13/01/2010

Manipulations médiatiques

Fabriquer le consentement

(Extrait partiel d'un article posté sur "voltairenet.org")

........

Les gens éprouvent une forte répugnance à accepter l’idée que les événements politiques, aujourd’hui, sont délibérément manipulés. Cette répugnance est elle-même un produit de l’idéologie de l’ère de l’information qui flatte la vanité des gens et les incite à croire qu’ils ont accès à une somme considérable d’informations. En fait, l’apparente diversité de l’information médiatique moderne cache une extrême pauvreté de sources originales, de même qu’une rue entière de restaurants sur un rivage grec peut cacher la réalité d’une seule cuisine à l’arrière. Les informations sur les événements importants proviennent souvent d’une source unique, souvent une agence de presse et même des diffuseurs d’informations comme la BBC se contentent de recycler les informations reçues de ces agences tout en les présentant comme étant les leurs. Les correspondants de la BBC sont souvent dans leurs chambres d’hôtel lorsqu’ils envoient leurs dépêches, lisant souvent pour le studio de Londres l’information que leur ont transmise leur collègues en Angleterre, qui les ont à leur tour reçues des agences de presse. Un second facteur expliquant la répugnance à croire à la manipulation des médias est lié au sentiment d’omniscience que notre époque de mass média aime flatter : critiquer les informations de la presse, c’est dire aux gens qu’ils sont crédules et ce message n’est pas agréable à recevoir.

La manipulation médiatique a plusieurs aspects. L’un des plus importants est l’iconographie politique. C’est un instrument très important utilisé pour défendre la légitimité des régimes qui ont pris le pouvoir par la révolution. Il suffit de penser à des événements emblématiques comme la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, l’assaut du Palais d’Hiver pendant la révolution d’octobre 1917 ou la marche de Mussolini sur Rome en 1922 pour se rendre compte que certains événements peuvent être élevés au rang de sources presque éternelles de légitimité.

Cependant, l’importance de l’imagerie politique va bien au-delà de l’invention d’un emblème pour chaque révolution. Elle implique un contrôle beaucoup plus rigoureux des médias et généralement ce contrôle doit être exercé sur une longue période, pas seulement au moment du changement de régime. Il est vraiment essentiel que la ligne du parti soit répétée ad nauseam. Un aspect de la culture médiatique d’aujourd’hui que de nombreux dissidents dénoncent à la légère est que les opinions dissidentes peuvent être exprimées et publiées, mais c’est précisément parce que, n’étant que des gouttes d’eau dans l’océan, elles ne représentent jamais une menace pour la marée propagandiste.

.........

16:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Médiamensonges | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : manipulation, medias, presse, mediamensonges, orientation |  Facebook |

29/10/2009

Cuba : Ce que les médias ne vous diront jamais

(Extrait du site de Michel Collon)

 

Salim Lamrani    

couverture_salim_lamrani0001-2f0feA l'occasion de la sortie de son cinquième ouvrage, voici une interview exclusive de Salim Lamrani  pour Cuba Sí France suivie d'un chapitre du livre intitulé: "Les mercenaires de la Maison-Blanche".



Cuba Sí : Vous venez de publier un nouveau livre. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Salim Lamrani : Ce livre traite de la désinformation médiatique en Occident au sujet de Cuba et illustre le gouffre énorme qui existe entre la représentation faite de Cuba par notre presse et la réalité de ce pays. Cet ouvrage permet également de questionner le rôle des médias : sont-ils chargés de fournir une information fiable et objective aux citoyens ou bien s’évertuent-ils à défendre l’ordre politique, économique et social établi ?

Cuba Sí : Quels en sont les principales problématiques ?


Salim Lamrani : Il en a plusieurs mais j’évoque surtout celles que les médias occidentaux traitent en général, à savoir la question des droits de l’homme, l’opposition cubaine, l’émigration, et le futur de Cuba.
 
Cuba Sí : Votre ouvrage comporte un prologue de Nelson Mandela.
 
Salim Lamrani : Nelson Mandela est un personnage extraordinaire qui est une source d’inspiration pour tous ceux qui luttent contre l’injustice et en faveur d’un monde meilleur. Il m’a fait l’immense honneur de lier sa plume à mon livre et j’ai à son égard une dette de gratitude infinie.

 


 

Extrait du chapitre 4: "les mercenaires de la Maison Blanche"


La dissidence cubaine jouit d’une couverture médiatique exceptionnelle en Occident, largement disproportionnée par rapport à sa taille et son influence. Aucune opposition latino-américaine n’est autant choyée par les transnationales de l’information. D’après la presse, elle serait sauvagement réprimée par les autorités cubaines et ne disposerait d’aucun espace d’expression. Pourtant, il ne se passe pas une semaine sans que les médias occidentaux ne publient des interviews de ces fameux opposants censés être muselés par le « régime castriste ». Sont-ils représentatifs de la société cubaine ? Sont-ils indépendants de toute influence étrangère ?


1. Les « opposants »


L’opposition cubaine dispose d’un statut particulier. D’une part, elle est extrêmement prisée par la presse occidentale. En effet, aucun groupe d’opposants en Amérique latine, hormis peut-être l’opposition vénézuélienne, ne bénéficie d’une telle aura médiatique. D’autre part, elle reçoit des financements colossaux de la part des Etats-Unis, dont les médias ne disent mot, et jouit d’une liberté d’agir qui scandaliserait les procureurs du monde entier.

Le 21 juin 2007, la Chambre des Représentants étasunienne a décidé de voter le budget de 45,7 millions de dollars pour l’année 2007-2008, présenté par le président Bush, à destination des dissidents cubains. Ainsi, 254 congressistes, dont 66 démocrates, ont approuvé la stratégie de la Maison-Blanche destinée à renverser le gouvernement cubain. Le législateur de Floride, Lincoln Díaz-Balart, descendant direct de l’ancien dictateur Fulgencio Batista, s’est réjoui de cette aide. « Cette victoire constitue un soutien pour l’opposition politique interne » cubaine, a-t-il souligné. « L’aide aux opposants n’est pas symbolique mais concrète », a-t-il ajouté. Il a également rendue publique une lettre de certains éminents dissidents cubains qui affirment que l’aide étasunienne « est un élément vital pour la survie des militants (1) ».

