18/02/2010

Il n’y a pas de délits mineurs


Article paru dans POLITIQUE Février 2010 (n°63) : Féminisme et multiculturalité - entre malaise et défis, par Mateo Alaluf

Mateoalaluff7f1fIl n’y a pas de délits mineurs : C’est par ces mots que la présidente de la Cour fédérale du travail allemande a justifié ses jugements. De quels jugements s’agit-il ? En février 2009, un tribunal avait confirmé le licenciement d’une caissière de supermarché berlinoise, après 31 années de service, pour avoir encaissé à son profit deux bons de consigne de bouteille pour une valeur de 1,30 euro. En juillet, une secrétaire avait subi le même sort après avoir mangé une boulette de viande lors d’une réception avec des clients. Enfin, au mois d’octobre, c’était le tour d’une aide-soignante de voir son licenciement d’une maison de retraite confirmé par un tribunal pour avoir voulu emporter les restes du repas d’un patient. Ce sont ces jugements que la Cour fédérale présidée par Mme Ingrid Schmidt confirmait en appel le 29 décembre 2009, couronnant ainsi toute une année judiciaire |1|.

Aux protestations de la gauche « de ne pas être dans la réalité » (Gesine Lötzsch, députée de Die Linke) et aux syndicats qui accusent les entreprises « d’utiliser le moindre prétexte en période de crise pour se séparer de leurs salariés », d’autres pouvaient rétorquer qu’aucune indulgence n’était possible « pour les salariés voleurs ». Chacun sait d’ailleurs qu’il n’y a pas de société possible sans le respect des règles. La juge pouvait donc, en toute bonne conscience, répondre à ses détracteurs : « Il n’y a pas de délits mineurs ».

Toujours dans cette fin d’année 2009, nous avons assisté au non-lieu prononcé, à Bruxelles cette fois, en raison d’une irrégularité de procédure à l’égard des dirigeants de la banque KBLux, pour avoir mis en place un système frauduleux ayant permis une vaste entreprise d’évasion et de fraude fiscale. Les déclarations publiques de satisfaction des inculpés désormais blanchis sont particulièrement éclairantes. Justice leur a été rendue puisqu’ils n’avaient rien fait d’autre que ce que font les autres banquiers. L’ingénierie fiscale ne consiste-t-elle pas à s’accommoder des règles tout en les contournant ? Leur pratique ne se distinguant en rien de celle de leurs confrères, le procès instruit à leur encontre ne pouvait résulter que de manipulations. Le monde de l’industrie et de la finance est souvent amené à accommoder les règles. Chacun sait bien en effet qu’en suivant méticuleusement les règles, on est condamné à demeurer boutiquier et non financier. Les vrais entrepreneurs sont précisément ceux qui prennent leurs responsabilités en se libérant des règles pour conduire leurs affaires avec profit.

La chronique judiciaire rend ainsi visible un principe qui régit le fonctionnement de notre société. Les règles sont faites pour être respectées par ceux qui les subissent. C’est pourquoi ils payent toute transgression, si minime soit-elle, d’un prix très élevé. Par contre ceux qui les ont conçues et en tirent le bénéfice ne peuvent se laisser enfermer dans un « carcan de règles ».

Les dominants savent, dit Luc Boltanski |2|, qu’on ne peut rien faire avec les règles qui sont autant d’entraves à leur liberté d’entreprendre. C’est pourquoi ils les contournent, les oublient, ou au besoin en inventent de toutes pièces des nouvelles pour justifier leurs pratiques. Les dominés par contre savent qu’ils ne peuvent jamais transgresser les règles. L’émancipation réside donc bien en conséquence dans l’affranchissement des dominés des règles qui les enserrent.

|1| Le Monde, 1er janvier 2010.

|2| L. Boltanski, De la critique. Précis de sociologie de l’émancipation, Paris, Gallimard, 2009.

17:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fisc, travail, exploitation, judiciaire |  Facebook |

16/02/2010

Le stress au travail : "une maladie professionnelle" ?


Par Nadia Agsous (article original sur le site "oulala.net")

Qu’est ce que le stress ? (1)

Une transaction particulière entre la personne et l’environnement dans laquelle la situation a été évaluée par l’individu comme excédant ses ressources et pouvant menacer son bien-être (Lazarus et Folkman).

L220xH220_gif_stress-positif1-6-913f9Il intervient lorsque se manifeste un déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face, écrit Elisabeth Grebot, psychologue clinicienne et chercheure en psychologie clinique à l’université Paris-Descartes, dans son dernier ouvrage qui traite du stress professionnel, de ses conséquences sur la santé physique et psychologique des salarié(e)s et des traitements adéquats pour gérer voire traiter ce phénomène considéré comme le troisième enjeu de santé au travail.

Dans cette étude documentée et détaillée de 127 pages illustrée par des études de cas, des enquêtes nationales, européennes et mondiales, l’auteure distingue trois notions définies par l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (O.S.H.A) : les facteurs stressants, c’est-à-dire les situations contraignantes qui favorisent l’apparition du stress. Les réactions physiques et psychiques aux facteurs de stress. Et les effets « observables » sur les comportements et/ou sur la santé.

Le stress, une « maladie des temps modernes ? »


Selon E. Grebot, le stress n’est pas un phénomène nouveau. En 1823, le britannique Swan a parlé « d’ulcères de stress ». En 1946. le « père du stress », Hans Selve (1907-1982) a utilisé ce terme lors d’une conférence au Collège de France (Paris). En 1950, il établit une distinction entre « l’agent stressant » (« stressor ») et « la réaction d’adaptation » (stress), d’une part. Et d’autre part, entre « l’eustress » (le bon stress) et le distress » ( mauvais stress).

L’idée de bon et de mauvais stress prônée par Hans Steve qui propose une approche biologique du stress a fait l’objet d’une remise en question. Selon l’Institut national de recherche et de sécurité, ((l’I.N.R.S.), scientifiquement, « il n’y a ni « bon » ni « mauvais » stress mais un phénomène d’adaptation du corps rendu nécessaire par l’environnement ». Et à l’auteure de distinguer deux états de stress : « l’état de stress aigu qui renvoie aux réponses du corps humain à des situations ponctuelles et « l’état de stress chronique » qui correspond aux réactions de l’organisme face à des situations qui s’inscrivent dans la durée.

