31/01/2010

Le capitalisme détruit l'individu social - Manifestation pour l'emploi à Bruxelles du vendredi 29 janvier 2010.

P1010316Ils étaient plus de trente mille sous une pluie glaciale. Ils étaient trempés jusqu'aux os. Mais pour rien au monde ils n'auraient manqué cette occasion de montrer leur colère.

Ils étaient plus de trente mille, là, sur place, tous n'ont pas pu venir, mais ils étaient tout de même des centaines de milliers, solidaires, à se soutenir dans ce combat pour leur emploi. Cet emploi, qu'ils conservent dans la crainte du lendemain, cet emploi qu'ils viennent de perdre, cet emploi qu'ils désirent plus que tout.

La manifestation fut un succès. Reste l'inconnue, savoir l'effet qu'elle aura eu sur le politique, quelle suite en donneront-ils?

Pourtant il y en avait, des politiques, dans la rue. Si si. Elio Di Rupo s'y trouvait, paraît-il. Hypocrisie d'un lamentable escroc politique, qui se dit socialiste, et qui n'hésite pas à privatiser la grande moitié des services publics. Non, Elio, ta place n'était pas parmi ces travailleurs, toi qui soutiens l'économie de marché, le capitalisme. Non, Elio, toi qui soutiens les intérêts notionnels, avantages accordés aux patrons qui profitent des travailleurs pour mieux s'enrichir, non Elio, ta place n'est surtout pas là, dans la rue, avec eux. 

Ils étaient plus de trente mille, et sur leur visage on pouvait voir les stigmates de cette socP1010291iété pourrissant leur existence, cette société capitaliste qui n'en finit pas de les exploiter et de leur ôter le fruit de toute une vie de labeur et d'acharnement. Une vie de travailleur, que l'on jette comme des kleenex dans la fosse boueuse de la précarité sociale, de l'incertitude du lendemain, de la pauvreté naissante.

Le capitalisme détruit l'individu social. Le capitalisme détruit les emplois. Soutenir le capitalisme est anti-socialiste. Mais la perversité n'a aucune limite, et quand il s'agit de profiter de ce système, la supercherie demeure à la mesure de cette fange gluante des profiteurs. L'homme qui exploite l'homme, par tous les moyens possibles.

Alex

15/10/2009

La marchandisation du courrier postal

(Source: gresea.be)

Le gouvernement travailliste britannique cherche un preneur privé pour entrer dans le capital de la Royal Mail et la "moderniser". Des fonds spéculatifs, tels CVC Capital, déjà présent dans La Poste belge, se sont montrés intéressés. D'où débrayage des postiers britanniques (ils sont 150.000). Ils n'ignorent pas que le but de la manoeuvre est de transférer au privé le sale travail (restructuration radicale, licenciements massifs) dont le gouvernement, soumis à la censure de l'opinion publique, préfère ne pas assumer la responsabilité. Maintenant, moderniser pourquoi? Un argument entendu est qu'il est aberrant de laisser les postiers trier, chaque matin, à la main et pendant des heures, les lettres qu'ils vont ensuite distribuer. Il y a des machines pour cela. Un raisonnement semblable est présent en France où une privatisation larvée est censée résoudre les problèmes de productivité des quelque 180.000 postiers français: le courrier, entend-t-on ici, est une activité de main-d'oeuvre "dont la rentabilité est directement fonction du poids de leur sacoche", celle des postiers, donc. Là, des machines peuvent difficilement remplacer. Mais on peut réduire la fréquence des distributions, en augmenter le prix, peut-être supprimer aussi les "clients" peu rentables, ruraux, trop éloignés... Dans son édito, le journal financier Les Echos a un petit sursaut, il se permet une pensée subversive. N'y aura-t-il pas lieu, dit-il, de "réinventer un avenir" à La Poste en admettant que celui-ci "ne passera pas uniquement par le marché, mais aussi par une redéfinition en profondeur du service public". Voilà qui va contre tout ce que le dogme dominant de la classe politique toute entière ne cesse de crier sur les toits. Casser le service public postal. Le moderniser. En faire une affaire rentable, un business comme un autre. Des postiers qui perdent leur temps – prennent plaisir à leur travail – en triant à la main le courrier: obsolète! Des bureaux de postes accessibles où la population – et d'abord les plus vulnérables, les vieux, les gagne-petit – peut trouver un guichet à visage humain: ringard! On en connaît le résultat en Belgique. Libéralisation oblige, les postiers sont passés de 42.000 à 32.000 en cinq ans (2002-2007) et les bureaux de poste, rabotés de 1.300 à 655 (2005-2013). Aux Pays-Bas, où la libéralisation totale du courrier est effective depuis le 1er avril 2009, le résultat ne s'est pas fait attendre. Faute d'avoir obtenu des postiers un accord sur une réduction salariale de 15%, l'opérateur privé, TNT, a annoncé le renvoi de 11.000 travailleurs, le plus important licenciement collectif depuis la fermeture des mines dans les années septante. Evolution inéluctable? L'exemple chinois y apporte comme un démenti. Par une nouvelle loi postale adoptée le 24 avril 2009 confirmant le monopole de China Post, ce secteur, jugé vital pour le développement de l'économie rurale, a été fermé à la concurrence des opérateurs étrangers, au grand dam d'UPS, DHL, TNT et FedEx. Affaire de volonté politique...

Souce: The Economist du 2 mai 2009, The Observer du 14 juin 2009, Syndicats du 13 mars 2009,
Les Echos du 26 juin 2009 et NCR Handelsblad du 2 juillet 2009.

Traitement Gresea: 06 juillet 2009.

09/10/2009

LA LUTTE ECONOMIQUE ET POLITIQUE DE LA CLASSE OUVRIERE CONTRE L’EXPLOITATION CAPITALISTE

Le marxisme et la réalité montrent que bien loin de fonctionner au bénéfice de tous les membres de la société, le capitalisme sert de plus en plus les intérêts d’une poignée de milliardaires tandis qu’il est incapable d’assurer la satisfaction des besoins élémentaires des travailleurs.

Le capitalisme tend constamment à réaliser l’accumulation de la misère au pôle ouvrier de la société et l’accumulation de la richesse à l’autre pôle, du côté de la bourgeoisie.

