18/12/2009

La fin de la pauvreté, vraiment ?

(Extrait de: LE GRAND SOIR)

la-fin-de-la-pauvreteLa sortie en France du film « The end of poverty ? » de Philippe Diaz, le 6 décembre, est un évènement majeur pour qui veut mettre en perspective la crise économique et financière actuelle avec cinq siècles de mondialisation.

Voir la bande-annonce

Commencée en 1492 avec l’arrivée des Espagnols en Amérique, cette globalisation a vu au fil des ans l’appropriation mondiale des terres de manière illégitime par les empires européens (espagnol, hollandais, anglais, français…) et l’exploitation effrénée tant des êtres humains que des ressources naturelles du Sud. Le système capitaliste, qui commençait à se développer, a utilisé cette main d’œuvre quasi-gratuite et ces richesses volées aux peuples du Sud pour financer la révolution industrielle du 19e siècle. A partir des années 1850, les puissances dominantes (Europe, Amérique du Nord, Japon) ont imposé la monoculture à leurs colonies et ont brisé net toutes leurs industries, comme celle du textile en Indonésie ou en Inde, rendant toutes ces colonies complètement dépendantes de la métropole. Les produits bruts étaient exportés par les colonies qui devaient importer des produits transformés ailleurs, où la valeur ajoutée créait des profits colossaux. Aujourd’hui encore, le café et le thé produits au Kenya sont vendus à l’état brut pour une bouchée de pain à des transnationales de l’agrobusiness qui les transforment et les revendent partout dans le monde, y compris dans ces pays. Les indépendances officielles, dans les années 1950-1960 pour l’Asie et l’Afrique, n’ont pas apporté la moindre souveraineté économique.

Au contraire, la fin de la seconde guerre mondiale a vu l’instauration d’un ensemble institutionnel qui a réussi à imposer une nouvelle forme de colonialisme aux pays dits « en développement ». En fait, c’est plutôt le néolibéralisme qui y est en développement ! Au cœur de cet ensemble, figurent le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, renforcés en 1995 par la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Leur combat fut d’instaurer une forme plus subtile, mais tout aussi efficace, d’empire global. La dette en a été le ressort essentiel.

Nombre de pays ont hérité d’une dette coloniale au moment de leur indépendance. La Banque mondiale a notamment procédé à de telles manipulations complètement illégales. Cette dette les a poussés à rester connectés à l’économie mondiale et à servir les intérêts des puissances dominantes, dans un cadre de dépendance accrue. La corruption des élites locales a permis que cette transition s’effectue au mieux pour les grands créanciers. Loin d’orienter leur économie selon les besoins des populations, les pays du Sud se sont surendettés pour financer des mégaprojets, comme des grands barrages, destinés à faciliter l’extraction et l’exportation de leurs richesses. Tandis que les grandes entreprises du Nord bénéficient depuis lors de marchandises à très bas coût qui leur génèrent des profits gigantesques reversés à leurs actionnaires, le Sud subit une triple peine : ses richesses lui rapportent très peu alors que la dépendance se perpétue et que le remboursement de la dette provoque une véritable hémorragie de capitaux. La mondialisation néolibérale organise donc l’appauvrissement et la détérioration des conditions de vie du plus grand nombre pour parvenir à l’enrichissement démesuré d’une minorité. En 2008, les pouvoirs publics des pays en développement ont remboursé 182 milliards de dollars au titre de leur dette extérieure, soit 27 milliards de plus que ce qu’ils ont reçu en nouveaux prêts. Pendant ce temps, le nombre de millionnaires en dollars dans le monde s’élevait à 8,6 millions, pour un patrimoine cumulé de 32 800 milliards de dollars. Un prélèvement annuel de 0,25% sur ce patrimoine suffirait à trouver les 80 milliards de dollars nécessaires pour assurer en 10 ans à la totalité de la population les services sociaux essentiels (éducation primaire, santé, eau, assainissement).

Le FMI et la Banque mondiale sont parvenus à leurs fins en forçant les pays surendettés à signer des programmes d’ajustement structurel, comprenant la fin des subventions aux produits de base pour les rendre accessibles aux plus pauvres, la baisse des budgets sociaux, des politiques de recouvrement intégral des coûts dans le secteur de la santé et de l’éducation, la suppression des protections commerciales comme les barrières douanières, l’abandon du contrôle des mouvements de capitaux (ce qui crée une forte instabilité et renforce les paradis fiscaux), des privatisations massives (ce qui augmente les prix de biens essentiels et réduit l’accès aux services de base)… En Bolivie, à Cochabamba, la privatisation du secteur de l’eau en 2000 s’est accompagnée d’une forte hausse des prix et pour assurer les profits de l’opérateur privé, les sources, qui appartenaient jusque là aux communautés villageoises, ont été mises sous contrôle, tout comme les réserves contenant l’eau de pluie. Les populations se sont révoltées et, malgré la répression, ont réussi à obtenir l’expulsion de la multinationale Bechtel qui avait profité de cette privatisation. L’histoire s’est répétée en 2005 à El Alto, dans la banlieue de la capitale La Paz, avec l’expulsion de Suez.

Les dictatures des années 1970-1980, comme celle de Pinochet au Chili, ne sont plus la seule solution utilisée pour imposer le néolibéralisme à l’échelle de la planète. Les grandes puissances utilisent le levier de la dette et de la corruption pour imposer leurs volontés à ceux qui ont des velléités d’autonomie économique. En ultime recours, comme en Iran en 1953 ou en Irak récemment, une intervention militaire est programmée quand la persuasion habituelle a échoué : c’est l’armée qui vient ouvrir toutes grandes les portes permettant de faire entrer l’économie de marché. Les promoteurs de la mondialisation néolibérale, FMI et grandes puissances en tête, imposent donc de manière brutale un système économique antidémocratique, profondément inégalitaire, générateur de dette, de corruption et de pauvreté.

Depuis 1970, les pays en développement ont remboursé l’équivalent de 106 fois ce qu’ils devaient en 1970, mais entre temps leur dette a été multipliée par 52. A l’autre extrémité, les risques de plus en plus grands pris par les banques privées et les spéculateurs pour assurer des profits faramineux ont mené le monde à une crise aux multiples facettes d’une ampleur exceptionnelle. Cette crise a été rendue possible par les politiques de dérégulation de l’économie prônées partout par le FMI et la Banque mondiale, avec l’appui des dirigeants des pays riches. En 2009, le nombre de personnes sous-alimentées de manière chronique a franchi le cap du milliard : tout un symbole de l’échec du capitalisme imposé depuis cinq siècles. Une question doit être posée : qui doit à qui ?

Aujourd’hui, 25% des habitants de la planète utilisent 80% des ressources disponibles et génèrent 70% de la pollution mondiale. A l’heure du sommet de Copenhague sur le climat, il est nécessaire de comprendre que la logique du dieu Marché et de l’ajustement structurel fait partie du problème et non de la solution. L’aide apportée au Sud par les pays du Nord est d’un montant ridicule et orientée vers les pays qui présentent un intérêt géostratégique : ceux qui en profitent ne sont pas ceux qui en ont le plus besoin. Au contraire, l’annulation totale et immédiate de la dette du tiers-monde, l’abandon des politiques d’ajustement structurel, le remplacement du FMI et de la Banque mondiale par des institutions démocratiques centrées sur la garantie des droits humains fondamentaux et le respect de l’environnement, la réappropriation des ressources naturelles par les peuples, la réforme agraire radicale, une vaste redistribution des richesses à l’échelle mondiale sont les étapes fondamentales qui doivent permettre un changement complet de système dont l’urgence s’impose un peu plus chaque jour.

Damien Millet
porte-parole du CADTM France (www.cadtm.org) et auteur avec Eric Toussaint du livre La Crise, Quelles Crises ?, Aden-CADTM-Cetim, à paraître début 2010.

17/10/2009

LES MECANISMES CRIMINELS LIES À LA DETTE ET AUX RELATIONS NORD- SUD

logo_attacarticle publié le 15/09/2009
auteur : Thierry Brugvin

(Origine de l'article: ATTAC France)

 

Comment les élites économiques et politiques s’enrichissent, répriment leurs peuples (achats d’armes, de prisons...) en creusant la dette de leurs pays et en enrichissant les multinationales du Nord

Détourner une idée réputée d’intérêt général, en détournant son application

La Banque Mondiale s’appuie sur le discours du développement durable et a proposé ses services pour gérer une large partie des droits d’émission de carbone, selon les règles du protocole de Kyoto. Ainsi en gérant le marché international des compensations et de crédits de CO2, elle parvient grâce à ces nouveaux droits à polluer, à piller les dernières ressources non renouvelables, telles que le pétrole et le gaz dans les PED.