Le stress, « une nouvelle maladie professionnelle ? »


De nos jours, il semble y avoir une confusion entre maladie et stress, phénomène qui touche de plus en plus de personnes notamment dans les sociétés industrielles. D’une manière générale, le travail est considéré comme un facteur générateur de stress. Le nombre des « fracassés du travail » (Marie Pézé, psychologue) a augmenté et les « patho-logies aiguës, psychiques et somatiques » ont multiplié. Ainsi, pour beaucoup de salarié(e)s, cadres et non cadres, le travail est synonyme de pénibilité devenant ainsi un « instrument de torture », définition qui fait référence à l’étymologie latine du mot travail (« trepalium »).

La pénibilité au travail n’est pas que d’ordre physique. Elle est également mentale, psychologique et émotionnelle. Cette nouvelle donne est la conséquence de la modification de la nature des facteurs de stress. En effet, la surcharge et l’accélération du rythme du travail, la suppression d’emplois avec les nouvelles technologies de l’information, la pression du temps et les nouvelles formes d’organisation du travail impliquent une « responsabilisation » plus importante des salarié(e)s et intensifient la charge mentale du travail engendrant ainsi une « idéologie plus individualiste, une désolidarisation des liens sociaux -et- une solitude accrue » au sein de l’entreprise (pathologie de la solitude). Cependant, il semble important de noter que le travail ne revêt pas systématiquement une connotation négative. Pour certain(e)s, l’entreprise n’est pas synonyme de stress, de souffrance et d’insatisfaction.

« Les raisons de stresser... »

Le management par le stress et la peur : une méthode stimulante ?


Dans beaucoup d’entreprises, pour des raisons d’augmentation de la productivité, les salarié(e)s se retrouvent soumis à des sollicitations de plus en plus croissantes au delà de leurs limites. Le management par le stress et la peur a des effets négatifs sur le bien-être des salarié(e)s et l’ambiance au travail et sur la productivité. Cette méthode managériale engendre une dégradation des conditions de travail, crée de la violence sur le lieu de travail, détériore les relations entre les salariés conduisant peu à peu à un épuisement notamment psychologique.

Certain(e)s sont plus sensibles au stress que d’autres ?

Certains traits de personnalité comme le pessimisme, l’anxiété et l’affectivité négative, c’est-à-dire la prédisposition à être sujet aux émotions négatives telles que la honte, la colère, l’agressivité ont tendance à accentuer la fragilité émotionnelle et le désarroi psychologique. D’autre part, l’optimisme et l’affectivité positive, c’est-à-dire l’aptitude à faire face aux situations difficiles avec vitalité en ayant recours à des stratégies qui s’appuient sur des ressources internes jouent un rôle important dans la prévention et la gestion du stress professionnel.

Selon E. Grebot, le stress, c’est dans la tête. Dit autrement, c’est l’idée que chaque individu se fait d’une situation qui crée le stress ou pas. A la lumière de cette définition, elle distingue, d’une part, « le stress perçu » qui renvoie à l’évaluation subjective d’une situation et ainsi la signification que chaque individu se fait d’un événement donné. Et d’autre part, « le contrôle perçu », c’est-à-dire la certitude qu’un individu contrôle le cours de l’événement qui se présente à lui.

Un sentiment de contrôle élevé est un facteur aidant dans la perception positive d’une situation et la consolidation du sentiment de compétence. Lorsque le sentiment de « soutien perçu » est élevé, il contribue à la diminution du sentiment de stress et de fatigue professionnelle et consolide le sentiment d’appartenance à un groupe solidaire.

Les effets du stress sur la santé physique et psychologique...

Dans cette partie de l’ouvrage, l’auteure souligne l’existence d’un lien entre le stress professionnel et les risques d’accidents cardio-vasculaires. En effet, l’état de stress permanent est susceptible de générer des déréglements métaboliques qui sont autant de risques pour le système cardio-vasculaire.

Les symptômes somatiques et psychologiques liés au travail se manifestent sous diverses formes : maux de tête, migraines, crispations, découragement, douleurs de dos et des membres … Et selon le Ministère du travail, les maladies diffèrent selon l’activité professionnelle. Les agriculteurs, les ouvriers et les artisans ont plus souvent des problèmes musculo-squelletiques. Pour les cadres, le stress professionnel engendre des troubles psychologiques comme la dépression.. Selon l’Organisation de la Santé, la France occupe la troisième place mondiale pour les dépressions liées au travail.

Le « burnout » ou l’épuisement professionnel est définie comme une « pathologie d’allure dépressive qui se manifeste sous forme de lassitude émotionnelle » qui se caractérise par un désinvestissement dans le travail, une perte d’enthousiasme, une fatigue au travail, une perte de confiance en soi, une diminution de l’estime de soi et une hantise du sentiment d’échec. Le lien entre le burnout et le suicide est très étroit. Selon E. Grebot, « c’est le stade final d’une rupture d’adaptation qui résulte d’un déséquilibre à long terme entre les exigences professionnelles et les ressources de l’individu ».

Comment prévenir et traiter le stress professionnel...


Selon le Code du travail (art. L. 230-2), les employeurs ont obligation d’assurer la sécurité physique et mentale des travailleurs de l’établissement. Par ailleurs, les Accords européens sur le stress, le harcèlement et la violence au travail mettent l’accent sur l’obligation de l’employeur de prévoir des mesures préventives sur le lieu de travail. Cependant, ces dispositions réglementaires ne sont pas toujours suivies d’effet. L’auteure note l’existence d’un écart entre l’« intention » et l’« application ».

Afin d’agir efficacement au sein d’une entreprise, E. Grebot préconise l’intervention des professionnels en gestion du stress ayant des compétences en psychologie et en psychologie des organisations. Cette action comprend des mesures préventives qui consistent à faire un diagnostic du stress en procédant à une identification, évaluation et analyse des facteurs stressants. Cette phase de l’intervention organisationnelle doit aboutir à l’élaboration d’un plan d’action. Cette action doit favoriser la participation des salariés. La présence d’un intervenant extérieur est vivement recommandée.

Le second type de mesures d’ordre essentiellement individuel consistent à faire intervenir des psychologues sur le lieu de travail notamment en cas de passages à l’acte suicidaire. Elles visent à prévenir l’apparition des symptômes post traumatiques par des soins « immédiats » « defusing » ou « décrochage » prenant la forme de rencontres proposée aux salariés soit en groupe soit en individuel. Par ailleurs, des actions de prévention primaires « simples » peuvent être organisées. L’objectif étant d’informer sur les signes précurseurs du suicide, privilégier la parole, renforcer le système de solidarité entre collègues et les liens sociaux dans l’entreprise.