Pour l’année 2007-2008, la Chambre a également alloué une somme de 33,5 millions de dollars (6 millions de plus qu’en 2006) à Radio et TV Martí. Ces deux médias étasuniens diffusent illégalement des émissions subversives en direction de Cuba dans le but d’inciter la population à renverser l’ordre établi (2).

Ce même jour, le 21 juin 2007, le chef de la diplomatie étasunienne à La Havane, Michael Parmly, a reçu en grande pompe les célébrissimes dissidents René Gómez Manzano, Félix Bonne, Martha Beatriz Roque et Vladimiro Roca dans sa somptueuse résidence personnelle. Ces derniers étaient venus remercier leur précieux mécène pour sa générosité (3) .

Les médias occidentaux, pourtant si prolixes à l’égard de Cuba, sont restés étrangement silencieux sur ces deux évènements. Les raisons en sont relativement simples. Les personnages qu’ils s’évertuent à présenter depuis des années comme de valeureux militants à la recherche de la démocratie ne sont en réalité que de vulgaires mercenaires qui se vendent au plus offrant. Le mot mercenaire n’est pas un terme hors de propos ou exagéré. Selon le Littré, il s’agit de tout individu « qui travaille pour de l’argent, à qui l'on fait faire tout ce qu'on veut pour de l'argent (4)». Manzano, Bonne, Roque et Roca entrent pleinement dans cette définition.

Pourtant, il n’y a rien de nouveau à tout cela. Depuis des décennies, les Etats-Unis tentent par tous les moyens de fabriquer et de diriger une opposition interne à Cuba, afin de mettre un terme au processus révolutionnaire cubain. Les archives étasuniennes sont éloquentes à cet égard. Par ailleurs, de nombreux documents étasuniens, officiels et publics, attestent de cette réalité qu’aucun journaliste ou analyste politique digne de ce nom ne peut ignorer. La loi Torricelli de 1992, et plus particulièrement l’article 1705, stipule que « les Etats-Unis fourniront une assistance, à des organisations non gouvernementales appropriées, pour soutenir des individus et des organisations qui promeuvent un changement démocratique non violent à Cuba (5) ». La loi Helms-Burton de 1996 prévoit, à l’article 109, que « le Président [des Etats-Unis] est autorisé à fournir une assistance et offrir tout type de soutien à des individus et des organisations non gouvernementales indépendantes pour soutenir des efforts en vue de construire la démocratie à Cuba (6) ».

Le premier rapport de la Commission d’assistance à une Cuba libre, adopté le 6 mai 2004, envisage la mise en place d’un « solide programme de soutien favorisant la société civile cubaine ». Parmi les mesures préconisées, un financement à hauteur de 36 millions de dollars est destiné au « soutien de l’opposition démocratique et au renforcement de la société civile émergeante (7) ». Le second rapport de la même Commission, rendu public le 10 juillet 2006, prévoit également un budget de 31 millions de dollars pour financer davantage l’opposition interne (8).

En 2003, la justice cubaine avait condamné 75 personnes stipendiées par les Etats-Unis, suscitant une réprobation médiatique internationale. Dans n’importe quel autre pays du monde, des individus tels que Manzano, Bonne, Roque et Roque se trouveraient actuellement derrière les barreaux (9). Ricardo Alarcón, président de l’Assemblée nationale cubaine a averti les membres de la « dissidence » du fait que ceux qui conspireraient avec Washington et accepteraient ses émoluments devront en « payer les conséquences (10)».

« Tant que cette politique existera, il y aura des personnes qui se trouveront impliquées […]. Elles conspireront avec les Nord-américains [et] accepteront l’argent. Cela est un délit selon les lois cubaines. Je ne connais aucun pays qui ne classe pas une telle activité comme un délit », a souligné Alarcón. « Imaginez que quelqu’un aux Etats-Unis soit soutenu, entraîné, équipé et conseillé par un gouvernement étranger. Cela est un délit en soi. C’est un délit très grave aux Etats-Unis et cela peut coûter de nombreuses années en prison, beaucoup plus que ce que l’on peut risquer ici à Cuba », a-t-il conclu (11).

Il en est de même en France comme le stipule l’article 411-4 du code pénal et une affaire survenue en 2004 illustre éloquemment cette réalité. Le 28 décembre 2004, les autorités françaises ont procédé à l’arrestation de Philippe Brett et Philippe Evanno, deux collaborateurs de M. Julia. Ils avaient été à l’origine d’une tentative infructueuse destinée à libérer les deux otages français en Irak, Christian Chesnot et Georges Malbrunot en septembre 2004. Ces deux personnes ont été mises en examen pour « intelligence avec une puissance étrangère de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ». Ils ont été présentés aux juges antiterroristes Jean-Louis Bruguière et Marie-Antoinette Houyvet, qui s’occupent des affaires ayant trait à la sûreté de l’Etat. Ils ont été accusés d’avoir pris contact avec la résistance iraquienne et d’avoir reçu une assistance logistique de la Côte-d’Ivoire. Brett et Evanno étaient passibles de dix ans de réclusion criminelle et de 150 000 euros d’amende. M. Julia a échappé à la justice grâce à son immunité parlementaire. La gravité des charges retenues contre eux n’a suscité aucun émoi au sein de la presse occidentale (12).

Le rapport de 2006 prévoit également 24 millions de dollars additionnels pour Radio et TV Martí, afin d’amplifier les transmissions de programmes subversifs vers Cuba, en violation de la législation internationale. Les membres de la « dissidence » cubaine disposent d’une partie de cette somme pour acquérir et distribuer des équipements radiophoniques et télévisuels permettant de capter les programmes émis depuis les Etats-Unis. D’autres pays sont invités à transmettre des émissions subversives vers Cuba. Le rapport prévoit également « d’entraîner et d’équiper des journalistes indépendants de la presse écrite, radiophonique et télévisuelle à Cuba (13)».

La presse occidentale, qui a censuré cette réalité, avait stigmatisé l’action des autorités cubaines, en dénonçant les sanctions prises à l’encontre de « militants pacifiques et de journalistes indépendants ». Selon elle, les inculpés auraient été châtiés pour avoir ouvertement exprimé leur désaccord avec la ligne officielle et avoir publié des articles diffamatoires dans la presse d’extrême droite de Miami (14).

