17/03/2010

Un autre capitalisme n’est pas possible

Rémy HERRERA (Article extrait de: "Le Grand Soir.Info")

autre capitalisme pas possibleLe capitalisme est en crise. Il pourrait même s’agir d’une des plus graves crises de l’histoire moderne. Et pourtant, à suivre l’actualité au jour le jour, l’opinion publique peut avoir le sentiment que cette crise est déjà derrière nous. Or, le pire est sans doute encore à venir, malgré les propos rassurants tenus et les aménagements envisagés.

En effet, la réactivation annoncée de l’intervention étatique a notamment pour objet la négation de la nature de biens publics à la fois gratuits et libres de composantes fondamentales du patrimoine commun de l’humanité, comme le savoir, l’éducation ou les infrastructures sociales et des ressources naturelles.

Ce livre nous propose un voyage dans les « entrailles du monstre », car c’est la dynamique même du capitalisme qu’il faut examiner et mettre à nu pour engager la grande transformation dont l’humanité et la planète ont besoin.

L’appel à la contre-offensive est lancé dans la théorie comme dans la pratique.

Les limites des politiques économiques menées par les gauches au pouvoir sont mises en évidence à partir de l’étude de quatre expériences : celles de Barack Obama aux États-Unis, de François Mitterrand en France (1981-1986), de Lula au Brésil et de Hugo Chávez au Venezuela.

C’est évidemment vers l’Amérique latine que les yeux se tournent. Les efforts de transformations sociales et de régionalisation mises au service des peuples font la démonstration qu’il est possible de passer de la défensive à l’offensive et d’ouvrir à nouveau les débats sur les alternatives anticapitalistes et les processus de transition socialiste.

L’auteur

Rémy Herrera est économiste, chercheur au CNRS, enseignant à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est l’un des coordinateurs du Forum mondial des Alternatives. Il est associé à l’Union of Radical Political Economist (New York), la Chubu University (Nagoya), la Société latino-américaine d’économie politique (São Paulo), l’Association des économistes de Cuba (La Havane), ainsi qu’au Forum du Tiers Monde (Dakar). Il travaille aussi avec le Centre Europe-Tiers Monde (Genève) auprès du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU.

12:22 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : capitalisme, economie, societe |  Facebook |

25/02/2010

Pourquoi la propagande l’emporte sur la vérité


Paul CRAIG ROBERTS (Origine de l'article: "Le grand soir")

Propagande contre véritéUn article paru dans le journal Sociological Inquiry, Il doit y avoir une raison : Oussama, Saddam, et la justification induite, Vol. 79, N° 2, (2009), pp. 142-162, jette la lumière sur l’efficacité de la propagande. Les chercheurs ont examiné pourquoi les énormes mystifications réussissent là où les petites balivernes échouent. Les régimes peuvent s’en tirer avec de grandes impostures, mais les politiciens ne le peuvent pas avec la bagatelle.

Les chercheurs expliquent pourquoi tant de gens croient encore que Saddam Hussein était à l’origine du 11/9 des années après qu’il est devenu évident que l’Irak n’avait rien à voir avec ces événements. Les gens ont développé des rationalisations élaborées qui se sont profondément accrochées à leurs convictions induites par la propagande du régime Bush sur la présumée implication irakienne. L’implication émotionnelle de la propagande s’est intégrée à leur identité personnelle et à leur sens moral. Ils ont cherché les informations qui soutenaient leurs croyances et évité celles qui les démentaient, sans tenir compte des faits de l’affaire.

Dans Mein Kampf, Hitler explique la crédibilité en d’énormes mensonges par rapport au petit bobard : « Dans la simplicité de leur esprit, les gens tombent plus facilement victimes d’une monstrueuse fiction que d’un petit boniment, car eux-mêmes se laissent souvent aller à de petites contrevérités peu importantes, mais auraient honte de recourir à de grosses mystifications. Il ne leur viendrait jamais à l’esprit de fabriquer une énorme imposture, et sont incapables de croire qu’un autre pourrait avoir pareil toupet. Même si des faits prouvant qu’il en est ainsi sont portés de manière claire à leur connaissance, ils continuent de douter et pensent qu’il pourrait y avoir une autre explication. »

Ce que les sociologues et Hitler nous disent, c’est que, avec le temps, les faits devenant évidents, les gens tiennent absolument sur le plan émotionnel aux croyances implantées par la propagande et trouvent que s’en libérer est une expérience déchirante. Il est plus confortable de dénoncer celui qui révèle la vérité plutôt que le menteur.

La psychologie de l’adhérence à des convictions, même injustifiées, est un pilier de la cohésion et de la stabilité sociale. Ça explique pourquoi, dès que le changement est réalisé, même un gouvernement révolutionnaire devient conservateur. Le revers de la médaille de ce travers, c’est d’empêcher la reconnaissance des faits. Dans l’Union soviétique, cela rendit le système incapable de s’adapter à la réalité économique, et l’Union Soviétique s’effondra. Aujourd’hui, aux États-Unis, des millions de gens trouvent plus facile de scander « USA, USA, USA, » que d’accepter les faits montrant la nécessité du changement.

L’inertie de l’effroyable imposture constitue la barrière qu’a du mal à abattre le mouvement pour la vérité sur le 11/9. Le racontar selon lequel ce mouvement se compose de théoriciens de la conspiration et de cinglés est évidemment absurde. Les dirigeants du mouvement sont des professionnels hautement qualifiés, comme des experts en démolition, des physiciens, architectes en construction, ingénieurs, pilotes, et anciens hauts fonctionnaires du gouvernement. Contrairement à leurs détracteurs qui répètent comme des perroquets l’histoire du régime, ils savent de quoi ils parlent.

Voyez cet exposé de l’architecte [*] Richard Gage devant un public d’universitaires canadiens. La vidéo de la présentation dure deux heures et semble avoir été adaptée pour ne pas dépasser cette durée. Gage est flegmatique, mais ce n’est guère une personnalité éblouissante, ni un présentateur très clair. Peut-être est-ce parce qu’il s’adresse à un public d’universitaires et tient pour acquis qu’ils connaissent les termes et les concepts.

Ceux qui croient en l’histoire officielle du 11/9 et traitent d’énergumènes les sceptiques peuvent tester la validité du constat des sociologues et l’observation d’Hitler en regardant la vidéo et en observant leurs réactions devant les évidences qui mettent leurs croyances en question. Êtes-vous capable de regarder la présentation sans railler quelqu’un qui en sait bien plus long que vous à ce sujet ? Quelle est votre réaction en sentant que vous ne pouvez plus défendre vos convictions devant les preuves présentées ? Vous raillez davantage ? Vous devenez furieux ?

Une autre difficulté face au mouvement pour la vérité sur le 11/9, c’est que peu de gens sont formés pour comprendre les aspects techniques et scientifiques. Le camp qu’ils croient leur dit une chose, le camp qu’ils ne croient pas leur en raconte une autre. La plupart des gens n’ont pas les rudiments leur permettant de juger de la valeur des arguments.

Par exemple, prenons le cas de l’attentat de Lockerbie. Une pièce à conviction utilisée pour condamner Magrahi consistait en un morceau de circuit imprimé de l’appareil qui aurait contenu le Semtex qui a fait exploser l’avion de ligne. Pas une personne vraiment très convaincue de la culpabilité de Magrahi et de la Libye et offensée par les autorités écossaises libérant Magrahi pour des motifs prétendument humanitaires, ne savait que les circuits imprimés à cette époque avaient une température d’inflammation très basse et partaient facilement en fumée. Le Semtex produit une très haute température. Il ne serait rien resté de l’appareil contenant le Semtex. Il est évident pour un expert que le bout de circuit imprimé a été posé après l’événement.

J’ai demandé à plusieurs reprises, et n’ai jamais obtenu de réponse, ce qui ne veut pas dire pas qu’il n’y en ait pas, comment des millions de pages non brûlées, provenant de la destruction des tours du WTC, pouvaient planer dans l’air au-dessus de Manhattan, alors que l’explication officielle de la destruction raconte que les incendies étaient si chauds et si uniformément distribués qu’ils ont provoqué l’affaiblissement des structures d’acier massif et leur effondrement simultané, faisant s’écrouler les bâtiments dans les temps d’une chute libre, comme ils l’auraient fait s’ils avaient été abattus par une démolition contrôlée.

Comment expliquer des incendies si chauds que l’acier cède, mais qui ne brûlent pas les pages de papier ?

Les gens ne remarquent même pas les contradictions. Récemment, une équipe internationale de scientifiques, qui étudie depuis 18 mois des échantillons de poussière de la destruction des Tours Jumelles collectés par trois sources distinctes, a déclaré avoir découvert de la nano-thermite dans la poussière. Le gouvernement étasunien avait ses propres scientifiques pour discréditer la trouvaille, au motif que le bien-fondé de l’origine des échantillons n’a pu être vérifié. En d’autres termes, quelqu’un a trafiqué les échantillons et ajouté de la nano-thermite. C’est tout ce qu’il a fallu pour discréditer la découverte, malgré le fait évident que l’accès à la nano-thermite est strictement contrôlé et personne, à part l’US Army et, éventuellement, Israël, ne peut y accéder.

Le physicien Steven Jones a produit des preuves accablantes du recours à d’explosifs pour abattre les bâtiments. Son témoignage n’est pas entendu, examiné, testé ou réfuté. Il est tout simplement ignoré.

L’expérience du Dr Jones me rappelle celle de mon professeur d’Oxford, le distingué physicien chimiste et philosophe Michael Polanyi. Polanyi est l’un des plus grands scientifiques du 20ème siècle. À un moment tout président de section de la Société Royale a été son étudiant. Pour leurs travaux scientifiques, nombre de ses élèves ont obtenu un prix Nobel, comme Eugène Wigner à Princeton et Melvin Calvin à l’UC de Berkeley, et son fils, John Polanyi, de l’Université de Toronto.

Jeune homme, dans les premières années du 20ème siècle, Michael Polanyi découvrit les explications de l’adsorption chimique. Les instances scientifiques jugèrent que la nouvelle théorie mettait trop en question les croyances existantes et la rejetèrent. Bien qu’éminent scientifique du Royaume-Uni, Polanyi fut dans l’impossibilité d’enseigner sa théorie. Un demi-siècle après, sa trouvaille a été redécouverte par des scientifiques de l’UC de Berkeley. La découverte a été encensée, mais ensuite les scientifiques les plus âgés ont dit que c’était une « vieille erreur de Polanyi. » Il se trouve que ce n’est pas une erreur. Polanyi a demandé de s’adresser aux scientifiques au sujet de ce demi-siècle de manquement de la science pour qu’ils reconnaissent la vérité. Comment fait la science, qui repose sur l’examen des évidences, pour marcher aussi mal. La réponse de Polanyi, c’est que la science est un système de croyances, exactement comme toute chose, et que sa théorie était en dehors du système de croyances.

C’est ce que nous observons autour de nous, pas seulement au sujet de la perfidie des musulmans et du 11/9.

En tant que spécialiste en économie j’ai passé un moment très difficile à faire le point sur l’économie soviétique, sur les théories de Karl Marx, et sur l’impact fiscal de la politique économique de l’offre. Aujourd’hui, certains de mes lecteurs deviennent furieux parce que mes écrits rapportent des choses qui sont en dehors de leur système de croyances. Ces lecteurs pensent que je devrais éliminer ce qui est incompatible avec leurs convictions et m’orienter sur le travail de terrain. Jamais ils n’ont eu quelque compréhension du sujet. Ils sont tout simplement offensés sur le plan émotionnel.

Ce que je trouve curieux, ce sont ces gens que je connais, qui ne croient rien de tout ce que raconte le gouvernement, sauf sur le 11/9. Pour des raisons qui m’échappent, ils pensent qu’un régime, qui les mystifie sur tout, leur raconterait la vérité sur le 11/9. Comment cela pourrait-il être, je leur demande. Le gouvernement ferait parfois des bourdes et dirait la vérité ? Ma question ne les incite guère à repenser leur croyance en l’histoire du 11/9 du gouvernement. Ils se mettent plutôt en colère avec moi parce que je doute de leur intelligence ou de leur intégrité ou de quelque trait béni, par exemple [le discernement n’est pas donné à tout le monde, certains ont arrêté leur initiation à la vie après le choc d’avoir appris que le Père Noël n’existe pas, ndt].

Le problème devant la vérité, ce sont les besoins affectifs des gens. Dans le cas du 11/9, de nombreux individus pensent devoir croire leur gouvernement pour ne pas faire l’effet d’être peu coopératifs ou mauvais patriotes, et ils ont très peur d’être stigmatisés « sympathisants terroristes. » Ceux de l’extrême gauche ont le besoin affectif de croire qu’il s’agissait d’un « retour de flamme » des peuples opprimés par les États-Unis. Certains gauchistes pensent que les États-Unis méritent ce genre de retours de manivelles et croient pour cela la propagande du gouvernement sur les musulmans qui les auraient attaqués.

Des gens naïfs pensent que, si l’explication sur le 11/9 du gouvernement était fausse, les physiciens et les ingénieurs prendraient tous la parole. Certains l’ont fait (voir ci-dessus). Seulement, pour la plupart des physiciens et des ingénieurs ce serait un acte suicidaire. Les physiciens doivent leur carrière à des subventions gouvernementales, et leur service est fortement tributaire du financement public. Pour l’essentiel, en prenant la parole, un physicien met fin à sa carrière universitaire. S’il est professeur titulaire, pour apaiser Washington l’université rachètera son poste, comme BYU l’a fait dans le cas de l’honnête Steven Jones.

Une firme d’ingénierie qui oserait parler ne se verrait plus jamais accorder de contrat du gouvernement. Par ailleurs, ses clients patriotes cocardiers considéreraient la société comme une apologiste du terrorisme et arrêteraient de faire du business avec elle.

À New York, il y a aujourd’hui une poussée énorme des familles victimes du 11/9 en faveur d’une enquête réelle et indépendante sur les événements. Des dizaines de milliers de New-yorkais ont fourni les signatures nécessaires aux pétitions exigeant que l’État propose de voter pour l’instauration d’une commission indépendante. Seulement, jusqu’ici l’État ne se conforme pas à la loi.

Pourquoi les dizaines de milliers de New-yorkais qui demandent une véritable enquête sont-ils considérés comme des théoriciens de la conspiration ? Les sceptiques en savent bien plus sur les événements du 11/9 que les gens mal informés qui les qualifient de ce nom. La plupart des gens que je connais, qui se contentent de l’explication officielle, n’ont jamais examiné les preuves. Pourtant, ces nullités conspuent ceux qui ont étudié la question de près.

Il y a évidemment quelques énergumènes. Je me suis souvent demandé s’ils sont ridicules intentionnellement, pour discréditer les sceptiques bien informés.

Un autre problème auquel fait face le mouvement pour la vérité du 11/9, c’est que ses alliés naturels, ceux opposés aux guerres des Bush-Obama et les sites Internet soutenus par le mouvement pacifiste, craignent d’être accusés de traîtres et d’anti-étasuniens. Il est assez difficile de s’opposer à une guerre pour ceux que le gouvernement étasunien a réussi à diaboliser. Les sites pacifistes pensent qu’en permettant de remettre en question le 11/9, ils pourraient être étiquetés « sympathisants terroristes » et que cela discréditerait leur opposition à la guerre. Information Clearing House est une exception.

Les sites pacifistes ne réalisent pas que, en acceptant l’explication officielle sur le 11/9, ils ont sapé leur propre mouvement d’opposition à la guerre. Dès que vous admettez que des terroristes musulmans l’ont fait, il est difficile de s’opposer à les punir pour cela. Ces derniers mois, d’importants sites pacifistes, comme antiwar.com, ont eu des difficultés, leurs campagnes de levée de fonds prenant beaucoup plus de temps qu’auparavant. Ils ne comprennent pas qu’en admettant les prémisses du gouvernement pour ses guerres, il est impossible de s’opposer aux guerres.

Autant que je sache, la plupart des gens ont bien plus confiance en leur gouvernement qu’en la vérité. Durant la Grande Dépression, avec leur « New Deal » les libéraux réussirent à inculquer aux Étasuniens la confiance en leur gouvernement comme en un protecteur. Cela marcha avec la gauche et la droite. Les extrémités de l’éventail politique sont elles aussi incapables d’une remise en cause fondamentale du gouvernement. Cela explique la facilité avec laquelle notre gouvernement embobine systématiquement les gens.

La démocratie repose sur l’idée que les gens sont des êtres rationnels, qui examinent les faits et les arguments et ne sont pas faciles à manipuler. Les études ne trouvent pas que ce soit le cas. Dans ma propre expérience universitaire, en politique publique et en journalisme, j’ai appris que tout le monde, depuis le professeur jusqu’à étudiant du secondaire, a des difficultés avec les faits et les analyses qui ne collent pas à ce qu’ils pensaient déjà. L’idée selon laquelle « nous n’avons pas peur de suivre la vérité partout où elle pourrait conduire » est une notion extrêmement romantique et idéaliste. J’ai rarement vu un esprit ouvert, même en dissertation académique ou aux strates les plus hautes du gouvernement. Dans le grand public, la capacité à suivre la vérité partout où elle pourrait mener est quasi inexistante.

La réponse du gouvernement au 11/9, indépendamment de qui en est responsable, a changé notre pays pour toujours. Nos libertés civiques ne seront jamais plus aussi solides qu’elles l’étaient. La capacité financière des États-Unis et leur niveau de vie sont réduits pour toujours. Le prestige de notre pays et son leadership mondial sont à tout jamais compromis. La première décennie du 21ème siècle a été dilapidée en guerres inutiles, et il semble que la deuxième décennie sera aussi perdue dans la même quête inutile et ruineuse.

Le plus inquiétant de tous reste le fait que la responsabilité des événements hostiles du 11/9 n’a fait l’objet d’aucune enquête.

Paul Craig Roberts

Paul Craig Roberts fut ministre adjoint des Finances dans l’administration Reagan. Il est coauteur de The Tyranny of Good Intentions. Il peut être contacté à l’adresse : PaulCraigRoberts@yahoo.com

31/01/2010

Le capitalisme détruit l'individu social - Manifestation pour l'emploi à Bruxelles du vendredi 29 janvier 2010.

P1010316Ils étaient plus de trente mille sous une pluie glaciale. Ils étaient trempés jusqu'aux os. Mais pour rien au monde ils n'auraient manqué cette occasion de montrer leur colère.

Ils étaient plus de trente mille, là, sur place, tous n'ont pas pu venir, mais ils étaient tout de même des centaines de milliers, solidaires, à se soutenir dans ce combat pour leur emploi. Cet emploi, qu'ils conservent dans la crainte du lendemain, cet emploi qu'ils viennent de perdre, cet emploi qu'ils désirent plus que tout.

La manifestation fut un succès. Reste l'inconnue, savoir l'effet qu'elle aura eu sur le politique, quelle suite en donneront-ils?

Pourtant il y en avait, des politiques, dans la rue. Si si. Elio Di Rupo s'y trouvait, paraît-il. Hypocrisie d'un lamentable escroc politique, qui se dit socialiste, et qui n'hésite pas à privatiser la grande moitié des services publics. Non, Elio, ta place n'était pas parmi ces travailleurs, toi qui soutiens l'économie de marché, le capitalisme. Non, Elio, toi qui soutiens les intérêts notionnels, avantages accordés aux patrons qui profitent des travailleurs pour mieux s'enrichir, non Elio, ta place n'est surtout pas là, dans la rue, avec eux. 

Ils étaient plus de trente mille, et sur leur visage on pouvait voir les stigmates de cette socP1010291iété pourrissant leur existence, cette société capitaliste qui n'en finit pas de les exploiter et de leur ôter le fruit de toute une vie de labeur et d'acharnement. Une vie de travailleur, que l'on jette comme des kleenex dans la fosse boueuse de la précarité sociale, de l'incertitude du lendemain, de la pauvreté naissante.