Le recours à des techniques de restructuration cognitive permet d’apprendre à s’affirmer, à s’opposer et d’avoir cette « capacité d’exister, de défendre son point de vue sans l’imposer de manière autoritaire… ».

Pour conclure, il semble important de souligner que le travail a tendance a devenir un lieu de souffrance physique et psychologique pour beaucoup. Nous assistons à une multiplication et une diversification des facteurs de stress professionnel : hausse de la pression, augmentation du rythme de travail, diminution des délais, de l’autonomie, gestion par la peur, La somme de ces facteurs ont des répercussions négatives sur la santé physique et mentale des salarié(e)s, sur la productivité, la qualité du travail…

Le stress professionnel touche le secteur privé et le secteur public, les salarié(e)s, les étudian(e), les jeunes, les adultes. Il est cependant plus élevé pour les femmes, les ouvriers et les employés. Pour prévenir le stress, il est important d’ améliorer les conditions de travail, de la communication et de favoriser l’accompagnement individuel par des psychologues. Cette tâche incombe aux employeurs et aux partenaires qui ont la responsabilité d’assurer le bien-être sur le lieu professionnel.

Et si le travail a tendance à être la source majeure du stress dans les sociétés contemporaines, il n’en demeure pas moins que la perte d’emploi, un licenciement et la recherche d’un empoi constituent autant de facteurs générateurs de stress.

A lire cet ouvrage qui intéressera les salarié(e)s, les employeurs et toute personne intéressée par la question du stress professionnel, et d’une manière plus large, par la psychologie sociale et la psychologie de la santé.

Notes

1) Le terme stress est le diminutif du mot « distress » (détresse). En langue latine, le mot « stringere » signifie « mettre en tension », « serrer », « étreindre ».

16:00 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : travail, maladie_professionnelle, exploitation, corveabilite, stress |  Facebook |

28/01/2010

L’autodestruction du Capitalisme

(Article provenant de "legrandsoir.info")
Michael PARENTI
illustration : "Capitalism:final" par Davio

Capitalisme finAprès le renversement des gouvernements communistes de l’Europe de l’est, le capitalisme a été brandi comme l’invincible système qui apporte prospérité et démocratie, le système qui allait s’imposer jusqu’à la fin des temps.

Cependant, la crise économique actuelle a fini par convaincre même quelques éminents partisans du libre marché qu’il y a quelque chose qui cloche sérieusement. En vérité, le capitalisme n’a pas encore réglé ses comptes avec plusieurs forces historiques qui le gênent en permanence : la démocratie, la prospérité, et le capitalisme lui-même, cette entité que les dirigeants capitalistes prétendent promouvoir.

Ploutocratie contre Démocratie

Commençons par la Démocratie. Aux Etats-Unis on nous dit que capitalisme et démocratie sont étroitement liés, d’où le terme « démocraties capitalistes ». En fait, tout au long de notre histoire les rapports entre démocratie et capitalisme ont été largement antagonistes. Il y a environ 80 ans, le juge de la Cour Suprême Louis Brandeis faisait le commentaire suivant : « Dans ce pays, nous pouvons avoir soit la démocratie, soit une grande concentration de richesse entre les mains d’une minorité, mais pas les deux. » Les intérêts d’argent ont été des adversaires et non des partisans de la démocratie.

La Constitution elle-même a été rédigée par des hommes de bonne famille influents qui se sont réunis à Philadelphie en 1787 pour répéter leurs mises en garde contre les effets néfastes et égalitaires de la démocratie. Le document qu’ils ont rédigé était lui-même loin d’être démocratique, rempli de contrôles, vetos et exigences requis auprès de majorités supérieures artificielles, un système destiné à étouffer la volonté populaire.

Au début de la République, les riches et l’élite ont imposé la condition d’être propriétaire pour avoir le droit de vote ou d’être élu. Ils s’opposaient à l’élection directe des candidats (notez que leur systède Collège Electoral est encore en place - (Rappel : le président US des US est élu par un suffrage indirect - NdT). Et pendant des décennies, ils ont résisté à l’extension de ces droits aux groupes moins favorisés tels que les travailleurs sans propriété, les immigrés, les minorités raciales et les femmes.

Les forces conservatrices d’aujourd’hui continuent de rejeter des modes de scrutin plus équitables tels que le proportionnel, le mode de scrutin préférentiel ainsi que le financement public des campagnes électorales. Ils continuent de dresser des barrières au vote, soit par des procédures d’inscription sur les listes électorales qui sont exagérément sévères, par les radiations d’électeurs des listes, par des bureaux de vote inadaptés et des machines à voter électroniques qui n’arrêtent pas de se « tromper » en faveur des candidats les plus conservateurs.

Il arrive que les classes dirigeantes censurent les publications radicales et répriment les manifestations populaires, en recourant aux descentes de police, aux arrestations, aux emprisonnements – sévèrement appliqués récemment contres les manifestants à St Paul, Minnisota, lors de la Convention Nationale Républicaine.

La ploutocratie conservatrice tente aussi de saper les avantages sociaux de la démocratie, tels l’éducation nationale, les logements aux loyers modérés, le système de santé, les conventions collectives, les salaires décents, la sécurité au travail, un environnement sain ; le droit à la vie privée, la séparation de l’église et de l’état, le droit à l’avortement, et le droit de se marier avec tout adulte consentant de son choix.

Il y a environ cent ans, le dirigeant syndical Eugène Victor Debs avait été jeté en prison pendant une grève. Depuis sa cellule il n’a pas pu s’empêcher d’arriver à la conclusion que dans les conflits entre deux secteurs privés, le capital et le travail, l’état n’était pas un arbitre neutre.

La force de l’état – avec sa police, ses milices, ses tribunaux et ses lois – était sans équivoque du côté des patrons. A partir de là, Debs a conclu que le capitalisme n’était pas seulement un système économique mais tout un ordre social qui faussait le jeu de la démocratie pour favoriser les riches.

Les dirigeants capitalistes se posent en promoteurs de la démocratie même lorsqu’ils la subvertissent, non seulement ici mais à travers l’Amérique latine, l’Afrique, l’Asie et le Moyen Orient. Toute nation qui ne propose pas un « cadre favorable aux investissements », qui tente de consacrer ses terres, sa main d’œuvre, son capital, ses ressources naturelles et ses marchés à son propre développement, en dehors de la domination des multinationales, court le risque de se voir diabolisée et ciblée comme « une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis ».