Il sied de s’arrêter un instant sur ces accusations. Les deux « dissidents » cubains qui disposent de l’influence médiatique la plus importante au niveau international, qui lancent les invectives les plus acerbes contre la Révolution cubaine et qui jouissent de la bienveillance la plus soutenue auprès des extrémistes d’origine cubaine de Miami sont Oswaldo Payá et Elizardo Sánchez (15). Face à eux, Raúl Rivero passe pour un opposant relativement modéré et frileux (16). Or ce dernier avait été condamné à une peine de vingt ans de réclusion criminelle. Payá et Sánchez n’ont eu aucun ennui avec la justice, alors que leurs écrits politiques sont beaucoup plus virulents que ceux de Rivero. L’explication est assez simple: Payá et Sánchez ont, jusqu’à présent, toujours refusé le financement généreusement offert par Washington, tandis que Rivero a commis l’erreur de profiter des largesses financières de l’administration Bush. C’est cela qui a été condamné, et non la production littéraire ou politique supposément hétérodoxe.

Intégrer l’univers de la « dissidence » est un juteux commerce. Les avantages économiques de cette profession sont conséquents et attisent la convoitise d’individus peu scrupuleux. Les 75 personnes condamnées n’exerçaient aucun métier et vivaient des émoluments offerts par les autorités étasuniennes, en échange des tâches réalisées. Les appointements considérables pour le niveau de vie de la société cubaine ont conduit certains personnages à amasser de petites fortunes personnelles, s’élevant jusqu’à 16 000 dollars en liquide, alors que le salaire moyen oscille entre quinze et vingt dollars par mois (17). Ils menaient ainsi un train de vie largement supérieur à celui des Cubains, et profitaient également des incomparables privilèges que procure le système social cubain.

Pour évaluer précisément l’importance d’une telle somme, il convient de appeler la valeur du dollar à Cuba. Pour l’équivalent d’un dollar, un Cubain peut s’offrir au choix : cent quatre litres de lait, quarante-cinq kilos de riz, vingt-six tickets pour des matchs de base-ball, entre cinq et vingt-six places de théâtre ou de cinéma, 5200 kilowatts d’électricité ou cinq cours d’anglais télévisés de cent soixante heures chacun. Tous les autres aliments de première nécessité (pain, haricots, huile.) sont dans le même ordre de prix. A cela s’ajoute la gratuité des services d’éducation et de santé. Etant donné que 85% des citoyens cubains sont propriétaires de leur logement, ils ne payent aucun loyer. De plus, l’impôt n’existe pas à Cuba. Autre fait unique au monde : les médicaments achetés dans les pharmacies coûtent deux fois moins cher que ce qu’ils valaient il y a cinquante ans (18). Tout cela est possible grâce aux subventions octroyées annuellement par l’Etat cubain, tant vilipendé par les mêmes « dissidents » qui ne manquent pas de profiter des conditions de vie avantageuses qu’offre la société cubaine.

Suite à l’intervention diplomatique de l’Espagne, plusieurs personnes incarcérées depuis mars 2003, dont Raúl Rivero, ont été libérées fin novembre 2004 pour des raisons humanitaires (19). Il convient de souligner que Rivero a profité d’une médiatisation internationale uniquement parce qu’il était, avec Oscar Elias Biscet, le seul individu écroué sur les 75 à avoir réellement exercé le métier de journaliste. Son cas est intéressant dans la mesure où il jette une lumière sur l’ampleur de la campagne de désinformation lancée contre Cuba. Dans une interview accordée à Reporters sans frontières, Blanca Reyes, femme de Rivero, affirmait que celui-ci se trouvait dans des « conditions de détention infrahumaines et inacceptables ». Elle ajoutait par la même occasion qu’il avait perdu quarante livres (19,5 kilos). « [Il] a faim. Je veux que l’on sache [que] Raúl Rivero souffre de la faim », déplorait-elle dans un élan mélodramatique de circonstances (20). Cette information avait été reprise en grande pompe par l’ensemble de la presse internationale.

Or, lors de sa sortie de prison, Rivero est apparu en excellente santé, avec un embonpoint notable, comme l’illustres les photos prises par la presse et comme n’ont cessé de le clamer les autorités cubaines (21). Alors que Washington et ses relais dénonçaient avec une remarquable répercussion médiatique les « effroyables conditions de vie » des prisonniers, Rivero lui-même avoua avoir eu un accès sans restrictions à la lecture et avoir dévoré avec avidité le dernier roman de l’écrivain colombien Gabriel García Márquez, Historias de mis putas tristes, ouvrage difficile à trouver dans les librairies françaises à l’époque (22). Rivero n’a pas vécu dans un hôtel quatre étoiles, certes, mais pas dans un « goulag tropical » non plus comme les âmes bienséantes se plaisent à qualifier les prisons cubaines, comme si les pénitenciers du reste du monde étaient des lieux de villégiature (23).

Sans doute, les prisons d’Abu Ghraïb en Irak, où la torture de prisonniers de guerre a été institutionnalisée par Washington, sont-elles plus confortables. Que dire des geôles de Guantanamo, zone de non droit où la torture appliquée aux détenus est telle que de nombreuses tentatives de suicide ont eu lieu chez des personnes très pieuses pour qui le fait de mettre un terme à ses jours constitue le pire des pêchés (24) ? Dans tous les cas, très peu de réclusionnaires peuvent se vanter d’avoir eu accès au dernier roman de García Márquez, avant même certaines librairies européennes spécialisées.

Mais cela n’est guère nouveau. En effet, la transformation de criminels en « dissidents » ne date pas d’aujourd’hui. L’histoire d’Armando Valladares, le « poète paralytique condamné pour délit d’opinion », selon la propagande de Washington, est riche d’enseignements. Arrêté en 1960 pour terrorisme, cet ancien officier de police de la dictature de Batista reçut le soutien d’une grande campagne internationale lancée par l’extrême droite cubaine de Floride au début des années 80. Après des tractations effectuées par le gouvernement français de François Mitterrand, sous l’égide de Régis Debray, le prisonnier fut libéré et perdit, par la même occasion, ses talents de poètes et son hémiplégie. Par contre, il conserva soigneusement ses aptitudes de comédien et, ayant obtenu la nationalité étasunienne, il s’engagea auprès du gouvernement de Ronald Reagan, devenant ambassadeur auprès des Nations unies. Dépité, Régis Debray avait écrit dans son livre Les Masques : « L’homme n’était pas poète, le poète n’était pas paralytique, et le Cubain est aujourd’hui américain (25) ».