Cela ne signifie pas que la paupérisation de la classe ouvrière soit une chose fatale et que les travailleurs doivent être obligatoirement un peu plus misérables chaque jour sans que la lutte ouvrière ne puisse rien pour y remédier !

Les salariés peuvent dans une certaine mesure arrêter la baisse des salaires, freiner le mouvement descendant du niveau de vie. La période du Front Populaire pendant laquelle la classe ouvrière française, grâce à la réalisation de son unité et au rassemblement autour d’elle des classes moyennes, a imposé au patronat d’importantes réformes sociales, en est un exemple probant : en 1936, la classe ouvrière a fait reculer la misère.

Mais depuis, la tendance à la paupérisation a repris le dessus : le niveau de vie des travailleurs s’est abaissé.

Cela souligne l’immense importance de l’unité de la classe ouvrière et de la lutte quotidienne, seules armes des prolétaires pour maintenir leur niveau de vie face aux empiètements du capital.

1) LA NECESSITE DE LA LUTTE ECONOMIQUE

a) La lutte économique est indispensable pour freiner le mouvement descendant du niveau de vie de la classe ouvrière, pour obtenir l’augmentation des salaires et de meilleures condtions de travail (retour aux 40 heures, etc.)

La vie montre qu’aucune loi sociale n’est jamais promulguée par l’Etat capitaliste, aucune amélioration n’est jamais consentie par les patrons sans la lutte unie de la classe ouvrière.

Toute conquête sociale est menacée par la bourgeoisie si elle n’est pas défendue par l’action ouvrière. Les atteintes portées par le pouvoir autoritaire aux conquêtes sociales montrent bien que celles-ci ne sont jamais acquises une fois pour toutes.

b) La lutte économique constitue, en outre, une école pour les travailleurs.

Elle prépare la classe ouvrière à des combats de plus grande envergure. Elle favorise le développement de la conscience de classe et de son unité de combat : elle aide à prendre conscien,ce de l’origine de classe des maux qui l’accablent, elle constitue une base importante de rassemblement de toutes les forces ouvrières contre les monopoles et leur instrument, le pouvoir personnel.

Aussi les communistes attachent-ils la plus grande importance à l’organisation des luttes économiques. Ils considèrent la défense des travailleurs, l’établissement de leurs revendications, l’organisation de leur union et de leur action pour les faire triompher, comme une tâche quotidienne impérieuse pour le Parti, pour chacune de ses cellules d’entreprises. Ils militent activement dans les syndicats et se préoccupent sans cesse de les renforcer et d’améliorer leur fonctionnement.

2 )NECESSITE DE LA LUTTE POLITIQUE

Les communistes considèrent qu’il n’est pas possible de s’en tenir à la lutte purement économique des ouvriers contre tel ou tel capitaliste, sans la relier à la lutte politique générale de la classe ouvrière contre la classe capitaliste.

a) La lutte politique contre le pouvoir des monopoles et pour ka conquête du pouvoir sur la bourgeoisie est nécessaire pour obtenir la libé »ration définitive de la classe ouvrière de l’exploitation et de l’oppression.

La lutte économique ne peut, par elle-même, soustraire le prolétariat à l’exploitation. Elle vise les effets du capitalisme (bas salaires, etc.) et non la cause fondamentale de la misère qui est le capitalisme lui-même.

C’est la raison pour laquelle les communistes, tout en organisant la lutte des travailleurs pour les revendications économiques, montrent aux prolétaires qu’ils ne peuvent améliorer radicalement leur sort dans ce régime. Pour supprimer définitivement l’exploitation, assurer le bonheur des travailleurs, il faut abolir le capitalisme, la propriété privée des moyens de production, et instaurer le socialisme qui seul apporte à tous une vie heureuse et cultivée.

b) La lutte politique est indispensable pour la réalisation des objectifs démocratiques immédiats de la classe ouvrière (paix en Algérie – désarmement – élimination du pouvoir personnel et rénovation de la démocratie).

Les victoires politiques de la classe ouvrière facilitent l’obtention de ses revendications économiques, l’amélioration de son niveau de vie.

La victoire du Front Populaire en 1936, a permis à la classe ouvrière d’importantes réformes sociales : augmentation des salaires, 40 heures, congés payés, etc. ; grâce à la victoire dans la lutte contre le fascisme hitlérien, après la guerre, elle a pu compléter ces conquêtes. La fin de la guerre d’Algérie, la réalisation des mesures de désarmement, facilitera l’obtention des revendications ouvrières (augmentation des salaires, abrogation des taxes de vie chère, etc.) La réalisation de la tâche capitale posée devant le mouvement ouvrier et démocratique à l’heure actuelle, la restauration et la rénovation de la démocratie, permettra un relèvement sensible du niveau de vie de la classe ouvrière ; la démocratie rénovée portera un coup à la toute puissance du capital : les richesses, fruit du labeur des travailleurs, ne seront plus accaparées par les trusts français et étrangers.

La tâche de la cellule d’entreprise ne peut donc pas se limiter aux questions économiques. Elle dirige et oriente la lutte des travailleurs contre le pouvoir personnel, pour la paix, les libertés, en tenant compte des conditions concrètes du lieu où elle rayonne.

CONCLUSION

La domination des monopoles aggrave à l’extrême l’exploitation des travailleurs.

Se battre contre l’exploitation et la surexploitation des travailleurs, contre la spoliation des masses laborieuses, c’est lutter contre l’épuisement et pour la vie normale du peuple, c’est lutter pour l’avenir de la France.

Pour que la classe ouvrière déploie largement ses forces, il est indispensable que le Parti, la cellule ripostent à l’offensive idéologique de la bourgeoisie, fassent la clarté sur la réalité de l’exploitation capitaliste, sur la communauté d’intérêts de tous les travailleurs, sur l’antagonisme fondamental qui les opposent au capital. Cette lutte est la condition première pour ouvrier des perspective à la classe ouvrière : elle lui montre que son salut réside dans la lutte contre les monopoles et leur politique et non dans la collaboration de classe ; elle est indispensable aux progrès de l’unité ouvrière, ainsi qu’à la réalisation de l’union de toutes forces démocratiques et nationales sur des bases justes. Elle est nécessaire pour faire comprendre aux ouvriers la nécessité de lutter pour en finir avec la domination du capital.

(Source: Gauche Communiste.net)

01/10/2009

Selon le bureau Fédéral du Plan: "...LE TAUX DE CHOMAGE AUGMENTERA ENCORE..."

