, de différents montants et différentes durées. Sa banque va rembourser elle-même tous ces emprunts et octroyer à Monsieur Pigeon un prêt unique qui reprend le total des dettes. Il n’aura donc plus qu’un prêt à rembourser. Quelle simplification !

    Sauf que « ces regroupements de dettes sont criminels », nous confie un employé de banque. En effet, ils sont généralement octroyés sur une durée plus longue que le terme moyen des crédits qu’ils reprennent. Cela a deux conséquences. Pour la banque, cela augmente la masse d’intérêts qu’elle touchera au final. D’autant que c’est elle qui profite de l’ensemble de ces intérêts et non plus les ex-créanciers. Pour Monsieur Pigeon, cela réduit la charge mensuelle de son remboursement (même si cela lui coûte plus cher en fin de parcours). Avec le risque que, du coup, il soit tenté de contracter de nouveaux crédits et soit pris (encore plus) à la gorge. Car, souvent, les personnes qui recourent à ces regroupements sont justement des victimes potentielles du surendettement.

    Bien sûr, l’employé de banque doit respecter certaines règles avant d’octroyer un crédit. Il doit remplir une grille de credit scoring, c’est-à-dire attribuer une note chiffrée à la capacité de remboursement du client sur base de diverses informations (revenus mensuels, autres dettes existantes). De plus, la banque peut consulter les fichiers de la Centrale des crédits aux particuliers, que gère la Banque nationale. On y trouve tous les crédits contractés par chaque habitant du royaume (afin de pouvoir évaluer leur niveau d’endettement), ainsi que les éventuels défauts de paiement.

    Mais si les banques respectent plus ou moins bien ces règles, les commerces qui vendent à crédit sont beaucoup moins regardants. Si Monsieur Pigeon est fortement endetté et que son agence Fortis lui refuse le crédit qu’il demandait pour acheter le magnifique home cinema dont il rêve, il lui suffira de faire chauffer sa carte Cora. Or, les ventes à crédit conclues via la carte Cora sont financées par Alpha Credit, une filiale de… Fortis.

    Un employé d’une autre grande banque nous explique que lorsqu’un client contracte un prêt hypothécaire, il est obligé de prendre également les assurances qui y sont liées. Sinon il est soumis à un taux d’intérêt plus élevé. Mais à la première occasion, on lui refuse l’assurance – problèmes de santé pour l’assurance vie, trop de bois dans la maison pour l’assurance incendie – si bien que client paye tout de même le taux majoré.

    Avec la crise financière, les banques sont toutefois devenues très frileuses en matière de crédit. Paradoxe : tant que la bulle spéculative gonfle, les banques fourguent des prêts à la pelle, ce qui alimente d’autant plus ladite bulle. Par contre, lorsque celle-ci éclate, que l’on se trouve englué dans une profonde crise et qu’il s’agirait d’accorder des crédits pour favoriser la relance, les banques sont gagnées tout à coup par un excès de prudence.

    « Avant, raconte l’employée d’une grande banque, lorsqu’on accordait un crédit à une entreprise, il y avait une part de confiance. Aujourd’hui, c’est le risque zéro. Nous devons exiger une garantie aussi importante que le montant du prêt. » Certaines professions ne doivent même pas se présenter à l’agence. « Nous ne pouvons pas accorder le moindre prêt dans l’horeca, par exemple. » Et pour les particuliers, la tendance est la même. « Plus question d’accorder un prêt hypothécaire pour un montant comprenant les frais de notaire en plus du prix de la maison. Avant, cela faisait. C’est terminé. »

    Pour favoriser cette relance par le crédit, la Banque centrale européenne (BCE) a fortement réduit son principal taux directeur. Fin septembre 2008, ce taux était fixé à 4,25 %. Il est passé à 3,75 % en octobre, 3,25 % en novembre et 2,50 % en décembre. En 2009, cette politique de baisse s’est poursuivie : 2 % en janvier, 1,50 % en mars, 1,25 % en avril pour atteindre le minimum historique de 1 % en mai.

    En appliquant ces impressionnantes réductions, la BCE rend l’argent moins cher pour les banques. Elle attend donc que celles-ci réduisent elles-mêmes les taux des crédits qu’elles accordent. Mais les banques se font tirer l’oreille.