Luis Ortega Sierra est un journaliste cubain qui s’est exilé aux Etats-Unis en 1959, au triomphe de la Révolution. C’est un farouche adversaire du gouvernement de La Havane comme l’illustrent ses écrits. Il était lié à l’ancien dictateur cubain Fulgencio Batista qui finançait ses activités. Dans une lettre du 22 septembre 1961 à l’ancien homme fort de Cuba, Ortega avait exprimé sa « sympathie » et son « admiration » à son égard (26).

A propos des opposants cubains, Ortega déclare la chose suivante :

Les dissidents à Cuba sont des gens sans importance politique et tout le monde partage cet avis, même ceux qui vivent à leurs dépens. Ce sont des marionnettes de la mafia de Miami. Ils sont au service de la Section d’Intérêts des Etats-Unis qui les balade d’un endroit à un autre […].
Ce sont des gens qui reçoivent un salaire et une orientation idéologique du gouvernement américain. Cela n’est un secret pour personne. C’est le gouvernement nord-américain qui leur octroie de l’argent pour financer les activités de ces messieurs dans l’île. Penser que cet élément puisse représenter un mouvement puissant d’opposition au gouvernement est une bêtise (27).

Si l’Iran ou la Chine finançaient des opposants aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou en France, ces derniers tomberaient immédiatement sous le coup de la loi. Si les médias occidentaux étaient intellectuellement libres, ils n’utiliseraient qu’un seul terme pour se référer à ceux qui se présentent comme des opposants au gouvernement cubain : mercenaires.

Notes

(1) Wilfredo Cancio Isla, « La Cámara da sólido apoyo a la democracia en Cuba », El Nuevo Herald, 22 juin 2007.

(2) Ibid.

(3) Andrea Rodriguez, « Disidentes cubanos usan casa de diplomático de EEUU », The Associated Press, 21 juin 2007.

(4) Le Littré, V. 1.3.

(5) Cuban Democracy Act, Titre XVII, Section 1705, 1992.

(6) Helms-Burton Act, Titre I, Section 109, 1996.

(7) Colin L. Powell, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, mai 2004). www.state.gov/documents/organization/32334.pdf (site consulté le 7 mai 2004), pp. 16, 22.

 

(8)Condolezza Rice & Carlos Gutierrez, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, juillet 2006). www.cafc.gov/documents/organization/68166.pdf (site consulté le 12 juillet 2006), p. 20.

(9) Salim Lamrani, Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis (Pantin : Le Temps des Cerises, 2006).

(10)BBC, « Cuba Warns Dissidents Over US Aid », 12 juillet 2006.

(11)Ibid.

(12)Salim Lamrani, Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis, op. cit.

(13)Condolezza Rice & Carlos Gutierrez, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, juillet 2006). www.cafc.gov/documents/organization/68166.pdf (site consulté le 12 juillet 2006), p. 22.

(14)Reporters sans frontières, « Un an après l’arrestation de 75 dissidents, Reporters sans frontières mobilise l’Europe contre la répression à Cuba », 18 mars 2004. www.rsf.org/article.php3?id_article=9547 (site consulté le 20 mars 2004).

(15)Oswaldo Paya, « Mensaje de Oswaldo Paya Sardiñas a Vaclav Havel, Presidente de la República checa en su visita a la ciudad de Miami, Florida », 23 septembre 2002. www.pdc-cuba.org/paya_havel.htm (site consulté le 25 septembre 2004) ; El Nuevo Herald, « Piden a Europa más firmeza contra el régimen », 7 octobre 2004. www.miami.com/mld/elnuevo/news/world/cuba/9853178.htm (site consulté le 8 octobre 2004).

(16)Raúl Rivero, « El cartel del queso blanco », Luz Cubana, Janvier/Février 2003, n°1 : 9-10.

(17)Felipe Pérez Roque, « Conferencia a la prensa nacional y extranjera », MINREX, 25 mars 2004 : 5-7.

(18) Gouvernement révolutionnaire de Cuba, « Documents », 18 avril 2003. www.cuba.cu/gobierno/documentos/2003/fra/n180403f.html (site consulté le 2 décembre 2004).

 

(19) Andrea Rodríguez, « En libertad el poeta y disidente cubano Raúl Rivero », El Nuevo Herald, 30 novembre 2004. www.miami.com/mld/elnuevo/news/world/cuba/10303056.htm (site consulté le 1 décembre 2004).

 

(20) Reporters sans frontières, « La mujer del periodista encarcelado Raúl Rivero denuncia unas condiciones de detención ‘inaceptables’ », 5 août 2003. www.rsf.org/imprimir.php3?id_article=7698 (site consulté le 17 décembre 2004).

 

(21) Nancy San Martin, « Cubans Tell Rivero to Consider Leaving », The Miami Herald, 1 décembre 2004. www.miami.com/mld/miamiherald/10308130.htm?1c (site consulté le 2 décembre 2004).

 

(22) Nancy San Martin, « Cubans Tell Rivero to Consider Leaving », The Miami Herald, 1 décembre 2004. www.miami.com/mld/miamiherald/10308130.htm?1c (site consulté le 2 décembre 2004).

 

(23) Olivier Languepin, « Dans les prisons de Castro », Le Monde, 31 décembre 2004.

(24) Robert Scheer, « A Devil’s Island for Our Times », Los Angeles Times, 28 décembre 2004.

(25) Gianni Miná, Un Encuentro con Fidel (La Havane : Oficina de Publicaciones del Consejo de Estado, 1987), pp. 43-60 ; Jean-Marc Pillas, Nos Agents à La Havane. Comment les Cubains ont ridiculisé la CIA (Paris : Albin Michel, 1995), pp. 145-51.

