25/02/2010

Pourquoi la propagande l’emporte sur la vérité


Paul CRAIG ROBERTS (Origine de l'article: "Le grand soir")

Propagande contre véritéUn article paru dans le journal Sociological Inquiry, Il doit y avoir une raison : Oussama, Saddam, et la justification induite, Vol. 79, N° 2, (2009), pp. 142-162, jette la lumière sur l’efficacité de la propagande. Les chercheurs ont examiné pourquoi les énormes mystifications réussissent là où les petites balivernes échouent. Les régimes peuvent s’en tirer avec de grandes impostures, mais les politiciens ne le peuvent pas avec la bagatelle.

Les chercheurs expliquent pourquoi tant de gens croient encore que Saddam Hussein était à l’origine du 11/9 des années après qu’il est devenu évident que l’Irak n’avait rien à voir avec ces événements. Les gens ont développé des rationalisations élaborées qui se sont profondément accrochées à leurs convictions induites par la propagande du régime Bush sur la présumée implication irakienne. L’implication émotionnelle de la propagande s’est intégrée à leur identité personnelle et à leur sens moral. Ils ont cherché les informations qui soutenaient leurs croyances et évité celles qui les démentaient, sans tenir compte des faits de l’affaire.

Dans Mein Kampf, Hitler explique la crédibilité en d’énormes mensonges par rapport au petit bobard : « Dans la simplicité de leur esprit, les gens tombent plus facilement victimes d’une monstrueuse fiction que d’un petit boniment, car eux-mêmes se laissent souvent aller à de petites contrevérités peu importantes, mais auraient honte de recourir à de grosses mystifications. Il ne leur viendrait jamais à l’esprit de fabriquer une énorme imposture, et sont incapables de croire qu’un autre pourrait avoir pareil toupet. Même si des faits prouvant qu’il en est ainsi sont portés de manière claire à leur connaissance, ils continuent de douter et pensent qu’il pourrait y avoir une autre explication. »

Ce que les sociologues et Hitler nous disent, c’est que, avec le temps, les faits devenant évidents, les gens tiennent absolument sur le plan émotionnel aux croyances implantées par la propagande et trouvent que s’en libérer est une expérience déchirante. Il est plus confortable de dénoncer celui qui révèle la vérité plutôt que le menteur.

La psychologie de l’adhérence à des convictions, même injustifiées, est un pilier de la cohésion et de la stabilité sociale. Ça explique pourquoi, dès que le changement est réalisé, même un gouvernement révolutionnaire devient conservateur. Le revers de la médaille de ce travers, c’est d’empêcher la reconnaissance des faits. Dans l’Union soviétique, cela rendit le système incapable de s’adapter à la réalité économique, et l’Union Soviétique s’effondra. Aujourd’hui, aux États-Unis, des millions de gens trouvent plus facile de scander « USA, USA, USA, » que d’accepter les faits montrant la nécessité du changement.

L’inertie de l’effroyable imposture constitue la barrière qu’a du mal à abattre le mouvement pour la vérité sur le 11/9. Le racontar selon lequel ce mouvement se compose de théoriciens de la conspiration et de cinglés est évidemment absurde. Les dirigeants du mouvement sont des professionnels hautement qualifiés, comme des experts en démolition, des physiciens, architectes en construction, ingénieurs, pilotes, et anciens hauts fonctionnaires du gouvernement. Contrairement à leurs détracteurs qui répètent comme des perroquets l’histoire du régime, ils savent de quoi ils parlent.

Voyez cet exposé de l’architecte [*] Richard Gage devant un public d’universitaires canadiens. La vidéo de la présentation dure deux heures et semble avoir été adaptée pour ne pas dépasser cette durée. Gage est flegmatique, mais ce n’est guère une personnalité éblouissante, ni un présentateur très clair. Peut-être est-ce parce qu’il s’adresse à un public d’universitaires et tient pour acquis qu’ils connaissent les termes et les concepts.

Ceux qui croient en l’histoire officielle du 11/9 et traitent d’énergumènes les sceptiques peuvent tester la validité du constat des sociologues et l’observation d’Hitler en regardant la vidéo et en observant leurs réactions devant les évidences qui mettent leurs croyances en question. Êtes-vous capable de regarder la présentation sans railler quelqu’un qui en sait bien plus long que vous à ce sujet ? Quelle est votre réaction en sentant que vous ne pouvez plus défendre vos convictions devant les preuves présentées ? Vous raillez davantage ? Vous devenez furieux ?

Une autre difficulté face au mouvement pour la vérité sur le 11/9, c’est que peu de gens sont formés pour comprendre les aspects techniques et scientifiques. Le camp qu’ils croient leur dit une chose, le camp qu’ils ne croient pas leur en raconte une autre. La plupart des gens n’ont pas les rudiments leur permettant de juger de la valeur des arguments.

Par exemple, prenons le cas de l’attentat de Lockerbie. Une pièce à conviction utilisée pour condamner Magrahi consistait en un morceau de circuit imprimé de l’appareil qui aurait contenu le Semtex qui a fait exploser l’avion de ligne. Pas une personne vraiment très convaincue de la culpabilité de Magrahi et de la Libye et offensée par les autorités écossaises libérant Magrahi pour des motifs prétendument humanitaires, ne savait que les circuits imprimés à cette époque avaient une température d’inflammation très basse et partaient facilement en fumée. Le Semtex produit une très haute température. Il ne serait rien resté de l’appareil contenant le Semtex. Il est évident pour un expert que le bout de circuit imprimé a été posé après l’événement.