Le capitalisme détruit l'individu social. Le capitalisme détruit les emplois. Soutenir le capitalisme est anti-socialiste. Mais la perversité n'a aucune limite, et quand il s'agit de profiter de ce système, la supercherie demeure à la mesure de cette fange gluante des profiteurs. L'homme qui exploite l'homme, par tous les moyens possibles.

Alex

19/01/2010

John Perkins, confessions d'un corrupteur de nations

17:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans manipulation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : armement, corruption, manipulation, societe |  Facebook |

15/01/2010

Les péchés d'Hugo Chavez

hugochomskyEn Amérique latine, presqu’une personne sur deux vit sous le seuil de pauvreté. Au Venezuela, un homme affirme qu’on peut y mettre fin. Certains l’accusent de tous les péchés : ‘populiste’, ‘dictateur’… Michel Collon vient de publier Les 7 péchés d’Hugo Chavez et il montre pourquoi cette expérience nous concerne.

Interview: Petya Micheroux

(Article extrait du site "investig'action")

Le président vénézuélien Hugo Chavez est-il populiste ?
 Michel Collon.
La grande tarte à la crème ! Dès que quelqu'un dérange, les médias lui collent une étiquette. Qui a pour fonction d'empêcher les gens de réfléchir aux problèmes, aux conflits entre des intérêts qui s'affrontent. C’est quoi, un « populiste » ? Quelqu'un qui flatte le peuple, en lui faisant des promesses qu'il ne peut tenir. Selon moi, cette définition vaut pour Sarkozy et les autres dirigeants européens : ils font des promesses en sachant qu’ils ne les tiendront pas.

Et Chavez aurait tenu ses promesses ?
    Michel Collon.
Lorsqu’il arrive au pouvoir en 1999, deux Vénézuéliens sur trois n'avaient jamais vu un médecin de leur vie. Depuis, « Chavez le populiste » a mis en place avec l'aide de médecins cubains des maisons médicales, non seulement dans les quartiers pauvres de Caracas, mais aussi dans les campagnes et les régions les plus reculées des Andes ou de l’Amazonie. Il a aussi alphabétisé, en moins de deux ans, un million et demi de personnes. Le budget de l’éducation est passé de 3% à 9%. On a réussi à remettre aux études des gens qui avaient dû les interrompre à cause de la pauvreté. Aucun de ses prédécesseurs n'avait fait ça. A mon avis, beaucoup de peuples dans le monde aimeraient avoir de tels dirigeants populistes.
    Avant, l’argent du pétrole servait à enrichir les multinationales. Aujourd’hui, il sert à éliminer la pauvreté. Pour les riches, Chavez est donc le diable, couvert de péchés. Pour les pauvres, il incarne l’espoir.

Mais certains lui reprochent d'être trop lent, trop conciliant, de ne pas s'attaquer à la propriété capitaliste...
    Michel Collon.
Méfions-nous des « Y a qu'à ». Pour eux, tout est facile. Y a qu'à faire ceci, y a qu'à faire cela. Chavez n'a qu'à exproprier tous les capitalistes et créer un État ouvrier, exporter la révolution dans toute l’Amérique latine, et bla bla bla. Mais le Venezuela ne compte presque pas d'ouvriers, sur quelle base reposerait un « État ouvrier » ?
Non, le problème clé, celui qui bloque le développement de pays comme le Venezuela, c'est la dépendance envers les multinationales. Celles-ci déversent leurs produits subventionnés, contrôlent les politiciens et l’armée, pillent les matières premières et toutes les richesses, maintiennent les salaires au plancher et tout ça bloque le développement du tiers monde. Or, beaucoup de classes et couches sociales du tiers monde ont intérêt à ce que leur pays se libère de l’emprise des multinationales US ou européennes, et pas seulement, les classes travailleuses. Il y a donc intérêt à s’allier avec elles ou à les ménager.
Réussir cette première étape n'est pas évident. Contrairement à ces « révolutionnaires en chambre », Chavez a la responsabilité de remplir les assiettes des gens. Eliminer une forme d'économie - où il y a effectivement une exploitation capitaliste, c’est vrai - quand on n'a encore rien pour la remplacer, c’est laisser les gens crever de faim et évidemment se détourner de la révolution. Une révolution ne peut avancer ni trop vite, ni trop lentement. Il faut, au stade actuel, cibler les multinationales et ménager les autres. On ne fait pas une révolution en partant des souhaits des révolutionnaires mais en tenant compte de la situation objective, du rapport des forces et des possibilités des gens.

Votre livre aborde en fait tout le rapport Nord-Sud à l'échelle du continent américain. Vous parlez du Nord comme de « l'aspirateur des richesses ». Que voulez-vous dire ?
    Michel Collon.
Nous, gens du Nord (Europe et Etats-Unis), devons absolument prendre conscience du mécanisme qui explique cet écart entre le Nord riche et le Sud pauvre (même si, tout le monde n'est pas riche au Nord où les écarts s'aggravent aussi). La question est : sur le dos de qui les riches du Nord ont-ils construit leurs fortunes ? Je le rappelle dans le livre, sur base de quelques études historiques : l'Europe est devenue riche en pillant l’or et l’argent de l’Amérique latine, en massacrant les Indiens et en arrachant à l’Afrique dix millions de Noirs, transformés en esclaves et en chair à profits.



arton1139Mais le colonialisme a pris fin, non ?
    Michel Collon.
En réalité, non. Aujourd'hui, les mêmes mécanismes d'aspiration des richesses restent à l'œuvre, mais de manière beaucoup plus subtile et voilée, comme je l’explique dans le chapitre intitulé « les sept fléaux de l'Amérique latine ».
Premièrement, le pillage des matières premières. Pétrole et gaz bien sûr, mais aussi eau et biodiversité, enjeux stratégiques du 21ème siècle. Deuxièmement, le pillage de la main d'œuvre dans des usines de sous-traitance. Véritables bagnes où les syndicats sont interdits. Troisièmement, l’assassinat de l’agriculture. Les multinationales d’agrobusiness du Nord déversent leurs produits subventionnés en Amérique latine et en Afrique, ruinent les paysans locaux, les obligeant à quitter la terre et à s'amasser autour des villes.
Le quatrième fléau, c’est l’élite dirigeante des pays du Sud. Une bourgeoisie locale vendue aux intérêts étrangers et travaillant pour le compte des multinationales. Cinquième fléau : la dette. Les banques du Nord et la Banque Mondiale contrôlée par les pays riches maintiennent le chantage d’une dette déjà largement remboursée en fait. Sixième fléau : en vingt ans, les États-Unis et l'Europe ont obligé à privatiser un millier d'entreprises publiques en Amérique latine, transférant ainsi la richesse et le pouvoir économique vers le Nord. Septième fléau : le vol des cerveaux. Scientifiques, techniciens qualifiés et médecins. Le Sud dépense pour les former, mais le Nord les détourne. Voilà, l’ensemble de ces sept fléaux montre que le colonialisme et le pillage n’ont pas disparu.

Chavez réalise des choses impressionnantes. D’autres ne le font pas. Pourquoi ?
    Michel Collon.
80 années de richesse pétrolière du Venezuela ont produit un écart énorme entre riches et pauvres. Ce que Chavez a fait, c’est changer la règle du jeu. Il a récupéré l’argent du pétrole en faisant payer – enfin - les multinationales et en reprenant le contrôle de la société publique qui gérait le pétrole. Les bénéfices sont enfin versés dans le budget de l’État, permettant de s'attaquer sérieusement au problème de la pauvreté. Quand on voit la misère qui règne en Afrique et au Moyen-Orient, à côté de fortunes colossales, on se dit qu’il faudrait y exporter Chavez. Ou plutôt s’en inspirer.

D’où la colère des États-Unis ?
    Michel Collon.
Comme disait Chomsky, « peu importe où le pétrole est situé dans le monde, les États-Unis considèrent que la géographie se trompe et qu'il est situé aux États-Unis ». Chavez a refusé cette logique.

Quelles menaces font peser les Etats-Unis sur le Venezuela ?
    Michel Collon.
Trois. 1. Le financement par la CIA, à coups de centaines de millions de dollars, d’une opposition putschiste, doublée de campagnes de désinformation qu’on retrouve dans nos médias. 2. La construction de sept nouvelles bases militaires US en territoire colombien. Comme par hasard, les bases US sont toujours juste à côté des ressources naturelles stratégiques, et pour encercler les pays rebelles : Venezuela, Bolivie, Équateur, voire Brésil. 3. Washington a réactivé la 4ème flotte qui « surveille » l’Amérique latine. Utilisée contre l’Allemagne en 40-45, supprimée lorsque le continent a été jugé « sous contrôle », et aujourd’hui réactivée en plaçant à sa tête un amiral qui a fait sa carrière dans les « Forces Spéciales » (spécialisées dans les débarquements et coups d’Etat).

Votre livre analyse aussi les erreurs et les faiblesses de Chavez. Quelles sont-elles ?
    Michel Collon. Le Venezuela n'est ni l'enfer décrit par nos médias, ni le paradis. Les problèmes restent énormes. Surtout la bureaucratie. Celle héritée de l'ancien régime et qui sabote à qui mieux mieux. Mais aussi les nouveaux arrivistes. Et une corruption, qui n'est évidemment pas propre au Venezuela, mais si Chavez ne parvient pas à résoudre ce problème, la révolution perdra la confiance des gens et échouera, c'est clair. Un proche de Chavez m'a confié que 60 % des réformes décidées par lui ne sont pas appliquées. Ca donne la mesure du drame de la bureaucratie et de la corruption.

Le Venezuela, c’est loin. En quoi votre livre peut-il intéresser le lecteur belge ?
    Michel Collon.
En Europe, les victoires sont rares ces temps-ci. On rencontre beaucoup de pessimisme, de fatalisme. Par contre, l’Amérique latine nous apporte un message d'espoir. Chavez, Evo Morales et tous ces Latinos affrontent en fait les mêmes problèmes que nous : pauvreté, néolibéralisme, destruction des acquis sociaux et des services publics, pillage du travail et des ressources... Et ils arrivent à renverser la vapeur ! Non seulement ils résistent, mais ils obtiennent même des victoires, des avancées sociales pour la population.

Le Venezuela nous montre qu'un autre monde est possible ?
    Michel Collon.
On dira évidemment que la Belgique ou la France n'ont pas de pétrole, mais l'essentiel n'est pas là. Au fond, il y a plus important que le pétrole. Le « péché » le plus important de Chavez, c’est d'avoir rendu sa place au peuple. De lui avoir donné conscience qu'il est possible de prendre son destin en main. Et ça nous concerne aussi, car nous aussi on a cet écart riches-pauvres, ce pillage des fruits du travail.
Chavez et les Vénézuéliens nous montrent que d'un côté, il y a l’argent, et de l'autre côté, il y a les gens. Le plus important, ce sont les gens : ils sont l'immense majorité, ayant au fond les mêmes intérêts. Incompatibles avec ceux des multinationales.

Commander le livre sur le site de Michel Collon.

30/12/2009

La Conscience des consciences. L’humanité au coeur des peuples.

La Conscience des consciences. L’humanité au coeur des peuples.

Oscar FORTIN (Article extrait de "Le grand soir")


arton9673-05fc8Il y a de ces périodes où les évènements se bousculent plus intensément et plus rapidement qu’à certaines autres époques. Nous vivons tous, comme individus, comme sociétés et comme peuples, dans des « bulles » qui constituent, à un moment ou l’autre, ce qu’est le monde pour nous. Un vieux proverbe yiddish dit : « Pour le ver qui vit dans un radis, le monde entier est un radis. » C’est vrai pour nous qui vivons dans une culture, dans un système politique, dans une croyance religieuse, dans un système économique et qui pensons qu’en dehors de ces formes d’appartenance, c’est le néant. Ces « bulles » sont nos repères jusqu’à ce que nous en sortions.

L’histoire nous enseigne qu’il y a de ces « bulles » qui éclatent sous la pression de consciences qui n’arrivent plus à s’accommoder d’un monde qui étouffe et déshumanise. Les plus âgés se souviendront des années 1950 et 1960, marquées par l’éclatement de bulles dans plusieurs secteurs. Il y a eu l’éclatement de la bulle sociale avec la montée des mouvements sociaux, celle des travailleurs et des syndicats, celle des luttes révolutionnaires en Amérique latine, en Afrique et en Asie. On se souviendra de mai 1968, en France, mais aussi de toutes les autres manifestations importantes dans les pays du Nord et du Sud, de l’Est et de l’Ouest. Il y a eu, également, l’éclatement de la bulle morale et religieuse que les mouvements hippies des années 1960 et la tenue du Concile Vatican II illustrent merveilleusement bien. Plus près de nous, n’assistons-nous pas à l’éclatement de la bulle de systèmes économiques et politiques qui nous retiennent dans un monde de moins en moins crédible, de plus en plus exclusif, discriminatoire et fermé aux exigences d’une conscience humanitaire ouverte à tous les peuples de la terre ? Si « la bulle des cavernes », il y a de cela des millénaires, n’a pu retenir l’arrivée de l’ « HOMO SAPIENS », l’HOMME PENSANT, et qu’il en fut de même des autres « bulles » qui se sont formées tout au long de son histoire, comment n’en serait-il pas de même pour celles qui nous enferment aujourd’hui dans un monde qui nous garde à l’étroit ? Le père Teilhard de Chardin, ce grand paléontologue du siècle dernier, bien connu pour sa vision sur l’évolution de l’Univers et de l’Homme, disait « qu’un courant héréditaire et collectif de réflexion s’établit et se propage : l’avènement de l’Humanité à travers les Hommes. Selon cette pensée, l’évolution de l’HOMO SAPIENS suit son cours. Son développement dans l’Histoire se mesure à la qualité de l’HUMANISME dont il est l’incarnation.

Un regard rapide sur le monde qui nous entoure nous laisse plutôt avec la déprime. Les oligarchies et les empires continuent à faire la loi et à imposer leurs volontés aux deux tiers de l’Humanité. Ils ont la force des armes, celle de la corruption et de la manipulation. Un peu plus, nous les prendrions pour des dieux alors que le monde auquel ils nous convient est fondé sur le mensonge, l’hypocrisie, l’exploitation et la cupidité. Une situation pratiquement irréversible, tellement les moyens sont disproportionnés entre les uns et les autres. Pourtant, il y a quelque part une CONSCIENCE qui n’a pas abdiqué et qui porte la force de ce « courant héréditaire et collectif » à laquelle ces forces stagnantes de l’évolution ne sauraient résister. Ne vivons-nous pas à une époque où la « conscience des personnes et celle des peuples » se trouvent à la croisée des chemins où elles doivent faire siens, soit les impératifs d’une Humanité inclusive ou soit la cupidité d’une Humanité qui en exclue les deux tiers ? N’est-ce pas là le défi que les personnes et les peuples devront relever en ce XXIème siècle ?

En Amérique Latine, des personnes et des peuples répondent à ce défi en redonnant la parole à leur conscience et en répondant oui à une HUMANITÉ toujours plus inclusive. Les oligarchies, les hiérarchies et l’Empire s’y résistent. Tous les arguments et tous les moyens sont bons. Par contre, l’histoire de l’évolution nous enseigne qu’autant les forces de la matière n’ont pu retenir, il y a des milliers d’années, l’émergence de l’HOMO SAPIENS, autant les forces oligarchiques et ses alliés ne sauront retenir l’émergence de l’HOMME NOUVEAU, CONSCIENCE DES CONSCIENCES. Le combat de David contre Goliath se poursuit, mais la force physique ne peut en aucun temps rivaliser avec la force morale des consciences.

Je regrette que nos médias se fassent si peu l’écho de l’émergence de cette HUMANITÉ INCLUSIVE et de ceux et celles qui s’en font les prophètes et les instigateurs. Je me considère un privilégié, assis aux premières loges, lorsque je lis les réflexions de Fidel Castro, que j’écoute les propos d’Évo Morales, cet homme hors du commun, que je ressens dans le plus profond de mon être l’inspiration que portent les discours d’Hugo Chavez. Je suis émerveillé lorsque je vois arrivé, à la Présidence de l’Uruguay, un homme dont la trajectoire a été un long chemin de croix, 15 années en prison, torturé, humilié, mais resté toujours serein et sans rancune. Avant tout, aimant de son peuple, de la justice, de la vérité, et de beaucoup d’humanité. Une véritable préfiguration de cette HUMANITÉ à laquelle nous aspirons tous et toutes et à laquelle nous somme conviés. Ce n’est certainement pas en écoutant Michelletti du Honduras, Uribe de la Colombie, Alan Garcia du Pérou, Hilary Clinton des États-Unis ou Harper du Canada que je vais trouver ce fil d’Ariane conducteur de l’évolution de l’homme vers UNE HUMANITÉ INCLUSIVE.

« L’Issue du Monde, les portes de l’Avenir, l’entrée dans le super-humain, elles ne s’ouvrent en avant ni à quelques privilégiés, ni à un seul peuple élu entre tous les peuples ! Elles ne céderont qu’à une poussée de tous ensemble, dans une direction où tous ensembles peuvent se rejoindre et s’achever dans une rénovation spirituelle de la Terre. » (Teilhard de Chardin, Le Phénomène Humain, p. 245)

Oscar Fortin
Québec, le 17 décembre 2009

08:45 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Morale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : societe, humanite, evolution, spiritualite |  Facebook |

28/12/2009

Discours de Chavez à Copenhague 2/2.

27/12/2009

Discours de Chavez à Copenhague 1/2.

05/11/2009

Investissement, compétitivité, libre-échange, flexibilité : les quatre principes idéologiques de la régression sociale

Investissement, compétitivité, libre-échange, flexibilité : les quatre principes idéologiques de la régression sociale

 

Corinne Gobin (directrice du GRAID-Institut de Sociologie, ULB)

 

Comprendre les enjeux socio-politiques liés à des débats qui a priori paraissent très techniques, (les débats liés à la liberté de l'investissement et au libre-échange commercial et financiers), c'est avant tout comprendre que l'on se trouve dans une situation de confrontation idéologique très rude entre conceptions du monde diamétralement opposées : d'une part, une vision de libéralisme économique où l'économie est la fin de l'activité humaine et  n'a pas d'autre objectif que de chercher par tous les moyens à amplifier les rapports de domination politique et économique d'une branche très aisée de propriétaires financiers sur le reste de la population; d'autre part, une vision où les droits collectifs pour la réalisation de l'émancipation et du bien-être des populations font de l'économie un moyen parmi d'autres pour réaliser ces fins.

Or cette confrontation a beaucoup de mal à s'inscrire dans le débat démocratique  car tout est fait pour que le vocabulaire mobilisé dans la mise  en œuvre du projet néo-libéral soit banalisé et considéré par tous comme relevant de l'évidence et de la nécessité -et l'action quotidienne des grands médias  détenus par les grands groupes mondiaux financiers a, à ce titre, un rôle central pour nous habituer peu à peu à penser avec en tête des références saturées par l'idéologie néo-libérale.

Ainsi, les termes mobilisés pour faire ratifier des accords de libre-échange par les Parlements peuvent paraître tout à fait "normaux" et "naturels", faisant partie du vocabulaire économique banal : ils ne le sont pas! Parce que, en tant qu'outils au service de la diffusion d'une manière unique de penser la société, ils prennent sens, non pas séparément, mais à l'intérieur d'un réseau de significations  et de représentations particulières du monde où chaque mot se trouve en résonance avec les autres pour s'attacher à banaliser la même idée : toute l'énergie et les ressources de la société doivent être mobilisées au service de la constitution d'une rente de plus en plus élevée pour ceux qui détiennent le pouvoir financier.

Le néo-libéralisme hypertrophie la place de l'économie dans la société en vue d'imposer et de démultiplier le pouvoir des propriétaires de capitaux.

Pour que, collectivement, il nous soit possible de remettre l'économie à sa "juste place", celle de moyen au service de la réalisation des valeurs démocratiques (accès égal à tous aux droits sociaux individuels et collectifs : enseignement, santé, logement, sécurité sociale, environnement protégé et non dégradé,…), il nous faut au préalable démystifier ensemble  ce vocabulaire au service de l'idéologie de la rente dont on voudrait nous nourrir et nous pétrir comme s'il était immanquablement notre pain quotidien.