La Démocratie devient un problème pour l’Amérique des multinationales non pas quand elle échoue mais quand elle fonctionne trop bien, permettant à la population d’avancer vers un ordre social plus juste et supportable, en réduisant le fossé, même modestement, entre les super riches et le reste de la population. Alors la démocratie doit être détournée et subvertie, entachée de désinformation, d’hyper médiatisations, (media puffery), par des sommes exorbitantes dépensées lors des campagnes électorales ; par des résultats de scrutins truqués, un public plus ou moins impuissant et par de pseudo victoires électorales attribuées à des candidats plus ou moins politiquement acceptables.

Capitalisme contre Prospérité

Les grands capitalistes n’encouragent pas la prospérité pas plus que la démocratie. La majorité de la planète est capitaliste, et la majorité de la planète n’est ni prospère ni particulièrement démocratique. Il suffit de penser au capitaliste Nigeria, capitaliste Indonésie, capitaliste Thaïlande, capitaliste Haïti, capitaliste Colombie, capitaliste Pakistan, capitaliste Afrique du Sud, capitaliste Latvia, et divers membres du Monde Libre ou, plus être plus précis, du Marché libre.

Une population qui serait prospère, politiquement éduquée et très exigeante quant à son niveau de vie, qui défendrait ses droits et pousserait à l’amélioration des conditions sociales n’est pas exactement l’idée que les multinationales se font d’une main d’œuvre idéale et corvéable. Les investisseurs capitalistes préfèrent les populations pauvres. Plus elles sont pauvres, plus elles travailleront dur pour gagner moins. Plus elles sont pauvres, moins elles sont capables de se défendre contre les abus.

Dans le monde du « libre commerce » des multinationales, le nombre de milliardaires augmente à une vitesse jamais connue jusqu’à présent tandis que le nombre de personnes dans la misère augmente plus vite que la population mondiale. La misère se répand lorsque la richesse s’accumule.

Prenons les Etats-Unis. Au cours huit dernières années seulement, tandis que des vastes fortunes ont surgi à une vitesse record, six millions d’Américains supplémentaires sont tombés en dessous du seuil de pauvreté ; le revenu moyen par foyer a baissé de plus de 2.000 dollars ; l’endettement des ménages a plus que doublé ; plus de sept millions d’Américains ont perdu leur assurance santé, et plus de quatre millions ont perdu leur retraite ; pendant ce temps, le nombre de SDF a augmenté et les saisies de maisons pour défaut de paiement se sont généralisées.

Il n’y a que dans les pays où le capitalisme a été quelque peu bridé par une social-démocratie que la population a pu se garantir une certaine prospérité ; les pays du nord de l’Europe comme la Suède, la Norvège, la Finlande, le Danemark viennent à l’esprit. Mais même dans ces social-démocraties, les avancées sociales courent le risque d’une remise en cause.

Attribuer au capitalisme le génie de la prospérité économique constitue une ironie, alors que la plupart des tentatives d’améliorer le bien-être matériel ont été combattues avec acharnement par la classe capitaliste, et parfois avec violence. L’histoire des luttes sociales nous fournit d’innombrables exemples.

Si la vie est encore supportable sous l’actuel ordre économique US, c’est parce que des millions de gens ont mené d’âpres luttes de classe pour améliorer les conditions de vie et obtenir leurs droits en tant que citoyens, distillant ainsi une certaine dose d’humanité dans un ordre politico-économique par ailleurs insensible.

Un monstre qui s’autodétruit.

L’état capitaliste remplit deux fonctions reconnues depuis longtemps par les politologues. Premièrement, comme tout état, il doit fournir des services qui ne peuvent être fournis de manière fiable par le secteur privé. Deuxièmement, l’état capitaliste protège les possédants contre les démunis, garantissant la poursuite du processus d’accumulation de capital au profit des intérêts financiers tout en étouffant les exigences de la population, ainsi que Debs l’avait observé dans sa cellule.

Il y a une troisième fonction dévolue à l’état capitaliste qui est rarement évoquée. Elle consiste à empêcher le système capitaliste de s’autodétruire. Karl Marx avait souligné cette contradiction fondamentale : la tendance à la surproduction et aux crises des marchés. Une économie qui va de plus en plus vite, qui réduit de plus en plus les salaires, qui fait travailler plus pour gagner encore moins (tiens, tiens… Ndt), va droit dans un mur. Afin de maximiser les profits, les salaires doivent être compressés. Mais il faut bien que quelqu’un achète les biens et les services produits. Et pour cela, il faudrait maintenir le niveau des salaires. Il existe une tendance chronique – comme aujourd’hui – à la surproduction des biens fabriqués par le secteur privé et une sous-consommation des biens de nécessité par la population salariée.

De plus, ce qu’on ignore souvent, l’autodestruction du système est l’oeuvre des capitalistes eux-mêmes. Laissé sans surveillance, le secteur le plus actif du système financier s’empresse de dévorer les secteurs moins organisés.

Au lieu de tenter de gagner de l’argent par un travail de production et de commercialisation de biens et services, les maraudeurs se branchent directement sur les flux monétaires de l’économie elle-même. Pendant les années 90, nous avons assisté à l’effondrement total d’une économie en Argentine lorsque des capitaliste sans entraves ont dépouillé les entreprises, empoché de vastes sommes d’argent, et quitté le pays en laissant derrière eux une industrie en lambeaux. L’état argentin, gavé d’idéologie libérale, a failli à son devoir de protéger le capitalisme des capitalistes.

Quelques années plus tard, aux Etats-Unis, on a assisté à un pillage multimilliardaire perpétré par les conspirateurs de chez Enron, WorldCom, Harkin, Adelphia et des dizaines d’autres compagnies géantes. Des joueurs comme Ken Lay ont réussi à ruiner des entreprises jadis florissantes et rayer les emplois et les économies de milliers d’employés afin d’empocher quelques milliards supplémentaires.

Ces escrocs ont été jugés et condamnés. Ne serait-ce pas la démonstration que le capitalisme est capable de s’autoréguler ? Pas vraiment. Ces procès – qui sont arrivés trop tard de toute façon – sont à mettre au compte de la démocratie et non du capitalisme. Par essence, le marché libre est un système amoral, sans foi ni loi à part celle de « caveat emptor » (expression latine signifiant « que l’acheteur soit vigilant »- NdT).