... le taux de chômage augmentera encore ...

La croissance négative (-0,8 %) de l’emploi intérieur en 2009 est beaucoup moins marquée que celle de l’activité économique. En cas de repli conjoncturel, de nombreux employeurs optent, dans un premier temps, pour une baisse du nombre des heures prestées, entre autres via le système de chômage temporaire. La baisse tendancielle de la durée moyenne de travail se trouve donc renforcée par le contexte conjoncturel. Lorsque le repli perdure, les entreprises procèdent à des réductions d’emploi qui peuvent aller jusqu’au licenciement d’une partie de leur personnel. C’est un des facteurs qui expliquent pourquoi l’emploi intérieur n’a diminué qu’à partir du premier trimestre 2009.


Plan emploi

Compte tenu de la faible relance économique et de la progression limitée de la durée moyenne de travail à partir de la fin 2009, l’emploi n’augmenterait à nouveau qu’à partir du début 2011. Alors que les créations nettes d’emploi totalisaient encore 71 200 unités l’an dernier, les pertes d’emploi avoisineraient les 34 600 unités cette année. En 2010, les destructions d’emploi atteindraient 58 900 unités en moyenne. En 2011, la tendance s’inverse et on enregistre à nouveau des créations d’emploi, quelque 17.600 en moyenne.

Le taux d’emploi baisserait de 63,6 % en 2008 à 61,5 % en 2010 et 2011. Compte tenu de l’évolution de la population active, le nombre de chômeurs (y compris les chômeurs complets indemnisés non demandeurs d’emploi) devrait augmenter cette année de 53 900 unités, de 98 400 unités l’an prochain et de 23 300 unités en 2011. Le taux de chômage harmonisé (définition Eurostat) passerait ainsi de 7 % en 2008 à 9,6 % en 2011.

(Source: Bureau Fédéral du Plan)

26/09/2009

Un patron tué par des ouvriers en colère

Des ouvriers en colère ont tué le patron d'une entreprise automobile indienne située à Tamil Nadu, dans le sud de l'Inde. Ils ont ainsi réagi au licenciement de plusieurs collègues, rapporte mercredi une chaîne de télévision.
 
Roy George, vice-président de Pricol, l'un des plus importants producteurs indiens de pièces de voitures, est décédé mardi après avoir été attaqué par les ouvriers près d'une des usines de l'entreprise située dans la périphérie de la ville industrielle Coimbatore, selon la chaîne NDTV. Neuf ouvriers ont été arrêtés.
 
Les problèmes ont débuté lundi après le licenciement de 42 ouvriers de l'usine pour manque de discipline. En réaction, un groupe d'ouvriers en colère ont commencé mardi à démolir du matériel de l'entreprise, comme des ordinateurs et des meubles. M. George et 3 autres membres de l'équipe dirigeante ont alors tenté d'intervenir mais ils ont été attaqués avec des bâtons et des barres de fer.
 
Roy George, âgé de 46 ans, a été emmené, grièvement blessé, dans un hôpital local. Il a succombé mardi soir à ses blessures, selon la chaîne de télévision. (belga/th)
23/09/09

(Source: 7/7 Monde)

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La détresse provoquée chez les travailleurs peut en arriver à des limites barbares. L'utilité des syndicats parait évidente pour éviter ce genre d'incidents.

Mais lorsque le droit de grève est touché, les pouvoirs syndicaux amoindris, le désespoir provoqué par la précarisation du travail peuvent amener à de telles extrêmités.

Nos patrons devraient bien plus s'en soucier, lorsqu'ils mènent leur croisade antisociale contre tous les droits acquis des travailleurs, pour leur unique profit personnel!

Le blogueur

25/09/2009

Potosi: les riches s'enrichissent, les mineurs se défoncent!

Info (sur Wikipédia): Potosí est une ville de Bolivie et la capitale du département de Potosí. Son nom vient du quechua Potojsi qui signifie « tonnerre ». Elle se trouve à une altitude de 4 070 m et comptait environ 164 480 habitants en 2007. C'est une des villes les plus hautes du monde, construite au pied du Cerro Rico (« Montagne riche »), une montagne de minerai d'argent qui domine la ville de ses 4 824 m.

La vieille ville fait partie de la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

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(Article paru sur le blog de Rafik et Line,à découvrir)


Potosi: les riches s'enrichissent, les mineurs se défoncent!


Casa_de_la_moneda[1]Potosi est une ville minère anciennement aussi riche et peuplée que Paris, Londres ou New York grâce à l'exploitation des mines d'argent par les conquistadors espagnols. Nous arrivons en fin d'après-midi sous une bonne drache qui nous rappelle le plat pays ;-) Nous nous installons dans le Hostal Felcar, un chouette petit hotel bien propre avec de l'eau bien chaude et une petite cours fort agréable par beau temps on l'imagine :-) (50 Bs seulement!!!) Nous réservons notre visite des mines pour le lendemain auprès de l'agence Koala Tours (Merci Riet pour le conseil) et allons manger un bout dans un des restos conseillés par le Lonely Planet, le 4060 ( c'est l'altitude de la ville).

Le lendemain à 8.30, nous voilà partis dans le minibus qui nous emmène au Cerro Rico ( la montagne de toutes les richesses de la ville). Après avoir enfilé une petite combinaison et un casque muni d'une lampe, nous voilà dans une sorte de quicaillerie pour mineurs. Notre guide francophone, Mabel, nous explique les différents matériaux et matériels utilisés dans la mine: les bâtons de dynamite, le marteau-piqueur (on dirait que ça ne pèse pas grand chose mais une fois dans les mains c'est autre chose), les tuyaux d'air comprimé, les pelles, les grandes vasques pour transporter le minerai, les bois pour consolider les puits et les tunnels. Après nous avoir présenté tout cela, Mabel nous dit cette phrase que l'on ne comprend pas tout de suite "Finalement pas grand chose a changé depuis le servage à l'époque coloniage". Avec nos nombreuses questions, Mable nous explique alors l'organisation sociale dans les mines.