(26) Ivette Leyva Martínez, « Despierta singular interés vida y obra de Batista », El Nuevo Herald, 3 mai 2008.

(27) Luis Ortega Sierra, « Fidel rebasó la historia », in Luis Báez, Los que se fueron (La Havane : Casa Editora Abril, 2008), p. 221.

23:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cuba, socialisme, mediamensonges |  Facebook |

12/10/2009

Notre fil rouge pour décoder l'info : les 5 règles de la propagande de guerre

resistenciaA chaque guerre, coup d’Etat ou agression menée par l’Occident, les grands médias appliquent ces cinq « règles de la propagande de guerre ». Employez vous-même cette grille de lecture lors des prochains conflits, vous serez frappé de les retrouver à chaque fois : 1. Cacher l'Histoire. 2. Cacher les intérêts économiques. 3. Diaboliser l’adversaire. 4. Blanchir nos gouvernements et leurs protégés. 5. Monopoliser l'info, exclure le vrai débat.

Application au cas du Honduras
Juillet 2009...


1. Cacher l'Histoire. Le Honduras est l’exemple parfait de la « république bananière » aux mains des USA. Dépendance et pillage colonial ont provoqué un énorme fossé riches-pauvres. 77% de pauvres selon l’ONU. L’armée hondurienne a été formée et encadrée - jusque dans les pires crimes - par le Pentagone. L’ambassadeur US John Negroponte (1981-1985) était surnommé « le vice-roi du Honduras ».


2.  Cacher les intérêts économiques. Aujourd’hui, les multinationales US (banane Chiquita, café, pétrole, pharmacie…) veulent empêcher ce pays de conquérir son indépendance économique et politique. L’Amérique du Sud s’unit et vire à gauche, et Washington veut empêcher l’Amérique centrale de suivre la même voie.


3. Diaboliser l’adversaire. Les médias ont accusé le président Zelaya de vouloir se faire réélire pour préparer une dictature. Silence sur ses projets sociaux : augmentation du salaire minimum, lutte contre l’hyperexploitation dans les usines-bagnes des firmes US, diminution du prix des médicaments, aide aux paysans opprimés. Silence sur son refus de couvrir les actes terroristes made in CIA. Silence sur l’impressionnante résistance populaire.


4. Blanchir nos gouvernements et leurs protégés. On cache le financement du putsch par la CIA. On a présenté Obama comme neutre alors qu’il refusait de rencontrer et de soutenir le président Zelaya. S’il avait appliqué la loi et supprimé l’aide US au Honduras, le coup d’Etat aurait été vite arrêté. Le Monde et la plupart des médias ont blanchi la dictature militaire en parlant de « conflit entre pouvoirs ». Les images de répression sanglante ne sont pas montrées au public. Bref, un contraste frappant entre la diabolisation de l’Iran et la discrétion sur le coup d’Etat hondurien « made in CIA ».


5. Monopoliser l’info, exclure le vrai débat. La parole est réservée aux sources et experts « acceptables » pour le système. Toute analyse critique sur l’info est censurée. Ainsi, nos médias empêchent un vrai débat sur le rôle des multinationales, des USA et de l’UE dans le sous-développement de l’Amérique latine. Au Honduras, les manifestants crient « TeleSur ! TeleSur ! » pour saluer la seule télé qui les informe correctement.

(Source: Michel Collon.info)

01/10/2007

La manipulation par les médiamensonges.

Les médiamensonges sont une arme de choix dans les mains des dirigeants de ce monde, d’autant plus que les médias se sont diversifiés par une communication évoluée avec une ampleur exponentielle ces dernières années, les premiers pas de Gutenberg (15e siècle) dans l’imprimerie sont déjà bien loin. Les lignes qui suivent peuvent amener à une piste de réflexion sur le sujet de la manipulation, mais n’engagent que leur auteur. A ne prendre qu’à titre analytique !

Stratégies de manipulation

(Sylvain Timsit)

Les stratégies et les techniques des Maitres du Monde pour la manipulation de l'opinion publique et de la société...

1  La stratégie de la diversion

Elément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l'attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d'informations insignifiantes.

La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s'intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l'économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique.

« Garder l'attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » (Extrait de "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")

2  Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée "problème-réaction-solution". On crée d'abord un problème, une "situation" prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu'on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore: créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3  La stratégie du dégradé

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l'appliquer progressivement, en "dégradé", sur une durée de 10 ans. C'est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n'assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4  La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme "douloureuse mais nécessaire", en obtenant l'accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d'accepter un sacrifice futur qu'un sacrifice immédiat. D'abord parce que l'effort n'est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que "tout ira mieux demain" et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s'habituer à l'idée du changement et l'accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

Exemple récent: le passage à l'Euro et la perte de la souveraineté monétaire et économique ont été acceptés par les pays Européens en 1994-95 pour une application en 2001. Autre exemple: les accords multilatéraux du FTAA que les USA ont imposé en 2001 aux pays du continent américain pourtant réticents, en concédant une application différée à 2005.

5  S'adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Exemple typique: la campagne TV française pour le passage à l'Euro ("les jours euro"). Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi?

"Si on s'adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d'une personne de 12 ans."  (cf. "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")

6  Faire appel à l'émotionnel plutôt qu'à la réflexion

Faire appel à l'émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l'analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l'utilisation du registre émotionnel permet d'ouvrir la porte d'accès à l'inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements...

7  Maintenir le public dans l'ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage.

"La qualité de l'éducation donnée aux classes inférieures doit être de la plus pauvre sorte, de telle sorte que le fossé de l'ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures."

(cf. "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")

8  Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver "cool" le fait d'être bête, vulgaire, et inculte...

9  Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l'individu qu'il est seul responsable de son malheur, à cause de l'insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l'individu s'auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l'un des effets est l'inhibition de l'action. Et sans action, pas de révolution!...