Lors de la crise de 2008-2009, le surplus financier a crée un problème pour la classe fortunée : il n’y avait plus assez d’opportunités pour investir. Les grands investisseurs avaient de l’argent à ne plus savoir qu’en faire. Ils ont alors versé d’immenses sommes sur des marchés immobiliers fictifs et autres aventures hasardeuses, dans les rusés hedge funds, dans des produits dérivés, dans du leveraging, que sais-je encore.

Parmi leurs victimes, on comptait d’autres capitalistes, de petits investisseurs et les nombreux travailleurs qui ont perdu des milliards de dollars d’économies et de retraites. Le prince des voleurs était probablement Bernard Madoff. Décrit comme « un des plus brillants depuis longtemps dans le domaine de la finance », Madoff avait monté un fonds d’investissement frauduleux qui a prélevé 50 milliards de dollars chez de riches investisseurs, qu’il payait avec de «  l’argent qui n’existait pas », selon ses propres termes. La ploutocratie dévore ses propres enfants.

Au sein de la crise, lors d’une audition devant le Congrès (US) en octobre 2008, l’ancien président de la Réserve Fédérale et adepte du libéralisme Alan Greenspan a avoué qu’il s’était trompé en pensant que le système – soumis aux énormes tensions d’un immense capital accumulé qui ne cherchait qu’à être investi – finirait par s’autodiscipliner.

La théorie classique du laisser-faire est encore plus ridicule que ne le laisserait entendre les propos de Greenspan. En fait, cette théorie dit que tout le monde devrait agir selon ses propres intérêts et sans entraves. Cette compétition débridée est censée générer un maximum de profits pour tous parce que le marché libre est gouverné par une douce et magique « main invisible » qui optimiserait le résultat collectif. (« La cupidité est une chose positive »)

La crise de 2008-2009 a-t-elle été provoquée par la tendance à la surproduction et l’hyper accumulation financière, comme aurait dit Marx ? Ou est-elle le résultat de la cupidité de certains individus tels que Bernard Madoff ? En d’autres termes, s’agit-il d’un problème de système ou d’individus ? En réalité, les deux à la fois. Le capitalisme génère ses prédateurs et récompense ceux qui ont le moins de scrupules. Les crimes et les crises ne sont pas les dérapages absurdes d’un système qui serait rationnel, mais l’inverse : ce sont les conséquences logiques d’un système fondamentalement absurde et amoral.

Pire encore, les sauvetages en cours de plusieurs milliards de dollars versés par le gouvernement sont en train d’être à leur tour transformés en opportunités pour un nouveau pillage. Non seulement l’état échoue dans son rôle de régulateur, mais il devient lui-même la source du pillage en extirpant de vastes sommes des caisses de l’état, en saignant au maximum les contribuables.

Ceux qui critiquent « l’état providence » sont les premiers bénéficiaires de la providence de l’état. Les grandes sociétés américaines ont toujours bénéficié d’aides, de prêts avantageux et autres subventions d’état et fédéraux en tous genres. Mais l’opération de « secours » de 2008-2009 a constitué un pillage de l’argent public comme on n’en avait jamais connu. Plus de 350 milliards de dollars ont été distribués par un Ministre des finances de droite en fin de mandat aux plus grandes banques et sociétés financières et sans aucun contrôle – sans parler des 4 mille milliards sortis de la Réserve Fédérale. La plupart des banques, dont LPMorgan Chase et Bank of New York Mellon, ont déclaré qu’elles n’avaient aucune intention de divulguer la destination des sommes perçues.

Ce que l’on sait, c’est que les grandes banques ont utilisé une partie des sommes pour racheter de plus petites banques et créer des banques à l’étranger. Les PDG et hauts cadres sont en train de dépenser l’argent dans de fabuleuses primes et des séjours luxueux de thalasso. Pendant ce temps, les gros bénéficiaires des aides comme Citigroup et Bank of America ont licencié des dizaines de milliers d’employés, ce qui nous fait poser la question suivante : pourquoi leur a-t-on versé ces sommes ?

Tandis que ces centaines de milliards sont en train d’être distribués aux auteurs de la catastrophe, le marché de l’immobilier continue de s’effriter, le crédit de se paralyser, le chômage d’augmenter et la consommation des ménages de plonger vers de nouvelles profondeurs.

En résumé, le capitalisme libéral est par nature synonyme de désastre à venir. Il est dans sa nature profonde que de transformer la nature vivante en un tas de biens de consommation et les biens de consommation à leur tour en un tas de capital inerte. Sans contrôle, le capitalisme déverse ses surplus et ses déchets sur le public et l’environnement – et tôt ou tard commence à s’autodétruire.

Dans une société capitaliste, les immenses inégalités en termes de pouvoir économique se répercutent en immenses inégalités en termes de pouvoir politique, ce qui rend la mise en place de régulations de plus en plus difficile.

Si les preux chevaliers du Capitalisme veulent vraiment savoir ce qui menace « notre mode vie », c’est leur mode de vie à eux, leur braconnage de leur propre système, leur destruction des fondations sur lesquelles ils reposent, c’est-à-dire la communauté sur le dos de qui ils se gavent.

Michael Parenti
www.michaelparenti.org

ARTICLE ORIGINAL
http://civillibertarian.blogspot.co...

Traduction Le Grand Soir

Michael Parenti’s recent books include : Contrary Notions : The Michael Parenti Reader (City Lights) ; Democracy for the Few, 8th ed. (Wadsworth) ; The Assassination of Julius Caesar (New Press), Superpatriotism (City Lights), The Culture Struggle (Seven Stories Press), and God and His Demons (forthcoming). For further information, visit his website :

18/09/2009

France Télécom prié de s'expliquer après une série de 23 suicides

France Télécom prié de s'expliquer après une série de 23 suicides

14/09/2009

Le gouvernement français a décidé d'intervenir dans la crise que traverse le géant des technologies France Télécom, frappé par une série de 23 suicides en 18 mois parmi ses salariés, attribuée par les syndicats au stress et à la dureté des restructurations.

Le PDG du groupe Didier Lombard a été convoqué par le ministre du Travail, Xavier Darcos. Il sera reçu mardi, et le gouvernement lui a demandé de convoquer un conseil d'administration consacré à cette série de suicides, "incroyable dans une seule entreprise", selon l'expression du ministre du Budget Eric Woerth.
Une "scène d'une violence absolue".

Lundi, une minute de silence devait être observée sur tous les sites de France Télécom à la mémoire d'une salariée qui s'est jetée vendredi de la fenêtre de son bureau. Elle est décédée après deux heures d'agonie, une "scène d'une violence absolue", selon le syndicat CGC-UNSA.