Au début, à lire le routard, le mot "coopérative" revient souvent et sonne comme une avancée sociale pour les mineurs. On a l'impression que les mineurs s'auto-organisent et que la solidarité est plus grande. En réalité, l'état bolivien, voyant la production chutter, a encouragé les mineurs à se mettre en "coopérative" pour ne pas devoir fermer un trop grand nombre de mines. L'état donne des concessions - des droits d'exploitation - d'un ou de plusieurs puits/tunnels de la montagne à des groupes de mineurs. L'état est représenté par une "grande coopérative" (la COMIBOL) à la quelle chaque petite coopérative - groupe de mineurs - paye un montant fixe par mois comme un loyer. Comment sont organisés ces "petites coopératives", ces groupes de mineurs?Potosi_Mines_(71625784)
Les mineurs qui ont pu épargner (accumuler du pognon) et s'acheter leurs propres outils ont pu être à la tête d'une "petite coopérative" et s'acheter le service d'autres mineurs sans-outils, sans autres outils que la force de leurs bras! Dans ces "petites coopératives" travaillent entre 20 et 50 mineurs. Le mineur qui possède la coopérative, appelons-le patron, paye en général 40% de ses rentrées à la grande coopérative, 40% pour l'achat de matériel et de salariés et 20% pour sa retraite et sa cotisation à la caisse d'invalidité-santé. De temps en temps, nous dit Mabel, il offre à 2 ou 3 mineurs le luxe de payer leur épargne retraite et santé mais vous devinez sans doute à quoi servent ces deux ou trois "contre-maîtres"
A côté de cela, il y a encore ce qu'on appelle ici les "socio-coopératives". Ce sont des "entreprises familiales" de 5 mineurs maximum qui exploitent un puits et qui doivent acheter tout leur matériel (On dirait en Belgique les "indépendants"). Evidemment ceux-là ne peuvent pas s'acheter des marteaux-piqueurs ni même de la dynamite de manière régulière. Résultat: ils produisent du minerai de troisième qualité. Bref, ils ne peuvent pas concurrencer "les grands". Ici aussi "l'indépendance" est un mirage qui casse beaucoup de dents.
Mabel nous résume la situation: "il y a trois catégories de mineurs: Les Riches, ils sont une quinzaine à Potosi. Ce sont ceux qui possèdent les "petites coopératives' et ils continuent à s'enrichir. Ceux de classe moyenne, ce sont les rares contremaîtres et certains socio-coopérativistes et puis la grande majorité, les pauvres. Ce sont ceux qui n'ont que leurs biceps pour se défoncer à la mine et gagner quelques bolivianos par jour.

Après ces explications, nous nous trouvons au marché des mineurs. Là, avant d'aller travailler, les mineurs s'achètent quelques feuilles de coca, des cigarettes et de l'alcool quasi pur (98%). Les feuilles de coca, c'est pour macher au fond de la mine tout au long de la journée. Ca stoppe la sensation de soif et de faim grâce à l'anesthésie de l'estomac. L'alcool c'est pour se rincer la gorge :-) et surtout pour el Tio, le diable qui veille sur le Cerro Rico et qui offre de bons filons aux meilleurs donateurs. Nous faisons quelques courses et nous voilà dans le fonds de la mine à quatre pattes.
Après quelques secondes, on pense déjà à la mort. L'air est étouffant et la chaleur insupportable. On se sent oppressé par le sol pourtant friable et par les odeurs de souffre. On pense qu'on ne va pas se sortir de cet enfer. Mais heureusement, tout cela vous passe par la tête qu'une fraction de seconde et vous pensez juste à trouver le chemin dans ce dédale de tunnels et de puits encombrés. Souvent, j'ai pu tester la solidité de mon casque. Mais ça va. Après coup, on pense à ceux qui doivent "vivre" là-dedans et on se dit qu'on peut aussi y "survivre" quelques heures. A l'intérieur nous rencontrons quelques mineurs. Certains commençaient journée. Le père avait prit ses enfants avec : il peut pendant les vacances scolaires. Les 8000 à 12000 mineurs qui vivent de Cerro Rico ont vraiment beaucoup de courage. Germinal continue à exister en Bolivie, espérons que ça change!
Justement à propos de changement, je pose encore une dernière question à Mabel: "est qu'avec Evo ça risque de changer?" et là Mabel a un grand soupir et me dit:" Les Riches ne veulent pas!"

Je vous laisse conclure ...

06:05 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : precarite, exploitation, riches, pauvres, capitalisme, travailleurs, pauvrete |  Facebook |

15/09/2009

L'exploitation, le mode d'emploi pour faire tourner le Monde-marchandise



Le monde actuel ne peut qu'être marchandise dans la mesure où il est dominé par les capitalistes. Leur premier objectif est d'obtenir toujours plus de rendement de la force de travail, une marchandise qu'ils espèrent obtenir au prix le plus bas. Ce calcul et ces profits se font à l'échelle de la planète.

la division internationale du travail

Les travailleurs de l'entreprise Thomson d'Angers faisaient un téléviseur en 20 heures en 1967. En 1992, ils n'avaient plus besoin que de 2 heures, ce qui représente de nombreuses heures de travail économisées pour les actionnaires. Dans la même période, la part de la force de travail dans le prix du téléviseur est passée de 20-30 % à 10 %. Mais cela ne suffisait pas, et, poussée par la concurrence, Thomson a délocalisé sa production dans des pays à plus faibles coûts salariaux, afin de faire baisser encore cette « variable d'ajustement », comme disent les économistes, qu'est le salaire. Et ce mouvement de délocalisation a concerné de nombreux secteurs de production.

On estime que les stocks d'investissements directs des capitalistes étrangers dans les pays pauvres représentaient 2,3 % de la richesse mondiale en 1980, 2,4 % en 1990, 6,2 % en 2000. En 1997, les investissements des entreprises américaines dans ces mêmes pays pauvres représentaient 7,6 % de leurs investissements aux États-Unis mêmes. Bien sûr cela ne représente pas un gros pourcentage dans l'absolu. Il n'empêche : ce pourcentage est près de 10 fois supérieur à ce qu'était la part de ces mêmes investissements en 1985.

Dans ces pays, les firmes cherchent avant tout une main d'oeuvre bon marché. Les biens fabriqués sont ensuite réexportés vers les pays riches, là où il y a un marché solvable. 100 % des voitures Volkswagen produites en Slovaquie étaient, en 2000, réexportées vers l'Europe de l'Ouest. C'est le cas aussi pour 100 % des Audi fabriquées en Hongrie, et de 80 % des General Motors-Opel produites en Pologne. Dans l'usine de Mlada Boleslav de République tchèque, le salaire ouvrier moyen n'est que 12 % du salaire ouvrier moyen en Allemagne (chiffre de 1999).