10  Connaître les individus mieux qu'ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le "système" est parvenu à une connaissance avancée de l'être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l'individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

Sylvain Timsit

© syti.net, 2002

 

17:34 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Médiamensonges | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mediamensonges, psychologie, manipulation |  Facebook |

09/09/2007

Jusque quand aurons-nous du pétrole? Et après?

pétrole jpeg
 

Les spéculations sur notre vie, sur notre avenir, sur notre bien-être, ont toujours motivé une certaine catégorie de gens. Qui pourrait se douter que même se retrouver dans un inendie tel que le provoquent les sècheresses actuelles peut faire gagner pas mal d'argent à des investisseurs de moins en moins scrupuleux? De là à en conclure que même les guerres sont voulues pour fabriquer du fric sur le dos des peuples, il n'y a qu'un pas! Lisez la suite, çà commence avec des prévisions sur nos réserves pétrolières, mais la fin est tout simplement dégoûtante! Enfin, vous jugerez.


Le monde manquera-t-il bientôt de pétrole?



On n'en a pas parlé au journal de 20 heures... et on n'en parlera pas avant qu'il ne soit trop tard !

On commencera par montrer du doigt les politiciens qui ont ignoré cette terrible menace parce qu'ils savaient qu'elle ferait dérailler les élections.

Ensuite, on accusera les médias, qui ont laissé de côté des preuves effarantes, disponibles depuis des années -- simplement parce que ce n'était pas assez "sexy" pour figurer en première page.

Puis on accusera l'OPEP, qui a délibérément dissimulé la vérité sur cette crise pendant plus d'une décennie... simplement pour pouvoir jouer sur les quotas d'exportation et engranger plus de pétrodollars.

Et on accusera les "grandes pétrolières" qui ont non seulement enterré ces preuves dans les années 50 ..mais ont même utilisé d'autres fausses données pour faire grimper le cours de leurs actions.

Mais montrer tout le monde du doigt ne changera rien au séisme énergétique dont je voudrais vous parler.

Un séisme, quel séisme ?

 

19:21 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mediamensonges, capitalisme, exploitation |  Facebook |

18/03/2007

Marre du révisionnisme du "capital" à propos de Staline!

Déclaration de la Nouvelle Association Joseph Staline

"Le Tyran Rouge"

Certainement, il n’aurait pas été concevable que nous ne protestions pas contre cette grotesque manipulation médiatique qu’est le film passé ces lundi 13 et jeudi 15 mars, sur la chaîne de télévision M6.

Grotesque, parce qu’elle ne respecte ni son sujet, ni les règles de narration. Il a été fait par des personnes sans amour propre professionnel, ni à l'égard de la mise en scène, ni à l’égard de l’Histoire. Il ne prend aucune précaution, ni prétend faire preuve d’impartialité. Si au moins les auteurs avaient utilisé quelque peu astucieusement l’hypocrisie et le mensonge, les auditeurs auraient pu se consoler de ne pas avoir été pris totalement pour des imbéciles profonds.

Nous ne pouvons pas - ici tout au moins - parcourir ce "film", séquence par séquence, et répondre à chaque ineptie. Mais prenons quelques exemples qui n’ont rien à faire avec la taille de Staline, ni les traces de boutons de variole sur son visage:

  1. Dire que Staline - nous entendons par là, l’Union soviétique - s’est éveillée à la menace nazie juste un an avant l’invasion, est d’une contrevérité puérile. Si la surprise de cette attaque était de l’ordre tactique elle n’était certainement pas stratégique. L’Union soviétique se préparait depuis plus de dix ans à cette éventualité. Plus de 200 divisions et leur soutien logistique étaient prêtes pour le combat. Une masse d’officiers étaient sortis de l’école militaire Frunze pour remplacer les anciens officiers tsaristes et autres officiers réactionnaires qui se trouvaient encore dans l’armée.
  2. Au procès de Moscou les accusés ont publiquement reconnu leur culpabilité, voir les minutes des procès de Moscou, voir aussi les livres témoignages de Joseph E. Davies, ambassadeur des États-Unis, Marcel Willard, juriste français… En conséquence il n’y a pas eu de cinquième colonne pro-nazie en URSS, elle avait été liquidée. On ne peut pas dire la même chose pour beaucoup d’autres pays d’Europe.
  3. Oui, cette période de "paix" avec l’Allemagne était précieuse pour mieux s’armer, pour mieux réaliser ce gigantesque transfert d’usines loin des futurs champs de bataille.
  4. Si Staline était un dictateur et haï par son peuple, s’il n’avait pas la confiance des travailleurs et des paysans, les Soviétiques n’auraient jamais répondu avec héroïsme et détermination aux immenses sacrifices que cette terrible guerre leur a demandé.

Le crime, peut-être le plus grave de ce documentaire est d’avoir été fait aussi pour des écoliers et d’avoir reçu l’aval du ministère de l’éducation nationale. Les écoliers, de cette nouvelle génération, qui n’auront pas encore développé un esprit critique, emmagasineront dans leur subconscient ces scènes d’intoxication primaire. Ces scènes qui visent à désamorcer leurs éventuelles velléités politiques à renverser cet ordre politique de la ploutocratie, où l’homme est la proie de l’homme, où l’impérialisme sème la guerre et l’esclavage, ce système Capitaliste dans lequel nous vivons.

Cela durera un temps. De plus en plus les travailleurs, dont la vie quotidienne devient de plus en plus dure, se posent des questions sur leurs politiciens. Ils croient de moins en moins à ce que leur disent les journaux et les mass-media à solde de la bourgeoisie. Le moment est arrivé maintenant où ils auront de moins en moins confiance à l’enseignement et à ce qu’apprennent leurs enfants.

La bourgeoisie ivre de ses éphémères succès dans la lutte des classes, méprisant le ridicule, a donné à des ânes, la tâche de transformer une nouvelle génération en crétins politiques.

À quand une loi verra-elle le jour pour condamner la non-réprobation de l’œuvre de Joseph Staline et du Communisme.

Nouvelle Association Joseph Staline

Le Bureau

 

 

21:20 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Médiamensonges | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : staline, mediamensonges, revisionnisme, manipulation |  Facebook |

13/03/2007

Encore le révisionnime capitaliste à l'attaque contre Staline!