 

Le dogme du libre-échange

 

Dans le mode de pensée néo-libérale, liberté de l'investissement, liberté des échanges (commerciaux et financiers), compétitivité et flexibilité sont inextricablement liés; la grande force de la droite politique depuis près de 25 ans est d'avoir réussi à nous les présenter non comme la base d'un programme politique de droite, nécessairement régressif sur le plan de la sauvegarde et de l'extension du progrès social collectif, mais comme les mots d'ordre nécessaires au fonctionnement normal de toute économie. Ils ont même peu à peu été intégrés comme tels dans les programmes des partis sociaux-démocrates et des organisations syndicales.

Ces mots forment un système sémantique  qui avalise le dogme du libre-échange. En tant que dogme, celui-ci s'inscrit nécessairement dans une logique d'intolérance où tout ce qui concourt à la réalisation du projet néo-libéral est nécessairement positif, sur la voie de la raison, du progrès et de la modernité alors que ce qui s'y oppose est présenté comme périlleux, rétrograde et intolérable. Certains mots, qui expriment un projet contraire, deviennent dès lors "tabous" et chargés d'une charge négative tellement puissante qu'il devient impossible de les mobiliser dans un débat libre et démocratique. Il est de notre tâche collective  d'aider à libérer ce débat à travers une invitation à interroger le sens des mots.

Libre-échange est ainsi opposé à protectionnisme : on voit tout de suite le jeu idéologique sous-jacent. Un des termes est positivé par son association à libre (qui pourrait être contre la liberté?) tandis que l'autre renvoie à l'idée d'un repli négatif et égoïste sur soi-même (qui assumerait cette image égoïste?). Construire un modèle alternatif qui affronte le néo-libéralisme passe dès lors par la nécessité de renverser cette échelle de valeurs qui nous est imposée et donc de désigner les choses d'une autre façon, de sortir des carcans lexicaux qui nous sont imposés.

Le libre-échange n'est rien d'autre que l'imposition d'une économie déréglementée, désignons-le comme tel tandis que le protectionnisme recouvre en fait souvent le droit pour chaque Etat démocratique à exprimer son indépendance dans ses choix d'organisation de la société (le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes).

Renverser les valeurs c'est dès lors considérer qu'un Etat sur le plan économique doit essentiellement se consacrer à produire des biens et des services nationaux qui seront essentiellement échangés sur les marchés nationaux, l'échange international de biens n'étant valorisé et envisagé que si et seulement si il ne vient pas perturber les grands équilibres nationaux sociaux (emploi, redistribution des richesses, réalisation des droits sociaux collectifs) et environnementaux (lutte contre le gaspillage de l'énergie et des ressources naturelles, limitation  maximale des pollutions). En quelques mots, l'économie nationale doit être l'essentiel et le commerce international, l'accessoire.

Si ce genre de proposition tend aujourd'hui à paraître insensée et iconoclaste tant nous avons été habitué à "macérer" par la voie des médias dans la banalisation du libéralisme économique, rappelons qu'il n'y a pas de cela si longtemps, cette pensée était un des axes-clé des analyses proposées par l'économiste John Maynard Keynes : "Je suis donc de ceux qui veulent minimiser les imbrications économiques des nations. Les idées, le savoir, l'art, l'hospitalité, le tourisme : voilà des choses internationales par nature. En revanche, laissons les biens à leur place chaque fois qu'il est raisonnable, commode et possible de les y laisser; notamment confinons la finance au secteur national".[1]

Ce droit des peuples à disposer de leur économie nationale repose sur un projet qui défend la valorisation des droits socio-politiques démocratiques et l'action collective pour sauvegarder les équilibres écologiques comme principes premiers du fonctionnement d'une société :

-une production nationale, c'est avant tout un débat politique national pour discuter des priorités de développement et un contrôle socio-politique national sur l'organisation de la production et donc du travail (et des emplois) ainsi que de la redistribution des richesses nationales. Plus la production est locale et plus il est démocratiquement possible d'en débattre et de la contrôler collectivement. Dans l'histoire du développement du capitalisme industriel des pays d'Europe occidentale, le renforcement de la dégradation des conditions de vie et de travail de la main-d'œuvre ouvrière est toujours allée de pair avec l'accroissement de l'ouverture internationale du commerce et des finances;

-un constat est à faire : plus de la moitié du commerce international est composé d'échanges simultanés de mêmes biens (les Français consomment de l'eau en bouteille italienne et les Italiens de l'eau française). La situation est encore plus absurde dès que les distances d'échanges s'accroissent (entre les Américains et les Européens par exemple). Le savoir et le savoir-faire peuvent devenir internationaux (échanges des pratiques, des techniques et des "recettes") mais les biens matériels qui en sont issus, principalement, nationaux. Il faudrait en effet enfin prendre la mesure de cet invraisemblable gaspillage d'énergie et de ressources inutile (transport et frigorification de ces biens) dans ce projet du "tout-échange" extrêmement coûteux pour chaque collectivité nationale (l'énergie n'est jamais payée au prix coûtant par les industriels mais subventionnée par l'Etat) et in fine pour la collectivité internationale (l'accroissement des échanges et donc de l'utilisation des transports participe à un degré élevé à la production des pollutions atmosphériques, terrestres et aquatiques).

Ce contrôle démocratique national de l'économie ne signifie en aucune façon le retour à de dangereux penchants nationalistes teinté de chauvinisme belliqueux et/ou d'attitudes xénophobiques lorsqu'il s'insère dans une valorisation de l'échange international des cultures et des savoirs où les êtres humains seraient au contraire amenés à circuler librement.

Remarquons encore le paradoxe de l'association entre "libre" et "échange" dans ce modèle de libéralisme économique  : tant l'histoire de ces rapports économiques que son actualité  s'appuient sur l'imposition de rapports de domination explicites ou implicites (le colonialisme et l'impérialisme sous ses formes anciennes et modernes), la liberté n'étant celle que des plus forts.

 

Le dogme de la liberté de l'investissement

 

Ce modèle des biens qui circulent sans aucune entrave s'accompagne aujourd'hui d'un discours sur la promotion de la liberté de l'investissement. Au moins deux manipulations sémantiques sont à relever dans ce discours légitimateur du libre-échange financier.

En premier lieu, la notion d'investissement aujourd'hui prônée ne correspond pas à ce que le sens courant à l'habitude d'entendre par ce terme, se reposant encore sur l'imaginaire des années soixante où l'investissement économique était envisagé sous l'aulne keynésien comme une mise en œuvre directe de capitaux en vue d'accroître la production de biens matériels (développement ou création des activités de production). Le sens d'investissement est en effet aujourd'hui contaminé par le terme anglo-saxon investment qui en français était anciennement rendu par "placement financier", le fait de disposer de son capital en vue de le faire fructifier[2].

Dès lors, lorsque les accords bilatéraux sur la liberté des investissements sont promus par la Belgique, cette promotion laisse supposer l'idée que l'on va aider à accroître la capacité d'un autre pays à développer de la richesse nationale (investissement productif) alors que ce qui est réellement en jeu est tout autre. Ce type de traité bilatéral promeut en effet l'idée qu'un Etat doit intervenir pour consacrer  un droit privé sur tous les autres droits publics élaborés par l'autre Etat : le droit de la défense et de la protection de la rente privée, c'est-à-dire le droit pour n'importe quel individu propriétaire de tout type de placement (fonds, brevet dont les brevets sur les OGM, actions,…) de faire primer son droit de propriétaire sur toute autre réglementation publique. Ce type de traité nous replonge ainsi directement en plein 19ème siècle où l'activité de l'Etat bourgeois était principalement assimilée à la promotion des "affaires" (commerciales, financières, …) et à leur protection.

Une autre manipulation sémantique provient du fait que ces traités sont présentés comme défendant et protégeant les capitaux nationaux (dans notre cas, belges) investis à l'étranger. Deux remarques sont à faire devant ce type de déclaration : premièrement, l'intrication actuelle des capitaux étrangers dans la constitution des actifs des entreprises et des groupes financiers situés sur le territoire belge est aujourd'hui telle que la notion de "capital national" à protéger, pour un pays comme la Belgique, devient surréaliste; deuxièmement, à l'inverse de la logique du développement et du contrôle national de l'économie,  un capital qui va s'investir à l'étranger se place dans une logique de délocalisation qui s'appuie le plus souvent sur la volonté de fuir les contraintes nationales de respect des droits sociaux et environnementaux. Ce type de traité valorise ainsi une attitude générale de contournement des droits collectifs, au détriment en premier lieu de l'emploi national.

 

 La compétitivité et la flexibilité

 

Ce rapide tour d'horizon des mots qui participent à la constitution du dogme du libre-échange doit servir aussi à rappeler, qu'à contre-courant du sens construit par les médias, la "compétitivité" d'une entreprise n'est pas synonyme de sa "rentabilité" et que la flexibilité imposée au salarié(e) dans ses conditions de travail n'est aucunement la possibilité qui lui est offerte pour accéder enfin à la liberté.

Compétitivité et flexibilité (qu'elle soit négociée ou non, peu importe) sont partie intégrantes du dogme du libre-échange. Ce dogme, comme nous venons de l'expliquer, étant centré sur la consécration du droit privé du propriétaire du capital à produire de la rente comme primant  sur toute autre considération, la compétitivité s'assimile à la recherche de la maximisation de cette rente. Soit à travers l'idéologie de l'exportation à tout pris (le "tout-échange" vu précédemment  qui conduit à la recherche incessante de nouvelles parts de marché sur un marché mondial et par conséquent à la concentration économique sur le plan mondial); soit à travers l'idéologie de la flexibilité qui fait reporter la contrainte et les risques de ce système instable (la conquête de nouvelles parts de marché à tout prix) sur le collectif des travailleurs par un abaissement des salaires (le niveau de la masse salariale calculée en pourcentage du PIB est aujourd'hui largement inférieure à celle qu'elle était en 1960 dans les pays d'Europe occidentale), par une détérioration de leur droits et statuts (contrats précaires et statuts individualisés, diminution des droits de prestation sociale) et par une dégradation de leurs conditions  de travail (augmentation de la durée du travail, de l'intensité de travail, perte d'autonomie dans les tâches,…).

 

Libre-échange, liberté de "l'investissement" privé, compétitivité et flexibilité constituent le noyau idéologique du néo-libéralisme qui offrent aux propriétaires de capitaux le droit privé, de plus en plus construit comme inviolable par la protection d'une prolifération de traités économiques, de ponctionner individuellement, en court-circuitant toute délibération socio-politique collective, une part de plus en plus élevée de la richesse produite par le collectif des salariées et salariés.



[1] Cité par l'économiste Herman Daly, in "Les périls du libre-échange", in Pour La Science, n°195, janvier 1994, article qui a, notamment, inspiré ce texte.

[2] Cf Jean-Claude Deroubaix, "Le vocabulaire de la mondialisation. L'exemple des accords de protection des investissements", à paraître dans la revue MOTS pour un dossier spécial sur le vocabulaire de la mondialisation.

20/10/2009

LE PROFIT, BUT DE LA PRODUCTION CAPITALISTE

La société privée des moyens de production et la division de la société en deux grandes classes ont pour conséquence l’exploitation d’une classe par l’autre.

Le régime capitaliste est fondé sur l’exploitation du travail salarié par les capitalistes.

1) LE MECANISME DE L’EXPLOITATION CAPITALISTE (1)

(1) Le mécanisme de l'exploitation capitaliste a été découvert par K. Marx, savant et homme d'action.

Les capitalistes possèdent les moyens de production : usines, machines, matières premières, etc.

les ouvriers ne possèdent rien que leur force de travail, c’est à dire leurs facultés physiques et intellectuelles. Pour vivre et élever leur famille, ils sont donc contraints de vendre leur force de travail aux capitalistes.

a) Le salaire, prix de la force de travail

en échange, ils reçoivent un salaire. Le salaire n’est pas le prix du travail de l’ouvrier ; il ne correspond pas à la valeur des produits que l’ouvrier créé par son travail ; il est le prix de la seule marchandise dont dispose l’ouvrier, sa force de travail.

Le salaire correspond, dans le meilleur des cas, à la valeur des moyens de subsistance nécessaires à l’entretien de l’ouvrier et de sa famille.

b) La plus-value ou travail gratuit

Au cours de sa journée de travail, l’ouvrier créé une quantité de marchandises dont la valeur est supérieure à la valeur des moyens de subsistance qui lui sont nécessaires pour reconstituer sa capacité de travail, au salaire qui est payé.

Il y a donc une différence entre la valeur des marchandises produites par l’ouvrier et la valeur des marchandises qui lui sont indispensables pour subsister, entre le travail effectué par l’ouvrier et le travail qui lui est payé.

Cette différence est du travail non payé par le capitaliste que ce dernier s’approprie gratuitement. C’est la plus-value, source du profit capitaliste.

L’étude de l’origine du profit capitaliste montre que la journée de travail de l’ouvrier se divise en deux parties : dans une partie, l’ouvrier produit une valeur équivalente à la valeur des moyens de subsistance qui lui sont nécessaires pour reconstituer sa force de travail ; dans l’autre partie, il travaille gratuitement pour le capitaliste, il créé la plus-value.

Sur sa feuille de paie, toutes les heures de travail apparaissent payées ; en fait que l’ouvrier soit payé à l’heure, aux pièces ou au boni, le patron ne paie en réalité qu’une partie de sa journée de travail.

c) La fausseté du « cycle infernal »

Les patrons et les dirigeants socialistes prétendent que l’augmentation des salaires fait augmenter automatiquement les prix. Cette affirmation est fausse. Nous avions vu, en effet, qu’il existe une différence entre la valeur produite par l’ouvrier et le salaire qui lui est payé. La part de l’ouvrier dans le produit de son travail peut donc augmenter part la réduction du profit du capitaliste et sans qu’il y ait répercussion sur la valeur du produit, le prix de la marchandise.

2) LE PROFIT, BUT DE LA PRODUCTION CAPITALISTE

Le but de la production capitaliste n’est pas de satisfaire les besoins des hommes, mais de réaliser le maximum de profits.

C’est pourquoi les capitalistes investissent leurs capitaux dans les branches qui rapportent le plus de profits et non dans celles dont le développement serait le plus utile à la société. Si l’on ne construit pas de logements par exemple, c’est parce que cela ne leur offre pas une rentabilité suffisante. Par contre, le développement de la production de guerre, qui fournit des profits énormes, « bénéficie de toute leur « sollicitude ».

La source du profit réside dans l’exploitation des ouvriers. Le profit est d’autant plus grand que le capitaliste achète la force de travail au meilleur compte. Aussi la tenda,nce permanente du capitaliste est-elle de ramener le salaire à son niveau le plus bas. La recherche du profit maximum explique aussi que les capitalistes tendent à élever au maximum le rendement de l’ouvrier et à allonger le plus possible la journée de travail.

L’intérêt des capitalistes et celui des ouvrier sont contradictoires : les capitalistes ne peuvent accroître leur profit qu’en pressurant davantage les travailleurs ; les ouvriers ,e peuvent accroître leur salaire qu’en réduisant le profit capitaliste.

Pour cette raison, une âpre lutte oppose ouvriers et capitalistes ; les intérêts des capitalistes et des ouvriers sont inconciliables.

L’unique moyen pour les ouvriers d’imposer unie meilleure rétribution de leur force de travail, c’est l’organisation de la lutte et non la collaboration de classe comme le prétendent les réformistes. L’idée de la collaboration des classes est une arme au service des capitalistes : elle vise à détourner la classe ouvrière de la lutte pour la défense de ses intérêts.

3) LA DUPERIE DE « L’ASSOCIATION CAPITAL - TRAVAIL »

Le pouvoir autoritaire qui s’est instauré en France préconise l’« association capital-travail », la communauté d’intérêts entre exploiteurs et exploités.

Quelle que soit la forme sous laquelle elle se présente, elle ne modifie pas fondamentalement la condition de l’ouvrier ; les moyens de production restent la propriété des capitalistes ; l’exploitation subsiste, la lutte de classe aussi ; la grandeur de la part de travailleurs dans le produit de leur travail reste conditionnée par la lutte.

L’ordonnance gaulliste du 7 janvier 1959 sous prétexte d’intéresser les travailleurs aux résultats de l’entreprise permet aux patrons de mettre l’accent sur le lien entre le salaire et la productivité.

L’accroissement de la « productivité » du travail – qu’il soit obtenu par l’intensification du travail ou par l’introduction de la technique nouvelle – a pour conséquence l’augmentation du profit capitaliste : dans les deux cas, les capitalistes disposent d’une quantité de marchandises plus grande pour une journée de travail d’ouvrier.

Quant à l’ouvrier, les résultat est l’aggravation de ses contions de travail et de vie. Depuis 1938, le volume de la production française a doublé ; le rendement a augmenté de 40 % ; mais le salaire horaire du métallurgiste parisien a diminué d’un tiers. La conséquence est que l’ouvrier doit travailler plus longtemps (heures supplémentaires).

L’ordonnance gaulliste vise donc à faciliter la surexploitation des ouvriers.

La « distribution d’actions » à titre payant ou gratuit est aussi envisagée ; les ouvriers recevraient au bout de longues années de présence dans la même usine, quelques centaines de francs de dividendes par an.

Le but véritable de l’« association capital-travail » - « association » du maître et de l’esclave – est de camoufler la réalité de l’exploitation dont les ouvriers sont les victimes et d’affaiblir ainsi leur conscience de classe en essayant de les persuader qu’ils sont des « collaborateurs » de l’entreprise, que l’entreprise est « leur chose », que la prospérité de l’entreprise est également celle des ouvriers ! Le patronat et le gouvernement à son service espèrent ainsi entraver l’action pour l’augmentation des salaires qui est la seule voie juste pour l’amélioration du niveau de vie de l’ouvrier.

(Source: Gauche Communiste.net)

19/10/2009

Albert Einstein: "Pourquoi le socialisme?"

Pourquoi le socialisme?
Albert Einstein
1949

halsman-philippe-albert-einstein-7200016.1239054611Est-il convenable qu’un homme qui n’est pas versé dans les questions économiques et sociales exprime des opinions au sujet du socialisme? Pour de multiples raisons je crois que oui.

Considérons d’abord la question au point de vue de la connaissance scientifique. Il pourrait paraître qu’il n’y ait pas de différences méthodologiques essentielles entre l’astronomie, par exemple, et l’économie : les savants dans les deux domaines essaient de découvrir les lois généralement acceptables d’un groupe déterminé de phénomènes, afin de rendre intelligibles, d’une manière aussi claire que possible, les relations réciproques existant entre eux. Mais en réalité de telles différences existent. La découverte de lois générales en économie est rendue difficile par la circonstance que les phénomènes économiques observés sont souvent influencés par beaucoup de facteurs qu’il est très difficile d’évaluer séparément. En outre, l’expérience accumulée depuis le commencement de la période de l’histoire humaine soi-disant civilisée a été — comme on le sait bien — largement influencée et délimitée par des causes qui n’ont nullement un caractère exclusivement économique. Par exemple, la plupart des grands États dans l’histoire doivent leur existence aux conquêtes. Les peuples conquérants se sont établis, légalement et économiquement, comme classe privilégiée du pays conquis. Ils se sont attribués le monopole de la terre et ont créé un corps de prêtres choisis dans leur propre rang. Les prêtres, qui contrôlèrent l’éducation, érigèrent la division de la société en classes en une institution permanente et créèrent un système de valeurs par lequel le peuple fut dès lors, en grande partie inconsciemment, guidé dans son comportement social.

Mais la tradition historique date pour ainsi dire d’hier ; nulle part nous n’avons dépassé ce que Thorstein Veblen appelait "la phase de rapine" du développement humain. Les faits économiques qu’on peut observer appartiennent à cette phase et les lois que nous pouvons en déduire ne sont pas applicables à d’autres phases. Puisque le but réel du socialisme est de dépasser la phase de rapine du développement humain et d’aller en avant, la science économique dans son état actuel peut projeter peu de lumière sur la société socialiste de l’avenir.