J’ai demandé à plusieurs reprises, et n’ai jamais obtenu de réponse, ce qui ne veut pas dire pas qu’il n’y en ait pas, comment des millions de pages non brûlées, provenant de la destruction des tours du WTC, pouvaient planer dans l’air au-dessus de Manhattan, alors que l’explication officielle de la destruction raconte que les incendies étaient si chauds et si uniformément distribués qu’ils ont provoqué l’affaiblissement des structures d’acier massif et leur effondrement simultané, faisant s’écrouler les bâtiments dans les temps d’une chute libre, comme ils l’auraient fait s’ils avaient été abattus par une démolition contrôlée.

Comment expliquer des incendies si chauds que l’acier cède, mais qui ne brûlent pas les pages de papier ?

Les gens ne remarquent même pas les contradictions. Récemment, une équipe internationale de scientifiques, qui étudie depuis 18 mois des échantillons de poussière de la destruction des Tours Jumelles collectés par trois sources distinctes, a déclaré avoir découvert de la nano-thermite dans la poussière. Le gouvernement étasunien avait ses propres scientifiques pour discréditer la trouvaille, au motif que le bien-fondé de l’origine des échantillons n’a pu être vérifié. En d’autres termes, quelqu’un a trafiqué les échantillons et ajouté de la nano-thermite. C’est tout ce qu’il a fallu pour discréditer la découverte, malgré le fait évident que l’accès à la nano-thermite est strictement contrôlé et personne, à part l’US Army et, éventuellement, Israël, ne peut y accéder.

Le physicien Steven Jones a produit des preuves accablantes du recours à d’explosifs pour abattre les bâtiments. Son témoignage n’est pas entendu, examiné, testé ou réfuté. Il est tout simplement ignoré.

L’expérience du Dr Jones me rappelle celle de mon professeur d’Oxford, le distingué physicien chimiste et philosophe Michael Polanyi. Polanyi est l’un des plus grands scientifiques du 20ème siècle. À un moment tout président de section de la Société Royale a été son étudiant. Pour leurs travaux scientifiques, nombre de ses élèves ont obtenu un prix Nobel, comme Eugène Wigner à Princeton et Melvin Calvin à l’UC de Berkeley, et son fils, John Polanyi, de l’Université de Toronto.

Jeune homme, dans les premières années du 20ème siècle, Michael Polanyi découvrit les explications de l’adsorption chimique. Les instances scientifiques jugèrent que la nouvelle théorie mettait trop en question les croyances existantes et la rejetèrent. Bien qu’éminent scientifique du Royaume-Uni, Polanyi fut dans l’impossibilité d’enseigner sa théorie. Un demi-siècle après, sa trouvaille a été redécouverte par des scientifiques de l’UC de Berkeley. La découverte a été encensée, mais ensuite les scientifiques les plus âgés ont dit que c’était une « vieille erreur de Polanyi. » Il se trouve que ce n’est pas une erreur. Polanyi a demandé de s’adresser aux scientifiques au sujet de ce demi-siècle de manquement de la science pour qu’ils reconnaissent la vérité. Comment fait la science, qui repose sur l’examen des évidences, pour marcher aussi mal. La réponse de Polanyi, c’est que la science est un système de croyances, exactement comme toute chose, et que sa théorie était en dehors du système de croyances.

C’est ce que nous observons autour de nous, pas seulement au sujet de la perfidie des musulmans et du 11/9.

En tant que spécialiste en économie j’ai passé un moment très difficile à faire le point sur l’économie soviétique, sur les théories de Karl Marx, et sur l’impact fiscal de la politique économique de l’offre. Aujourd’hui, certains de mes lecteurs deviennent furieux parce que mes écrits rapportent des choses qui sont en dehors de leur système de croyances. Ces lecteurs pensent que je devrais éliminer ce qui est incompatible avec leurs convictions et m’orienter sur le travail de terrain. Jamais ils n’ont eu quelque compréhension du sujet. Ils sont tout simplement offensés sur le plan émotionnel.

Ce que je trouve curieux, ce sont ces gens que je connais, qui ne croient rien de tout ce que raconte le gouvernement, sauf sur le 11/9. Pour des raisons qui m’échappent, ils pensent qu’un régime, qui les mystifie sur tout, leur raconterait la vérité sur le 11/9. Comment cela pourrait-il être, je leur demande. Le gouvernement ferait parfois des bourdes et dirait la vérité ? Ma question ne les incite guère à repenser leur croyance en l’histoire du 11/9 du gouvernement. Ils se mettent plutôt en colère avec moi parce que je doute de leur intelligence ou de leur intégrité ou de quelque trait béni, par exemple [le discernement n’est pas donné à tout le monde, certains ont arrêté leur initiation à la vie après le choc d’avoir appris que le Père Noël n’existe pas, ndt].

Le problème devant la vérité, ce sont les besoins affectifs des gens. Dans le cas du 11/9, de nombreux individus pensent devoir croire leur gouvernement pour ne pas faire l’effet d’être peu coopératifs ou mauvais patriotes, et ils ont très peur d’être stigmatisés « sympathisants terroristes. » Ceux de l’extrême gauche ont le besoin affectif de croire qu’il s’agissait d’un « retour de flamme » des peuples opprimés par les États-Unis. Certains gauchistes pensent que les États-Unis méritent ce genre de retours de manivelles et croient pour cela la propagande du gouvernement sur les musulmans qui les auraient attaqués.