    Ainsi, pour la Belgique, le rapport 2008 de la Banque nationale indique : « Il importe que cet assouplissement [européen des taux] se traduise par une diminution des taux débiteurs et le maintien d’une offre satisfaisante de crédits bancaires. » Un communiqué du syndicat FGTB va traduire cette prière dans un langage un peu moins diplomatique : « Le rapport [de la Banque nationale] mentionne également que les banques sont, à juste titre, appelées à répercuter effectivement la diminution du taux d’intérêt par la BCE dans les taux réclamés à leurs clients. Il ne doit en effet pas s’agir pour elles de les utiliser en vue du rétablissement de leurs marges bénéficiaires. »

    Pourtant, c’est bien ce qu’elles vont s’obstiner à faire. D’une part, elles continuent à restreindre l’octroi de crédits : par exemple, il est désormais impossible d’obtenir un prêt hypothécaire pour plus de 80 % de la valeur d’achat, alors qu’auparavant, le client pouvait facilement obtenir 100 %, voire 120 % (pour pouvoir payer les frais d’enregistrement et de notaire). D’autre part, la baisse des taux est des plus timides pour les crédits, alors qu’elle est nette quand il s’agit de rémunérer l’épargne de la clientèle.

    Ainsi, côté épargne, le taux des bons de caisse Fortis à un an est passé de 5,10 % en octobre 2008 à 2 % en février 2009. Par contre, côté crédit, Fortis a, sur la même période, réduit le taux de ses crédits de caisse de 9,75 % à… 9,65 %.

    Dans une note interne de mars 2009, le CEO Retail Bank Belgique de Fortis, Peter Vandekerckhove, se réjouit de cette évolution : « La production en crédits habitation est légèrement meilleure que celle de la même période de l’année passée, avec, en outre une marge qui est le double de celle de l’année passée. En PAT [prêts à tempérament], le nombre et les volumes ont augmenté, avec une marge qui a quasiment doublé. » Il poursuit en soulignant que cette marge a également augmenté significativement pour les crédits professionnels et crédits d’investissement (malgré une stagnation ou un recul du volume).

    Bref, alors que la Banque centrale européenne réduit ses taux pour combattre une crise financière dans laquelle les banques portent une responsabilité flagrante, celles-ci détournent la mesure pour augmenter fortement leur marge bénéficiaire, jusqu’à la doubler pour certains crédits. C’est tellement flagrant que l’on se demande si l’humour dont ce cadre de Fortis teinte la conclusion de sa note peut réellement être involontaire : « Nous mettons tous nos moyens en œuvre pour renforcer la confiance de nos clients. »

michelcollon.info 

 
 

17:45 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : banques, ultra-riches, exploitation, capitalisme, livre |  Facebook |

15/01/2010

Les péchés d'Hugo Chavez

hugochomskyEn Amérique latine, presqu’une personne sur deux vit sous le seuil de pauvreté. Au Venezuela, un homme affirme qu’on peut y mettre fin. Certains l’accusent de tous les péchés : ‘populiste’, ‘dictateur’… Michel Collon vient de publier Les 7 péchés d’Hugo Chavez et il montre pourquoi cette expérience nous concerne.

Interview: Petya Micheroux

(Article extrait du site "investig'action")

Le président vénézuélien Hugo Chavez est-il populiste ?
 Michel Collon.
La grande tarte à la crème ! Dès que quelqu'un dérange, les médias lui collent une étiquette. Qui a pour fonction d'empêcher les gens de réfléchir aux problèmes, aux conflits entre des intérêts qui s'affrontent. C’est quoi, un « populiste » ? Quelqu'un qui flatte le peuple, en lui faisant des promesses qu'il ne peut tenir. Selon moi, cette définition vaut pour Sarkozy et les autres dirigeants européens : ils font des promesses en sachant qu’ils ne les tiendront pas.

Et Chavez aurait tenu ses promesses ?
    Michel Collon.
Lorsqu’il arrive au pouvoir en 1999, deux Vénézuéliens sur trois n'avaient jamais vu un médecin de leur vie. Depuis, « Chavez le populiste » a mis en place avec l'aide de médecins cubains des maisons médicales, non seulement dans les quartiers pauvres de Caracas, mais aussi dans les campagnes et les régions les plus reculées des Andes ou de l’Amazonie. Il a aussi alphabétisé, en moins de deux ans, un million et demi de personnes. Le budget de l’éducation est passé de 3% à 9%. On a réussi à remettre aux études des gens qui avaient dû les interrompre à cause de la pauvreté. Aucun de ses prédécesseurs n'avait fait ça. A mon avis, beaucoup de peuples dans le monde aimeraient avoir de tels dirigeants populistes.
    Avant, l’argent du pétrole servait à enrichir les multinationales. Aujourd’hui, il sert à éliminer la pauvreté. Pour les riches, Chavez est donc le diable, couvert de péchés. Pour les pauvres, il incarne l’espoir.