En second lieu, le socialisme est orienté vers un but éthico-social. Mais la science ne peut pas créer des buts, encore moins peut-elle les faire pénétrer dans les êtres humains ; la science peut tout au plus fournir les moyens par lesquels certains buts peuvent être atteints. Mais les buts mêmes sont conçus par des personnalités animées d’un idéal moral élevé et — si ces buts ne sont pas mort-nés, mais vivants et vigoureux — sont adoptés et portés en avant par ces innombrables êtres humains qui, à demi inconscients, déterminent la lente évolution de la société.

Pour ces raisons nous devrions prendre garde de ne pas surestimer la science et les méthodes scientifiques quand il s’agit de problèmes humains ; et nous ne devrions pas admettre que les spécialistes soient les seuls qui aient le droit de s’exprimer sur des questions qui touchent à l’organisation de la société.

D’innombrables voix ont affirmé, il n’y a pas longtemps, que la société humaine traverse une crise, que sa stabilité a été gravement troublée. Il est caractéristique d’une telle situation que des individus manifestent de l’indifférence ou, même, prennent une attitude hostile à l’égard du groupe, petit ou grand, auquel ils appartiennent. Pour illustrer mon opinion je veux évoquer ici une expérience personnelle. J’ai récemment discuté avec un homme intelligent et d’un bon naturel sur la menace d’une autre guerre, qui, à mon avis, mettrait sérieusement en danger l’existence de l’humanité, et je faisais remarquer que seule une organisation supranationale offrirait une protection contre ce danger. Là-dessus mon visiteur me dit tranquillement et froidement : "Pourquoi êtes-vous si sérieusement opposé à la disparition de la race humaine ?"

Je suis sûr que, il y a un siècle, personne n’aurait si légèrement fait une affirmation de ce genre. C’est l’affirmation d’un homme qui a vainement fait des efforts pour établir un équilibre dans son intérieur et qui a plus ou moins perdu l’espoir de réussir. C’est l’expression d’une solitude et d’un isolement pénibles dont tant de gens souffrent de nos jours. Quelle en est la cause ? Y a-t-il un moyen d’en sortir ?

Il est facile de soulever des questions pareilles, mais il est difficile d’y répondre avec tant soit peu de certitude. Je vais néanmoins essayer de le faire dans la mesure de mes forces, bien que je me rende parfaitement compte que nos sentiments et nos tendances sont souvent contradictoires et obscurs et qu’ils ne peuvent pas être exprimés dans des formules aisées et simples.

L’homme est en même temps un être solitaire et un être social. Comme être solitaire il s’efforce de protéger sa propre existence et celle des êtres qui lui sont le plus proches, de satisfaire ses désirs personnels et de développer ses facultés innées. Comme être social il cherche à gagner l’approbation et l’affection de ses semblables, de partager leurs plaisirs, de les consoler dans leurs tristesses et d’améliorer leurs conditions de vie. C’est seulement l’existence de ces tendances variées, souvent contradictoires, qui explique le caractère particulier d’un homme, et leur combinaison spécifique détermine dans quelle mesure un individu peut établir son équilibre intérieur et contribuer au bien-être de la société. Il est fort possible que la force relative de ces deux tendances soit, dans son fond, fixée par l’hérédité. Mais la personnalité qui finalement apparaît est largement formée par le milieu où elle se trouve par hasard pendant son développement, par la structure de la société dans laquelle elle grandit, par la tradition de cette société et son appréciation de certains genres de comportement. Le concept abstrait de "société" signifie pour l’individu humain la somme totale de ses relations, directes et indirectes, avec ses contemporains et les générations passées. Il est capable de penser, de sentir, de lutter et de travailler par lui-même, mais il dépend tellement de la société — dans son existence physique, intellectuelle et émotionnelle — qu’il est impossible de penser à lui ou de le comprendre en dehors du cadre de la société. C’est la "société" qui fournit à l’homme la nourriture, les vêtements, l’habitation, les instruments de travail, le langage, les formes de la pensée et la plus grande partie du contenu de la pensée ; sa vie est rendue possible par le labeur et les talents de millions d’individus du passé et du présent, qui se cachent sous ce petit mot de "société".

Il est, par conséquent, évident que la dépendance de l’individu de la société est un fait naturel qui ne peut pas être supprimé — exactement comme dans le cas des fourmis et des abeilles. Cependant, tandis que tout le processus de la vie des fourmis et des abeilles est fixé, jusque dans ses infimes détails, par des instincts héréditaires rigides, le modèle social et les relations réciproques entre les êtres humains sont très variables et susceptibles de changement. La mémoire, la capacité de faire de nouvelles combinaisons, le don de communication orale ont rendu possibles des développements parmi les êtres humains qui ne sont pas dictés par des nécessités biologiques. De tels développements se manifestent dans les traditions, dans les institutions, dans les organisations, dans la littérature, dans la science, dans les réalisations de l’ingénieur et dans les œuvres d’art. Ceci explique comment il arrive que l’homme peut, dans un certain sens, influencer sa vie par sa propre conduite et comment, dans ce processus, la pensée et le désir conscients peuvent jouer un rôle.

L’homme possède à sa naissance, par hérédité, une constitution biologique que nous devons considérer comme fixe et immuable, y compris les impulsions naturelles qui caractérisent l’espèce humaine. De plus, pendant sa vie il acquiert une constitution culturelle qu’il reçoit de la société par la communication et par beaucoup d’autres moyens d’influence. C’est cette constitution culturelle qui, dans le cours du temps, est sujette au changement et qui détermine, à un très haut degré, les rapports entre l’individu et la société. L’anthropologie moderne nous a appris, par l’investigation des soi-disant cultures primitives, que le comportement social des êtres humains peut présenter de grandes différences, étant donné qu’il dépend des modèles de culture dominants et des types d’organisation qui prédominent dans la société. C’est là-dessus que doivent fonder leurs espérances tous ceux qui s’efforcent d’améliorer le sort de l’homme : les êtres humains ne sont pas, par suite de leur constitution biologique, condamnés à se détruire mutuellement ou à être à la merci d’un sort cruel qu’ils s’infligent eux-mêmes.

Si nous nous demandons comment la structure de la société et l’attitude culturelle de l’homme devraient être changées pour rendre la vie humaine aussi satisfaisante que possible, nous devons constamment tenir compte du fait qu’il y a certaines conditions que nous ne sommes pas capables de modifier. Comme nous l’avons déjà mentionné plus haut, la nature biologique de l’homme n’est point, pour tous les buts pratiques, sujette au changement. De plus, les développements technologiques et démographiques de ces derniers siècles ont créé des conditions qui doivent continuer. Chez des populations relativement denses, qui possèdent les biens indispensables à leur existence, une extrême division du travail et une organisation de production très centralisée sont absolument nécessaires. Le temps, qui, vu de loin, paraît si idyllique, a pour toujours disparu où des individus ou des groupes relativement petits pouvaient se suffire complètement à eux-mêmes. On n’exagère pas beaucoup en disant que l’humanité constitue à présent une communauté planétaire de production et de consommation.

Je suis maintenant arrivé au point où je peux indiquer brièvement ce qui constitue pour moi l’essence de la crise de notre temps. Il s’agit du rapport entre l’individu et la société. L’individu est devenu plus conscient que jamais de sa dépendance de la société. Mais il n’éprouve pas cette dépendance comme un bien positif, comme une attache organique, comme une force protectrice, mais plutôt comme une menace pour ses droits naturels, ou même pour son existence économique. En outre, sa position sociale est telle que les tendances égoïstes de son être sont constamment mises en avant, tandis que ses tendances sociales qui, par nature, sont plus faibles, se dégradent progressivement. Tous les êtres humains, quelle que soit leur position sociale, souffrent de ce processus de dégradation. Prisonniers sans le savoir de leur propre égoïsme, ils se sentent en état d’insécurité, isolés et privés de la naïve, simple et pure joie de vivre. L’homme ne peut trouver de sens à la vie, qui est brève et périlleuse, qu’en se dévouant à la société.

L’anarchie économique de la société capitaliste, telle qu’elle existe aujourd’hui, est, à mon avis, la source réelle du mal. Nous voyons devant nous une immense société de producteurs dont les membres cherchent sans cesse à se priver mutuellement du fruit de leur travail collectif — non pas par la force, mais, en somme, conformément aux règles légalement établies. Sous ce rapport, il est important de se rendre compte que les moyens de la production — c’est-à-dire toute la capacité productive nécessaire pour produire les biens de consommation ainsi que, par surcroît, les biens en capital — pourraient légalement être, et sont même pour la plus grande part, la propriété privée de certains individus.

Pour des raisons de simplicité je veux, dans la discussion qui va suivre, appeler "ouvriers" tous ceux qui n’ont point part à la possession des moyens de production, bien que cela ne corresponde pas tout à fait à l’emploi ordinaire du terme. Le possesseur des moyens de production est en état d’acheter la capacité de travail de l’ouvrier. En se servant des moyens de production, l’ouvrier produit de nouveaux biens qui deviennent la propriété du capitaliste. Le point essentiel dans ce processus est le rapport entre ce que l’ouvrier produit et ce qu’il reçoit comme salaire, les deux choses étant évaluées en termes de valeur réelle. Dans la mesure où le contrat de travail est "libre", ce que l’ouvrier reçoit est déterminé, non pas par la valeur réelle des biens qu’il produit, mais par le minimum de ses besoins et par le rapport entre le nombre d’ouvriers dont le capitaliste a besoin et le nombre d’ouvriers qui sont à la recherche d’un emploi. Il faut comprendre que même en théorie le salaire de l’ouvrier n’est pas déterminé par la valeur de son produit.

Le capital privé tend à se concentrer en peu de mains, en partie à cause de la compétition entre les capitalistes, en partie parce que le développement technologique et la division croissante du travail encouragent la formation de plus grandes unités de production aux dépens des plus petites. Le résultat de ces développements est une oligarchie de capitalistes dont la formidable puissance ne peut effectivement être refrénée, pas même par une société qui a une organisation politique démocratique. Ceci est vrai, puisque les membres du corps législatif sont choisis par des partis politiques largement financés ou autrement influencés par les capitalistes privés qui, pour tous les buts pratiques, séparent le corps électoral de la législature. La conséquence en est que, dans le fait, les représentants du peuple ne protègent pas suffisamment les intérêts des moins Privilégiés. De plus, dans les conditions actuelles, les capitalistes contrôlent inévitablement, d’une manière directe ou indirecte, les principales sources d’information (presse, radio, éducation). Il est ainsi extrêmement difficile pour le citoyen, et dans la plupart des cas tout à fait impossible, d’arriver à des conclusions objectives et de faire un usage intelligent de ses droits politiques.

La situation dominante dans une économie basée sur la propriété privée du capital est ainsi caractérisée par deux principes importants: premièrement, les moyens de production (le capital) sont en possession privée et les possesseurs en disposent comme ils le jugent convenable ; secondement, le contrat de travail est libre. Bien entendu, une société capitaliste pure dans ce sens n’existe pas. Il convient de noter en particulier que les ouvriers, après de longues et âpres luttes politiques, ont réussi à obtenir pour certaines catégories d’entre eux une meilleure forme de "contrat de travail libre". Mais, prise dans son ensemble, l’économie d’aujourd’hui ne diffère pas beaucoup du capitalisme "pur".

La production est faite en vue du profit et non pour l’utilité. Il n’y a pas moyen de prévoir que tous ceux qui sont capables et désireux de travailler pourront toujours trouver un emploi ; une "armée" de chômeurs existe déjà. L’ouvrier est constamment dans la crainte de perdre son emploi. Et puisque les chômeurs et les ouvriers mal payés sont de faibles consommateurs, la production des biens de consommation est restreinte et a pour conséquence de grands inconvénients. Le progrès technologique a souvent pour résultat un accroissement du nombre des chômeurs plutôt qu’un allégement du travail pénible pour tous. L’aiguillon du profit en conjonction avec la compétition entre les capitalistes est responsable de l’instabilité dans l’accumulation et l’utilisation du capital, qui amène des dépressions économiques de plus en plus graves. La compétition illimitée conduit à un gaspillage considérable de travail et à la mutilation de la conscience sociale des individus dont j’ai fait mention plus haut.

Je considère cette mutilation des individus comme le pire mal du capitalisme. Tout notre système d’éducation souffre de ce mal. Une attitude de compétition exagérée est inculquée à l’étudiant, qui est dressé à idolâtrer le succès de l’acquisition comme une préparation à sa carrière future.

Je suis convaincu qu’il n’y a qu’un seul moyen d’éliminer ces maux graves, à savoir, l’établissement d’une économie socialiste, accompagnée d’un système d’éducation orienté vers des buts sociaux. Dans une telle économie, les moyens de production appartiendraient à la société elle-même et seraient utilisés d’un façon planifiée. Une économie planifiée, qui adapte la production aux besoins de la société, distribuerait le travail à faire entre tous ceux qui sont capables de travailler et garantirait les moyens d’existence à chaque homme, à chaque femme, à chaque enfant. L’éducation de l’individu devrait favoriser le développement de ses facultés innées et lui inculquer le sens de la responsabilité envers ses semblables, au lieu de la glorification du pouvoir et du succès, comme cela se fait dans la société actuelle.

Il est cependant nécessaire de rappeler qu’une économie planifiée n’est pas encore le socialisme. Une telle économie pourrait être accompagnée d’un complet asservissement de l’individu. La réalisation du socialisme exige la solution de quelques problèmes socio-politiques extrêmement difficiles : comment serait-il possible, en face d’une centralisation extrême du pouvoir politique et économique, d’empêcher la bureaucratie de devenir toute-puissante et présomptueuse ? Comment pourrait-on protéger les droits de l’individu et assurer un contrepoids démocratique au pouvoir de la bureaucratie ?

10:45 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Morale | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : philosophie, morale, socialisme, societe, einstein |  Facebook |

17/10/2009

LES MECANISMES CRIMINELS LIES À LA DETTE ET AUX RELATIONS NORD- SUD

logo_attacarticle publié le 15/09/2009
auteur : Thierry Brugvin

(Origine de l'article: ATTAC France)

 

Comment les élites économiques et politiques s’enrichissent, répriment leurs peuples (achats d’armes, de prisons...) en creusant la dette de leurs pays et en enrichissant les multinationales du Nord

Détourner une idée réputée d’intérêt général, en détournant son application

La Banque Mondiale s’appuie sur le discours du développement durable et a proposé ses services pour gérer une large partie des droits d’émission de carbone, selon les règles du protocole de Kyoto. Ainsi en gérant le marché international des compensations et de crédits de CO2, elle parvient grâce à ces nouveaux droits à polluer, à piller les dernières ressources non renouvelables, telles que le pétrole et le gaz dans les PED.

Ainsi la Banque Mondiale soutient ses principaux bailleurs de fonds (c’est-à-dire les membres du G8 qui sont en quelque sorte ses actionnaires) afin de mieux exploiter et dominer les PED. « La Banque mondiale paraît s’être convertie en pièce clé pour l’ouverture de nouvelles aires d’exploitation du gaz et du brut pour le marché du Nord, spécialement des Etats-Unis, avec l’objectif supplémentaire de réduire le pouvoir de l’OPEP et de transférer aux Etats-Unis le contrôle du prix du pétrole » (Ramos, 2008, 76) [1] .

« Entre 1994 et 2003, elle a financé les énergies fossiles à hauteur de 24,8 milliards de dollars, contre 1,06 milliards pour les renouvelables ». Le ratio est de 23 à 1 (Institute for Policy Studies, 2004, www.seen.org). « Les 200 millions de dollars que la Banque consacre annuellement aux renouvelables représentent le montant moyen d’un seul des nombreux projets d’énergies fossiles qu’elle finance chaque année », rappelle Petr Hlobil de CEE Bankwatch Network (2004) [2] de la République tchèque.

De 2008 à 1992 (le sommet de la Terre), « la Banque mondiale a financé des schémas de privatisation du secteur énergétique dans 29 pays, en plus de la construction de 124 centrales créatrices d’énergie produite avec des combustibles fossiles, la majorité d’entre elle en vue de les privatiser (…). Ces projets ont généré une émission de plus de 43 000 millions de tonnes de dioxyde de carbone dont plus de la moitié sont générés par les projets orientés vers l’exportation » (Ramos, 2008, 78). Alors que la Banque Mondiale a pour mandat d’aider au développement des pays du Tiers monde, elle soutient donc en réalité une très large partie des projets bénéficiant aux pays les plus industrialisés et finalement nuit au développement durable, contrairement à son discours officiel.

Utiliser la dette pour opprimer une population (dettes d’oppression)

« Les dettes d’oppression résultent de prêts contractés pour financer des activités humiliantes, agressives, criminelles contre la population qui s’est endettée. Il s’agit par exemple de prêts utilisés pour installer de facto, maintenir ou renforcer un régime dictatorial ou répressif, de fonds destinés à l’achat d’armes pour réprimer des soulèvements de l’opposition, de fonds destinés à la construction ou à l’intendance de centres de détention et de torture ou de camps de concentration, de fonds destinés à la formation ou à l’entretien de corps militaires spécialisés entraînés à ces fins, etc. » (Ramos, 2008, 79).

Par exemple en Afrique du Sud à Sharpeville, en 1960, les force de police ont réprimé une manifestation, ce qui se solda par 69 personnes noires mortes, 400 blessés et 11727 arrestations (Ramos, 2008, 81). L’année de la célèbre répression contre la manifestation étudiante de Soweto en 1976, qui fit 200 morts, le FMI, appuyé par la Grande Bretagne et les Etats-Unis, fit un prêt de 464 millions de $, soit l’équivalent de ses dépenses d’équipement militaires durant cette année là (Rudin, 2003). [3] L’Afrique du Sud, entre 1948 et 1991 a ainsi mené une politique d’apartheid, c’est-à-dire qu’elle prônait la suprématie de la race blanche et exerçait sa domination et sa répression sur la population non blanche. Entre 1980 et 1993, on a calculé que les bénéfices légués aux entreprises étrangères qui ont commercé avec ce régime, notamment pour réprimer la population, s’élève à 41 milliards de $ (Rudin, 2003) .

L’appui des banques à la répression des populations et le soutien aux dictateurs

Bien que dès 1973, les Nations Unies aient qualifié l’apartheid de crime contre l’humanité, la communauté financière a continué à concéder des prêts au gouvernement sud-africain. C’est majoritairement les fonds publics -mais par l’aide bilatérale- qui ont financé l’Afrique du Sud, en 1993, l’Afrique du Sud devait 90% de ses aides extérieures à long terme à quatre pays : les Etats-Unis, la France, l’Allemagne et la Suisse. « Durant toute la période d’apartheid, au moins 30 grandes banques et 230 de moindre envergure furent engagées pour le financement du régime » (Ramos, 2008, 82-83). Cette aide financière était réalisée en parallèle au soutien des Etats-Unis, via la France, à la création de la bombe nucléaire sud -africaine.

L’appui des banques fit l’objet de plaintes, notamment à New York, par les victimes de ce régime d’apartheid, en 2002, par l’Apartheid Kumlumani Support Group. La plainte portait contre 21 banques et entreprises étrangères. Parmi ces banques, on compte Barclay National Bank, Crédit Suisse, Deutsche Bank AG, Ford, J.P Morgan Chase (Bank) et parmi les entreprises BP, Chevron Texaco, Shell, et Total Fina-Elf pour la France. Une autre plainte avait été déposé pour le même motif dès 1992 par d’autres victimes (Ramos, 2008, 84).

Le soutien des banques, des marchands d’armes à la guerre et la dette de guerre

« Les dettes de guerre considérées comme illégitimes dérivent de prêts qui ont financé des plans belliqueux à des fins impérialistes (étendre la domination d’un pays sur un autre par la force) » à des fins d’annexion ou de conquête d’un pays, par le moyen d’opérations de guerre (Ramos, 2008, 86).

L’invasion du Timor oriental par le dictateur indonésien Suharto (1965-1998) fit 60 000 morts en 1976, puis 200 000 morts en 1979 (près du tiers de la population du Timor Oriental (Le monde diplomatique, 2008) [4]. Cette invasion a été soutenue financièrement par les Etats-Unis et leurs alliés (Australie, Grande Bretagne…) et la Banque Mondiale. Les Etats –Unis quadruplèrent leur aide économique durant cette période (Toussaint, déc. 2004) [5].