"Staline, le tyran rouge", sur M6

A nouveau nos "libres" médias aux mains du grand capital se livrent au bourrage de crâne anticommuniste et antisoviétique. sous le titre "Staline, le tyran rouge", M6 se prépare, si l'on se fie aux bandes annonces et au titre de l'émission, à livrer un document où l'exagération, la caricature, le manichéisme et l'ignorance délibérée du contexte historique sont bien partis pour l'emporter sur le débat scientifique. Bien entendu l'inévitable procureur Nicolas Werth, spécialisé dans l'anticommunisme avec son maître Courtois, servira de caution universitaire à l'entreprise. Bien entendu, pour dénoncer le "totalitarisme rouge", il n'y aura qu'un seul point de vue représenté... et aucun contradicteur, ne vive le "pluralisme"! Bien entendu, l'URSS, qui nous a délivrés du nazisme au prix d'immenses sacrifices, et qui pendant 70 ans a permis au camp du travail de tenir tête au capital sur la scène mondiale, sera de nouveau diabolisée...  Le CISC réagira à cette émission après l'avoir dûment visionnée car qui sait, comme il se doit et si l'émission comporte par extraordinaire des aspects instructifs, nous le signalerons objectivement. Nous proposons aux visiteurs de ce site de nous faire part de leurs réactions, nous les transmettrons éventuellement à la direction de la chaîne et au CSA avec nos propres commentaires en réclamant qu'une véritable émission historique, donnant également la parole aux amis de la Révolution d'Octobre, soit enfin organisée sur les grandes chaînes audiovisuelles nationales. Nous ne réclamons aucune idéalisation du passé soviétique, seulement une approche objective, tenant compte de tous les faits, du contexte, ne grossissant pas démesurément les faits de répression tout en ignorant les apports indéniables de l'URSS à la défense de la paix, à la cause du socialisme, du progrès social, de l'antifascisme et de l'émancipation sociale et nationale dans le monde. 

 

DANS LA RUSSIE DE POUTINE

 

(Traduction de l’article de John FOSTER, 'Morning Star' du mardi 21 novembre 2006)

 

 

Le communiste russe SLAVA TETEKINE explique que le gouvernement de Vladimir POUTINE n'apporte rien au peuple.

 

Des sondages d'opinion en Russie juste avant l'anniversaire de la Révolution d'Octobre indiquent que plus de 60 pour cent de la population voient positivement les acquis de la révolution.

 

Seuls 20 % étaient d'opinion contraire. Pour la classe ouvrière, l'ère post-soviétique a été  désastreuse. Après deux décennies de capitalisme débridé le PNB a baissé de 10 % depuis le renoncement à la planification socialiste. 30 % des habitants vivent dans la pauvreté totale.

 

50 % se sont appauvris depuis la fin de l'URSS, devant faire face à des loyers et des coûts énergétiques en augmentation constante, des services publics en décrépitude,  des salaires en baisse et un chômage croissant. Seuls 10 % n'ont rien perdu au change tandis que 2 % font partie des super-riches.

 

Il reste cependant un gros réservoir de soutien au socialisme, qui s'est traduit cette dernière année par un virage à gauche de la vie politique. Lors des récentes élections  à la Douma, le candidat communiste pour l'île de Sakhaline, célèbre pour ses ressources pétrolières, a reçu 41 % des voix, contre 30 % pour le parti au pouvoir. Même à Moscou, dominée par les super-riches qui contrôlent les banques et les industries des services, les communistes ont obtenu 17,5 % des voix, malgré le monopole exercé par Poutine sur les mass media.

 

*****

Annie Lacroix Riz et le Canard Enchainé

 

Cher Canard,

 

On vous connaît pour la qualité de vos informations, qui vous rend lisible et même agréable à lire par des personnes d’appartenance politique et idéologique très diverse. Tel courant de lecteurs (dont je fais partie) supporte votre antibolchevisme d'origine (qui n’a pas attendu Staline), qu’après tout il connaît – et qui songerait à vous demander de modifier votre anarchisme droitier... Ledit courant est accoutumé à lire vos propos routiniers sur la dictature cubaine et les horreurs coréennes. Mais il vous sait gré d’avoir parfois et même souvent plus de sympathie pour les humbles que pour les puissants. Et il sait qu’il peut compter sur vous pour observer certaines prudences sur les questions liées à la Deuxième Guerre mondiale. Nul ne saurait par ailleurs vous accuser de complaisance pour les persécuteurs de juifs de naguère, à commencer par Papon.

Vous permettrez donc à l’historienne que je suis, spécialiste des relations internationales qui (sur la base de longues années de consultation d’archives) ne partage pas vos vues habituelles sur l’URSS, et à la petite-fille de déporté assassiné à Auschwitz (lequel eût sans doute apprécié que l’armée rouge pût arriver avant sa saisie pour les marches de la mort) d’exprimer sa stupeur à la lecture d’un article de " P.L. " mettant sur le même plan Eichmann et Staline : le premier remplit les camps d’extermination; nul ne peut (j’y insiste) imputer au second l’extermination des juifs.

Pour l’histoire, que vous prisez grandement, je vous rappelle que ses détracteurs qualifiaient naguère le régime de Staline (et pas seulement de Lénine) de " règne des juifs " - si, si, les officiers de notre État-major général. Vous pourrez lire dans mon livre à paraître dans quelques mois (Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, Paris, Armand Colin), un rapport du capitaine Sauzey, retour d’URSS, ricanant en octobre 1936 sur ce royaume des juifs, document puisé dans la série 7 N 3184, SHAT (Service historique de l'armée de terre de Vincennes), et significatif de l’antisémitisme à couper au couteau régnant au plus haut de notre armée à cette époque (et dont vous avez été souvent, en son temps, l’excellent analyste) : ce texte a le mérite de montrer que ces milieux n’ accablaient pas alors le régime soviétique et son chef pour leur antisémitisme mais pour leur sémitophilie (si je puis dire). Les époques se suivent et ne se ressemblent pas toujours.