Mais certains lui reprochent d'être trop lent, trop conciliant, de ne pas s'attaquer à la propriété capitaliste...
    Michel Collon.
Méfions-nous des « Y a qu'à ». Pour eux, tout est facile. Y a qu'à faire ceci, y a qu'à faire cela. Chavez n'a qu'à exproprier tous les capitalistes et créer un État ouvrier, exporter la révolution dans toute l’Amérique latine, et bla bla bla. Mais le Venezuela ne compte presque pas d'ouvriers, sur quelle base reposerait un « État ouvrier » ?
Non, le problème clé, celui qui bloque le développement de pays comme le Venezuela, c'est la dépendance envers les multinationales. Celles-ci déversent leurs produits subventionnés, contrôlent les politiciens et l’armée, pillent les matières premières et toutes les richesses, maintiennent les salaires au plancher et tout ça bloque le développement du tiers monde. Or, beaucoup de classes et couches sociales du tiers monde ont intérêt à ce que leur pays se libère de l’emprise des multinationales US ou européennes, et pas seulement, les classes travailleuses. Il y a donc intérêt à s’allier avec elles ou à les ménager.
Réussir cette première étape n'est pas évident. Contrairement à ces « révolutionnaires en chambre », Chavez a la responsabilité de remplir les assiettes des gens. Eliminer une forme d'économie - où il y a effectivement une exploitation capitaliste, c’est vrai - quand on n'a encore rien pour la remplacer, c’est laisser les gens crever de faim et évidemment se détourner de la révolution. Une révolution ne peut avancer ni trop vite, ni trop lentement. Il faut, au stade actuel, cibler les multinationales et ménager les autres. On ne fait pas une révolution en partant des souhaits des révolutionnaires mais en tenant compte de la situation objective, du rapport des forces et des possibilités des gens.

Votre livre aborde en fait tout le rapport Nord-Sud à l'échelle du continent américain. Vous parlez du Nord comme de « l'aspirateur des richesses ». Que voulez-vous dire ?
    Michel Collon.
Nous, gens du Nord (Europe et Etats-Unis), devons absolument prendre conscience du mécanisme qui explique cet écart entre le Nord riche et le Sud pauvre (même si, tout le monde n'est pas riche au Nord où les écarts s'aggravent aussi). La question est : sur le dos de qui les riches du Nord ont-ils construit leurs fortunes ? Je le rappelle dans le livre, sur base de quelques études historiques : l'Europe est devenue riche en pillant l’or et l’argent de l’Amérique latine, en massacrant les Indiens et en arrachant à l’Afrique dix millions de Noirs, transformés en esclaves et en chair à profits.



arton1139Mais le colonialisme a pris fin, non ?
    Michel Collon.
En réalité, non. Aujourd'hui, les mêmes mécanismes d'aspiration des richesses restent à l'œuvre, mais de manière beaucoup plus subtile et voilée, comme je l’explique dans le chapitre intitulé « les sept fléaux de l'Amérique latine ».
Premièrement, le pillage des matières premières. Pétrole et gaz bien sûr, mais aussi eau et biodiversité, enjeux stratégiques du 21ème siècle. Deuxièmement, le pillage de la main d'œuvre dans des usines de sous-traitance. Véritables bagnes où les syndicats sont interdits. Troisièmement, l’assassinat de l’agriculture. Les multinationales d’agrobusiness du Nord déversent leurs produits subventionnés en Amérique latine et en Afrique, ruinent les paysans locaux, les obligeant à quitter la terre et à s'amasser autour des villes.
Le quatrième fléau, c’est l’élite dirigeante des pays du Sud. Une bourgeoisie locale vendue aux intérêts étrangers et travaillant pour le compte des multinationales. Cinquième fléau : la dette. Les banques du Nord et la Banque Mondiale contrôlée par les pays riches maintiennent le chantage d’une dette déjà largement remboursée en fait. Sixième fléau : en vingt ans, les États-Unis et l'Europe ont obligé à privatiser un millier d'entreprises publiques en Amérique latine, transférant ainsi la richesse et le pouvoir économique vers le Nord. Septième fléau : le vol des cerveaux. Scientifiques, techniciens qualifiés et médecins. Le Sud dépense pour les former, mais le Nord les détourne. Voilà, l’ensemble de ces sept fléaux montre que le colonialisme et le pillage n’ont pas disparu.