Ainsi la Banque Mondiale soutient ses principaux bailleurs de fonds (c’est-à-dire les membres du G8 qui sont en quelque sorte ses actionnaires) afin de mieux exploiter et dominer les PED. « La Banque mondiale paraît s’être convertie en pièce clé pour l’ouverture de nouvelles aires d’exploitation du gaz et du brut pour le marché du Nord, spécialement des Etats-Unis, avec l’objectif supplémentaire de réduire le pouvoir de l’OPEP et de transférer aux Etats-Unis le contrôle du prix du pétrole » (Ramos, 2008, 76) [1] .

« Entre 1994 et 2003, elle a financé les énergies fossiles à hauteur de 24,8 milliards de dollars, contre 1,06 milliards pour les renouvelables ». Le ratio est de 23 à 1 (Institute for Policy Studies, 2004, www.seen.org). « Les 200 millions de dollars que la Banque consacre annuellement aux renouvelables représentent le montant moyen d’un seul des nombreux projets d’énergies fossiles qu’elle finance chaque année », rappelle Petr Hlobil de CEE Bankwatch Network (2004) [2] de la République tchèque.

De 2008 à 1992 (le sommet de la Terre), « la Banque mondiale a financé des schémas de privatisation du secteur énergétique dans 29 pays, en plus de la construction de 124 centrales créatrices d’énergie produite avec des combustibles fossiles, la majorité d’entre elle en vue de les privatiser (…). Ces projets ont généré une émission de plus de 43 000 millions de tonnes de dioxyde de carbone dont plus de la moitié sont générés par les projets orientés vers l’exportation » (Ramos, 2008, 78). Alors que la Banque Mondiale a pour mandat d’aider au développement des pays du Tiers monde, elle soutient donc en réalité une très large partie des projets bénéficiant aux pays les plus industrialisés et finalement nuit au développement durable, contrairement à son discours officiel.

Utiliser la dette pour opprimer une population (dettes d’oppression)

« Les dettes d’oppression résultent de prêts contractés pour financer des activités humiliantes, agressives, criminelles contre la population qui s’est endettée. Il s’agit par exemple de prêts utilisés pour installer de facto, maintenir ou renforcer un régime dictatorial ou répressif, de fonds destinés à l’achat d’armes pour réprimer des soulèvements de l’opposition, de fonds destinés à la construction ou à l’intendance de centres de détention et de torture ou de camps de concentration, de fonds destinés à la formation ou à l’entretien de corps militaires spécialisés entraînés à ces fins, etc. » (Ramos, 2008, 79).

Par exemple en Afrique du Sud à Sharpeville, en 1960, les force de police ont réprimé une manifestation, ce qui se solda par 69 personnes noires mortes, 400 blessés et 11727 arrestations (Ramos, 2008, 81). L’année de la célèbre répression contre la manifestation étudiante de Soweto en 1976, qui fit 200 morts, le FMI, appuyé par la Grande Bretagne et les Etats-Unis, fit un prêt de 464 millions de $, soit l’équivalent de ses dépenses d’équipement militaires durant cette année là (Rudin, 2003). [3] L’Afrique du Sud, entre 1948 et 1991 a ainsi mené une politique d’apartheid, c’est-à-dire qu’elle prônait la suprématie de la race blanche et exerçait sa domination et sa répression sur la population non blanche. Entre 1980 et 1993, on a calculé que les bénéfices légués aux entreprises étrangères qui ont commercé avec ce régime, notamment pour réprimer la population, s’élève à 41 milliards de $ (Rudin, 2003) .

L’appui des banques à la répression des populations et le soutien aux dictateurs

Bien que dès 1973, les Nations Unies aient qualifié l’apartheid de crime contre l’humanité, la communauté financière a continué à concéder des prêts au gouvernement sud-africain. C’est majoritairement les fonds publics -mais par l’aide bilatérale- qui ont financé l’Afrique du Sud, en 1993, l’Afrique du Sud devait 90% de ses aides extérieures à long terme à quatre pays : les Etats-Unis, la France, l’Allemagne et la Suisse. « Durant toute la période d’apartheid, au moins 30 grandes banques et 230 de moindre envergure furent engagées pour le financement du régime » (Ramos, 2008, 82-83). Cette aide financière était réalisée en parallèle au soutien des Etats-Unis, via la France, à la création de la bombe nucléaire sud -africaine.

L’appui des banques fit l’objet de plaintes, notamment à New York, par les victimes de ce régime d’apartheid, en 2002, par l’Apartheid Kumlumani Support Group. La plainte portait contre 21 banques et entreprises étrangères. Parmi ces banques, on compte Barclay National Bank, Crédit Suisse, Deutsche Bank AG, Ford, J.P Morgan Chase (Bank) et parmi les entreprises BP, Chevron Texaco, Shell, et Total Fina-Elf pour la France. Une autre plainte avait été déposé pour le même motif dès 1992 par d’autres victimes (Ramos, 2008, 84).

Le soutien des banques, des marchands d’armes à la guerre et la dette de guerre

« Les dettes de guerre considérées comme illégitimes dérivent de prêts qui ont financé des plans belliqueux à des fins impérialistes (étendre la domination d’un pays sur un autre par la force) » à des fins d’annexion ou de conquête d’un pays, par le moyen d’opérations de guerre (Ramos, 2008, 86).

L’invasion du Timor oriental par le dictateur indonésien Suharto (1965-1998) fit 60 000 morts en 1976, puis 200 000 morts en 1979 (près du tiers de la population du Timor Oriental (Le monde diplomatique, 2008) [4]. Cette invasion a été soutenue financièrement par les Etats-Unis et leurs alliés (Australie, Grande Bretagne…) et la Banque Mondiale. Les Etats –Unis quadruplèrent leur aide économique durant cette période (Toussaint, déc. 2004) [5].

Les dettes de développement : le coût des « éléphants blancs »

« Ce sont des dettes contractées pour réaliser des projets de développement qui ont échoué ou dont les conséquences humaines ou environnementales se sont révélées néfastes à cause d’un manque d’études préalables » (Ramos, 2008 : 108). C’est-à-dire ceux que l’on qualifie parfois « d’éléphants blancs », de grands projets, qui bénéficient au gouvernement et à l’entreprise privée, mais pas aux populations.

Par exemple, les hopitaux high tech, où l’Etat n’a pas prévu le financement des salaires et de la maintenance et qui sont laissés à l’abandon.

C’est aussi le cas de d’Africa ONE, un projet de 2 milliards de dollars mis en place dans le cadre d’un partenariat AT&T - UIT - opérateurs privés et États africains, qui a complètement échoué, engloutissant des dizaines de millions de dollars. De même, WorldCom, véritable effigie néolibérale, devenu premier opérateur mondial en capitalisation boursière et grand prédateur des opérateurs de télécommunications et qui a causé la plus grande faillite de l’histoire des USA et le plus grand détournement financier jamais enregistré, plus de 11 milliards de dollars (Fullsack, février 2005) [6] .

Les dettes de sauvetage : dans le but de libéraliser discrètement l’économie

Ce sont des dettes « générées par des projets ou des restructurations économiques et financières ou institutionnelles qui promettent la croissance économique du pays en question, ou sa stabilité- et en conséquence la réduction de la pauvreté- mais qui produisent l’effet inverse » (Ramos, 2008 : 117).

La stratégie est ainsi de libéraliser, de privatiser au profit notamment des entreprises du Nord qui s’enrichissent d’autant plus facilement et des plus grosses entreprises privées au Sud.

Exemple : le chemin fer au Mali, Transrail, le chemin de fer au Cameroun racheté par Bolloré pour transporter du fret et quasiment plus de passagers.

Les dettes frauduleuses : les sous et surfacturations

Elles ne constituent pas véritablement une autre catégorie de dette illégitime, mais sont en fait une forme de dette, qui est une sous catégorie des autres types de dettes précédentes (Ramos, 2008, 120). Il s’agit des sous-facturations et des surfacturations qui bénéficient aux gouvernements, aux intermédiaires ou aux entreprises privées. Le gisement de NKOSSA fournit une belle illustration de cette pratique. Ce gisement congolais devait produire 120 à 150 000 barils de pétrole par jour. TOTAL a développé une plate forme gigantesque pour un coût de 2 milliards de $, ce qui en a fait la plus chère au monde à l’époque. Or le gisement ne produit que 60000 barils par jour ce qui fait que le CONGO a dû d’abord rembourser le prix exorbitant des équipements et n’a jusqu’ici quasiment rien gagné sur l’exploitation de ce gisement. On soupçonne d’ailleurs une opération délibérée entre l’Etat congolais et la compagnie pétrolière (Harel, 2006).

La responsabilité des banques (privées, FMI et BM) et des entreprises dans les dettes de corruption

« Ces dettes également qualifiées d’illégitimes s’accumulent en conséquence d’actes de corruption, parce que les fonds empruntés par les Etats sont directement déviés vers les comptes personnels de gouvernements » (Ramos, 2008, 87) ou en échange de services divers, rendus par exemple à des intermédiaires au service d’une entreprise transnationale et qui viennent augmenter la dette extérieure des pays endettés.

