21/11/2010

Rompons le blocus de l’information !

Rompons le blocus de l’information !

Posted 14 novembre 2010 by cubanismo

Dr. med. Martin Herrmann*

 

medicoscubanos1.jpgDe profonds changements économiques sont en cours à Cuba, y compris dans le secteur de la santé. Le gouvernement a appelé à une utilisation parcimonieuse des ressources dans les hôpitaux.

 

Immédiatement, de nombreux médias occidentaux ont prétendu que l'éducation et la santé allaient connaitre un processus de privatisation. Ils reproduisaient un article publié par le quotidien argentin de droite «Clarín », déformant une déclaration de la ministre cubaine des affaires sociales.

 

Pour Cuba, l'éducation et la santé restent prioritaires et publiques, le gouvernement est convaincu de leur importance et maintient ces acquis de la révolution par tous les moyens. C’est un exemple de la guerre de désinformation que livrent les États-Unis à Cuba, en complément à l'agression économique qu'ils pratiquent sans succès depuis plus de 50 ans.

 

Les médias européens n’évoquent pas les effets sournois et concrets du blocus. C'est particulièrement le cas pour les mesures les plus absurdes: un internaute cubain ne peut accéder à de nombreux sites. Non pas, parce que le gouvernement cubain l'interdirait, comme le prétendait il y a quelques jours Tomás Bilbao, ancien haut fonctionnaire du régime de G.W. Bush, à propos de Twitter. Mais bien parce que, comme l'a du admettre ce réseau (1), ces sites interdisent l'accès à des requêtes provenant d'une adresse à Cuba.

 

La littérature médicale, dont une grande partie est éditée aux États-Unis ou par des éditeurs y ayant de gros intérêts commerciaux, est quasiment inaccessible. Quant aux sites internet correspondants, beaucoup refusent la connexion depuis Cuba. A croire que la lecture d'articles médicaux par des médecins cubains affecterait les intérêts et la sécurité des États-Unis... La désinformation est systématique et traverse également les médias européens comme un rouleau compresseur. C'est aussi cela, la guerre des États-Unis contre son petit voisin.

 

Un exemple illustratif concerne Haïti: au moment du tremblement de terre, plus de 400 médecins cubains étaient sur place et ont pu apporter une aide immédiate. A ce jour, plus de 1500 cubains ont soigné plus de 227 000 victimes. Pour comparaison: les EU ont dépêché 10 000 militaires et 500 professionnels médicaux qui se sont occupé d'environ 800 blessés! Pourtant, l’aide de Cuba n’est pas mentionnée dans la presse!

 

Les échanges scientifiques représentent un besoin essentiel pour les médecins de toute spécialité. Nous sommes très engagés dans ce domaine: des spécialistes cubains sont invités pour des formations complémentaires en Europe. En octobre, deux pédiatres se sont rendus à Cuba pour partager leur expérience avec les pédiatres de La Havane. Divers chirurgiens se rendent régulièrement en province : leur objectif est d’enseigner des techniques d’intervention plus efficientes et moins invasives; il s'agit d'un moyen d'optimiser les ressources hospitalières. Et de rompre, en même temps, le siège médiatique. Nous poursuivrons notre soutien au système de santé cubain, plus que jamais!

 

* l’ auteur est co-président de MediCuba-Suisse - www.medicuba.ch

 

(1) http://www.rebelion.org/noticia.php?id=114489

31/10/2010

Stratégie de Lisbonne : attention, chute d’emplois !

(Extrait du site de Mochel Collon "INVESTIG'ACTION")
Henri Houben
28 octobre 2010

carhaixjpg-ccca0-9726a.jpgAprès Europe 2010, il y aura l’Europe 2020. C’est la preuve que la Commission sait compter. En revanche, tirer un bilan objectif lui semble une tâche autrement plus ardue. En effet, l’Europe 2020 a pour caractéristique de remplacer la stratégie ou le processus de Lisbonne qui affecte toute la politique socio-économique dans l’Union, à l’insu du grand public. Cette dernière a fixé les cibles d’un taux d’emploi de 70% et d’une part de R&D de 3% du PIB pour 2010. Sans y parvenir. Et que propose Europe 2020 ? La même chose. On ne change pas une politique qui échoue, telle est la devise de la Commission.

 

...Lire la suite de l'article....

18/09/2010

A ne pas manquer! "MANIFIESTA"

Dorénavant, la solidarité a sa fête en Belgique, il s'agit de "MANIFIESTA".

En ces temps de séparatisme, de régionalisme, d'individualisme, il est bon de montrer que la solidarité a encore une place prépondérante dans notre société. Elle est même indispensable à la vie sociale de toutes et tous.

Téléchargez le tract PDF en cliquant sur l'image ci-dessous, et visitez le site prévu à cette occasion, pour tout renseignement et billets en prévente sur:


http://manifiesta.be/fr

 

Tract Manifiesta001.JPG

12:48 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Actualité, Société, Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fête, solidarité, bredenne, manifiesta |  Facebook |

28/08/2010

Le capital et la dislocation. Le réformisme de la crise à la mondialisation

Le capital et la dislocation. Le réformisme de la crise à la mondialisation (Source: "Econosphères.be")

Publié à l’origine dans l’ouvrage « Les socialistes et le pouvoir » en 1998, cet article porte sur le rôle économique dévolu à l’État dans la mondialisation et le poids grandissant du paradigme néolibéral dans l’élaboration des politiques économiques.

Gabriel Maissin
Article mis en ligne le 18 août 2010

 Réformisme et politique économique face à la mondialisation

Il fut un temps où l’on trouvait au sein de la gauche, y compris la plus réformiste, une critique du capitalisme dans son fondement économique. Ses structures et son fonctionnement devaient être mis au pas, pour permettre l’émergence d’une organisation sociale alternative. Non seulement plus juste socialement, mais économiquement plus favorable au développement. Du “planisme” d’un De Man, à “l’Alternative progressiste” (1977) de la FGTB en passant par la célèbre brochure du syndicaliste wallon André Renard, “Le socialisme par l’action” (1958) [1], on retrouve sans peine cette tradition au sein du mouvement ouvrier belge. Le programme de l’Union de la gauche française, à la veille de la victoire de Mitterrand, fournit sans doute le dernier prototype de ce réformisme anticapitaliste. Un anticapitalisme qui ne remet pas en cause l’existence même d’un secteur d’économie privée, mais dont le programme de “réformes de structures” constitue tout au moins un axe de contestation de son hégémonie. Nationalisations ou socialisations de secteurs stratégiques, planification de l’économie, contrôle ouvrier, ... avaient droit de cité.

Aujourd’hui, la simple évocation de telles interventions sur les structures économiques apparaît d’une incongruité totale. La tendance dominante au sein du réformisme n’est plus à la transformation économique, même si l’on veut éviter la “sauvagerie” du marché, dénoncer la “folie” du règne de l’économie financière ou encore prévenir les dangers de la compétitivité “poussée à outrance”. Face à ce qu’il est convenu d’appeler depuis peu “les contraintes économiques”, le réformisme semble évanescent. En matière économique, le réformisme a t-il encore quelque chose à dire ?

Certes, la politique du gouvernement Jospin, n’est pas celle de Thatcher. Mais, celle de Tony Blair pourrait bien en être un prolongement, intelligent et moderne. Et existe-t-il une différence de nature entre les privatisations de Belgacom, de British Telecom, de France Telecom, ou de Telecom Italia ?

Au-delà de toutes les distinctions possibles, tout se passe comme si après avoir tenté de modifier le régime économique, puis de l’amender substantiellement, puis encore de le contrôler, le réformisme en est venu à l’accepter dans son essence même, à le faire sien. La voie des réformes graduelles s’est enlisée, pire, elle n’a pas résisté à ce qu’il est convenu d’appeler la crise de l’État-providence, et elle s’est éteinte. L’écroulement des “économies de commandement” [2] des pays de l’Est a accentué cette évolution en accréditant l’idée d’un seul modèle possible : l’économie de marché.

Mais ne nous laissons pas subjuguer. Cette vision du capitalisme triomphant doit être prise pour ce qu’elle est : le discours des vainqueurs. Il présente l’état actuel comme inéluctablement inscrit dans le cours de l’histoire. Il néglige l’essentiel ; l’histoire est en dernière instance le produit de l’action et des choix des groupes sociaux. Que ces choix se réalisent dans un environnement social portant les traces, les conditionnements et les contraintes du passé, c’est évident ! Mais, cela n’infirme en rien l’existence de ces choix.

C’est ce que prétendait, à sa manière, un certain réformisme anticapitaliste en défendant la possibilité d’un changement, fût-ce d’une manière graduelle. Toute conquête, même la plus partielle, faisait partie de ce chemin vers le progrès social. [3] Aujourd’hui, cette notion de progrès social a fait place à celle d’adaptation de nos sociétés aux “bouleversements” en cours, au tout premier rang desquels ceux de l’économie. La prise en compte, puis l’adaptation à “la contrainte économique” semblent être, non seulement une preuve de réalisme, mais aussi la base même de tout programme réformiste.

Or, l’économique, pas plus qu’une autre instance, ne constitue une espèce de champ clos, au sein duquel nous serions obligés de nous débattre sans pouvoir en sortir. Il est lui-même un produit de stratégies, de coalitions d’acteurs, d’offensives et de renoncements. C’est ce qu’essaie de montrer ce texte en examinant successivement :
• comment les politiques d’austérité, réponses au déclenchement de la crise des années 1974-75, ont mis en cause non seulement les compromis économiques et sociaux de l’État-providence [4], mais aussi ont ouvert la voie à de nouvelles politiques économiques néolibérales avec pour leitmotiv “moins d’État”.
• comment, sur base de cette nouvelle régulation néolibérale, se dessine une nouvelle conjonction des politiques économiques nationales avec le capitalisme en voie de mondialisation.

 Le rôle économique de l’État à l’épreuve du néolibéralisme

En 1981, lorsque Pierre Ronsavollon commence son célèbre essai [5] par ces mots : “L’État-providence est malade de la crise”, il sanctionne en fait la fin d’une période et l’installation définitive dans l’ère néolibérale. Car l’Etat-providence ne se remettra pas de cette maladie. L’abandon des anciens paradigmes de l’interventionnisme étatique et de l’économie mixte ne s’est pas réalisé, brusquement avec l’arrivée de Reagan ou de Thatcher. Le tournant a été étalé sur plusieurs années, laissant croire à certains que l’on pourrait encore sauver le patient.

Le tournant a été pragmatique, plutôt que le résultat d’une nouvelle vision théorique émergeant soudain à la moitié des années 70 et reprise systématiquement par les gouvernements et leurs conseillers. En Europe, il faudra une petite dizaine d’années (1975 -1985) pour voir l’option néolibérale prédominer dans les politiques économiques. Cette prédominance, faut-il le souligner, n’est pas directement reliée à la coloration politique des gouvernements en place.

Les modalités politiques diverses d’un même paradigme économique

Parfois, ces politiques sont qualifiées de néolibérales comme dans les cas emblématiques de la Grande-Bretagne de Thatcher ou des USA de Reagan. Pourtant de manière générale, si on reconnaît que des modifications substantielles sont intervenues dans les politiques économiques, rarement l’unanimité se fait pour leur donner le qualificatif de néolibérales. D’autres termes fleurissent pour tenter de les qualifier : modernisation de l’économie, adaptation aux conditions d’une économie mondialisée, dérégulation, flexibilisation, réhabilitation du marché, rigueur de la gestion, etc. ... Or, malgré toutes les précautions oratoires, il paraît justifié de parler d’un « tournant néolibéral » de la politique économique, y compris pour la Belgique.

Certes, l’approche de ce tournant est rendue plus opaque par la diversité des modalités de sa mise en œuvre. En nous limitant à quelques exemples, on peut dire que « le choix entre la réforme globale et l’encerclement progressif dépend de la position des promoteurs de ces nouveaux programmes dans le système politique » [6]. Il faut y ajouter les rapports de force sociaux qui structurent ce système politique et la situation économico-sociale au moment où ces choix doivent être posés.

Dans le cas de la Grande-Bretagne, l’impulsion novatrice résidait dans l’équipe dirigeante du gouvernement qui, ayant puisé son expertise dans les institutions privées (les fameux « think tanks » néoconservateurs) a pu l’imposer à des partenaires institutionnalisés et à une bureaucratie fort réticente. C’est un schéma de « réforme globale » : une argumentation forte de la doctrine économique accompagne le discours politique et l’action du gouvernement.

Pourtant, même une offensive aussi globale, comporte des contraintes très particulières et des contradictions internes. La mise à mal du Welfare State n’a pas été aussi loin qu’on pourrait l’imaginer. Les protections en matière de santé et de vieillesse ont beaucoup moins été touchées que celles en matière de chômage. Le système de privatisation destiné à développer un « actionnariat populaire » a surtout débouché sur la constitution de monopoles privés, tant décriés par les néolibéraux. [7]

Ailleurs, l’impulsion la plus significative vers le néolibéralisme est venue plutôt des experts qui alimentent en solutions et en recettes nouvelles les réseaux de la politique monétaire et économique. Son impact ne se mesure pas par la capacité à faire vivre un grand dessein politique face à l’ensemble des acteurs, mais plutôt dans l’imposition d’un ensemble de contraintes qui modifient les termes de la décision politique et ses modalités de mise en œuvre. C’est un processus d’encerclement par un néolibéralisme gestionnaire plutôt que doctrinal.

Dans le cas de la France, cet encerclement ne visait pas seulement la gauche au pouvoir au temps de la rigueur. Il a concerné tout autant les élites administratives et économiques formées dans le cadre de la planification à la française et convaincues de la “grandeur de l’action de l’État républicain” y compris en économie. La Belgique se situe plutôt dans le second scénario : celui de l’encerclement par la contrainte, malgré une plus grande faiblesse, comparée à la France, de nos élites publiques. On ne pouvait en demander moins au pays de la vertu pragmatique.

Enfin, il ne faut pas perdre de vue que les compromis, noués durant les « trente glorieuses”, sont des compromis fortement institutionnalisés. Plusieurs acteurs peuvent en réclamer simultanément la paternité, mais tout abandon brutal peut comporter un coût social (et électoral) élevé. C’est ce qui explique une progression néolibérale comme un ensemble de savoir-faire pragmatiques, se refusant à prendre de force certaines citadelles, mais les vidant peu à peu de toute influence en impulsant une autre logique aux politiques économiques mises en œuvre. Dans une telle démarche pragmatique, bien connue des gouvernements belges, il n’est donc pas nécessaire de changer brusquement de référentiel. On peut rester »le pays avec la meilleure sécurité sociale du monde", ce qui n’est, après tout, qu’un jugement relatif, pas absolu.

Cette distinction brève entre deux types de mise en œuvre de l’offensive néolibérale, permet de comprendre les variations possibles dans les formes politiques, tout en constatant une homogénéisation progressive, ses quinze dernières années, autour d’un même paradigme économique. [8] La distinction faite par Michel Albert, entre capitalisme rhénan et capitalisme anglo-saxon, va progressivement perdre de sa pertinence, au moins sur un point central : le rôle économique dévolu à l’État.

La crise que personne ne voulait voir

L’élément déclenchant de ces nouvelles politiques économiques est la crise économique de 1974-75. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, l’ensemble des grandes économies capitalistes furent frappées par une récession généralisée et profonde. [9] Ce n’est pas tellement l’ampleur de la crise qui nous intéresse ici, que la faiblesse des perceptions de cette crise. [10] Non seulement, le retournement n’a été prévu que par peu d’économistes mais même une fois la crise installée l’explication de ses causes et mécanismes a été fort disparate [11]. Que l’on songe à la place démesurée prise par l’explication par “le choc pétrolier”. Il y aura incontestablement un certain désarroi - théorique et stratégique - et un temps de réaction très variable de la part des différents gouvernements.

Pour mesurer l’ampleur du retournement sur cette question, il est sans doute utile de se rappeler les opinions majoritaires et la doctrine officielle des années septante. On sait que l’arsenal économique standard de la période 1950-70 faisait largement référence aux capacités de l’État de maîtriser le cycle économique et les fluctuations monétaires.

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08/08/2010

Marx et le travail : sa réception dans l’univers syndical et la question écologique.

Marx et le travail : sa réception dans l’univers syndical et la question écologique.

Christian DELARUE

La question écologique se rapporte ici à "notre capacité à satisfaire nos besoins présents sans compromettre ceux des générations futures" et donc à contrôler au travail mais aussi hors du travail, comme citoyen, notre production au lieu de la laisser dériver de façon productiviste (1), soit produire pour produire, produire pour le marché et le profit.

L’univers syndical lecteur de Marx ne se résume pas à la CGT ou à la FSU ou à SUD-Solidaires ou à la CFDT d’avant son aggiornamento. Cette lecture peut aussi se combiner avec d’autres auteurs et se faire légère, peu perceptible, d’autant que les textes syndicaux ne citent que rarement les auteurs, sauf dans les stages de formation. On ne peut que reconnaitre bien souvent les concepts ou les problèmatiques. Reste que Marx a eu de l’audience chez les syndicalistes et par ricochet dans les syndicats, notamment sur la question du travail, de l’exploitation de la force de travail.

Le travail chez Marx ne donne pas lieu à exposé facile. La question est épineuse. Heureusement il ne s’agit pas ici d’être exhaustif . Lançons-nous néanmoins avec une note de François Vatin intitulée "Marx et le travail : acte créateur et instrument d’aliénation".

L’auteur aboutit à dire que "même dans les sociétés dominées par le travail salarié, le travail n’est pas réductible au salariat, c’est à dire à son aliénation marchande". Disant cela il ne vise non pas seulement le travail des indépendants ou le travail informel mais aussi le fait "que le travail suppose toujours un investissement du travailleur dans sa propre projection de l’œuvre à accomplir". C’est cet aspect-là qui va être discuté ici dans un premier temps avant de passer à un autre aspect vu positivement : tout travail est productif. Un bref point terminera sur les perspectives.