Chavez réalise des choses impressionnantes. D’autres ne le font pas. Pourquoi ?
    Michel Collon.
80 années de richesse pétrolière du Venezuela ont produit un écart énorme entre riches et pauvres. Ce que Chavez a fait, c’est changer la règle du jeu. Il a récupéré l’argent du pétrole en faisant payer – enfin - les multinationales et en reprenant le contrôle de la société publique qui gérait le pétrole. Les bénéfices sont enfin versés dans le budget de l’État, permettant de s'attaquer sérieusement au problème de la pauvreté. Quand on voit la misère qui règne en Afrique et au Moyen-Orient, à côté de fortunes colossales, on se dit qu’il faudrait y exporter Chavez. Ou plutôt s’en inspirer.

D’où la colère des États-Unis ?
    Michel Collon.
Comme disait Chomsky, « peu importe où le pétrole est situé dans le monde, les États-Unis considèrent que la géographie se trompe et qu'il est situé aux États-Unis ». Chavez a refusé cette logique.

Quelles menaces font peser les Etats-Unis sur le Venezuela ?
    Michel Collon.
Trois. 1. Le financement par la CIA, à coups de centaines de millions de dollars, d’une opposition putschiste, doublée de campagnes de désinformation qu’on retrouve dans nos médias. 2. La construction de sept nouvelles bases militaires US en territoire colombien. Comme par hasard, les bases US sont toujours juste à côté des ressources naturelles stratégiques, et pour encercler les pays rebelles : Venezuela, Bolivie, Équateur, voire Brésil. 3. Washington a réactivé la 4ème flotte qui « surveille » l’Amérique latine. Utilisée contre l’Allemagne en 40-45, supprimée lorsque le continent a été jugé « sous contrôle », et aujourd’hui réactivée en plaçant à sa tête un amiral qui a fait sa carrière dans les « Forces Spéciales » (spécialisées dans les débarquements et coups d’Etat).

Votre livre analyse aussi les erreurs et les faiblesses de Chavez. Quelles sont-elles ?
    Michel Collon. Le Venezuela n'est ni l'enfer décrit par nos médias, ni le paradis. Les problèmes restent énormes. Surtout la bureaucratie. Celle héritée de l'ancien régime et qui sabote à qui mieux mieux. Mais aussi les nouveaux arrivistes. Et une corruption, qui n'est évidemment pas propre au Venezuela, mais si Chavez ne parvient pas à résoudre ce problème, la révolution perdra la confiance des gens et échouera, c'est clair. Un proche de Chavez m'a confié que 60 % des réformes décidées par lui ne sont pas appliquées. Ca donne la mesure du drame de la bureaucratie et de la corruption.

Le Venezuela, c’est loin. En quoi votre livre peut-il intéresser le lecteur belge ?
    Michel Collon.
En Europe, les victoires sont rares ces temps-ci. On rencontre beaucoup de pessimisme, de fatalisme. Par contre, l’Amérique latine nous apporte un message d'espoir. Chavez, Evo Morales et tous ces Latinos affrontent en fait les mêmes problèmes que nous : pauvreté, néolibéralisme, destruction des acquis sociaux et des services publics, pillage du travail et des ressources... Et ils arrivent à renverser la vapeur ! Non seulement ils résistent, mais ils obtiennent même des victoires, des avancées sociales pour la population.

Le Venezuela nous montre qu'un autre monde est possible ?
    Michel Collon.
On dira évidemment que la Belgique ou la France n'ont pas de pétrole, mais l'essentiel n'est pas là. Au fond, il y a plus important que le pétrole. Le « péché » le plus important de Chavez, c’est d'avoir rendu sa place au peuple. De lui avoir donné conscience qu'il est possible de prendre son destin en main. Et ça nous concerne aussi, car nous aussi on a cet écart riches-pauvres, ce pillage des fruits du travail.
Chavez et les Vénézuéliens nous montrent que d'un côté, il y a l’argent, et de l'autre côté, il y a les gens. Le plus important, ce sont les gens : ils sont l'immense majorité, ayant au fond les mêmes intérêts. Incompatibles avec ceux des multinationales.

Commander le livre sur le site de Michel Collon.

01/08/2009

Marx - Les crises du capitalisme

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Livre :: Marx nous explique les crises actuelles

La chasse aux sorcières, les dévoiements du capitalisme étatique de certains pays dits communistes, le triomphe du libéralisme… ont relégué certaines des analyses économiques des plus pertinentes sous prétexte d’une orientation idéologique de leur auteur. Marx a naturellement été la victime de cette catégorisation qui balaie toute possibilité d’honnêteté intellectuelle permettant la reconnaissance de l’acuité d’une analyse. Mais dans la crise actuelle, un retour aux préceptes marxistes de l’économie peut être particulièrement éclairant. Pour lui, les crises sont une matière inhérente au capitalisme, qui à la recherche incessante du profit incite à produire toujours plus dans un contexte de consommation limitée. Lorsque la surproduction apparaît, on réduit alors la production et impose le chômage partiel et les licenciements. La conflagration suit : faillites, chute des actions, misère sociale… Revenir à des analyses passées permet parfois de bien mieux comprendre le présent.