« Souvent les banques qui reçoivent les prêts illégaux sont complices de ces manœuvres parce qu’en général ce sont elles qui financent la corruption » (…) et « qui octroient le prêt à l’origine de l’acte de corruption et qui gonfle la dette extérieure que paiera le peuple du Sud concerné » (Ramos, 2008, 89).

Fin 2002, une enquête du département du trésor des Etats-Unis sur le dictateur chilien, Augusto Pinochet, révéla qu’au moins pendant huit années, la Banque Riggs aux Etats-Unis avait caché l’existence de comptes bancaires à son nom avec des dépôts de 4 à 8 millions de $. Et aussi qu’elle avait participé à la création de deux entreprises fantômes, appartenant au dictateur, dans le paradis fiscal des Bahamas, pour cacher des comptes ouverts dans des banques de Washington notamment. Cet argent a sans doute été détourné par Pinochet et a accru la dette extérieure du pays qui a quintuplé durant sa période au pouvoir (Ramos, 2008, 90-91).

L’Angola – à travers les contrats de l’entreprise publique Simportex (Anciennement Ematec), qui impliquent le sommet de ses structures gouvernementales, financières et militaires – a payé à l’entrepreneur franco-russe Arkadi Gaidamak 135 millions de dollars en sus de ce qu’il devait recevoir pour une livraison de matériel militaire, fin 1996. L’affaire a été bouclée par un ensemble d’institutions bancaires presque toutes européennes (France, Suisse, Allemagne, Autriche,... ) sous le leadership de la banque Paribas – une des banques que Luanda a utilisées de façon de plus en plus fréquente pour ses transactions et emprunts ces dernières années. La Bank of New York a aussi beaucoup servi les transactions de Gaydamac (Verschave, 2001 : 129). Deux dirigeants de la Banque Paribas ont été inculpés en France, pour ces transactions illégales durant le procès de l’Angolagate en 2008.

Dans son livre « La grande désillusion », Joseph Stiglitz (2002) [7] dénonce la responsabilité du FMI et du Trésor américain qui ont soutenu, conseillé et orienté les bureaucrates russes convertis au capitalisme, notamment le président Boris Eltsine. « Quand la crise frappa, le FMI prit la direction des opérations et il demanda à la Banque mondiale de contribuer au sauvetage » pour 22,6 milliards de dollars. La Banque mondiale subissait une pression politique énorme de l’administration Clinton qui voulait absolument qu’elle prête à la Russie. Si l’on s’en tient aux chiffres de Rosa Mendès, 84 % du remboursement de la dette de l’Angola envers la Russie se sont évaporés ! Ainsi le milliard de dollars déjà remboursé ne se retrouve pas, pour la plus grande part, dans les caisses de l’Etat Russe. (Verschave, 2001 : 170- 171). Cette perte est donc venue enrichir les poches des vendeurs d’armes, des intermédiaires et des politiques en Angola, en France (Pasqua) et sans doute en Russie.

Or, Joseph Stiglitz ajoute que la direction de la Banque mondiale lui a interdit de rencontrer l’inspecteur général de la Douma en visite à Washington qui dénonçait déjà à l’époque l’ampleur de la corruption. “A la Banque mondiale, on m’avait donné l’instruction de ne pas le rencontrer : on avait peur que nous ne soyons convaincus par ses propos.” (Stiglitz, 2002).

Stiglitz, prix nobel d’économie en 2001 et ex-président économique de la Banque Mondiale, affirme qu’au FMI, lors de la signature d’un prêt, officiellement, la "cérémonie " était la signature d’une lettre d’accord -, or, ses termes sont dictés par le FMI mais, par artifice, on fait comme si la " lettre d’intention " venait du gouvernement concerné ! " (Stiglitz, 2002, 71). Il explique que la première étape du plan de prêt au PED relève de la « subordination » selon ses propres mots. Cela consiste à faire pression sur les gouvernements des PED afin qu’ils privatisent leurs entreprises publiques en les vendant à des prix ridiculement bas. En échange ils ont la possibilité de recevoir une commission de 10% sur un compte en suisse, versé par l’entreprise du Nord qui rachètera celle du Sud. Stiglitz reprend à nouveau, pour exemple de ce mécanisme de subordination illégal, la liquidation du patrimoine de l’Etat russe en 1995 (Stiglitz, 2003) [8].

Ainsi, l’on observe une collusion entre la Banque Mondiale, ses Etats membres les plus influents, les dirigeants des PED, les banques et les entreprises privées du Nord, au détriment des peuples des PED. Si la Banque Mondiale et le FMI, n’accomplissent pas d’action illégale, ils en sont complices car ils connaissent le mécanisme de corruption et poussent dans cette direction en forçant la main aux gouvernements du Sud.

Selon Laura Ramos « on estime que la corruption augmente en moyenne, de 20 à 30 % le coût des marchandises acquises », or « on estime qu’une commission légitime ne surpasse pas la valeur de 2 à 3 % du coût total du projet ». (Ramos, 2008, 92 et 94) Tandis que les communautés internationales exigent des PED l’éradication de la pauvreté comme condition de nouveaux prêts, les banques du Nord et les organisations internationales dirigées par les pays du G8, tel le FMI et la Banque Mondiale sont au cœur de ces pratiques illégales.

Les dettes d’élites : le coût de la mauvaise gestion et des intérêts de classe

« Dette illégitime qui s’accumule suite aux emprunts de l’Etat pour le bénéfice d’une minorité de la population et de groupes économiques locaux ou étrangers » (Ramos, 2008, 101). Ex : Texaco en Equateur. La socialisation des dettes privées : Ferdinant Marcos a vendu des entreprises d’Etat aux Philippines à ses amis, puis ses entreprises revinrent ensuite dans le giron de l’Etat avec une dette très importante. Marcos se retira ensuite en Autriche et laissa les banques publiques du pays rembourser cette dette (Adams, 1993), in Ramos, 2008, 107

Thierry.brugvin, Docteur en sociologie, Largotec, auteur du livre Les mouvements sociaux face au commerce éthique, Hermès/Lavoisier, 2007

Notes

[1] RAMOS Laura, « Dette illégitime en fonction de la destination des fonds », in CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde), Les crimes de la dette, Syllepse, CADTM, 2008.

[2] HLOBIL Petr, 2004, in Les amis de la Terre, communiqué de presse, « La Banque mondiale se moque de la Conférence internationale sur les énergies renouvelables », http://www.amisdelaterre.org/La-Ban....

[3] RUDIN Jeff, 2003, “Odious debt revisited” in Jubilee South Journal V1, n°1.

[4] LE MONDE DIPLOMATIQUE, mardi 29 janvier 2008, « Suharto, le dictateur canonisé ».

[5] TOUSSAINT Eric, déc. 2004, « La politique du FMI à l’égard de l’Indonésie de 1947 à 2003 », http://www.cadtm.org/imprimer.php3 ?...

[6] Au Prepcom 2 de Genève - février 2005 - Jean-Louis. Fullsack a rappelé, dans sa déclaration en séance plénière, in Les télécoms, entre bien public et marchandise, coordonné par BPEM et CSDPTT, coordonné par Djilali Benamrane, Bruno Jaffré, Marie-Laure Urvoy Sangharé, François-Xavier Verschave.

[7] Stiglitz Joseph E. 2002, La Grande désillusion, Fayard, Paris, 324 p.

[8] STIGLITZ Joseph, 2003, « le détournements des nouveaux capitalistes russes », Université de Buenos Aires, in Ramos, 2008.

09/10/2009

LA LUTTE ECONOMIQUE ET POLITIQUE DE LA CLASSE OUVRIERE CONTRE L’EXPLOITATION CAPITALISTE

Le marxisme et la réalité montrent que bien loin de fonctionner au bénéfice de tous les membres de la société, le capitalisme sert de plus en plus les intérêts d’une poignée de milliardaires tandis qu’il est incapable d’assurer la satisfaction des besoins élémentaires des travailleurs.

Le capitalisme tend constamment à réaliser l’accumulation de la misère au pôle ouvrier de la société et l’accumulation de la richesse à l’autre pôle, du côté de la bourgeoisie.

Cela ne signifie pas que la paupérisation de la classe ouvrière soit une chose fatale et que les travailleurs doivent être obligatoirement un peu plus misérables chaque jour sans que la lutte ouvrière ne puisse rien pour y remédier !

Les salariés peuvent dans une certaine mesure arrêter la baisse des salaires, freiner le mouvement descendant du niveau de vie. La période du Front Populaire pendant laquelle la classe ouvrière française, grâce à la réalisation de son unité et au rassemblement autour d’elle des classes moyennes, a imposé au patronat d’importantes réformes sociales, en est un exemple probant : en 1936, la classe ouvrière a fait reculer la misère.

Mais depuis, la tendance à la paupérisation a repris le dessus : le niveau de vie des travailleurs s’est abaissé.

Cela souligne l’immense importance de l’unité de la classe ouvrière et de la lutte quotidienne, seules armes des prolétaires pour maintenir leur niveau de vie face aux empiètements du capital.