Mais la réalité c'est qu'en produisant des automobiles à faible coût, le patronat de ce secteur entend les vendre en occident à des prix relativement modestes (quoiqu'encore inaccessibles pour de nombreux salariés) et lutter ainsi contre l'inflation, qui entraîne souvent une hausse des salaires. Ainsi donc produire dans les pays pauvres entraîne davantage de chômage dans les pays riches, mais provoque aussi une tendance au maintien des bas salaires. Avec pour conséquence le phénomène des travailleurs pauvres.

La division internationale du travail se fait en fonction des salaires, de la technologie des outils de production, ainsi que des marchés locaux. Les télécopieurs hauts de gamme sont produits au Japon, les bas de gamme en Chine. Les téléviseurs grand écran avec magnétoscope incorporé sont produits au Japon, ceux de moyenne taille sont produits à Singapour, ceux de petite taille en Malaisie. Néanmoins, les ouvriers chinois produisent de plus en plus de téléviseurs hauts de gamme.

Volkswagen a annoncé qu'elle allait doubler ses capacités de production en Chine, sans doute pour vendre aussi à une mince fraction d'autochtones ; mais une mince fraction peut permettre à l'entreprise de doubler ses ventes. Progrès ou pas ? Là n'est pas la question pour les travailleurs, qui exécutent les ordres dans un monde où ils ne comptent qu'en fonction des profits qu'ils peuvent rapporter. Et puis Volkswagen s'apprête sans doute aussi à poursuivre, comme General Motors, son alliance avec le chinois Baosteel, numéro trois mondial de la sidérurgie, qui fait de fabuleux profits et licencie jusqu'à 10 000 salariés par an.

Parfois, il arrive que des pays pauvres connaissent un certain développement en matière technologique, mais les technologies les plus développées ne peuvent donner un revenu à tous les travailleurs non qualifiés qui se concentrent de plus en plus dans les mégapoles du tiers monde. Une étude des Nations unies estime que 70 % de la population mondiale, soit 5 milliards de personnes, habiteront dans les grandes villes pauvres en 2025.

Aujourd'hui, l'objectif des capitalistes n'est pas de former ces milliards d'hommes et de femmes en vue de leur donner un emploi. Personne ne le prétend, pas même eux. Ils sont uniquement attachés à cibler leurs investissements internationaux, à calculer leurs profits dans le court terme. D'ailleurs seul 1 % des salariés des pays pauvres sont embauchés par les 36 000 multinationales au monde. Et le flux réel de ces capitaux en direction de pays pauvres est restreint à un tout petit nombre de pays. Huit pays seulement ont attiré, entre 1989 et 2002, 84 % des flux nets de portefeuille d'actions : la Chine, le Brésil, le Mexique, l'Afrique du sud, l'Inde, la Thaïlande, la Malaisie et la République tchèque.

Les capitaux occidentaux

Les capitaux occidentaux en direction de cette petite dizaine d'États viennent d'entreprises industrielles mais aussi de compagnies d'assurance, de fonds de pension, ou de mutual funds, qui sont des fonds d'investissement tirés de l'épargne individuelle de particuliers riches, en particulier des Américains du nord. Ces mutual funds s'élevaient à 4 470 milliards de dollars en 1994, à 10 938 milliards de dollars en 2000.

Ces milliards se placent surtout dans la spéculation boursière et monétaire. Très peu en définitive servent à la modernisation des industries, même d'exportation. On constate que les vrais investissements sont bien minuscules quand on les compare aux investissements du temps de la guerre froide dans certains pays d'Asie, à une époque où les États impérialistes choisissaient de soutenir militairement et financièrement des États comme la Corée du sud. Aujourd'hui les flux de capitaux auraient plutôt tendance à risquer d'entraîner la Corée du sud dans la faillite.

Toutes ces sommes d'argent peuvent donc stimuler les marchés boursiers locaux, mais ne favorisent pas le développement. Ce ne sont pas des capitaux qui s'investissent dans les transports en commun, les équipements, la santé ou l'éducation. Même si de nombreux fonds de pension sont constitués des retraites d'enseignants américains ! Le fonds de pension Ohio State Teachers avait en 2002 pour plus de 2,6 milliards de dollars placés dans les pays « émergents », plus que l'entreprise General Motors.

Les guillemets pour le mot « émergents » sont là pour rappeler que ces pays n'émergent pas ailleurs que dans l'intérêt que leur portent les entreprises, les banques et les États impérialistes. Sinon, ce sont des pays qui comme les autres pays du tiers monde ont une vaste partie de leur population pauvre. 53,7 % des Chinois, 28 % des Brésiliens, 42,5 % des Mexicains, 35,8 % des habitants d'Afrique du sud, 86,2 % des habitants de l'Inde vivaient en 2000 avec moins de deux dollars par jour. Soit dit en passant, ce chiffre est typique des chiffres donnés par les Nations Unies. Pourquoi fixer la barre de la pauvreté à deux dollars par jour, lorsqu'on sait qu'avec quatre dollars il n'est pas d'avantage possible de satisfaire les besoins en matière d'éducation, de santé, d'alimentation, de logement et de transport ? Et quel pourcentage de la population de ces pays « gagne » entre deux et quatre dollars par jour ?

Le « libre échange » entre la misère et le capital

Voilà pourquoi les flux de capitaux en direction de certains pays pauvres croisent sur leur chemin des jeunes, des travailleurs issus de ces pays pauvres, mais qui cherchent, eux, à les fuir. Preuve que le commerce mondial ne propose aucun avenir pour les peuples. On estime que des millions d'habitants des régions pauvres cherchent à fuir leur misère. 500 000 femmes et enfants venues d'Europe de l'est, d'Afrique, d'Amérique du sud, d'Asie du sud est, arrivent chaque année en Europe, grâce à des passeurs, et se retrouvent sur le trottoir à se prostituer. Plus de 15 000 médecins arabes ont quitté le Maghreb entre 1998 et 2000 pour chercher du travail dans les pays plus riches. Eux non plus ne voyaient aucun avenir dans leur pays.