Karl Marx, les crises du capitalisme, texte inédit, Demopolis, 2009, 14€

La crise du système

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 La crise secoue bien des certitudes. Chassé des universités, Marx est aujourd’hui, à la faveur de la crise, en train de faire un come-back remarquable. Même – ou est-ce surtout ? – des économistes en plein désarroi le redécouvrent.


Certains ne l’avaient jamais oublié. Depuis le krach de la bulle informatique en 2001, l’économiste marxiste Henri Houben ne cesse de répéter que le système économique international se fragilise de plus en plus, que les États-Unis n’ont guère de marge de manœuvre et qu’un nouveau krach, de l’ampleur au moins de celui de 1929, est inévitable. Avec Jo Cottenier, il décrypte la crise actuelle, en préparation depuis trente-cinq ans, et montre en quoi il s’agit d’une véritable « crise du système », ayant pour fondement la manière même de fonctionner du capitalisme.

François Ferrara analyse le rôle croissant du crédit, dont l’effet est de spolier une deuxième fois les travailleurs.

Dans sa contribution sur l’intervention de l’État, Herwig Lerouge passe au crible la tonitruante critique des fervents du marché libre qui tout d’un coup ont découvert les avantages de la nationalisation, injectant même de l’argent dans le secteur bancaire et créant ainsi une sorte de « socialisme pour les riches ».

Le socialisme comme solution de rechange au capitalisme, que les nouveaux marxistes à la mode préfèrent oublier, est par contre au cœur du débat mené par les quatre auteurs. Que ce numéro d’Études marxistes incite à (re)découvrir Marx, le vrai.

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22:41 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, analyse, social, socialisme, crise, societe |  Facebook |

Lecture - Priorité de gauche (Peter Mertens & Raoul Hedebouw)

Priorité de gauche rectoPeter Mertens, Président du PTB, et Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB et Président du PTB-Liège, ont assurément fait mouche avec ce livre, "priorité de gauche" (voir l'image en fin d'article).
Ecrit avec simplicité, ce livre explique la crise actuelle et la situation désastreuse dans laquelle s'enlise notre société, tout en argumentant par des exemples concrets de la vie de tous les jours. L'ultralibéralisme qui a dominé le monde politique ces cinquante dernières années, plonge actuellement la grande majorité de la population belge dans le marasme et la précarité.


Vit-on un scénario identique à celui de 1929 ? Non, je crois plutôt que la situation est bien pire encore. Les fermetures d'usines (il y en a tous les jours), et l'augmentation du nombre de chômeurs qui les accompagne, ne fait que débuter les répercussions de cette crise, que nous paierons à coup sûr si nous laissons faire les politiques tratitionnels, à la botte du système capitaliste et néo-libéral.
Ce livre donc, superbement bien écrit, lance des pistes de solutions à cette crise. Ce livre ne fait pas que dénoncer ou répéter ce que de nombeux autres ouvrages ont déjà effectué sous la plume d'économistes chevronnés, mais il donne de l'espoir aux gens, espoir fondé sur des propositions de solutions, qui font partie intégrante du programme du Parti du Travail de Belgique.
Des solutions sont donc apportées dans ce livre, non pas sous forme de fausses promesses, comme les autres partis les plus en vue ont coutume de le faire, mais bien des pistes concrètes et très facilement réalisables dans la pratique.
J'éprouve bien des difficultés à faire la promotion de ce livre sans en citer quelques passages, concernant par exemple le modèle kiwi pour la gratuité des médicaments,  le meilleur financement de l'éducation (qui doit être gratuite), le maintien des services publics, la création d'une banque publique, la taxation des biens de première nécessités comme le prix de l'énergie à 6% au lieu de 21%, une meilleure imposition sur les grosses fortunes, etc etc. Et donc je vais m'arrêter là, vous laisser vous procurer ce bouquin, et ensuite le dévorer (par la lecture, naturellement) comme je l'ai moi-même fait.