1) LA NECESSITE DE LA LUTTE ECONOMIQUE

a) La lutte économique est indispensable pour freiner le mouvement descendant du niveau de vie de la classe ouvrière, pour obtenir l’augmentation des salaires et de meilleures condtions de travail (retour aux 40 heures, etc.)

La vie montre qu’aucune loi sociale n’est jamais promulguée par l’Etat capitaliste, aucune amélioration n’est jamais consentie par les patrons sans la lutte unie de la classe ouvrière.

Toute conquête sociale est menacée par la bourgeoisie si elle n’est pas défendue par l’action ouvrière. Les atteintes portées par le pouvoir autoritaire aux conquêtes sociales montrent bien que celles-ci ne sont jamais acquises une fois pour toutes.

b) La lutte économique constitue, en outre, une école pour les travailleurs.

Elle prépare la classe ouvrière à des combats de plus grande envergure. Elle favorise le développement de la conscience de classe et de son unité de combat : elle aide à prendre conscien,ce de l’origine de classe des maux qui l’accablent, elle constitue une base importante de rassemblement de toutes les forces ouvrières contre les monopoles et leur instrument, le pouvoir personnel.

Aussi les communistes attachent-ils la plus grande importance à l’organisation des luttes économiques. Ils considèrent la défense des travailleurs, l’établissement de leurs revendications, l’organisation de leur union et de leur action pour les faire triompher, comme une tâche quotidienne impérieuse pour le Parti, pour chacune de ses cellules d’entreprises. Ils militent activement dans les syndicats et se préoccupent sans cesse de les renforcer et d’améliorer leur fonctionnement.

2 )NECESSITE DE LA LUTTE POLITIQUE

Les communistes considèrent qu’il n’est pas possible de s’en tenir à la lutte purement économique des ouvriers contre tel ou tel capitaliste, sans la relier à la lutte politique générale de la classe ouvrière contre la classe capitaliste.

a) La lutte politique contre le pouvoir des monopoles et pour ka conquête du pouvoir sur la bourgeoisie est nécessaire pour obtenir la libé »ration définitive de la classe ouvrière de l’exploitation et de l’oppression.

La lutte économique ne peut, par elle-même, soustraire le prolétariat à l’exploitation. Elle vise les effets du capitalisme (bas salaires, etc.) et non la cause fondamentale de la misère qui est le capitalisme lui-même.

C’est la raison pour laquelle les communistes, tout en organisant la lutte des travailleurs pour les revendications économiques, montrent aux prolétaires qu’ils ne peuvent améliorer radicalement leur sort dans ce régime. Pour supprimer définitivement l’exploitation, assurer le bonheur des travailleurs, il faut abolir le capitalisme, la propriété privée des moyens de production, et instaurer le socialisme qui seul apporte à tous une vie heureuse et cultivée.

b) La lutte politique est indispensable pour la réalisation des objectifs démocratiques immédiats de la classe ouvrière (paix en Algérie – désarmement – élimination du pouvoir personnel et rénovation de la démocratie).

Les victoires politiques de la classe ouvrière facilitent l’obtention de ses revendications économiques, l’amélioration de son niveau de vie.

La victoire du Front Populaire en 1936, a permis à la classe ouvrière d’importantes réformes sociales : augmentation des salaires, 40 heures, congés payés, etc. ; grâce à la victoire dans la lutte contre le fascisme hitlérien, après la guerre, elle a pu compléter ces conquêtes. La fin de la guerre d’Algérie, la réalisation des mesures de désarmement, facilitera l’obtention des revendications ouvrières (augmentation des salaires, abrogation des taxes de vie chère, etc.) La réalisation de la tâche capitale posée devant le mouvement ouvrier et démocratique à l’heure actuelle, la restauration et la rénovation de la démocratie, permettra un relèvement sensible du niveau de vie de la classe ouvrière ; la démocratie rénovée portera un coup à la toute puissance du capital : les richesses, fruit du labeur des travailleurs, ne seront plus accaparées par les trusts français et étrangers.

La tâche de la cellule d’entreprise ne peut donc pas se limiter aux questions économiques. Elle dirige et oriente la lutte des travailleurs contre le pouvoir personnel, pour la paix, les libertés, en tenant compte des conditions concrètes du lieu où elle rayonne.

CONCLUSION

La domination des monopoles aggrave à l’extrême l’exploitation des travailleurs.

Se battre contre l’exploitation et la surexploitation des travailleurs, contre la spoliation des masses laborieuses, c’est lutter contre l’épuisement et pour la vie normale du peuple, c’est lutter pour l’avenir de la France.

Pour que la classe ouvrière déploie largement ses forces, il est indispensable que le Parti, la cellule ripostent à l’offensive idéologique de la bourgeoisie, fassent la clarté sur la réalité de l’exploitation capitaliste, sur la communauté d’intérêts de tous les travailleurs, sur l’antagonisme fondamental qui les opposent au capital. Cette lutte est la condition première pour ouvrier des perspective à la classe ouvrière : elle lui montre que son salut réside dans la lutte contre les monopoles et leur politique et non dans la collaboration de classe ; elle est indispensable aux progrès de l’unité ouvrière, ainsi qu’à la réalisation de l’union de toutes forces démocratiques et nationales sur des bases justes. Elle est nécessaire pour faire comprendre aux ouvriers la nécessité de lutter pour en finir avec la domination du capital.

(Source: Gauche Communiste.net)

07/10/2009

La pauvreté et la misère dans le monde - Images d'une civilisation d'en bas

 

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13:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : misere, exploitation, capitalisme, pauvrete, precarite |  Facebook |

01/10/2009

Selon le bureau Fédéral du Plan: "...LE TAUX DE CHOMAGE AUGMENTERA ENCORE..."

... le taux de chômage augmentera encore ...

La croissance négative (-0,8 %) de l’emploi intérieur en 2009 est beaucoup moins marquée que celle de l’activité économique. En cas de repli conjoncturel, de nombreux employeurs optent, dans un premier temps, pour une baisse du nombre des heures prestées, entre autres via le système de chômage temporaire. La baisse tendancielle de la durée moyenne de travail se trouve donc renforcée par le contexte conjoncturel. Lorsque le repli perdure, les entreprises procèdent à des réductions d’emploi qui peuvent aller jusqu’au licenciement d’une partie de leur personnel. C’est un des facteurs qui expliquent pourquoi l’emploi intérieur n’a diminué qu’à partir du premier trimestre 2009.


Plan emploi

Compte tenu de la faible relance économique et de la progression limitée de la durée moyenne de travail à partir de la fin 2009, l’emploi n’augmenterait à nouveau qu’à partir du début 2011. Alors que les créations nettes d’emploi totalisaient encore 71 200 unités l’an dernier, les pertes d’emploi avoisineraient les 34 600 unités cette année. En 2010, les destructions d’emploi atteindraient 58 900 unités en moyenne. En 2011, la tendance s’inverse et on enregistre à nouveau des créations d’emploi, quelque 17.600 en moyenne.

Le taux d’emploi baisserait de 63,6 % en 2008 à 61,5 % en 2010 et 2011. Compte tenu de l’évolution de la population active, le nombre de chômeurs (y compris les chômeurs complets indemnisés non demandeurs d’emploi) devrait augmenter cette année de 53 900 unités, de 98 400 unités l’an prochain et de 23 300 unités en 2011. Le taux de chômage harmonisé (définition Eurostat) passerait ainsi de 7 % en 2008 à 9,6 % en 2011.

(Source: Bureau Fédéral du Plan)

25/09/2009

Potosi: les riches s'enrichissent, les mineurs se défoncent!

Info (sur Wikipédia): Potosí est une ville de Bolivie et la capitale du département de Potosí. Son nom vient du quechua Potojsi qui signifie « tonnerre ». Elle se trouve à une altitude de 4 070 m et comptait environ 164 480 habitants en 2007. C'est une des villes les plus hautes du monde, construite au pied du Cerro Rico (« Montagne riche »), une montagne de minerai d'argent qui domine la ville de ses 4 824 m.

La vieille ville fait partie de la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

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(Article paru sur le blog de Rafik et Line,à découvrir)


Potosi: les riches s'enrichissent, les mineurs se défoncent!


Casa_de_la_moneda[1]Potosi est une ville minère anciennement aussi riche et peuplée que Paris, Londres ou New York grâce à l'exploitation des mines d'argent par les conquistadors espagnols. Nous arrivons en fin d'après-midi sous une bonne drache qui nous rappelle le plat pays ;-) Nous nous installons dans le Hostal Felcar, un chouette petit hotel bien propre avec de l'eau bien chaude et une petite cours fort agréable par beau temps on l'imagine :-) (50 Bs seulement!!!) Nous réservons notre visite des mines pour le lendemain auprès de l'agence Koala Tours (Merci Riet pour le conseil) et allons manger un bout dans un des restos conseillés par le Lonely Planet, le 4060 ( c'est l'altitude de la ville).