I - Qui dit le sens du travail ?

A propos du thème de l’investissement dans le travail fut-il le travail salarié, donc subordonné, contraint, exploité, on trouve deux pratiques sociales opposées. On trouve d’une part le management qui instrumentalise cette racine dite "anthropologique" ou dite "saine" ou estimée telle du travail à des fins exogènes au travailleur mais endogènes à l’entreprise. On trouve aussi le syndicalisme qui s’appuie sur le sens du travail bien fait pour repousser les exigences quantitativiste du management au profit du volet qualitatif.

C’est là que la vie réelle des conflits du travail montre que d’appuyer trop sur ce fil positif du travail peut aboutir à une récupération de ce savoir-faire par les cadres et managers. En effet, il est désormais courant chez l’encadrement d’exiger de la qualité sans nécessairement faire pression sur la quantité. En fait ils n’ont pas toujours besoin de s’appesantir sur le quantitatif tellement le jeu concurrentiel joue en quelque sorte naturellement. La "guerre économique" est là. De plus on ne croit pas un chef chargé de donner des primes aux travailleurs du rang que celui qui en fait plus ne sera pas mieux payé. Bref, les travailleurs sont pris dans la fameuse "double contrainte" mais seule l’exigence qualitative est explicite.

Et là le syndicalisme du qualitatif (ou du sens) se trouve parfois en de mauvaises compagnies. Le facteur contraint et subordonné du travail pèse énormément. Le travail salarié n’est pas une activité libre. C’est à chaque salarié d’expliquer dans un cadre protégé (protégé des jugements de l’encadrement et des jugements des collectifs de travail qui ne sont pas moins sévères) ce qui nuit à un travail de qualité car tous les travailleurs ne se ressemblent pas. Un tel fera sans souci telle tâche, un autre aura beaucoup de peine à le faire.

Le management a beaucoup de peine à comprendre cela. Trop rivé sur les indicateurs de performances et sur les tableaux et plannings de gestion. Même un management de proximité d’orientation humaniste est nécessairement limité tôt ou tard par les pressions du sommet des organisations. C’est bien au syndicat d’assumer cette fonction d’accouchement de ce qui va mal au travail et qui est caché. Il est évident que pour ce faire il doit d’abord pratiquer l’écoute active même et surtout s’il a quelques connaissances sur la question.

II - A propos d’une ambivalence : Le travail est productif .

Si le travail salarié n’est pas que l’exploitation de la force de travail ainsi que le retient le plus souvent et à raison ce que l’on pourrait appeler le "marxisme syndical de base" il y a donc lieu de se méfier de son volet positif. Ce dernier est pourtant réel. C’est assez simple de retenir que le travail est un acte créateur et producteur. C’est là un aspect positif a souligner (pour exiger reconnaissance par exemple) mais aussi à interroger .

A) Producteur versus questionnement critique.

Producteurs "mais de quoi et comment ?". Les écologistes ont eu le mérite de poser la question. Mais les syndicalistes ne sont pas étrangers à ce questionnement. S’agit-il d’une production nuisible aux humains directement (armes, drogue, etc...) ou indirectement via la destruction de l’environnement ? La production de biens marchands nuisibles renforce à l’évidence l’aliénation du travailleur qui se voit obligé d’ignorer ce qu’il sait pourtant .

S’agit-il d’une production utile ? Mais utile à qui ? Passe-t-elle plus par la production de valeur d’usage que par une production de valeur d’échange ? Telle infirmière d’une clinique privée s’interrogera sur la qualité des soins quand la logique infernale de rentabilité viendra réduire le temps de prise en charge des malades . Bien d’autres aspects interviennent qui montrent que le mal vivre au travail a pour racine un service trop réduit à autrui. La même question se pose aussi pour les services publics producteurs de valeurs d’usage. Il ne s’agit plus de clients (solvables) mais d’usagers mais le problème subsiste tant les logiques privatistes et marchandes sont "impérialistes" au temps du néolibéralisme. "Le travail fiscal que je fais sert-il une juste redistribution fiscale ou une mauvaise ?" me dit un collègue critique de la TVA. Qui ne voit que cela a une importance sur la motivation au travail même s’il est encore relativement rare que le sujet soit ainsi abordé. Désormais il semble devenu plus courant pour le syndicalisme critique de relier l’examen des conditions de travail - du plus concret (ergonomie) au dispositifs plus abstraits (intensification, contrôle constant, allongement du temps de travail non rémunéré, etc...) au contenu lui-même du travail.

B) Producteur(s) versus construction de la société.

Ici c’est l’autre facette positive qui est soulignée : "la production collective de l’existence sociale, c’est nous tous !" Si le travail est productif c’est que les travailleurs - salariés et indépendants - participent à la production de l’existence sociale. Ils y participent certes le plus souvent dans un cadre salarié qui peut être marchand ou non marchand (services publics) mais ils y participent néanmoins. Cet aspect-là est positif, constructeur et intégrateur. En ce sens on dit que nul, sauf les jeunes et les retraités n’est exempt de cette participation. Le réel en est loin.

III - Éléments d’une politique de transformation et d’émancipation.

Pour que cette participation soit réelle et valorisable humainement, il importe de partager le travail et donc d’un côté lutter contre le chômage et la précarité et de l’autre lutter contre le travaillisme (la doxa travailliste) qui est le refus de la RTT, l’intensification du travail et des salaires réduits. Là on fait *coup double* : on enfonce un clou pour l’emploi et un autre pour le travail. Avec ce coup double on avance à la fois vers la transformation du travail et vers l’émancipation des travailleurs. Cela suppose sans doute de passer au socialisme tant le mode de production dominant - le capitalisme - semble incapable de satisfaire ces tendances émancipatrices.

Christian Delarue

ATTAC et CGT Finances publiques 35

1) Capitalisme productiviste : le travail et la consommation, l’émancipation et le socialisme. http://amitie-entre-les-peuples.org...

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Marx-et-le-travail-sa-recepti...

Président des Etats-Unis, faites-le !

Président des Etats-Unis, faites-le !

Fidel CASTRO

Un article qui contenait vraiment beaucoup de choses en rapport avec la marée noire survenue voilà maintenant cent cinq jours a été publié voilà quelques jours.

C’est le président Obama qui a autorisé ce forage, parce qu’il faisait confiance en la capacité de la technologie moderne en matière de production de pétrole, ce produit vital pour la civilisation actuelle mais dont la consommation excessive suscite les protestations énergiques des écologistes, et dont il souhaite, lui, disposer en abondance pour libérer les États-Unis de leur dépendance d’envers les livraisons extérieures.

George W. Bush en personne n’avait même pas osé franchir ce pas, compte tenu des expériences amères ayant découlé en Alaska d’un pétrolier qui transportait du pétrole tiré de là.

L’accident est survenu lors de la recherche du pétrole qu’exige désespérément la société de consommation, une société que les générations actuelles ont héritée des précédents, sauf que tout marche maintenant à une vitesse inimaginable.

Des scientifiques et des environnementalistes ont exposé des théories relatives aux catastrophes qui sont arrivées durant des centaines de millions d’années quand d’énormes bulles de méthane provoquèrent de gigantesques tsunamis qui, accompagnés de vents et de vagues atteignant le double de la vitesse du son et de vagues de jusqu’à mille cent mètres de haut, balayèrent une grande partie de la planète et liquidèrent 96 p. 100 des espèces vivantes.

Ils redoutent que le golfe du Mexique qui, pour une cause cosmique donnée, est la région où la roche karstique nous sépare de l’énorme couche de méthane, soit percé à cause de cette recherche désespérée de pétrole menée à partir des équipements à technologie de pointe dont on dispose aujourd’hui.

À propos de la marée noire causée par British Petroleum, les agences de presse informent ce qui suit :

« …le gouvernement étasunien a averti que les gens devaient s’éloigner de l’épicentre des opérations, menaçant de leur imposer un amende de 40 000 dollars pour chaque infraction et de les arrêter pour des délits plus importants.

« L’Agence de contrôle environnemental des USA a signalé officiellement que la plate-forme nº 1 dégageait du méthane, du benzène, du sulfure d’hydrogène et d’autres gaz toxiques. Les travailleurs sur le terrain utilisent maintenant des moyens de protection de pointe, dont des masques à gaz de dernière génération fournis par les militaires. Des faits capitaux se produisent avec une fréquence inhabituelle.

Le premier et le plus immédiat est le risque d’une guerre nucléaire après que le Cheonan, un navire de guerre dernier cri, a été coulé, selon le gouvernement sud-coréen, par la torpille d’un sous-marin soviétique – datant tous les deux de plus de cinquante ans – tandis que d’autres sources donnent la seule cause possible, mais non détectable : une mine posée sur la coque du Cheonan par les services de renseignement étasuniens. Le gouvernement de la République populaire et démocratique de Corée en a aussitôt été accusé.

Cet étrange événement fut suivi, quelques jours plus tard, du vote, au Conseil de sécurité des Nations Unies, de la résolution 1929 ordonnant l’inspection des cargos iraniens d’ici à quatre-vingt-dix jours.

Le second risque, qui produit déjà des effets dévastateurs, est la progression des changements climatiques, dont les effets sont pires, comme le dénonce le documentaire Home, réalisé par Yann Arthus-Bertrand avec la participation des écologistes les plus prestigieux du monde. Et maintenant, ce déversement de pétrole dans le golfe du Mexique, à quelques kilomètres de notre patrie, qui engendre toute sorte de préoccupations.

Le 20 juillet, une dépêche de l’agence de presse EFE rapportait les déclarations du maintenant fameux amiral Thad Allen, coordonnateur et responsable de la lutte contre la marée noire dans le golfe du Mexique, qui « a autorisé British Petroleum, propriétaire du puits et coupable du déversement, à poursuivre pendant vingt-quatre heures de plus les tests qu’elle faisait pour déterminer la solidité de la structure "Macondo" après l’installation, dix jours plus tôt, d’une nouvelle cloche d’endiguement. »

« Selon des chiffres officiels, il existe près de 27 000 puits abandonnés dans le lit marin du golfe… »

« Quatre-vingt-douze jours après l’accident de la plateforme de la BP, la principale inquiétude de l’administration étasunienne est que la structure souterraine du puits ne soit endommagée et que le pétrole ne filtre à travers les roches et ne finisse par couler à différents endroits du lit marin. »

C’était la première fois qu’une déclaration officielle faisait état de la crainte de voir le pétrole commencer à couler de puits qui ne sont plus productifs.

Les lecteurs intéressés par la question s’arrangent pour tirer les données scientifiques d’un fatras de nouvelles sensationnalistes. Il est pour moi des faits dont l’explication n’est pas satisfaisante. Pourquoi l’amiral Allen a-t-il donc dit que « la principale inquiétude de l’administration étasunienne est que la structure souterraine du puits ne soit endommagée et que le pétrole ne filtre à travers les roches et ne finisse par couler à différents endroits du lit marin » ? Pourquoi la British Petroleum a-t-elle déclaré qu’on ne saurait l’accuser pour le pétrole brut qui a jailli à quinze kilomètres du puits accidenté ? Il faudrait attendre quinze jours de plus, nécessaires pour forer le puits auxiliaire dont la trajectoire est quasiment parallèle à celle du puits qui a causé la catastrophe, tous deux séparés par moins de cinq mètres, selon l’avis du groupe cubain qui analyse le problème. Entretemps, nous devons attendre, sages comme des images…

Si on dépose une telle confiance dans le puits parallèle, pourquoi n’a-t-on pas pris cette mesure avant ? Que ferons-nous si elle échoue, comme tous les autres ont échoué ? Un échange récent avec quelqu’un d’extrêmement bien informé des détails de l’accident, du fait des intérêts de son pays, m’a permis d’apprendre qu’il n’existait pas de risque d’émanation de méthane en raison des caractéristiques du puits et de son environnement.

Le 23 juillet, aucune nouvelle ne parlait de ce problème.

Le 24 juillet, l’agence DPA écrivait : « Un scientifique étasunien éminent a accusé la société pétrolière britannique BP, devant la chaîne de télévision BBC, de soudoyer des experts qui analysent la marée noire dans le golfe du Mexique pour qu’ils retardent la publication des données », sans relier toutefois cette immoralité avec la moindre dommage à la structure du fonds marins et avec les émanations de pétrole et les niveaux de méthane inhabituels.

Le 26 juillet, les principaux médias londoniens – BBC, Sunday Times, Sunday Telegraph et d’autres – informaient que le « conseil de direction » de la BP « devait décider ce jour-ci du départ du président exécutif (Tony Hayward) pour sa mauvaise gestion du déversement de pétrole dans le golfe du Mexique ».

De leur côté, Notimex et El Universal, de Mexico, informaient qu’à la BP, « aucune décision n’avait été adoptée quant au changement de cadres et qu’un conseil de direction était prévu dans l’après-midi ».

Le 27 juillet, les agences de presse faisaient savoir que le président exécutif de BP avait été licencié.

28 juillet. Douze dépêches de presse informaient que quatorze pays, dont les USA et plusieurs de leurs plus importants alliés, avaient formulé des déclarations embarrassées après la divulgation par l’organisation WikiLeaks de documents secrets sur la guerre en Afghanistan. Tout en se disant « inquiet » devant ces fuites, Obama signalait que les informations « dataient et ne contenaient rien de nouveau ».

Une déclaration cynique.

“Le fondateur de WikiLeaks, Julián Assange, a affirmé que les documents prouvaient les crimes de guerre commis par les forces étasuniennes. »

Ce fut si évident que ces révélations ont ébranlé jusque dans leurs fondations la volonté de secret étasunienne. Les documents parlent de « morts de civils jamais mentionées publiquement ». Ces révélations ont causés des frictions entre les parties impliquées dans ces atrocités.

Sur les risques de gaz méthane émanant des puits qui ne sont pas en production, silence absolu.

29 juillet. Une dépêche de l’AFP révélait l’inimaginable : Osama Bin Laden était quelqu’un des services de renseignement étasuniens. « Osama bin Laden apparaît dans les rapports secrets publiés par Wikileaks comme un agent actif, agissant et adulé par ses hommes dans la région afghano-pakistanaise ».

L’on savait qu’Osama avait coopéré avec les USA dans la lutte des Afghans contre l’occupation soviétique, mais l’on supposait qu’il avait accepté l’appui des USA et de l’OTAN dans sa lutte contre l’invasion étrangère comme une mal nécessaire et qu’une fois le pays libéré, il avait repoussé l’ingérence étrangère et créé l’organisation Al Qaeda pour combattre les USA.

De nombreux pays, dont Cuba, condamnent ses méthodes terroristes qui causent la mort d’innombrables innocents.

Quelle ne sera pas la surprise de l’opinion publique mondiale en apprenant qu’Al Qaeda est une création du gouvernement étasunien !

Liquider les talibans a été une justification de la guerre en Afghanistan, puis l’un des motifs de l’invasion et de l’occupation de l’Iraq par les troupes étasuniennes. Deux pays où sont morts des milliers de jeunes Étasuniens et où beaucoup ont été mutilés. Où plus de 150 000 soldats étasuniens sont engagés pour une durée indéfinie et, à leurs côtés, les membres des troupes de cette organisation belliciste qu’est l’OTAN et d’autres alliés comme l’Australie et la Corée du Sud.

29 juillet. La presse publiait la photo d’un Etasunien de vingt-deux ans, Bradley Manning, analyste du renseignement, celui qui a fait passer au site web Wikileaks 240 000 documents secrets. Pas de déclaration sur son culpabilité ou son innocence. On ne pourra pas toutefois l’effleurer, parce que les membres de Wikileaks ont juré de faire connaître la vérité au monde.

30 juillet. Le théologien brésilien Frei Betto publiait un article intitulé : « Cri de la terre, clameur des peuple », dont deux paragraphes résument la quintessence :

« Les anciens Grecs l’avaient déjà constaté. Gaia, la Terre, est un organisme vivant. Et nous sommes ses fruits, engendrés en 13,7 milliards d’années d’évolution. Or, ces deux cents dernières années, nous n’avons pas su veiller sur elle, nous l’avons transformée en une marchandise dont nous espérons tirer les plus gros profits. »

« Toutes les formes de vie sur la planète sont désormais menacées, dont l’espèce humaine (les deux tiers de la population mondiale survit au-dessous du seuil de pauvreté) et la Terre même. Éviter que l’Apocalypse ne se précipite exige la remise la cause des mythes de la modernité – marché, développement, État uninational – tous basés sur la raison instrumentale. »

Ce même jour, l’AFP informait : « La République populaire de Chine "désapprouve les sanctions unilatérales" adoptées par l’Union européenne contre l’Iran, a déclaré aujourd’hui le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu ».

La Russie protestait énergiquement à son tour contre la mise en place de ces sanctions de la part de cette région étroitement alliée aux USA.

Le 30 juillet, selon une dépêche de l’AFP, le ministre de la Défense israélien déclarait : « Les sanctions imposées à l’Iran par l’ONU… ne lui feront pas interrompre ses activités d’enrichissement d’uranium afin de fabriquer une bombe atomique ».

Le 1er août, selon une dépêche de l’AFP :

« Un haut chef militaire des Gardiens de la révolution a mis en garde les USA contre une éventuelle attaque sur l’Iran ».

« Israël n’a pas renoncé à une action militaire contre l’Iran pour arrêter son programme nucléaire.

« La communauté internationale, conduite par Washington, a récemment intensifié ses pressions sur l’Iran, l’accusant de chercher à se doter de l’arme nucléaire sous prétexte d’un programme nucléaire civil.

« Les affirmations de Javani ont précédé une déclaration du chef de l’État-major interarmes étasunien, Michael Mullen, qui a assuré dimanche que les USA avaient prévu un plan d’attaque contre l’Iran pour l’empêcher de se doter de l’arme nucléaire. »

Le 2 août, l’AFP faisait savoir, en même temps que les autres agences de presse :

« "Je dois me rendre en septembre à New York pour participer à l’Assemblée générale des Nations Unies. Je suis prêt à m’asseoir face à face avec Obama, d’homme à homme, pour parler librement des affaires du monde devant les médias, afin de trouver la meilleure solution", a affirmé Ahmadinejad dans un discours diffusé par la télévision publique.