Je vous signale enfin que les juifs de la couronne de territoires soustraits à la jeune Russie des Soviets par le Reich puis par les Alliés et leur " cordon sanitaire ", juifs fort nombreux (1,5 million), savaient assez qu’il valait mieux vivre avec les bolcheviques qu’avec les Polonais, les Baltes et les Roumains (réalité que les lamentations du jour masquent en martyre des derniers peuples cités). De sorte que ces juifs persécutés de longue date par les antisémites polonais, baltes et roumains, et menacés au surplus d’occupation allemands imminente (si, si, j’ai des sources à votre disposition) accueillirent à bras ouverts (c’est aussi incontestable) les Soviets récupérant à la faveur des circonstances lesdits territoires. Même les plus riches de ces juifs, qui furent lésés par les nationalisations, préféraient perdre leurs biens que la vie – et donc préféraient les Soviétiques aux Allemands. La chose est remarquablement étudiée par un auteur qu’on ne saurait qualifier de " self hating Jew ", Dov Levin, The lesser of two evils : Eastern European Jewry under Soviet rule, 1939-1941, The Jewish Publications Society, Philadelphia-Jérusalem, 1995.

Malheureusement pas traduit en français, cet ouvrage est infiniment plus sérieux que Jan T. Gross, Les voisins. 10 juillet 1941, un massacre de Juifs en Pologne, Fayard, Paris, 2002, qui a eu, lui, les honneurs de la traduction française pour avoir assimilé les pogromistes polonais de 1941 aux... communistes polonais d’après-guerre qui organisèrent des procès contre les premiers. C’est précisément parce qu’il est sérieux et documenté que le premier n’a pas été traduit, subissant le sort de la plupart des travaux de qualité en langue étrangère.

Bref, on ne peut pas, en ce temps d’assimilation sans complexe nazis-communistes, tendance à laquelle vous vous étiez, jusqu'ici, gardé d’adhérer, et même quand on brocarde tout et n'importe quoi, assimiler Eichmann et Staline. Le Canard enchaîné n'est pas Stéphane Courtois.

Nombre de Français incultes ou intoxiqués, de quelque religion que ce soit, agnostiques ou athées, ne le savent pas ou plus. Mais nombre de vieillards le savent (et il y en a sans doute parmi vos lecteurs). Il est probable que s’il est dans votre personnel des petits-enfants de juifs issus de la région considérée (dont la naissance est en dernière analyse imputable au fait que leurs grands-parents se sont trouvés du bon côté des frontières), ils le savent aussi. Ils ont été sans doute été profondément choqués par cette violation d’un tabou commise par " P.L. " au nom de la défense de la petite-fille de Papon licenciée pour motif familial d’un poste de cabinet. J’espère qu’ils ont notifié à " P.L. " leur façon de penser et lui ont administré un sérieux " pan sur le bec ".

Une de mes étudiantes, qui vous a lu aujourd'hui, a été aussi horrifiée que moi.

Après Serge Klarsfeld imputant sans rire la semaine dernière sur France-Inter (Le téléphone sonne) le sauvetage des criminels de guerre depuis 1943 par l’Église romaine à son sens de la charité, dans la continuité de son sauvetage des juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale (voir mon ouvrage Le Vatican, l'Europe et le Reich de la Première Guerre mondiale à la Guerre froide (1914-1955), Paris, Armand Colin, coll. " Références " Histoire, 1996), Le Canard enchaîné assimile Eichmann et Staline...

Où va-t-on s’arrêter?

Vous excuserez la citation de deux de mes travaux, qui n’a pour but que de vous montrer que je sais de quoi je parle. Si je suis la seule à vous écrire, c’est que la situation dans notre pays est encore plus grave que je ne le pense.

Recevez les meilleures pensées, fort émues cependant, d’une abonnée de plusieurs années et lectrice aussi régulière de très longue date.

Annie Lacroix-Riz, professeur d’histoire contemporaine, université Paris 7

 

***** 

Honneur à Lénine et à la Révolution d’Octobre 17

" Motion votée à l'unanimité par l'A.G. du Comité Internationaliste pour la Solidarité Internationaliste (CISC), dont le comité de parrainage est présidé par Margot et Erich Honecker (+), Henri Alleg et Mumia Abu-Jamal. " 

 

Poutine vient de décider que le mausolée de Lénine serait définitivement fermé le 7 novembre 2005 et que la dépouille mortelle du fondateur de l’Union Soviétique serait extirpée de son tombeau à cette date anniversaire de la Révolution socialiste d’octobre 1917.

Cette attaque contre la mémoire de Lénine et de l'Union soviétique va de pair avec la tentative de substituer à la journée fériée prolétarienne du 7 novembre (anniversaire d'Octobre 1917) une prétendue "journée de la réconciliation" qui sert surtout à réhabiliter l'armée blanche des aristocrates fauteurs de guerre civile et relais de l'intervention impérialiste.

Le débat existe certes, entre communistes et léninistes sur la façon dont la jeune République des soviets décida en 1924 d’honorer la mémoire de Lénine. Mais ce qui est en jeu aujourd’hui, ce n’est pas de savoir s’il était juste ou pas d ‘ériger un mausolée en 1924.

Il s’agit aujourd’hui, pour tous les communistes, pour tous les résistants à la vague contre-révolutionnaire qui déferle sur la planète suite à la destruction du camp socialiste, de s’opposer fermement et sans équivoque à la décision renégate et provocatrice de Poutine, dont le seul but est de provoquer et d’humilier les communistes de l’ex-URSS, les révolutionnaires et les progressistes du monde entier, de bafouer la mémoire et la sépulture du plus grand révolutionnaire du 20ème siècle, d’entacher d’un goût de défaite la date anniversaire d’Octobre, d’accélérer l’offensive du pouvoir russe contre ce qui subsiste des acquis sociaux de l’URSS à l’hure où les travailleurs russes mesurent de mieux en mieux les acquis perdus de l’époque soviétique.

Cette décision de Poutine, célébré par toute la réaction occidentale, est un crime contre la nation russe car elle sépare ce pays de ses alliés naturels à l’étranger au moment ou l’Europe capitaliste et l’impérialiste US encerclent politiquement et militairement la Russie pour s’en partager les richesses.

Le CISC (ex comité Honecker) invite donc l’ensemble des organisations communistes et progressistes à réagir ensemble le 7 novembre pour s’opposer à cet acte barbare et négationniste et défendre l’héritage d’Octobre en lien avec les luttes actuelles

HONNEUR A LENINE !

SOLIDARITE INTERNATIONALISTE DE TOUS LES RESISTANTS A LA REMONDIALISATION DU CAPITALISME EXPLOITEUR !