Le lendemain à 8.30, nous voilà partis dans le minibus qui nous emmène au Cerro Rico ( la montagne de toutes les richesses de la ville). Après avoir enfilé une petite combinaison et un casque muni d'une lampe, nous voilà dans une sorte de quicaillerie pour mineurs. Notre guide francophone, Mabel, nous explique les différents matériaux et matériels utilisés dans la mine: les bâtons de dynamite, le marteau-piqueur (on dirait que ça ne pèse pas grand chose mais une fois dans les mains c'est autre chose), les tuyaux d'air comprimé, les pelles, les grandes vasques pour transporter le minerai, les bois pour consolider les puits et les tunnels. Après nous avoir présenté tout cela, Mabel nous dit cette phrase que l'on ne comprend pas tout de suite "Finalement pas grand chose a changé depuis le servage à l'époque coloniage". Avec nos nombreuses questions, Mable nous explique alors l'organisation sociale dans les mines.

Au début, à lire le routard, le mot "coopérative" revient souvent et sonne comme une avancée sociale pour les mineurs. On a l'impression que les mineurs s'auto-organisent et que la solidarité est plus grande. En réalité, l'état bolivien, voyant la production chutter, a encouragé les mineurs à se mettre en "coopérative" pour ne pas devoir fermer un trop grand nombre de mines. L'état donne des concessions - des droits d'exploitation - d'un ou de plusieurs puits/tunnels de la montagne à des groupes de mineurs. L'état est représenté par une "grande coopérative" (la COMIBOL) à la quelle chaque petite coopérative - groupe de mineurs - paye un montant fixe par mois comme un loyer. Comment sont organisés ces "petites coopératives", ces groupes de mineurs?Potosi_Mines_(71625784)
Les mineurs qui ont pu épargner (accumuler du pognon) et s'acheter leurs propres outils ont pu être à la tête d'une "petite coopérative" et s'acheter le service d'autres mineurs sans-outils, sans autres outils que la force de leurs bras! Dans ces "petites coopératives" travaillent entre 20 et 50 mineurs. Le mineur qui possède la coopérative, appelons-le patron, paye en général 40% de ses rentrées à la grande coopérative, 40% pour l'achat de matériel et de salariés et 20% pour sa retraite et sa cotisation à la caisse d'invalidité-santé. De temps en temps, nous dit Mabel, il offre à 2 ou 3 mineurs le luxe de payer leur épargne retraite et santé mais vous devinez sans doute à quoi servent ces deux ou trois "contre-maîtres"
A côté de cela, il y a encore ce qu'on appelle ici les "socio-coopératives". Ce sont des "entreprises familiales" de 5 mineurs maximum qui exploitent un puits et qui doivent acheter tout leur matériel (On dirait en Belgique les "indépendants"). Evidemment ceux-là ne peuvent pas s'acheter des marteaux-piqueurs ni même de la dynamite de manière régulière. Résultat: ils produisent du minerai de troisième qualité. Bref, ils ne peuvent pas concurrencer "les grands". Ici aussi "l'indépendance" est un mirage qui casse beaucoup de dents.
Mabel nous résume la situation: "il y a trois catégories de mineurs: Les Riches, ils sont une quinzaine à Potosi. Ce sont ceux qui possèdent les "petites coopératives' et ils continuent à s'enrichir. Ceux de classe moyenne, ce sont les rares contremaîtres et certains socio-coopérativistes et puis la grande majorité, les pauvres. Ce sont ceux qui n'ont que leurs biceps pour se défoncer à la mine et gagner quelques bolivianos par jour.

Après ces explications, nous nous trouvons au marché des mineurs. Là, avant d'aller travailler, les mineurs s'achètent quelques feuilles de coca, des cigarettes et de l'alcool quasi pur (98%). Les feuilles de coca, c'est pour macher au fond de la mine tout au long de la journée. Ca stoppe la sensation de soif et de faim grâce à l'anesthésie de l'estomac. L'alcool c'est pour se rincer la gorge :-) et surtout pour el Tio, le diable qui veille sur le Cerro Rico et qui offre de bons filons aux meilleurs donateurs. Nous faisons quelques courses et nous voilà dans le fonds de la mine à quatre pattes.
Après quelques secondes, on pense déjà à la mort. L'air est étouffant et la chaleur insupportable. On se sent oppressé par le sol pourtant friable et par les odeurs de souffre. On pense qu'on ne va pas se sortir de cet enfer. Mais heureusement, tout cela vous passe par la tête qu'une fraction de seconde et vous pensez juste à trouver le chemin dans ce dédale de tunnels et de puits encombrés. Souvent, j'ai pu tester la solidité de mon casque. Mais ça va. Après coup, on pense à ceux qui doivent "vivre" là-dedans et on se dit qu'on peut aussi y "survivre" quelques heures. A l'intérieur nous rencontrons quelques mineurs. Certains commençaient journée. Le père avait prit ses enfants avec : il peut pendant les vacances scolaires. Les 8000 à 12000 mineurs qui vivent de Cerro Rico ont vraiment beaucoup de courage. Germinal continue à exister en Bolivie, espérons que ça change!
Justement à propos de changement, je pose encore une dernière question à Mabel: "est qu'avec Evo ça risque de changer?" et là Mabel a un grand soupir et me dit:" Les Riches ne veulent pas!"

Je vous laisse conclure ...

06:05 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : precarite, exploitation, riches, pauvres, capitalisme, travailleurs, pauvrete |  Facebook |

24/09/2009

La mondialisation de la pauvreté - 3 vidéos

 

(Notez bien: Ne lancez qu'une seule vidéo à la fois, ou mettez en pause celle que vous ne lisez pas, dans le cas contraire le son de chaque vidéo intérfèrerait l'une sur l'autre.)

Remarquez également, dans ces reportages, le profit engrangé par tous les intermédiaires dans la chaîne de production du café, donc jusqu'au consommateur, votre tasse à vous, engendre une pauvreté extrême des cultivateurs dans les pays d'origine. Le système capitaliste est à l'origine de ce phénomène, car l'économie dans laquelle nous vivons ne se soucie nullement de la détresse qu'elle peut provoquer, du moment que certains peuvent "s'en mettre plein les poches" (du fric bien sûr).

Chez nous, le problème du café fait étrangement penser à ce qui se passe chez les fermiers pour le lait. Multipliez ce phénomène par autant de matières premières existant dans le monde, par autant d'artisans et de travailleurs manipulant ces matières pour en arriver aux produits finis (méthodes de production), et vous aurez compris que tous, nous sommes pris dans un engrenage qui ne va que dans le sens de notre misère certaine. Vous y penserez lorsque vous verserez votre nuage de lait dans votre café. Et vous vous demanderez combien de gens s'appauvrissent, juste pour que votre café au lait enrichisse la minorité exploiteuse du système capitaliste!

 

 

09:45 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pauvrete, mondialisation, capitalisme, exploitation |  Facebook |

15/09/2009

L'exploitation, le mode d'emploi pour faire tourner le Monde-marchandise



Le monde actuel ne peut qu'être marchandise dans la mesure où il est dominé par les capitalistes. Leur premier objectif est d'obtenir toujours plus de rendement de la force de travail, une marchandise qu'ils espèrent obtenir au prix le plus bas. Ce calcul et ces profits se font à l'échelle de la planète.

la division internationale du travail

Les travailleurs de l'entreprise Thomson d'Angers faisaient un téléviseur en 20 heures en 1967. En 1992, ils n'avaient plus besoin que de 2 heures, ce qui représente de nombreuses heures de travail économisées pour les actionnaires. Dans la même période, la part de la force de travail dans le prix du téléviseur est passée de 20-30 % à 10 %. Mais cela ne suffisait pas, et, poussée par la concurrence, Thomson a délocalisé sa production dans des pays à plus faibles coûts salariaux, afin de faire baisser encore cette « variable d'ajustement », comme disent les économistes, qu'est le salaire. Et ce mouvement de délocalisation a concerné de nombreux secteurs de production.

On estime que les stocks d'investissements directs des capitalistes étrangers dans les pays pauvres représentaient 2,3 % de la richesse mondiale en 1980, 2,4 % en 1990, 6,2 % en 2000. En 1997, les investissements des entreprises américaines dans ces mêmes pays pauvres représentaient 7,6 % de leurs investissements aux États-Unis mêmes. Bien sûr cela ne représente pas un gros pourcentage dans l'absolu. Il n'empêche : ce pourcentage est près de 10 fois supérieur à ce qu'était la part de ces mêmes investissements en 1985.

Dans ces pays, les firmes cherchent avant tout une main d'oeuvre bon marché. Les biens fabriqués sont ensuite réexportés vers les pays riches, là où il y a un marché solvable. 100 % des voitures Volkswagen produites en Slovaquie étaient, en 2000, réexportées vers l'Europe de l'Ouest. C'est le cas aussi pour 100 % des Audi fabriquées en Hongrie, et de 80 % des General Motors-Opel produites en Pologne. Dans l'usine de Mlada Boleslav de République tchèque, le salaire ouvrier moyen n'est que 12 % du salaire ouvrier moyen en Allemagne (chiffre de 1999).