Des gens naïfs pensent que, si l’explication sur le 11/9 du gouvernement était fausse, les physiciens et les ingénieurs prendraient tous la parole. Certains l’ont fait (voir ci-dessus). Seulement, pour la plupart des physiciens et des ingénieurs ce serait un acte suicidaire. Les physiciens doivent leur carrière à des subventions gouvernementales, et leur service est fortement tributaire du financement public. Pour l’essentiel, en prenant la parole, un physicien met fin à sa carrière universitaire. S’il est professeur titulaire, pour apaiser Washington l’université rachètera son poste, comme BYU l’a fait dans le cas de l’honnête Steven Jones.

Une firme d’ingénierie qui oserait parler ne se verrait plus jamais accorder de contrat du gouvernement. Par ailleurs, ses clients patriotes cocardiers considéreraient la société comme une apologiste du terrorisme et arrêteraient de faire du business avec elle.

À New York, il y a aujourd’hui une poussée énorme des familles victimes du 11/9 en faveur d’une enquête réelle et indépendante sur les événements. Des dizaines de milliers de New-yorkais ont fourni les signatures nécessaires aux pétitions exigeant que l’État propose de voter pour l’instauration d’une commission indépendante. Seulement, jusqu’ici l’État ne se conforme pas à la loi.

Pourquoi les dizaines de milliers de New-yorkais qui demandent une véritable enquête sont-ils considérés comme des théoriciens de la conspiration ? Les sceptiques en savent bien plus sur les événements du 11/9 que les gens mal informés qui les qualifient de ce nom. La plupart des gens que je connais, qui se contentent de l’explication officielle, n’ont jamais examiné les preuves. Pourtant, ces nullités conspuent ceux qui ont étudié la question de près.

Il y a évidemment quelques énergumènes. Je me suis souvent demandé s’ils sont ridicules intentionnellement, pour discréditer les sceptiques bien informés.

Un autre problème auquel fait face le mouvement pour la vérité du 11/9, c’est que ses alliés naturels, ceux opposés aux guerres des Bush-Obama et les sites Internet soutenus par le mouvement pacifiste, craignent d’être accusés de traîtres et d’anti-étasuniens. Il est assez difficile de s’opposer à une guerre pour ceux que le gouvernement étasunien a réussi à diaboliser. Les sites pacifistes pensent qu’en permettant de remettre en question le 11/9, ils pourraient être étiquetés « sympathisants terroristes » et que cela discréditerait leur opposition à la guerre. Information Clearing House est une exception.

Les sites pacifistes ne réalisent pas que, en acceptant l’explication officielle sur le 11/9, ils ont sapé leur propre mouvement d’opposition à la guerre. Dès que vous admettez que des terroristes musulmans l’ont fait, il est difficile de s’opposer à les punir pour cela. Ces derniers mois, d’importants sites pacifistes, comme antiwar.com, ont eu des difficultés, leurs campagnes de levée de fonds prenant beaucoup plus de temps qu’auparavant. Ils ne comprennent pas qu’en admettant les prémisses du gouvernement pour ses guerres, il est impossible de s’opposer aux guerres.

Autant que je sache, la plupart des gens ont bien plus confiance en leur gouvernement qu’en la vérité. Durant la Grande Dépression, avec leur « New Deal » les libéraux réussirent à inculquer aux Étasuniens la confiance en leur gouvernement comme en un protecteur. Cela marcha avec la gauche et la droite. Les extrémités de l’éventail politique sont elles aussi incapables d’une remise en cause fondamentale du gouvernement. Cela explique la facilité avec laquelle notre gouvernement embobine systématiquement les gens.

La démocratie repose sur l’idée que les gens sont des êtres rationnels, qui examinent les faits et les arguments et ne sont pas faciles à manipuler. Les études ne trouvent pas que ce soit le cas. Dans ma propre expérience universitaire, en politique publique et en journalisme, j’ai appris que tout le monde, depuis le professeur jusqu’à étudiant du secondaire, a des difficultés avec les faits et les analyses qui ne collent pas à ce qu’ils pensaient déjà. L’idée selon laquelle « nous n’avons pas peur de suivre la vérité partout où elle pourrait conduire » est une notion extrêmement romantique et idéaliste. J’ai rarement vu un esprit ouvert, même en dissertation académique ou aux strates les plus hautes du gouvernement. Dans le grand public, la capacité à suivre la vérité partout où elle pourrait mener est quasi inexistante.

La réponse du gouvernement au 11/9, indépendamment de qui en est responsable, a changé notre pays pour toujours. Nos libertés civiques ne seront jamais plus aussi solides qu’elles l’étaient. La capacité financière des États-Unis et leur niveau de vie sont réduits pour toujours. Le prestige de notre pays et son leadership mondial sont à tout jamais compromis. La première décennie du 21ème siècle a été dilapidée en guerres inutiles, et il semble que la deuxième décennie sera aussi perdue dans la même quête inutile et ruineuse.

Le plus inquiétant de tous reste le fait que la responsabilité des événements hostiles du 11/9 n’a fait l’objet d’aucune enquête.