« Mais le président Ahmadinejad a averti que le dialogue devait se baser sur le respect mutuel.

« "S’ils croient pouvoir agiter un bâton et nous dire que nous devons accepter tout ce qu’ils disent, ils se trompent", a-t-il ajouté. Les puissances occidentales "ne comprennent pas que les choses ont changé dans le monde", a-t-il précisé.

« "Vous appuyez un pays qui possède des centaines de bombes atomiques, mais vous dîtes vouloir arrêter l’Iran qui pourrait éventuellement en avoir une un jour"… »

Les Iraniens ont déclaré qu’ils lanceraient cent missiles contre chacun des bateaux étasuniens et israéliens qui bloquent l’Iran dès qu’un seul cargo iranien serait arraisonné.

Ainsi donc, dès qu’Obama ordonnera d’accomplir la résolution du Conseil de sécurité, il décrétera la perte de tous les bâtiments de guerre étasuniens patrouillant dans cette zone.

Il n’est échu une décision aussi dramatique à aucun autre président des USA. Il aurait dû le prévoir.

Je m’adresse en l’occurrence pour la première fois de ma vie au président des USA, Barack Obama :

Vous devez savoir que vous avez les moyens d’offrir à l’humanité la seule possibilité réelle de paix. Vous ne pourrez utiliser qu’une seule fois votre prérogative de donner l’ordre de tirer.

Il se peut qu’après cette expérience traumatique, on trouve des solutions qui ne nous conduisent pas une fois de plus à une situation si apocalyptique. Tout le monde dans votre pays, même vos pires adversaires de gauche ou de droite, vous en saura assurément gré, ainsi que le peuple étasunien qui n’est absolument pas coupable de la situation qui s’est créée.

Je vous demande de daigner écouter cet appel que je vous lance au nom du peuple cubain.

Je comprends qu’on ne saurait attendre une réponse rapide, ce que vous ne feriez jamais, d’ailleurs. Pensez-y bien, consultez vos spécialistes, demandez leur avis sur ce point à vos plus puissants alliés et adversaires internationaux.

Les honneurs ni les gloires ne m’intéressent. Faites-le !

Le monde pourra se libérer vraiment des armes atomiques et des armes classiques. La pire des variantes serait la guerre nucléaire, qui est d’ores et déjà virtuellement inévitable.

ÉVITEZ-LA !

Fidel Castro Ruz
Le 3 août 2010

Traduction J-F Bonaldi, La Havane

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21:18 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Actualité, Politique, Société, Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cuba, guerre, obama, fidel, castro |  Facebook |

06/08/2010

Les sans-abris en France, ...les martyrs de l'exclusion sarkoziste!

Des pratiques que l'on peut carrément qualifier de "barbares".

 

Dans un pays où les "droits de l'homme" sont censés être des plus respectés.

 

Des brutalités d'un autre âge, d'un autre temps ?

 

Digne du fascisme le plus élémentaire.

 

Si Sarkozy avait une frange et portait une petite moustache, il pourrait aisément se faire appeler ADOLF H..... !

 

Vidéo à voir, à méditer, et réagir !

 

01/08/2010

Congo-Kinshasa: Allégement de la dette - plus de confusion sur les chiffres


29 Juillet 2010 (Extrait de "AllAfrica.com")


Impacts-du-programme-dassainissement-urbain-de-kinshasa-pauk-sur-lenvironnement-cas-de-la-c8.pngKinshasa — Plus de confusion sur le montant réellement annulé le 1er juillet 2010 à l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE. Il n'y aura donc plus de controverse sur le sujet, pense le Premier ministre, Adolphe Muzito, qui a dépêché hier mercredi devant la presse son directeur de cabinet adjoint en charge de suivi des programmes avec les institutions de Bretton Woods pour lever toute équivoque sur le sujet.

Depuis l'atteinte le 1er juillet 2010 du point d'achèvement de l'initiative de réduction de la dette en faveur des pays pauvres très endettés (I-PPTE), plusieurs chiffres ont circulé sur le montant de la dette annulée à l'issue des Conseils d'administration du FMI et de la Banque mondiale.

S'il est vrai que le montant annulé dépassait les 10 milliards Usd, de profondes divergences sont apparues sur la hauteur exacte de ce montant. Aussi, pour éviter toute forme de confusion à ce sujet, le Premier ministre, Adolphe Muzito, a dépêché hier mercredi 28 juillet son directeur de cabinet adjoint en charge de suivi de programmes avec les IBW, Jean-Claude Nachega pour lever toute forme de voile sur le sujet.

Après sa prestation devant la presse, l'on en sait un peu plus sur la portée des chiffres repris dans le communiqué conjoint publié le 1er juillet 2010 par le FMI et la Banque mondiale. Tout comme, plus de doute possible sur le montant exact consenti en terme d'allégement de la dette par ces deux institutions.

Ces précisions du gouvernement ont donc l'avantage de mettre fin à la distraction qui couvait dans une bonne partie de la population congolaise, concernant les avantages financiers réels obtenus au point d'achèvement de l'I-PPTE.

Le gouvernement se devait donc de clarifier le débat pour éviter que la confusion ne se généralise dans l'opinion publique. Le chiffre exact de la dette annulée étant désormais connue, il n'y a donc de raison de s'attarder sur un débat vidé de sa substance.

L'essentiel aujourd'hui est de tourner les regards vers le futur en ayant pour seule priorité la poursuite de grands travaux de reconstruction.

Jean-Claude Nachega pense que le moment ne prête pas à une quelconque forme de distraction, la RDC ayant obtenu un avantage en termes de réduction que nul autre pays inscrit à l'I-PPTE n'a obtenu avant. « Il s'agit, note-t-il, du plus grand allègement de dette dont n'ait jamais bénéficié un pays dans le cadre de ces deux initiatives (IPPTE et IADM) ».

Voici en intégralité le contenu de la conférence de presse animée par Jean-Claude Nachega.

Point de presse du Dircaba, J.C. Nachega, sur le point d'achèvement (les chiffres)

« Comment l'atteinte du point d'achèvement a-t-elle affecté le niveau et la structure à la fois du stock et du service de la dette de la RD Congo?

La RD Congo a bénéficié d'allègements significatifs à la fois du stock et du service de sa dette publique extérieure.

Le stock de la dette extérieure, estimé à 13,704.9 milliards de dollars américains, représentant 125 pourcent du PIB, à fin décembre 2009, a diminué pour s'établir à 2,931 milliards de dollars américains, représentant 24 pourcent du PIB, à la fin de cette année 2010.

L'allègement du stock de la dette est donc d'environ 80 pourcent, soit 10,774 milliards de dollars américains, dont : 491 millions de dollars américains de la part du FMI ; 1,832 milliard de dollars américains de la Banque Mondiale (AID) ; environ 7,4 milliards de dollars américains de la part des pays bilatéraux membres du Club de Paris Etats-Unis, France, Belgique, ...) ; et le reste provenant de créanciers bilatéraux non membres du Club de Paris (Serbie et Monténégro, Koweït, Taiwan-province de la Chine, Arabie Saoudite ...) et des commerciaux (dont Club de Londres).

L'allègement total (au fil des ans) du service nominal de la dette (principal plus intérêts) est de 12,3 milliards de dollars américains dont : 11,1 milliards de dollars américains au titre de l'initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) ; et 1,2 milliards de dollars EU au titre de l'initiative d'allègement de la dette multilatérale (IADM). N.B: Il s'agit du plus grand allègement de dette dont n'ait jamais bénéficié un pays dans le cadre de ces deux initiatives (IPPTE et IADM) ».

La crise économique internationale et la position de la Grèce – Les thèses du KKE

Par Eleni Mpellou, membre du Bureau politique du CC du KKE (Extrait de "LA REVUE COMMUNISTE INTERNATIONALE")



logo_fr-fr.pngL’économie capitaliste internationale traverse une crise profonde caractérisée principalement par sa synchronisation extensive. Elle a commencé à se manifester en 2007 aux États-Unis, dans le secteur de la construction, avec la dépréciation du capital des sociétés financières en raison d’une circulation excessive de dérivés d’investissements dans la titrisation de prêts précaires au logement.

Le danger d’effondrement des géants financiers américains – qui occupent des positions puissantes sur le marché international du capital argent – a provoqué une baisse des prix importante, progressive et généralisée, dans les Bourses les plus importantes de la planète. La « partie visible de l’iceberg » a été la manifestation d’une crise généralisée de surproduction, de suraccumulation de capital.

Une version optimiste des données et évaluations actuelles des organisations économiques internationales épingle 2010 comme l’année du point le plus bas de la récession. Une augmentation du nombre de chômeurs de 25 millions a déjà été enregistrée et l'on estime qu’ils seront encore 40 millions de plus à la fin de l’année.

En 2009, la Banque mondiale s’attend à ce que le Produit mondial brut baisse de 1,7 % ; la baisse sera de 2,75 %, estime l’OCDE. Celle-ci estime également que le commerce international connaîtra une baisse de 13,2 % en cette même année 2009.

Le Fonds monétaire international évalue la dépréciation du capital argent à 4 100 milliards de dollars depuis la manifestation de la crise.


Le déclenchement de la crise économique en Grèce

Dans l’économie grecque, la crise s’est manifestée avec un léger retard par rapport au reste de l’eurozone. Le pays est entré dans une phrase de récession en 2009, alors qu’en 2008, l’expansion du PIB s’était ralentie. L’élément le plus significatif, s’il faut en croire les statistiques bourgeoises, c’est que le secteur industriel (le secteur minier et carrier, le secteur manufacturier, l’électricité, la distribution d’eau), entré dans une phase de récession en 2005, a chuté de 4 % en 2007-2008.

En 2008, toutes les branches de l’industrie manufacturière ont été en récession, sauf celle de l’industrie alimentaire (1,2 % d’augmentation).

La crise du secteur manufacturier se reflète dans l’importante diminution des produits industriels (environ 7 %).

Le secteur de la construction a subi un important déclin (- 9,4 %).

Durant la période de 2002 à 2008, la tendance a été une baisse importante de la production de la plupart des produits agricoles de base – à l’exception du blé doux, du maïs et des pêches.

Selon les données fournies par Eurostat, le revenu agricole réel a baissé de 7,1 % en 2008, en raison d’une stagnation des prix de vente des producteurs et d’une importante augmentation importante des prix des produits industriels.

Selon Eurostat, le revenu agricole net en tant que corrélation de la valeur nette ajoutée par rapport aux coûts a été réduit en 2008 à 80,1 %, comparé à 2000 (= 100) (1).

En 2008, il y a eu une importante chute des prix à la Bourse d’Athènes. Sa valeur boursière totale (en pourcentage du PIB) était estimée, fin 2008, à environ un tiers de sa valeur fin 2007 (décembre 2008 : 28 % ; décembre 2007 : 86 %) (2). Une part importante de cette chute était imputable au retrait massif des investisseurs étrangers en octobre 2008.

Indépendamment de la phase du cycle de la crise, une caractéristique de l’économie grecque est sa situation fiscale défectueuse et qui s’est aggravée à long terme. Le ralentissement de la croissance du PIB – qui s’est accru au cours du second semestre de 2008 – a considérablement durci les conditions des emprunts d’État.

Les dernières estimations prévoient un déclin du PIB de 1 % en 2009. L’étendue de la récession dans l’économie grecque dépendra certainement du cours de la crise :

a. Dans les pays des Balkans, où d’importants investissements ont été réalisés par des sociétés installées en Grèce. Ceci concerne des économies à taux de croissance capitaliste élevé, comme la Roumanie, avec une croissance de 7,7 % en 2008 et une régression de 1,8 % prévue en 2009, ou la Bulgarie, avec une croissance de 4,4 % et une régression de 1 % prévue en 2009 (3).

b. Dans le commerce international, dont une part importante se fait par transport maritime, ce qui constitue une importante source de rentrées.

c. Dans d’importants pays européens, telles l’Allemagne et la Grande-Bretagne. À ces pays appartient une part importante des touristes qui visitent la Grèce, non seulement en chiffres absolus, mais aussi en nuitées et en dépenses personnelles.

Les effets des importantes rentrées de l’Union européenne comparées à la nette régression de l’industrie et de l’agriculture sont contradictoires.

Les faits mentionnés ci-dessus prouvent que l’effet de la crise sur l’économie grecque va être profond. Certaines prédictions la voient durer deux ans. Elle va exacerber les contradictions sociales existant via la hausse du chômage, des emplois à temps partiel et via l’extension de relations de travail flexibles. Selon les calculs bourgeois, la pauvreté a déjà augmenté, avec une concentration particulière chez les enfants (environ un quart) de moins de 15 ans, de même que chez les jeunes de 18 à 24 ans.

Bien sûr, les indices de pauvreté ne reflètent qu’une partie des contradictions, ils ne reflètent pas le fait que les salaires et les traitements sont loin de correspondre à la croissance indiciaire du PIB et à la croissance de la productivité dans une phase de reproduction élargie en Grèce.

 

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29/07/2010

Médiamensonges : Lorsque CNN fait dire le contraire...

Silvio Rodriguez aux États-Unis
Pascual SERRANO (Extrait de "LE GRAND SOIR")

arton11113-19394.jpgEn juin dernier, le chanteur, auteur, compositeur cubain, Silvio Rodríguez, a fait une tournée à travers les États-Unis. Au cours d’une interview avec la presse, alors qu’on l’interrogeait à propos des prisonniers cubains, tant ceux qui sont actuellement incarcérés à Cuba, accusés d’avoir conspiré au service d’une puissance étrangère, que ces cinq Cubains, prisonniers aux USA, accusés d’espionnage, il a textuellement répondu ceci :

« Nos héros, parce que pour nous, ces cinq Cubains qui se trouvent ici, aux États-Unis, sont des héros, ils devraient être libres ; ça fait plus de dix ans qu’ils sont en prison suite à des condamnations absurdes ; ces cinq Cubains sont venus ici pour espionner les terroristes qui nous envoyaient des bombes et qui conspiraient pour causer des souffrances physiques à Cuba. Moi, je ne peux pas les comparer avec des gens qui ont conspiré au service du gouvernement (des États-Unis) ou d’une partie de ce gouvernement qui, de tous les gouvernements, est celui qui veut nous nuire le plus. Pour moi, ce sont deux choses très différentes. Je pense que ceux qu’on appelle les prisonniers politiques cubains ont violé les lois cubaines et c’est pour cette raison qu’ils ont été sanctionnés ; je pense que les sanctions ont été trop dures et je pense qu’ils devraient être libres, peut-être pas tous, mais une bonne partie d’entre eux et, bien entendu, ceux d’entre eux qui ont des problèmes de santé ».

La journaliste de CNN mélange tout et présente ainsi les déclarations de Silvio Rodríguez :

« Et quant aux dissidents, quant aux prisonniers politiques cubains, il a dit qu’il respectait leur cause ; il parle aussi des espions cubains prisonniers aux États-Unis, accusés d’espionnage, et il dit que comme ils ont violé les lois, ils est juste qu’ils soient en prison, mais que leurs condamnations sont trop sévères ».

Exactement tout le contraire.

Les vidéos des deux déclarations peuvent être vues (en espagnol) :


07/05/2010

EUROPE - Nouvelle gouvernance économique : rêves et réalités

EUROPE
Nouvelle gouvernance économique : rêves et réalités


(Article issu de "politique.eu.org")

La crise budgétaire que traverse actuellement la Grèce (et demain d’autres pays de l’Union) interroge inévitablement le système monétaire européen, dont l’emblème (l’euro) fête ses dix ans. Un constat s’impose : le modèle de gouvernance économique de l’eurozone est faillible.

Article paru dans POLITIQUE Avril 2010 (n°64) : Bougez !? La nouvelle obsession de la mobilité, par Inès Trépant

Deux mille neuf : l’euro souffle ses dix bougies. Hier havre de paix, la zone euro se trouve aujourd’hui dans l’œil du cyclone. Au moment où nous rédigeons ces lignes, la descente aux enfers de la Grèce, qui s’englue dans un endettement public abyssal, est susceptible de mettre le feu aux poudres de l’ensemble de la zone euro. L’argument selon lequel un risque de défaut de paiement de la Grèce serait indolore, compte tenu que son économie pèse peu au sein de l’eurozone (2% du PIB) ne tient pas. La Grèce n’est pas un cas isolé. L’Espagne, le Portugal ou encore l’Italie pourraient suivre… Pour sortir de l’ornière, les appels à la solidarité et à l’amélioration de la gouvernance économique de l’UE se font de plus en plus pressants. Herman Van Rompuy, nouveau président de l’UE, entend jouer les sapeurs pompiers en exhortant les États membres à constituer un « gouvernement économique européen ». José Emmanuel Barroso, président de la Commission, abonde dans le même sens. Pour asseoir la crédibilité de ses propos, le Traité de Lisbonne est hissé comme étendard pour calmer le jeu des fonds spéculatifs sur la monnaie. Comme si la mise en œuvre pleine et entière des nouvelles dispositions du Traité, notamment dans le volet de la coordination économique, suffirait à éteindre les braises.