Mais la réalité c'est qu'en produisant des automobiles à faible coût, le patronat de ce secteur entend les vendre en occident à des prix relativement modestes (quoiqu'encore inaccessibles pour de nombreux salariés) et lutter ainsi contre l'inflation, qui entraîne souvent une hausse des salaires. Ainsi donc produire dans les pays pauvres entraîne davantage de chômage dans les pays riches, mais provoque aussi une tendance au maintien des bas salaires. Avec pour conséquence le phénomène des travailleurs pauvres.

La division internationale du travail se fait en fonction des salaires, de la technologie des outils de production, ainsi que des marchés locaux. Les télécopieurs hauts de gamme sont produits au Japon, les bas de gamme en Chine. Les téléviseurs grand écran avec magnétoscope incorporé sont produits au Japon, ceux de moyenne taille sont produits à Singapour, ceux de petite taille en Malaisie. Néanmoins, les ouvriers chinois produisent de plus en plus de téléviseurs hauts de gamme.

Volkswagen a annoncé qu'elle allait doubler ses capacités de production en Chine, sans doute pour vendre aussi à une mince fraction d'autochtones ; mais une mince fraction peut permettre à l'entreprise de doubler ses ventes. Progrès ou pas ? Là n'est pas la question pour les travailleurs, qui exécutent les ordres dans un monde où ils ne comptent qu'en fonction des profits qu'ils peuvent rapporter. Et puis Volkswagen s'apprête sans doute aussi à poursuivre, comme General Motors, son alliance avec le chinois Baosteel, numéro trois mondial de la sidérurgie, qui fait de fabuleux profits et licencie jusqu'à 10 000 salariés par an.

Parfois, il arrive que des pays pauvres connaissent un certain développement en matière technologique, mais les technologies les plus développées ne peuvent donner un revenu à tous les travailleurs non qualifiés qui se concentrent de plus en plus dans les mégapoles du tiers monde. Une étude des Nations unies estime que 70 % de la population mondiale, soit 5 milliards de personnes, habiteront dans les grandes villes pauvres en 2025.

Aujourd'hui, l'objectif des capitalistes n'est pas de former ces milliards d'hommes et de femmes en vue de leur donner un emploi. Personne ne le prétend, pas même eux. Ils sont uniquement attachés à cibler leurs investissements internationaux, à calculer leurs profits dans le court terme. D'ailleurs seul 1 % des salariés des pays pauvres sont embauchés par les 36 000 multinationales au monde. Et le flux réel de ces capitaux en direction de pays pauvres est restreint à un tout petit nombre de pays. Huit pays seulement ont attiré, entre 1989 et 2002, 84 % des flux nets de portefeuille d'actions : la Chine, le Brésil, le Mexique, l'Afrique du sud, l'Inde, la Thaïlande, la Malaisie et la République tchèque.

Les capitaux occidentaux

Les capitaux occidentaux en direction de cette petite dizaine d'États viennent d'entreprises industrielles mais aussi de compagnies d'assurance, de fonds de pension, ou de mutual funds, qui sont des fonds d'investissement tirés de l'épargne individuelle de particuliers riches, en particulier des Américains du nord. Ces mutual funds s'élevaient à 4 470 milliards de dollars en 1994, à 10 938 milliards de dollars en 2000.

Ces milliards se placent surtout dans la spéculation boursière et monétaire. Très peu en définitive servent à la modernisation des industries, même d'exportation. On constate que les vrais investissements sont bien minuscules quand on les compare aux investissements du temps de la guerre froide dans certains pays d'Asie, à une époque où les États impérialistes choisissaient de soutenir militairement et financièrement des États comme la Corée du sud. Aujourd'hui les flux de capitaux auraient plutôt tendance à risquer d'entraîner la Corée du sud dans la faillite.

Toutes ces sommes d'argent peuvent donc stimuler les marchés boursiers locaux, mais ne favorisent pas le développement. Ce ne sont pas des capitaux qui s'investissent dans les transports en commun, les équipements, la santé ou l'éducation. Même si de nombreux fonds de pension sont constitués des retraites d'enseignants américains ! Le fonds de pension Ohio State Teachers avait en 2002 pour plus de 2,6 milliards de dollars placés dans les pays « émergents », plus que l'entreprise General Motors.

Les guillemets pour le mot « émergents » sont là pour rappeler que ces pays n'émergent pas ailleurs que dans l'intérêt que leur portent les entreprises, les banques et les États impérialistes. Sinon, ce sont des pays qui comme les autres pays du tiers monde ont une vaste partie de leur population pauvre. 53,7 % des Chinois, 28 % des Brésiliens, 42,5 % des Mexicains, 35,8 % des habitants d'Afrique du sud, 86,2 % des habitants de l'Inde vivaient en 2000 avec moins de deux dollars par jour. Soit dit en passant, ce chiffre est typique des chiffres donnés par les Nations Unies. Pourquoi fixer la barre de la pauvreté à deux dollars par jour, lorsqu'on sait qu'avec quatre dollars il n'est pas d'avantage possible de satisfaire les besoins en matière d'éducation, de santé, d'alimentation, de logement et de transport ? Et quel pourcentage de la population de ces pays « gagne » entre deux et quatre dollars par jour ?

Le « libre échange » entre la misère et le capital

Voilà pourquoi les flux de capitaux en direction de certains pays pauvres croisent sur leur chemin des jeunes, des travailleurs issus de ces pays pauvres, mais qui cherchent, eux, à les fuir. Preuve que le commerce mondial ne propose aucun avenir pour les peuples. On estime que des millions d'habitants des régions pauvres cherchent à fuir leur misère. 500 000 femmes et enfants venues d'Europe de l'est, d'Afrique, d'Amérique du sud, d'Asie du sud est, arrivent chaque année en Europe, grâce à des passeurs, et se retrouvent sur le trottoir à se prostituer. Plus de 15 000 médecins arabes ont quitté le Maghreb entre 1998 et 2000 pour chercher du travail dans les pays plus riches. Eux non plus ne voyaient aucun avenir dans leur pays.

Il arrive aussi, phénomène encore plus circonscrits à quelques pays, que ces capitaux occidentaux en direction des pays dits « émergents » croisent des capitaux issus de ces pays et qui se dirigent vers des banques ou des bourses de pays impérialistes. La Chine, très courtisée par les multinationales occidentales, est le deuxième souscripteur au monde de bonds du trésor américain. Dans le même temps, ce pays n'est pas sûr de nourrir toute sa population, et s'apprête à acheter des produits agricoles aux États-Unis. Preuve que les échanges internationaux de capitaux sont indépendants des besoins réels de la population.


Le capitalisme, c'est le pillage de la force de travail et des matières premières

Partout dans le monde c'est le règne du capital. Et ce règne a pour fondement l'exploitation de la main d'oeuvre salariée. En Ukraine, les mineurs qui travaillent au fond des mines de fer 6 jours par semaine, 8 heures par jour, gagnent 50 euros par mois. Cette somme est inférieure au revenu qui fixe officiellement le taux de pauvreté. Du coup, de nombreux travailleurs ukrainiens tentent leur chance en occident. Dans certains villages d'Ukraine, la moitié de la population en âge de travailler vit à l'étranger, illégalement et avec des salaires toujours de misère. Mais quand même moins miséreux que les salaires en Ukraine.

Au Ghana, dans la mine d'or de Tarkwa, c'est 20 euros par mois que gagnent les mineurs, dans des conditions de travail épouvantables : les mères qui descendent au fond doivent amener avec elles leurs jeunes enfants. Lorsqu'ils entendent au-dessus de leurs têtes le passage d'un train, les mineurs arrêtent le travail et se protègent à main nue des éboulements. Au total, un quart des mineurs meurt écrasé par ces éboulements ; les autres sont menacés par l'empoisonnement au mercure ou l'étouffement à cause des mauvaises conditions de ventilation. À l'autre bout de la machine de l'exploitation il y a les profits des possédants : l'once d'or est à son plus haut niveau depuis 1996. L'indice boursier de l'or Amex Gold Bugs index a augmenté de près de 500 % depuis trois ans.

Partout dans le monde, le capitalisme impose sa loi, étranglant les économies pour en tirer de juteux profits. Des régions entières sont enfoncées dans la misère depuis des générations. C'est le cas de la Guinée Bissau, petit pays d'Afrique de l'ouest qui à la veille de la guerre d'indépendance, après 500 ans d'ère coloniale portugaise, n'avait connu que le pillage et la misère, avec 99  % des habitants analphabètes. La guerre a duré onze ans, aboutissant à l'indépendance en 1974. Dans les décennies qui ont suivi, le pays a connu la pauvreté, puis de nouveau la guerre civile, en 1998-1999. Le FMI a d'ailleurs divisé son aide par deux entre 1996 et 2000, et l'a encore baissé ensuite. En 2000, 88 % de la population vivaient avec moins d'un dollar par jour. Toute l'agriculture du pays est quasiment tournée vers la seule production de noix de cajou pour l'exportation. Les revenus du pays dépendent donc de la valeur du dollar ainsi que de la consommation des Américains et des Européens en noix de cajou, consommation qui précisément a baissé de 30 % en 2001. Le pays ne produit plus assez de riz pour sa propre consommation. Résultat : en 2003, 90 % de la population n'a qu'un repas par jour. Voilà sur quoi reposent l'indépendance et l'économie du pays.