Bonne lecture.
________________


Priorité de gauche :: Un livre concoté aux piquets de grève et dans les salles populaires


Peter Mertens, président du PTB et Raoul Hedebouw, porte-parole, ont coécrit l’édition francophone de Priorité de gauche (éd. Aden). Ils présenteront leur livre en exclusivité le 22 mars. Solidaire vous en donne un avant goût.
David Pestieau
Peter Mertens


Depuis le congrès de mars 2008, Peter Mertens et Raoul Hedebouw ont voyagé à travers le pays : « Un vendredi soir à Liège, où nous sommes restés très longtemps chez des sidérurgistes. Un dimanche matin vers Gand pour un brunch avec des syndicalistes. Dans une salle populaire à Charleroi ou au piquet de grève dans la zone du port d’Anvers. Nous sommes surtout venus pour les écouter. Et nous avons entendu des voix qui ne trouvent jamais d’échos à la rue de la Loi. Les voix de ceux qui vivent la crise dans leur chair. Or, beaucoup de politiciens mènent une vie complètement étrangère à celle de l’homme de la rue. Ils ne savent pas ce que c’est d’avoir des difficultés à payer la facture d’énergie à la fin du mois. Ces politiciens ne subissent pas cette crise. Elle est portée par les gens normaux. »
Ainsi est né l’idée du livre Priorité de gauche, mais pas n’importe lequel : « Ce n’est pas une encyclopédie ou une brique. Pour ça, il y a des livres bien plus intéressants. Sur les nouvelles évolutions en Amérique Latine, en Inde et en Chine. Sur le rôle déclinant des Etats-Unis. Sur les contradictions croissantes au sein de l’Union Européenne où les grands pays lèvent à nouveau le drapeau du protectionnisme. Non, ce livre n’est pas l’alfa et l’oméga de la crise. Il s’agit tout simplement d’une première étape pour le débat. Pas un point final, mais un commencement. Il nous était difficile de ne pas partager ce que nous avions entendu lors de nos tournées à travers le pays. »


Vaches sacrées


Le livre prend comme point de départ les conséquences pour les gens des trois dernières décennies assombries par le néolibéralisme. Ces années où il n’y en avait que pour les partisans du marché libre : moins de contrôle, plus de privatisations, plus de cadeaux aux entreprises. La libéralisation de l’énergie, la privatisation de La Poste, les pensions et la santé vendues au privé, la vente de la CGER. Mais la crise financière a renversé ces vaches sacrées. Aujourd’hui, banques et entreprises font la quête pour recevoir l’aide de l’Etat. Après que les bénéfices aient été privatisés, les pertes sont maintenant nationalisées. Voilà pour la première partie.


Les gens d’abord, pas le profit


Aujourd’hui, la Fédérations des Entreprises de Belgique demande de nouvelles baisses des allocations pour les retraités et les sans-emplois, de nouvelles économies dans le secteur de la santé : plus de flexibilité, moins de services publics, un démantèlement de la sécurité sociale. Comme s’il fallait appliquer les mêmes recettes après la crise, qu’avant… Il est temps de proposer autre chose.
Aussi dans la deuxième partie du livre, Peter Mertens expose des mesures simples mais bien argumentées : une banque publique, une interdiction de licenciements pour les entreprises qui font des profits, une baisse de la TVA sur le gaz et l’électricité, une offre publique d’achats pour les médicaments (le modèle kiwi).
Des initiatives à la mesure des gens, pas à celle du profit.


L’orchestre du Titanic


Chaque jour on annonce de nouveaux licenciements et de nouvelles fermetures. La liste devient longue. Pour notre pays, on parle de cent mille licenciements cette année. En 2009, les Etats-Unis risquent de perdre quatre millions d’emplois.
Cette crise du système est le thème de la troisième partie, l’orchestre du Titanic. Il y a des centaines de milliers de SDF aux Etats-Unis et des millions d’habitations vides. On n’a jamais produit autant de nourriture, mais une crise d’alimentation mondiale s’annonce. Il y a des centaines de milliers de tonnes d’acier en trop alors que des paysans dans le Sud doivent encore travailler la terre à main nue.
Il y a une surcapacité toujours plus grande et une consommation en baisse. La crise va plus loin qu’une « crise de confiance morale » comme le prétendent certains. « N’en faisons pas un débat idéologique », a encore lancé un ministre récemment. « Une idéologie est une certaine vision de la société et il me semble justement qu’on n’en parle pas assez », pointe Peter Mertens.
Aussi, il démonte, décortique dans un langage simple, les origines de la crise, revient sur la crise bancaire. Et argumente en profondeur contre les dogmes de la pensée unique qui prétendent que le marché est le chemin à suivre, l’objectif à atteindre, la solution.