Les dettes de développement : le coût des « éléphants blancs »

« Ce sont des dettes contractées pour réaliser des projets de développement qui ont échoué ou dont les conséquences humaines ou environnementales se sont révélées néfastes à cause d’un manque d’études préalables » (Ramos, 2008 : 108). C’est-à-dire ceux que l’on qualifie parfois « d’éléphants blancs », de grands projets, qui bénéficient au gouvernement et à l’entreprise privée, mais pas aux populations.

Par exemple, les hopitaux high tech, où l’Etat n’a pas prévu le financement des salaires et de la maintenance et qui sont laissés à l’abandon.

C’est aussi le cas de d’Africa ONE, un projet de 2 milliards de dollars mis en place dans le cadre d’un partenariat AT&T - UIT - opérateurs privés et États africains, qui a complètement échoué, engloutissant des dizaines de millions de dollars. De même, WorldCom, véritable effigie néolibérale, devenu premier opérateur mondial en capitalisation boursière et grand prédateur des opérateurs de télécommunications et qui a causé la plus grande faillite de l’histoire des USA et le plus grand détournement financier jamais enregistré, plus de 11 milliards de dollars (Fullsack, février 2005) [6] .

Les dettes de sauvetage : dans le but de libéraliser discrètement l’économie

Ce sont des dettes « générées par des projets ou des restructurations économiques et financières ou institutionnelles qui promettent la croissance économique du pays en question, ou sa stabilité- et en conséquence la réduction de la pauvreté- mais qui produisent l’effet inverse » (Ramos, 2008 : 117).

La stratégie est ainsi de libéraliser, de privatiser au profit notamment des entreprises du Nord qui s’enrichissent d’autant plus facilement et des plus grosses entreprises privées au Sud.

Exemple : le chemin fer au Mali, Transrail, le chemin de fer au Cameroun racheté par Bolloré pour transporter du fret et quasiment plus de passagers.

Les dettes frauduleuses : les sous et surfacturations

Elles ne constituent pas véritablement une autre catégorie de dette illégitime, mais sont en fait une forme de dette, qui est une sous catégorie des autres types de dettes précédentes (Ramos, 2008, 120). Il s’agit des sous-facturations et des surfacturations qui bénéficient aux gouvernements, aux intermédiaires ou aux entreprises privées. Le gisement de NKOSSA fournit une belle illustration de cette pratique. Ce gisement congolais devait produire 120 à 150 000 barils de pétrole par jour. TOTAL a développé une plate forme gigantesque pour un coût de 2 milliards de $, ce qui en a fait la plus chère au monde à l’époque. Or le gisement ne produit que 60000 barils par jour ce qui fait que le CONGO a dû d’abord rembourser le prix exorbitant des équipements et n’a jusqu’ici quasiment rien gagné sur l’exploitation de ce gisement. On soupçonne d’ailleurs une opération délibérée entre l’Etat congolais et la compagnie pétrolière (Harel, 2006).

La responsabilité des banques (privées, FMI et BM) et des entreprises dans les dettes de corruption

« Ces dettes également qualifiées d’illégitimes s’accumulent en conséquence d’actes de corruption, parce que les fonds empruntés par les Etats sont directement déviés vers les comptes personnels de gouvernements » (Ramos, 2008, 87) ou en échange de services divers, rendus par exemple à des intermédiaires au service d’une entreprise transnationale et qui viennent augmenter la dette extérieure des pays endettés.

« Souvent les banques qui reçoivent les prêts illégaux sont complices de ces manœuvres parce qu’en général ce sont elles qui financent la corruption » (…) et « qui octroient le prêt à l’origine de l’acte de corruption et qui gonfle la dette extérieure que paiera le peuple du Sud concerné » (Ramos, 2008, 89).

Fin 2002, une enquête du département du trésor des Etats-Unis sur le dictateur chilien, Augusto Pinochet, révéla qu’au moins pendant huit années, la Banque Riggs aux Etats-Unis avait caché l’existence de comptes bancaires à son nom avec des dépôts de 4 à 8 millions de $. Et aussi qu’elle avait participé à la création de deux entreprises fantômes, appartenant au dictateur, dans le paradis fiscal des Bahamas, pour cacher des comptes ouverts dans des banques de Washington notamment. Cet argent a sans doute été détourné par Pinochet et a accru la dette extérieure du pays qui a quintuplé durant sa période au pouvoir (Ramos, 2008, 90-91).

L’Angola – à travers les contrats de l’entreprise publique Simportex (Anciennement Ematec), qui impliquent le sommet de ses structures gouvernementales, financières et militaires – a payé à l’entrepreneur franco-russe Arkadi Gaidamak 135 millions de dollars en sus de ce qu’il devait recevoir pour une livraison de matériel militaire, fin 1996. L’affaire a été bouclée par un ensemble d’institutions bancaires presque toutes européennes (France, Suisse, Allemagne, Autriche,... ) sous le leadership de la banque Paribas – une des banques que Luanda a utilisées de façon de plus en plus fréquente pour ses transactions et emprunts ces dernières années. La Bank of New York a aussi beaucoup servi les transactions de Gaydamac (Verschave, 2001 : 129). Deux dirigeants de la Banque Paribas ont été inculpés en France, pour ces transactions illégales durant le procès de l’Angolagate en 2008.

Dans son livre « La grande désillusion », Joseph Stiglitz (2002) [7] dénonce la responsabilité du FMI et du Trésor américain qui ont soutenu, conseillé et orienté les bureaucrates russes convertis au capitalisme, notamment le président Boris Eltsine. « Quand la crise frappa, le FMI prit la direction des opérations et il demanda à la Banque mondiale de contribuer au sauvetage » pour 22,6 milliards de dollars. La Banque mondiale subissait une pression politique énorme de l’administration Clinton qui voulait absolument qu’elle prête à la Russie. Si l’on s’en tient aux chiffres de Rosa Mendès, 84 % du remboursement de la dette de l’Angola envers la Russie se sont évaporés ! Ainsi le milliard de dollars déjà remboursé ne se retrouve pas, pour la plus grande part, dans les caisses de l’Etat Russe. (Verschave, 2001 : 170- 171). Cette perte est donc venue enrichir les poches des vendeurs d’armes, des intermédiaires et des politiques en Angola, en France (Pasqua) et sans doute en Russie.

Or, Joseph Stiglitz ajoute que la direction de la Banque mondiale lui a interdit de rencontrer l’inspecteur général de la Douma en visite à Washington qui dénonçait déjà à l’époque l’ampleur de la corruption. “A la Banque mondiale, on m’avait donné l’instruction de ne pas le rencontrer : on avait peur que nous ne soyons convaincus par ses propos.” (Stiglitz, 2002).

Stiglitz, prix nobel d’économie en 2001 et ex-président économique de la Banque Mondiale, affirme qu’au FMI, lors de la signature d’un prêt, officiellement, la "cérémonie " était la signature d’une lettre d’accord -, or, ses termes sont dictés par le FMI mais, par artifice, on fait comme si la " lettre d’intention " venait du gouvernement concerné ! " (Stiglitz, 2002, 71). Il explique que la première étape du plan de prêt au PED relève de la « subordination » selon ses propres mots. Cela consiste à faire pression sur les gouvernements des PED afin qu’ils privatisent leurs entreprises publiques en les vendant à des prix ridiculement bas. En échange ils ont la possibilité de recevoir une commission de 10% sur un compte en suisse, versé par l’entreprise du Nord qui rachètera celle du Sud. Stiglitz reprend à nouveau, pour exemple de ce mécanisme de subordination illégal, la liquidation du patrimoine de l’Etat russe en 1995 (Stiglitz, 2003) [8].

Ainsi, l’on observe une collusion entre la Banque Mondiale, ses Etats membres les plus influents, les dirigeants des PED, les banques et les entreprises privées du Nord, au détriment des peuples des PED. Si la Banque Mondiale et le FMI, n’accomplissent pas d’action illégale, ils en sont complices car ils connaissent le mécanisme de corruption et poussent dans cette direction en forçant la main aux gouvernements du Sud.

Selon Laura Ramos « on estime que la corruption augmente en moyenne, de 20 à 30 % le coût des marchandises acquises », or « on estime qu’une commission légitime ne surpasse pas la valeur de 2 à 3 % du coût total du projet ». (Ramos, 2008, 92 et 94) Tandis que les communautés internationales exigent des PED l’éradication de la pauvreté comme condition de nouveaux prêts, les banques du Nord et les organisations internationales dirigées par les pays du G8, tel le FMI et la Banque Mondiale sont au cœur de ces pratiques illégales.

Les dettes d’élites : le coût de la mauvaise gestion et des intérêts de classe

« Dette illégitime qui s’accumule suite aux emprunts de l’Etat pour le bénéfice d’une minorité de la population et de groupes économiques locaux ou étrangers » (Ramos, 2008, 101). Ex : Texaco en Equateur. La socialisation des dettes privées : Ferdinant Marcos a vendu des entreprises d’Etat aux Philippines à ses amis, puis ses entreprises revinrent ensuite dans le giron de l’Etat avec une dette très importante. Marcos se retira ensuite en Autriche et laissa les banques publiques du pays rembourser cette dette (Adams, 1993), in Ramos, 2008, 107

Thierry.brugvin, Docteur en sociologie, Largotec, auteur du livre Les mouvements sociaux face au commerce éthique, Hermès/Lavoisier, 2007

Notes

[1] RAMOS Laura, « Dette illégitime en fonction de la destination des fonds », in CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde), Les crimes de la dette, Syllepse, CADTM, 2008.

[2] HLOBIL Petr, 2004, in Les amis de la Terre, communiqué de presse, « La Banque mondiale se moque de la Conférence internationale sur les énergies renouvelables », http://www.amisdelaterre.org/La-Ban....

[3] RUDIN Jeff, 2003, “Odious debt revisited” in Jubilee South Journal V1, n°1.

[4] LE MONDE DIPLOMATIQUE, mardi 29 janvier 2008, « Suharto, le dictateur canonisé ».

[5] TOUSSAINT Eric, déc. 2004, « La politique du FMI à l’égard de l’Indonésie de 1947 à 2003 », http://www.cadtm.org/imprimer.php3 ?...

[6] Au Prepcom 2 de Genève - février 2005 - Jean-Louis. Fullsack a rappelé, dans sa déclaration en séance plénière, in Les télécoms, entre bien public et marchandise, coordonné par BPEM et CSDPTT, coordonné par Djilali Benamrane, Bruno Jaffré, Marie-Laure Urvoy Sangharé, François-Xavier Verschave.

[7] Stiglitz Joseph E. 2002, La Grande désillusion, Fayard, Paris, 324 p.

[8] STIGLITZ Joseph, 2003, « le détournements des nouveaux capitalistes russes », Université de Buenos Aires, in Ramos, 2008.

12/10/2009

Notre fil rouge pour décoder l'info : les 5 règles de la propagande de guerre

resistenciaA chaque guerre, coup d’Etat ou agression menée par l’Occident, les grands médias appliquent ces cinq « règles de la propagande de guerre ». Employez vous-même cette grille de lecture lors des prochains conflits, vous serez frappé de les retrouver à chaque fois : 1. Cacher l'Histoire. 2. Cacher les intérêts économiques. 3. Diaboliser l’adversaire. 4. Blanchir nos gouvernements et leurs protégés. 5. Monopoliser l'info, exclure le vrai débat.

Application au cas du Honduras
Juillet 2009...


1. Cacher l'Histoire. Le Honduras est l’exemple parfait de la « république bananière » aux mains des USA. Dépendance et pillage colonial ont provoqué un énorme fossé riches-pauvres. 77% de pauvres selon l’ONU. L’armée hondurienne a été formée et encadrée - jusque dans les pires crimes - par le Pentagone. L’ambassadeur US John Negroponte (1981-1985) était surnommé « le vice-roi du Honduras ».


2.  Cacher les intérêts économiques. Aujourd’hui, les multinationales US (banane Chiquita, café, pétrole, pharmacie…) veulent empêcher ce pays de conquérir son indépendance économique et politique. L’Amérique du Sud s’unit et vire à gauche, et Washington veut empêcher l’Amérique centrale de suivre la même voie.


3. Diaboliser l’adversaire. Les médias ont accusé le président Zelaya de vouloir se faire réélire pour préparer une dictature. Silence sur ses projets sociaux : augmentation du salaire minimum, lutte contre l’hyperexploitation dans les usines-bagnes des firmes US, diminution du prix des médicaments, aide aux paysans opprimés. Silence sur son refus de couvrir les actes terroristes made in CIA. Silence sur l’impressionnante résistance populaire.


4. Blanchir nos gouvernements et leurs protégés. On cache le financement du putsch par la CIA. On a présenté Obama comme neutre alors qu’il refusait de rencontrer et de soutenir le président Zelaya. S’il avait appliqué la loi et supprimé l’aide US au Honduras, le coup d’Etat aurait été vite arrêté. Le Monde et la plupart des médias ont blanchi la dictature militaire en parlant de « conflit entre pouvoirs ». Les images de répression sanglante ne sont pas montrées au public. Bref, un contraste frappant entre la diabolisation de l’Iran et la discrétion sur le coup d’Etat hondurien « made in CIA ».


5. Monopoliser l’info, exclure le vrai débat. La parole est réservée aux sources et experts « acceptables » pour le système. Toute analyse critique sur l’info est censurée. Ainsi, nos médias empêchent un vrai débat sur le rôle des multinationales, des USA et de l’UE dans le sous-développement de l’Amérique latine. Au Honduras, les manifestants crient « TeleSur ! TeleSur ! » pour saluer la seule télé qui les informe correctement.

(Source: Michel Collon.info)

02/10/2009

Lecture :: L'économie au service des gens


economie-gensYves de Wasseige et Françis de Walque

L'économie au service des gens

Collection "L'autre économie". (Editions couleurlivres, cliquez ici)

“La mondialisation du capital financier est en train de mettre les peuples en état d’insécurité généralisée.” Cet éditorial d’Ignacio Ramonet, dans le Monde Diplomatique de décembre 1997, a constitué le point de départ du mouvement altermondialiste ATTAC – Association pour une Taxation sur les Transactions financières pour l’Aide aux Citoyens.

Le fondement de la crise tient au capitalisme néolibéral et à sa poursuite du profit et de la rentabilité financière immédiate. On sait combien les idées et théories des économistes ont une influence considérable sur la pensée dominante et sur les politiques économiques.

Comprendre ces questions est un chantier politique majeur pour peser sur les changements indispensables. Il ne suffira pas de quelques réformes financières ou bancaires, il faudra passer, sans doute par étapes, à un autre système économique.

Seuls la “société civile”, les citoyens eux-mêmes et les organisations et associations qu’ils ont créées peuvent être les porteurs de ces transformations fondamentales.


Les auteurs
Yves de Wasseige est ingénieur et économiste. Outre ses engagements dans l’éducation permanente, il a publié de nombreux articles dans diverses revues et un ouvrage de base, édité à plusieurs reprises et connu sous le nom des “Mécanismes économiques”.

Françis de Walque  est militant syndicaliste et engagé dans la défense et la promotion des services publics au sein du mouvement altermondialiste.

17:15 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livres, societe, economie, social, lecture |  Facebook |

01/10/2009

Selon le bureau Fédéral du Plan: "...LE TAUX DE CHOMAGE AUGMENTERA ENCORE..."

... le taux de chômage augmentera encore ...

La croissance négative (-0,8 %) de l’emploi intérieur en 2009 est beaucoup moins marquée que celle de l’activité économique. En cas de repli conjoncturel, de nombreux employeurs optent, dans un premier temps, pour une baisse du nombre des heures prestées, entre autres via le système de chômage temporaire. La baisse tendancielle de la durée moyenne de travail se trouve donc renforcée par le contexte conjoncturel. Lorsque le repli perdure, les entreprises procèdent à des réductions d’emploi qui peuvent aller jusqu’au licenciement d’une partie de leur personnel. C’est un des facteurs qui expliquent pourquoi l’emploi intérieur n’a diminué qu’à partir du premier trimestre 2009.


Plan emploi

Compte tenu de la faible relance économique et de la progression limitée de la durée moyenne de travail à partir de la fin 2009, l’emploi n’augmenterait à nouveau qu’à partir du début 2011. Alors que les créations nettes d’emploi totalisaient encore 71 200 unités l’an dernier, les pertes d’emploi avoisineraient les 34 600 unités cette année. En 2010, les destructions d’emploi atteindraient 58 900 unités en moyenne. En 2011, la tendance s’inverse et on enregistre à nouveau des créations d’emploi, quelque 17.600 en moyenne.

Le taux d’emploi baisserait de 63,6 % en 2008 à 61,5 % en 2010 et 2011. Compte tenu de l’évolution de la population active, le nombre de chômeurs (y compris les chômeurs complets indemnisés non demandeurs d’emploi) devrait augmenter cette année de 53 900 unités, de 98 400 unités l’an prochain et de 23 300 unités en 2011. Le taux de chômage harmonisé (définition Eurostat) passerait ainsi de 7 % en 2008 à 9,6 % en 2011.

(Source: Bureau Fédéral du Plan)

29/09/2009

Le FMI, un ami qui vous veut du mal!

logo_attac(Source de cet article: ATTAC France)

À l’agonie il y a deux ou trois ans, ne trouvant plus d’emprunteurs, le Fonds monétaire international (FMI) apparaît pour l’instant comme le principal bénéficiaire de la crise globale. Le G20 lui accorde des fonds supplémentaires, on lui promet un champ d’action plus vaste, et à nouveau les pays emprunteurs sont contraints de passer sous les fourches caudines de ses plans d’ajustement structurel. Mais les choses ne sont pas si simples, car désormais un vent de fronde souffle au sein de l’Organisation des Nations unies dont, on a trop souvent tendance à l’oublier, le FMI est une agence. Et si l’ensemble des pays riches et pauvres s’entendent pour juger nécessaire une réforme du FMI, les uns et les autres ont une conception totalement différente de celle-ci. Reste à savoir si une telle réforme est souhaitable, et s’il ne vaut pas mieux carrément repartir de zéro.

Rappel historique et fonctionnement du FMI

Le FMI est né des accords de Bretton Woods, signés le 22 juillet 1944 par la plupart des nations alliées, soit quarante-quatre États sur quarante-cinq, l’URSS s’étant contentée d’un rôle d’observateur. Les mêmes accords créaient la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), principale institution financière de l’actuelle Banque mondiale. Il s’agissait alors de garantir la stabilité du système monétaire international (rôle du FMI) et de favoriser la reconstruction et le développement économique des pays touchés par la guerre (rôle de la BIRD). Dès la création de l’Organisation des Nations unies, les deux institutions en sont devenues des agences, mais elles ont réussi, grâce à leurs statuts et à la pression des États-Unis, à échapper à tout réel contrôle de l’ONU, et s’apparentent plus à des sociétés par actions qu’à des institutions démocratiques.

En effet, à la Banque mondiale et au FMI, le principe n’est pas un État = une voix, mais, comme on a coutume de le dire, un dollar = une voix. La répartition des droits de vote au FMI est le résultat d’une savante alchimie tenant compte pour l’essentiel des quotes-parts versées par chaque État membre. Ainsi, avec une quote-part de 17,09 %, les États-Unis disposent de 16,77 % des droits de vote, ce qui leur assure un droit de veto au sein de l’institution, car aucune décision importante ne peut y être prise si elle ne recueille pas au moins 85 % des voix. Plus généralement, la disproportion est flagrante entre les pays industrialisés (63,7% des droits de vote en 2000) et les pays en développement (29,3 %), les 7 % restants allant aux pays producteurs de pétrole, en particulier l’Arabie saoudite (3,3 %).