Il arrive aussi, phénomène encore plus circonscrits à quelques pays, que ces capitaux occidentaux en direction des pays dits « émergents » croisent des capitaux issus de ces pays et qui se dirigent vers des banques ou des bourses de pays impérialistes. La Chine, très courtisée par les multinationales occidentales, est le deuxième souscripteur au monde de bonds du trésor américain. Dans le même temps, ce pays n'est pas sûr de nourrir toute sa population, et s'apprête à acheter des produits agricoles aux États-Unis. Preuve que les échanges internationaux de capitaux sont indépendants des besoins réels de la population.


Le capitalisme, c'est le pillage de la force de travail et des matières premières

Partout dans le monde c'est le règne du capital. Et ce règne a pour fondement l'exploitation de la main d'oeuvre salariée. En Ukraine, les mineurs qui travaillent au fond des mines de fer 6 jours par semaine, 8 heures par jour, gagnent 50 euros par mois. Cette somme est inférieure au revenu qui fixe officiellement le taux de pauvreté. Du coup, de nombreux travailleurs ukrainiens tentent leur chance en occident. Dans certains villages d'Ukraine, la moitié de la population en âge de travailler vit à l'étranger, illégalement et avec des salaires toujours de misère. Mais quand même moins miséreux que les salaires en Ukraine.

Au Ghana, dans la mine d'or de Tarkwa, c'est 20 euros par mois que gagnent les mineurs, dans des conditions de travail épouvantables : les mères qui descendent au fond doivent amener avec elles leurs jeunes enfants. Lorsqu'ils entendent au-dessus de leurs têtes le passage d'un train, les mineurs arrêtent le travail et se protègent à main nue des éboulements. Au total, un quart des mineurs meurt écrasé par ces éboulements ; les autres sont menacés par l'empoisonnement au mercure ou l'étouffement à cause des mauvaises conditions de ventilation. À l'autre bout de la machine de l'exploitation il y a les profits des possédants : l'once d'or est à son plus haut niveau depuis 1996. L'indice boursier de l'or Amex Gold Bugs index a augmenté de près de 500 % depuis trois ans.

Partout dans le monde, le capitalisme impose sa loi, étranglant les économies pour en tirer de juteux profits. Des régions entières sont enfoncées dans la misère depuis des générations. C'est le cas de la Guinée Bissau, petit pays d'Afrique de l'ouest qui à la veille de la guerre d'indépendance, après 500 ans d'ère coloniale portugaise, n'avait connu que le pillage et la misère, avec 99  % des habitants analphabètes. La guerre a duré onze ans, aboutissant à l'indépendance en 1974. Dans les décennies qui ont suivi, le pays a connu la pauvreté, puis de nouveau la guerre civile, en 1998-1999. Le FMI a d'ailleurs divisé son aide par deux entre 1996 et 2000, et l'a encore baissé ensuite. En 2000, 88 % de la population vivaient avec moins d'un dollar par jour. Toute l'agriculture du pays est quasiment tournée vers la seule production de noix de cajou pour l'exportation. Les revenus du pays dépendent donc de la valeur du dollar ainsi que de la consommation des Américains et des Européens en noix de cajou, consommation qui précisément a baissé de 30 % en 2001. Le pays ne produit plus assez de riz pour sa propre consommation. Résultat : en 2003, 90 % de la population n'a qu'un repas par jour. Voilà sur quoi reposent l'indépendance et l'économie du pays.

On pourrait tirer le même bilan pour nombre de pays qui sont depuis des décennies « indépendants ». La Côté d'ivoire était décrite dans les manuels scolaires en France dans les années 70 comme un bel exemple à suivre. Aujourd'hui par manque de moyen pour lutter contre le sida 300 instituteurs ivoiriens meurent chaque année. Des milliers d'enfants sont donc privés d'enseignants. Mais la France préfère envoyer dans ce pays à grand frais des soldats et des équipements militaires !

Il n'existe pas de territoire au monde qui échappe à cette emprise du capitalisme. Même la minuscule république Nauru (20 km2, 13 000 habitants), au beau milieu de l'océan pacifique, a été pillée de ses phosphates par les entreprises australiennes prédatrices, avec la complicité de l'élite locale. Celle-ci a aussi goûté au charme de la spéculation dans les années 1990 avec des placements immobiliers en Australie, ou financiers sur le marché japonais. Evoluant avec son temps, elle aurait permis le blanchiment de 7 milliards de dollars américains en provenance de la mafia russe en 1999. C'est à Nauru qu'au début des années 2000, l'Australie a envoyé ses demandeurs d'asile en provenance du Moyen-Orient, moyennant finances. Minuscule îlot, Nauru n'en a donc pas moins, à l'aune de la voracité capitaliste, sa valeur...

Pour donner un avenir à la planète et ses habitants, il faudra renverser le capitalisme

Les pays faussement appelés en « voie de développement » (depuis le temps qu'on emploie cette expression, ça se serait vu si elle était juste !) sont des machines à produire, plus que dans les pays riches, des inégalités. Les 10 % les plus riches dans les pays riches possèdent 29,1 % des revenus. Les 10 % les plus riches en Amérique latine possèdent 48 % des revenus. Les 10 % les plus pauvres dans les pays riches possèdent 2,5 % des revenus. Le pourcentage est de 1,6 % en Amérique latine. Cette présence d'une riche classe dirigeante locale permet de nourrir les bourses locales, pour le plus grand profit des spéculateurs internationaux. La forte proportion de très pauvres permet en même temps de faire pression à la baisse sur les salaires dans ces pays pauvres, avec comme résultat une main d'oeuvre intéressante pour les entreprises multinationales. Et puis cette misère, c'est aussi le poids du passé qui l'explique : le colonialisme, dont l'Amérique latine et l'Afrique ne se sont pas remises en 500 ans, et l'ordre économique capitaliste qui, depuis 150 ans, a favorisé les mêmes États et appauvri les mêmes régions.

Janvier 2004

André Lepic

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14/09/2009

De plus en plus de « travailleurs pauvres »


Il existe de plus en plus de « travailleurs pauvres » qui n’arrivent plus à s’offrir des extras (voyages, sorties, cinéma…) et devenir propriétaires, selon une étude de la FGTB.