Or, c’est oublier que les questions économiques n’ont précisément pas été revues en profondeur lors de la dernière réforme institutionnelle. Hormis quelques modifications mineures, les questions de gouvernance économique, dont le Traité de Maastricht (1992) a jeté les bases en instituant l’Union économique et monétaire, restent le parent pauvre du Traité. Pire, le modèle économique qu’il préconise se fonde largement sur les principes de concurrence et de « non-solidarité ». Il souffre ainsi d’un vice de construction dont on sent à présent le souffle du boulet. Conscients que la convergence économique des États était indispensable au fonctionnement d’une Union monétaire, les pères de l’euro l’ont sciemment restreinte à un dispositif contraignant de discipline budgétaire. En organisant le marché intérieur selon les principes de concurrence fiscale et sociale, les pays de l’UE ont de facto délégué ce processus au marché, enclenchant un processus de fragilisation des travailleurs et de précarité à grande échelle, dont ils subissent à présent l’effet boomerang. Les exhortations à la constitution d’un « gouvernement économique européen » ne seront crédibles dès lors que l’on n’éludera plus ce débat.
L’engrenage

Parmi les failles du Traité qui ont préparé le terreau de la secousse monétaire, trois retiendront notre attention. La règle de « non-garantie » (euphémisme pour signifier le principe de « non-solidarité ») ; l’interdiction de restreindre la libération des capitaux et le Pacte de stabilité et de croissance. Elles font office à présent de camisole de force, dont il faudrait se libérer pour sortir de la crise par le haut.

Les dispositions relatives au fonctionnement de l’Union économique et monétaire ont coulé dans le marbre le principe de non-sauvetage (no « bailing-out »). L’article 125 TFUE |1| (ex-article 103 TCE) interdit ainsi formellement toute prise en charge des engagements des États par la Communauté ou d’autres États membres. Concrètement, cela signifie qu’un État membre ne peut pas compter sur l’intervention de ceux-ci en cas de dérapage budgétaire…

Il est piquant de constater qu’à l’origine, cette absence de sauvetage s’est vu motivée par la nécessité de contenir « l’aléa moral » des autorités publiques. Par contre, aucun mécanisme n’a préalablement été conçu pour contenir toute forme d’aléa moral du secteur privé. Au contraire, les Traités l’ont implicitement encouragé de deux façons. D’abord, en consacrant la libération totale et irréversible des mouvements des capitaux entre les États membres et à l’égard des pays tiers (de manière unilatérale). L’engrenage de la dérégulation financière est ainsi amorcé. Ensuite, la politique de concurrence, prérogative exclusive de l’UE, a précipité la crise. S’il est vrai qu’elle est censée répondre aux intérêts des consommateurs, en élargissant la gamme de produits et en réduisant les prix, la réalité est toutefois plus complexe. Elle a favorisé la constitution d’oligopoles dans le secteur financier... Or, la « consolidation financière », issue du mouvement de « fusion-acquisition » d’entreprises, a pour effet de réduire la concurrence et d’accroître les risques d’instabilité financière. D’où l’idée que ces établissements devenaient, dans le jargon financier, « too big to fail » (trop grand pour faillir). En secourant ces « molosses » de l’industrie financière, les États sont dès lors tombés de Charybde en Scylla : ils ont encouragé l’aléa moral dans le secteur financier... et ce, en laissant exploser leur déficit public.

L’ironie du sort veut que les États soient à présent sanctionnés par ce sauvetage. Dans l’urgence, l’orthodoxie budgétaire a momentanément été mise en sourdine, tant les conséquences d’une dépression paraissaient plus graves que celle de l’endettement. Les marchés financiers ont toutefois sonné la fin de la récréation. Non contents d’avoir été secourus par les autorités publiques, les fonds spéculatifs s’attaquent (en guise de remerciement ?) à la monnaie des États membres de l’eurozone, sous prétexte que certains d’entre eux ont laissé filer leur endettement public dans des proportions inquiétantes. En particulier, la Grèce est en ligne de mire des marchés financiers, qui s’émeuvent de son endettement abyssal. La menace potentielle d’un défaut de paiement se profilant, ils renchérissent le coût de son endettement sur les marchés et rapprochent, de cette façon, la Grèce plus près du bord gouffre... De cette façon, la prophétie risque d’être auto-réalisatrice.
Retour à la case départ

Pour rassurer les marchés, l’heure est à nouveau au tour de vis budgétaire. Et ce en dépit du fait qu’un scénario prématuré de « sortie de crise » met la convalescence économique sous le boisseau. La Commission européenne multiplie les procédures de déficit excessif à l’encontre des États membres. À sa décharge, le Traité l’y oblige, car la discipline budgétaire, et son encadrement dans le Pacte de stabilité et de croissance, constitue une des dispositions fondamentales de l’Union économique et monétaire. L’idée des pères fondateurs de l’euro étant d’éviter que des dérapages budgétaires d’un État pénalisent ses voisins (à travers une hausse des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne subie par tous). En clair, ce dispositif d’encadrement de la rigueur visait à éviter le scénario d’insolvabilité d’un État membre et de stratégie du passager clandestin. Pour être crédible, rappelons que le Pacte de stabilité et de croissance, qui limite le déficit autorisé à 3% du PIB et la dette publique à 60% du PIB, était assorti, dans sa version initiale, d’un mécanisme de sanction. Ce qui reflète l’aversion des Traités pour l’endettement public, suspect d’être obligatoirement néfaste... Et ce en dépit du fait qu’il peut être provisoirement utile pour inciter à un usage plus économe des ressources naturelles, favoriser les produits alternatifs « verts », et orienter les investissements ou l’innovation. A contrario, dérive néolibérale oblige, aucune disposition n’a été prévue pour éviter et sanctionner l’endettement des agents privés, sur laquelle repose notamment la stratégie des fonds spéculatifs (par le biais de l’effet de levier).

Les États membres paient à présent le prix fort de cet ostracisme. Par exemple, la bulle immobilière en Espagne, responsable de l’endettement effréné des ménages, aura été profondément déstabilisatrice pour son économie, et, par ricochet, pour l’ensemble des États de l’eurozone. Mais le Pacte de stabilité et de croissance, qui se focalise sur le seul endettement public, ne s’y est pas intéressé, dès lors qu’il s’agissait d’endettement des agents privés… C’est ainsi que l’Espagne était perçue comme vertueuse, car conforme aux règles du Pacte de stabilité. Cette carence est d’autant plus fâcheuse que le Pacte de stabilité constitue à ce jour le seul outil de gouvernance économique de l’eurozone. Au minimum, s’il y a bien une leçon à tirer de cette crise, c’est que le Pacte doit être réformé : il ne peut désormais plus évacuer la question de l’endettement privé, qui n’est pas plus vertueux ! En outre, on est en droit d’attendre des autorités politiques qu’elles instaurent enfin une limite à l’endettement des acteurs financiers dans les dossiers législatifs en cours (celui des hedge funds, par exemple), au vu de leurs effets funestes pour la collectivité. Mais le combat n’est pas gagné d’avance tant les résistances au changement restent tenaces.
Fragilité monétaire

La crédibilité et la solidité de l’eurozone se mesurera à la capacité des États membres de relever le défi de la gouvernance économique. La gestion de la crise en Grèce constitue, à ce titre, un test grandeur nature de l’engagement européen des États membres. La viabilité à long terme de l’euro en dépend. Dès lors que le Traité exclut formellement l’assistance financière entre États membres de l’eurozone, l’engagement pris par les chefs d’État et de gouvernement, lors de leur sommet informel du 11 février 2010 de ne pas laisser tomber la Grèce, nécessitera la mise en œuvre de solutions créatives, à même de contourner les écueils du Traité. Diverses options sont possibles : émissions d’euro-obligations, aide financière octroyée sur base intergouvernementale entre États ou par la Banque européenne d’investissement… La question ne s’arrête toutefois pas là. Même si on trouve dans l’immédiat les moyens de surmonter la crise grecque, ces mesures provisoires constitueront au mieux un emplâtre sur une jambe de bois, dès lors que les causes des difficultés de l’eurozone ne sont pas traitées en amont.

Pour être solidement ancrée, rappelons, à ce stade, qu’une zone monétaire doit répondre à trois exigences fondamentales. En premier lieu, elle suppose une intégration économique poussée entre les partenaires et la convergence de leurs économies. En clair, si deux pays membres connaissent des situations économiques radicalement différentes et nécessitent donc des politiques économiques opposées, alors la monnaie commune devient une entrave à l’intervention économique. En deuxième lieu, pour résoudre les éventuels chocs asymétriques (choc économique ne concernant qu’un ou une minorité de pays), une zone monétaire doit se doter de mécanismes pour y faire face, par d’autres moyens que la politique monétaire. Ce qui suppose, en troisième lieu, un saut qualitatif dans l’intégration politique. La « volonté politique » constitue, en quelque sorte, le ciment indispensable à même de pérenniser une zone monétaire. Or, force est de constater que la zone euro ne remplit aucune de ces conditions.
Sombres perspectives

En effet, l’Eurozone est en proie à des déséquilibres internes croissants : au lieu de converger, les économies des États membres de la zone euro divergent de plus en plus. En axant sa stratégie économique sur l’exportation, l’Allemagne enregistre par exemple des excédents extérieurs importants, tandis que des pays comme la Grèce sont largement déficitaires. Par ailleurs, aucun dispositif n’a été conçu afin de contrôler et limiter ces divergences économiques (hormis le lacunaire Pacte de stabilité et de croissance). Par exemple, il n’existe ni de « fond de solidarité » ni de budget « fédéral » permettant de résoudre les chocs asymétriques sous forme de transfert de revenus. La coordination des politiques économiques au sein de l’Eurogroupe est surtout d’ordre virtuel. Ainsi, les États membres de l’eurozone ne sont pas légalement tenus de se consulter préalablement avant de prendre des décisions économiques qui affecteraient l’ensemble des partenaires… Enfin, il n’existe aucun appétit politique pour approfondir l’intégration européenne dans son volet social et politique. Pour forcer la convergence de leur économie, les États membres ont au contraire misé sur la stratégie de « déflation salariale » |2|, sur laquelle repose notamment le succès de l’Allemagne. Depuis que l’euro a été porté sur les fonts baptismaux – rendant du même coup caduc l’outil de la dévaluation de la monnaie pour restaurer une perte de compétitivité entre États membres –, jamais les travailleurs n’ont autant été mis en concurrence. Ils sont d’ailleurs qualifiés, dans le jargon économique, de « variable d’ajustement ». Le fait que la question du pilotage économique de la zone euro soit restée en rade n’est pas le fruit du hasard. En effet, elle représente la meilleure garantie pour que la convergence économique se fasse selon les diktats du marché. Pour s’en convaincre, il suffit de rappeler que là où les États membres mettent leur priorité, le Traité prévoit des mécanismes qui visent à décrocher des résultats efficaces. C’est notamment le cas en matière de politique de concurrence (pour laquelle la Commission a quasi plein pouvoir). Pour les négociations commerciales, l’UE dispose également d’un seul porte-parole, à savoir le commissaire au commerce : c’est lui qui négocie seul, dans les instances de l’Organisation modniale du commerce, sur base du mandat livré par le Conseil. À l’inverse, sur les questions socio-économiques, l’UE s’exprime en ordre dispersé… Par exemple, il n’y a pas de siège unique pour les pays de l’UE au sein des instances du Fonds monétaire international (FMI). Au sein de l’Union, faute de gouvernail économique, les États peuvent s’adonner librement à leurs jeux non coopératifs sous couvert du respect du sacro-saint principe de subsidiarité |3|...

Face à l’incurie européenne en matière de gouvernance, l’idée de charger la Commission européenne d’un rôle accru en termes de surveillance économique est a priori salutaire. Toutefois, la question des « outils » ne doit pas supplanter celle des objectifs poursuivis. Certes, la construction d’une Europe citoyenne et solidaire passe par une meilleure prise en charge des enjeux sociaux et environnementaux par la sphère européenne. Pour cette raison, la logique d’intégration européenne en appelle au renforcement du pouvoir des institutions incarnant les « intérêts communs », et a fortiori, de la Commission européenne, l’institution supranationale par excellence chargée de défendre les intérêts européens (à l’inverse du Conseil, qui représente les intérêts nationaux). Mais il ne faut pas prendre des vessies pour des lanternes et tomber naïvement dans le piège d’un « europhilisme béat ». À cet égard, l’opinion émise par la Commission au sujet du plan d’austérité budgétaire de la Grèce a de quoi inquiéter.
L’Union, clone de l’OMC ?

Certes, la Grèce doit prendre des mesures qui s’imposent pour limiter son endettement public. Elle doit notamment réduire drastiquement le poids surréaliste de ses dépenses militaires, lutter contre la corruption et revoir de fond en comble sa politique d’imposition des revenus. À l’inverse, les mesures clés qui se dégagent des recommandations de la Commission sont, entre autres : le gel/réduction des salaires, la réforme – c’est-à-dire le « dégraissage » – de la fonction publique ou encore la réforme du marché du travail (au moyen d’une « flexibilité » accrue des travailleurs). Ainsi, compte tenu que la Grèce ne peut désormais plus user de l’outil de « dévaluation de sa monnaie » pour restaurer sa compétitivité intérieure, la Commission l’exhorte à pratiquer une politique non coopérative de « déflation salariale ». Qu’elle puisse être préjudiciable à la reprise économique ne semble donc pas effleurer les instances européennes. Au contraire, elles ont unanimement « salué » les mesures d’austérité budgétaire prise par la Grèce, début mars, pour regagner la crédibilité des marchés. Quant à l’idée d’assurer un minimum de coordination salariale sur le plan européen pour éviter une mise en concurrence des travailleurs, ou encore de lutter contre la concurrence fiscale entre États au moyen d’une coordination minimale des taux d’imposition des entreprises en Europe, elles n’ont jamais été à l’agenda, faute de consensus, que ce soit au Conseil ou au Parlement européen.

De façon plus générale, ce qui inquiète, c’est le retour en force des vieux réflexes ataviques, et la remise en selle d’un modèle économique éculé. Aux lendemains de la crise, la leçon de 1929 semblait pourtant avoir porté. Les logiques économiques keynésiennes étaient soudainement déterrées : pour éviter le spectre de la récession, les États ont défendu à l’unisson la sortie de crise au moyen d’une politique d’investissements publics, financée par l’endettement. Aucun État n’a prôné la baisse des salaires et des dépenses publiques. La rupture avec l’idéologie libérale n’était que factice. La gestion de la crise grecque, ou plus exactement la mise en scène de la « tragédie grecque » l’illustre à l’envi.

En outre, on dénote d’inquiétantes similitudes entre les mesures d’assainissement budgétaire préconisées par l’UE et celles en vigueur au sein du FMI lors de l’élaboration des très (impopulaires) politiques d’ajustement structurels envers les pays pauvres endettés. L’UE est-elle amnésique au point d’en oublier que ces programmes ont largement démontré leur incurie ? La Commission serait-elle donc un avatar du FMI au sein de l’UE ? Est-ce à nouveau une approche « taille unique », axée sur « l’adaptabilité » des travailleurs à la concurrence internationale, qu’elle nous réserve dans la conduite de la politique économique coordonnée ? Ou faut-il attendre l’implosion de l’euro pour qu’émerge enfin un autre consensus ?

En clair, tant que le modèle économique européen reste ancré dans les valeurs de compétition et non de coopération, on est en droit de craindre que la nouvelle gouvernance économique de l’Union soit une greffe du FMI, décliné à l’échelle européenne, dont le moteur – la recherche d’une croissance accrue par le biais du libre échange – est un clone de l’OMC. Ce scénario n’a pourtant rien d’inéluctable. Créativité, audace et remise en cause du paradigme économique dominant seront, sans conteste, les vecteurs d’une gouvernance économique réussie.

|1| Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, la nouvelle dénomination depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne. (TCE : Traité instituant la Communauté européenne.)

|2| Par une politique de baisse des salaires, un pays entend de cette façon restaurer/gagner un avantage compétitif par rapport à ses autres partenaires commerciaux.

|3| Ce principe, formellement reconnu dès le Traité de Maastricht, veut que les decisions prises dans l’Union européenne le soient au niveau le plus pertinent et le plus proche possible des citoyens.

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18/02/2010

Il n’y a pas de délits mineurs


Article paru dans POLITIQUE Février 2010 (n°63) : Féminisme et multiculturalité - entre malaise et défis, par Mateo Alaluf

Mateoalaluff7f1fIl n’y a pas de délits mineurs : C’est par ces mots que la présidente de la Cour fédérale du travail allemande a justifié ses jugements. De quels jugements s’agit-il ? En février 2009, un tribunal avait confirmé le licenciement d’une caissière de supermarché berlinoise, après 31 années de service, pour avoir encaissé à son profit deux bons de consigne de bouteille pour une valeur de 1,30 euro. En juillet, une secrétaire avait subi le même sort après avoir mangé une boulette de viande lors d’une réception avec des clients. Enfin, au mois d’octobre, c’était le tour d’une aide-soignante de voir son licenciement d’une maison de retraite confirmé par un tribunal pour avoir voulu emporter les restes du repas d’un patient. Ce sont ces jugements que la Cour fédérale présidée par Mme Ingrid Schmidt confirmait en appel le 29 décembre 2009, couronnant ainsi toute une année judiciaire |1|.

Aux protestations de la gauche « de ne pas être dans la réalité » (Gesine Lötzsch, députée de Die Linke) et aux syndicats qui accusent les entreprises « d’utiliser le moindre prétexte en période de crise pour se séparer de leurs salariés », d’autres pouvaient rétorquer qu’aucune indulgence n’était possible « pour les salariés voleurs ». Chacun sait d’ailleurs qu’il n’y a pas de société possible sans le respect des règles. La juge pouvait donc, en toute bonne conscience, répondre à ses détracteurs : « Il n’y a pas de délits mineurs ».

Toujours dans cette fin d’année 2009, nous avons assisté au non-lieu prononcé, à Bruxelles cette fois, en raison d’une irrégularité de procédure à l’égard des dirigeants de la banque KBLux, pour avoir mis en place un système frauduleux ayant permis une vaste entreprise d’évasion et de fraude fiscale. Les déclarations publiques de satisfaction des inculpés désormais blanchis sont particulièrement éclairantes. Justice leur a été rendue puisqu’ils n’avaient rien fait d’autre que ce que font les autres banquiers. L’ingénierie fiscale ne consiste-t-elle pas à s’accommoder des règles tout en les contournant ? Leur pratique ne se distinguant en rien de celle de leurs confrères, le procès instruit à leur encontre ne pouvait résulter que de manipulations. Le monde de l’industrie et de la finance est souvent amené à accommoder les règles. Chacun sait bien en effet qu’en suivant méticuleusement les règles, on est condamné à demeurer boutiquier et non financier. Les vrais entrepreneurs sont précisément ceux qui prennent leurs responsabilités en se libérant des règles pour conduire leurs affaires avec profit.