Chacun des 186 États membres est représenté au FMI par un gouverneur, qui est en général son ministre des finances (Christine Lagarde pour la France en 2009) ou le gouverneur de sa banque centrale. Mais le Conseil des gouverneurs n’a qu’un rôle très limité, puisqu’il ne se réunit qu’une fois par an. La gestion au jour le jour est confiée à un directoire de vingt-quatre personnes, appelé en français Conseil d’administration, en anglais Executive Board, composé de façon totalement antidémocratique : huit États privilégiés ont droit à leur propre administrateur (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Arabie saoudite, Chine et Russie), tandis que tous les autres sont forcés de constituer des groupes respectant un découpage géopolitique parfois assez étrange. Ainsi, le groupe représenté par l’Espagne comprend le Mexique, les États d’Amérique centrale et le Venezuela. On se demande quels intérêts communs peuvent avoir ces pays avec l’Espagne, dans un tel groupe aux relents colonialistes ! Chaque administrateur dispose du total des droits de vote attribués à son pays ou à son groupe. Ainsi, le groupe du Rwanda, composé de vingt-trois pays africains parmi les plus pauvres, dispose en tout et pour tout de 1,35 % de droits de vote.

Au sommet de la pyramide se trouve le directeur général, nommé pour cinq ans. Une règle tacite veut que ce poste soit occupé par un Européen, tandis que le président de la Banque mondiale est désigné par les États-Unis. Depuis sa création, le FMI a vu se succéder dix directeurs généraux, dont quatre Français : Pierre-Paul Schweitzer (1963-1973), Jacques de la Rosière (1978-1987), Michel Camdessus (1987-2000) et Dominique Strauss-Kahn depuis le 1er novembre 2007. Soit près de trente-cinq ans de présidence française (et ce n’est pas fini !), dont une vingtaine marquée par la tyrannie de l’ajustement structurel et ses conséquenes catastrophiques.

Les objectifs du FMI et ses échecs

À en croire son site Internet, le principal objectif du FMI est « d’assurer la stabilité du système monétaire et financier international ». Dans la même veine, le site précise qu’il s’agit de « promouvoir la stabilité économique et prévenir les crises ; contribuer à la résolution des crises, lorsqu’elles se produisent ; promouvoir la croissance et alléger la pauvreté ». Autant dire que le FMI a tout faux : il n’a jamais su prévenir les crises, en particulier celle que nous traversons, n’a jamais su les résoudre, n’a promu qu’un seul type de croissance (celui des pays riches que les pays pauvres devaient imiter, au détriment de leurs propres besoins ainsi que de l’environnement) et a alourdi la pauvreté au lieu de l’alléger. Quant à la stabilité du système monétaire et financier, il y a belle lurette que le FMI a échoué à la garantir.

Revenons en 1944 : la création du FMI avait pour but principal d’éviter que se produise une grande crise semblable à celle de 1929, avec son avalanche de dévaluations, de désordres économiques et de tensions politiques ayant entraîné la guerre. Pour cela, trois grandes règles avaient été fixées : chaque État devait définir sa monnaie par rapport à l’or ou au dollar américain, lui-même convertible en or ; la valeur des monnaies sur le marché des changes ne devait fluctuer que de 1 % par rapport à leur parité officielle ; pour défendre cette parité, chaque État avait pour mission d’équilibrer sa balance des paiements, le FMI pouvant lui prêter de l’argent à court terme pour qu’il parvienne à cet équilibre.

Ces règles, inspirées par le négociateur américain Harry Dexter White, ne plaisaient pas vraiment à John Maynard Keynes, représentant du Royaume-Uni, qui aurait préféré la création d’une banque centrale mondiale et d’une monnaie unique, qu’il appelait le bancor. Elles n’auraient pu fonctionner que si les États-Unis n’avaient pas abusé de la « planche à billets », entraînant le doute et la spéculation à l’encontre de leur monnaie. À la fin des années 1960, la tension était telle que le FMI décida en 1969 de créer sa propre monnaie, les droits de tirage spéciaux (DTS). Mais on retiendra surtout la date du 15 août 1971, à laquelle le président Nixon annonce la suppression totale de la convertibilité du dollar en or. C’est la fin des accords de Bretton Woods et le début du flottement des monnaies, entériné par les accords de la Jamaïque de janvier 1976. C’est peut-être aussi la fin du FMI, qui n’a apparemment plus guère de raison d’être, puisque deux de ses trois grandes règles viennent d’être enterrées.

Le FMI et les États endettés

Mais il reste la troisième règle, celle qui veut que les États fassent tout leur possible pour équilibrer leur balance des paiements. Or, l’augmentation des taux d’intérêt initiée par le gouvernement américain en 1979 pour vaincre l’inflation provoque une « crise de la dette » qui touche de plein fouet les pays du Sud. Ils avaient largement emprunté lors des deux décennies précédentes, à des taux raisonnables qui se trouvent brusquement multipliés par trois ou quatre, situation d’autant plus insoutenable que les cours des matières premières s’effondrent, accentuant le déséquilibre de la balance des paiements. Le paroxysme est atteint en 1982, lorsque le Mexique se déclare insolvable, suivi par l’Argentine et le Brésil. Que faire pour que les créanciers soient malgré tout remboursés ? Prêter, prêter encore, rééchelonner la dette, mais en imposant aux pays endettés les conditions draconiennes de plans d’ajustement structurel qu’ils devront réaliser par étapes, faute de quoi les prêts seront interrompus. C’est le FMI qu’on charge de la besogne, même si la Banque mondiale n’est pas en reste pour lui venir en aide. Contrairement à ce qu’on pense parfois, le FMI ne prête pas des sommes considérables. Par contre, c’est lui qui se charge des montages financiers, c’est donc lui qui décide si un prêt peut être accordé, mettant ainsi en confiance les autres bailleurs.

Damien Millet et Éric Toussaint (voir bibliographie) distinguent dans l’ajustement structurel des mesures de choc, à mettre en œuvre à très court terme, et des mesures structurelles à plus long terme. Parmi les premières, l’abandon des subventions aux produits et services de première nécessité, avec pour conséquence une hausse des prix insupportable pour les populations ; la réduction impitoyable des budgets sociaux, accompagnée de baisses de salaires et de licenciements dans la fonction publique ; la dévaluation de la monnaie locale (l’exemple le plus connu est celle de la dévaluation de 50 % du franc CFA en 1994) ; l’augmentation des taux d’intérêt, destinée à attirer les capitaux étrangers, mais qui ruine les petites et moyennes entreprises.

Les mesures structurelles sont constituées notamment par : le développement des exportations, condition nécessaire au remboursement de la dette, avec l’exploitation d’un ou deux produits au détriment de l’agriculture vivrière ; l’ouverture totale des marchés par la suppression des barrières douanières ; la libéralisation (ouverture à la concurrence) de l’économie, l’abandon des contrôles de mouvements de capitaux et la suppression du contrôle des changes ; une fiscalité aggravant encore les inégalités (baisses d’impôts sur les hauts revenus et développement de la TVA) ; les privatisations massives et le désengagement de l’État dans les secteurs concurrentiels.

L’ensemble de ces mesures, toutes inspirées de la pensée néolibérale, a été baptisé « consensus de Washington » par l’économiste John Williamson en 1989. Elles ont parfois réussi à rééquilibrer la balance des paiements, mais au prix de quels sacrifices pour les populations ! Elles ont surtout abouti à des échecs mémorables, l’un des plus spectaculaires étant la ruine de l’Argentine au début des années 2000, alors que le pays était considéré comme le meilleur élève du FMI. L’exemple argentin a conduit bon nombre de pays à rembourser leur dette au plus vite, afin de ne plus jamais avoir affaire au FMI et à ses remèdes de cheval. Et ainsi le Fonds, qui tire une grande partie de son budget de fonctionnement du service de la dette, s’est trouvé dans une situation financière bien inconfortable.

Mais la crise actuelle a ruiné en quelques mois bon nombre de pays qui avaient connu une croissance aussi spectaculaire qu’artificielle. C’est en particulier le cas de plusieurs nouveaux membres de l’Union européenne, qui avaient adhéré en 2004 ou 2007, ou encore de pays comme l’Islande, l’Ukraine, la Bosnie-Herzégovine et la Serbie, qui tous ont dû faire appel aux bons offices du FMI, dont les méthodes n’ont quasiment pas changé malgré les échecs précédents. Et donc, l’octroi des prêts est toujours soumis à ce qu’on appelle « conditionnalité » dans le langage du FMI, autrement dit à des mesures de choc censées assainir le budget des États emprunteurs. À titre d’exemple, le gouvernement letton a pris en juin 2009 toute une série de mesures que le Parlement a été contraint d’approuver : diminution de presque 25 % du salaire minimum, diminution de 35 % des dépenses liées aux salaires dans les ministères, baisse des retraites, augmentation des impôts. Ces mesures, qui s’ajoutent à celles prises quelques mois plus tôt (notamment la diminution de 15 % du salaire des fonctionnaires), ne satisfont pourtant pas le FMI, qui estime que les choses ne vont pas assez vite et refuse d’accorder la deuxième tranche du prêt promise à la Lettonie. Pendant ce temps, le chômage a augmenté de 150 % dans le pays !

Les bons conseils du FMI : l’exemple de la France

On aurait tort de croire que le rôle du FMI se cantonne à l’octroi de prêts. D’abord, il met à la disposition de ses États membres une « assistance technique », dont le Fonds nous précise qu’elle est destinée prioritairement aux pays à faible revenu et qu’elle est pour eux gratuite. De quoi s’agit-il ? Le site du FMI nous le précise : « L’assistance technique du FMI favorise la mise en valeur des ressources productives des pays membres en les aidant à gérer efficacement leur politique économique et leurs affaires financières. Le FMI aide les pays à renforcer leurs ressources tant humaines qu’institutionnelles et à formuler des politiques macroéconomiques, financières et structurelles adaptées. » Nul besoin d’être grand clerc pour deviner ce que peuvent être, pour les économistes du FMI, des « politiques macroéconomiques, financières et structurelles adaptées », et pour comprendre tous les avantages que le capitalisme néolibéral pourra tirer de cette prétendue générosité.

Mais la générosité du Fonds ne s’arrête pas là. Il dispense aussi annuellement ses conseils à tous les États membres, y compris les plus développés. Ses économistes visitent le pays, pointent du doigt les « bonnes mesures » et les insuffisances, et rendent publique une déclaration de fin de mission. Concernant la France, depuis quelques années le FMI est globalement satisfait des réformes « courageuses » entreprises par les gouvernements de droite successifs, même s’il regrette que ces réformes ne soient ni assez rapides, ni assez radicales. C’est ce que dit entre autres la déclaration de 2005 : «  Même si la détermination des autorités à avancer dans les réformes est courageuse, compte tenu en particulier du contexte difficile dans lequel elles s’inscrivent, il sera essentiel de renforcer encore davantage la dynamique des réformes. Dans le cas contraire, leurs bénéfices en termes de croissance et de création d’emplois risqueraient de rester limités ou de tarder à se concrétiser. » La même déclaration se termine par une recommandation qui, avec le recul, montre l’impéritie du FMI en matière de prévention des crises : « Les marchés hypothécaires devraient être encore développés, comme cela est prévu, en autorisant l’hypothèque rechargeable et en diminuant les coûts de transaction et de procédure légaux et réglementaires. » La déclaration de 2007 déborde d’enthousiasme, après l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République : « L’élection d’un nouveau président et la nomination d’un gouvernement ouvertement réformateur offrent à la France l’occasion historique de renouer avec une croissance soutenue où chacun verrait ses opportunités accrues. » Elle évoque aussi un problème cher au FMI, celui du salaire minimum, qui devrait être, sinon supprimé, au moins très éloigné du salaire médian : « La hausse tendancielle du SMIC, en renchérissant le coût du travail, a évincé les jeunes et les non-qualifiés du marché du travail. Elle a par ailleurs comprimé l’échelle des bas salaires et découragé le travail. Enfin, la politique des baisses de charges sociales, accordées pour tenter de compenser ces effets négatifs, a pesé lourdement sur les finances publiques. Par conséquent, nous saluons la décision de ne pas accorder de coup de pouce au SMIC en 2007 et suggérons qu’elle soit pérennisée. » Et puis, au cas où Nicolas Sarkozy n’y aurait pas pensé, le FMI l’encourage à une vraie rupture : «  Un élément essentiel des réformes menées en France doit être de rompre avec la tendance consistant à résoudre les difficultés économiques à l’aide des deniers publics. »

En 2008, la crise tempère l’enthousiasme du rapporteur, mais lui apporte un souffle poétique inattendu : « La France est bel et bien en mouvement, mais les vents contraires de la conjoncture internationale ont pris de l’ampleur. L’heure est venue d’accélérer encore la mise en œuvre d’une stratégie ambitieuse qui placera le pays sur un sentier de croissance plus élevée, tout en prenant des mesures décisives pour préparer les finances publiques à l’avenir. » Quant à la déclaration de 2009, rendue publique fin juin, elle estime que la France a mieux résisté que ses voisins à la crise (ce qui reste à prouver), mais s’inquiète de la flambée de la dette publique et suggère de nouvelles économies dans les dépenses publiques, par exemple en étendant aux collectivités locales la règle de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Et puis, preuve que les récentes déclarations de François Fillon ne tombent pas du ciel, elle propose de relever l’âge de départ à la retraite : « Nous encourageons le gouvernement et les partenaires sociaux à considérer sérieusement le relèvement de l’âge légal de la retraite, qui, à 60 ans, reste considérablement inférieur à celui des autres pays européens. »

Quel avenir pour le FMI ?

À la lecture de ce qui précède, on ne peut qu’être inquiet, voire révolté, lorsqu’on apprend que le G20 de Londres, en avril 2009, a proposé d’étendre les pouvoirs du FMI et de faire de lui le superviseur de la finance et de l’économie mondiales. Non seulement le FMI a toujours été incapable de prévenir les crises, mais il les a en grande partie provoquées, par exemple en encourageant les prêts hypothécaires ou en imposant la libre circulation des capitaux aux pays endettés, contrairement à ses propres statuts. Depuis quelques années, Joseph E. Stiglitz a mis en lumière les innombrables échecs du FMI, mais il a trop souvent le tort d’imputer ces échecs à des erreurs d’appréciation. Non, l’échec du FMI n’est pas dû à des erreurs ponctuelles, mais à une stratégie dûment préméditée, celle du capitalisme néolibéral, pour qui l’accroissement des profits de quelques-uns ne peut se faire qu’au prix de l’appauvrissement de tous les autres, et qui compte bien profiter de la crise pour resserrer l’étau sur les peuples du monde. C’est ce que Naomi Klein appelle la stratégie du choc.

Alors, réformer le FMI, est-ce possible ? L’Organisation des Nations unies veut y croire, et compte pour cela sur une redistribution des droits de vote au sein de l’institution. Ainsi, la déclaration finale de la Conférence de l’ONU sur la crise, tenue en juin 2009, souligne «  qu’il importe de réformer d’urgence la gouvernance des institutions de Bretton Woods, sur la base d’une juste et équitable représentation des pays en développement, afin d’accroître la crédibilité et d’élargir la responsabilité de ces institutions. Ces réformes doivent refléter fidèlement les réalités nouvelles et renforcer le point de vue, la voix et la participation des marchés émergents dynamiques et des pays en développement, notamment les plus pauvres d’entre eux. » Mais c’est sans compter sur les États-Unis et sur leur droit de veto au sein du FMI (droit de veto qui arrange d’ailleurs bien les autres grandes puissances). Le délégué américain John Sammis l’a d’ailleurs clairement dit à cette occasion : « Toute décision sur une réforme des institutions financières internationales ou de leur mode de fonctionnement est l’apanage de leurs actionnaires et de leurs conseils d’administration respectifs. » Ou encore, enfonçant le clou, il a indiqué que Washington ne considérait pas le document final comme « conférant aux Nations unies un rôle formel dans des décisions affectant les institutions financières internationales » (source : AFP, 27/06/09).

De toute façon, la seule réforme des droits de vote envisageable consisterait à adopter, aussi bien au FMI qu’à la Banque mondiale, le principe « un pays = une voix ». Et on n’en prend visiblement pas le chemin, ce qui rend impossible toute réforme profonde du FMI et de ses orientations. Dans ces conditions, ne faudrait-il pas abolir immédiatement le FMI (et aussi la Banque mondiale, n’en déplaise à J.-E. Stiglitz), et le remplacer par une institution mettant au premier rang la satisfaction des besoins humains fondamentaux, et non la recherche frénétique des profits financiers ?

Des conclusions inquiétantes

Le 29 juillet 2009, le Conseil d’administration du FMI a publié une « note d’information au public » concernant la France. Le dernier paragraphe, reproduit ci-dessous, trace une voie pour le moins inquiétante, d’autant qu’elle est en tous points identique à celle proposée par le gouvernement français : « Les administrateurs préconisent de poursuivre de manière soutenue le calendrier de réformes. Ils notent avec satisfaction que les autorités, tout en agissant à court terme pour combattre la crise, sont déterminées à s’attaquer aux faiblesses structurelles qui existent de longue date, en mettant l’accent particulièrement sur les réformes des marchés du travail et de produits. Pour stimuler la compétitivité et la croissance, préserver la viabilité des finances publiques et rehausser le niveau de vie, les administrateurs recommandent de prendre des mesures favorisant la création d’emplois, en particulier pour les jeunes, les travailleurs peu qualifiés et les seniors. Il s’agirait entre autres de continuer de faire preuve de modération dans l’établissement du salaire minimum, de mener des politiques actives telles que la formation des travailleurs et de relever l’âge légal du départ à la retraite pour promouvoir l’emploi des seniors. Les administrateurs saluent la mise en place récente d’une autorité unique en matière de concurrence et recommandent de s’inspirer de la directive de l’UE sur les services pour déréglementer certaines professions libérales. »

Lien internet : http://www.imf.org/external/french/...

Bibliographie sommaire :

- Attac, Que faire du FMI et de la Banque mondiale ?, Mille et une Nuits, 2002.
- Attac, Le Petit Alter, Dictionnaire altermondialiste, Mille et une Nuits, 2006.
- Damien Millet, Éric Toussaint, 60 Questions, 60 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale, CADTM et Syllepse, 2008.
- Joseph E. Stiglitz, La Grande Désillusion, Fayard, 2002.

Site internet :
- Le site du FMI, dont sont extraites la plupart des citations contenues dans cet article, notamment celles des déclarations de fin de mission. http://www.imf.org/external/french/...

11:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fmi, exploitation, capitalisme, societe |  Facebook |

21/09/2009

PRIVE DE PUBLIC

Privé de publicExtraits choisis du livre "Privé de public" de Gérard de Selys, paru aux éditions Aden, en 1995.
(Notez la justesse des propos qui, malgré la publication de l'ouvrage en 1995, ont une faculté analytique qui est encore actuelle telle que présentée, quinze ans plus tard, démonstration que les choses ne sont pas prêtes de changer dans cette société basée uniquement sur l'exploitation des travailleurs, dans le contexte public/privé. Le livre contient beaucoup d'exemples d'époque, auxquels depuis le temps, nous pourrions en ajouter une multitude, ce qui, plus que certainement, doublerait actuellement le volume de l'ouvrage.  Notez bien, les [ ] contiennent des éléments ajoutés par le blogueur à des fins soit d'actualisation des propos à notre époque, soit pour des précisions de compréhension, ces mots ne figurent donc pas dans l'édition originale.)

En couverture: "Les privatisations ne sont pas l'effet du hasard. C'est au début des années quatre-vingt que les grandes multinationales, conscientes de la gravité de la crise et effrayées par les perspectives de guerre concurrentielle ont commencé à lorgner en direction du secteur public. S'approprier ce secteur, assurant parfois jusqu'au cinquième  du produit intérieur brut d'un pays, était leur seule chance d'expansion. Une véritable guerre de conquête  a suivi, mûrement réfléchie et minutieusement préparée par les dirigeants de multinationales soutenues activement par les grandes institutions internationales."

Public ou privé, le profit d'abord.