Paul Craig Roberts

Paul Craig Roberts fut ministre adjoint des Finances dans l’administration Reagan. Il est coauteur de The Tyranny of Good Intentions. Il peut être contacté à l’adresse : PaulCraigRoberts@yahoo.com

19/01/2010

John Perkins, confessions d'un corrupteur de nations

17:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans manipulation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : armement, corruption, manipulation, societe |  Facebook |

13/01/2010

Manipulations médiatiques

Fabriquer le consentement

(Extrait partiel d'un article posté sur "voltairenet.org")

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Les gens éprouvent une forte répugnance à accepter l’idée que les événements politiques, aujourd’hui, sont délibérément manipulés. Cette répugnance est elle-même un produit de l’idéologie de l’ère de l’information qui flatte la vanité des gens et les incite à croire qu’ils ont accès à une somme considérable d’informations. En fait, l’apparente diversité de l’information médiatique moderne cache une extrême pauvreté de sources originales, de même qu’une rue entière de restaurants sur un rivage grec peut cacher la réalité d’une seule cuisine à l’arrière. Les informations sur les événements importants proviennent souvent d’une source unique, souvent une agence de presse et même des diffuseurs d’informations comme la BBC se contentent de recycler les informations reçues de ces agences tout en les présentant comme étant les leurs. Les correspondants de la BBC sont souvent dans leurs chambres d’hôtel lorsqu’ils envoient leurs dépêches, lisant souvent pour le studio de Londres l’information que leur ont transmise leur collègues en Angleterre, qui les ont à leur tour reçues des agences de presse. Un second facteur expliquant la répugnance à croire à la manipulation des médias est lié au sentiment d’omniscience que notre époque de mass média aime flatter : critiquer les informations de la presse, c’est dire aux gens qu’ils sont crédules et ce message n’est pas agréable à recevoir.

La manipulation médiatique a plusieurs aspects. L’un des plus importants est l’iconographie politique. C’est un instrument très important utilisé pour défendre la légitimité des régimes qui ont pris le pouvoir par la révolution. Il suffit de penser à des événements emblématiques comme la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, l’assaut du Palais d’Hiver pendant la révolution d’octobre 1917 ou la marche de Mussolini sur Rome en 1922 pour se rendre compte que certains événements peuvent être élevés au rang de sources presque éternelles de légitimité.

Cependant, l’importance de l’imagerie politique va bien au-delà de l’invention d’un emblème pour chaque révolution. Elle implique un contrôle beaucoup plus rigoureux des médias et généralement ce contrôle doit être exercé sur une longue période, pas seulement au moment du changement de régime. Il est vraiment essentiel que la ligne du parti soit répétée ad nauseam. Un aspect de la culture médiatique d’aujourd’hui que de nombreux dissidents dénoncent à la légère est que les opinions dissidentes peuvent être exprimées et publiées, mais c’est précisément parce que, n’étant que des gouttes d’eau dans l’océan, elles ne représentent jamais une menace pour la marée propagandiste.

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16:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Médiamensonges | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : manipulation, medias, presse, mediamensonges, orientation |  Facebook |

12/10/2009

Notre fil rouge pour décoder l'info : les 5 règles de la propagande de guerre

resistenciaA chaque guerre, coup d’Etat ou agression menée par l’Occident, les grands médias appliquent ces cinq « règles de la propagande de guerre ». Employez vous-même cette grille de lecture lors des prochains conflits, vous serez frappé de les retrouver à chaque fois : 1. Cacher l'Histoire. 2. Cacher les intérêts économiques. 3. Diaboliser l’adversaire. 4. Blanchir nos gouvernements et leurs protégés. 5. Monopoliser l'info, exclure le vrai débat.

Application au cas du Honduras
Juillet 2009...


1. Cacher l'Histoire. Le Honduras est l’exemple parfait de la « république bananière » aux mains des USA. Dépendance et pillage colonial ont provoqué un énorme fossé riches-pauvres. 77% de pauvres selon l’ONU. L’armée hondurienne a été formée et encadrée - jusque dans les pires crimes - par le Pentagone. L’ambassadeur US John Negroponte (1981-1985) était surnommé « le vice-roi du Honduras ».


2.  Cacher les intérêts économiques. Aujourd’hui, les multinationales US (banane Chiquita, café, pétrole, pharmacie…) veulent empêcher ce pays de conquérir son indépendance économique et politique. L’Amérique du Sud s’unit et vire à gauche, et Washington veut empêcher l’Amérique centrale de suivre la même voie.


3. Diaboliser l’adversaire. Les médias ont accusé le président Zelaya de vouloir se faire réélire pour préparer une dictature. Silence sur ses projets sociaux : augmentation du salaire minimum, lutte contre l’hyperexploitation dans les usines-bagnes des firmes US, diminution du prix des médicaments, aide aux paysans opprimés. Silence sur son refus de couvrir les actes terroristes made in CIA. Silence sur l’impressionnante résistance populaire.


4. Blanchir nos gouvernements et leurs protégés. On cache le financement du putsch par la CIA. On a présenté Obama comme neutre alors qu’il refusait de rencontrer et de soutenir le président Zelaya. S’il avait appliqué la loi et supprimé l’aide US au Honduras, le coup d’Etat aurait été vite arrêté. Le Monde et la plupart des médias ont blanchi la dictature militaire en parlant de « conflit entre pouvoirs ». Les images de répression sanglante ne sont pas montrées au public. Bref, un contraste frappant entre la diabolisation de l’Iran et la discrétion sur le coup d’Etat hondurien « made in CIA ».


