15/10/2009

La marchandisation du courrier postal

(Source: gresea.be)

Le gouvernement travailliste britannique cherche un preneur privé pour entrer dans le capital de la Royal Mail et la "moderniser". Des fonds spéculatifs, tels CVC Capital, déjà présent dans La Poste belge, se sont montrés intéressés. D'où débrayage des postiers britanniques (ils sont 150.000). Ils n'ignorent pas que le but de la manoeuvre est de transférer au privé le sale travail (restructuration radicale, licenciements massifs) dont le gouvernement, soumis à la censure de l'opinion publique, préfère ne pas assumer la responsabilité. Maintenant, moderniser pourquoi? Un argument entendu est qu'il est aberrant de laisser les postiers trier, chaque matin, à la main et pendant des heures, les lettres qu'ils vont ensuite distribuer. Il y a des machines pour cela. Un raisonnement semblable est présent en France où une privatisation larvée est censée résoudre les problèmes de productivité des quelque 180.000 postiers français: le courrier, entend-t-on ici, est une activité de main-d'oeuvre "dont la rentabilité est directement fonction du poids de leur sacoche", celle des postiers, donc. Là, des machines peuvent difficilement remplacer. Mais on peut réduire la fréquence des distributions, en augmenter le prix, peut-être supprimer aussi les "clients" peu rentables, ruraux, trop éloignés... Dans son édito, le journal financier Les Echos a un petit sursaut, il se permet une pensée subversive. N'y aura-t-il pas lieu, dit-il, de "réinventer un avenir" à La Poste en admettant que celui-ci "ne passera pas uniquement par le marché, mais aussi par une redéfinition en profondeur du service public". Voilà qui va contre tout ce que le dogme dominant de la classe politique toute entière ne cesse de crier sur les toits. Casser le service public postal. Le moderniser. En faire une affaire rentable, un business comme un autre. Des postiers qui perdent leur temps – prennent plaisir à leur travail – en triant à la main le courrier: obsolète! Des bureaux de postes accessibles où la population – et d'abord les plus vulnérables, les vieux, les gagne-petit – peut trouver un guichet à visage humain: ringard! On en connaît le résultat en Belgique. Libéralisation oblige, les postiers sont passés de 42.000 à 32.000 en cinq ans (2002-2007) et les bureaux de poste, rabotés de 1.300 à 655 (2005-2013). Aux Pays-Bas, où la libéralisation totale du courrier est effective depuis le 1er avril 2009, le résultat ne s'est pas fait attendre. Faute d'avoir obtenu des postiers un accord sur une réduction salariale de 15%, l'opérateur privé, TNT, a annoncé le renvoi de 11.000 travailleurs, le plus important licenciement collectif depuis la fermeture des mines dans les années septante. Evolution inéluctable? L'exemple chinois y apporte comme un démenti. Par une nouvelle loi postale adoptée le 24 avril 2009 confirmant le monopole de China Post, ce secteur, jugé vital pour le développement de l'économie rurale, a été fermé à la concurrence des opérateurs étrangers, au grand dam d'UPS, DHL, TNT et FedEx. Affaire de volonté politique...

Souce: The Economist du 2 mai 2009, The Observer du 14 juin 2009, Syndicats du 13 mars 2009,
Les Echos du 26 juin 2009 et NCR Handelsblad du 2 juillet 2009.

Traitement Gresea: 06 juillet 2009.

10/02/2008

Table ronde le 19 février 2008 - La libéralisation des services publics.

 

Table ronde:

Après la Poste… La libéralisation des services publics, le nouveau traité européen veut-il «sans privé»?

Date et lieu:

Le mardi 19 février 2008, à 19h30 précises
À la Maison du Peuple de Dampremy, rue Jules Destrée, 11

Orateurs:

Pierre Eyben (membre du Bureau politique du Parti Communiste)
Michel Laurent (CGSP Poste Charleroi)
François Schreuer (Ancien président de la FEF, journaliste au journal Politique, fondateur du portail mouvements.be)
Jean-Marc Lauwers (Attac – CGSP Ministère)
Francis Dewalque (Forum Social de Belgique – groupe services publics)

Modérateur:

Maurice Magis (Journaliste au Journal du Mardi)

Une organisation de l'ASBL Le Progrès

21/04/2007

Syndicalisme

Le droit de grève mis à mal !

 

De plus en plus, les critiques fusent parmi nos dirigeants, tant patronaux que gouvernementaux et aussi certains médias, pour dénoncer cette « atteinte au droit du travail » qu’est la grève. C’est inadmissible ! Pourquoi ?

 

On se plaint que le courrier n’est pas distribué lorsque les facteurs sont en grève, les causes peuvent être leurs revendications non suivies par le patron ; (par exemple : « géoroute », planification informatisée de distribution du courrier, fait des ravages ; les bureaux de poste ferment les un après les autres, les cadences deviennent infernales dans les centres de tri ; la poste de proximité a pratiquement disparu). Instaurer un service minimum mettrait la pagaille dans cette entreprise où chaque postier est interactif !

Et si les trains ne roulent plus, par exemple parce que les accompagnateurs font grève, en cause les négociations n’aboutissent pas entre les cheminots et leurs patrons (un exemple : les agressions deviennent de plus en plus fréquentes, deux la semaine dernière, quatre rien que pour le week-end dernier, çà suffit !). Là aussi sont cités les navetteurs pris en otage, les travailleurs et les étudiants. Le service minimum n’assurerait pas assez de matériel roulant pour les navetteurs, ce serait là aussi la pagaille, c’est irréalisable ! Même chose pour les autres sociétés de transport (la STIB, les TEC, DE LIJN,…).

Les hôpitaux sont un cas à part, étant donné que les malades doivent absolument toujours être suivis, est-ce pour autant que le personnel hospitalier ne puisse bénéficier d’aucun droit de protestation ?

Quand aux établissements pénitentiaires, si une grève survient, on effectue le remplacement des gardiens de prison par les forces de l’ordre en « intérim » ; déforçant la sécurité des citoyens ; mais est-ce pour autant que le droit de grève des gardiens doit être remis en question ?

 

En France, Sarkozy préconise l’instauration d’un service minimum pour soi-disant ne pas pénaliser les usagers à ces services ; mais « lorsque le vent souffle en France les volets claquent en Belgique », c’est bien connu ; chez nous certains candidats aux futures élections parlementaires proposent la même chose pour leur programme, André Antoine (CDH) et Willy Borsus sont de ceux-là ; Daniel Bacquelaine (MR) a également travaillé sur un texte en proposition à la chambre depuis 2003.

 

Et pour conclure.

 

Diminuer les effets des grèves, c’est leur ôter un moyen majeur de défense aux travailleurs. Leurs droits et leur liberté s’en trouveraient diminués. Le patronat aurait dès lors toujours la part belle pour imposer ses exigences ; et c’est inadmissible !

La grève est un moyen de pression universellement reconnu, et il n’est pas question d’ôter ce droit au travailleur ! Les partisans du véritable socialisme, tout comme les syndicats, s’opposent à tout service minimum, qui vide le droit de grève de son sens.

 

 

Alex Pozetti

12:24 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : syndicat, droits, societe, exploitation, poste, sncb, patronat, greves |  Facebook |