Archives Belga

Il existe de plus en plus de « travailleurs pauvres » qui n’arrivent plus à dépenser pour des extras (voyages, sorties, cinéma…) et devenir propriétaires, selon une étude de la FGTB, présentée mardi à Bruxelles. Environ 20 % des travailleurs font partie de cette catégorie de gens, paupérisés malgré une vie active. Le syndicat souhaite débattre de ce dossier lors du dialogue interprofessionnel en réclamant des salaires bruts et des salaires minimums plus élevés. « Nous allons apporter des sérieuses revendications salariales sur la table », a souligné Rudy De Leeuw, président de la FGTB.

Le syndicat socialiste a mené une vaste enquête sur le pouvoir d’achat des travailleurs. Près d’un actif sur 2 (47 %) estime que son pouvoir d’achat est en baisse par rapport à l’année dernière A peine 33 % des sondés estiment que leur pouvoir d’achat est resté stable contre 7 % qui pensent qu’il a fortement augmenté. Quelque 51 % des travailleurs belges ont des difficultés financières et 37 % d’entre eux ne peuvent pas mettre un euro de côté. Le temps du salaire unique est définitivement révolu pour les ménages car près d’un travailleur sur 2 (44 %) juge indispensable que deux salaires soient la règle.

Selon l’enquête, il apparaît que 35 % des sondés ont des difficultés à assurer les coûts d’éducation de leurs enfants, que 37 % n’arrivent pas économiser, que 25 % des actifs ne peuvent pas devenir propriétaires et qu’enfin, 18 % des Belges ne partent en vacances qu’une fois par an et ont des problèmes pour payer leurs frais de transport.

« Travailler plus pour gagner plus », ne semble pas être le remède à l’amélioration du pouvoir d’achat. Si 61 % des travailleurs effectuent des heures supplémentaires (en moyenne 24 heures par mois), à peine 6 % d’entre eux en font un choix personnel pour gagner plus d’argent. 34 % voient leurs heures supplémentaires non payées ou non récupérées.

Les travailleurs se paupérisent et ce phénomène touche selon la FGTB, 20 % des travailleurs. « C’est une nouvelle catégorie qui se développe de plus en plus », a expliqué Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB.

Ces travailleurs arrivent tout juste à satisfaire leurs besoins primaires et ne peuvent pratiquement rien dépenser pour leurs loisirs ou vacances ou pire d’acheter un bien immobilier. Il s’agit surtout d’actifs du secteur public et non-profit. Anne Demelenne estime par ailleurs que la précarité des contrats offerts et la flexibilité à outrance, particulièrement chez les jeunes, favorisent cette paupérisation.

Parallèlement, la FGTB a demandé au CRIOC de réaliser une enquête sur la consommation des ménages à revenu modeste (1.000 euros nets maximum par personne). Selon l’enquête, ces types de personnes vivent sous une pression commerciale, sont moins informés sur ce qu’elles consomment et consomment des produits de moins bonne qualité. Selon le CRIOC, les premiers prix (discount ou marques de distributeurs) sont de moins bonne qualité et posent des problèmes pour ceux qui les consomment.

L’enquête couvre plusieurs segments de consommation des ménages à revenu modeste. Ainsi, ils consomment beaucoup de plats préparés, optent pour de l’eau en bouteille plus chère et sont en moins bonne santé que les catégories plus élevées. Huit enfants sur 10 sont par ailleurs confiés à des proches plutôt qu’en crèche. Les revenus modestes sont exclus du système de garde d’enfants.

« Le misérabilisme et le paternalisme ne sont pas notre style mais nous voulons la prospérité et la santé pour tous », a déclaré M. De Leeuw en évoquant la problématique des petits revenus.

Enfin, toujours dans le cadre de l’amélioration du pouvoir d’achat, le syndicat socialiste a demandé à nouveau une baisse de la TVA sur le gaz, l’électricité et le mazout, un crédit social de 40 à 80 euros pour les bas revenus, un contrôle des prix, un blocage des loyers et l’accès à des gardes pour enfants accessibles.

(belga)

18:45 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pauvrete, travailleurs, exploitation, miserables, capitalisme, societe |  Facebook |

13/09/2009

Le syndicalisme actuel peut-il stopper l'hégémonie capitaliste?

Le contexte actuel de crise structurelle du système capitaliste permet sa remise en question, certes. Les économistes de tout poil s'ingénient à publier une multitude d'ouvrages sur la question, se basant entre-autres sur des concepts tantôt marxistes, tantôt keynésiens. Les statistiques viennent aussi en aide, illustrant une analyse détaillée de la situation dans un contexte historique. Le matérialisme dialectique permet aussi un développement qualitatif, s'il est bien interprété.


A la question posée dans le titre de cet article, à savoir si la pratique actuelle du syndicalisme peut modifier favorablement le paysage de notre société actuelle, dont l'économie capitaliste montre un essoufflement, voire des limites encore jamais atteintes jusque maintenant.


Les structures syndicales ont pour but le rassemblement des forces productives, la masse salariale, les travailleurs, le prolétariat. Cela dit, les divisions de ces structures par leur démultiplication, a créé la division des travailleurs eux-mêmes. Et surtout, la collaboration de ces structures avec le politique en place, tant socio-démocrates que les autres, ont provoqué la mutation du combat syndical [de lutte] en combat syndical [de négociation]. Ce qui permet la constatation que d'une structure combattive pure, le syndicalisme est passé dans le mode réformateur, voire même de collaboration [par effet de parlementarisme] avec le patronat. Ne dit-on pas que patrons et syndicats sont des "partenaires sociaux"?


Certes, dans certains pays de l'Union Européenne, çà et là des organisations syndicales se démarquent plus que d'autres, par des actions parfois plus dures. Mais nous ne retrouvons plus ces luttes qui ont fait jadis la gloire des mouvements syndicaux dignes de ce nom (fin du 19ème siècle, années 1930, années 1960). Le mouvement ouvrier est bien loin derrière nous!


Le syndicalisme est-il devenu malade? A proprement parler, non. Mais il s'agit très certainement d'un engourdissement savamment orchestré par le pouvoir politique [soutenant l'économie de marché, donc le capitalisme] sur la chose syndicale.