La chronique judiciaire rend ainsi visible un principe qui régit le fonctionnement de notre société. Les règles sont faites pour être respectées par ceux qui les subissent. C’est pourquoi ils payent toute transgression, si minime soit-elle, d’un prix très élevé. Par contre ceux qui les ont conçues et en tirent le bénéfice ne peuvent se laisser enfermer dans un « carcan de règles ».

Les dominants savent, dit Luc Boltanski |2|, qu’on ne peut rien faire avec les règles qui sont autant d’entraves à leur liberté d’entreprendre. C’est pourquoi ils les contournent, les oublient, ou au besoin en inventent de toutes pièces des nouvelles pour justifier leurs pratiques. Les dominés par contre savent qu’ils ne peuvent jamais transgresser les règles. L’émancipation réside donc bien en conséquence dans l’affranchissement des dominés des règles qui les enserrent.

|1| Le Monde, 1er janvier 2010.

|2| L. Boltanski, De la critique. Précis de sociologie de l’émancipation, Paris, Gallimard, 2009.

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16/02/2010

Le stress au travail : "une maladie professionnelle" ?


Par Nadia Agsous (article original sur le site "oulala.net")

Qu’est ce que le stress ? (1)

Une transaction particulière entre la personne et l’environnement dans laquelle la situation a été évaluée par l’individu comme excédant ses ressources et pouvant menacer son bien-être (Lazarus et Folkman).

L220xH220_gif_stress-positif1-6-913f9Il intervient lorsque se manifeste un déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face, écrit Elisabeth Grebot, psychologue clinicienne et chercheure en psychologie clinique à l’université Paris-Descartes, dans son dernier ouvrage qui traite du stress professionnel, de ses conséquences sur la santé physique et psychologique des salarié(e)s et des traitements adéquats pour gérer voire traiter ce phénomène considéré comme le troisième enjeu de santé au travail.

Dans cette étude documentée et détaillée de 127 pages illustrée par des études de cas, des enquêtes nationales, européennes et mondiales, l’auteure distingue trois notions définies par l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (O.S.H.A) : les facteurs stressants, c’est-à-dire les situations contraignantes qui favorisent l’apparition du stress. Les réactions physiques et psychiques aux facteurs de stress. Et les effets « observables » sur les comportements et/ou sur la santé.

Le stress, une « maladie des temps modernes ? »


Selon E. Grebot, le stress n’est pas un phénomène nouveau. En 1823, le britannique Swan a parlé « d’ulcères de stress ». En 1946. le « père du stress », Hans Selve (1907-1982) a utilisé ce terme lors d’une conférence au Collège de France (Paris). En 1950, il établit une distinction entre « l’agent stressant » (« stressor ») et « la réaction d’adaptation » (stress), d’une part. Et d’autre part, entre « l’eustress » (le bon stress) et le distress » ( mauvais stress).

L’idée de bon et de mauvais stress prônée par Hans Steve qui propose une approche biologique du stress a fait l’objet d’une remise en question. Selon l’Institut national de recherche et de sécurité, ((l’I.N.R.S.), scientifiquement, « il n’y a ni « bon » ni « mauvais » stress mais un phénomène d’adaptation du corps rendu nécessaire par l’environnement ». Et à l’auteure de distinguer deux états de stress : « l’état de stress aigu qui renvoie aux réponses du corps humain à des situations ponctuelles et « l’état de stress chronique » qui correspond aux réactions de l’organisme face à des situations qui s’inscrivent dans la durée.

Le stress, « une nouvelle maladie professionnelle ? »


De nos jours, il semble y avoir une confusion entre maladie et stress, phénomène qui touche de plus en plus de personnes notamment dans les sociétés industrielles. D’une manière générale, le travail est considéré comme un facteur générateur de stress. Le nombre des « fracassés du travail » (Marie Pézé, psychologue) a augmenté et les « patho-logies aiguës, psychiques et somatiques » ont multiplié. Ainsi, pour beaucoup de salarié(e)s, cadres et non cadres, le travail est synonyme de pénibilité devenant ainsi un « instrument de torture », définition qui fait référence à l’étymologie latine du mot travail (« trepalium »).

La pénibilité au travail n’est pas que d’ordre physique. Elle est également mentale, psychologique et émotionnelle. Cette nouvelle donne est la conséquence de la modification de la nature des facteurs de stress. En effet, la surcharge et l’accélération du rythme du travail, la suppression d’emplois avec les nouvelles technologies de l’information, la pression du temps et les nouvelles formes d’organisation du travail impliquent une « responsabilisation » plus importante des salarié(e)s et intensifient la charge mentale du travail engendrant ainsi une « idéologie plus individualiste, une désolidarisation des liens sociaux -et- une solitude accrue » au sein de l’entreprise (pathologie de la solitude). Cependant, il semble important de noter que le travail ne revêt pas systématiquement une connotation négative. Pour certain(e)s, l’entreprise n’est pas synonyme de stress, de souffrance et d’insatisfaction.

« Les raisons de stresser... »

Le management par le stress et la peur : une méthode stimulante ?


Dans beaucoup d’entreprises, pour des raisons d’augmentation de la productivité, les salarié(e)s se retrouvent soumis à des sollicitations de plus en plus croissantes au delà de leurs limites. Le management par le stress et la peur a des effets négatifs sur le bien-être des salarié(e)s et l’ambiance au travail et sur la productivité. Cette méthode managériale engendre une dégradation des conditions de travail, crée de la violence sur le lieu de travail, détériore les relations entre les salariés conduisant peu à peu à un épuisement notamment psychologique.

Certain(e)s sont plus sensibles au stress que d’autres ?

Certains traits de personnalité comme le pessimisme, l’anxiété et l’affectivité négative, c’est-à-dire la prédisposition à être sujet aux émotions négatives telles que la honte, la colère, l’agressivité ont tendance à accentuer la fragilité émotionnelle et le désarroi psychologique. D’autre part, l’optimisme et l’affectivité positive, c’est-à-dire l’aptitude à faire face aux situations difficiles avec vitalité en ayant recours à des stratégies qui s’appuient sur des ressources internes jouent un rôle important dans la prévention et la gestion du stress professionnel.

Selon E. Grebot, le stress, c’est dans la tête. Dit autrement, c’est l’idée que chaque individu se fait d’une situation qui crée le stress ou pas. A la lumière de cette définition, elle distingue, d’une part, « le stress perçu » qui renvoie à l’évaluation subjective d’une situation et ainsi la signification que chaque individu se fait d’un événement donné. Et d’autre part, « le contrôle perçu », c’est-à-dire la certitude qu’un individu contrôle le cours de l’événement qui se présente à lui.

Un sentiment de contrôle élevé est un facteur aidant dans la perception positive d’une situation et la consolidation du sentiment de compétence. Lorsque le sentiment de « soutien perçu » est élevé, il contribue à la diminution du sentiment de stress et de fatigue professionnelle et consolide le sentiment d’appartenance à un groupe solidaire.

Les effets du stress sur la santé physique et psychologique...

Dans cette partie de l’ouvrage, l’auteure souligne l’existence d’un lien entre le stress professionnel et les risques d’accidents cardio-vasculaires. En effet, l’état de stress permanent est susceptible de générer des déréglements métaboliques qui sont autant de risques pour le système cardio-vasculaire.

Les symptômes somatiques et psychologiques liés au travail se manifestent sous diverses formes : maux de tête, migraines, crispations, découragement, douleurs de dos et des membres … Et selon le Ministère du travail, les maladies diffèrent selon l’activité professionnelle. Les agriculteurs, les ouvriers et les artisans ont plus souvent des problèmes musculo-squelletiques. Pour les cadres, le stress professionnel engendre des troubles psychologiques comme la dépression.. Selon l’Organisation de la Santé, la France occupe la troisième place mondiale pour les dépressions liées au travail.

Le « burnout » ou l’épuisement professionnel est définie comme une « pathologie d’allure dépressive qui se manifeste sous forme de lassitude émotionnelle » qui se caractérise par un désinvestissement dans le travail, une perte d’enthousiasme, une fatigue au travail, une perte de confiance en soi, une diminution de l’estime de soi et une hantise du sentiment d’échec. Le lien entre le burnout et le suicide est très étroit. Selon E. Grebot, « c’est le stade final d’une rupture d’adaptation qui résulte d’un déséquilibre à long terme entre les exigences professionnelles et les ressources de l’individu ».

Comment prévenir et traiter le stress professionnel...


Selon le Code du travail (art. L. 230-2), les employeurs ont obligation d’assurer la sécurité physique et mentale des travailleurs de l’établissement. Par ailleurs, les Accords européens sur le stress, le harcèlement et la violence au travail mettent l’accent sur l’obligation de l’employeur de prévoir des mesures préventives sur le lieu de travail. Cependant, ces dispositions réglementaires ne sont pas toujours suivies d’effet. L’auteure note l’existence d’un écart entre l’« intention » et l’« application ».

Afin d’agir efficacement au sein d’une entreprise, E. Grebot préconise l’intervention des professionnels en gestion du stress ayant des compétences en psychologie et en psychologie des organisations. Cette action comprend des mesures préventives qui consistent à faire un diagnostic du stress en procédant à une identification, évaluation et analyse des facteurs stressants. Cette phase de l’intervention organisationnelle doit aboutir à l’élaboration d’un plan d’action. Cette action doit favoriser la participation des salariés. La présence d’un intervenant extérieur est vivement recommandée.

Le second type de mesures d’ordre essentiellement individuel consistent à faire intervenir des psychologues sur le lieu de travail notamment en cas de passages à l’acte suicidaire. Elles visent à prévenir l’apparition des symptômes post traumatiques par des soins « immédiats » « defusing » ou « décrochage » prenant la forme de rencontres proposée aux salariés soit en groupe soit en individuel. Par ailleurs, des actions de prévention primaires « simples » peuvent être organisées. L’objectif étant d’informer sur les signes précurseurs du suicide, privilégier la parole, renforcer le système de solidarité entre collègues et les liens sociaux dans l’entreprise.

Le recours à des techniques de restructuration cognitive permet d’apprendre à s’affirmer, à s’opposer et d’avoir cette « capacité d’exister, de défendre son point de vue sans l’imposer de manière autoritaire… ».

Pour conclure, il semble important de souligner que le travail a tendance a devenir un lieu de souffrance physique et psychologique pour beaucoup. Nous assistons à une multiplication et une diversification des facteurs de stress professionnel : hausse de la pression, augmentation du rythme de travail, diminution des délais, de l’autonomie, gestion par la peur, La somme de ces facteurs ont des répercussions négatives sur la santé physique et mentale des salarié(e)s, sur la productivité, la qualité du travail…

Le stress professionnel touche le secteur privé et le secteur public, les salarié(e)s, les étudian(e), les jeunes, les adultes. Il est cependant plus élevé pour les femmes, les ouvriers et les employés. Pour prévenir le stress, il est important d’ améliorer les conditions de travail, de la communication et de favoriser l’accompagnement individuel par des psychologues. Cette tâche incombe aux employeurs et aux partenaires qui ont la responsabilité d’assurer le bien-être sur le lieu professionnel.

Et si le travail a tendance à être la source majeure du stress dans les sociétés contemporaines, il n’en demeure pas moins que la perte d’emploi, un licenciement et la recherche d’un empoi constituent autant de facteurs générateurs de stress.

A lire cet ouvrage qui intéressera les salarié(e)s, les employeurs et toute personne intéressée par la question du stress professionnel, et d’une manière plus large, par la psychologie sociale et la psychologie de la santé.

Notes

1) Le terme stress est le diminutif du mot « distress » (détresse). En langue latine, le mot « stringere » signifie « mettre en tension », « serrer », « étreindre ».

16:00 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : travail, maladie_professionnelle, exploitation, corveabilite, stress |  Facebook |

13/02/2010

« Faire travailler les gens 3 années plus longtemps, alors qu’il y a 800.000 chômeurs : où est la logique ? »

Le PTB tient à exprimer son indignation devant la proposition du ministre Daerden de prolonger les carrières des travailleurs de 3 ans. Ce 2ème pacte des générations ne tient pas la route.

Service de presse PTB

Raoul Hedebouw, porte-parole du parti de gauche : «  Alors que la crise bat son plein et que le nombre de sans-emploi explose en Belgique, le gouvernement vient avec une proposition sur la table pour maintenir les gens plus longtemps au travail… c’est vraiment incompréhensible. Il faudrait plutôt inverser la logique et permettre aux personnes qui le désirent de partir en prépension afin de laisser place aux jeunes ».

Le PTB soutient bien entendu les propositions tendant à augmenter le taux d’emploi mais ne comprend pas la logique des partis de la majorité. «  La meilleure manière d’augmenter le taux d’emploi en Belgique … c’est de créer de l’emploi ! Tout comme ce n’est pas en chassant les chômeurs qu’on chassera le chômage, ce n’est pas en gardant les travailleurs les plus âgés au travail, qu’on créera de l’emploi non plus. Si le gouvernement veut assurer une carrière complète aux travailleurs, qu’il empêche d’abord les entreprises en restructuration qui font des bénéfices de casser des milliers de carrières !  » dénonce Raoul Hedebouw.

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13:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pensions, chomage, social, pacte_des_generations_bis |  Facebook |

31/01/2010

Le capitalisme détruit l'individu social - Manifestation pour l'emploi à Bruxelles du vendredi 29 janvier 2010.

P1010316Ils étaient plus de trente mille sous une pluie glaciale. Ils étaient trempés jusqu'aux os. Mais pour rien au monde ils n'auraient manqué cette occasion de montrer leur colère.

Ils étaient plus de trente mille, là, sur place, tous n'ont pas pu venir, mais ils étaient tout de même des centaines de milliers, solidaires, à se soutenir dans ce combat pour leur emploi. Cet emploi, qu'ils conservent dans la crainte du lendemain, cet emploi qu'ils viennent de perdre, cet emploi qu'ils désirent plus que tout.

La manifestation fut un succès. Reste l'inconnue, savoir l'effet qu'elle aura eu sur le politique, quelle suite en donneront-ils?

Pourtant il y en avait, des politiques, dans la rue. Si si. Elio Di Rupo s'y trouvait, paraît-il. Hypocrisie d'un lamentable escroc politique, qui se dit socialiste, et qui n'hésite pas à privatiser la grande moitié des services publics. Non, Elio, ta place n'était pas parmi ces travailleurs, toi qui soutiens l'économie de marché, le capitalisme. Non, Elio, toi qui soutiens les intérêts notionnels, avantages accordés aux patrons qui profitent des travailleurs pour mieux s'enrichir, non Elio, ta place n'est surtout pas là, dans la rue, avec eux. 

Ils étaient plus de trente mille, et sur leur visage on pouvait voir les stigmates de cette socP1010291iété pourrissant leur existence, cette société capitaliste qui n'en finit pas de les exploiter et de leur ôter le fruit de toute une vie de labeur et d'acharnement. Une vie de travailleur, que l'on jette comme des kleenex dans la fosse boueuse de la précarité sociale, de l'incertitude du lendemain, de la pauvreté naissante.

Le capitalisme détruit l'individu social. Le capitalisme détruit les emplois. Soutenir le capitalisme est anti-socialiste. Mais la perversité n'a aucune limite, et quand il s'agit de profiter de ce système, la supercherie demeure à la mesure de cette fange gluante des profiteurs. L'homme qui exploite l'homme, par tous les moyens possibles.

Alex

24/01/2010

Je n'ai pas été à Gaza mais j'ai vu un drapeau ...