Selon la direction de France Télécom, la jeune femme "venait d'apprendre qu'elle changeait de chef d'équipe".

Les syndicats imputent la série de suicides aux méthodes de management dans ce groupe, géant mondial des technologies et employant environ 100.000 personnes dans le pays. Avec une participation de 26%, l'Etat est le principal actionnaire du groupe privatisé en 1997.

Ceux qui étaient salariés au moment de l'ouverture du capital ont conservé leur statut de fonctionnaire. Ils représentent aujourd'hui 65% des effectifs d'un groupe devenu en quelques années un géant de la technologie, après avoir été pendant des décennies le monopole public du téléphone.

Les 23 suicides de salariés "c'est 23 histoires individuelles certainement, mais c'est dans une même entreprise et bien souvent avec l'expression d'un grand désarroi et d'une grande solitude dans l'entreprise", a estimé la ministre de l'Economie Christine Lagarde.

Il faut "tout mettre en oeuvre pour aller à la racine de ces problèmes et comprendre si ce sont les restructurations, les changements de métier" qui en sont à l'origine, a-t-elle insisté.

Les 23 cas, "ce n'est pas que des drames personnels", a répondu le secrétaire général du syndicat CFDT, François Chérèque car "le suicide, c'est tout un certain nombre de difficultés personnelles, mais passer à l'acte sur son lieu de travail, c'est un appel sur un problème qui est directement lié au lieu où on passe à l'acte". Il a demandé un moratoire sur les restructurations.
Le malaise au travail et la pression sur les salariés.

Depuis plusieurs années, les syndicats déplorent le malaise au travail et la pression sur les salariés, notamment pour les inciter à partir dans le cadre d'un plan de départs volontaires qui a permis de se séparer en trois ans de 22.000 salariés (pour 5.000 embauches).

Pour eux, ce sont les méthodes de management qui sont à l'origine de la série de suicides observée depuis février 2008, soit une moyenne de 5,4 suicides par an pour 100.000 salariés contre 1,6 pour 100.000 pour le reste de la populaton active en France.

Le suicide est une "affaire trop grave, trop personnelle pour qu'on puisse réduire ce phénomène que l'on constate chez France Télécom à un problème d'organisation de l'entreprise", a estimé de son côté le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, plus proche collaborateur du président Nicolas Sarkozy. Mais il a appelé France Télécom à venir "au secours de ceux qui sont dans la difficulté".

La direction du groupe a proposé la semaine dernière de suspendre provisoirement les mobilités au sein du groupe. Elle a aussi annoncé des négociations sur le stress dès le 18 septembre et le recrutement de 100 spécialistes des ressources humaines de proximité ainsi que de médecins du travail.

Levif.be avec Belga

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Suicide au travail, un véritable symptôme d'échec de l'exploitation capitaliste

Le suicide au travail, un phénomène récent et symbolique de la souffrance des salariés
Source, Yahoo infos 14/09/2009

Face à la multiplication des suicides sur le lieu de travail, à l'image de Renault ou de France Télécom, dont le patron sera reçu mardi par le ministre du Travail Xavier Darcos, médecins et experts de la santé au travail s'interrogent sur les moyens de lutter contre ce phénomène social récent, lié au changement de méthodes de management et aux nouvelles technologies de l'information et de la communication. Lire la suite l'article

Discussion: Secteur automobile

"C'est un problème énorme" avec "une situation qui s'est dégradée", en particulier pour les personnels de l'encadrement pris "entre le marteau et l'enclume", avec un "management qui isole les personnes", analyse Bernard Salengro, médecin du travail et membre de la CGC, interrogé par l'Associated Press.

Depuis quelques années, "en gros la fin des années 90, le monde du travail a été bouleversé par la révolution liée aux nouvelles technologies de l'information et de la communication", qui a provoqué "une révolution industrielle comparable à celle du siècle dernier", souligné M. Salengro. "Ces niveaux de productivité extraordinaire ont un coût humain".

"On trouve toujours des problèmes personnels" pour justifier les suicides, mais "c'est symbolique de se suicider sur son lieu de travail", martèle-t-il, en regrettant "l'inertie" des autorités sur le sujet.

Pour Jean-Claude Delgenes, spécialiste dans la prévention des risques psycho-sociaux en entreprise, les "outils nomades", tels que le Blackberry, l'ordinateur portable font qu'"on peut revenir sur l'affectation du temps professionnel", plaçant "les gens tout le temps sous tension", même en dehors du temps de travail.

De plus, les salariés sont soumis à "des réorganisations incessantes qui (les) usent" avec des "évolutions professionnelles insuffisamment préparées", ajoute-t-il. Les méthodes de gestion des ressources humaines, conjuguées à des "contraintes financières très fortes pèsent continuellement sur l'entreprise sur tous les niveaux".

Christophe Dejours, psychiatre spécialiste de la psychodynamique du travail, auteur de "Suicide et travail: quoi faire?", confirme à l'AP que "c'est un phénomène assez récent (...) qui correspond à des changements importants dans l'organisation du travail".

"Ce qui est en cause fondamentalement dans ces nouvelles formes d'organisation du travail, c'est l'introduction d'une méthode qui s'appelle 'l'évaluation individualisée de performance', visant à mettre les gens en concurrence un peu les uns avec les autres pour améliorer la productivité", explique-t-il. "Les gens sont en lutte les uns contres les autres. Très vite, ils perdent la confiance les uns dans les autres parce qu'ils font la rétention d'information. Ils font des coups bas, des coups dans le dos et du coup, la méfiance remplace la confiance".

"Le monde du travail a été complètement transformé par l'introduction de ces nouvelles méthodes. Quand quelqu'un va mal, quand quelqu'un commence à être débordé par la surcharge de travail, ce qui est nouveau est que vous êtes harcelé tout seul, les autres vous laissent tomber", souligne-t-il. "C'est comme ça que les gens en viennent jusqu'à se suicider. Le vrai problème, c'est le solitude".

Si les suicides au travail ne sont pas officiellement recensés, l'Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents au travail et des maladies professionnelles (INRS) constate que les cas de suicides sur les lieux du travail "ont commencé à être rapportés par les médecins du travail vers la fin des années 1990 (...) dans un contexte où les indicateurs de stress au travail se détérioraient".

Une étude menée en 2003 en Basse-Normandie "apporte un éclairage à l'échelon régional: 107 cas de suicides ou tentatives de suicide qu'ils estimaient liés au travail entre 1997 à 2001", avance l'INRS dans son rapport.