Le remède, pour en revenir à un syndicalisme globalement plus efficace et digne de ce nom, serait de recréer cette indépendance politique réformatrice, pour en revenir à des concepts plus révolutionnaires (dans le sens péjoratif du terme). C'est-à-dire un syndicalisme qui ose proposer des modifications structurelles profondes, soutenu en cela par la force de travail, la masse des travailleurs, qui constituent la toute grande majorité des populations (lesquelles populations, exploitées par ce système capitaliste décadent). Le syndicalisme doit-il donc se désolidariser de la politique? Non, car un support philosophique à l'origine d'une politique doit être à la base de tout mouvement syndical, afin de pouvoir fédérer les masses tout en ayant une structure homogène le permettant. Et donc plus que certainement, le syndicalisme devrait se tourner vers des politiques plus adaptées aux luttes qu'il devrait mener, qu'il est censé mener.


Ce petit mot ne donne évidemment pas tous les éléments nécessaires, dont l'analyse pourrait faire l'objet de bouquins entiers, mais jette les bases d'une pensée, d'une réflexion, que toutes et tous nous devrions avoir, pour sortir notre société du marasme dans lequel l'économie capitaliste est capable de jeter des peuples entiers, pour la seule satisfaction d'une petite poignée de nantis exploiteurs; ces gens peu scrupuleux, bien capables de provoquer les guerres les plus atroces et les plus destructrices, pour leur seul et unique bonheur égoïste.

Alex 

01/06/2009

Stop au cirque politique!

L'exclusion sociale, la précarité, l'incertitude future, autant d'hésitations que de désarroi face à la politique actuelle menée par les partis les plus en vue.

Autant la sympathie peut être source de confiance, autant la tromperie peut susciter la méfiance collective.

A coup sûr, des changements profonds seront visibles lors des élections du 7 juin. Le paysage politique sera quelque peu modifié, mais pas en profondeur. Non. Le gouvernement belge sera toujours dirigé par la coalition élue il y a deux ans. Les pratiques douteuses seront toujours présentes.

Ces élections seront toutefois interprétées comme baromètre électoral, mais au mépris pur et simple, dans la plus pure abnégation des responsabilités des 4 grands partis, ceux les plus en vue, ceux qui sont si médiocrement omniprésents, ceux qui ne tiennent pas compte, ou si peu, de l'électorat qui les a placés.

Les citoyens belges auront, le 8juin prochain, une fois de plus, le sentiment d'avoir été grugés, meurtris dans leur soi-disant liberté d'opinion, de cette soi-disant démocratie, celle qui leur impose la loi des "grands", au service des "très grands", au service d'un système qui a montré de quoi il est capable, ses limites dépassées, sa faillite, tout simplement.

Comme en 1929, la crise actuelle ne se répercutera pas tout de suite sur les gens, sur monsieur et madame tout-le-monde. Non, car en fait plusieurs phases seront exécutées préalablement. Notamment le renflouement des banques privées par les deniers publics, l'argent du contribuable. Ensuite, cet argent, il faudra le rembourser, et qui va payer selon vous?

Comme dans toute grosse crise structurelle du système capitaliste, les gens qui constituent la majorité de la société, les travailleurs, les salariés ou les indépendants, les allocataires sociaux, etc.. paieront, et paieront même très cher cette crise qui n'est pas la leur, mais bien celle des capitalistes, la crise du système.

A coup sûr, des changements peuvent être faits, dans le paysage politique, en leur montrant qui nous sommes, le 7 juin, en votant pour un parti qui n'est pas de cette majorité écrasante et oppressante, toute dévouée à l'exploitation, notre exploitation.

Ce blog n'est pas neutre, ce blog est politique, c'est sûr, et donc il est lié à une opinion, l'opinion du blogueur, fatalement. Cette opinion est bien à gauche, et non de cette gauhe-caviar qui n'a plus de socialiste que le nom, mais un vrai parti de gauche, un parti qui crie haut et fort, qu'il est grand temps de mettre fin à tout ce cirque politique, pour les gens du peuple d'abord, et surtout pas pour le profit d'une minorité exploiteuse.

Le Parti du Travail de Belgique (PTB+) est un bon choix, et j'espère que ce sera également le votre, c'est la liste 18, n'oubliez surtout pas, car vous aussi, vous avez le droit de dire "STOP AU CIRQUE POLITIQUE".

03:22 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ptb, socialisme, capitalisme, marx, crise, travail, travailleurs |  Facebook |

12/08/2007

Droit de grève

Allemagne - Le droit de grève provisoirement supprimé pour les cheminots

En conflit avec la direction depuis plus d'un mois à propos des salaires, le syndicat allemand des conducteurs de trains avait prévu une grève générale pour le 9 août. Un tribunal de Nuremberg l'a interdite. (Alice Bernard)

Et ce n'est pas mieux en France ; mais la Belgique est simplement retardée par la formation chaotique du prochain gouvernement. Les travailleurs sont progressivement muselés, par les atteintes sur le droit de grève, qui est un droit légal internationalement reconnu. Les patrons vont pouvoir faire tout ce qu'ils veulent et exploiter les salariés à leur guise. La vague libérale submergeant l'entièreté de l'Europe n'a pas fini de créer des remous et surtout l'engloutissement des acquis sociaux durement obtenus (parfois dans le sang) par nos grands-parents ! (Alex Pozetti)

……….La suite……..

15/07/2007

Atteintes au droit de grève!

La grève est un droit du travailleur, la réglementer est inadmissible!

 

 

Les effets du Sarkosisme ultralibéral en France commencent à peine, que la Belgique lui emboite le pas et va même jusqu’à la devancer !

 

En effet, aujourd’hui le gouvernement Belge n’est pas encore formé, le syndicat chrétien le soutien d’ores et déjà dans son "futur" désir de réglementer le droit de grève dans les services publics, arguant que la grève est un échec des négociations1 (…).

 

Or, la grève est un droit internationalement reconnu par les syndicalistes; la réglementer aurait pour effet de museler progressivement les travailleurs et à terme la limitation de ses actions verrait le fossé déjà grand entre le patronat et le salariat s'agrandir tout en faisant perdre une bonne partie des avantages sociaux acquis au termes de dures luttes par nos parents et grands-parents; le retour en arrière social est programmé, l'exploitation de la main-d'œuvre ne pourra que décupler!

 

Voir la vidéo:

 

 

  

1 Une grève ne s'envisage pas à la légère pour un oui ou pour un non; il a toujours été établi que ce recours n'est envisagé que de manière ultime; les négociations n'aboutissant à aucun résultat valable pour le travailleur qui se sent lésé par le patron.

18:23 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syndicalisme, greve, social, travailleurs, droits, actions |  Facebook |