Avant de se demander pourquoi ce gigantesque mouvement a lieu aujourd'hui et par qui il a été lancé, il faut comprendre pour quelles raisons, depuis deux siècles, l'économie capitaliste, l'économie qualifiée aujourd'hui "d'économie de marché" par pudibond néologisme, a régulièrement eu recours au processus inverse, c'est-à-dire la nationalisation. On ne peut répondre à cette question qu'en invoquant la première loi du capitalisme: le profit. Que l'on nationalise ou que l'on dénationalise, le but est toujours d'accroitre le profit. Contrairement à ce qui se passe dans une économie de type socialiste "planifiée" dans laquelle il s'agit de collectiviser  tous les moyens de production pour les placer au service de l'amélioration des conditions de vie et de travail de la population et sous le contrôle de celle-ci, les nationalisations opérées sous "économie de marché" ont pour but essentiel d'améliorer les possibilités d'augmentation de profit exigées par les, néologisme honteux oblige, "propriétaires privés des moyens de production" (autrement dit: les capitalistes).

Contrairement à ce qu'ils affirment, les propriétaires privés des moyens de production craignent prendre des risques. Surtout lorsqu'il s'agit de mettre en œuvre des nouvelles technologies requérant d'importants investissements de lancement. Des technologies promettant toutefois un développement de la production et du commerce. ….

…. De même qu'ils répugnent de prendre des risques en investissant dans de nouvelles technologies, les propriétaires privés des moyens de production peuvent confier à l'état qu'ils contrôlent la mission de gérer temporairement de vastes secteurs de l'économie nationale pour faire face à des situations de crise et mobiliser plus intensément l'effort de production. C'est dans ce cas, par exemple, en temps de guerre. ….

…. En outre, très conscients des limites et des dangers de l'économie de marché, les propriétaires privés des moyens de production (au 19ème siècle, grâce au suffrage censitaire, ils s'accordaient à eux seuls les instruments de la démocratie) ont toujours attribué un rôle de garde-fou aux institutions de leur état. ….

…. Les mêmes propriétaires des moyens de production répugnent à investir leurs profits dans des secteurs dont la rentabilité est lente, aléatoire et médiocre et confient à l'impôt public, c'est-à-dire la collectivité, le soin de financer, d'entretenir et de faire fonctionner les grandes infrastructures dont ils sont pourtant les premiers bénéficiaires. ….

…. Parfois, c'est la complète et très coûteuse désorganisation provoquée par la concurrence, ou les abus générés au contraire par la disparition de toute concurrence, auxquels il s'agit de mettre fin par la nationalisation. ….

…. Il arrive aussi qu'on nationalise un secteur connaissant un déficit chronique, donc non générateur de profits pour le secteur privé, mais dont la suppression poserait des problèmes économiques graves à ce même secteur privé. C'est le cas des chemins de fer à la fin du XIXème siècle. C'est le cas des mines de charbon en Grande-Bretagne et en France après la seconde guerre mondiale. C'est le cas aussi de la sidérurgie en Belgique. Ce sont parfois des mesures transitoires. On injecte des capitaux publics, on rationalise la production, on remet en état et on cède à nouveau au secteur privé.
Il arrive qu'on nationalise pour assurer des services bon marché aux entreprises privées. …..

C'est la crise. Sus au public!


Si la nationalisation et le secteur public ne sont pas incompatibles avec l'économie de marché, si même souvent ils ont été utiles aux propriétaires privés des moyens de production et le sont encore, il n'est pas inintéressant de constater que la même raison fondamentale qui les poussait à nationaliser les incite aujourd'hui à dénationaliser ou privatiser. Il s'agit toujours d'augmenter leurs profits. Quatre raisons essentielles expliquent leur changement de stratégie.

Premièrement: la crise. La crise entraîne une chute du taux de profit des entreprises dont les productions trouvent moins d'acquéreurs et dont les capacités de production sont donc sous-utilisées. ….
Deuxièmement, les progrès technologiques spectaculaires en matière de télécommunications et d'ingénierie financière. Les découvertes et l'application de nouvelles technologies (transistors, satellites, puces, circuits intégrés, fibre optique, ordinateurs, etc.…) simultanément dans les domaines de l'informatique et des télécommunications vont littéralement faire exploser les transactions financières et boursières spéculatives.  ….
Troisièmement, dans la foulée de l'acquisition de leur indépendance, payée souvent dans le sang, puis plus tard, dans le cadre de l'organisation des pays non alignés ou du "groupe des 77", les pays du tiers-monde avaient nationalisé leurs ressources naturelles, mines et gisements, et comptaient bien, à l'instar des pays exportateurs de pétrole, en revoir les prix à la hausse. Quelle présomption! On chargera donc le Fonds Monétaire International (FMI), la Banque Mondiale (BM), USAID, le Fonds Européen de Développement (FED) et d'autres organismes de leur faire entendre raison. ….
Quatrièmement, les entreprises et services publics emploient de grandes quantités de travailleurs bien organisés syndicalement et ayant obtenu, grâce à leur poids,  leur force sociale et leur combativité, mais aussi en échange de salaires moindres, de meilleurs statuts et de meilleures conditions de travail que dans le secteur privé. Le monde entier avait les yeux rivés sur la grande grève déclenchée par les postiers et les cheminots belges contre la "loi unique" en hiver 1960-1961. Et ni les patrons ni les gouvernants n'ont oublié que, malgré la mobilisation des réservistes de l'armée, la grève générale avait fait tomber le gouvernement et reculer l'application de cette "loi inique" profondément antisociale. ….

…. Les travailleurs des entreprises publiques représentent donc une force considérable. Or, la guerre concurrentielle que se livrent les entreprises des trois grands pôles économiques mondiaux devant mobiliser le plus de revenus possibles pour le secteur privé, il s'agit aussi de réduire le plus possible les coûts du travail et les budgets publics affectés à la sécurité sociale tout en introduisant de nouvelles formes de travail particulièrement pénibles et sous-payées: le travail dit "flexible", les emplois dits "atypiques", le travail partiel, le travail précaire, le télétravail.
Pas question d'appliquer ces panacées aux secteurs publics. Les syndicats veillent (…). Veillent du moins à ne pas perdre l'essentiel. Privatiser, c'est-à-dire appliquer la filialisation systématique et la sous-traitance, ce n'est pas seulement briser les statuts de fonctionnaires ou d'agents de l'état, c'est aussi diviser les travailleurs en unités plus petites, moins soudées, moins facilement mobilisables. C'est démanteler les puissants derniers bastions qui pourraient s'opposer à trop de destruction sociale, aussi bien dans les secteurs publics que privés. ….

La propagande [patronale] mine la lutte [ouvrière].

La propagande massive assénée par les milieux patronaux et par une partie majoritaire du personnel politique des pays occidentaux ainsi que le matraquage continu de la plupart des médias en faveur du secteur privé et de l'économie de marché ont eu raison de beaucoup. Aussi bien dans le public qu'au sein de nombreuses organisations syndicales, on a fini par intégrer ce discours et par croire qu'effectivement, la dette de l'état et le déficit public étaient à mettre sur le compte d'un "Etat providence" qui aurai gaspillé follement ses ressources à choyer des hordes de travailleurs fainéants, ire-au-flanc, profiteurs ou incompétents et qu'il fallait rembourser la première et réduire le second au plus vite au prix d'"inévitables" sacrifices. Très souvent on a fini par accepter, pièce par pièce, tous les éléments mis en place par les "propriétaires privés des moyens de production" pour mettre la main sur le gâteau public: signatures de "contrats de gestion" ou de "contrats de plan", transformation des services publics en "entreprises publiques autonomes", conclusions d'alliances "stratégiques", filiations, sous-traitance, remplacement de la notion de service public par celle de "service universel", augmentation de productivité des travailleurs, changement des statuts de personnels ou "adaptation" des règlements de travail. Le discours dominant a eu l'effet pervers de faire croire à de nombreux dirigeants syndicaux, en toute bonne foi, que l'autonomie de gestion qu'on proposait aux services publics permettait aux travailleurs de ceux-ci de prouver enfin qu'ils étaient en mesure de faire concurrence efficacement au secteur privé. Que les "contrats de gestion" leur permettaient de mettre en valeur leur saine gestion. C'était, dans leur esprit, le meilleur moyen de mettre un terme aux privatisations. ….

…. [Les exemples vécus depuis les années quatre-vingt] montrent que les syndicats ont, pour la plupart, intégré les critiques du patronat selon lesquelles les services publics fonctionnement mal, coûtent cher, sont peu "performants" et que seul le secteur privé peut rendre de meilleurs services à la société. La plupart des syndicats sont tombés dans le panneau du "contrat de gestion" et de "l'autonomie" des services publics. Aucun, ou presque, n'y a vu une tactique patronale soigneusement élaborée avant d'être appliquée dans le monde entier. ….

Les luttes [ouvrières] minent la propagande [patronale].

Les possédants ont peur de ceux qu'ils exploitent. Ils ont peur des travailleurs. Ils ont peur de la grève. [Les exemples historiques ne manquent pas pour le démontrer]. ….

…. S'il faut s'opposer aux privatisations ou dénationalisations, ce n'est pas parce que les nationalisations ou le maintien des entreprises et des services publics nous rapprochent d'une société dans laquelle appareils de production et services appartiendraient à la collectivité et seraient utilisés pour accroître le bien-être du plus grand nombre. On a vu que les propriétaires privés des moyens de production pouvaient eux-mêmes confier à leur Etat la gestion de services, d'infrastructures ou d'entreprises pour leur seul profit. La mainmise de l'Etat sur tout ou partie de certains secteurs de production ou de services ne signifie nullement que cet Etat ait des buts sociaux. Tout dépend de qui dirige l'Etat. Le plus grand nombre ou le plus petit. S'il faut s'opposer aux privatisations, c'est d'abord parce qu'elles signifient destruction sociale, appauvrissement général, misère, anéantissement culturel et, à terme, aggravation de la crise économique avec risque de guerre. Il faut s'y opposer parce que les privatisations constituent une arme redoutable contre les syndicats, c'est-à-dire contre les acquis, la culture, la solidarité et les capacités de mobilisation des travailleurs, aussi bien dans les secteur public que dans les secteur privé. [Plusieurs centaines de milliers d'emplois ont été perdus en Europe depuis les années quatre-vingt, par les privatisations].
Cela fait autant de travailleurs désormais isolés et dans l'incapacité de se mobiliser. Les luttes que mènent les agents ou employés des entreprises et services publics pour la sauvegarde de l'emploi sont aussi justifiées que celles qui se mènent pour la même raison dans une entreprise privée. Il faut s'opposer aux privatisations, enfin, parce qu'elles constituent un vol de ce qui appartient à la collectivité au seul profit de l'enrichissement rapide des nantis dans un monde déjà profondément inégalitaire. Il ne faut pas seulement s'opposer aux privatisations. Il faut exiger la restitution immédiate de ce qui a été accaparé. La reconstruction de ce qui a été détruit. Il faut revendiquer la renationalisation des entreprises et services publics privatisés.

Pour mener la lutte déterminée et difficile que demandera la défense des entreprises et services publics, l'information et une arme essentielle. Savoir quels sont exactement les mécanismes mis en place, quelles est exactement la stratégie cynique déployée méthodiquement depuis bientôt trente ans [comptés depuis nos jours, en 2009] par les nantis pour s'approprier les biens publics jusqu'au dernier sou, connaître le rôle tenu par chacun, y compris par les médias, est indispensable pour s'opposer avec succès au processus de privatisation.

15/09/2009

Michael Moore sort un flm contre le capitalisme!

michael_mooreMichael Moore : Le capitalisme n’est pas une love story !
Présenté à la Mostra de Venise dimanche, le dernier film documentaire de Michael Moore, Capitalism : A Love Story fait sensation à cause du sentiment que le système économique actuel, en pleine crise, n’a pas vocation à s’améliorer : « Le capitalisme, c’est le mal, et vous ne pouvez pas réguler le mal », prétend le réalisateur.

Mélangeant l’humour qui lui est propre avec des témoignages personnels tragiques, des images d’archive et des slogans publicitaires, Capitalism : A Love Story dresse un portrait impitoyable du système capitaliste, pour en arriver à la conclusion qu’il apporte aux riches encore plus d’aisance, et condamne des millions de gens à la pauvreté. « Vous devez l'éliminer et le remplacer par quelque chose de bien pour tout le monde, et ce quelque chose est la démocratie », explique Michael Moore.

Dans ce film documentaire de deux heures, les voyous sont dans l’esprit de Michael Moore les grands établissements bancaires et les fonds d’investissement (hedge funds) qui jouent l'argent investi dans des martingales hasardeuses comparables à celles dont les joueurs de casino sont habitués. Pendant ce temps, les grandes entreprises sont contraintes de licencier leur personnel par milliers à seule fin de revendiquer des bénéfices record.

Le réalisateur observe également la relation de proximité malencontreuse entre les banques, les hommes politiques et les agents du fisc américain, ce qui explique des mesures de sauvetage du système en crise uniquement au profit des financiers de Wall Street sans égard pour la majorité de la population. En incitant les futurs propriétaires à hypothéquer leur bien immobilier, les établissements de crédit ont créé les conditions d’une crise économique sans précédent, avec le chômage et le problème des sans-abri pour corollaire.

Michael Moore trouve même des prêtres pour affirmer que le capitalisme est antichrétien parce qu’il ne protège pas les pauvres gens. « En fait, il existe une loi qui dispose que le jeu est illégal, mais nous avons permis à Wall Street de le faire avec l'argent des gens pour le placer dans ces produits et dérivés complètement fous », fait valoir le cinéaste iconoclaste. À propos de ces as de la finance, « Ce dont ils ont besoin n’est pas juste une régulation. Nous devons nous organiser différemment afin que les finances et l'argent créées soutiennent l’activité et les entreprises ».

Devant ce triste spectacle, Michael Moore voit les prémices d'un mouvement populaire contre le capitalisme débridé, et pense que l’élection de Barack Obama est susceptible de le promouvoir. « La démocratie n'est pas un sport spectacle, c'est un événement participatif », estime-t-il au cours d’une conférence de presse à l’issue de la présentation de Capitalism : A Love Story. « Si nous n’y participons pas, elle cesse d'être une démocratie. C’est pourquoi Obama réussira ou échouera moins sur ce qu'il fait, mais sur ce que nous faisons pour le soutenir ».

Michael Moore met aussi les autres nations en garde en ce qui concerne le modèle éco-politique récent des États-Unis. Son film montre les ouvriers d’une verrerie à Chicago participant à un sit-in parce qu’ils sont licenciés sans ménagement et sans indemnités à cause d’une recommandation de la banque. Le film revient sur certains thèmes précédents du réalisateur, comme dans sa ville natale de Flint, où son père, ouvrier sur une chaîne de montage d’automobiles, a réussi à s’acheter une maison, une voiture, instruire ses enfants et percevoir une pension décente à la fin du compte.

Mais après la crise financière du 15 septembre 2008, rien de cela n’est plus possible. Demandant à une parlementaire spécialiste des affaires financières au Congrès des États-Unis où est passé l’argent des épargnants perdu par les banques, Michael Moore s’entend répondre : « Je ne sais pas » !

Source : Reuters.

12:26 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : moore, film, societe, capitalisme |  Facebook |

14/09/2009

De plus en plus de « travailleurs pauvres »


Il existe de plus en plus de « travailleurs pauvres » qui n’arrivent plus à s’offrir des extras (voyages, sorties, cinéma…) et devenir propriétaires, selon une étude de la FGTB.

Archives Belga

Il existe de plus en plus de « travailleurs pauvres » qui n’arrivent plus à dépenser pour des extras (voyages, sorties, cinéma…) et devenir propriétaires, selon une étude de la FGTB, présentée mardi à Bruxelles. Environ 20 % des travailleurs font partie de cette catégorie de gens, paupérisés malgré une vie active. Le syndicat souhaite débattre de ce dossier lors du dialogue interprofessionnel en réclamant des salaires bruts et des salaires minimums plus élevés. « Nous allons apporter des sérieuses revendications salariales sur la table », a souligné Rudy De Leeuw, président de la FGTB.

Le syndicat socialiste a mené une vaste enquête sur le pouvoir d’achat des travailleurs. Près d’un actif sur 2 (47 %) estime que son pouvoir d’achat est en baisse par rapport à l’année dernière A peine 33 % des sondés estiment que leur pouvoir d’achat est resté stable contre 7 % qui pensent qu’il a fortement augmenté. Quelque 51 % des travailleurs belges ont des difficultés financières et 37 % d’entre eux ne peuvent pas mettre un euro de côté. Le temps du salaire unique est définitivement révolu pour les ménages car près d’un travailleur sur 2 (44 %) juge indispensable que deux salaires soient la règle.

Selon l’enquête, il apparaît que 35 % des sondés ont des difficultés à assurer les coûts d’éducation de leurs enfants, que 37 % n’arrivent pas économiser, que 25 % des actifs ne peuvent pas devenir propriétaires et qu’enfin, 18 % des Belges ne partent en vacances qu’une fois par an et ont des problèmes pour payer leurs frais de transport.

« Travailler plus pour gagner plus », ne semble pas être le remède à l’amélioration du pouvoir d’achat. Si 61 % des travailleurs effectuent des heures supplémentaires (en moyenne 24 heures par mois), à peine 6 % d’entre eux en font un choix personnel pour gagner plus d’argent. 34 % voient leurs heures supplémentaires non payées ou non récupérées.

Les travailleurs se paupérisent et ce phénomène touche selon la FGTB, 20 % des travailleurs. « C’est une nouvelle catégorie qui se développe de plus en plus », a expliqué Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB.

Ces travailleurs arrivent tout juste à satisfaire leurs besoins primaires et ne peuvent pratiquement rien dépenser pour leurs loisirs ou vacances ou pire d’acheter un bien immobilier. Il s’agit surtout d’actifs du secteur public et non-profit. Anne Demelenne estime par ailleurs que la précarité des contrats offerts et la flexibilité à outrance, particulièrement chez les jeunes, favorisent cette paupérisation.

Parallèlement, la FGTB a demandé au CRIOC de réaliser une enquête sur la consommation des ménages à revenu modeste (1.000 euros nets maximum par personne). Selon l’enquête, ces types de personnes vivent sous une pression commerciale, sont moins informés sur ce qu’elles consomment et consomment des produits de moins bonne qualité. Selon le CRIOC, les premiers prix (discount ou marques de distributeurs) sont de moins bonne qualité et posent des problèmes pour ceux qui les consomment.

L’enquête couvre plusieurs segments de consommation des ménages à revenu modeste. Ainsi, ils consomment beaucoup de plats préparés, optent pour de l’eau en bouteille plus chère et sont en moins bonne santé que les catégories plus élevées. Huit enfants sur 10 sont par ailleurs confiés à des proches plutôt qu’en crèche. Les revenus modestes sont exclus du système de garde d’enfants.

« Le misérabilisme et le paternalisme ne sont pas notre style mais nous voulons la prospérité et la santé pour tous », a déclaré M. De Leeuw en évoquant la problématique des petits revenus.

Enfin, toujours dans le cadre de l’amélioration du pouvoir d’achat, le syndicat socialiste a demandé à nouveau une baisse de la TVA sur le gaz, l’électricité et le mazout, un crédit social de 40 à 80 euros pour les bas revenus, un contrôle des prix, un blocage des loyers et l’accès à des gardes pour enfants accessibles.

(belga)

18:45 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pauvrete, travailleurs, exploitation, miserables, capitalisme, societe |  Facebook |

01/08/2009

Marx - Les crises du capitalisme

Marxlescrisesducapitalisme

Livre :: Marx nous explique les crises actuelles

La chasse aux sorcières, les dévoiements du capitalisme étatique de certains pays dits communistes, le triomphe du libéralisme… ont relégué certaines des analyses économiques des plus pertinentes sous prétexte d’une orientation idéologique de leur auteur. Marx a naturellement été la victime de cette catégorisation qui balaie toute possibilité d’honnêteté intellectuelle permettant la reconnaissance de l’acuité d’une analyse. Mais dans la crise actuelle, un retour aux préceptes marxistes de l’économie peut être particulièrement éclairant. Pour lui, les crises sont une matière inhérente au capitalisme, qui à la recherche incessante du profit incite à produire toujours plus dans un contexte de consommation limitée. Lorsque la surproduction apparaît, on réduit alors la production et impose le chômage partiel et les licenciements. La conflagration suit : faillites, chute des actions, misère sociale… Revenir à des analyses passées permet parfois de bien mieux comprendre le présent.