5. Monopoliser l’info, exclure le vrai débat. La parole est réservée aux sources et experts « acceptables » pour le système. Toute analyse critique sur l’info est censurée. Ainsi, nos médias empêchent un vrai débat sur le rôle des multinationales, des USA et de l’UE dans le sous-développement de l’Amérique latine. Au Honduras, les manifestants crient « TeleSur ! TeleSur ! » pour saluer la seule télé qui les informe correctement.

(Source: Michel Collon.info)

06/09/2009

Facebook!

Facebook appartient-il à la CIA ?
Ernesto Carmona   

Les grands médias ont célébré Mark Zuckerberg comme l'enfant prodige qui, à l'âge de 23 ans, s'est transformé en milliardaire multimillionnaire grâce au succès de Facebook, mais ils n’ont pas prêté attention à “ l’investissement de capital -risque ” de plus de 40 millions de dollars effectué par la CIA pour développer le réseau social.

Quand le délire spéculatif de Wall Street a fait croire aux imprudents que la valeur de Facebook monterait à 15 millions de dollars, en 2008 Zuckerberg est devenu le milliardaire  “ qui s’est fait tout seul ” le plus jeune de l’histoire du “ ranking ” de la revue Forbes, avec 1500 millions de dollars.

A ce moment, le  capital à -risque investi par la CIA paraissait avoir obtenu de bons  rendements, mais la “ valeur ” de Facebook s’est ajustée à sa valeur réelle en 2009 et Zuckerberg disparut de la liste Forbes.

La bulle Facebook a gonflé quand William Gates, le patron de Microsoft, acquit en octobre 2007 une participation de 1.6% pour 240 millions de dollars. Cette opération mena à spéculer que si 1%  de Facebook coûtait 150 millions de dollars, alors la valeur de 100% monterait à 15 milliards de dollars, mais le subterfuge finit par se dégonfler. La question de fond est que Facebook existe grâce à un investissement de capitaux à risque de la CIA.

En 2009, les grands médias n’ont pas lésiné sur la “ propagande informative ” pour rendre hommage à Zuckerberg comme paradigme du jeune entrepreneur-vainqueur, mais la diffusion réitérée de cette “ nouvelle ” n’a pas réussi à ce que la revue Forbes le maintienne dans la version 2009 de sa liste (1). L’enfant prodige disparut de la liste, malgré l’intensive campagne de CNN et de la grande presse mondiale qui reflète les intérêts de Wall Street. La liste Forbes est comme l’Oscar des grandes affaires et gonfle ou dégonfle la valeur des actions.

La CIA a investi dans Facebook bien avant qu’il ne devienne l’un des réseaux sociaux les plus populaires d’Internet, selon une enquête du journaliste britannique Tom Hodgkinson publiée en 2008 dans le journal  britannique The Guardian (3) et commentée par quelques médias indépendants de langue anglaise, mais sans aucune répercussion dans la grande presse.

La propagande corporative a transformé le portail social en un synonyme de succès, popularité et même de bonnes affaires. Facebook se présente comme un inoffensif site web de réseaux sociaux qui facilite les relations interpersonnelles. Sa popularité a fait spéculer que ses approximativement 70 millions d’utilisateurs augmenteraient en une paire d’années à 200 millions dans le monde entier, parce que dans ses meilleures semaines il est arrivé à recevoir jusqu’à deux millions de nouveaux utilisateurs. Cependant, Facebook ne convainc pas tout le monde.

Critiques et détracteurs

“ Celui qui n’est pas sur Facebook n’est dans rien ou il est hors du système ”, disent certains. C’est comme avoir une nouvelle image mais sans contenu, pour se donner de l’importance dans le méga-supermarché qu’est devenu Internet, comme substitut des anciennes places publiques, disent d’autres. Les plus pragmatiques affirment que c’est un outil pour des retrouvailles avec d’anciens compagnons d’enfance ou de jeunesse perdus dans les mouvements de la vie.

Ses défenseurs de gauche affirment qu’il sert à promouvoir des luttes contre la globalisation et à coordonner des campagnes contre des activités telles que les réunions du G8.

Le journaliste espagnol Pascual Serrano a décrit comment il fut utilisé par le gouvernement de Colombie pour coordonner la journée mondiale contre les FARC qui en 2008 marqua le commencement de l’offensive propagandiste contre la guérilla et qui continue encore. Et il est très évident que Facebook a été instrumentalisé par la CIA. Pour Walter Goobar, de MiradasAlSur.com, “ c’est en réalité une expérience de manipulation globale : [...] c’est un outil sophistiqué financé par l’Agence Centrale d’Intelligence, CIA, qui non seulement l’utilise pour le recrutement d’agents et la compilation d’informations de long en large de la planète, mais aussi pour monter des opérations sous couvert ”.

En gros, Facebook est un outil de communication qui permet de contacter et d’archiver des adresses et autres données de la famille et d’amis. C’est une mine d’informations sur les amitiés de ses utilisateurs pour des entités comme le ministère de Sécurité de la Patrie, des USA, et, en général, pour l’ensemble des appareils de sécurité de l’État, attelées avec pareil enthousiasme à “ l’ennemi ” interne comme externe depuis l’ère Bush.