On pourrait tirer le même bilan pour nombre de pays qui sont depuis des décennies « indépendants ». La Côté d'ivoire était décrite dans les manuels scolaires en France dans les années 70 comme un bel exemple à suivre. Aujourd'hui par manque de moyen pour lutter contre le sida 300 instituteurs ivoiriens meurent chaque année. Des milliers d'enfants sont donc privés d'enseignants. Mais la France préfère envoyer dans ce pays à grand frais des soldats et des équipements militaires !

Il n'existe pas de territoire au monde qui échappe à cette emprise du capitalisme. Même la minuscule république Nauru (20 km2, 13 000 habitants), au beau milieu de l'océan pacifique, a été pillée de ses phosphates par les entreprises australiennes prédatrices, avec la complicité de l'élite locale. Celle-ci a aussi goûté au charme de la spéculation dans les années 1990 avec des placements immobiliers en Australie, ou financiers sur le marché japonais. Evoluant avec son temps, elle aurait permis le blanchiment de 7 milliards de dollars américains en provenance de la mafia russe en 1999. C'est à Nauru qu'au début des années 2000, l'Australie a envoyé ses demandeurs d'asile en provenance du Moyen-Orient, moyennant finances. Minuscule îlot, Nauru n'en a donc pas moins, à l'aune de la voracité capitaliste, sa valeur...

Pour donner un avenir à la planète et ses habitants, il faudra renverser le capitalisme

Les pays faussement appelés en « voie de développement » (depuis le temps qu'on emploie cette expression, ça se serait vu si elle était juste !) sont des machines à produire, plus que dans les pays riches, des inégalités. Les 10 % les plus riches dans les pays riches possèdent 29,1 % des revenus. Les 10 % les plus riches en Amérique latine possèdent 48 % des revenus. Les 10 % les plus pauvres dans les pays riches possèdent 2,5 % des revenus. Le pourcentage est de 1,6 % en Amérique latine. Cette présence d'une riche classe dirigeante locale permet de nourrir les bourses locales, pour le plus grand profit des spéculateurs internationaux. La forte proportion de très pauvres permet en même temps de faire pression à la baisse sur les salaires dans ces pays pauvres, avec comme résultat une main d'oeuvre intéressante pour les entreprises multinationales. Et puis cette misère, c'est aussi le poids du passé qui l'explique : le colonialisme, dont l'Amérique latine et l'Afrique ne se sont pas remises en 500 ans, et l'ordre économique capitaliste qui, depuis 150 ans, a favorisé les mêmes États et appauvri les mêmes régions.

Janvier 2004

André Lepic

18:45 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : exploitation, pauvrete, travailleurs, capitalisme |  Facebook |

14/09/2009

De plus en plus de « travailleurs pauvres »


Il existe de plus en plus de « travailleurs pauvres » qui n’arrivent plus à s’offrir des extras (voyages, sorties, cinéma…) et devenir propriétaires, selon une étude de la FGTB.

Archives Belga

Il existe de plus en plus de « travailleurs pauvres » qui n’arrivent plus à dépenser pour des extras (voyages, sorties, cinéma…) et devenir propriétaires, selon une étude de la FGTB, présentée mardi à Bruxelles. Environ 20 % des travailleurs font partie de cette catégorie de gens, paupérisés malgré une vie active. Le syndicat souhaite débattre de ce dossier lors du dialogue interprofessionnel en réclamant des salaires bruts et des salaires minimums plus élevés. « Nous allons apporter des sérieuses revendications salariales sur la table », a souligné Rudy De Leeuw, président de la FGTB.

Le syndicat socialiste a mené une vaste enquête sur le pouvoir d’achat des travailleurs. Près d’un actif sur 2 (47 %) estime que son pouvoir d’achat est en baisse par rapport à l’année dernière A peine 33 % des sondés estiment que leur pouvoir d’achat est resté stable contre 7 % qui pensent qu’il a fortement augmenté. Quelque 51 % des travailleurs belges ont des difficultés financières et 37 % d’entre eux ne peuvent pas mettre un euro de côté. Le temps du salaire unique est définitivement révolu pour les ménages car près d’un travailleur sur 2 (44 %) juge indispensable que deux salaires soient la règle.

Selon l’enquête, il apparaît que 35 % des sondés ont des difficultés à assurer les coûts d’éducation de leurs enfants, que 37 % n’arrivent pas économiser, que 25 % des actifs ne peuvent pas devenir propriétaires et qu’enfin, 18 % des Belges ne partent en vacances qu’une fois par an et ont des problèmes pour payer leurs frais de transport.

« Travailler plus pour gagner plus », ne semble pas être le remède à l’amélioration du pouvoir d’achat. Si 61 % des travailleurs effectuent des heures supplémentaires (en moyenne 24 heures par mois), à peine 6 % d’entre eux en font un choix personnel pour gagner plus d’argent. 34 % voient leurs heures supplémentaires non payées ou non récupérées.

Les travailleurs se paupérisent et ce phénomène touche selon la FGTB, 20 % des travailleurs. « C’est une nouvelle catégorie qui se développe de plus en plus », a expliqué Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB.

Ces travailleurs arrivent tout juste à satisfaire leurs besoins primaires et ne peuvent pratiquement rien dépenser pour leurs loisirs ou vacances ou pire d’acheter un bien immobilier. Il s’agit surtout d’actifs du secteur public et non-profit. Anne Demelenne estime par ailleurs que la précarité des contrats offerts et la flexibilité à outrance, particulièrement chez les jeunes, favorisent cette paupérisation.

Parallèlement, la FGTB a demandé au CRIOC de réaliser une enquête sur la consommation des ménages à revenu modeste (1.000 euros nets maximum par personne). Selon l’enquête, ces types de personnes vivent sous une pression commerciale, sont moins informés sur ce qu’elles consomment et consomment des produits de moins bonne qualité. Selon le CRIOC, les premiers prix (discount ou marques de distributeurs) sont de moins bonne qualité et posent des problèmes pour ceux qui les consomment.

L’enquête couvre plusieurs segments de consommation des ménages à revenu modeste. Ainsi, ils consomment beaucoup de plats préparés, optent pour de l’eau en bouteille plus chère et sont en moins bonne santé que les catégories plus élevées. Huit enfants sur 10 sont par ailleurs confiés à des proches plutôt qu’en crèche. Les revenus modestes sont exclus du système de garde d’enfants.

« Le misérabilisme et le paternalisme ne sont pas notre style mais nous voulons la prospérité et la santé pour tous », a déclaré M. De Leeuw en évoquant la problématique des petits revenus.

Enfin, toujours dans le cadre de l’amélioration du pouvoir d’achat, le syndicat socialiste a demandé à nouveau une baisse de la TVA sur le gaz, l’électricité et le mazout, un crédit social de 40 à 80 euros pour les bas revenus, un contrôle des prix, un blocage des loyers et l’accès à des gardes pour enfants accessibles.

(belga)

18:45 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pauvrete, travailleurs, exploitation, miserables, capitalisme, societe |  Facebook |

09/02/2008

Pink - Dear Mr Président

10:17 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Morale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chanson, guerre, pauvrete, usa, bush |  Facebook |

02/01/2008

Message de Nouvel-An 2008

Bonjour,

 

Recevez mes meilleurs vœux pour 2008; et surtout meilleurs vœux de courage pour se battre contre l'ennemi du peuple, contre le Grand-Capital exploiteur.

 

Un message de Nouvel-An, un message d'espoir, un message à l'intention de celles et ceux qui n'ont sûrement pas les moyens de lire ce message, pour que nous pensions à eux, plus particulièrement.

 

Ils vivent dans la rue, ils n'ont pas les moyens de se vêtir convenablement, de se loger décemment, de se nourrir et se chauffer comme il se doit.

 

Ayons une pensée pour eux, et aidons-les comme nous le pouvons, dans la solidarité; et luttons pour que la pauvreté grandissante ne devienne pas le fléau du peuple.

Peuple assassiné en bonne et due forme, en toute légalité, par la bourgeoisie, par la minorité profiteuse.

 

La pauvreté ne devrait pas exister, la pauvreté n'a aucune raison d'être, à notre époque, et pourtant, vous qui lisez ce message et moi qui l'écrit, nous serons peut-être demain dans la rue, avec les exclus.

 

Ensemble, luttons, pour que cesse cette exploitation !