Karl Marx, les crises du capitalisme, texte inédit, Demopolis, 2009, 14€

La crise du système

cover84la crisedusysteme

 La crise secoue bien des certitudes. Chassé des universités, Marx est aujourd’hui, à la faveur de la crise, en train de faire un come-back remarquable. Même – ou est-ce surtout ? – des économistes en plein désarroi le redécouvrent.


Certains ne l’avaient jamais oublié. Depuis le krach de la bulle informatique en 2001, l’économiste marxiste Henri Houben ne cesse de répéter que le système économique international se fragilise de plus en plus, que les États-Unis n’ont guère de marge de manœuvre et qu’un nouveau krach, de l’ampleur au moins de celui de 1929, est inévitable. Avec Jo Cottenier, il décrypte la crise actuelle, en préparation depuis trente-cinq ans, et montre en quoi il s’agit d’une véritable « crise du système », ayant pour fondement la manière même de fonctionner du capitalisme.

François Ferrara analyse le rôle croissant du crédit, dont l’effet est de spolier une deuxième fois les travailleurs.

Dans sa contribution sur l’intervention de l’État, Herwig Lerouge passe au crible la tonitruante critique des fervents du marché libre qui tout d’un coup ont découvert les avantages de la nationalisation, injectant même de l’argent dans le secteur bancaire et créant ainsi une sorte de « socialisme pour les riches ».

Le socialisme comme solution de rechange au capitalisme, que les nouveaux marxistes à la mode préfèrent oublier, est par contre au cœur du débat mené par les quatre auteurs. Que ce numéro d’Études marxistes incite à (re)découvrir Marx, le vrai.

Acheter ce numéro

Cliquez sur l'image pour suivre la thématique de ce dossier sur le site du PTB:

71f503adc8

22:41 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, analyse, social, socialisme, crise, societe |  Facebook |

06/06/2009

Le bon choix!

Le bon choix, pour une société plus juste, plus équitable et plus sociale.

Marre du bourbier politique actuel. Assez des chamailleries improductives, impliquant les « affaires » ou le régionalisme communautaire. Abandon des vraies responsabilités, quand à l’avenir du paysage économique et surtout qui subira les conséquences de la crise. Bref, stop au cirque politique !

Au désarroi se mêlent la confusion et le scepticisme de toute une population complètement désorientée, mais comment pourrait-il en être autrement ?

On ne voit, on n’entend, que les quatre partis s’octroyant le monopole du pouvoir, tantôt exercé par l’un, tantôt par l’autre, coalitions et divorces bidons ; jeu de chaises musicales, jeu de duperies dont nous sommes les éternelles victimes ….parce que nous le voulons bien !

Le PS, avec son Di Rupo en tête, y va de ses diatribes prometteuses et ses slogans surfaits, avec des solutions toutes faites, vielles recettes qui ont toujours dupé tout le monde, surtout la plèbe que nous sommes. Mais chaque fois que çà ne fonctionne pas, et rien ne va jamais comme ils l’annoncent de toutes façons, et là çà ne vient jamais d’eux, alors qu’ils ont le pouvoir, en s’y trouvant, au pouvoir.

Le CDH, fait pratiquement pareil, on ne sait d’ailleurs pas situer exactement ce parti, tantôt au centre, tantôt à droite, tantôt encore plus à droite, comme le PS d’ailleurs. La harangue prometteuse, le  langage nuancé, et eux aussi avec les vielles rengaines, qui n’ont pas fini de duper leur monde.

Le MR, mouvement des riches, promet toujours moins de taxes, moins d’impôts, en somme un bon détricotage de la sécurité sociale par un plus mauvais financement. Suppression progressive des impôts sur les plus riches ; d’où l’appauvrissement d’un peuple entier et cette poignée de riches encore et toujours plus riche. Rentabilité, productivité, compétitivité ; toujours les mêmes rengaines et surtout les actes ad hoc pour toujours mieux nous exploiter.

ECOLO, transformant l’éthique en TOC (trouble obsessionnel compulsif), d’un blanc immaculé, apparut soudain comme une solution à tous les maux. Sauf qu’on ne devrait pas oublier les écotaxes, les taxes égales pour tous revenus, le pauvre payant autant que les ultra richissimes pour les poubelles, les taxes sur l’énergie qu’ils veulent maintenir à 21%, taxe de luxe sur un produit de première nécessité, etc. Pollueur payeur, çà non plus on n’y échappera pas. Prêts à se coaliser avec le diable (bleu) si nécessaire, pour accéder au pouvoir. C’est l’électeur qui décidera ….ou les sondages pré-électoraux ?

Mais tous les quatre se trouveront confrontés à la problématique de la crise actuelle, qu’il faudra faire payer par quelqu’un, l’arbre-à-fric n’existant pas encore jusqu’à présent. Et qui seront les conchons-payeurs ?

Bref, nous ne devons pas nous laisser démonter par ce fouillis amplement perturbateur, mais au contraire garder toute lucidité et se convaincre que la gouvernance de notre pays dépend des gens que nous mettons en place par nos choix.

Votons en citoyens responsables ce dimanche 7 juin, donnons plus de voix aux gens qui sont les plus proches des problèmes du peuple, plus à l’écoute aussi ; donnons-leur de la voix pour une société plus sociale, plus solidaire et moins individualiste, faites le bon choix, celui du PTB+, la liste n°18.

10:23 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : justice, social, elections, societe, scrutin, votes, choix, ptb, ptb, socialisme, equite, europe, regions |  Facebook |

23/05/2009

Vidéos très intéressantes

08:18 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : societe, ptb, politique, elections, socialisme, social, democratie |  Facebook |

17/05/2008

Vénézuela - Chàvez et le prix de l'énergie.

Venezuela : Chávez taxe les superprofits du secteur de l’énergie

Le président Chávez lève un impôt exceptionnel sur les profits des multinationales du pétrole. Rendement estimé : neuf milliards de dollars par an, à réinvestir immédiatement dans des initiatives sociales.

TOny Busselen

Hugo Chavez veut utiliser l’argent rapporté par le nouvel impôt entre autres dans des projets de construction de logements sociaux et de coopératives pour la production de produits de base à des prix acceptables.

Sur proposition du Président Hugo Chávez, le parlement du Venezuela a approuvé mi-avril une loi qui impose une plus lourde imposition des bénéfices des multinationales dès que le prix du baril dépasse 70 dollars. Cette nouvelle loi rapporterait 200 millions de dollars par semaine, soit quelques milliards de dollars par an.
    Chávez a expliqué comme suit la nouvelle mesure : « L’augmentation du prix du pétrole fait exploser les bénéfices des géants du pétrole, sans que cela leur demande le moindre effort. Je veux un nouvel impôt sur les superprofits des multinationales. Le produit de cet impôt doit aller à des programmes sociaux pour s’attaquer rapidement aux problèmes des groupes les plus pauvres. Les pilotes en seront les comités de quartier et les mouvements populaires. »

Intensifier la lutte contre la pauvreté

Chávez avance deux objectifs de cette imposition des multinationales : « le premier but est l’amélioration du niveau de vie des quartiers populaires. Pour cela, nous allons concentrer notre effort sur certaines zones à problèmes. On a déjà identifié 381 quartiers dans 74 communes. Au total, il s’agit de millions d’habitants. Nous devons intensifier la lutte contre la pauvreté dans ces régions les plus pauvres ».
    Il y a dans ces zones des problèmes urgents de fourniture d’électricité, d’eau, de distribution de produits de base, de soins et de médicaments, de matériel de rénovation des logements, etc. Chávez a souligné aussi qu’une partie sera utilisée à financer la nationalisation d’un certain nombre d’entreprises stratégiques, comme des cimenteries et l’entreprise sidérurgique Sidor.

Renforcer le pouvoir populaire

    « À côté de ça, il y a un deuxième but, plus ambitieux, plus lent aussi, mais qu’il faut mener de front. Il s’agit de la formation de valeurs socialistes à travers des projets concrets. » Environ la moitié des neuf milliards de dollars que cet impôt va rapporter doivent être investis dans la construction du socialisme. « Nous devons construire pas à pas des communautés socialistes à partir de la base », a dit Chávez.
    Dans les quartiers populaires dont les conseils de quartier sont bien établis et fonctionnent démocratiquement, on va lancer de nouveaux projets de construction collective de logement social et de coopératives de production de produits de base. Les coopératives agricoles et les collectifs ouvriers dans les usines pourront compter aussi sur un soutien particulier. « On peut ainsi renforcer l’idéal du socialisme par en bas », a-t-il déclaré.

Intervenir contre les multinationales, ça paie

Chávez n’est évidemment pas d’accord avec ceux qui conseillent de ne pas toucher aux multinationales, sous prétexte qu’elles seraient toutes puissantes. Et il fait tout le contraire. Des interventions contre des multinationales étrangères du pétrole ont déjà rendu possibles des réalisations importantes de l’État vénézuélien :
    « Ces dernières années, la nationalisation de la société pétrolière vénézuélienne PDVSA nous a donné une marge financière pour de grands projets. Elle nous a donné l’aisance financière pour financer les actions sociales de notre révolution : subside à la nourriture de base, soins de santé, enseignement, édification de coopératives, etc.
    Mais il y a plus : à Cuba, nous avons réparé et rouvert une raffinerie. On y raffine aujourd’hui déjà 60 000 barils par jour. Nous projetons une raffinerie au Nicaragua aussi, et au Brésil, chaque fois avec la société pétrolière nationale du pays. Idem en Chine : là on construit trois raffineries avec la China Petroleum Corporation. Rien de tout cela n’aurait été possible sans la nationalisation de notre société pétrolière. Bravo aux ouvriers du pétrole ! Bravo à la classe ouvrière du Venezuela ! La classe ouvrière est fondamentale pour notre révolution socialiste ! »

En Belgique aussi,
il faut un impôt sur les bénéfices exorbitants

    Aujourd’hui, les prix du gaz et de l’électricité explosent. Sur le site www.6pourcent.be, depuis fin janvier 2008, plus de 85 000 personnes ont déjà signé la pétition pour diminuer la TVA sur le gaz et l’électricité de 21 à 6 %. Un impôt exceptionnel sur les bénéfices exorbitants d’Electrabel financerait parfaitement une telle baisse de TVA. L’augmentation du prix du pétrole fait faire aux producteurs d’énergie des bénéfices faramineux. Notre gouvernement suivra-t-il l’exemple de Chávez ?

19:33 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : chavez, venezuela, energie, sociamisme, equitable, societe |  Facebook |

02/01/2008

Message de Nouvel-An 2008

Bonjour,

 

Recevez mes meilleurs vœux pour 2008; et surtout meilleurs vœux de courage pour se battre contre l'ennemi du peuple, contre le Grand-Capital exploiteur.

 

Un message de Nouvel-An, un message d'espoir, un message à l'intention de celles et ceux qui n'ont sûrement pas les moyens de lire ce message, pour que nous pensions à eux, plus particulièrement.

 

Ils vivent dans la rue, ils n'ont pas les moyens de se vêtir convenablement, de se loger décemment, de se nourrir et se chauffer comme il se doit.

 

Ayons une pensée pour eux, et aidons-les comme nous le pouvons, dans la solidarité; et luttons pour que la pauvreté grandissante ne devienne pas le fléau du peuple.

Peuple assassiné en bonne et due forme, en toute légalité, par la bourgeoisie, par la minorité profiteuse.

 

La pauvreté ne devrait pas exister, la pauvreté n'a aucune raison d'être, à notre époque, et pourtant, vous qui lisez ce message et moi qui l'écrit, nous serons peut-être demain dans la rue, avec les exclus.

 

Ensemble, luttons, pour que cesse cette exploitation !

 

Nous vivons une ère de régression sociale sans précédent. Tout ce que nos arrière-grands-parents et grands-parents ont obtenu en luttant parfois jusqu'à la mort, nous sommes occupés de tout perdre en quelques années seulement. On ne compte plus les entreprises qui ferment, souvent sans raison valable, si ce n'est que pour la recherche d'un profit toujours grandissant, au seul bénéfice de cette minorité exploiteuse. Les entreprises privées, mais aussi publiques sont touchées de plein fouet par les manigances spéculatives des gens qui nous dirigent réellement, le patronat, les investisseurs, la bourgeoisie, le Capital.

 

Tout coûte de plus en plus cher, tout augmente, sauf nos salaires.

 

Nous sommes en guerre, le peuple est en guerre, une guerre perpétuelle contre la bourgeoisie. C'est la lutte des classes. Malheureusement une majorité d'entre-nous est anesthésiée par le superficiel, l'individualisme, le confort personnel, l'autosatisfaction.

 

Il n'existe aucune baguette magique permettant de gagner ces batailles; non, aucune recette-miracle non plus, mais seulement un concept, une idéologie, le socialisme, le socialisme vrai, et surtout ce  qui peut se résumer en un mot:

 

LA SOLIDARITE

12:28 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Morale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : socialisme, bourgeoisie, pauvrete, nouvel-an, exploitation, capitalisme, societe |  Facebook |

20/12/2007

Syndicats du rail

SNCB:

Les grèves des conducteurs dans les chemins de fer, ces derniers temps, ont paralysé partiellement le trafic ferroviaire, plus particulièrement les samedis.

traimage

Les revendications, même si elles paraîssent justifiées, du syndicat indépendant, et corporatiste, qui ne défend uniquement QUE la cause des conducteurs de trains, en délaissant les problèmes liés aux autres catégories d'agents de la SNCB; ne fait nullement progresser le combat syndical dans le sens de la solidarité entre tous les cheminots. Toute action revendicative perd fatalement de sa force et de ses effets, si l'une catégorie du personnel se désolidarise par rapport aux autres.

Nous avons pu constater ce samedi dernier lors de la grande manifestation pour le pouvoir d'achat. Les manifestants ont subi un véritable sabotage en règle par l'annulation de bon nombre de trains; empêchant du même coup une majorité d'entre-eux de montrer leur solidarité face à ce problème récurrent du peuple exploité !

Le nombre de manifestants aurait plus que doublé, voire triplé, le cas échéant.

Pour remédier à ce problème, la confiance des cheminots doit se tourner vers les syndicats reconnus du rail. La crédibilité des luttes du cheminot en serait renforcée, notamment par l'amélioration de cet esprit de solidarité, plus que nécessaire !

09:28 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : societe, syndicat, sic, cheminots, sncb |  Facebook |

07/10/2007

Signez la pétition "Sauvons la solidarité"

banner2_FR

Pétition: Sauvons la solidarité

Nous sommes Wallons, Bruxellois ou Flamands, nous sommes citoyens du monde. Nous ne voulons pas qu’on érige de nouveaux murs entre des gens, entre des régions et entre des pays. Nous ne voulons pas que le principe de base de solidarité soit remplacé par ceux de concurrence et d’égoïsme. Qui tirera profit de dresser les gens les uns contre les autres ?

Tout ce que nous avons aujourd’hui en Belgique, nous l’avons obtenu ensemble, Flamands, Bruxellois et Wallons. La solidarité entre les citoyens les plus riches et les plus pauvres, ainsi que la solidarité entre les régions plus riches et les plus pauvres sont des piliers de notre société belge.

Nous voulons pour chacun un salaire convenable pour le même travail, indépendamment de la langue que nous parlons. Nous voulons que tous nos concitoyens aient le même droit à des conditions de travail et de vie saines et sécurisées, indépendamment du lieu où se situe l’usine ou le bureau. Nous voulons que tout qui perd son boulot, puisse avoir droit au même soutien et aide, indépendamment de la région où il habite. Nous voulons que chaque enfant ait les mêmes chances, indépendamment de la région de naissance. Nous voulons que toutes les personnes âgées conservent un droit identique à une pension décente, indépendamment du fait qu’elles vivent à Bruxelles, en Flandre ou en Wallonie. Bref, nous voulons la solidarité, pas la scission.

 

banner2_FR

 

07:43 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : solidarite, communaute, societe, union, belgique_unie |  Facebook |

02/09/2007

A nos futurs dirigeants.

A nos futurs dirigeants :

De réformes en réformes, la Belgique s’est bien transformée depuis un quart de siècle, sous prétextes d’évènements extérieurs à notre pays, non seulement le pouvoir d’achat du peuple a bien diminué, la pauvreté a augmenté, les riches d’antan sont devenus des méga-riches.

Actuellement, 10% de la population se partagent 50% des richesses du pays. Et les négociations actuelles dans le « loft-Val-Duchesse-accadémy » n’ont pour but que de trouver un meilleur moyen de plumer encore d’avantage les moins nantis.

La révision de la constitution, la scission de certains pouvoirs fédéraux ne favorisera qu’une certaine « élite » de notre pays déjà si petit et affaiblira le peuple entier, la diminution du nombre de chômeurs par un contrôle accru qui aboutira à des exclusions massives et à une précarisation plus grande de la couche déjà pauvre du peuple. Les mesures antisociales que vous nous concoctez serrera encore plus la corde occupée à nous pendre. La privatisation des services publics supprimera encore d’avantage une garantie d’emploi à une majorité des travailleurs, pour le plus grand profit des actionnaires.

Descendez dans la rue et mêlez-vous aux gens d’en bas, faites un bon stage de précarité, vous aussi, ensuite vous pourrez vous enfermer dans vos salles de réunions et établir ce qui est le mieux pour ceux que vous êtes occupés à condamner actuellement !

Lorsqu’on ne vit pas la misère, on ne peut pas bien la comprendre.

Programmer une régression sociale est très aisé, pour des gens comme vous, aux idées alimentées uniquement par le lobbying patronal et l’actionnariat.

Faites de la politique pour tout le monde, s’il vous plaît !

Alex Pozetti

13/08/2007

Là où nous nous dirigeons!

……Vers la famine et la pauvreté?
Le peuple crevant de faim n’a plus les moyens de se payer à manger, ne sait plus se chauffer convenablement en hiver, ne sait plus se soigner correctement faute des coûts médicaux élevés et les plus démunis ne savent même plus se loger; une affabulation ….. ou bientôt la triste vérité ?

Les prix du pain, du lait, des pâtes, de la viande, du gaz, des produits pétroliers et bien d’autres encore sont en nette augmentation ces derniers temps, pourquoi ?
Notre société est basée sur une économie à politique dite "capitaliste", et donc très tributaire des marchés, tant nationaux qu'internationaux, ce qui fait qu'un déséquilibre provoqué de l'autre côté de la planète se répercutera immanquablement sur notre économie; c'est d'ailleurs dans cette optique que l'on a justifié les augmentations de produits pétroliers durant cet été par les départs en vacances massifs des Américains, entre-autre; mais aussi cette économie capitaliste dépend des capitaux investis en bourse et donc de leur fluctuation; car même ce que nous avons dans notre assiette tous le jours, quoique l'on dise ou que l'on en pense, dépend indirectement du bon vouloir des riches bourgeois investisseurs qui se "sucrent" sur notre dos!

Pour en savoir plus, cliquez ici!

23/07/2007

En Grande-Bretagne ...comme il va en être bientôt partout ailleurs!

Grande-Bretagne: le fossé entre riches et pauvres se creuse:

 

Ce fameux modèle social anglais qui plait tant à Mr Sarkosy

Selon une étude de la Fondation Joseph Rowntree, le fossé entre les riches et les pauvres n'a jamais été aussi profond depuis 40 ans en Grande-Bretagne, alors qu'un nombre croissant de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté.

La part de la richesse nationale détenue par les plus riches a augmenté : en 1991, 1 % des Britanniques les plus riches détenaient 17 % de la richesse nationale, un chiffre passé à 24 % en 2002.

 

A contrario, entre 1990 et 2005, le nombre de ménages pauvres a augmenté, même si celui des très pauvres a baissé.

 Dans certaines villes, près de la moitié des familles vivent en dessous du seuil de pauvreté.

(source: UGICT-CGT)