Des millions d'utilisateurs offrent des informations sur leur identité, des photographies et des listes de leurs objets de consommation préférés. Un message venant d'un ami invite à s'inscrire et à participer à Facebook. Les données personnelles, souvent capturées par toute sorte d'escrocs et clôneurs de cartes bancaires, vont aussi atterrir dans les disques durs des appareils de sécurité des USA. Le système Beacon de Facebook fait des suivis des utilisateurs et associés, incluant ceux qui ne se sont jamais inscrits ou ceux qui ont désactivés leur enregistrement. Facebook s'avère être plus pratique et rapide que les InfraGard (2), qui sont 23.000 micro communautés ou “ cellules ” de petits commerçants-informateurs organisées par le FBI afin de connaître les profils psycho-politiques de sa clientèle.

Depuis décembre 2006, la CIA utilise Facebook pour recruter de nouveaux agents. D'autres organismes gouvernementaux doivent soumettre le recrutement et les engagements à des régulations fédérales, mais la CIA a acquis plus de liberté d’action que jamais sous le gouvernement Bush, même pour torturer sans sauver les apparences. “ Ce n'est pas nécessaire d'obtenir un quelconque permis pour pouvoir nous inclure dans le réseau social ” a dit la CIA.

Capital-risque CIA

Le journaliste britannique Tom Hodgkinson a lancé un très fondé signal d'alerte sur la propriété CIA de Facebook, dans l'article documenté “ With friends like these... ” publié dans le journal londonien The Guardian le 14 janvier 2008 (3). Il a dit qu'après le 11 septembre 2001, l'enthousiasme pour la haute technologie a redoublé. Enthousiasme qui tenait déjà les appareils de sécurité de l’Etat USA depuis qu'ils avaient créé, deux ans auparavant, le fond de capitaux “ In-Q-Tel ”, pour des opportunités d'investissements à risque dans les hautes technologies.

Pour le journaliste Hodgkinson, les liens de Facebook avec la CIA passent par Jim Breyer, un des trois associés clés qui a investi dans ce réseau social 12,7 millions de dollars en avril 2005, associé aussi au fond de capital Accel Partners, membre des directions des géants comme Wal-Mart et Marvel Entertainment et en plus ex-président de National Venture Capital Association (NVCA), caractérisée dans l'investissement sur des jeunes talents.

“ Le plus récent tour de financement de Facebook fut conduite par une compagnie financière appelée Greylock Venture Capital, qui a mis 27,5 millions de dollars ” a écrit Hodgkinson. “ Un des plus grands associés de Greylock s'appelle Howard Cox, qui est un autre ex-président de NVCA qui est aussi dans le conseil de direction de In-Q-Tel ”.

“ Et In-Q-Tel c'est quoi ? ”  se demande Hodgkinson, “ Bon, croyez-le ou pas (et vérifiez sur son site web) c'est un fond de capital à risque de la CIA ”. Crée en 1999, sa mission est “ d'identifier et de s'associer à des sociétés qui sont en train de développer de nouvelles technologies pour aider à apporter des solutions à l'Agence Centrale d'Investigation ”.
La page web de In-Q-Tel (4) recommandée par Hodgkinson est très explicite: “ En 1998, le Directeur d'Intelligence Central (DCI) identifia la technologie comme une propriété stratégique supérieure, directement connectée aux progrès de l'Agence dans les futures technologies pour améliorer ses missions de base, de compilation et d’analyse. Les dirigeants de la Direction de Science et Technologie ont élaboré un plan radical pour créer une nouvelle entreprise qui aiderait à accroître l'accès de l'Agence à l'innovation du secteur privé ”. Même en ajoutant de l'eau cela ne pourrait être plus clair, dit Hodgkinson.

Notes

(1) Rapport Forbes 2009 : http://www.forbes.com/lists/2009/10/billionaires-2009-richest-people_The-Worlds-Billionaires_CountryOfCitizen_18.html.
(2) http://www.infragard.net/
(3) http://www.guardian.co.uk/technology/2008/jan/14/facebook
(4) http://www.iqt.org/about-iqt/history.html

Ernesto Carmona est journaliste et conseiller à la FELAP (Federación Latino Americana de  Periodistas), conseiller du Collège National de Journalistes du Chili et associé au Cercle de Journalistes de Santiago.

Traduit par Karen Bellemans et corrigé par Olivier Vilain pour Investig’Action.

Source: Argenpress

13:25 Écrit par Socialisme-Solidarit dans manipulation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cia, manipulation, tromperie, espionnage, facebook |  Facebook |

19/02/2008

Télévision: la machine à laver le cerveau.

Télévision: de l'info sans infos

La nouvelle censure

Le principe de base de la censure moderne consiste à noyer les informations essentielles dans un déluge d'informations insignifiantes diffusées par une multitude de médias au contenu semblable. Cela permet à la nouvelle censure d'avoir toutes les apparences de la pluralité et de la démocratie.

Cette stratégie de la diversion s'applique en premier lieu au journal télévisé, principale source d'information du public.

De l'info sans infos...

Depuis le début des années 90, les journaux télévisés ne contiennent quasiment plus d'information. On continue d'appeler "journal télévisé" ce qui devrait en réalité être appelé un "magazine".

Un J.T. moyen contient au maximum 2 à 3 minutes d'information. Le reste est constitué de reportages anecdotiques, de faits divers, de micros-trottoirs et de reality-shows sur la vie quotidienne.