 

Nous vivons une ère de régression sociale sans précédent. Tout ce que nos arrière-grands-parents et grands-parents ont obtenu en luttant parfois jusqu'à la mort, nous sommes occupés de tout perdre en quelques années seulement. On ne compte plus les entreprises qui ferment, souvent sans raison valable, si ce n'est que pour la recherche d'un profit toujours grandissant, au seul bénéfice de cette minorité exploiteuse. Les entreprises privées, mais aussi publiques sont touchées de plein fouet par les manigances spéculatives des gens qui nous dirigent réellement, le patronat, les investisseurs, la bourgeoisie, le Capital.

 

Tout coûte de plus en plus cher, tout augmente, sauf nos salaires.

 

Nous sommes en guerre, le peuple est en guerre, une guerre perpétuelle contre la bourgeoisie. C'est la lutte des classes. Malheureusement une majorité d'entre-nous est anesthésiée par le superficiel, l'individualisme, le confort personnel, l'autosatisfaction.

 

Il n'existe aucune baguette magique permettant de gagner ces batailles; non, aucune recette-miracle non plus, mais seulement un concept, une idéologie, le socialisme, le socialisme vrai, et surtout ce  qui peut se résumer en un mot:

 

LA SOLIDARITE

12:28 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Morale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : socialisme, bourgeoisie, pauvrete, nouvel-an, exploitation, capitalisme, societe |  Facebook |

02/09/2007

A nos futurs dirigeants.

A nos futurs dirigeants :

De réformes en réformes, la Belgique s’est bien transformée depuis un quart de siècle, sous prétextes d’évènements extérieurs à notre pays, non seulement le pouvoir d’achat du peuple a bien diminué, la pauvreté a augmenté, les riches d’antan sont devenus des méga-riches.

Actuellement, 10% de la population se partagent 50% des richesses du pays. Et les négociations actuelles dans le « loft-Val-Duchesse-accadémy » n’ont pour but que de trouver un meilleur moyen de plumer encore d’avantage les moins nantis.

La révision de la constitution, la scission de certains pouvoirs fédéraux ne favorisera qu’une certaine « élite » de notre pays déjà si petit et affaiblira le peuple entier, la diminution du nombre de chômeurs par un contrôle accru qui aboutira à des exclusions massives et à une précarisation plus grande de la couche déjà pauvre du peuple. Les mesures antisociales que vous nous concoctez serrera encore plus la corde occupée à nous pendre. La privatisation des services publics supprimera encore d’avantage une garantie d’emploi à une majorité des travailleurs, pour le plus grand profit des actionnaires.

Descendez dans la rue et mêlez-vous aux gens d’en bas, faites un bon stage de précarité, vous aussi, ensuite vous pourrez vous enfermer dans vos salles de réunions et établir ce qui est le mieux pour ceux que vous êtes occupés à condamner actuellement !

Lorsqu’on ne vit pas la misère, on ne peut pas bien la comprendre.

Programmer une régression sociale est très aisé, pour des gens comme vous, aux idées alimentées uniquement par le lobbying patronal et l’actionnariat.

Faites de la politique pour tout le monde, s’il vous plaît !

Alex Pozetti

19/08/2007

Conséquences des augmentations des prix de l'énergie.

La hausse des prix du gaz, ou de l'électricité; aura des répercussions sur tout le reste des produits de consommation courante et de première nécessité qui dépendent, directement ou indirectement, du prix à la fourniture de ces énergies.

Le pain, par exemple, qu'on nous dit qu'il va augmenter pour atteindre les 2,00€ pour le pain de 800gr, est dû à une pénurie de blé, mais aussi et surtout à la hausse progressive des produits pétroliers. Hé oui, il faut bien le cuire, ce pain, acheminer les matières premières vers les boulangers puis transporter le produits finis à leur destination-point de vente.

Il est donc très prévisible que tout ce qui dépend des énergies autres que pétrolières augmenteront également; et qui trinquera encore? Devinez!

Notre pouvoir d'achat n'en a pas fini de fondre comme neige au soleil, amenant une régression sociale grandissante, créant son lot de gens démunis; la pauvreté ne va aller qu'en grandissant, la classe moyenne est appelée à disparaître à terme pour laisser la place aux deux catégories des ultra-riches, et les autres, nous! Saviez-vous que 2% de la population planétaire détient 50% de la richesse mondiale?

Lisez aussi l'article précédent sur les augmentations d'Electrabel.

 

00:58 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : exploitation, capitalisme, pauvrete, precarisation, energie |  Facebook |

23/07/2007

En Grande-Bretagne ...comme il va en être bientôt partout ailleurs!

Grande-Bretagne: le fossé entre riches et pauvres se creuse:

 

Ce fameux modèle social anglais qui plait tant à Mr Sarkosy

Selon une étude de la Fondation Joseph Rowntree, le fossé entre les riches et les pauvres n'a jamais été aussi profond depuis 40 ans en Grande-Bretagne, alors qu'un nombre croissant de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté.

La part de la richesse nationale détenue par les plus riches a augmenté : en 1991, 1 % des Britanniques les plus riches détenaient 17 % de la richesse nationale, un chiffre passé à 24 % en 2002.

 

A contrario, entre 1990 et 2005, le nombre de ménages pauvres a augmenté, même si celui des très pauvres a baissé.

 Dans certaines villes, près de la moitié des familles vivent en dessous du seuil de pauvreté.

(source: UGICT-CGT)

 

28/02/2007

Quelques chiffres à méditer.

Quelques chiffres à méditer...

 

Selon un rapport du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD):

 

*       Les 3 personnes les plus riches du monde sont aussi riches que les 48 pays les plus pauvres.

*       Les avoirs des 84 personnes les plus riches dépassent le produit intérieur brut de la Chine avec ses 1,2 milliards d'habitants.

*       Les 225 personnes les plus riches disposent d'une fortune équivalente au revenu annuel cumulé des 47% d'individus les plus pauvres de la planète, soit plus de 3 milliards de personnes.

 

Selon le même organe des Nations-Unies, il suffirait de moins de 4% de la richesse cumulée de ces 225 plus grosses fortunes mondiales (évaluées à plus de 1000 milliards de dollars) pour donner à toute la population du globe l'accès aux besoins de base et aux services élémentaires: santé, éducation, alimentation.

 

Rapport ONU - PNUD 1998 - disponible chez Economica, 49, rue Héricart, 75015 Paris

 

Autres chiffres:

 

*       122 entreprises sont à l'origine de 80% de toutes les émissions de dioxyde de carbone

*       Pour sa fabrication, un yacht de luxe nécessite 200.000 heures de travail, soit 96 années de travail d'une personne (8 heures par jour, 5 jours sur 7). Ainsi, avec ce qu'il gagne en quelques jours, un milliardaire peut s'approprier la vie entière d'un autre être humain.

*       Aux Etats-Unis, les 100 plus importants PDG gagnent chacun en moyenne 1000 fois plus que leurs salariés "ordinaires"

*       La fortune personnelle de Bill Gates (50 milliards de dollars) est égale à la fortune cumulée des 106 millions d'Américains les plus pauvres...

*       Le budget militaire américain de la seule année 2004 a été de 480 milliards de dollars, ce qui représente une dépense de 27.342 dollars par heure depuis la naissance du Christ.

*       En 2002, George W. Bush a décidé une hausse des dépenses militaires de 40 milliards de dollars.

 

Cette seule augmentation du budget militaire américain représente exactement la somme qui serait nécessaire pour résoudre définitivement le problème de la faim dans le monde (selon les estimations de l'ONU).

 

 

20/02/2007

Le seuil de pauvreté.

16 % des Européens vivent sous le seuil de pauvreté

L’investigateur ; 20 fév. 2007

 

En 2004, 16 % des Européens vivaient sous le seuil de pauvreté, fixé à 60 % du revenu national moyen, selon des données présentées lundi par la Commission européenne. Le taux oscille entre 9 ou 10 % (Suède et République tchèque) et 21 % (en Lituanie et Pologne). En 2006, près de 10 % des citoyens adultes de l’Europe des Vingt-Cinq en âge de travailler (soit les citoyens non étudiants âgés de 18 à 59 ans) vivaient dans des ménages exclusivement composés de personnes sans emploi. Les chiffres oscillaient entre moins de 5 % (Chypre, Luxembourg et Slovénie) et plus de 13 % (Pologne et Belgique). On relève des pourcentages similaires pour les enfants vivant dans ce type de ménage (9,5 % pour l’Union européenne dans son ensemble en 2006). Cependant, les familles avec enfants sont davantage concernées par cet état de choses dans certains pays que dans d’autres. La proportion d’enfants se trouvant dans cette situation varie beaucoup d’un État membre à l’autre : de moins de 3 % (Luxembourg) à 14 % et plus (Bulgarie et Royaume-Uni). Un tel environnement influe sur les conditions d’existence de l’enfant et sur l’évolution de son développement, en l’absence d’un modèle de rôle adéquat.

CARTOONeau

 

22:28 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pauvrete, societe, socialisme, economie, statistiques |  Facebook |