Jean-Pierre Griez

Je n’ai pas été à Gaza mais j’ai vu un drapeau palestinien sur la grande pyramide et j’ai vu le V de la victoire brandi par un Egyptien à la fenêtre du 7ième étage d’un building abritant l’ambassade israélienne au 19ième et j’ai vu ce même homme saluer les manifestants les internationalistes, nous moi criant leur solidarité avec le peuple de Gaza et j’ai vu parmi tous ces gens un juif antisioniste se faire photographier avec un jeune français arabe ou arabe français et j’ai entendu les chants en yddish de juifs pour Gaza et le syndicaliste sud-africain lancer un appel au boycott d’Israël, l’apartheid new look et j’ai vu ces policiers nous entourer et la peur et l’étonnement et parfois la sympathie dans leur regard, j’ai vu leur peau foncée à ces gamins de 20 ans venus tout droit de la campagne pour brûler trois ans de leur jeunesse à opprimer les leurs, j’ai senti notre force, la peur était chez eux autant que chez nous, chez nous c’était la colère et la détermination et la solidarité toujours la solidarité, j’étais fier de réussir à tenir deux heures face au drapeau israélien hissé au sommet d’une forteresse réputée imprenable, un peu gêné aussi, ces photos tous ces autoportraits comme autant de trophées d’actes héroïques et la manif s’est arrêtée et j’ai marché sur le pont du Nil et j’ai vu des policiers nous barrer le passage et j’ai couru, on a couru entre les voitures, Le Caire cet enfer de milliers de voitures se serrant se doublant se frôlant s’insultant s’asphyxiant, ces voitures serrées pour nous protéger d’une pitoyable police, ces voitures assassines pourchassant les piétons et cette collision, de la tôle froissée rien que de la tôle et une police semée désarçonnée et la force de militants aguerris, ces autres, venus de je ne sais où que j’ai suivis ce jour-là et toujours ce sentiment immodeste et pourtant bien là d’être dans l’Histoire avec un grand H, hache qui tue à Gaza au Congo en Afghanistan en Irak à Bruxelles National et j’ai vu aussi des Egyptiens sous la hache, cet enfant qui mendie dans une rue de terre et ce touriste, moi qui regarde droit devant pour ne pas le voir et cette jeune fille voilée qui veut photographier les militants to Gaza sur une place bondée du vieux Caire, une autre action un autre soir et la police qui l’écarte et l’intimide et la fille qui résiste trois secondes, pas plus de trois secondes qui donnent chaud au cœur et cette action-là, nous tous avec une bougie à la main surgis par surprise des terrasses de café et ce silence qui parle dans nos bougies, juste une bougie et nos Free Gaza et nos keffieh et un début d’applaudissement parmi les passants comme un murmure, insupportable pour le cordon de flics et des flics désemparés qui nous isolent avec les barrières touristiques de la place et un autre flic, le- chef- qui- a- toujours- raison qui fait enlever ces barrières-là et un vieux qui passe dans l’espace interdit, un vieux qui résiste qui crie des insanités à la police, un vieux qui fait chaud au cœur et puis la dislocation calme et belle et le retour vers le métro à 5 ou à 10 dans une rue commerçante, les odeurs les gens qui crient les tapis les klaxons les slaloms fous entre les voitures les enseignes surchargées les maïs grillés les lampes néon éblouissante les appels à la prière les gens et les gens et les gens, filles voilées filles tchador, les trottoirs cabossés les immondices, et les policiers à nos trousse where are you going ? et le métro enfin le métro et les billets qu’on avait pris d’avance et nos fins limiers bloqués par la foule au guichet, toujours la foule, la foule qui nous protège qui nous rassure et les gens : To Gaza ? et les sourires complices et les clins d’œil et la fierté, il faudrait nous ériger une statue nous les internationaux et la tristesse aussi, des juristes égyptiens ont été arrêtés et aussi des journalistes, ce n’est pas une rumeur, ces gens nous ont aidés, ils ont mené leurs propres actions aussi, ils prennent des risques quoi ? Moi à Mons et eux en prison ? Qu’est-ce qu’on va faire pour eux ? ces gens nous ont aidés pour avoir des bus, les bus pour aller à Gaza, le gouvernement a interdit d’aller à Gaza il a interdit de louer des bus il a interdit de se rassembler à plus de 6 personnes il a interdit de se rassembler à l’université ou n’importe où ailleurs, il a interdit l’action sur le Nil et celle sur le pont, alors les juristes qui n’aiment pas les interdits ont appelé leurs amis patrons de société de bus qui n’aiment pas les interdits et deux bus sont venus à l’hôtel que l’on a l’appelé bordel palace mais ce n’était qu’une rumeur, peut-être à cause de la danseuse du ventre et à cause des taximan, j’ai vu l’hôtel il y a un portail détecteur de choses interdites et trois policiers en uniforme à l’entrée et parfois cinq et puis les autres sans uniforme on n’arrive pas à les compter et puis le personnel soupçonné d’être des indics et parfois vers la fin du séjour un disque dur d’un militant qui disparaît et qui réapparaît comme par enchantement, après avoir été copié ?

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06:30 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : palestine, egypte, voyage, solidarite, gaza |  Facebook |

28/10/2009

Egoïsme et solidarité - Une histoire pour illustrer les antagonismes


"L'homme est égoïste! Il en veut toujours plus pour lui! L'homme est naturellement contre le partage… C'est pour ça que le communisme ne peut marcher!" Voilà ce que j'ai déjà souvent entendu autour de moi. De cette question est née une petite histoire…

Benjamin Pestieau | 30 mars 2007


Pierre et Jacques - deux égoïstes aux destinées différentes…

Par une belle journée ensoleillée, le jour se lève sur la ville Méson-En-Veupluce. Il est 6h00, Pierre et Jacques se réveillent. Pierre habite dans une maison de rangée et Jacques dans une superbe villa. Pierre est ouvrier dans l'usine Onsue. Jacques est patron de la même usine.

Ce matin-là il fait chaud dans la maison de Pierre, très chaud. L'été est particulièrement sec. Pierre voudrait améliorer l’isolation de sa maison pour y garder la fraîcheur. Il voudrait aussi installer une piscine dans son jardin pour que ses enfants puissent profiter des vacances. La voiture de Pierre devient également vieille, surtout que ses enfants ont grandit et qu'il n'est plus possible de partir camper avec la famille dans sa petite Clio 3 portes. L’aîné des enfants doit faire des travaux pour l’école. Tous les jours c’est la même rengaine : «Papa, c’est quand que tu m’achètes un ordinateur? C’est pour l’école je te jure.»

Pierre est également passionné de photo. Il est secrétaire du club de photo de sa commune. La lumière de l'été est particulièrement propice pour qu'il développe tout son talent derrière l'objectif. Récemment, il a vu le dernier réflexe numérique de chez Canon. Un bijou. Accessible financièrement mais pas pour cette année car Pierre doit également profiter de l’été pour réparer le toit de sa maison. Une priorité avant que l'automne et ses pluies abondantes n’arrivent…

"Ah, si je pouvais avoir une augmentation salariale! Ca m'aiderait à répondre à mes besoins. En plus ce serait bien légitime, l'usine a fait des milliards de bénéfices cette année. C'est sûr, dès que j'arrive à l'usine, je vais chez mon patron… Jacques, lui demander une augmentation. Il est sympa Jacques."

Jacques lui ce matin, n'a pas beaucoup dormi. Il a sabré le champagne la veille avec les actionnaires et les cadres supérieurs de la société. Les résultats semestriels sont excellents! Le manque de sommeil ne l'atteint pas tellement, les résultats financiers l'enthousiasment. En effet, grâce à ceux-ci, il recevra une prime alléchante exceptionnelle de 250.000 euros qui lui permettra d'acheter une Ferrari GT. Jacques s'est découvert une nouvelle passion pour la marque au cheval cabré en rencontrant Michaël Schumacher dans les paddocks du grand prix de Francorchamp 2005. Il avait reçu une place VIP parce que les usines Onsue sponsorisaient le Grand Prix.

Ce n'est pas tout, grâce à ces résultats, de belles perspectives de croissance s'ouvre à Onsue. D'un côté, l'entreprise pourra racheter les usines Onap-Erdu. Celles-ci n'ont pas été assez productives et les prix qu'elles pratiquaient sur le marché étaient bien trop hauts. Pas ce problème chez Onsue, grâce au dernier plan de restructuration, ils ont gagné 20% sur la masse salariale et écrasé la concurrence des usines Onap-Erdu. En plus, les beaux résultats actuels permettent à Onsue d'acheter de nouvelles machines qui permettront d'accélérer la chaîne de production…

Arrêtons-nous sur la situation...


- Pierre en veut plus pour lui. Pierre est ouvrier
- Jacques en veut plus pour lui. Jacques est Patron

Un dialogue intéressant...

Revenons maintenant à Pierre. Il arrive un peu plus tôt ce jour-là à l'usine. Il a décidé d'aller trouver Jacques pour lui demander une augmentation. Jacques est un patron moderne, il reçoit directement Pierre dans son bureau. Il s'en suit le dialogue suivant:

- Ecoute Jacques, je voudrais une augmentation. Je dois faire face à de nouvelles dépenses et une augmentation serait plus que la bienvenue. J’en ai besoin pour moi. Ca ne devrait pas être trop difficile pour toi vu les bénéfices de l’entreprise…
- Ecoute Pierre, je te comprends mais je ne peux t'accorder cela. Si je te donne plus à toi et je voudrais vraiment bien le faire, tes collègues vont rappliquer demain pour avoir plus aussi. Ben oui, à travail égal - salaire égal comme on dit dans ton syndicat. En plus, si je te donne plus pour toi et tes collègues, j'aurai moins pour moi. C'est direct, je te paie plus, je fais moins de profit. C'est aussi fort que les vases communicants. Si je te paie plus et que je ne veux pas perdre, ça veut dire que je dois vendre les produits Onsue plus chers. Or tu sais que notre devise, c'est "Avec Onsue, la qualité au meilleur prix." Si je ne respecte pas notre devise, on perdra des parts de marché et on devra fermer l'usine. Ecoute, Pierre, je ne peux vraiment pas t'augmenter. Si je t'augmente je perds et on ne sera plus au top pour affronter la concurrence…
- Mais mais…
- D'ailleurs, j'allais vous proposer de travailler une heure de plus par semaine sans augmentation salariale pour rester compétitif. Et comme ça les actionnaires et moi, nous aurons des meilleurs dividendes. On aura plus et on investira plus dans l’entreprise. Si on a moins on ne reste pas car on peut avoir plus dans d’autres pays. Tout comme moi, je suis sûre que tu ne voudrais pas non plus que notre usine délocalise dans un autre pays, non?
- Mais mais…
- Pierre, si tu veux vraiment avoir plus, l’usine propose parfois de faire des heures supplémentaires. Profites-en !
- Ecoute Jacques, tu sais bien qu’on travaille déjà à pause à l’usine : parfois le matin, parfois l’après-midi, parfois la nuit. Mon organisme ne me permet pas de faire des heures supplémentaires comme cela. En plus, il faut bien que je puisse voir un peu mes enfants, non ?
- Oui je comprends mais c’est à toi de choisir. Voilà, je te propose de clôturer notre entretien car j'ai du travail. Allez bon boulot…

Pierre est furieux et se sent impuissant. Que peut-il faire? Jacques semble pouvoir ne rien entendre. Mais, mais…Jacques a donné une idée à Pierre….

Pierre a une idée…

Lors de la pause, Pierre discute avec ses collègues sur le fait qu'il n'arrive pas à acheter tout ce dont il a besoin car le salaire ne suit pas. Et ses collègues lui disent: «Mais nous aussi Pierre, on a le même problème. En plus ce n'est pas normal, Jacques, il nous raconte qu'il ne peut pas donner plus mais il se fait des couilles en or pendant qu'on sue à la chaîne. Demander quelque chose tout seul à Jacques, tu ne l'obtiendras jamais, Pierre. Si tu veux avoir quelque chose, il faut faire pression.»

« Oui mais comment ? »


«Il faut menacer Jacques de grève. C'est seulement comme ça que Jacques devra lâcher quelque chose. Ensemble on peut bloquer la production et donc les profits de Jacques. Sans profit, sans nous, Jacques n'est rien et ne gagne rien.» Ainsi l'idée que Pierre avait à la fin de la discussion avec Jacques se confirme: s'il veut plus d'argent pour lui, ça passera par plus d'argent pour lui et tous ses collègues…

Arrêtons-nous sur la situation...

- Jacques en veut plus. Pour avoir plus, il faut que Pierre en ait moins, d'une manière ou d'une autre. Il n'y a pas d'autres possibilités. Pour en avoir plus, il ne faut pas seulement que Pierre en ait moins mais tous les collègues de Pierre. Plus pour Jacques (une personne) c'est moins pour Pierre et tous ses collègues (des milliers de gens).
- Pierre en veut plus. Il a essayé d'aller chez Jacques pour lui demander une augmentation salariale. Il s'est fait jeter. En effet, si Pierre en a plus, Jacques en aura moins. Ce qui n'est pas du tout pour plaire à Jacques.
- Par contre Pierre se rend compte que son SEUL moyen pour en avoir plus, c'est d'en demander plus avec ses collègues. S'il en veut plus pour lui, ça veut dire plus pour ses collègues, ses milliers de collègues et moins pour Jacques et ses quelques actionnaires principaux. Donc plus pour Pierre, c'est plus pour TOUS les collègues de Pierre (des milliers de gens) et un peu moins pour Jacques (une à quelques personnes).
- Il est possible que Jacques arrive à diviser Pierre et ses collègues par le racisme (le problème c’est les étrangers) ou le nationalisme (flamands – wallons). Il est possible que Pierre et ses collègues ne comprennent pas que leur force réside dans leur nombre, dans leur unité et la solidarité. Mais alors, ils seront condamnés à ne rien obtenir.

Morale de l'histoire…

Si Pierre veut assouvir ses besoins personnels, ses besoins comme individu, ses besoins égoïstes… il sera obligé d'agir collectivement. Son bonheur passera par le bonheur de ses milliers de collègues. Il n'y a pas d'autres choix. Son problème, c'est aussi celui de ses collègues. Sa force réside dans la force collective qu'il peut exercer avec ses collègues. Sa force réside dans le fait qu’il contrôle, avec tous ses collègues, la production, source du profit. C'est une réalité objective. Bien entendu Pierre peut décider de ne pas se solidariser avec ses collègues, il peut décider d'agir seul. Mais on a vu qu'il n'obtiendra rien pour lui en suivant cette voie…

Par contre pour Jacques la situation est inverse. S'il en veut plus pour lui, il doit en donner moins à des milliers d'autres. Son bonheur à lui passe par le malheur de milliers d'autres hommes. Son bonheur comme individu passe par le malheur de la collectivité.

En plus s’il veut empêcher que les travailleurs s’unissent, il doit tout faire pour les diviser, d’une manière ou d’une autre : racisme, nationalisme, organiser la production en évitant les contacts entre les travailleurs, etc.

Voilà, Jacques et Pierre ne sont pas nés égoïstes ou généreux. C'est leur position respective dans la société, leur position dans la production qui peut développer en eux des valeurs de solidarité ou d'individualisme. Celles-ci ne leur sont pas venues du néant…

07/10/2009

La pauvreté et la misère dans le monde - Images d'une civilisation d'en bas

 

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05/10/2009

Malaise, ....ou vent de panique à la RTBf ???

Ça va mal à la RTBF
05/10/2009 (site "vif.be")

rtbfreyers300Journalistes, techniciens, administratifs... C'est tout le personnel de la RTBF qui se sent découragé. Des rumeurs circulent sur des plans de réduction de personnel, un technicien s'est suicidé, des choix restent incompris... Le malaise grandit au sein du service public. Et une pétition circule pour réclamer l'ouverture d'un vrai dialogue, à l'heure où tout le monde va devoir se serrer les coudes.

Il y a comme un vent de ras-le-bol qui souffle à la RTBF. Et selon La Libre Belgique, cela a débouché depuis quelques jours sur le lancement d'une pétition adressée à la hiérarchie. Avec pour maître mot: dialogue.

C'est que le personnel, journalistes mais aussi réalisateurs, monteurs, cadreurs, graphistes..., se sent largement oublié dans les mouvements qui les concernent au premier chef. Ainsi, des rumeurs circulent à Reyers et dans les centres régionaux, selon lesquelles un plan social serait mis sur pied actuellement, avec à la clef des pertes d'emploi à hauteur de 25% des effectifs actuels. Au même moment, la Communauté française annonce qu'elle va réduire les dotations de la maison. Aussi, la numérisation de toute la chaîne de production de l'info pose de sérieux problèmes de mise en œuvre (on a parfois l'impression, dit-on, que le personnel est au service des nouveaux logiciels plutôt que l'inverse). Et les choix de la direction, tant en matière éditoriale qu'au niveau de l'organisation du travail, posent question.

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02/10/2009

Lecture :: L'économie au service des gens


economie-gensYves de Wasseige et Françis de Walque

L'économie au service des gens

Collection "L'autre économie". (Editions couleurlivres, cliquez ici)

“La mondialisation du capital financier est en train de mettre les peuples en état d’insécurité généralisée.” Cet éditorial d’Ignacio Ramonet, dans le Monde Diplomatique de décembre 1997, a constitué le point de départ du mouvement altermondialiste ATTAC – Association pour une Taxation sur les Transactions financières pour l’Aide aux Citoyens.

Le fondement de la crise tient au capitalisme néolibéral et à sa poursuite du profit et de la rentabilité financière immédiate. On sait combien les idées et théories des économistes ont une influence considérable sur la pensée dominante et sur les politiques économiques.

Comprendre ces questions est un chantier politique majeur pour peser sur les changements indispensables. Il ne suffira pas de quelques réformes financières ou bancaires, il faudra passer, sans doute par étapes, à un autre système économique.

Seuls la “société civile”, les citoyens eux-mêmes et les organisations et associations qu’ils ont créées peuvent être les porteurs de ces transformations fondamentales.


Les auteurs
Yves de Wasseige est ingénieur et économiste. Outre ses engagements dans l’éducation permanente, il a publié de nombreux articles dans diverses revues et un ouvrage de base, édité à plusieurs reprises et connu sous le nom des “Mécanismes économiques”.

Françis de Walque  est militant syndicaliste et engagé dans la défense et la promotion des services publics au sein du mouvement altermondialiste.

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25/09/2009

Potosi: les riches s'enrichissent, les mineurs se défoncent!

Info (sur Wikipédia): Potosí est une ville de Bolivie et la capitale du département de Potosí. Son nom vient du quechua Potojsi qui signifie « tonnerre ». Elle se trouve à une altitude de 4 070 m et comptait environ 164 480 habitants en 2007. C'est une des villes les plus hautes du monde, construite au pied du Cerro Rico (« Montagne riche »), une montagne de minerai d'argent qui domine la ville de ses 4 824 m.

La vieille ville fait partie de la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

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(Article paru sur le blog de Rafik et Line,à découvrir)


Potosi: les riches s'enrichissent, les mineurs se défoncent!


Casa_de_la_moneda[1]Potosi est une ville minère anciennement aussi riche et peuplée que Paris, Londres ou New York grâce à l'exploitation des mines d'argent par les conquistadors espagnols. Nous arrivons en fin d'après-midi sous une bonne drache qui nous rappelle le plat pays ;-) Nous nous installons dans le Hostal Felcar, un chouette petit hotel bien propre avec de l'eau bien chaude et une petite cours fort agréable par beau temps on l'imagine :-) (50 Bs seulement!!!) Nous réservons notre visite des mines pour le lendemain auprès de l'agence Koala Tours (Merci Riet pour le conseil) et allons manger un bout dans un des restos conseillés par le Lonely Planet, le 4060 ( c'est l'altitude de la ville).