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17/09/2009

De plus en plus de suicides sur le lieu de travail!

De plus en plus de suicides sur le lieu du travail
10.09.09 - Source RTBf

La journée mondiale de prévention du suicide ce jeudi est l'occasion de lever le voile sur un phénomène qui prend de l'ampleur: le suicide au travail. Chez France Telecom par exemple, 22 personnes se sont donnés la mort depuis février 2008.

Dernière tentative en date: mercredi, un employé s'est blessé d'un coup de poignard lors d'une réunion de travail. Il avait été informé d'un changement de secteur d'activité récemment. Mais, selon la direction, rien ne laissait présager cet acte désespéré. A aucun moment, l'employé n'avait manifesté son désaccord.

Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à faire appel à des associations spécialisées dans la prévention du suicide.

Le nombre de cas de suicides au travail est en augmentation. C’est la loi des séries dans plusieurs entreprises: un opérateur français de téléphonie, un constructeur automobile français, certaines zones de police en Belgique.

Le passage à l'acte résulte non pas d'un, mais le plus souvent de plusieurs facteurs, personnels, professionnels. Le responsable, c'est l'acteur lui-même. La question est cependant posée: l'entreprise elle a-t-elle sa part de responsabilité?

6 suicides par jour en Belgique

Beatrix Lequeux, qui travaille au centre de prévention du suicide et répond aux appels de collaboration des sociétés, explique que l’entreprise est responsable des conditions de travail qu’elle offre à son employé: "elle ne va pas être responsable du suicide directement, mais elle aura une responsabilité dans ce qu’elle aura mis en place".

Dans 85% des cas, la tentative de suicide est annoncée, au détour d'une conversation et souvent dans le milieu professionnel. Au Centre de prévention du suicide, Paulette Duhaut accompagne la personne qui a survécu à une tentative de suicide. Selon elle, "c’est évident que si l’entourage direct, par exemple au travail, est rejetant, ridiculise ou n’entend pas, ça va ajouter à la détresse de la personne".

Le Centre de prévention installe le suicide comme un enjeu majeur de santé publique: six Belges se suicident chaque jour, pour des tentatives vingt fois plus nombreuses.

(D. Delhalle)

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01/06/2009

Stop au cirque politique!

L'exclusion sociale, la précarité, l'incertitude future, autant d'hésitations que de désarroi face à la politique actuelle menée par les partis les plus en vue.

Autant la sympathie peut être source de confiance, autant la tromperie peut susciter la méfiance collective.

A coup sûr, des changements profonds seront visibles lors des élections du 7 juin. Le paysage politique sera quelque peu modifié, mais pas en profondeur. Non. Le gouvernement belge sera toujours dirigé par la coalition élue il y a deux ans. Les pratiques douteuses seront toujours présentes.

Ces élections seront toutefois interprétées comme baromètre électoral, mais au mépris pur et simple, dans la plus pure abnégation des responsabilités des 4 grands partis, ceux les plus en vue, ceux qui sont si médiocrement omniprésents, ceux qui ne tiennent pas compte, ou si peu, de l'électorat qui les a placés.

Les citoyens belges auront, le 8juin prochain, une fois de plus, le sentiment d'avoir été grugés, meurtris dans leur soi-disant liberté d'opinion, de cette soi-disant démocratie, celle qui leur impose la loi des "grands", au service des "très grands", au service d'un système qui a montré de quoi il est capable, ses limites dépassées, sa faillite, tout simplement.

Comme en 1929, la crise actuelle ne se répercutera pas tout de suite sur les gens, sur monsieur et madame tout-le-monde. Non, car en fait plusieurs phases seront exécutées préalablement. Notamment le renflouement des banques privées par les deniers publics, l'argent du contribuable. Ensuite, cet argent, il faudra le rembourser, et qui va payer selon vous?

Comme dans toute grosse crise structurelle du système capitaliste, les gens qui constituent la majorité de la société, les travailleurs, les salariés ou les indépendants, les allocataires sociaux, etc.. paieront, et paieront même très cher cette crise qui n'est pas la leur, mais bien celle des capitalistes, la crise du système.

A coup sûr, des changements peuvent être faits, dans le paysage politique, en leur montrant qui nous sommes, le 7 juin, en votant pour un parti qui n'est pas de cette majorité écrasante et oppressante, toute dévouée à l'exploitation, notre exploitation.

Ce blog n'est pas neutre, ce blog est politique, c'est sûr, et donc il est lié à une opinion, l'opinion du blogueur, fatalement. Cette opinion est bien à gauche, et non de cette gauhe-caviar qui n'a plus de socialiste que le nom, mais un vrai parti de gauche, un parti qui crie haut et fort, qu'il est grand temps de mettre fin à tout ce cirque politique, pour les gens du peuple d'abord, et surtout pas pour le profit d'une minorité exploiteuse.

Le Parti du Travail de Belgique (PTB+) est un bon choix, et j'espère que ce sera également le votre, c'est la liste 18, n'oubliez surtout pas, car vous aussi, vous avez le droit de dire "STOP AU CIRQUE POLITIQUE".

03:22 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ptb, socialisme, capitalisme, marx, crise, travail, travailleurs |  Facebook |

17/12/2007

Images de la manifestation Nationale de samedi 15 décembre 2007

 

Touche pas à mes patates !

Tel était le slogan du PTB en ce jour de grande manifestation du 15 décembre 2007 contre la vie chère.

  • 53%, c'est la hausse du prix de la patate entre janvier 2006 et octobre 2007.
  • 25 à 30%, c'est la hausse prévue en 2008 pour le gaz fourni par Electrabel.
  • Les prix montent et nos salaires restent bloqués, par contre les bénéfices des grandes entreprises explosent: 23 milliards d'euros de bénéfices pour le top 20.

Les 10 points du PTB contre la vie chère et pour la solidarité :

  1. Des prix plafonds pour les biens de première nécessité;
  2. Baisse de la TVA de 21% à 6% sur le gaz et l'électricité; l'énergie n'est pas un produit de luxe !
  3. Augmentation des salaires et des allocations sociales.
  4. Inclure l'essence et le diesel dans l'index;
  5. Moins d'impôts pour les travailleurs et plus pour les grosses fortunes.
  6. Les médicaments de 50 à 60% moins chers par l'application du modèle KIWI.
  7. Des emplois stables et pas d'intérims; la flexibilité au travail : non merci !
  8. Touche pas aux pensions et aux prépensions; pas de pacte des générations bis.
  9. Non au service minimum dans les entreprises publiques, il faut préserver le droit à la grève.
  10. Pour une sécurité sociale forte.

