18/09/2009

France Télécom prié de s'expliquer après une série de 23 suicides

France Télécom prié de s'expliquer après une série de 23 suicides

14/09/2009

Le gouvernement français a décidé d'intervenir dans la crise que traverse le géant des technologies France Télécom, frappé par une série de 23 suicides en 18 mois parmi ses salariés, attribuée par les syndicats au stress et à la dureté des restructurations.

Le PDG du groupe Didier Lombard a été convoqué par le ministre du Travail, Xavier Darcos. Il sera reçu mardi, et le gouvernement lui a demandé de convoquer un conseil d'administration consacré à cette série de suicides, "incroyable dans une seule entreprise", selon l'expression du ministre du Budget Eric Woerth.
Une "scène d'une violence absolue".

Lundi, une minute de silence devait être observée sur tous les sites de France Télécom à la mémoire d'une salariée qui s'est jetée vendredi de la fenêtre de son bureau. Elle est décédée après deux heures d'agonie, une "scène d'une violence absolue", selon le syndicat CGC-UNSA.

Selon la direction de France Télécom, la jeune femme "venait d'apprendre qu'elle changeait de chef d'équipe".

Les syndicats imputent la série de suicides aux méthodes de management dans ce groupe, géant mondial des technologies et employant environ 100.000 personnes dans le pays. Avec une participation de 26%, l'Etat est le principal actionnaire du groupe privatisé en 1997.

Ceux qui étaient salariés au moment de l'ouverture du capital ont conservé leur statut de fonctionnaire. Ils représentent aujourd'hui 65% des effectifs d'un groupe devenu en quelques années un géant de la technologie, après avoir été pendant des décennies le monopole public du téléphone.

Les 23 suicides de salariés "c'est 23 histoires individuelles certainement, mais c'est dans une même entreprise et bien souvent avec l'expression d'un grand désarroi et d'une grande solitude dans l'entreprise", a estimé la ministre de l'Economie Christine Lagarde.

Il faut "tout mettre en oeuvre pour aller à la racine de ces problèmes et comprendre si ce sont les restructurations, les changements de métier" qui en sont à l'origine, a-t-elle insisté.

Les 23 cas, "ce n'est pas que des drames personnels", a répondu le secrétaire général du syndicat CFDT, François Chérèque car "le suicide, c'est tout un certain nombre de difficultés personnelles, mais passer à l'acte sur son lieu de travail, c'est un appel sur un problème qui est directement lié au lieu où on passe à l'acte". Il a demandé un moratoire sur les restructurations.
Le malaise au travail et la pression sur les salariés.

Depuis plusieurs années, les syndicats déplorent le malaise au travail et la pression sur les salariés, notamment pour les inciter à partir dans le cadre d'un plan de départs volontaires qui a permis de se séparer en trois ans de 22.000 salariés (pour 5.000 embauches).

Pour eux, ce sont les méthodes de management qui sont à l'origine de la série de suicides observée depuis février 2008, soit une moyenne de 5,4 suicides par an pour 100.000 salariés contre 1,6 pour 100.000 pour le reste de la populaton active en France.

Le suicide est une "affaire trop grave, trop personnelle pour qu'on puisse réduire ce phénomène que l'on constate chez France Télécom à un problème d'organisation de l'entreprise", a estimé de son côté le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, plus proche collaborateur du président Nicolas Sarkozy. Mais il a appelé France Télécom à venir "au secours de ceux qui sont dans la difficulté".

La direction du groupe a proposé la semaine dernière de suspendre provisoirement les mobilités au sein du groupe. Elle a aussi annoncé des négociations sur le stress dès le 18 septembre et le recrutement de 100 spécialistes des ressources humaines de proximité ainsi que de médecins du travail.

Levif.be avec Belga

19:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : stress, suicides, exploitation, travail, capitalisme |  Facebook |

17/09/2009

De plus en plus de suicides sur le lieu de travail!

De plus en plus de suicides sur le lieu du travail
10.09.09 - Source RTBf

La journée mondiale de prévention du suicide ce jeudi est l'occasion de lever le voile sur un phénomène qui prend de l'ampleur: le suicide au travail. Chez France Telecom par exemple, 22 personnes se sont donnés la mort depuis février 2008.

Dernière tentative en date: mercredi, un employé s'est blessé d'un coup de poignard lors d'une réunion de travail. Il avait été informé d'un changement de secteur d'activité récemment. Mais, selon la direction, rien ne laissait présager cet acte désespéré. A aucun moment, l'employé n'avait manifesté son désaccord.

Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à faire appel à des associations spécialisées dans la prévention du suicide.

Le nombre de cas de suicides au travail est en augmentation. C’est la loi des séries dans plusieurs entreprises: un opérateur français de téléphonie, un constructeur automobile français, certaines zones de police en Belgique.

Le passage à l'acte résulte non pas d'un, mais le plus souvent de plusieurs facteurs, personnels, professionnels. Le responsable, c'est l'acteur lui-même. La question est cependant posée: l'entreprise elle a-t-elle sa part de responsabilité?

6 suicides par jour en Belgique

Beatrix Lequeux, qui travaille au centre de prévention du suicide et répond aux appels de collaboration des sociétés, explique que l’entreprise est responsable des conditions de travail qu’elle offre à son employé: "elle ne va pas être responsable du suicide directement, mais elle aura une responsabilité dans ce qu’elle aura mis en place".

Dans 85% des cas, la tentative de suicide est annoncée, au détour d'une conversation et souvent dans le milieu professionnel. Au Centre de prévention du suicide, Paulette Duhaut accompagne la personne qui a survécu à une tentative de suicide. Selon elle, "c’est évident que si l’entourage direct, par exemple au travail, est rejetant, ridiculise ou n’entend pas, ça va ajouter à la détresse de la personne".

Le Centre de prévention installe le suicide comme un enjeu majeur de santé publique: six Belges se suicident chaque jour, pour des tentatives vingt fois plus nombreuses.

(D. Delhalle)

14:38 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suicides, travail, exploitation, stress, depression, capitalisme |  Facebook |