Le lendemain à 8.30, nous voilà partis dans le minibus qui nous emmène au Cerro Rico ( la montagne de toutes les richesses de la ville). Après avoir enfilé une petite combinaison et un casque muni d'une lampe, nous voilà dans une sorte de quicaillerie pour mineurs. Notre guide francophone, Mabel, nous explique les différents matériaux et matériels utilisés dans la mine: les bâtons de dynamite, le marteau-piqueur (on dirait que ça ne pèse pas grand chose mais une fois dans les mains c'est autre chose), les tuyaux d'air comprimé, les pelles, les grandes vasques pour transporter le minerai, les bois pour consolider les puits et les tunnels. Après nous avoir présenté tout cela, Mabel nous dit cette phrase que l'on ne comprend pas tout de suite "Finalement pas grand chose a changé depuis le servage à l'époque coloniage". Avec nos nombreuses questions, Mable nous explique alors l'organisation sociale dans les mines.

Au début, à lire le routard, le mot "coopérative" revient souvent et sonne comme une avancée sociale pour les mineurs. On a l'impression que les mineurs s'auto-organisent et que la solidarité est plus grande. En réalité, l'état bolivien, voyant la production chutter, a encouragé les mineurs à se mettre en "coopérative" pour ne pas devoir fermer un trop grand nombre de mines. L'état donne des concessions - des droits d'exploitation - d'un ou de plusieurs puits/tunnels de la montagne à des groupes de mineurs. L'état est représenté par une "grande coopérative" (la COMIBOL) à la quelle chaque petite coopérative - groupe de mineurs - paye un montant fixe par mois comme un loyer. Comment sont organisés ces "petites coopératives", ces groupes de mineurs?Potosi_Mines_(71625784)
Les mineurs qui ont pu épargner (accumuler du pognon) et s'acheter leurs propres outils ont pu être à la tête d'une "petite coopérative" et s'acheter le service d'autres mineurs sans-outils, sans autres outils que la force de leurs bras! Dans ces "petites coopératives" travaillent entre 20 et 50 mineurs. Le mineur qui possède la coopérative, appelons-le patron, paye en général 40% de ses rentrées à la grande coopérative, 40% pour l'achat de matériel et de salariés et 20% pour sa retraite et sa cotisation à la caisse d'invalidité-santé. De temps en temps, nous dit Mabel, il offre à 2 ou 3 mineurs le luxe de payer leur épargne retraite et santé mais vous devinez sans doute à quoi servent ces deux ou trois "contre-maîtres"
A côté de cela, il y a encore ce qu'on appelle ici les "socio-coopératives". Ce sont des "entreprises familiales" de 5 mineurs maximum qui exploitent un puits et qui doivent acheter tout leur matériel (On dirait en Belgique les "indépendants"). Evidemment ceux-là ne peuvent pas s'acheter des marteaux-piqueurs ni même de la dynamite de manière régulière. Résultat: ils produisent du minerai de troisième qualité. Bref, ils ne peuvent pas concurrencer "les grands". Ici aussi "l'indépendance" est un mirage qui casse beaucoup de dents.
Mabel nous résume la situation: "il y a trois catégories de mineurs: Les Riches, ils sont une quinzaine à Potosi. Ce sont ceux qui possèdent les "petites coopératives' et ils continuent à s'enrichir. Ceux de classe moyenne, ce sont les rares contremaîtres et certains socio-coopérativistes et puis la grande majorité, les pauvres. Ce sont ceux qui n'ont que leurs biceps pour se défoncer à la mine et gagner quelques bolivianos par jour.

Après ces explications, nous nous trouvons au marché des mineurs. Là, avant d'aller travailler, les mineurs s'achètent quelques feuilles de coca, des cigarettes et de l'alcool quasi pur (98%). Les feuilles de coca, c'est pour macher au fond de la mine tout au long de la journée. Ca stoppe la sensation de soif et de faim grâce à l'anesthésie de l'estomac. L'alcool c'est pour se rincer la gorge :-) et surtout pour el Tio, le diable qui veille sur le Cerro Rico et qui offre de bons filons aux meilleurs donateurs. Nous faisons quelques courses et nous voilà dans le fonds de la mine à quatre pattes.
Après quelques secondes, on pense déjà à la mort. L'air est étouffant et la chaleur insupportable. On se sent oppressé par le sol pourtant friable et par les odeurs de souffre. On pense qu'on ne va pas se sortir de cet enfer. Mais heureusement, tout cela vous passe par la tête qu'une fraction de seconde et vous pensez juste à trouver le chemin dans ce dédale de tunnels et de puits encombrés. Souvent, j'ai pu tester la solidité de mon casque. Mais ça va. Après coup, on pense à ceux qui doivent "vivre" là-dedans et on se dit qu'on peut aussi y "survivre" quelques heures. A l'intérieur nous rencontrons quelques mineurs. Certains commençaient journée. Le père avait prit ses enfants avec : il peut pendant les vacances scolaires. Les 8000 à 12000 mineurs qui vivent de Cerro Rico ont vraiment beaucoup de courage. Germinal continue à exister en Bolivie, espérons que ça change!
Justement à propos de changement, je pose encore une dernière question à Mabel: "est qu'avec Evo ça risque de changer?" et là Mabel a un grand soupir et me dit:" Les Riches ne veulent pas!"

Je vous laisse conclure ...

06:05 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : precarite, exploitation, riches, pauvres, capitalisme, travailleurs, pauvrete |  Facebook |

23/09/2009

Quand les privatisations ne sont pas une fatalité.

Priorité de gauche recto(Extraits de « Priorité de gauche – Pistes rouges pour sortie de crise » de Peter Mertens et Raoul Hedebouw, paru aux éditions ADEN en mars 2009, pages 15 à 21).

Quand les privatisations ne sont pas une fatalité.

Dans de nombreux Delhaize ou Carrefour du pays, il y a désormais un point Poste au comptoir d’accueil. A côté des bouteilles consignées de lait Joyvalle ou de Jupiler, on peut y retirer ses envois recommandés. Si l’envoi n’a pas été mal classé, bien sûr. On n’y paie pas les retraites. Ce serait difficile, car entre les bouteilles, il y a peu de place pour la discrétion. Pour la retraite, on doit se rendre dans l’un des bureaux de poste qui n’a pas fermé. Et c’est loin, parfois. Pour toucher sa retraite, il arrive que l’on doive faire un trajet d’une heure.

Plus d’un million de personnes sont titulaires d’un compte de la Banque de la Poste. Depuis la nuit des temps, les bureaux de poste ont toujours été des lieus de rencontre, propices aux histoires de voisinage. Pour  les personnes seules, c’est l’occasion d’établir des contacts. Mais c’est fini. Plus de cinq cent bureaux de poste ont fermé leurs portes.

Pour connaître le montant de votre facture, tapez quatre.

La poste suit la tendance à la privatisation de ces dernières années. C’était déjà écrit dans le premier manifeste du citoyen du jeune Verhofstadt (pas encore premier ministre à l’époque) : « Nous devons sérieusement revoir le rôle de l’Etat. Bon nombre de services publics doivent être supprimés, faussent la concurrence et desservent le consommateur. A supprimer donc. »
Toutes sortes de penseurs libéraux ont prétendu que « les consommateurs » bénéficieraient des privatisations : une offre plus grande, un meilleur service et des prix plus bas. Le contraire est arrivé. Pas uniquement en Suède mais également chez nous. Lorsque la Poste, qui est déjà privatisée pour plus de la moitié, sera libéralisée entièrement en 2011, il y aura moins de bureaux de poste. Il y aura également moins de personnel au guichet. Et le prix du timbre augmentera pour le citoyen ordinaire, comme l’a déjà admis l’administrateur délégué Johnny Tijs.

Moins d’offre, moins de service, des prix plus élevés : ce bilan ne concerne pas seulement la Poste. Depuis le 1er janvier 2007, les marchés de l’énergie wallon et bruxellois ont été libéralisés. Il fallait de la concurrence. Cela ne veut pas dire que le courant électrique a été modifié, ou que la production d’énergie a changé. Rien de tout cela n’a changé, tout le monde le comprend. Si chaque entreprise ouvrait les rues pour son propre réseau, ce serait complètement absurde. La libéralisation ne concerne donc que l’entreprise qui envoie les factures pour la même électricité, qui est transportée par les mêmes câbles électriques pour venir jusque chez vous. On colle tout simplement une autre étiquette. Une étiquette qui, au lieu de garantir l’efficacité tant promise, provoque au contraire une confusion inimaginable. Le client s’empêtre dans les innombrables formules des différents distributeurs, un imbroglio invraisemblable. Ceux qui transfèrent tout le temps leur compte vers le distributeur le moins cher du moment doivent surtout avoir beaucoup de temps pour comparer toutes les offres, et une patience sans bornes pour régler toutes les paperasses. Le service fourni par le libre marché est celui des touches anonymes à choix multiples au téléphone. « Pour connaître le montant de votre facture, tapez quatre ». Vous pouvez déjà vous estimer heureux lorsqu’un être vivant vous répond. Les bâtiments d’Electrabel n’ont plus de guichets pour le public. Ils ont tout simplement été transférés à un guichet énergie à.... La Poste, où on ne vous aide pas beaucoup plus. La libéralisation du marché de l’énergie ne connaît qu’un gagnant. Et ce n’est pas le client. Au bout de 247 fusions et reprises, le marché en Europe a donné naissance à cinq géants privés de l’énergie : E.on, GDF Suez –la maison d’Electrabel-, EDF, RWE et ENEL. Le marché appartient à ces cinq groupes, qui se font deux milliards d’euros de bénéfices nets par mois.

Comme dans une boîte à sardines

Il n’existe aucun exemple réussi de privatisation des chemins de fer. Nulle part dans le monde entier. La Suisse l’un des meilleurs réseaux ferroviaires. Le chemin de fer y appartient entièrement à l’Etat. Il n’empêche que l’Etat Suisse paie moins pour ses chemins de fer que les subventions injectées par l’Etat dans son réseau ferroviaire privatisé. L’idée que la privatisation diminue les dépenses publiques n’est qu’un leurre. Entre-temps, les opérateurs ferroviaires et les propriétaires du matériel roulant  réalisent de grands bénéfices. Et pourquoi les grands actionnaires seraient-ils plus intéressés par le confort de voyageurs ou par la sécurité que par les taux de leurs actions ? Les libéraux préfèrent ne pas répondre à une question aussi simple. Et en matière d’investissements et de sécurité, les chasseurs de rendement n’ont aucun scrupule. Pendant dix ans, les voyageurs et le personnel des chemins de fer britanniques  ont réclamé le système ATP, qui actionne les freins lorsque le train brûle un feu. Celui-ci coûtait « trop cher » aux yeux des actionnaires de Railtrack. Après la grande catastrophe ferroviaire de Paddington en 1999, qui n’était déjà pas la première... l’Etat qu’on avait tellement vilipendé a fini par intervenir.

Les navetteurs britanniques voyagent dans des wagons pleins à craquer, serrés comme des sardines. S’ils ont de la chance. Car souvent, le train est annulé. La Grande Bretagne détient le record européen du nombre d’annulations de trains. Les réclamations fusent concernant les retards, les trains supprimés à la dernière minute, la mauvaise information, la sur-occupation, le chauffage défectueux, la saleté des wagons, des toilettes et des gares. Et le prix des billets ? Il a grimpé au point de compter parmi les plus élevés d’Europe. Il n’est pas étonnant que trois quarts des Britanniques réclament la renationalisation du chemin de fer. Take back the track. (Littéralement, « rendez-nous le rail »)
L’Etat européen tire une toute autre conclusion de l’histoire de Railtrack. La phase suivante de la libéralisation du chemin de fer est annoncée pour 2010. Sans vergogne, l’Europe veut continuer à attribuer les avantages au privé et les désavantages à l’Etat. Désormais, les entreprises privées ne se chargeront que de l’exploitation des lignes ferroviaires, c’est-à-dire des parties rentables. Le développement coûteux et l’entretien du réseau seront à la charge de l’Etat.

Pourquoi donc ? Il n’y a qu’une seule réponse. Les bénéfices privés supplantent l’intérêt général. A partir de 1973, le monde des affaires a commencé à convoiter le grand secteur des services publics. On pouvait y gagner beaucoup d’argent. Pourquoi ne mettrions-nous pas la main sur les secteurs qui, jusque là, nous ont échappé, se sont demandé les capitaines d’industrie européens. Ils se sont mis à faire pression sur la Commission européenne jusqu’à ce qu’elle accepte d’élaborer une nouvelle législation. Terminées les subventions aux institutions publiques. Terminés les transferts entre sections rentables et moins rentables –par exemple : utiliser le rendement de la livraison du courrier pour aider à financer l’exploitation des bureaux de poste. L’une après l’autre, les institutions publiques ont été démantelées afin de mettre en vente les parties les plus rentables.

C’est effectivement ce qui est arrivé. La privatisation a entraîné la réduction du service postal, la hausse faramineuse des factures énergétiques et la surcharge d’occupation des trains. Petit à petit, le virus pénètre également le secteur social. La santé publique, l’accueil de l’enfance et les soins aux personnes âgées, les prisons et les maisons de repos figurent sur la liste. Elles sont dans le viseur de la Commission européenne pour sa prochaine vague de libéralisation.

Mais les privatisations ne sont pas une fatalité. Il s’agit de décisions prises par des gens, et qui peuvent être annulées par d’autres gens. A l’autre bout de la planète, dans les années 80, une grande vague de dérégulations et de privatisations a submergé la Nouvelle Zélande. On a même trouvé un mot pour désigner ce phénomène, « Rogernomics », d’après le nom de l’homme-clé derrière ces mutations, le ministre des finances de l’époque Roger Douglas, un homme du Labour (parti travailliste). Deux décennies plus tard, le transport public se trouvait dans un état tellement déplorable que le gouvernement a été obligé de le racheter. En juillet 2008, le chemin de fer a été renationalisé. Le nouveau chemin de fer public a été baptisé Kiwirail. Plus tôt, le gouvernement avait également repris Air New Zealand, au bord de la faillite.

Ceux qui pâtissent le plus des privatisations sont ceux qui n’ont pas beaucoup les moyens. C’est logique. Ils n’ont pas assez d’argent pour payer le service qui, avant, était public. Rien que pour cela, la privatisation est moralement condamnable.
Les entreprises publiques et les services et établissements d’utilité publique ont une fonction dans la société que l’on ne peut mesurer selon les critères de la rentabilité capitaliste. L’enseignement, la santé, le transport, les crèches, l’approvisionnement en énergie et en eau, les soins aux personnes âgées, le logement, les bibliothèques publiques : ces services doivent être gérés par l’Etat, et rien que par l’Etat. Et il faut que les habitants aient leur mot à dire pour pouvoir exercer un contrôle public sur le servie commun.

01/08/2009

La crise du système

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 La crise secoue bien des certitudes. Chassé des universités, Marx est aujourd’hui, à la faveur de la crise, en train de faire un come-back remarquable. Même – ou est-ce surtout ? – des économistes en plein désarroi le redécouvrent.


Certains ne l’avaient jamais oublié. Depuis le krach de la bulle informatique en 2001, l’économiste marxiste Henri Houben ne cesse de répéter que le système économique international se fragilise de plus en plus, que les États-Unis n’ont guère de marge de manœuvre et qu’un nouveau krach, de l’ampleur au moins de celui de 1929, est inévitable. Avec Jo Cottenier, il décrypte la crise actuelle, en préparation depuis trente-cinq ans, et montre en quoi il s’agit d’une véritable « crise du système », ayant pour fondement la manière même de fonctionner du capitalisme.

François Ferrara analyse le rôle croissant du crédit, dont l’effet est de spolier une deuxième fois les travailleurs.

Dans sa contribution sur l’intervention de l’État, Herwig Lerouge passe au crible la tonitruante critique des fervents du marché libre qui tout d’un coup ont découvert les avantages de la nationalisation, injectant même de l’argent dans le secteur bancaire et créant ainsi une sorte de « socialisme pour les riches ».

Le socialisme comme solution de rechange au capitalisme, que les nouveaux marxistes à la mode préfèrent oublier, est par contre au cœur du débat mené par les quatre auteurs. Que ce numéro d’Études marxistes incite à (re)découvrir Marx, le vrai.

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Lecture - Priorité de gauche (Peter Mertens & Raoul Hedebouw)

Priorité de gauche rectoPeter Mertens, Président du PTB, et Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB et Président du PTB-Liège, ont assurément fait mouche avec ce livre, "priorité de gauche" (voir l'image en fin d'article).
Ecrit avec simplicité, ce livre explique la crise actuelle et la situation désastreuse dans laquelle s'enlise notre société, tout en argumentant par des exemples concrets de la vie de tous les jours. L'ultralibéralisme qui a dominé le monde politique ces cinquante dernières années, plonge actuellement la grande majorité de la population belge dans le marasme et la précarité.


Vit-on un scénario identique à celui de 1929 ? Non, je crois plutôt que la situation est bien pire encore. Les fermetures d'usines (il y en a tous les jours), et l'augmentation du nombre de chômeurs qui les accompagne, ne fait que débuter les répercussions de cette crise, que nous paierons à coup sûr si nous laissons faire les politiques tratitionnels, à la botte du système capitaliste et néo-libéral.
Ce livre donc, superbement bien écrit, lance des pistes de solutions à cette crise. Ce livre ne fait pas que dénoncer ou répéter ce que de nombeux autres ouvrages ont déjà effectué sous la plume d'économistes chevronnés, mais il donne de l'espoir aux gens, espoir fondé sur des propositions de solutions, qui font partie intégrante du programme du Parti du Travail de Belgique.
Des solutions sont donc apportées dans ce livre, non pas sous forme de fausses promesses, comme les autres partis les plus en vue ont coutume de le faire, mais bien des pistes concrètes et très facilement réalisables dans la pratique.
J'éprouve bien des difficultés à faire la promotion de ce livre sans en citer quelques passages, concernant par exemple le modèle kiwi pour la gratuité des médicaments,  le meilleur financement de l'éducation (qui doit être gratuite), le maintien des services publics, la création d'une banque publique, la taxation des biens de première nécessités comme le prix de l'énergie à 6% au lieu de 21%, une meilleure imposition sur les grosses fortunes, etc etc. Et donc je vais m'arrêter là, vous laisser vous procurer ce bouquin, et ensuite le dévorer (par la lecture, naturellement) comme je l'ai moi-même fait.