Que font les partis traditionnels ?

Rien, au contraire, ils débatent en premier lieu d'une réforme de l'état. Pire encore, la majorité des partis viennent de voter au parlement contre l'introduction d'un prix plafond pour l'énergie.

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27/08/2007

Flexicurité; Cuba - EM n°79

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"Moderniser le droit du travail pour relever les défis du 21ème siècle."
C'est sous ce titre éloquent que la commission européenne a publié un livre vert à la fin de l'année 2006. C'était le baptême officiel du modèle de flexicurité.Derrière ce nouveau concept, selon Jo Cottenier, se cache une véritable atteinte au droit du travail. Au nom de la flexibilité, il est prévu de démanteler une bonne partie de ce qui protégeait le travailleur du licenciement abusif. En matière de sécurité d'emploi, plus rien ne sera garanti, sauf la promesse d'aider le travailleur qui a perdu son emploi à en trouver un autre.En Allemagne, les réformes Hartz sont un avant-goût de ce qui attend les autres pays européens en matière de mesures pour encourager la flexicurité, explique le Dr Erich Meuerer.La manière dont les atteintes aux acquis sociaux ont été abordées au Luxembourg est détaillée par Ali Ruckert.

Quel est le secret de cinquante ans d'opposition fructueuse aux tentatives des Etats-Unis pour rétablir à Cuba les conditions de "capitalisme casino" d'avant 1959? Eugenio Suarez Pérez explique comment le parti communiste Cubain œuvre continuellement au renforcement de ses liens avec les masses. Une expérience dont peuvent s'inspirer tous les partis communistes du monde.

Un parti communiste pour répondre aux défis du 21ème siècle, c'est le sujet de la résolution générale du séminaire communiste international de Bruxelles de mai 2007, résolution approuvée, au moment de la clôture de ce numéro, par 49 partis et organisations communistes.

Pour commander ce N° d'études Marxistes:www.marx.be è Etudes Marxistes è Vente è Commander.

05/03/2007

Pension privées: NON MERCI!

‘Mise en boîte’ médiatique aux conséquences pouvant être catastrophiques……pour nous !

 

Dans une certaine presse hebdomadaire sérieuse datée du 2 mars 2007, j’ai pu relever un article influençant à souhait, concernant l’épargne-pension ; mais de manière prétendument neutre, donc non-publicitaire. Pour mesurer la dangerosité d’un tel article, il est nécessaire de le « décortiquer » et de comprendre son véritable enjeu ; en voici son contenu :

 

« Pensions – La retraite vous inquiète.

 

La compagnie d’assurances XY a publié les résultats de son baromètre des pensions annuel. Le sondage portait sur les attentes  de la population active en matière de pensions et les expériences des pensionnés. L’étude montre que, généralement, les Belges prennent de plus en plus conscience que leur pension légale ne leur permettra pas de maintenir leur niveau de vie une fois qu’ils auront atteint l’âge légal d’admission à la pension. Seuls 52% des Belges actifs pensent qu’ils pourront boucler le mois avec leur revenu de pension. En 2004, ils étaient  encore 65% à partager cette idée. Soulignons que seulement 47% des pensionnés affirment que leur pension leur suffit. Bien que les Belges rêvent de pouvoir prendre leur pension à 57 ans, ils s’attendent néanmoins à ne pouvoir arrêter effectivement qu’à 61 ans. Constatation importante qui ressort de cette étude d’XY : de plus en plus de Belges préparent leur pension, et ce de plus en plus tôt.  Presque 75 % de la population active déclare être en train de préparer sa pension. Cette préparation commence en moyenne à 31 ans alors qu’en 2000 les travailleurs s’y mettaient à 42 ans, en moyenne. A la question de savoir combien ils épargnent pour compléter leur pension légale, ces Belges actifs répondent qu’ils mettent en moyenne 218 euros de côté par mois. Les indépendants, quant à eux, épargnent en moyenne 366 euros par mois. »

 

Le but premier d’un tel article est bien évidement de faire peur au travailleur de plus de trente ans qui n’aurait pas encore contracté une épargne-pension ; encore faut-il, pour se trouver dans la ‘moyenne’, il puisse économiser plus de 200 euros par mois !

La dangerosité de tels propos, proférés très régulièrement (trop même) dans la presse, réside dans ce que la naïveté du travailleur désemparé par la crainte de se retrouver démuni lorsqu’il prendra sa pension, se sente pratiquement obligé de faire la même chose que ses semblables, et donc de faire des économies ; lesquelles imposant de se « serrer la ceinture » à l’extrême. Comme si son pouvoir d’achat n’avait pas encore assez diminué (…).

La première réflexion qu’il faudrait avoir, c’est qu’étant donné sa cotisation pour sa pension légale durant sa carrière, est-il normal que le travailleur n’ait plus assez pour vivre décemment quand arrive le moment du départ à la retraite ?

Non, bien-sûr !

Secundo, il est clair que ce cercle vicieux de l’épargne-pension a pour but ultime de désagréger le système actuel des pensions légales ; pour un passage progressif au système « à l’Américaine », laissant de côté les plus démunis, tous ceux qui ne savent pas économiser ! Et laissant le travailleur aux risques des cours financiers ; en effet un travailleur ayant investi dans une épargne-pension pourrait voir celle-ci fondre comme neige au soleil en cas de crash boursier ou autre dévaluation du genre (l’exemple aux USA s’est produit lors de la faillite d’Enron, et en Albanie il y a une dizaine d’années!).

Tertio, comme déjà traité dans un article de ces blogs, le « capitaliste » impose sa mainmise, afin de mieux dominer le travailleur (ou tous les non-capitalistes), l’argent étant le meilleur outil pour ce faire. Les banques et le politique socio-démocrate (partis traditionnels) sont les instruments de ce ‘capital’ ; menant à notre asservissement, l’esclavage par l’argent est total !

Le remède à cela ?

Simple : ne plus se laisser dominer par le pouvoir de l’argent, ne pas prêter caution à ce genre de placement ne pouvant qu’être nuisible aux travailleurs, quels qu’ils soient, employés, fonctionnaires, manuels ou non, bref tous les salariés !

 

NE SCIEZ PAS LA BRANCHE SUR LAQUELLE VOUS ETES ASSIS !

 

A.P.

17:24 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie-politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pensions, travail, salaire, social, epargne-pension, finances |  Facebook |