...et une censure sans censeurs

Toute la subtilité de la censure moderne réside dans l'absence de censeurs. Ceux-ci ont été efficacement remplacés par la "loi du marché" et la "loi de l'audience". Par le simple jeu de conditions économiques habilement crées, les chaines n'ont plus les moyens de financer le travail d'enquête du vrai journalisme, alors que dans le même temps, le reality-show et les micros-trottoirs font plus d'audience avec un coût de production réduit.

Même les évènements importants sont traités sous un angle "magazine", par le petit bout de la lorgnette. Ainsi, un sommet international donnera lieu à une interview du chef-cuistot chargé du repas, à des images de limousines officielles et de salutations devant un bâtiment, mais aucune information ni analyse à propos des sujets débattus par les chefs d'états. De même, un attentat sera traité par des micros-trottoirs sur les lieux du drame, avec les impressions et témoignages des passants, ou une interview d'un secouriste ou d'un policier.

A ces insignifiances s'ajouteront le sport, les faits-divers, les reportages pittoresques sur les villages de la France profonde, sans oublier les pubs déguisées pour les produits culturels faisant l'objet d'une campagne de promotion (spectacles, films, livres, disques...).

Information déstructurée pour mémorisation minimale.

Tous les psychologues et spécialistes des neurosciences savent que la mémorisation des informations par le cerveau se fait d'autant mieux que ces informations sont présentées de façon structurée et hiérarchisée.

La structuration et la hiérarchisation de l'information sont aussi des principes de base enseignés à tous les étudiants en journalisme.

Or depuis 10 ans, les journaux télévisés font exactement le contraire, en enchainant dans le désordre des sujets hétéroclites et d'importance inégale (un fait divers, un peu de politique, du sport, un sujet social, un autre fait divers, puis à nouveau de la politique, etc.) , comme si le but recherché était d'obtenir la plus mauvaise mémorisation possible des informations par le public. Une population amnésique est en effet beaucoup plus facile à manipuler...

© Syti.net, 1998

Cet article paru il y a 10 ans n'a pas perdu de son sens, mais pourrait être complété par une étude sur l'abrutissement des masses par les médias.

Car depuis lors, grande époque des jeux télévisés « idiots », se sont ajouté les talk-shows, encore très à la mode, mais surtout les émissions invasives du genre « loft-story », « star-accadémy », « Ko-Lanta », ou même « l'île de la tentation ». Le spectateur est devenu son propre acteur en s'observant lui-même à travers les autres.

Il est possible actuellement de tout connaître, même les sentiments des autres, rien qu'en regardant dans « la petite lucarne » qu'est la TV. L'idiotie n'a plus aucune limite, on nous fait avaler n'importe quelle imbécillité, du moment que ce soit du sensationnel.

Et c'est très dangereux !

Dangereux dans l'optique de la manipulation, car il est un fait certain que ces pratiques ne sont pas innocentes du tout. La télévision est devenue une machine à laver le cerveau, une machine à abrutir. Une machine à réfléchir sans devoir faire marcher ses neurones. Du « prédigéré » médiatique.

Ce qui est d'autant plus inquiétant est de constater que l'individu moyen passe environ ses quatre heures par jour devant la télé, et que celle-ci est regardée par les plus en plus jeunes (la baby-sitter audio-visuelle).

La manipulation des foules peut faire resurgir les montres du passé. Il faut bien admettre que si un petit moustachu germanique très connu dans les années 1920/1930 possédait les moyens de communications dont nous disposons actuellement, ses micros auraient dû moins souffrir par ses harangues. Et sa propagande se serait mieux diffusée. Ses camps d'extermination ne seraient pas pour autant dévoilés, quoiqu'on puisse croire, car aujourd'hui même, lorsque l'on montre certaines vérités aux populations, l'effacement de nos mémoires est déjà programmée.

Nous sommes devenus des spectateurs de la vie, des spectateurs idiots. 

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01/10/2007

La manipulation par les médiamensonges.

Les médiamensonges sont une arme de choix dans les mains des dirigeants de ce monde, d’autant plus que les médias se sont diversifiés par une communication évoluée avec une ampleur exponentielle ces dernières années, les premiers pas de Gutenberg (15e siècle) dans l’imprimerie sont déjà bien loin. Les lignes qui suivent peuvent amener à une piste de réflexion sur le sujet de la manipulation, mais n’engagent que leur auteur. A ne prendre qu’à titre analytique !

Stratégies de manipulation

(Sylvain Timsit)

Les stratégies et les techniques des Maitres du Monde pour la manipulation de l'opinion publique et de la société...

1  La stratégie de la diversion

Elément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l'attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d'informations insignifiantes.

La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s'intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l'économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique.

« Garder l'attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » (Extrait de "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")

2  Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée "problème-réaction-solution". On crée d'abord un problème, une "situation" prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu'on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore: créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3  La stratégie du dégradé

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l'appliquer progressivement, en "dégradé", sur une durée de 10 ans. C'est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n'assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4  La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme "douloureuse mais nécessaire", en obtenant l'accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d'accepter un sacrifice futur qu'un sacrifice immédiat. D'abord parce que l'effort n'est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que "tout ira mieux demain" et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s'habituer à l'idée du changement et l'accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

Exemple récent: le passage à l'Euro et la perte de la souveraineté monétaire et économique ont été acceptés par les pays Européens en 1994-95 pour une application en 2001. Autre exemple: les accords multilatéraux du FTAA que les USA ont imposé en 2001 aux pays du continent américain pourtant réticents, en concédant une application différée à 2005.

5  S'adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Exemple typique: la campagne TV française pour le passage à l'Euro ("les jours euro"). Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi?