Bonne lecture.
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Priorité de gauche :: Un livre concoté aux piquets de grève et dans les salles populaires


Peter Mertens, président du PTB et Raoul Hedebouw, porte-parole, ont coécrit l’édition francophone de Priorité de gauche (éd. Aden). Ils présenteront leur livre en exclusivité le 22 mars. Solidaire vous en donne un avant goût.
David Pestieau
Peter Mertens


Depuis le congrès de mars 2008, Peter Mertens et Raoul Hedebouw ont voyagé à travers le pays : « Un vendredi soir à Liège, où nous sommes restés très longtemps chez des sidérurgistes. Un dimanche matin vers Gand pour un brunch avec des syndicalistes. Dans une salle populaire à Charleroi ou au piquet de grève dans la zone du port d’Anvers. Nous sommes surtout venus pour les écouter. Et nous avons entendu des voix qui ne trouvent jamais d’échos à la rue de la Loi. Les voix de ceux qui vivent la crise dans leur chair. Or, beaucoup de politiciens mènent une vie complètement étrangère à celle de l’homme de la rue. Ils ne savent pas ce que c’est d’avoir des difficultés à payer la facture d’énergie à la fin du mois. Ces politiciens ne subissent pas cette crise. Elle est portée par les gens normaux. »
Ainsi est né l’idée du livre Priorité de gauche, mais pas n’importe lequel : « Ce n’est pas une encyclopédie ou une brique. Pour ça, il y a des livres bien plus intéressants. Sur les nouvelles évolutions en Amérique Latine, en Inde et en Chine. Sur le rôle déclinant des Etats-Unis. Sur les contradictions croissantes au sein de l’Union Européenne où les grands pays lèvent à nouveau le drapeau du protectionnisme. Non, ce livre n’est pas l’alfa et l’oméga de la crise. Il s’agit tout simplement d’une première étape pour le débat. Pas un point final, mais un commencement. Il nous était difficile de ne pas partager ce que nous avions entendu lors de nos tournées à travers le pays. »


Vaches sacrées


Le livre prend comme point de départ les conséquences pour les gens des trois dernières décennies assombries par le néolibéralisme. Ces années où il n’y en avait que pour les partisans du marché libre : moins de contrôle, plus de privatisations, plus de cadeaux aux entreprises. La libéralisation de l’énergie, la privatisation de La Poste, les pensions et la santé vendues au privé, la vente de la CGER. Mais la crise financière a renversé ces vaches sacrées. Aujourd’hui, banques et entreprises font la quête pour recevoir l’aide de l’Etat. Après que les bénéfices aient été privatisés, les pertes sont maintenant nationalisées. Voilà pour la première partie.


Les gens d’abord, pas le profit


Aujourd’hui, la Fédérations des Entreprises de Belgique demande de nouvelles baisses des allocations pour les retraités et les sans-emplois, de nouvelles économies dans le secteur de la santé : plus de flexibilité, moins de services publics, un démantèlement de la sécurité sociale. Comme s’il fallait appliquer les mêmes recettes après la crise, qu’avant… Il est temps de proposer autre chose.
Aussi dans la deuxième partie du livre, Peter Mertens expose des mesures simples mais bien argumentées : une banque publique, une interdiction de licenciements pour les entreprises qui font des profits, une baisse de la TVA sur le gaz et l’électricité, une offre publique d’achats pour les médicaments (le modèle kiwi).
Des initiatives à la mesure des gens, pas à celle du profit.


L’orchestre du Titanic


Chaque jour on annonce de nouveaux licenciements et de nouvelles fermetures. La liste devient longue. Pour notre pays, on parle de cent mille licenciements cette année. En 2009, les Etats-Unis risquent de perdre quatre millions d’emplois.
Cette crise du système est le thème de la troisième partie, l’orchestre du Titanic. Il y a des centaines de milliers de SDF aux Etats-Unis et des millions d’habitations vides. On n’a jamais produit autant de nourriture, mais une crise d’alimentation mondiale s’annonce. Il y a des centaines de milliers de tonnes d’acier en trop alors que des paysans dans le Sud doivent encore travailler la terre à main nue.
Il y a une surcapacité toujours plus grande et une consommation en baisse. La crise va plus loin qu’une « crise de confiance morale » comme le prétendent certains. « N’en faisons pas un débat idéologique », a encore lancé un ministre récemment. « Une idéologie est une certaine vision de la société et il me semble justement qu’on n’en parle pas assez », pointe Peter Mertens.
Aussi, il démonte, décortique dans un langage simple, les origines de la crise, revient sur la crise bancaire. Et argumente en profondeur contre les dogmes de la pensée unique qui prétendent que le marché est le chemin à suivre, l’objectif à atteindre, la solution.


L’avenir commence maintenant


Mais  Priorité de gauche  ne se contente pas de faire une critique du capitalisme. Il se propose de changer radicalement de priorité pour emprunter d’autres pistes. Des pistes rouges qui partent des besoins des gens. Des pistes rouges aussi pour aller vers le socialisme.
Des pistes rouges pour que le monde du travail retrouve confiance en lui, pour que le monde sorte de la logique que « l’homme est un loup pour l’homme ». Un développement collectif et social peut amener de véritables progrès. La planification peut etre envisagée à nouveau. Une véritable démocratie peut pleinement se développer sous le socialisme.


Les maux bleus du Parti socialiste


Enfin dans la dernière partie, Raoul Hedebouw, porte-parole revient sur les « maux bleus du Parti socialiste », un parti qui affirme souvent représenter à lui tout seul la gauche au sud du pays. Et qui est au pouvoir de manière ininterrompue depuis vingt ans. Une critique nécessaire pour que la gauche puisse repartir à l’offensive dans les années à venir.

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Priorité de gauche :: Cinq questions express aux auteurs


Raoul Hedebouw et Peter Mertens pendant la manifestation pour le pouvoir d’achat. (Photo Solidaire, Martine Raeymaekers)


Pourquoi avoir écrit un livre maintenant ?
Peter Mertens. Pour certains, cette crise n’est apparemment qu’une simple crise de confiance. Selon eux, il suffirait que les gens aient à nouveau confiance dans les banques, les conseils d’administration des multinationales ou dans le gouvernement. Il s’agit là bien sûr d’une manœuvre qui leur permet de poursuivre sur leur voie, comme ils le faisaient avant la crise. La crise a renversé pas mal de tabous mais le gouvernement continue comme si de rien n’était. C’est incroyable. Ce livre a pour but de renverser le débat et d’y apporter une série de réponses socialistes.


Pourquoi un livre personnel, écrit à la première personne ?

Peter Mertens. Ce sont les éditeurs qui m’en ont persuadé (il rit). « Peter, m’ont-ils dit, si tu veux toucher un public plus vaste, tu dois oser écrire à la première personne. » J’ai donc tenté le coup. Bien sûr, cela n’empêche pas qu’un grand nombre de personnes ont collaboré à la rédaction de ce livre, trop nombreuses d’ailleurs pour que je puisse toutes les remercier ici personnellement.
Raoul Hedebouw. Dans la partie que j’ai écrit sur le Parti socialiste, j’ai eu la même démarche. Le mélange d’expériences vécues et d’analyse politique n’est pas un exercice facile mais je crois, au final, vraiment réussi, du moins je l’espère… (il rit).


D’où vient le titre Priorité de gauche. Pistes rouges pour sortie de crise ?

Raoul Hedebouw. Avec notre éditeur Gilles Martin d’Aden, nous avons mis du temps à trouver ce titre. J’ai fait appel à pas mal d’amis pour trouver un titre qui « claque » comme le dit Gilles.
Priorité de gauche est un chouette jeu de mots qui montre qu’on veut faire changer la priorité de la société. Qu’on veut donner la priorité aux plus de dix millions d’habitants de notre pays, et pas aux 72 000 millionaires de ce pays. Le livre reprend d’ailleurs plusieurs dizaines de témoignages de la vie quotidienne qui démontrent que ce n’est pas aux travailleurs de payer la crise. C’est là un des principes du livre.
Et avec le sous-titre, on voulait surtout montrer notre livre n’est pas seulement un livre de dénonciation du capitalisme mais qu’on proposait aussi des alternatives. Notre livre parle de notre vision d’une société socialiste où seules les choses qui comptent réellement importent et non la soif de profit maximum d’un petit groupe d’actionnaires.


Quel était le défi le plus difficile du livre?
Peter Mertens. Le plus difficile a été de trouver le bon ton. Généralement, l’analyse politique avait déjà été élaborée par le bureau d’étude du parti. Les fidèles lecteurs de Solidaire s’en apercevront. Néanmoins, la manière de présenter les choses est aussi très importante. Il faut que cela soit abordable, il faut donner au livre un certain rythme et que le tout soit facile et agréable à lire. J’ai donc travaillé et retravaillé le style. D’un autre côté, j’ai aussi beaucoup bûché sur le contenu. Moi-même j’ai appris un tas de choses en l’écrivant.


Ce livre est-il plutôt wallon ou flamand ?

Raoul Hedebouw. (Étonné) Un livre wallon ou flamand, c’est quoi ? Le chômage économique touche aussi bien les travailleurs wallons de Caterpillar à Gosselies que les flamands de Volvo à Gand. Et les pensionnés qui vivent sous le seuil de pauvreté - un quart des pensionnées du pays - vivent aussi bien à Liège qu’à Anvers. Tous ces exemples sont aussi repris dans le livre.
Peter Mertens. De même, les remèdes ne sont pas régionaux, et c’est justement ce que les nationalistes de tout poil tentent de nous faire croire. Une banque publique par exemple, cela ne s’organise pas à l’échelle régionale mais à l’échelle nationale, ou à une échelle plus vaste encore. Le livre soulève également d’autres aspects. Raoul a adapté la version francophone d’une façon remarquable en y ajoutant des débats et exemples spécifiques. La seule grande différence entre l’édition francophone et la néerlandophone c’est que Raoul a écrit une annexe sur le Parti socialiste tandis que dans la version néerlandaise, j’ai écrit une annexe sur le programme de la Liste Dedecker, un parti de droite qui monte au Nord du pays.

 

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22:38 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gauche, ptb, socialisme, livre, social |  Facebook |

10/02/2008

Table ronde le 19 février 2008 - La libéralisation des services publics.

 

Table ronde:

Après la Poste… La libéralisation des services publics, le nouveau traité européen veut-il «sans privé»?

Date et lieu:

Le mardi 19 février 2008, à 19h30 précises
À la Maison du Peuple de Dampremy, rue Jules Destrée, 11

Orateurs:

Pierre Eyben (membre du Bureau politique du Parti Communiste)
Michel Laurent (CGSP Poste Charleroi)
François Schreuer (Ancien président de la FEF, journaliste au journal Politique, fondateur du portail mouvements.be)
Jean-Marc Lauwers (Attac – CGSP Ministère)
Francis Dewalque (Forum Social de Belgique – groupe services publics)

Modérateur:

Maurice Magis (Journaliste au Journal du Mardi)

Une organisation de l'ASBL Le Progrès

20/12/2007

Carte postale de Cuba.

De jolies vues de Cuba

Drapeau CubainOn aura bien du mal à définir ce qu'est "la dictature sous Fidel Castro" (terme américano-impérialiste), à la vue de ces images paradisiaques !

 

Cliquer ici pour accéder au diaporama

08:47 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cuba |  Facebook |

25/11/2007

Syndicalisme

 

Le droit de grève en questions - Le service minimum.

Dampremy PCB-CGSP 22-11-2007 008

Pourquoi ce double titre pour un sujet qui n'est pas forcément identique ?

Ce jeudi dernier, le 22 novembre, nous avons pu assister à une séance d'information sur l'initiative collégiale des Camarades du Parti Communiste de Charleroi, voir le bulletin d'informations sur le site de Robert Tangre "L'Etincelle - Bulletin électronique de la Fédération de Charleroi ". Lesquels ont aimablement invité le Président de la CGSP Cheminots, Gérard Gelmini; Alain Semal, secrétaire permanent intersectoriel CGSP de Charleroi; Claude Poitoux, secrétaire régional du secteur Tram Bus Métro de Charleroi CGSP; et Etienne Libert, secrétaire permanent CGSP Cheminots à Charleroi.

La trentaine de militants et sympathisants ont pu bénéficier du discours des intervenants, dont les sujets ne pouvaient qu'être d'actualité.

Dampremy PCB-CGSP 22-11-2007 001

Tentative de réponse à la question posée en premier:

La situation chaotique de la politique menée dans notre si petit pays ne laisse présager rien de bon socialement, tant pour les actifs que pour tous les autres. Le gouvernement qui s'annonce est d'orientation de droite, que l'on pourrait même qualifier de droite pure. La politique menée ces derniers temps se repose trop sur l'excuse d'une adaptation un peu trop forcée à une Europe en pleine évolution (...), mais une évolution pour qui?

Celle des patrons, celle de cette poignée d'actionnaires, d'investisseurs peu scrupuleux du bien-être d'autrui; ces vautours assoiffés de pouvoir. Mais pas n'importe quel pouvoir; celui de l'argent, l'argent gagné sur le compte de la sueur et du sang du travailleur!

Le service minimum est un jalon; un début; une séquestration des principes de défense du travailleur, "vos grèves? On en a rien à cirer, le service minimum permettra de se passer de vos services, vous n'êtes plus indispensables. Le service minimum nous permettra, à nous, patrons, de ne plus être obligés de satisfaire à vos exigences. Basta les syndicalistes du dimanche, le pouvoir nous appartient vraiment, désormais, à nous, les Rois-décideurs-tout-puissants!". Le patronat fait fi des droits de l'ouvrier, du cadre, du salarié; qui n'a plus qu'à se voir perdre ce qui a été acquis de dure lutte durant des décennies, des siècles même.

Ainsi donc, la corrélation est faite entre le service minimum et le droit de grève.

Mais ne nous leurrons pas sur les intentions de nos politicards de droite; museler le syndicat par une limitation drastique des droits à la grève ne peut signifier qu'à court terme, la perte d'autres droits sociaux paraît une incontournable évidence. On bâillonne, puis on tue!

Les Français en font actuellement les frais avec "Sarko-le-dépeceur-du-droit-social".

La contre-offensive ne saura être permise qu'avec le consentement, le rapprochement des forces de gauche.

La grève, même si l'orientation des médias pousse l'opinion publique à la prétendre néfaste; la grève est nécessaire, nécessaire pour se faire entendre du patronat qui joue à la sourde-oreille; nécessaire pour toutes et tous, même celles et ceux qui n'y croient pas, ou qui ne croient pas que dans un avenir très proche, ils perdront le peu auquel ils se raccrochent, leur bien-être, leurs rêves.

La prise de conscience de toutes et tous doit s'effectuer aussi sur le plan médiatique, sur le terrain conquis par nos décideurs, nos bourreaux.

Nous devons nous apprêter à vivre des heures sombres, et nous devons toutes et tous en avoir conscience, et pour çà, nous devons nous remettre en questions, et accepter de perdre un peu, pour ne pas devoir tout perdre.

La grève est un choix, le bon choix, pour que la lutte aboutisse à un monde meilleur, un monde plus équitable, notre monde des travailleurs, notre communauté solidaire.

21:54 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : greve, droits, social, socialisme |  Facebook |

15/08/2007

Manif de Lille cheminots, service minimum et droit de grève

Article complet concernant la manifestation des cheminots à Lille le 31 juillet dernier en rapport avec le droit de grève.

00:04 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syndicalisme, greve, cheminots, manifestations |  Facebook |

27/07/2007

Histoire de puces, la traçabilité humaine, comme du bétail!

Big Brother is watching you! Même Le Soir sonne l'alarme: en Belgique, comme partout ailleurs, la fameuse "Liberté" et la "Démocratie" capitalistes s'élargissent de plus en plus grâce ... aux puces électroniques ...

Et si Hitler avait connu cela ... ?!  

 

Les fameux partis dits "démocratiques" au pouvoir réagiront lorsqu'il sera de nouveau trop tard ..., après s'être fait  complices comme toujours ... 

 

Roger Romain

 

Cà fait froid dans le dos, cliquez sur  http://www.lesoir.be/actualite/sciences_sante/les-puces-electroniques-2007-07-25-541493.shtml et vous serez surpris, c'est loin d'être une blague, malheureusement!!

 

L'être humain asservi n'en fini pas de goûter aux délices de l'exploitation mercantile et esclavagiste de l'impérialisme capitaliste!

 

Alex Pozetti

 

06:42 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : esclavagisme, asservissement, domination, capitalisme |  Facebook |

15/07/2007

Atteintes au droit de grève!

La grève est un droit du travailleur, la réglementer est inadmissible!

 

 

Les effets du Sarkosisme ultralibéral en France commencent à peine, que la Belgique lui emboite le pas et va même jusqu’à la devancer !

 

En effet, aujourd’hui le gouvernement Belge n’est pas encore formé, le syndicat chrétien le soutien d’ores et déjà dans son "futur" désir de réglementer le droit de grève dans les services publics, arguant que la grève est un échec des négociations1 (…).

 

Or, la grève est un droit internationalement reconnu par les syndicalistes; la réglementer aurait pour effet de museler progressivement les travailleurs et à terme la limitation de ses actions verrait le fossé déjà grand entre le patronat et le salariat s'agrandir tout en faisant perdre une bonne partie des avantages sociaux acquis au termes de dures luttes par nos parents et grands-parents; le retour en arrière social est programmé, l'exploitation de la main-d'œuvre ne pourra que décupler!

 

Voir la vidéo:

 

 

  

1 Une grève ne s'envisage pas à la légère pour un oui ou pour un non; il a toujours été établi que ce recours n'est envisagé que de manière ultime; les négociations n'aboutissant à aucun résultat valable pour le travailleur qui se sent lésé par le patron.

18:23 Écrit par Socialisme-Solidarit dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syndicalisme, greve, social, travailleurs, droits, actions |  Facebook |