L’avenir commence maintenant


Mais  Priorité de gauche  ne se contente pas de faire une critique du capitalisme. Il se propose de changer radicalement de priorité pour emprunter d’autres pistes. Des pistes rouges qui partent des besoins des gens. Des pistes rouges aussi pour aller vers le socialisme.
Des pistes rouges pour que le monde du travail retrouve confiance en lui, pour que le monde sorte de la logique que « l’homme est un loup pour l’homme ». Un développement collectif et social peut amener de véritables progrès. La planification peut etre envisagée à nouveau. Une véritable démocratie peut pleinement se développer sous le socialisme.


Les maux bleus du Parti socialiste


Enfin dans la dernière partie, Raoul Hedebouw, porte-parole revient sur les « maux bleus du Parti socialiste », un parti qui affirme souvent représenter à lui tout seul la gauche au sud du pays. Et qui est au pouvoir de manière ininterrompue depuis vingt ans. Une critique nécessaire pour que la gauche puisse repartir à l’offensive dans les années à venir.

______________


Priorité de gauche :: Cinq questions express aux auteurs


Raoul Hedebouw et Peter Mertens pendant la manifestation pour le pouvoir d’achat. (Photo Solidaire, Martine Raeymaekers)


Pourquoi avoir écrit un livre maintenant ?
Peter Mertens. Pour certains, cette crise n’est apparemment qu’une simple crise de confiance. Selon eux, il suffirait que les gens aient à nouveau confiance dans les banques, les conseils d’administration des multinationales ou dans le gouvernement. Il s’agit là bien sûr d’une manœuvre qui leur permet de poursuivre sur leur voie, comme ils le faisaient avant la crise. La crise a renversé pas mal de tabous mais le gouvernement continue comme si de rien n’était. C’est incroyable. Ce livre a pour but de renverser le débat et d’y apporter une série de réponses socialistes.


Pourquoi un livre personnel, écrit à la première personne ?

Peter Mertens. Ce sont les éditeurs qui m’en ont persuadé (il rit). « Peter, m’ont-ils dit, si tu veux toucher un public plus vaste, tu dois oser écrire à la première personne. » J’ai donc tenté le coup. Bien sûr, cela n’empêche pas qu’un grand nombre de personnes ont collaboré à la rédaction de ce livre, trop nombreuses d’ailleurs pour que je puisse toutes les remercier ici personnellement.
Raoul Hedebouw. Dans la partie que j’ai écrit sur le Parti socialiste, j’ai eu la même démarche. Le mélange d’expériences vécues et d’analyse politique n’est pas un exercice facile mais je crois, au final, vraiment réussi, du moins je l’espère… (il rit).


D’où vient le titre Priorité de gauche. Pistes rouges pour sortie de crise ?

Raoul Hedebouw. Avec notre éditeur Gilles Martin d’Aden, nous avons mis du temps à trouver ce titre. J’ai fait appel à pas mal d’amis pour trouver un titre qui « claque » comme le dit Gilles.
Priorité de gauche est un chouette jeu de mots qui montre qu’on veut faire changer la priorité de la société. Qu’on veut donner la priorité aux plus de dix millions d’habitants de notre pays, et pas aux 72 000 millionaires de ce pays. Le livre reprend d’ailleurs plusieurs dizaines de témoignages de la vie quotidienne qui démontrent que ce n’est pas aux travailleurs de payer la crise. C’est là un des principes du livre.
Et avec le sous-titre, on voulait surtout montrer notre livre n’est pas seulement un livre de dénonciation du capitalisme mais qu’on proposait aussi des alternatives. Notre livre parle de notre vision d’une société socialiste où seules les choses qui comptent réellement importent et non la soif de profit maximum d’un petit groupe d’actionnaires.


Quel était le défi le plus difficile du livre?
Peter Mertens. Le plus difficile a été de trouver le bon ton. Généralement, l’analyse politique avait déjà été élaborée par le bureau d’étude du parti. Les fidèles lecteurs de Solidaire s’en apercevront. Néanmoins, la manière de présenter les choses est aussi très importante. Il faut que cela soit abordable, il faut donner au livre un certain rythme et que le tout soit facile et agréable à lire. J’ai donc travaillé et retravaillé le style. D’un autre côté, j’ai aussi beaucoup bûché sur le contenu. Moi-même j’ai appris un tas de choses en l’écrivant.


Ce livre est-il plutôt wallon ou flamand ?