"Si on s'adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d'une personne de 12 ans."  (cf. "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")

6  Faire appel à l'émotionnel plutôt qu'à la réflexion

Faire appel à l'émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l'analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l'utilisation du registre émotionnel permet d'ouvrir la porte d'accès à l'inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements...

7  Maintenir le public dans l'ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage.

"La qualité de l'éducation donnée aux classes inférieures doit être de la plus pauvre sorte, de telle sorte que le fossé de l'ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures."

(cf. "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")

8  Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver "cool" le fait d'être bête, vulgaire, et inculte...

9  Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l'individu qu'il est seul responsable de son malheur, à cause de l'insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l'individu s'auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l'un des effets est l'inhibition de l'action. Et sans action, pas de révolution!...

10  Connaître les individus mieux qu'ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le "système" est parvenu à une connaissance avancée de l'être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l'individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

Sylvain Timsit

© syti.net, 2002

 

17:34 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Médiamensonges | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mediamensonges, psychologie, manipulation |  Facebook |

13/04/2007

Notre société (1)

Première partie:

08:02 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : societe, manipulation, domination, liberalisation |  Facebook |

Notre société (2)

Deuxième partie: 

08:00 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : societe, domination, manipulation, liberalisation |  Facebook |

18/03/2007

Marre du révisionnisme du "capital" à propos de Staline!

Déclaration de la Nouvelle Association Joseph Staline

"Le Tyran Rouge"

Certainement, il n’aurait pas été concevable que nous ne protestions pas contre cette grotesque manipulation médiatique qu’est le film passé ces lundi 13 et jeudi 15 mars, sur la chaîne de télévision M6.

Grotesque, parce qu’elle ne respecte ni son sujet, ni les règles de narration. Il a été fait par des personnes sans amour propre professionnel, ni à l'égard de la mise en scène, ni à l’égard de l’Histoire. Il ne prend aucune précaution, ni prétend faire preuve d’impartialité. Si au moins les auteurs avaient utilisé quelque peu astucieusement l’hypocrisie et le mensonge, les auditeurs auraient pu se consoler de ne pas avoir été pris totalement pour des imbéciles profonds.

Nous ne pouvons pas - ici tout au moins - parcourir ce "film", séquence par séquence, et répondre à chaque ineptie. Mais prenons quelques exemples qui n’ont rien à faire avec la taille de Staline, ni les traces de boutons de variole sur son visage:

  1. Dire que Staline - nous entendons par là, l’Union soviétique - s’est éveillée à la menace nazie juste un an avant l’invasion, est d’une contrevérité puérile. Si la surprise de cette attaque était de l’ordre tactique elle n’était certainement pas stratégique. L’Union soviétique se préparait depuis plus de dix ans à cette éventualité. Plus de 200 divisions et leur soutien logistique étaient prêtes pour le combat. Une masse d’officiers étaient sortis de l’école militaire Frunze pour remplacer les anciens officiers tsaristes et autres officiers réactionnaires qui se trouvaient encore dans l’armée.
  2. Au procès de Moscou les accusés ont publiquement reconnu leur culpabilité, voir les minutes des procès de Moscou, voir aussi les livres témoignages de Joseph E. Davies, ambassadeur des États-Unis, Marcel Willard, juriste français… En conséquence il n’y a pas eu de cinquième colonne pro-nazie en URSS, elle avait été liquidée. On ne peut pas dire la même chose pour beaucoup d’autres pays d’Europe.
  3. Oui, cette période de "paix" avec l’Allemagne était précieuse pour mieux s’armer, pour mieux réaliser ce gigantesque transfert d’usines loin des futurs champs de bataille.
  4. Si Staline était un dictateur et haï par son peuple, s’il n’avait pas la confiance des travailleurs et des paysans, les Soviétiques n’auraient jamais répondu avec héroïsme et détermination aux immenses sacrifices que cette terrible guerre leur a demandé.

Le crime, peut-être le plus grave de ce documentaire est d’avoir été fait aussi pour des écoliers et d’avoir reçu l’aval du ministère de l’éducation nationale. Les écoliers, de cette nouvelle génération, qui n’auront pas encore développé un esprit critique, emmagasineront dans leur subconscient ces scènes d’intoxication primaire. Ces scènes qui visent à désamorcer leurs éventuelles velléités politiques à renverser cet ordre politique de la ploutocratie, où l’homme est la proie de l’homme, où l’impérialisme sème la guerre et l’esclavage, ce système Capitaliste dans lequel nous vivons.

Cela durera un temps. De plus en plus les travailleurs, dont la vie quotidienne devient de plus en plus dure, se posent des questions sur leurs politiciens. Ils croient de moins en moins à ce que leur disent les journaux et les mass-media à solde de la bourgeoisie. Le moment est arrivé maintenant où ils auront de moins en moins confiance à l’enseignement et à ce qu’apprennent leurs enfants.

La bourgeoisie ivre de ses éphémères succès dans la lutte des classes, méprisant le ridicule, a donné à des ânes, la tâche de transformer une nouvelle génération en crétins politiques.

À quand une loi verra-elle le jour pour condamner la non-réprobation de l’œuvre de Joseph Staline et du Communisme.

Nouvelle Association Joseph Staline

Le Bureau

 

 

21:20 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Médiamensonges | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : staline, mediamensonges, revisionnisme, manipulation |  Facebook |