Raoul Hedebouw. (Étonné) Un livre wallon ou flamand, c’est quoi ? Le chômage économique touche aussi bien les travailleurs wallons de Caterpillar à Gosselies que les flamands de Volvo à Gand. Et les pensionnés qui vivent sous le seuil de pauvreté - un quart des pensionnées du pays - vivent aussi bien à Liège qu’à Anvers. Tous ces exemples sont aussi repris dans le livre.
Peter Mertens. De même, les remèdes ne sont pas régionaux, et c’est justement ce que les nationalistes de tout poil tentent de nous faire croire. Une banque publique par exemple, cela ne s’organise pas à l’échelle régionale mais à l’échelle nationale, ou à une échelle plus vaste encore. Le livre soulève également d’autres aspects. Raoul a adapté la version francophone d’une façon remarquable en y ajoutant des débats et exemples spécifiques. La seule grande différence entre l’édition francophone et la néerlandophone c’est que Raoul a écrit une annexe sur le Parti socialiste tandis que dans la version néerlandaise, j’ai écrit une annexe sur le programme de la Liste Dedecker, un parti de droite qui monte au Nord du pays.

 

Pour commander cette éditon, cliquez ici.

22:38 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gauche, ptb, socialisme, livre, social |  Facebook |

16/02/2007

 Vidéo et livre intéressants

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Le zoo, l’usine et la prison.

 

Un film, un débat, un livre.

Ce genre de film ne peut exister que par le bouche à oreilles des amis, des amis, des amis…

Comme vous verrez en fin de mail, il circule pas mal pour le moment

Venez donc le samedi 24 février à Cuesmes pour la présentation du livre « Une enfance d’en bas »

 

 

Vous cherchez un bon film engagé pour introduire un débat?

Jeunes "des quartiers" et travailleurs en lutte: même combat?

Enseignement à deux vitesses, insécurité, violences dans les écoles: pas de solution?

Et la solidarité dans tout ça?

 

Après la mort de son père à l'usine, Lila  (Safia Zellit) a connu une jeunesse difficile. 

A l'Atelier, elle rencontre Manon (Emmanuelle Ruelle), dix ans, espiègle et insouciante malgré la maladie qui guette.

L'usine ferme, les travailleurs luttent. Au piquet de grève, Lila reconnaît Dario, (Roberto D'Orazio) le délégué.

En face, des officiels projettent l'inauguration d'une prison

mais au bout de la nuit, des solidarités prennent forme....

 

Le zoo, l'usine et la prison n'est pas un xième film "noir" sur l'exclusion.

Rêve, poésie et tendresse sont au rendez-vous:

"En septante minutes, le film condense pas mal de problèmes de notre société, sans verser dans le misérabilisme

mais en dégageant une folle énergie de l'espoir" (Le Soir, 03/10/2005)

 

N'hésitez pas à nous contacter!

Possibilité de débat avec des membres de l'équipe du film.

Conditions très intéressantes: nous n'avons pas fait ce film pour gagner de l'argent...

Pour tout contact ou toute commande de DVD: Le Coron asbl 065/841901/ lecoron@hotmail.com
J-P Griez, scénariste et coréalisateur, est aussi l'auteur d'un livre  publié aux Editions du Cerisier, 

"Une enfance d'en bas", qui aborde la même problématique sous un autre angle. 

 

Soirée de présentation du livre : le Samedi 24 février à 18h30 rue du Cerisier n°20 à Cuesmes.

Ce serait très sympa si vous pouviez être là.

« Ce bouquin, c’est un peu comme un cri que je n’arrive plus à contenir, le cri de ces gamins et ces gamines que je croise depuis 20 ans, broyés par le système ou je ne sais quoi.

Et j’ai envie de me battre pour que d’autres l’entendent. A travers ce livre, à travers un film. »

 

Jean Pierre GRIEZ

Jean-pierregriez@hotmail.com  tél : 065/318508

 

Ps : si un malheur devait vous empêcher d’être là le 24, vous pouvez toujours vous racheter et acheter le livre, 10,80 euros, pas cher, et même le faire connaître…

A commander aux  editionsducerisier@skynet.be  tél : 065/313444

 

Prochaines projections/débat du film :

 

- le 14 février à 19H30 au Centre Culturel de Visé

- le 26 février à 14 H à l'Institut Cardijn de Louvain la Neuve
-
 le  1 mars à 19 H à la Maison de la Laïcité de Manage

- le 10 mars à 16 H au Centre Culturel de Rossignol
le 16 mars à 20 H à la Maison de la Laïcité de Binche 

- le 22 mars à 10H à l'Institut Technique Libre de Ath

- le 23 mars à 19H30 à la Maison de la Laïcité d'Engis

- le 24 mars à 20H au Centre Culturel d'Evere

 

 

"Le zoo, l'usine et la prison" est une coproduction de l'asbl Le Coron et du Gsara.

 

13:37 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Morale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, film, societe |  Facebook |